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J.A. Baker

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Message par animal Mar 8 Mai - 20:05

John Alec Baker
(1926-1986)

J.A. Baker Jab-810

John Alec Baker né en 1926 et décédé en 1987 est surtout connu pour son livre Le pèlerin/The Peregrine (1967). Il a travaillé pour l'Automobile Association puis pour une entreprise de jus de fruits chez lui à Chelmsford sur la côté est de l'Angleterre.

Bibliographie :

- Le Pèlerin (1967)
- La Colline de l'été (1969)

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Message par animal Mar 8 Mai - 20:11

J.A. Baker 41f1v310

Le pèlerin

Recommandé par bix, recommandé par le libraire, recommandé par Werner Herzog dans une interview... Le drôle de livre tient du mythe tout en se faisant assez discret (avec la bonne nouvelle d'une nouvelle publication en 2011 en Angleterre avec un autre texte : The Hill of Summer). C'est le folio que j'ai lu. Autant passer par l'ombre pour commencer : les phrases ont parfois une drôle de tête : texte original, traduction ? Ce n'est heureusement pas si important dans le cas présent (bien qu'il puisse y avoir une tentation pour la version originale...).

Il s'agit d'une œuvre de non-fiction, d'un journal d'une "saison", du mois d'Octobre au mois d'Avril, passée à observer et approcher le faucon pèlerin, quelques-uns en fait, sur la côte est de l'Angleterre. Quelques pages introduisent le livre : présentation des oiseaux : faucons et autres, quelques chiffres relevés des observations et les bribes qui situent définitivement le texte dans sa période moderne : les oiseaux sont de moins en moins nombreux, l'activité humaine apparaît ici directement. Et c'est une de ses très rares présences dans le livre.

Entrées datées du jour, notes sur la journée : météo, oiseaux et autres animaux parfois, apparition possible d'un faucon, observation du vol, de la chasse. De jour en jour les notes se suivent et se ressemblent. Le ciel, l'attente, les vols et les cris des oiseaux, le vol du faucon et ses piquées meurtrières, l'observation des dépouilles. La mer, le ciel, la saison.

Il passe par la tête comme l'idée que c'est une forme abrupte de nature writing, un émerveillement lucide du factuel, malgré une omniprésence de la mort dans cette nature très proche mais qui se révèle terriblement étrangère. Pas tant pour notre bonhomme d'ailleurs qui s'oublie dans ces lignes, quoique, que pour le lecteur. L'attente, les heures dehors, le déroulement de la journée, d'une saison, les rythmes des oiseaux, des animaux, des marées.

Et puis le lien entre l'homme et cet oiseau particulier. Les jours passent et l'homme s'approche, devenant moins homme, essayant de ne plus l'être pour approcher. L'insistance de la peur, celle de l'oiseau, des proies, de l'homme aussi. Les mimétismes et les ressemblances dans les comportements des oiseaux : imitations de vols d'une autres espèces ou simples ressemblances, répétitions...

D'une certaine façon rien ne se passe et l'homme disparait comme rarement sans pour autant pouvoir disparaitre totalement même en se levant avant le soleil et en ne quittant le territoire de son observation qu'à la nuit tombée. On a beau le dire et le penser l'effet d'une telle lecture est à part. Mur d'incompréhension, de fascination et d'émerveillement. Une acceptation, une fusion pacifique avec la part violente, brutale de la nature dans toute son immédiateté et en même temps un regard, une beauté presque infinie de si peu.  Les descriptions sont-elles si lyriques ? je ne sais pas, on ne le dirait pas, il y a de l'humidité, du froid, du temps, une décomposition, un oubli primitif dans ce texte qui ne pose pas la question de l'évocation lyrique de la nature.

C'est presque asocial comme bouquin, comme expérience. Une expérience pourtant écrite et partagée. Lecture marquante.

Extrait :
9 janvier. Le premier jour ensoleillé de cette année. Le jour le plus radieux et le plus froid que j'aie jamais connu. Au nord du gué, un héron se tenait debout, enfoncé dans la neige jusqu'aux genoux. Le vent violent ne l'ébranlait pas, n'ébouriffait pas ses longues plumes grises. Majestueux, mort de froid, il bravait le vent dans son fragile sarcophage de glace. Déjà des dynasties entières semblaient nous séparer. Je lui ai survécu comme le singe baragouineur a survécu au dinosaure.
Une poule d'eau chancelante traversa la glace du torrent, à petits pas feutrés et arthritiques; la démarche de l'agonie, dans toute sa drôlerie pathétique. Des bouvreuils se nourrissant de bourgeons bariolaient la blancheur des vergers. Des bécasses jaillirent des douves dans un sillage de neiges ramollies.
A une heure de l'après-midi, une pipistrelle voltigeait au-dessus du chemin creux. Elle se tortillait et plongeait comme pour attraper des insectes. Elle était bien la seule à pouvoir voler par ce froid. Peut-être avait-elle été réveillée par le soleil pour chasser en rêvant à l'été.
Les champs blancs étaient jonchés de grappes d'oiseaux; on y reconnaissait les contours rebondis des canards sauvages, des poules d'eau, des perdrix; les silhouettes plus étroites des bécasses et des pigeons; les virgules et les vermicelles qu'étaient les merles, les grives, les pinsons et les alouettes. Impossible de se cacher. Plus de problèmes pour le faucon. Sous ses yeux s'étalent des cartes géographiques noir sur blanc, craquelures sur une pellicule muette. Tout ce qui est noir et bouge est à abattre.
Le tiercelet piqua dans le vent et remonta à la crête d'une énorme vague d'oiseaux. En pénétrant au cœur de cette vague, faisant taire ses battements d'ailes, il entraîna les oiseaux dans la neige. Un ramier se laissa emporter par le faucon, balancé mollement dans le piège de sa serre, répandant des plumes rouges et de lents ruissellements de sang.

récup.

mots-clés : #ecologie #nature

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Message par bix_229 Mar 8 Mai - 22:07

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Message par bix_229 Mar 8 Mai - 22:20

"Je me souviens d’un très beau livre, assez connu je crois mais peut-être un peu oublié aussi, Le Pèlerin (The Peregrine) de J.A. Baker, paru en 1967 et conçu par son auteur comme un adieu à un monde en voie de disparition, qui raconte sous forme de journal, les longs moments d’affût passés dans l’estuaire de la Tamise à repérer et à suivre les mouvements d’un faucon pèlerin [1]. Or de ce que l’auteur appelle « la mobilité passionnée de l’oiseau vivant » le livre ne recueille, mais c’est ce qui fait tout son prix, que ce qu’il peut recueillir, de lentes approches et de brefs passages, des indices et des lignes furtives ou lointaines, rien qui puisse être prolongé ou tenu plus d’un instant, mais ces traces justement, sont les uniques voies d’accès à l’oiseau, à l’idée de monde qui vient avec lui ou qu’il porte en lui, dans un monde qui sans doute est le nôtre mais qu’il voit tout autrement que nous (et ce qui est si beau dans le livre de Baker c’est la lente conversion du regard, non pas un devenir faucon pèlerin de l’auteur — ce serait là une façon par trop expéditive de dire les choses — mais une déposition progressive de la façon humaine de regarder, mais un mouvement en direction d’autres directions et d’autres modes du percept, dans un paysage qui, du coup, est identifié et peint comme jamais, comme jamais depuis Constable en tout cas.)"

J'aime  les livres J.C. Bailly, c'est pourquoi j'ai cité cet extrait.
On peut en savoir plus sur la question en lisant Le Versant animal de Bailly.
Ce qui m'a passionné dans Le Pélerin, c' est cette approche intime et lyrique vers une forme de beauté, celle de l'oiseau en vol .
 Une sorte de chant d' amour, d' admiration et de respect destiné à quelque chose grand qui lui échappe mais à qui il rend hommage. A la façon des meilleurs écrivains naturalistes.
Ce livre sera une belle surprise pour ceux qui le liront !
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Message par colimasson Mer 9 Mai - 11:12

ça a presque l'air austère... ça l'est ?
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Message par animal Mer 9 Mai - 19:08

De mémoire il me semble que l'extrait est représentatif de la tonalité du livre.

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Message par Dreep Lun 31 Mai - 10:56

Le Pèlerin

J.A. Baker Pelerin

Ce fut pour moi une lecture difficile. Non pas que le contenu soit scientifique, sauf les quelques bases élémentaires en introduction, mais à cause de la prouesse littéraire qu'il implique. Le Pèlerin se présente comme un journal de rencontres avec le faucon nommé comme le titre l'indique. La rencontre recherchée ici ne consiste pas simplement dans le fait d'apercevoir l'oiseau, il faut que quelque chose se produise entre le chasseur d'image et le chasseur de proie, quelque chose se trouvant dans la limite entre le vaguement plausible et le vaguement illusoire, autant dire que la limite est ténue à l'extrême. L'approche rappelle celle de Jean-Henri Fabre avec ses insectes, tout cela n'est pas dénué d'anthropomorphisme évidemment, mais pourquoi chercherait-il à l'éviter, puisqu'il s'agit de littérature ?

Ces rencontres se font de loin en loin, on est dans quelque chose de rare et d'éphémère, et cette prose a tout de même charge de raconter et de décrire, même quand il n'y a rien à se mettre sous la dent à la matière. J'exagère un peu. Il y a une faune (pas seulement ornithologique, d'ailleurs) qui s'anime chaque jour autour de l'observateur aguerri. Celui-ci parle aussi du paysage (ce n'est pas l'Amazonie, hein, mais l'estuaire de la Tamise, un paysage terriblement nu donc) et de la météo. Un tableau décomposé en journées, en sorte que c'est plutôt la monotonie qui frappe que la variété et la splendeur du vivant. La plume est fort belle, par contre, rappelant souvent celle de Thoreau.
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Message par Tristram Lun 31 Mai - 12:02

Ce commentaire en demi-teintes m'engagerait presque à me faire ma propre opinion...

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Message par animal Lun 31 Mai - 20:01

ça pourrait te plaire cette démarche et cette atmosphère.

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Message par bix_229 Lun 31 Mai - 20:27

Je mets ici l'article de "En attendant Nadeau". Je pense qu'il rend justice à ce livre inclasable.
En tout cas, sans rapport avec les livres de Konrad Lorenz ou de Gerald Durrell.
Le propos n'est pas le meme. Ce qui fait son unicité c'est l'émotion constante que l'on ressent
constamment, la patience à toute épreuve  de l'auteur, cette espèce de fascination qu'il 
transforme en lyrisme pur.
 Pour moi ce livre est unique et sans équivalent.
Bravo à l'éditeur ! B

L’ouvrage de John Alec Baker, traduit en français en 1968 aux éditions Gallimard et republié aujourd’hui, est un classique pour les Anglo-Saxons chez qui une tradition de « nature writing » est bien établie. En Europe continentale, parmi ses plus récents admirateurs, il compte des gens aussi différents que le cinéaste Werner Herzog et l’écrivain Jean-Christophe Bailly, l’un et l’autre fascinés par la beauté fulgurante d’un récit qui mêle précision naturaliste, sensibilité au monde sauvage et tristesse métaphysique.

Le Pèlerin ne vient pas ajouter un volume à la petite étagère d’ouvrages littéraires concernant l’expérience d’apprivoisement des oiseaux de proie ; contrairement, par exemple, à des classiques comme Kes (A Kestrel for a Knave) de Barry Hines ou M pour Mabel (Falcon) d’Helen Macdonald, il choisit le domaine de l’observation et de l’obsession. Baker a pour but de rechercher, de manière exaltée et poignante, l’expérience, aussi furtive ou imaginaire soit-elle, du contact avec l’animal sauvage.

Cette quête est d’autant plus déchirante que, lorsque Baker écrivait, il avait le sentiment de parler d’êtres et d’un milieu qui allaient disparaître. À cette époque, en effet, au Royaume-Uni le produit DDT n’avait pas encore été interdit (il le serait en 1984) et, dans son introduction, l’écrivain prévoyait le jour où presque tous les animaux, y compris son cher faucon, son « obsession », son « Graal », auraient disparu, ravagés et brûlés par les traitements chimiques. Cela ne se produisit pas, mais l’Essex côtier des années 1960 dont il parle, pour menacé qu’il fût, semble par rapport à ce qu’il est aujourd’hui d’une richesse et d’une diversité de faune et de flore inouïes. Comme quoi la destruction d’hier s’est poursuivie, autrement et en pire.

Pour ces raisons et d’autres liées à la personnalité de l’auteur, une atmosphère d’inquiétude et d’urgence flotte sur le livre, surtout dans l’évocation du paysage, « plat, vague et désolé, cautérisé par la seule tristesse », où le guetteur-marcheur se meut au milieu de champs, de boue, d’eau, de forêts, de traces, de signes… rendus schématiques, mystérieux et ternes comme un tableau de Paul Nash ou soudain animés par la lumière et le mouvement comme un Constable.

Ces confins permettent en premier lieu à Baker une déprise imaginaire par rapport au monde humain. « J’ai toujours aspiré, dit-il au début du livre, à une existence en marge, en bordure des choses, désireux d’aider le vide et le silence, d’effacer la corruption humaine, comme le renard s’en va perdre son odeur dans les froideurs sauvages de l’eau : revenir comme un étranger. » Mais surtout, cet univers abrite l’objet fuyant et quasi inapprochable de sa passion, le faucon pèlerin, prédateur solitaire et fulgurant (sa vitesse d’attaque peut atteindre les 350 km/h) dont il s’agit pour lui d’apercevoir le vol.

« J’ai passé dix hivers à guetter l’incomparable splendeur, la passion et la violence que déploie le faucon pèlerin en jaillissant du ciel, ancre mordant les nuages, arbalète lancée en l’air », confie-t-il. Une décennie d’observations de ce « spectacle extatique » donne ainsi les pages descriptives les plus éblouissantes du livre, dynamiquement dramatisées par la forme du journal choisie par Baker, journal qui, compressant dix ans en quelques mois, va du 1er octobre 1961 au 31 mars 1962, de la première apparition d’un pèlerin dans le ciel à une rencontre de grande proximité avec lui.

« Je me tiens immobile espérant qu’il se détendra, qu’il intègre mon contour de prédateur dressé contre le ciel. Les longues plumes de sa poitrine sont ébouriffées par le vent. Dans la nuit tombante il paraît plus grand qu’il n’est en réalité. La tête altière se penche, mais se relève soudain. Sa sauvagerie s’éparpille dans la nuit qui monte autour de nous comme de l’eau noire. Ses grands yeux sont dans les miens… La dernière luminosité cligne et s’effondre. Les lointains traversent le pâle rideau d’ormes, s’approchent, s’épaississent, formant un mur derrière l’ombre du faucon. Je sais qu’il ne s’envolera pas. Pas maintenant. Je franchis la digue, je me dresse devant lui. Et il dort. »

L’homme et l’animal se seraient-ils « rencontrés » ? La question n’a pas de sens pour Baker, intéressé par une ascèse de l’approche, forcément longue, compliquée, vouée à ne consister qu’en lentes avancées et en brefs moments de côtoiement. Le processus de guet et de poursuite se fait aussi, au fil des pages, tentative de déposition de la manière d’être humaine, et effort pour suggérer la manière d’être animale. C’est par sa prose, ardente, précise, piquée de métaphores éclatantes ou terre à terre, que Baker parvient à dire combien le monde venant avec l’oiseau, porté par lui, est exceptionnel. L’élan et la clarté de son écriture effectuent sur la page ce que le pèlerin lui permet lorsqu’il le regarde : sortir de soi-même.

Le Pèlerin est donc plus qu’un livre élégiaque et extatique sur la nature, sa beauté et sa férocité ; plus qu’une déploration de la stupidité destructrice humaine, c’est le récit d’une passion. Werner Herzog, sensible au mysticisme, a raison d’y voir « le compte-rendu d’une expérience religieuse – mais d’une religion d’une espèce ancienne, pleine d’incantation, de sang et d’os – […] une extase – une forme délirante d’amour pour ce qui est observé ».

Une extase qui transportera aussi le lecteur qui, cet automne, par exemple, pourrait suivre quasi quotidiennement les entrées du journal et donc commencer le 1er octobre : « L’automne se lève dans le ciel lumineux… Le faucon monte rapidement vers les nuages qui se dissipent […] Il vole à la rencontre des premiers rayons du soleil […] C’est un tiercelet, long et racé, aux ailes souples. Le premier de l’année. Il est couleur de sable, de gravier doux. Ses grands yeux marron d’épagneul ont des lueurs humides de soleil ; enchâssés dans le brun plus sombre de ses moustaches, ils ressemblent un peu à des tranches de foie cru ».

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