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Message par ArenSor Mer 26 Oct - 19:16

Guéorgui Gospodinov
Né en 1968

Guéorgui Gospodinov Georgi10


Guéorgui Gospodinov, est un écrivain bulgare.
Poète, novelliste et romancier, il a écrit pour le théâtre, pour la bande dessinée et le cinéma. Son œuvre est fréquemment traduite à l'étranger : son « Roman naturel » est paru dans quarante langues.
Gospodínov vit et travaille à Sofia.

Œuvres traduites en français
« Un roman naturel », Phébus, Paris, 2002
« Physique de la mélancolie », Intervalles, Paris, 2015
« L'Alphabet des femmes », Arléa, Paris, 2014
« Le pays du passé », Gallimard, Paris, 2021


Dernière édition par ArenSor le Mer 26 Oct - 19:24, édité 1 fois
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Message par ArenSor Mer 26 Oct - 19:23

Le Pays du passé

Guéorgui Gospodinov Le_pay10

L’idée de départ est intéressante : des cliniques, des « abritemps », qui proposent à l’intention de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’autres troubles de la mémoire, de retrouver une partie de leur passé en leur offrant des chambres meublées, remplies d’objets correspondant à une époque précise du passé. Ainsi les patients retrouveront un univers qui leur est familier, ils pourront donc garder plus longtemps les lambeaux de leur passé le plus profondément inscrit.
Les choses se corsent quand ce sont les nations européennes qui, ne trouvant pas d’avenir commun positif, décident de se plonger dans un passé idéalisé. L’unité communautaire étant toute relative, les états décident d’organiser chacun un référendum pour savoir dans quelle période le pays veut reculer : ce sera les années 80 en France, les années 60 en Italie…
Le sujet est traité avec brio par Guégorgui Gospodinov qui joue avec tous les paradoxes que permet un sujet sur le temps. Le plus étonnant est la façon dont il passe brusquement d’un registre à un autre, tour à tour réflexif, satirique, narratif. Ce style peut déboussoler à priori le lecteur attaché à un récit linéaire, mais se révèle particulièrement inventif et adapté au sujet.
Un bon moment de lecture en ce qui me concerne et un auteur à suivre.

« Le passé se décante dans les après-midi, là, le temps ralentit visiblement, il s’assoupit dans les coins, cligne des yeux comme un chat face à la lumière filtrant à travers les stores fins. »

« En fait, notre corps se révèle être charitable par nature à la fin, un peu d’amnésie en guise d’anesthésie. La mémoire qui nous quitte nous laisse jouer une dernière fois dans les champs éternels de l’enfance. Quelques minutes quémandées, allez, encore cinq, comme naguère, devant la maison. Avant qu’on ne nous appelle pour la dernière fois. »


« Ce salaud – la vie, le temps ou la vieillesse, peu importe, ils font partie du même gang, de la même bande. Au début, il s’efforce au moins d’être aimable, il vole avec modération, comme un habile pickpocket, sans qu’on le sente, de petites choses : un bouton, une chaussette, une légère sensation de piqûre, en haut, à gauche, deux dioptries, trois photos de l’album, des visages, comment elle s’appelait, déjà… »

« Constamment nous produisons du passé. Nous sommes des fabriques de passé. Des machines vivantes de passé, quoi d’autre. Nous avalons du temps et produisons du passé. Même la mort n’est pas une solution. L’homme s’en est allé, mais son passé est resté. Où va, ensuite, tout ce passé personnel ? Est-ce que quelqu’un l’achète, le collectionne, le jette ? Ou bien va-t-il se traîner comme un vieux journal emporté par le vent dans la rue. Où vont toutes ces histoires, commencées et inachevées, ces relations interrompues qui saignent encore, toutes les amours amputées, « amputées », c’est bien un mot de boucherie, ça.
Est-ce que le passé se désagrège ou reste-t-il pratiquement immuable, comme les sacs en plastique, empoisonnant lentement et profondément tout ce qui l’entoure ? Ne doit-il pas y avoir quelque part aussi des fabriques à recycler le passé ? Peut-on d’ailleurs faire autre chose à partir du passé que du passé ? Est-il possible, en sens inverse, de le recycler en avenir, même de seconde main ? Des questions, en veux-tu en voilà. »

« Oui, le passé est contagieux. Et ce n’était pas ça, le plus terrible, mais des souches qui mutaient très vite et qui terrassaient toute forme d’immunité. L’Europe, qui croyait, après quelques lourdes pertes de raison au XXe siècle, avoir désormais acquis une parfaite résistance à certaines obsessions, folies nationales et autres, fut en réalité parmi les premiers à déclarer forfait.
Personne, bien entendu, ne mourrait (du moins, pas au début), mais le virus agissait. On ne savait pas clairement s’il se transmettait par voie aérienne, s’il suffisait que quelqu’un crie « Allemagne (France, Pologne…) au-dessus de tout, la Hongrie aux Hongrois ou la Bulgarie des trois mers », pour que les postillons de ces phrases transmettent le virus. »
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Message par Tristram Mer 26 Oct - 20:32

Entre adulation et rejet du passé, son altération ?

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Message par Bédoulène Jeu 27 Oct - 11:24

merci Aren, traitement original choisi par les pays

j'ai le livre dans ma pal alors un jour ............

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Message par Dreep Lun 13 Fév - 15:15

Un roman naturel

Guéorgui Gospodinov Un-roman-naturel

Le roman « naturel » contient sa propre explication, le curieux dessein de Géorgui Gospodínov, qui entend « bâtir un roman uniquement à partir de débuts ». L’idée est séduisante, amorce de potentielles réflexions sur l’écriture ou sur la littérature. L’auteur est le personnage « écrivant » du Roman naturel, racontant ce qui lui est arrivé, passant à autre chose au chapitre suivant : une belle illustration du « Essayer encore. Rater encore. Rater mieux » de Samuel Beckett, en somme. Des petites phrases tristes rythment la prose de cet aspirant écrivain, clochard ou divorcé qu’est le narrateur, un de ceux atteint par le syndrome « j’ai lu tous les livres que j’aurais voulu écrire » ou de l' »à-quoi-bon » en filigrane. Et puis d’abord, qu’est-ce qu’un écrivain ? Un type qui fume sa pipe dans un fauteuil à bascule. La mélancolique dérision de l’auteur prend le pas sur la théorie, celle du « roman naturel » qui s’appuyait sur l’autorité d’un Anaxagore ou d’un Démocrite pour dire que les mots fonctionnent comme des atomes, se liant entre eux, et qu’on peut trouver par conséquent des « débuts de roman » se combinant entre eux par motifs. Blague ou pas blague, on se demande si Gospodínov avait vraiment besoin de citer ses classiques pour étayer sa méthode : on voudrait qu’il creuse un peu, quitte à être un peu plus bouffon. Gospodínov se contente de lancer des idées ― souvent resucées ― sans approfondir, en espérant peut-être qu’elle germe d’elles-mêmes, mais j’aime bien celle jardinier cherchant où les mots se reproduisent afin de rétablir « l’équilibre du monde ». Mais notre narrateur préfère encore plus nous convaincre (vainement) que les WC sont un digne sujet de roman (je ne le conteste pas, encore faut-il le prouver ― ah, Gheorgui, lis ou relis donc The Suffering Channel de David Foster Wallace, et tu verras comment on peut être hilarant avec un sujet voisin…). Mais ce catalogue de pensées et de futilités renferment aussi une espèce d’albums de souvenirs, réels ou imaginaires, peut-être une sorte d’autoportrait de l’écrivain, et c’est là que la dérision est coriace, sans pitié aucune pour soi-même.
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Message par Tristram Lun 13 Fév - 15:56

Quand même bien tentant, cet auteur, d'après les sujets esquissés...

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Message par Bédoulène Lun 13 Fév - 17:10

merci Dreep

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Message par Tristram Mar 28 Fév - 12:02

Un roman naturel

Guéorgui Gospodinov Un_rom10

Un écrivain avec ses fauteuil à bascule, pipe et tabac, qui divorce et en voie de clochardisation (à moins que ce ne soit un autre !) : thème incessamment repris avec autant d’amorces de romans et de registres différents, dans ce qui semble un fourre-tout de réflexions lâchement cousu. Au chapitre 3, le rédacteur-auteur explicite son projet :
« Flaubert rêvait d’écrire « un livre sur rien », un livre sans aucune intrigue extérieure, « qui se tiendrait de lui-même, par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l’air ». Proust a réalisé ce rêve jusqu’à un certain point, en s’appuyant sur la mémoire involontaire. Mais lui non plus n’a pu échapper à la tentation de recourir à l’intrigue. J’ai le désir immodeste de bâtir un roman uniquement à partir de débuts. Un roman qui parte sans cesse, promette quelque chose, atteigne la dix-septième page et recommence depuis le début. L’idée, ou plutôt le principe originel d’un tel roman, je l’ai découverte dans la philosophie antique, surtout chez la Trinité de la philosophie de la nature : Empédocle, Anaxagore, Démocrite. Le roman des débuts reposerait sur ces trois baleines. Empédocle tient à un nombre restreint de principes originels et ajoute aux quatre éléments fondamentaux (la terre, l’air, le feu et l’eau) l’Amour et la Haine qui les meuvent et réalisent leurs combinaisons. C’est Anaxagore qui se montrait le plus étroitement associé à mon roman. L’idée de panspermies, ou semences des choses (plus tard, Aristote les nomme homéoméries, mais ce mot a une résonance bien plus froide et impersonnelle) pouvait se transformer en puissance fécondante de ce roman. Un roman créé à partir d’un nombre infini de particules, de substances premières, bref de débuts, qui entrent dans des combinaisons illimitées. Puisque Anaxagore affirme que toute chose concrète est constituée de petites particules semblables à elle, alors le roman pourrait être édifié uniquement sur des débuts. C’est ce que j’ai décidé de tenter, à partir de débuts de romans devenus des classiques. Je pourrais aussi les appeler « atomes » pour rendre hommage à Démocrite. Un roman atomiste, fait de débuts flottant dans le vide. »
Sont cités ensuite les incipit de plusieurs romans, supposés interagir intertextuellement.
« Le monde est une chose et le roman est ce qui l’assemble. Les débuts sont donnés, les combinaisons innombrables. »
Aussi une histoire des W.-C., des souvenirs apparemment autobiographiques, des rêves, une histoire des mouches, se rattachant peu ou prou à la littérature.
« Un roman à facettes, évoquant la vue de la mouche. »
Aussi beaucoup de réflexions sur le(s) verbe(s), la langue, la création : ainsi, les Notes du naturaliste, fabuleuse histoire mise en abyme de l’allégorie du déséquilibre foucaldien « qui se creuse entre le nom des choses et les choses elles-mêmes. »
« Je dois avoir recours à une autre langue. J’essaie avec le jardinage. Le dire dans la langue des plantes, utiliser leur langue silencieuse, qui ne parle qu’avec des formes. »

« J’ai compris que c’était dans les livres, et pas dans tous, seulement dans les romans, et encore pas tous, dans quelques-uns soigneusement choisis (je les ai mais je ne dirai jamais leur nom), que se cachent les mots-mères, prêts à s’envoler et à essaimer ce que je ne sais nommer. Comment ai-je pu, jusqu’à présent, garder ces livres parmi les autres, les laisser effleurer de leur couverture contagieuse celle des livres innocents ? »
Le roman tourne en quelque sorte en rond, ayant des difficultés à trouver une fin, toujours fluidement lisible et captivant. C’est surtout un prodigieux imaginaire rabelaisien, une pépinière d'inventions romanesques auxquels j’ai été fort sensible. Il fait référence notamment aux philosophes présocratiques, à Linné, Eliot et Salinger ; on pourra penser à Si par une nuit d'hiver un voyageur de Calvino, et bien sûr à toute la fécondité oulipienne.

\Mots-clés : #creationartistique #ecriture #universdulivre

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Message par horizonrouge Mar 28 Fév - 16:49

Merci Tristam pour cet aperçu intéressant. Roman bulgare de 1999, publié en français en 2002. on trouve quelques extraits ici. les extraits que j'ai lus me font penser aux mystifications labyrinthiques de Borges mâtinées du thème kafkaïen de la perte/renonciation d'une identité aliénée. Dans son roman suivant de 2011, traduction française de 2015, "physique de la mélancolie", c'est le même thème de l'identité multiple qu'il déroule. très kafkaïen.
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Message par Tristram Mar 28 Fév - 17:13

Oui @Horizonrouge, mais il me semble que c'est au-delà de Borges et Kafka _ dans la lignée sans doute, et vraisemblablement amorcé (brillamment) dans les Mille et Une Nuits, puis amplifié par Sterne et consorts. Je ne saurais préciser, me situant dans un cheminement (ou tâtonnement) proche ; j'ai aussi beaucoup pensé à Rabelais, mais tout ça n'est peut-être que point de vue particulier.

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Message par Pinky Sam 11 Mar - 17:05

Le pays du passé

Guéorgui Gospodinov B09gkd10

Une vision complémentaire de celle d'Arensor

Une clinique qui ferait retrouver un peu de mémoire à des patients qui l'ont perdue mais quelle époque proposer pour toucher ceux qui y seront logés ?
Qu'est-ce qui fait remonter nos souvenirs ? un objet, une photo ou un article de journal, une odeur, un son ?  Le livre croise l'extériorité des histoires de certains patients et celle du narrateur qui pourrait être chacun d'entre nous, jeune ou moins jeune, souvenirs d'enfance ou de jeunesse ; traumatismes ou bonheurs au travers de toutes petites choses comme le pain industriel qu'Hilde retrouve avec plaisir. "Je n'ai jamais vu quelqu'un manger avec autant de délectation une tranche d'un simple pain industriel avec du sel"
Monsieur N. le Bulgare qui discute avec l'ancien flic qui le surveillait  Une manière d'évoquer le passé communiste de la Bulgarie d'avant la chute du Mur.

« Je ne sais pas ce qui se passe dans sa tête, mais j’ai le sentiment qu’il se rappelle bien plus qu’il ne le montre. Peut-être a-t-il, lui aussi, son jeu, le jeu de celui qui oublie, de la victime qui, en apparence, se laisse mener par le narrateur, et, feignant l’oubli total, endort la vigilance, l’oblige à tout raconter avec des détails que l’autre n’avait pas l’intention de dévoiler. »


Hilde qui retrouve un peu de mémoire en voyant le nom des villes inscrit sur un vieux  poste de radio, en particulier Sofia. Sa mère bulgare avait épousé un ingénieur allemand puis était venue la guerre. Elle avait fui  la Bulgarie et ses souvenirs remontaient en allemand puis en bulgare.
Le cavaleur qui était passionné de Lennon et qui craignait son assassinat au point d'aller à la police pour les avertir du crime et qui revient dans la clinique en annonçant qu'à l'extérieur des personnes miment l'avenir.
Le cas de Madame Ch. est le plus pathétique, on comprend vite pourquoi elle a peur des douches.
La deuxième partie du livre bascule vers la question des sociétés et de leur rapport au passé, en se focalisant plus précisément sur le Bulgarie et son histoire : que choisir le socialisme perdu ou la Grande Bulgarie. Cela donne lieu sans doute aux passages les plus baroques, reconstituant pour les uns ou les autres les époques perdues.
Puis, vers l’Europe entière et ses choix divers, quel passé reconstituer en France, en Espagne, en Suède, et même en Suède ? Cette partie nous fait voyager dans l’histoire européenne du XXe siècle
De l’oubli de la vieillesse à notre rapport au passé en fonction de nôtre âge, l’auteur brouille les pistes. Avoir un passé ce serait avoir encore de la mémoire avant que tout s’estompe dans une sorte de présent répétitif.
Histoire et mémoire et réflexion sur leur utilisation voire instrumentalisation politique mais aussi la trame de nos histoires personnelles faites d’oublis, de réminiscences heureuses ou douloureuses.
Dans les deux cas, comment chacun s’y retrouve-t-il ? décalage de générations, de réactions, synchronisation ou dé synchronisation.


« Être impitoyable à l’égard du passé. Parce que le passé est impitoyable.
Cet organe atrophié, cette sorte d’appendice qui, sinon, s’enflamme avec le temps, va provoquer tiraillements et faire mal. Si vous pouvez vivre sans lui, coupez-le et fichez le camp, sinon, mieux vaut se tenir à carreau. Est-ce cette pensée qui a tourné dans sa tête lorsque, durant cette nuit-là à Sofia, il se tenait devant la vitrine vide et l’ampoule nue qui pendait ?
................
Nous nous tenions près de lui, Gaustine et moi, il m’a demandé une tartine grillée, il était sous perfusion depuis un mois et ne pouvait rien manger, mais l’odeur lui suffisait. Il est encore enfant, son père rentre, il a reçu des honoraires pour une traduction. Il a acheté à l’épicerie de la confiture et du beurre avec cet argent. Après des journées avec uniquement des pommes de terre, il lui fait griller une grande tartine de pain blanc, il l’enduit d’un doigt de beurre et de confiture, ils rient et son père, habituellement sévère, qui ne tolère pas les caprices, le soulève et le pose sur ses épaules. Il marchent ainsi dans la pièce, s’arrêtent au milieu et le petit S. regarde tout près le filament lumineux de l’ampoule à portée de sa tête. »

« Je me suis également rendu compte que je n’aurais pas reconnu cette lumière de 1982 si elle n’était pas apparue au même moment qu’une odeur particulière qui provenait de la même décennie de mon enfance. Je pense que toute notre mémoire des odeurs nous vient de l’enfance, c’est là qu’elle est entreposée, dans la partie du cerveau qui correspond à nous souvenirs les plus anciens. »


« Cela inquiète fort mon père, parce qu’on est déjà en mai 68, à Prague, le printemps arrive et le même voisin (un flic ou un plaisantin, on n’a jamais su ce qu’il était exactement) dit qu’on devra libérer les frères tchèques. Mais de qui, demande naïvement mon père. Comment ça, de qui, d’eux-mêmes répond le voisin, et mon père se déjà avec sa Varsovie mobilisée à Prague. »


« Lire des magazines, des journaux datant d’il y a quarante  ou cinquante ans. Ce qui inquiétait n’inquiète plus. Les informations sont devenues de l’Histoire.
Les informations spéciales ont perdu tout caractère spécial.. Le papier a jauni, une légère odeur d’humidité émane des pages en papier glacé. Mais qu’en est-il des réclames ? Celles que nous avons sautées avec ennui à leur époque acquièrent maintenant une nouvelle valeur. Tout à coup, les réclames sont devenues de véritables informations de cette époque. La porte pour y entrer.


Sur le tronc d’un marronnier, près de la poste, je vois fixée avec quatre punaises, une feuille sur laquelle est écrit en grosses lettres ce qui suit. Je recopie mot pour mot.

ECHANGE
Grand poste de télé LCD
32 pouces en bon état de marche 8 ans
Contre 30 livres d’eau-de-vie
Yambol téléphone : 046…..
15 février


Une reconstitution nationaliste en Bulgarie

Il y avait quelque chose d’étrange dans tout ce spectacle, comme un film postapocalyptique qui mélangerait les époques. Les drones bourdonnaient triomphalement en tirant le drapeau dont on ne voyait que l’extrémité. Au-dessous, des gens avec des culottes et des fusils du XIXe siècle, lançaient leurs couvre-chefs dans les airs en criant hourra…. Dès que les drones eurent recouvert avec une précision étonnante tout le bout de ciel qui s’étalait au-dessus du parc, ils s’arrêtèrent en suspens dans les airs au-dessus d’une foule médusée.
……………….
Le crépuscule de mai s’efforçait délicatement de dissimuler les restes de l’après-midi insurrectionnel, lambeaux de drapeaux sur les marronniers du Jardin de Boris, bouteilles vides, journaux, canettes…Je me demande qui nettoie après chaque révolution.
.

A propos du référendum dans les différents pays européens


Je ne me souviens plus qui disait que la nation est un groupe de personnes qui se sont entendues pour se rappeler et oublier les mêmes choses.
Renan, déjà au XIXe siècle, je vous l’ai enseigné, lance K.

Tout était « unique ». Surtout le malheur. Aucune nation ne voulait renoncer à son malheur. C’était une matière première, un matériau servant à tout, une justification, un alibi, un fondement à énoncer des prétentions….

L’Espagne, avec sa longue expérience, d’être malheureuse à sa façon, allait s’en tirer plus aisément. Lorsqu’on a une guerre civile qui s’est fondue ensuite dans le régime de Franco, on peut facilement mettre un demi-siècle entre parenthèses, ce qui réduit le choix à moins d’années et le facilite grandement.

Moins il y a de mémoire, plus il y a de passé.
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Message par Bédoulène Dim 12 Mar - 8:54

merci Pinky, une lecture que je ferai certainement, le sujet me parle

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Message par Tristram Sam 25 Nov - 15:15

Le pays du passé

Guéorgui Gospodinov Le_pay10

Le narrateur (qui se présente comme l’auteur) a rencontré Gaustine (personnage qu’il reconnaît avoir créé), et le retrouve comme il a fondé une « clinique à produire du passé » dans un centre de géronto-psychiatrie à Zurich, la ville du vieillissement, la meilleure pour mourir :
« Quelques années plus tôt, je serai assis dans une ville dans laquelle il n’y aura pas eu de 1939. »
C’est donc pourquoi ils travaillent à recréer les décennies de la seconde moitié du XXe dans des appartements reconstitués pour des vieillards atteints de démence et d’Alzheimer : « …] les abris antibombes du passé. Appelle-les, si tu préfères, des "abritemps". »
« Selon Gaustine, pour nous, le passé est passé, et, même lorsque nous y entrons, nous savons que la porte, derrière, est ouverte, nous revenons aisément. Pour ceux que leur mémoire a abandonnés, cette porte a été claquée à jamais. Pour eux, ce n’est pas le passé, mais le présent qui est un pays étranger, le passé est leur patrie. La seule chose que nous puissions faire, dans ce cas, est de créer un espace synchronisé avec leur temporalité intérieure. »
Le passé à l’est du Mur est prégnant.
« Si l’on se donne le mal de lire comme de la littérature ces milliers de pages écrites durant les années 1950, 1960, 1970 et 1980, par toutes sortes d’agents écoutant et inscrivant, on obtiendra sûrement le grand roman bulgare non écrit de l’époque. Tout aussi médiocre et mauvais que l’époque elle-même. »

« Nous avalons du temps et produisons du passé. »

« En fait, la première chose qui parte, lors de la perte de mémoire, c’est l’idée même d’avenir. »
Étape suivante, c’est toute l’Europe qui décide de revenir dans un passé du XXe, par « peur collective ou un refus d’avenir », ou manque de futur ; l’époque est choisie par pays grâce à un référendum. (Cette « futurophobie » est peut-être aussi dans l’air de notre temps.)
« Cette force d’attraction du passé n’est-elle pas, en fin de compte, une tentative d’atteindre cet endroit stable, aussi loin qu’il soit en arrière, où les choses sont encore entières, où ça sent l’herbe, où l’on regarde de tout près la rose et son labyrinthe. Je dis « endroit », mais c’est un temps, un endroit dans le temps. »
Le narrateur vit le début de cette utopie en Bulgarie, son pays, partagé en communistes-socialistes et nationalistes slaves ; ce compte-rendu forme presque une partie séparée du livre, et une satire ironique traitée avec dérision qui vaut bien certains ténors de la contre-culture des pays de l’Est, Russie incluse. Le pays devient une « tragicommedia dell’arte » où chacun joue son rôle de théâtre.
« Plus une société oublie, plus quelqu’un produit, vend et remplit d’un ersatz de mémoire les niches ainsi libérées. C’est l’industrie légère de la mémoire. Un passé fait de matériaux légers, une mémoire en plastique comme sortie d’une imprimante 3D. Une mémoire en fonction des besoins et de la demande. Le nouveau Lego : divers modules du passé sont proposés et s’insèrent parfaitement dans la case vide. »

« Rien ne peut réveiller aussi bien le passé que le kitsch. »
Puis le narrateur-auteur perd de plus en plus la mémoire.
« Finalement, l’écriture aussi vient quand on a commencé à sentir que la mémoire ne suffit pas.
Les premières tablettes d’argile composées de signes cunéiformes, en Mésopotamie, ne conservent pas de sagesse concernant le mystère du monde, comme on pourrait s’y attendre, mais une information très pratique sur le nombre de moutons dans un troupeau ou sur les différents noms pour « cochon ». Les premiers témoignages écrits étaient des listes. Au début (et à la fin) se trouve toujours une liste. »

« Mais alors, qu’est-ce qui se nourrit de temps ?
Tout ce qui est vivant, évidemment. Les chats, les vaches, les abeilles et les couleuvres, le chardon, la buse et les souris, les écureuils dans les parcs, les vers de terre et mouches des fruits, la baleine bleue et le rotengle : tout ce qui nage, vole, se glisse silencieusement, monte sur les arbres, grandit, se reproduit, vieillit et meurt. Eux seuls se nourrissent de temps… Ou le temps de nous. Nous sommes la nourriture du temps. »

« Tant qu’on se souvient, on tient le passé à l’écart. C’est comme allumer un feu au milieu d’une forêt nocturne. Tout autour sont accroupis démons et loups, les monstres du passé raccourcissent le cercle mais n’osent pas encore entrer dedans. L’allégorie est simple. Tant que le feu de la mémoire brûle, on est le maître. Mais commence-t-il à s’éteindre, le hurlement va aller grandissant et les monstres viendront plus près. La meute du passé.

Moins il y a de mémoire, plus il y a de passé. »

« Les romans et les histoires nous donnent une fausse impression consolante d’ordre et de forme. C’est comme si quelqu’un tirait les ficelles de l’action, connaissait l’ordre et le dénouement, quelle scène vient après quelle autre. Le livre vraiment courageux, courageux et en même temps inconsolable, serait celui dans lequel toutes les histoires, celles qui se sont produites comme celles qui ne se sont pas produites, flottent autour de nous, dans le chaos primitif, criant et chuchotant, suppliant et ricanant, se croisent et passent l’une à côté de l’autre dans le noir.
La fin d’un roman est comme la fin du monde, il est bon de la différer. »
Le propos est fouillé, le sujet exploré dans ses moindres ramifications, et c’est peut-être son humour subtilement loufoque qui m’a ramentu Vila-Matas ; mais le thème de ce livre est davantage à rapprocher de Borges, nommément cité.

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Message par Bédoulène Sam 25 Nov - 16:47

c'est très tentant mais à mon âge aussi un peu peur (?)

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Message par Pinky Sam 25 Nov - 18:07

Pourquoi Bédoulène ? Non, ça ne fait pas peur, c'est nostalgique...En tous cas, j'ai aimé le livre...C'est l'avantage de l'âge avoir un passé conséquent.
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Message par Bédoulène Dim 26 Nov - 7:40

quand je vois ma mémoire défaillir, oui cela fait peur d'autant que tu as eu un proche dans ce cas

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Message par Pinky Dim 26 Nov - 9:55

Je comprends tes inquiétudes mais c'est un peu normal d'avoir des trous de mémoire à nos âges avancés, cela ne signifie pas que nous perdrons tous souvenirs. C'est vrai que cela peut faire peur. Ma mère disait "les mots me fuient" mais elle est restée lucide jusqu'à la fin. Pour en revenir au livre, c'est surtout une réflexion sur les souvenirs traumatiques ou non et sur l'utilisation qu'en font les politiques pour vendre une histoire plus ou moins fantasmée.
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Message par Bédoulène Dim 26 Nov - 11:22

merci Pinky pour ta réponse et les mots me fuient c'est très juste, parfois on tarde à les rattraper........ou pas ! Wink

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Message par Tristram Dim 26 Nov - 11:35

Bédoulène, ce roman évoque la perte de la mémoire, mais pas seulement dans des cas cliniques type Alzheimer, aussi au niveau des sociétés humaines (nations), particulièrement après une entrée en matière assez farfelue (le fameux personnage de Gaustine), et on comprend bien que c'est une spéculation bourrée d'inventivité narrative. Il y a notamment une projection sociétale "politique" de l'Europe, qui hésite entre nier le passé et le magnifier, et qui craint surtout son futur...

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Message par Bédoulène Dim 26 Nov - 12:20

merci du complément Tristram je tenterai

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