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Jacques Rivette

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Message par ArenSor Jeu 30 Avr - 17:28

Jacques Rivette
Rouen, 1928 – Paris, 2016.

Jacques Rivette Portra16

Comme ses camarades de la Nouvelle Vague, Rivette est d'abord critique de cinéma. Avec Éric Rohmer, il fonde la Gazette du cinéma en 1950 avant de rejoindre les Cahiers du cinéma, revue dont il devient rédacteur en chef en 1963. Il passe à la réalisation en 1958 avec Paris nous appartient. Il connaît le succès avec Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot qui sort sur les écrans en 1967 après avoir été dans un premier temps interdit par la censure. Après ce succès, il se lance dans une série de films expérimentaux dans lesquels il laisse une large place aux acteurs soit par le recours à l'improvisation, soit par un travail en amont avec les acteurs sur le scénario et réalise Out 1 : Noli me tangere, un film de plus de douze heures, en 1971, puis Céline et Julie vont en bateau en 1974.

Longs métrages
1960 : Paris nous appartient
1966 : Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot
1968 : L'Amour fou
1971 : Out 1 : Noli me tangere (co-réalisation : Suzanne Schiffman)
1972 : Out 1 : Spectre (co-réalisation : Suzanne Schiffman)
1974 : Céline et Julie vont en bateau
1976 : Duelle
1976 : Noroît
1978 : Merry-Go-Round
1981 : Le Pont du Nord
1984 : L'Amour par terre
1986 : Hurlevent
1988 : La Bande des quatre
1991 : La Belle Noiseuse
1994 : Jeanne la Pucelle (film en deux parties : Les Batailles et Les Prisons)
1995 : Haut bas fragile
1998 : Secret défense
2001 : Va savoir
2003 : Histoire de Marie et Julien
2007 : Ne touchez pas la hache
2009 : 36 vues du pic Saint-Loup
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Message par ArenSor Jeu 30 Avr - 17:35

La Belle noiseuse

Jacques Rivette La_bel10

Inspiré du « Chef-d’œuvre inconnu » de Balzac, le film, en deux parties, dure près de 4 heures. C’est l’histoire d’un peintre, Frenhofer, qui a commencé un chef d’œuvre il y a une dizaine d’années, « La Belle noiseuse » que l’on pourrait traduire par « La Belle emmerdeuse », mais qui n’a pu l’achever. L’arrivée d’une jeune femme qui lui sert de modèle va le décider à reprendre son projet.
La première demi-heure m’a laissé sceptique : caméra complaisante qui s’attarde sur les rondeurs d’Emmanuelle Béart, crissements exagérés de la plume sur le papier… Je ne me voyais pas aller jusqu’au bout…
Puis, je me suis laissé entraîner dans ce jeu dangereux, sinon malsain, qui s’instaure entre l’artiste, Michel Piccoli, sa femme et ancienne muse, Jeanne Birkin, et le nouveau modèle, Emmanuelle Béart, sans parler du compagnon de celui-ci, sa sœur, l’ami/marchand. Je me suis rendu compte que Rivette, posait  plusieurs questions importantes qui touchent tant l'art pictural que celui du cinéaste : celle du voyeurisme, qui est centrale, différent du point de vue du peintre ou de celui du spectateur, le rapport entre le peintre et son modèle, loin d’être innocent et qui, dans le cas présent, engage deux êtres dans une relation intense, faite d’amour et de haine. Quand est-il de la chair, omniprésente, de la personnalité, de la nature de l’être, de l’Art ? Que cherche à saisir de vous l’artiste ? Quel image de vous fige t-il à jamais sur la toile. Il y est question également de la force créatrice, du doute, du vieillissement. La fin du film, que je ne raconterai pas, en laissant place à différents interprétations possibles, est particulièrement subtile.
En fin de compte, « La Belle noiseuse » est un excellent film sur les problèmes complexes de la création artistique. Les acteurs sont excellents, avec une mention particulière pour Jane birkin, Michel Piccoli et Marianne Denicourt. Bon, Béart n’est pas mal non plus. Signalons également le peintre Bernard Dufour, artiste qui double Piccoli et dont on voit les œuvres.
(Visible en replay sur Arte jusque 13/10 :2020)
NB. Rivette n’était pas sans ignorer la passion de Picasso pour le livre de Balzac qu’il illustra par des estampes à plusieurs reprises. Il alla même jusqu’à louer un appartement quai des Grands Augustins où se trouvait l’atelier supposé de Frenhofer. Il y peignit ce qui est peut-être son plus grand chef-d’œuvre : Guernica !


Dernière édition par ArenSor le Ven 1 Mai - 8:16, édité 1 fois
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Message par Invité Jeu 30 Avr - 19:11

Merci Aren, j'essaierai peut-être celui-ci un jour. Pour le moment Rivette et moi ça ne fonctionne pas, il est celui que je prise le moins parmi les réalisateurs de la Nouvelle Vague. Trois essais infructueux : Céline et Julie vont en bateau, Noroît, L'Amour par terre. Je ne crois pas en avoir terminé un.

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Message par Tristram Jeu 30 Avr - 22:43

Arturo a écrit:Je ne crois pas en avoir terminé un.
Justement, si tu en terminais un, pour voir ? ArenSor, lui aussi, a dû insister semble-t-il pour passer un certain cap. Je dis ça parce que c'est valable pour certains livres. Le risque, hélas fréquemment accompli, est d'avoir persisté à visionner un navet (d'un point de vue personnel _ ou pas)...
Il faudrait insister sans forcer... tout un art ?

_________________
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Message par Invité Ven 1 Mai - 10:08

Je me suis forcé, c'est vraiment très rare que je n'aille pas au bout d'un film (beaucoup plus qu'un livre). Je donnerai une dernière chance avec celui-ci, comme il y a Piccoli... Very Happy

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Message par Avadoro Ven 1 Mai - 22:39

Rivette est un cinéaste qui peut être passionnant mais m'a souvent laissé distant. Son approche est singulière dans l'héritage de la Nouvelle Vague, à la fois porté par des références littéraires et une mise en scène construite sur des détours, des surprises, de l'improvisation. Mais ses films sont à redécouvrir (et j'avais été touché par Va savoir lors de sa sortie).
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Message par ArenSor Lun 28 Sep - 21:40

Ne touchez pas la hache - 2007

Jacques Rivette Ne_tou10

Ce titre imagé fait référence à une phrase du gardien de la Tour de Londres présentant aux visiteurs l’objet ayant servi à la décapitation de Charles Ier. C’est aussi le titre choisi par Honoré de Balzac pour une nouvelle qu’il transformera en roman et qu’il intitulera finalement « La Duchesse de Langeais ». Après « La Belle noiseuse », Rivette adapte à nouveau un œuvre de Balzac. C’est une réussite totale. Le film est porté par deux excellents acteurs, parfaits dans leur rôle respectif, Guillaume Depardieu en général de Montriveau et Jeanne Balibar en duchesse. On ne pouvait rêver meilleure interprétation. Dans les seconds rôles, vous retrouverez Bulle Ogier et Michel Piccoli.
C’est donc l’histoire d’une passion destructrice entre deux êtres que tout semble opposer. C’est aussi un drame romantique bien dans l’esprit de Balzac et une mise en scène épurée nous replongeant dans le Paris de la Restauration.
Un film trop méconnu de Rivette, encore visible en streaming sur Arte jusqu’au 10 octobre.  Very Happy
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Message par Pinky Ven 29 Juil - 18:44

La religieuse

Jacques Rivette Media10

2h15 pour un film qui peut paraître austère, souvent filmé dans des tons bruns un peu à la manière de Philippe de Champaigne au moins avant le départ vers le deuxième couvent.
Suzanne Simonin, est obligée par ses parents de prendre le voile. Elle se révolte une première fois puis accepte quand elle comprend qu’elle est une enfant illégitime et donc sans avenir social. La plus longue partie se situe dans le couvent de Longchamp qu’elle obtient de quitter grâce à l’appui d’un prêtre et d’un avocat.

Au XVIIIe siècle, l'abbaye de Longchamp est un lieu de promenade très prisé : « Sous l'ancien prétexte d'aller entendre l'office à Long-Champ, tout le monde sort de la ville ; c'est à qui étalera la plus magnifique voiture, les chevaux les plus fringans, la livrée la plus belle »5. Les intrigues amoureuses des nonnes, qui disposent parfois de fortunes personnelles considérables et jouissent de nombreux appuis extérieurs, donnent lieu à toutes sortes de rumeurs plaisantes6. Cette condition des femmes, enfermées contre leur gré, est dénoncée par Denis Diderot dans son roman La Religieuse, qui s'inspire explicitement du cas de Longchamp.(source wiki)

Le deuxième couvent, plus mondain, la met en butte à une mère supérieure amoureuse d’elle. Suzanne finit par s’enfuir….

Le film sorti en 1966 est très vite soumis à la censure et ne sort finalement qu’en 1967. Il heurte les consciences des associations catholiques mais critique aussi toute forme de contrainte institutionnelle.
Un très beau film et Anna Karina est parfaite en victime expiatoire d’une pureté que rien ne viendra atteindre.

Revoir La Religieuse aujourd’hui permet de comprendre, au-delà de l’effroi et de l’émotion que procure ce film magnifique, que la censure institutionnelle ne s’était pas trompée d’ennemi. En racontant par le menu les infortunes de Suzanne Simonin (sans doute le plus beau rôle d’Anna Karina) dans les méandres turpides des couvents, le film ne se montre aucunement blasphématoire, loin de là, mais dépeint avec une violence terrible l’aliénation causée par les logiques institutionnelles, quelles qu’elles soient. Ici, l’institution se définit avant tout par sa clôture. Mathieu Machereu, Le Monde, 19 septembre 2018.
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Message par Bédoulène Dim 31 Juil - 8:20

vu il y a longtemps ne reste que de vagues souvenirs

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Message par Pinky Dim 31 Juil - 10:40

Bédoulène, as-tu souvenir du scandale de la sortie du film ? ou l'as-tu vu un peu plus tard ?
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Message par Bédoulène Dim 31 Juil - 19:06

ma mémoire fuyant, je ne me souviens pas du moment Pinky

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Message par ArenSor Lun 29 Aoû - 21:24

Céline et Julie vont en bateau
1974

Jacques Rivette Celine10

Méfiez-vous des bonbons qu’on peut vous offrir. Ils peuvent vous entraîner dans une étrange maison, au 7 bis rue du Nadir-aux-Pommes, dans laquelle se déroulent des évènements peu avouables…
Au départ,  Julie (Dominique Labourier), bibliothécaire et férue d’ésotérisme, rencontre Céline (Juliet Berto), magicienne. Une grande complicité va réunir ces deux jeunes femmes dans leur quête pour savoir ce qui se passe réellement dans la bâtisse de la rue du Nadir-aux-Pommes… Là, se déroule en effet un curieux scénario, une sorte de théâtre réunissant dans un jeu de séduction pervers deux femmes (Marie-France Pisier et Bulle Ogier) et un homme (Barbet Schroeder), ainsi qu’une petite fille que nos deux aventurières vont décider de sauver.
Problème, le seul moyen d’accéder à cette maison est de manger un bonbon ; tout le monde pense aux hallucinogènes dans ce contexte des années 70, mais Rivette affirme que l’idée lui en ait venue par référence à « Alice aux pays des merveilles ». Lorsqu’il n’y aura plus de bonbons, il faudra fabriquer une potion magique à base d’eau est de persil… Grâce à ces procédés, Céline et Julie deviennent actrices dans les scènes de la maison. Mais ce sont toujours les mêmes scènes qui se jouent avec des variantes, sans que le spectateur possède la totalité des  clefs lui permettant de comprendre toute l’histoire (on pense à « L’Année dernière à Marienbad »)..
Il y a donc deux films en un. Le premier, celui du monde de Céline et Julie, joyeux, ludique, naturel et coloré qui nous entraîne dans des courses poursuites à Paris en été, sorte de jeu de piste qui rappelle le surréalisme. Le second, celui des scènes dans la maison, inspiré d’un roman d’Henry James, gris, plombant et complètement artificiel. Le contraste  est d’autant plus marqué que le scénario qui les concerne a été écrit pour le premier par les deux actrices,  Juliet Berto et Dominique Labourier,  tandis que celui de la maison est dû à Eduardo de Gregorio.
Difficile de transcrire le sentiment de liberté que donne le film. « Céline et Julie vont en bateau » est une œuvre majeure de Jacques Rivette et de la Nouvelle vague en général. C’est un des très rares films naturellement féministe, en dehors de tout militantisme.
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