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Robert Bresson

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Message par Arturo le Ven 15 Déc - 8:28

Robert Bresson
(1901-1999)


Robert Bresson 66192-10

Robert Bresson est un cinéaste français, né le 25 septembre 1901 à Bromont-Lamothe (Puy-de-Dôme) et mort le 18 décembre 1999 à Droue-sur-Drouette. (Eure-et-Loir).

Il a réalisé treize longs métrages et a rédigé un essai important sur le cinéma intitulé Notes sur le cinématographe. Il a notamment reçu le prix de la mise en scène du Festival de Cannes en 1957 pour Un condamné à mort s'est échappé, le Grand prix de création en 1983 pour L'Argent, le prix du jury en 1962 pour Procès de Jeanne d'Arc et l'ours d'argent au Festival de Berlin pour Le Diable probablement en 1977, le Lion d'honneur à la carrière en 1989 au Festival de Venise.

Filmographie :


1934 : Affaires publiques (court métrage aujourd'hui invisible selon le vœu du cinéaste ; une copie est conservée par la Cinémathèque française.)
1943 : Les Anges du péché
1945 : Les Dames du bois de Boulogne
1951 : Journal d'un curé de campagne
1956 : Un condamné à mort s'est échappé (ou Le vent souffle où il veut)
1959 : Pickpocket
1962 : Procès de Jeanne d'Arc
1966 : Au hasard Balthazar
1967 : Mouchette
1969 : Une femme douce
1971 : Quatre nuits d'un rêveur
1974 : Lancelot du Lac
1977 : Le Diable probablement
1983 : L'Argent
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Message par Arturo le Ven 15 Déc - 8:40

Formaliste et spirituel, voilà les deux qualificatifs qui me viennent à l'esprit pour évoquer le cinéma de Bresson. Pas étonnant que Tarkovski l'évoque comme un de ses égaux dans son livre Le temps scellé.
Bresson est un très grand et on ne ressort pas indemne de ses films. Il est inspiré par Bernanos pour Mouchette et Journal d'un curé de campagne. La dimension catholique est très présente dans son oeuvre. La question du salut de l'âme.
Pour l'instant j'ai vu Pickpocket, L'argent, Un condamné à mort s'est échappé, et Au hasard Balthazar.
Je vais revenir sur ce dernier.

Au hasard Balthazar (1966)

Robert Bresson Auhasa10

Alors Balthazar, c'est l'âne de la crèche chrétienne, et dans ce film il semble représenter une forme de pureté divine, qui observe inlassablement les errements des humains. Qui encaisse tous leurs péchés, leurs vices, et souffre en silence. C'est un film exigent, mais d'une grande beauté visuelle, qui paraît ne pas pouvoir vieillir.

Les acteurs sont non professionnels.
Après le Journal d'un curé de campagne, Bresson travaille avec des acteurs non professionnels, qu'il appelle des modèles.
Le modèle ne doit jamais avoir fait ni théâtre ni cinéma afin de donner au réalisateur la possibilité de le "modeler".

Robert Bresson Au-has10
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Message par Arturo le Ven 19 Jan - 16:16

Mouchette (1967) :

Autre adaptation d'une oeuvre de Bernanos, Mouchette c'est le genre de film qui vous met K-O, si vous entrez dedans, et que vous acceptez la dimension philosophique du message, la vision sans concession de Bresson et son minimalisme visuel.
C'est sans pitié, brutal.
Pourtant très peu de dialogues, aucune image "choc".
Juste l'âpreté des rapports humains, la cruauté envers l'innocence : l'enfance.
Adieu la naïveté, bienvenue chez les adultes.

Robert Bresson Mouche10

Robert Bresson Ob_14010
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Message par ArenSor le Ven 19 Jan - 18:27

Ah Besson cheers
Les deux films qui m'ont le plus marqué sont "Les Dames du bois de Boulogne" et "Le Journal d'un curé de campagne". Very Happy
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Message par Arturo le Sam 20 Jan - 15:23

@ArenSor a écrit:Ah Besson cheers

Luc ? Razz
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Message par Tristram le Jeu 10 Mai - 3:18

Je viens de visionner Au hasard Balthazar, et suis plutôt déçu : c'est si raidement joué qu'il est difficile d'accepter cette maladroite parabole du mal humain, sauvée par quelques belles scènes, et l'âne.

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Message par animal le Jeu 10 Mai - 6:32

Tiens, pour nourrir ton inconfort j'y vais de ma récup' :

Robert Bresson Au-has10

Au hasard Balthazar

Une expérience cinématographique un peu aride pour commencer une journée. Loin d'être moche mais sérieusement austère, et d'une austérité qu'on retrouve dans le propos. Les tribulations de l'âne Balthazar comme celles de Marie et d'Arnold peut-être sont un voyage patient au pays de la petite méchanceté commune. Le mélange d'un cinéma ouvertement cérébral (quoique ce n'est que je premier que je vois alors... ) avec une théâtralité sans doute pleinement assumée n'est pas forcément ce qu'il y a de plus séduisant.

Néanmoins si je ne me suis pas défait d'une sorte de sentiment de gêne le film évolue, s'éclate pour se densifier, notamment avec le personnage d'Arnold ou  visuellement avec une séquence comme la revue de cages du cirque et le film a creusé son impression dans mon esprit.

Pas simple mais aussi trop évident, discursif (est-ce cela qui met mal à l'aise ?), pas sans intérêt ni sans atouts en tout cas.

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Message par Arturo le Jeu 10 Mai - 8:33

Comme je l'avais mentionné, dans Au hasard Balthazar, les acteurs sont amateurs. Mais ça ne m'avait pas choqué.

Sûr que le cinéma de Bresson n'est pas pour tout le monde. C'est particulier.
J'aime son minimalisme et je poursuis le visionnage de ses oeuvres.
J'ai été moyennement passionné par Le procès de Jeanne d'Arc, mais pas sans intérêt non plus.
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Message par Arturo le Sam 11 Juil - 17:10

Petite anecdote tirée de la correspondance entre Camus et Char, j'ai appris que Camus avait travaillé à une adaptation de La princesse de Clèves pour Robert Bresson. Un travail qui a fait flop.
Camus : « Le temps s'effrite, mon temps plutôt, je ne fais rien. J'ai travaillé un mois à la Princesse. Et puis Bresson a été tellement emmerdant (c'est un fou maniaque) qu'il a fallu renoncer. »
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Message par ArenSor le Sam 11 Juil - 21:17

@Arturo a écrit: Et puis Bresson a été tellement emmerdant (c'est un fou maniaque) qu'il a fallu renoncer. »

Sûr qu'il ne devait pas être facile le Bresson Very Happy
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Message par bix_229 le Sam 11 Juil - 22:37

Avec Anne Wiazemsky, Bresson se montra jaloux, possessif, tyrannique et libidineux.
Elle en témoigne dans son livre, Jeune fille, je crois.
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Message par Arturo le Lun 12 Oct - 20:41

Le Diable probablement (1977) :

Robert Bresson 13477810

Un peu étrange ce film dans la filmographie de Bresson, je me suis cru dans un Godard. En tout cas, avec ce film il annonce la suite inévitable de l'Histoire, à savoir l'effondrement écologique, que n'ont pas vu seuls ceux qui ne veulent pas le voir.
J'ai trouvé un commentaire sur allociné qui en parlera mieux que moi.
Spoiler:
"No future" hurlaient en 1975 les Sex Pistols porte-étendards du mouvement punk comme une réaction violente aux désillusions engendrées par la vague hippie qui s'était gentiment échouée sur l'embourgeoisement qui avait récupéré sans trop de difficultés la plupart de ses leaders d'opinion. Robert Bresson est un homme d'une autre génération et son expression est bien sûr très différente sur la forme de celle de ces jeunes gens à crête d'Iroquois, tatoués et aux joues transpercées par des épingles à nourrice. Mais le vieil homme à l'aube de réaliser son avant-dernier film possède le recul que lui confère ses 77 ans. Ayant traversé deux guerres mondiales et observé la profonde mutation de nos sociétés occidentales, il peut à raison dresser le même constat amer que Sid Vicious et ses émules même s'il n'y mettra pas la même rage et le même nihilisme de par ses profondes convictions chrétiennes. Il propose donc "Le diable probablement" en 1977 alors que le mouvement punk est lui aussi en passe d'être écrasé par le rouleau compresseur de l'affairisme qui ne nous laissera plus à partir des années 80 et la mort de John Lennon que des concerts de charité comme dernière et dérisoire illusion que le rock peut changer le monde. Toujours fidèle à son style ascétique qui perd malgré tout beaucoup de sa force depuis qu'il a accepté en 1969 de travailler en couleur ("Une femme douce"), Bresson dresse à travers le portrait croisé de jeunes garçons et filles de bonne famille le constat d'une société occidentale qui après le renoncement de 1968 perd progressivement ses illusions pour se jeter à corps perdu dans un consumérisme sans perspective que l'on peut voir comme une simple manière de passer le temps avant que la course folle derrière le progrès technique ne la mène au bort du précipice. Pareil à Tati qui trouvera presque jusqu'au bout la force d'en rire même si c'est de plus en plus jaune, Bresson referme la porte de son œuvre cinématographique sur une succession de constats alarmants qui ont été autant de cris dans le désert. Charles (Antoine Monnier) et Michel (Henri de Maublanc) qui conversent sur un ton monocorde des ravages sur l'écosystème de l'industrialisation galopante et de la dissolution du catholicisme dans le capitalisme, c'est un peu la poursuite cent ans plus tard des conversations badines de Bouvard et Pécuchet (roman de Flaubert paru en 1881) sur un mode naviguant entre le désespéré et le désabusé. Le réalisateur donne immédiatement l'orientation de son propos, annonçant sans ambage dès l'entame de son film la mort de Charles dans la rubrique faits divers d'un journal parisien. Le mieux est encore de citer le grand cinéaste qui disait à propos du "Diable probablement" : " Ce qui m'a poussé à faire ce film, c'est le gâchis qu'on a fait de tout. C'est cette civilisation de masse où bientôt l'individu n'existera plus. Cette agitation folle. Cette immense entreprise de démolition où nous périrons par où nous avons cru vivre. C'est aussi la stupéfiante indifférence des gens, sauf de certains jeunes actuels, plus lucides. ». Tout est dit avec comme ultime consolation un Ours d'argent au Festival de Berlin en 1977 . Mais comme la mort de l'âne Balthazar sur un chemin de contrebande dans une vallée pyrénéenne, le suicide par procuration de Charles dans une allée du Père Lachaise n'aura servi à rien.

Une planète de plus en plus habitée, de plus en plus inhabitable...
pale
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