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Michel Le Bris

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Message par Tristram le Sam 16 Déc - 23:21

Michel Le Bris
Né en 1944

Michel Le Bris Michel10

Michel Le Bris est un écrivain, éditeur et essayiste français. Passionné par les grands espaces et les aventurieurs, spécialiste de Robert Louis Stevenson, il se spécialise à partir des années 1990 dans la conception et l'organisation de festivals, dont le plus connu est le festival littéraire de Saint-Malo « Étonnants voyageurs » qu'il a créé en 1990.

Michel Le Bris est né le 1er février 1944 à Plougasnou en Bretagne. Diplômé d'HEC, il devient rédacteur en chef de la revue Jazz Hot de 1968 à 1969 : il sera un des « passeurs » du free jazz en France. Dans le même temps, de 1967 à 1970, il fait partie de l'équipe du Magazine littéraire tout juste créé.
Mai 1968 jouera dans sa vie un rôle déterminant. Directeur du journal de la Gauche prolétarienne La Cause du Peuple, il est condamné à huit mois de prison et incarcéré. Jean-Paul Sartre prend alors sa suite sans que le gouvernement ose l'interpeller, et cette affaire prend une dimension internationale.
A sa sortie, Michel Le Bris prend en main le journal J’Accuse lancé par la Gauche prolétarienne et un regroupement d’intellectuels. Dans le comité de rédaction : Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Maurice Clavel, Jean-Luc Godard, André Glucksmann, Jacques-Alain Miller, Jean-Claude Milner, Christian Jambet, Françis Bueb…
Il participe également à la création du quotidien Libération en 1973.

S’il a déjà publié plusieurs ouvrages (dont un essai sur Levi Strauss sous le pseudonyme de Pierre Cressant) il fait paraître en 1977 ce qu’il considère comme son premier vrai livre, L’homme aux semelles de vent. Dans ce manifeste pour une littérature aventureuse, il propose une interprétation radicalement nouvelle du romantisme allemand — réflexion qu’il approfondira notamment dans le Journal du romantisme (1981), qui sera traduit en cinq langues et obtiendra en 1982 un grand prix de la Société des Gens de lettres.
Devenu conseiller littéraire aux éditions Phoébus, il s'attache à publier des classiques oubliés d'une littérature qu'il veut « aventureuse ». Parallèlement à une entreprise de réédition ou de publications d'inédits de Stevenson, il lance le mouvement des « écrivains-voyageurs », et édite une nouvelle génération de travels-writers britanniques (Redmond O'Hanlon, Jonathan Raban, Colin Thubron) ou américains (Peter Matthiessen), et fait découvrir Nicolas Bouvier, Ella Maillart, Anita Conti et Patrick Leigh Fermor...

Il crée en 1990 le festival "Étonnants voyageurs" à Saint-Malo, présenté comme le point de ralliement des « petits enfants de Stevenson et de Conrad ». A ce jour, le festival a accueilli plus de 3 000 auteurs du monde entier.
En 2007, dans le droit fil de l’idée de la littérature défendue par Étonnants Voyageurs, il est, avec Alain Mabanckou, Jean Rouaud et Abdourahmane Waberi à l’initiative du Manifeste pour une Littérature-Monde réunissant quarante-quatre écrivains du monde entier écrivant dans une même langue : le Français.

En 2008, son roman "La Beauté du monde" est finaliste du prix Goncourt.
sources : Babelio et Wikipédia

Bibliographie :

1970 : Levi-Strauss (sous le pseudonyme de Pierre Cressant)
1974 : Occitanie : volem viure! (nous voulons vivre!)
1975 : Les Fous du Larzac, La France Sauvage
1977 : L'Homme aux semelles de vent
1981 : Le Paradis perdu ; Le Journal du romantisme
1985 : Ys, dans la rumeur des vagues
1986 : La Porte d'or ; Dublin
1987 : Une amitié littéraire : Henry James — Robert Louis Stevenson (correspondance et textes)
1988 : La Fièvre de l'or, coll. « Découvertes Gallimard / Histoire » (no 34)
1991 : Au vent des royaumes
1992 : Pour une littérature voyageuse (collectif) ; Le Grand Dehors
1994 : Robert Louis Stevenson : Les années bohémiennes (biographie, tome I)
1995 : Robert Louis Stevenson (direction) ; Fragments du Royaume (entretiens avec Yvon Le Men)
1996 : Bretagne, entre vents et amers (sur des photographies de Jean Hervoche) ; Un hiver en Bretagne
1998 : Écosse, Highlands & Islands (sur des photographies de Jean Hervoche, Hervé Glot et Pietr-Paul Koster) ; Les Flibustiers de la Sonore (roman)
1999 : L'Ouest américain, territoire sauvage (sur des photographies d'Olivier Grunewald) ; Quand la Californie était française ; Étonnants voyageurs, anthologie Gulliver de la littérature voyageuse (direction) ; Africa, images d'un monde perdu (sur des photographies de Martin et Osa Johnson)
2000 : Les Indiens des plaines (catalogue, direction)
2000 : Pour saluer Stevenson
2001 : Hôtel Puerto (avec Alvaro Mutis, Jean Rolin, José Manuel Fajardo, sur des photographies de Philippe Séclier) ; D'or, de rêves et de sang, l'épopée de la flibuste (1494-1588) ; Bretagne du monde entier ; Pirates et flibustiers des Caraïbes (catalogue, direction)
2002 : L'Aventure de la flibuste (colloque, direction) ; Les Mondes Dogon, 2002 (catalogue, direction avec Moussa Konaté) ; Le Défi romantique (nouvelle édition, revue et augmentée, du Journal du romantisme) ; Fées, elfes, dragons et autres créatures des mondes de féerie (catalogue, direction avec Claudine Glot)
2003 : Vaudou, le nom du monde est magie (catalogue, direction) ; Yeun Elez, un autre monde (sur des photographies de Yann Champeau)
2004 : L'Europe des Vikings (catalogue, direction avec Claudine Glot)
2005 : Rêves d'Amazonie, 2005 (catalogue, direction avec Pascal Dibie)
2006 : Visages des Dieux, visages des hommes : masques d’Asie, 2006 (catalogue, direction avec Jacques et Sylvie Pimpaneau)
2007 : Pour une « littérature-monde », 2007 (collectif, en codirection avec Jean Rouaud)
2008 : La Beauté du monde, 2008 (roman) ; N. C. Wyeth : l'Esprit d’aventure (album)
2009 : Nous ne sommes pas d'ici (autobiographie)
2010 : Dictionnaire amoureux des explorateurs (avec Alain Bouldouyre)
2011 : Rêveur de confins (autobiographie)
2017 : Kong





Michel le Bris, L’homme aux semelles de vent

Michel Le Bris L_homm11


Spécialiste de Stevenson, créateur du festival Etonnants Voyageurs (et ami de Nicolas Bouvier, Jacques Lacarrière, etc.), cet auteur mérite peut-être qu’on lise son premier livre ?

« …] un très curieux essai où s'expriment pêle-mêle la souffrance du déracinement, une critique du totalitarisme, des réflexions sur Hegel ou Hölderlin et une déclaration d'amour à la littérature voyageuse et à la musique, "pour ne pas mourir de la raison d'Etat".
On l'a traité tour à tour de gauchiste, de social-traître, de barde, puis d'assassin de la cause celte (au motif qu'il refuse une Bretagne enfermée dans sa bulle folklorique), de nouveau romantique, de nouveau philosophe et même récemment de baba cool repenti. »
Olivier Le Naire, article dans L’Express du 22/08/1996 ici
« En 1977, il publie son premier livre, L’homme aux semelles de vent, essai sur Arthur Rimbaud. »
Encyclopédie Larousse
« Avec un titre pareil, je m'attendais à une biographie. Mais non ! »
Arturo
Eh non, ça fait allusion à Rimbaud, parmi beaucoup d’autres choses, mais pas exclusivement, loin de là !
J’ai trouvé peu concernant cet ouvrage sur la Toile, alors je vais essayer de l’évoquer brièvement, sans trop d’injustice :

Chapitre I : histoire de la fin de la Bretagne profonde, un peu dans le prolongement du Cheval d’Orgueil, de Pierre-Jakez Hélias (ici), avec les touristes avant-coureurs de la colonisation par la modernité, puis la monoculture avec remembrement, endettement, etc., quand le paysan devient agriculteur : rien de neuf (parution en 1977) ‒ pour ceux qui savent.
Révolte assez véhémente, mais ‒ d’une manière générale dans les cas de ce genre ‒ difficile de faire la part du passéisme et du modernisme, de l’obscurantisme et du progressisme, réaction conservatiste et jusqu'au-boutisme améliorateur...

Chapitre II : sorte d’essai sur l’histoire du voyage, du tourisme, de la découverte de l’Autre à partir du XXVIIe, Montesquieu, de Staël, Chateaubriand, les romantiques, qui vire en révolte rimbaldienne avec les surréalistes et Artaud.

« En quoi il n'est pas de révolution simplement "réactive", produit mécanique d'une accumulation de malheurs jusqu'à l'insupportable : il y faut une opération de transmutation, un sursaut de l'Esprit, ce mouvement par lequel le malheur peut se convertir en force de subversion, en liberté joyeuse, nouvelle — cela même que nous appelons "révolte"... »

Chapitre III : critique historique de Hegel, Marx et Engels, de la notion d’État et ses « pédagogie », nationalisme et centralisme face aux « déchets », aux « barbares » et à l’errant (juif).

Chapitre IV : de la répression du vagabondage, et de l’opposition nomadisme et sédentarité. Des colporteurs (de parole) et autres gueux sans aveu, sans feu ni lieu, mais parlant l’argot, pauvres devenu vauriens, misère mutée en désordre criminel, jusqu’au roman-feuilleton (populaire).
Je me souviens que, dans les années soixante, la maréchaussée exigeait en cas de contrôle, en plus d’une pièce d’identité, qu’on soit muni d’une certaine somme d’argent. C’est du moins ce qui se disait lorsque j’étais très jeune, mais témoigne que le délit de vagabondage était dans l’air du temps. Celui-ci a changé, puisque les SDF sont dorénavant laissés à eux-mêmes, à leur charge d’être le plus invisible possible. Pour ce qui est de la lutte ouvrière, le problème a été solutionné plus radicalement, en supprimant leurs emplois. A ce propos, historique de la notion de travail (Lafargue), qui « éduque » (avant de rendre libre…)

Chapitre V : exégèse du romantisme (allemand notamment) comme révolte, la révolution libératrice aboutissant toujours à la Terreur. La dimension « festive » des soulèvements des années 68 (excès, Bakhtine). Du rire (folie) à la raison. Du collectif à l’individu (universel). Du mouvement à la statique (étatique, mortelle). Redécouverte du grotesque rabelaisien par le romantisme (Hugo). De la musique, ou « l’universel dans l’instant ». Retour au rire nietzschéen, puis arrivée au blues, en passant par l’égalité des sexes chez les romantiques, c'est-à-dire au swing comme manière d’être.  

« Billes fermées tenues ensemble par le ciment de la terreur, mais billes manquées, pas tout à fait fermées, pas assez cimentées, rêvant d'une sociabilité qui serait ouverture, circulation, fluidité, communication, rêvant d'être pleinement soi en étant totalement ouvert, en étant ouvertures, trous, mais billes encore, ayant mal à leurs trous, redécouvrant donc leurs trous comme on apprend à marcher, explorant toutes leurs possibilités... Tels pourraient être définis les romantiques : leur infinie dispersion trouverait donc son principe d'intelligence sur le corps grotesque, contre l'État. »
« Ce qui passionne ces romantiques, c'est tout ce qui circule, conduit, communique, lie : si nous sommes un analogon de l’univers, si l’univers est un organisme, nous devons supposer en nous "un sens interne qui est en relation avec l’univers". »

« Quand les médecins et physiciens romantiques décrivent la nature comme un "organisme animé", une "symphonie", un "audacieux poème", quand ils perçoivent l’homme dans le cosmos et le cosmos lui-même comme un ensemble lié où chaque élément participe de l’ensemble et réagit sur l’ensemble, ils s’affirment tout simplement comme les précurseurs de ce qu’on appelle aujourd’hui l’écologie. »

« Un sentiment, une intuition, la vibration ‒ le génie, c’est le sens du rythme, écrit Novalis ‒ qui peut prévoir l’instant et la forme de l’éclair ? la mort seule achève, referme, totalise, fait les comptes, le romantisme allemand tend vers l’instantané. L’improvisation, donc, comme quête de cet éclair, soudain, où tout se dit ‒ et le fragment. "Le fragment est le point de rencontre du sens encyclopédique et de l’instant : la théorie, en lui, ne cesse jamais d’être intuition, aperçu, découverte. Le fragment n’est pas la poussière de la pensée, il est la pensée même à l’instant de sa formation, la pensée sans poussière, l’éclat, le couteau."  Ni un brouillon, ni un morceau, ni un puzzle : l’universel dans l’instant, une pensée de l’universel qui échappe au système, à la totalisation, un langage qui brise le discours philosophique. » (L’extrait dans l’extrait est de Jean-Christophe Bailly, La Légende dispersée : Anthologie du romantisme allemand)

« le romantisme exerce une violence radicale sur la philosophie en contestant sa fonction logique par l’affirmation d’une conception esthétique du monde. Soit : l’affirmation, de fait, du primat de l’esthétique sur la logique.
"Le génie, c’est le sens du rythme", écrit Novalis. Parce que l’univers entier est rythme, et que le rythme crée du sens. Parler, éprouver l’étrangeté de tout langage, c’est cesser de le percevoir comme moyen, mais saisir soudain que sa forme est déjà un contenu. L’"artiste", alors, c’est celui qui retrouve en lui-même, contre l’État, la puissance de nommer, c’est celui qui crée des contenus par des formes ‒ et manifeste ainsi le primat de l’intuition esthétique. »

Pamphlet du Rêve contre la Raison, la science (?), la machine, le progrès, l’autorité centrale, qui fait date, malgré des raccourcis discutables et un beau lyrisme brouillon voire outrancier, et des extrapolations interdisciplinaires osées. Bouillon libertaire avant la lettre, on y trouve bien des réflexions, des pistes et des vues à explorer, sur des thématiques toujours d’actualité (identité, sociabilité, etc.).
J’ai particulièrement apprécié les considérations sur la métaphysique romantique, me ressouvenant à l’occasion de lectures de Bachelard, Caillois, Gracq, Eco, Koestler, Hawkins, Luminet (mais aussi Pauwels-Bergier) ‒ excusez du peu…
En plus des perspectives ouvertes, beaucoup de références, avec le risque (commun) de spéciosité des extraits cités, de dialectique analogique, au péril de s’enfermer dans les contradictoires ‒ mais aux antipodes de tout académisme. La pensée semble suivre son cours au gré des associations d’idées, sans souci d’unité, mais l’ensemble est structuré par sa soif de vie libre.

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par simla le Dim 18 Fév - 4:58

Kong

Michel Le Bris 41veif10


L'histoire vraie de deux hommes, visionnaires, personnages d'exception,  dont on découvre tout au long des 930 pages de ce roman époustouflant la vie extraordinaire, engagés dans la guerre de 14/18...... Merian Cooper : héros de l'aviation américaine et Ernest Schoedsack , photographe et cameraman... reconvertis dans le cinéma, mais quel cinéma...avec pour apothéose : Kong, ce chef-d'oeuvre qui connut un immense succès.

Il a falllu 8 longues années à Michel Le Bris pour venir à bout de son roman...mais quel roman ! Extrêmement bien écrit,  entre années de guerre,   la guerre russo-japonaise, le massacre des grecs par les turcs à Smyrne... la prohibition aux Etats-Unis, l'avènement de Hollywood, la création de la Pan Am par les amis aviateurs de Cooper qu'il rejoindra un temps avant de revenir au cinéma .......et surtout les premiers effets spéciaux, les nouvelles techniques d'animation.......bref, ce cinéma génial qu'ont su inventer les américains.

On y croise une foule de personnages, tous authentiques, auteurs de génie, acteurs,actrices, scénaristes...producteurs......  

Quelle saga ! On en ressort sonné ! Une aventure humaine extraordinaire, une époque qui ne l'est pas moins....des personnages hors du commun...

J'ai adoré  Smile
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Message par Bédoulène le Dim 18 Fév - 7:02

merci Simla !

le fil étant remonté je découvre aussi le commentaire de Tristram, je vais donc noter cet auteur susceptible de m'intéresser après avoir lu sa biographie.

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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Message par simla le Dim 18 Fév - 21:53

et bien Bédoulène, tu peux y aller, tu ne seras pas déçue. Je ne le connaissais pas... j'ai été époustouflée..et je vais me précipiter sur ses autres écrits.
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