Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

Le Deal du moment :
Smartphone Xiaomi POCO M4 5G – 6.43″ -FHD ...
Voir le deal
127.92 €

Guéorgui Gospodinov

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Guéorgui Gospodinov Empty Guéorgui Gospodinov

Message par ArenSor Mer 26 Oct - 19:16

Guéorgui Gospodinov
Né en 1968

Guéorgui Gospodinov Georgi10


Guéorgui Gospodinov, est un écrivain bulgare.
Poète, novelliste et romancier, il a écrit pour le théâtre, pour la bande dessinée et le cinéma. Son œuvre est fréquemment traduite à l'étranger : son « Roman naturel » est paru dans quarante langues.
Gospodínov vit et travaille à Sofia.

Œuvres traduites en français
« Un roman naturel », Phébus, Paris, 2002
« Physique de la mélancolie », Intervalles, Paris, 2015
« L'Alphabet des femmes », Arléa, Paris, 2014
« Le pays du passé », Gallimard, Paris, 2021


Dernière édition par ArenSor le Mer 26 Oct - 19:24, édité 1 fois
ArenSor
ArenSor

Messages : 3102
Date d'inscription : 02/12/2016
Localisation : Rue du Nadir-aux-Pommes

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guéorgui Gospodinov Empty Re: Guéorgui Gospodinov

Message par ArenSor Mer 26 Oct - 19:23

Le Pays du passé

Guéorgui Gospodinov Le_pay10

L’idée de départ est intéressante : des cliniques, des « abritemps », qui proposent à l’intention de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’autres troubles de la mémoire, de retrouver une partie de leur passé en leur offrant des chambres meublées, remplies d’objets correspondant à une époque précise du passé. Ainsi les patients retrouveront un univers qui leur est familier, ils pourront donc garder plus longtemps les lambeaux de leur passé le plus profondément inscrit.
Les choses se corsent quand ce sont les nations européennes qui, ne trouvant pas d’avenir commun positif, décident de se plonger dans un passé idéalisé. L’unité communautaire étant toute relative, les états décident d’organiser chacun un référendum pour savoir dans quelle période le pays veut reculer : ce sera les années 80 en France, les années 60 en Italie…
Le sujet est traité avec brio par Guégorgui Gospodinov qui joue avec tous les paradoxes que permet un sujet sur le temps. Le plus étonnant est la façon dont il passe brusquement d’un registre à un autre, tour à tour réflexif, satirique, narratif. Ce style peut déboussoler à priori le lecteur attaché à un récit linéaire, mais se révèle particulièrement inventif et adapté au sujet.
Un bon moment de lecture en ce qui me concerne et un auteur à suivre.

« Le passé se décante dans les après-midi, là, le temps ralentit visiblement, il s’assoupit dans les coins, cligne des yeux comme un chat face à la lumière filtrant à travers les stores fins. »

« En fait, notre corps se révèle être charitable par nature à la fin, un peu d’amnésie en guise d’anesthésie. La mémoire qui nous quitte nous laisse jouer une dernière fois dans les champs éternels de l’enfance. Quelques minutes quémandées, allez, encore cinq, comme naguère, devant la maison. Avant qu’on ne nous appelle pour la dernière fois. »


« Ce salaud – la vie, le temps ou la vieillesse, peu importe, ils font partie du même gang, de la même bande. Au début, il s’efforce au moins d’être aimable, il vole avec modération, comme un habile pickpocket, sans qu’on le sente, de petites choses : un bouton, une chaussette, une légère sensation de piqûre, en haut, à gauche, deux dioptries, trois photos de l’album, des visages, comment elle s’appelait, déjà… »

« Constamment nous produisons du passé. Nous sommes des fabriques de passé. Des machines vivantes de passé, quoi d’autre. Nous avalons du temps et produisons du passé. Même la mort n’est pas une solution. L’homme s’en est allé, mais son passé est resté. Où va, ensuite, tout ce passé personnel ? Est-ce que quelqu’un l’achète, le collectionne, le jette ? Ou bien va-t-il se traîner comme un vieux journal emporté par le vent dans la rue. Où vont toutes ces histoires, commencées et inachevées, ces relations interrompues qui saignent encore, toutes les amours amputées, « amputées », c’est bien un mot de boucherie, ça.
Est-ce que le passé se désagrège ou reste-t-il pratiquement immuable, comme les sacs en plastique, empoisonnant lentement et profondément tout ce qui l’entoure ? Ne doit-il pas y avoir quelque part aussi des fabriques à recycler le passé ? Peut-on d’ailleurs faire autre chose à partir du passé que du passé ? Est-il possible, en sens inverse, de le recycler en avenir, même de seconde main ? Des questions, en veux-tu en voilà. »

« Oui, le passé est contagieux. Et ce n’était pas ça, le plus terrible, mais des souches qui mutaient très vite et qui terrassaient toute forme d’immunité. L’Europe, qui croyait, après quelques lourdes pertes de raison au XXe siècle, avoir désormais acquis une parfaite résistance à certaines obsessions, folies nationales et autres, fut en réalité parmi les premiers à déclarer forfait.
Personne, bien entendu, ne mourrait (du moins, pas au début), mais le virus agissait. On ne savait pas clairement s’il se transmettait par voie aérienne, s’il suffisait que quelqu’un crie « Allemagne (France, Pologne…) au-dessus de tout, la Hongrie aux Hongrois ou la Bulgarie des trois mers », pour que les postillons de ces phrases transmettent le virus. »
ArenSor
ArenSor

Messages : 3102
Date d'inscription : 02/12/2016
Localisation : Rue du Nadir-aux-Pommes

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guéorgui Gospodinov Empty Re: Guéorgui Gospodinov

Message par Tristram Mer 26 Oct - 20:32

Entre adulation et rejet du passé, son altération ?

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 14716
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 66
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guéorgui Gospodinov Empty Re: Guéorgui Gospodinov

Message par Bédoulène Jeu 27 Oct - 11:24

merci Aren, traitement original choisi par les pays

j'ai le livre dans ma pal alors un jour ............

_________________
"Prendre des notes, c'est faire des gammes de littérature Le journal de Jules Renard

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 19619
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 77
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guéorgui Gospodinov Empty Re: Guéorgui Gospodinov

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains d'Europe centrale et orientale


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum