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David Bosc

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Message par Hanta le Ven 19 Avr - 8:41


David Bosc
(né en 1973)

David Bosc Dghfhg10

David Bosc, né le 7 avril 1973 à Carcassonne, est un écrivain français installé en Suisse.
Il passe son enfance à Saint-Rémy et Aix-en-Provence.

Après avoir suivi sa scolarité en collège et lycée à Avignon, il passe son baccalauréat à Marseille, puis poursuit par des études en sciences politiques à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, avec une année d'études à Sienne. Son mémoire de licence est consacré à l’anarchiste Georges Darien.

Il a ensuite vécu à Paris, Marseille et Varsovie, avant de s'installer en Suisse, à Lausanne, où il travaille aujourd'hui pour une maison d'édition, Noir sur Blanc. Il est marié et père de deux enfants.

En 2014, il reçoit le Prix suisse de littérature pour « La Claire Fontaine », un roman par ailleurs sélectionné pour le Prix Goncourt. En 2016, il rejoint les lauréats romands du Prix Michel-Dentan, avec « Mourir et puis sauter sur son cheval »

Bibliographie :

Romans :
Sang lié
Milo
La Claire Fontaine
Mourir et puis sauter sur son cheval

Nouvelle :
Relever les déluges

Essais :
Georges Darien
Inde Irae, en guise de préface à Belluaires & Porchers de Léon Bloy
Ombre portée. Notes sur Louis Aragon et ceux qui l'ont élu
Main morte, dans l'ouvrage collectif Le cadavre bouge encore
La fête des cabanes
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Message par Hanta le Ven 19 Avr - 9:05

Sang lié
David Bosc 3122gs11
C'est une grosse claque que j'ai pu recevoir lors de cette lecture.
Récit intérieur et introspectif d'un adolescent devenant adulte et en proie à son incompréhension du monde et de lui-même.
Les notion d'enfermement sur soi, d'enfermement dans ses limites, de recroquevillement face aux contraintes du monde et ce dans une stricte opposition à la liberté sont le fil conducteur de ce livre.
Deux philosophies s'affrontent, celle de Descartes avec cette prise de conscience que le personnage existe, cette "souffrance" de cette prise au réel et de la confirmation de ses propres limites.
Celle de Spinoza pour se connaître et connaître les causes qui nous déterminent afin d'être davantage libre.
Connaissance et amour sont les solutions pour aller mieux, vivre mieux, exister pleinement.
Le style est magnifique, parfois abscons afin de transmettre fidèlement la perdition du personnage. Beaucoup de métaphores notamment autour du thème de l'eros au sens platonicien.
Une certaine violence qui s'adoucit nous transmettant un panel d'émotions très riche.
Une claque.

Extrait:
Ce monde entre les fils qui t'enténèbre, détourne, lance, en des voies où tu ne veux rien que mourir. La direction ne reculant devant aucun sacrifice.
Il y a vraiment cette vie impossible qu'on mène les uns avec les autres, les uns le long des autres, comme au cimetière, toutes ces fadaises qu'on se ressert, le bruit vain, la diversion, l'insincérité démissionnaire et la terrible et mercenaire, la jésuite et sadique sincérité, le tout à coup je suis sincère et je t'écrabouille. Partout les bureaux de l'indifférente singularité, partout les relais intimes de la surveillance bénévole, les coopératives de la confession détraquée, les ateliers pratiques de l'aisance en société.  Et la misère, humiliée, bannie, parce qu'elle est laide et vulgaire et parce qu'on lui oppose, abominable une misère poétique, un effondrement sur elle d'images mortes. Et le bâillon de tout soupir, l'écarteur qui vous empêche de vous mordre la langue, ou de l'avaler, ou de mâcher vos dents pour les cracher comme des pierres, c'est l'injonction narquoise, en traquenard, sucre ou knout, d'être libre, d'être soi, de créer ou de s'épanouir. La décoration intérieure et le développement personnel. Le pouvoir est bien cela qui détermine- qui énonce en formules non écrites- la définition et le lieu, et le cadre et la forme de la liberté.


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Message par Aventin le Ven 19 Avr - 10:56

Voilà qui fait envie, merci, Hanta - je vais jeter un premier œil tout prochainement.
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Message par topocl le Ven 19 Avr - 11:02

Hanta Descartes et Spinoza font en effet partie du livre, ou c'est toi qui interprètes?

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Message par Hanta le Ven 19 Avr - 11:04

J'interprète.
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Message par Bédoulène le Ven 19 Avr - 20:29

je suppose que l'on peut faire cette lecture en l'absence des philosophes ? (j'ai des livres de cet auteur)

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Message par Hanta le Ven 19 Avr - 22:35

Oui bien entendu. C'est juste un avis et une réflexion qui me sont venus quand je l'ai lu. Je pense que si on a pas fait de philosophie on y pense même pas et cela ne nous manque pas.
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Message par Bédoulène le Ven 19 Avr - 23:05

merci Hanta !

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Message par Aventin le Sam 27 Avr - 8:19

Relever les déluges

David Bosc David_11
Quatre nouvelles (intitulées récits), 80 pages environ au total, parues en 2017, éditions Verdier.

Quatre nouvelles qui claquent, en termes d'écriture c'est une belle réussite stylistique. L'agréable alternance de la longueur des phrases, des temps de conjugaison, l'art de ménager un temps d'amené pour servir une évocation forte, un vocabulaire riche, cherchant l'adaptation -sans pédagogie, préciosité ni historicisme- aux époques et aux lieux, l'usage du menacé de suppression point-virgule -qu'on finit par remarquer, par contre-coup, dans les écrits d'aujourd'hui (bref, quelques-unes de ces vieilles recettes "de grand-mère" dont je déplore qu'elles soient parfois bien dédaignées de nos jours au profit d'un style télégraphique, désincarné).

On lui sait aussi gré d'avoir su changer de style (parlé, par exemple, pour Mirabel ou Le Grelot) pour correspondre à chaque nouvelle, sans que l'ensemble ne paraisse trop hétéroclite: ce genre d'exercice passe pour périlleux !

Lieux et époques, disais-je, sont disparates, idem (ou à peu près) pour la condition sociale des protagonistes principaux: Le XIIIème naissant, en Sicile, et un roi, Frédéric de Hohenstaufen (alias Farid Imperator dans la nouvelle éponyme qui ouvre le livre), la Provence du début XVIIIème pour Mirabel et un simple paysan journalier, L'Espagne du XXème au temps de la guerre civile pour Le Grelot et un ouvrier maçon, Marseille à l'époque contemporaine pour Un Onagre et un jeune anar.

Ce qui fait lien entre ces nouvelles, à y bien regarder, est le fait que tous expérimentent la transgression aux règles et données du monde dans lequel ils évoluent, et suivent leurs idées, visions, conceptions et expériences, les conduisant à mener leur chemin hors des clous, à contre-courant dominant, bien sûr avec des moyens et selon des parcours extrêmement différents, distincts.

Nouvelles digestes, toutes à recommander, petit ordre de préférence personnel: Mirabel, puis Le Grelot à égalité avec Farid Imperator, enfin Un Onagre.

Échantillon stylistique, avec les points-virgules, les deux phrases très brèves à l'issue d'une longue, le style parlé (monologué), l'adaptation du vocabulaire à l'époque choisie sans en faire des tonnes, etc...:

Mirabel a écrit:Quand les branches de cerisier sont lourdes de cerises, je vais boire mon pot de vin, sur la Veaune, après la cueillette des azeroles, je suis heureux. Au moins j'aurai échappé à l'épouvante des sillons, à la tristesse des chaumes à perte de vue, sous le soleil; ici je peux marcher sous les grandes feuilles des figuiers, parmi les astres des grenadiers, (où je piège à la glu des alouettes, des bizets, des grives); je fais mes va-et-vient dans la tapisserie du potager, toujours changeante. J'ai un chapeau de paille, acheté à un Grec - nous avons barguigné avec des signes, des grimaces, et topé là, pareils à des rois qui tranchent une province. Malgré tout, cela m'est venu. J'en ai assez. Ce ne sont pas les mines du roi Salomon, il n'est plus question de mourir à la tâche, et j'ai mes gages, sans doute, mais je ne m'appartiens pas. Et c'est aussi que tout se referme. Ça n'a jamais été grand ouvert, pour sûr, mais là, de toute part je sens que ça se ferme. Ce que j'ai, c'est parfois comme un paradis, le ruisseau, le temps clair, les fleurs aux amandiers - et le vent les déchire, et viennent les fruits qui ne sont pas à moi. Je pioche pour la vieille avec à l'horizon de crever dans dix ans d'une fièvre quarte ou quinte, d'un grand frisson, d'une jambe cassée.  



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Message par Hanta le Sam 27 Avr - 19:39

Je suis content que cet auteur te plaise
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