Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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33 résultats trouvés pour théâtre

Gustave Flaubert

Et en attendant, un peu de récup :

Tag théâtre sur Des Choses à lire - Page 2 97822511


Le candidat


Pièce de théâtre en 4 actes. Les deux premiers comportent 14 scènes chacun, le troisième 7, et le dernier 12. Une composition étrange, tout comme la fin, qui ne semble ne pas en être une.

Ce vaudeville n'aura été joué que 4 fois, le public n'applaudissant pas, rideau ! Ils auraient voulu une fin tranchée, un cinquième acte en forme de dénouement classique. Mais Flaubert était bien plus subtil.

Villiers de l'Isle-Adam l'explique bien dans son analyse présente en annexe.

Citation :
Lorsque sur la dernière scène du drame, la toile est tombée, comme la nuit sur les coassements d'un marécage, le public du Vaudeville est demeuré, pendant un bon moment, comme interdit, et pouvant à peine en croire ses oreilles. J'ai un faible pour ce public, lequel est tout particulier. J'ai eu affaire à lui, naguère, et c'est toujours avec intérêt que je l'observe, à l'occasion.
«Eh bien mais ? Et le dénouement ?... cela n'est pas fini ?...» demandait-il machinalement par une vieille habitude.
Il voulait son maire et son notaire.
Hélas ! c'était impossible. On ne pouvait lui servir son plat favori, attendu que, cette fois, la comédie ne finit pas, n'ayant jamais commencé. Le Candidat dure toujours, avec son auréole de satellites ; il est, voilà tout; il continue au sortir de la salle, en renchérissant peut-être. C'est le serpent qui se mord la queue ! Demander la fin de cette comédie, autant demander la suppression de la Chambre. On aurait dû arrêter comme radicaux et subversifs les gens qui ont osé réclamer une chose pareille.


Pour en revenir à la pièce en elle-même, elle est vraiment bien rythmée, très fine dans cette peinture du monde politique, qui se prête merveilleusement bien à la satire et au vaudeville.

Dans une élection provinciale, on découvre les dessous de l'ambition des personnages... Eh oui, le pouvoir corrompt, le politique est une vaste farce, où tout est permis pour l'ascension. Le retors Murel fait froid dans le dos, et Rousselin (le candidat principal à l'élection) est d'une bêtise affligeante. Il est prêt à tout pour séduire ses électeurs, même à marier sa fille au plus offrant (celui qui lui accordera le meilleur accessit vers le pouvoir). C'est dommage que cette pièce soit inconnue, mais à en croire Villiers de l'Isle-Adam, Flaubert en était satisfait?

Citation :
Le seul moyen spirituel d'exécuter la «pièce» eût été de l'applaudir. Mais si le public eût été capable de ceci, Gustave Flaubert ne l'eût pas écrite.

Cette pièce trouve évidemment un écho qui semble intemporel, tant le monde politique paraît voué à rester éternellement dans cette fange ridicule.

A noter que l'humour est bien présent, tout comme le cynisme implacable, le long monologue de la scène première de l'acte III est vraiment terrible.

Quelques extraits :

Flaubert a écrit:

Murel : Saperlotte, il faudrait cependant vous résoudre ! Soyez d'un côté ou de l'autre ! Mais décidez-vous ! finissons-en !  

Rousselin : Pourquoi toujours ce besoin d'être emporte-pièce, exagéré ! Est-ce qu'il n'y a pas dans tous les partis quelque chose de bon à prendre ?

Murel : Sans doute, leurs voix !



Flaubert a écrit:
Rousselin : Il aura le temps ! on a encore cinq minutes ! Dans cinq minutes le scrutin ferme, et alors ?...
Je ne rêve donc pas ! C'est bien vrai ! je pourrais le devenir ! Oh ! circuler dans les bureaux, se dire membre d'une commission, être choisi quelquefois comme rapporteur, ne parler toujours que budget, amendements, sous-amendements, et participer à un tas de choses... d'une conséquence infinie ! Et chaque matin, je verrai mon nom imprimé dans tous les journaux, même dans ceux dont je ne connais pas la langue !
Le jeu ! la chasse ! les femmes ! est-ce qu'on aime quelque chose comme ça ? Mais pour l'obtenir, je donnerais ma fortune, mon sang, tout ! Oui ! j'ai bien donné ma fille ! ma pauvre fille ! (Il pleure)


mots-clés : #théâtre #xixesiecle
par Arturo
le Dim 13 Aoû - 19:05
 
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Luigi Pirandello

Tag théâtre sur Des Choses à lire - Page 2 Six10


Six personnages en quête d'auteur (1921) :

Sans doute une des pièces les plus renommées de l'auteur. Suite à la LC Théâtre, j'inaugure les commentaires pour cette pièce.

Une famille de personnages à moitié créés, laissés en plan par leur auteur, fait irruption dans un théâtre en réclamant à cor et à cri d’exister.


J'ai eu l'impression que cette pièce annonçait le théâtre de l'absurde, et qu'elle était souvent à destination des acteurs, plus que des spectateurs. Mais c'est une sensation.
Il y a de belles envolées lyriques, des réflexions intéressantes, qui mériteraient relecture (dans un moment où je serai plus réceptif que ces temps-ci).
Pour résumer la pensée : l'humain est insaisissable, et présente mille facettes.

J'ai bien aimé le concept, même si ça m'a paru un peu répétitif. Y a quand même des moments drôles et bien sentis.


mots-clés : #théâtre
par Arturo
le Mer 24 Mai - 20:48
 
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Jean-Luc Lagarce

Jean-Luc Lagarce
(1957-1995)

Tag théâtre sur Des Choses à lire - Page 2 Jean-l10

Jean-Luc Lagarce (1957-1995) est actuellement l'un des auteurs contemporains les plus joués en France. Metteur en scène de textes classiques aussi bien que de ses propres pièces, c’est en tant que tel qu’il accède à la reconnaissance de son vivant. Depuis sa disparition, son œuvre littéraire (vingt-cinq pièces de théâtre, trois récits, un livret d’opéra…) connaît un succès public et critique grandissant ; elle est traduite en vingt-cinq langues.

Jean-Luc Lagarce, né le 14 février 1957, a passé toute sa jeunesse dans une petite ville de Franche-Comté. A l'âge de 13 ans, il écrit sa toute première pièce de théâtre pour ses camarades de classe. A 18 ans, il s'inscrit à la faculté de philosophie et au conservatoire d'art dramatique de Bensançon. Avec quelques élèves, il fonde une compagnie amateur, La Roulotte, qui rend hommage à Jean Vilar. Son mémoire universitaire a pour thème "Théâtre et pouvoir en Occident".

Quelques années plus tard, Jean-Luc Lagarce abandonne ses études pour se consacrer entièrement au théâtre. Sa compagnie devient professionnelle, il y endosse les doubles rôles de metteur en scène et d'acteur. Il monte des pièces classiques, contemporaines, ainsi que ses propres oeuvres.
Ses premières pièces, notamment, sont marquées par le théâtre de l'absurde, osant des clins d'oeil à Ionesco ou à Jean Genet. Plusieurs d'entre elles brossent un portrait satirique des lieux de pouvoir. Son humour se retrouve dans toute son oeuvre, y compris dans ses dernières pièces, plus sombres et d'inspiration autobiographique.

Jean-Luc Lagarce termine sa dernière pièce, Le pays lointain, quinze jours à peine avant de disparaître à l'âge de 38 ans, victime du sida.

source : Lagarce.net


Oeuvre :

Théâtre
Erreur de construction, 1977
Carthage, encore, 1978
La Place de l'autre , 1979
Voyage de Madame Knipper vers la Prusse Orientale, 1980
Ici ou ailleurs, 1981
Les Serviteurs, 1981
Noce, 1982
Vagues souvenirs de l'année de la peste, 1982
Hollywood, 1983
Histoire d'amour (repérages), 1983
Retour à la citadelle, 1984
Les Orphelins, 1984
De Saxe, roman, 1985
La Photographie, 1986
Derniers remords avant l'oubli, 1987
Music-hall, 1988 : Page 1
Les Prétendants, 1989
Juste la fin du monde, 1990
Histoire d'amour (derniers chapitres), 1990
Les règles du savoir-vivre dans la société moderne, 1993
Nous, les héros, 1993
Nous, les héros (version sans le père),1993
J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne, 1994
Le Pays lointain, 1995 : Page 1

Essai
Théâtre et Pouvoir en Occident

Roman et récits
Le Voyage à la Haye, 1994, roman
Le Bain, 1993, récit
L'Apprentissage, 1993, récit
Du luxe et de l'impuissance, 1994, recueil de onze articles et éditoriaux
Journal, Les Solitaires Intempestifs - 1977 - 1990 tome 1 et 1990 - 1995 tome 2

Cinéma et Opéra
Quichotte, 1989, livret d'opéra
Retour à l'automne, scénario coécrit avec Gérard Bouysse

màj le 16/11/2017




Si je n'ai pas fait de bêtises, il n'y a pas encore de sujet dédié à Jean-Luc Lagarce.  Rolling Eyes
J'ai eu, très récemment, la chance de me replonger dans son univers lors d'une présentation théâtrale organisée dans un conservatoire.
Il s'agissait d'extraits tirés de la pièce Le Pays Lointain.

Même mises bout à bout, et parfois répétées plusieurs fois par différents acteurs, les scènes m'ont rappelé à quel point j'appréciais le style, l'écriture de Jean-Luc Lagarce. Il y a une véritable plume, chez ce dramaturge, une tentative de saisir le mot juste, de parvenir à dire l'indicible.

Ses écrits tournent généralement autour des thèmes de la famille et de l'homosexualité, souvent articulés avec la maladie et la mort.
Je n'ai pas eu l'occasion de voir l'adaptation faite par Xavier Dolan (honte à moi ..?).
Néanmoins, je pense que c'est peut-être le bon moment pour remettre au goût du jour un auteur singulier.

Je vous laisse avec cet extrait, certes un peu long, mais qui m'a le plus interpellé durant cette présentation, par la déchirure qui se dévoile, un coeur en pleine effusion. Que c'est beau !  Very Happy

SUZANNE. – Lorsque tu es parti
– je ne me souviens pas très bien de toi‚ c’était il y a beaucoup d’années –
lorsque tu es parti‚
et je ne savais pas que tu partais pour tant de temps‚ j’aurais fait attention‚ je ne me doutais pas‚ je ne prenais pas garde‚ et je me suis retrouvée sans rien‚
lorsque tu es parti‚
je n’imaginais pas‚ je t’ai oublié assez vite.

J’étais petite‚ jeune‚ ce qu’on dit‚ j’étais petite.

Ce n’est pas bien que tu nous aies quittés‚
parti depuis si longtemps‚
ce n’est pas bien et ce n’est pas bien pour moi et ce n’est pas bien pour elle‚ pour notre mère non plus‚ ce n’est pas bien
– elle ne te le dira pas –
et ce n’est pas bien encore‚ d’une certaine manière‚ pour eux‚ Antoine et Catherine.
Mais aussi
– et je ne crois pas me tromper –
mais aussi ce ne doit pas‚ ça n’a pas dû‚ ce ne doit pas être bien pour toi non plus‚
pour toi aussi. Je pense ça.
Tu as dû‚ parfois‚ même si tu ne l’avoues pas‚ jamais‚ même si tu ne devais jamais l’avouer – et il s’agit bien d’aveu – tu as dû parfois‚ toi aussi – ce que je dis – toi aussi‚ tu as dû parfois avoir besoin de nous‚ souvent‚ je crois‚ et regretter de ne pouvoir nous le dire.
Ou‚ plus habilement
– je pense que tu es un homme habile‚ un homme qu’on pourrait qualifier d’habile‚ un homme plein d’une certaine habileté –
ou plus habilement encore‚ tu as dû parfois regretter de ne pouvoir nous faire sentir ce besoin de nous‚ sans devoir vraiment l’avouer‚ il s’agissait bien d’aveu‚ et nous obliger‚ de nous-mêmes‚ à nous inquiéter de toi‚ sans avoir jamais rien à réclamer.
Tu as dû regretter.

Parfois‚ tu nous envoyais des lettres‚ parfois tu nous envoies des lettres‚ ce ne sont pas des lettres‚ qu’est-ce que c’est ? De petits mots‚ juste de petits mots‚ une ou deux phrases‚ rien‚ comment est-ce qu’on dit ? Elliptiques.
Parfois‚ tu nous envoyais des lettres elliptiques.
Je pensais‚ lorsque tu es parti‚ ce que j’ai pensé lorsque tu es parti‚ lorsque j’étais enfant et lorsque tu nous as faussé compagnie – là que ça commence – car tu nous as faussé compagnie‚ pas autre chose – moi‚ je ne t’avais rien fait ! – je pensais que ton métier était d’écrire‚ serait d’écrire‚ j’avais ça dans la tête‚ tu étais bon élève‚ l’idée que j’ai des bons élèves‚ l’idée que les parents ont des bons élèves‚ c’est à peu près ça‚ au bout du compte‚ c’est quelqu’un qui écrira‚ qui peut écrire‚
et que de toutes les manières
– nous éprouvons les uns et les autres‚ ici‚ tu le sais‚ tu ne peux pas ne pas le savoir‚ nous éprouvons une certaine forme d’admiration‚ c’est le terme exact‚ une certaine forme d’admiration pour toi‚ à cause de ça –
et‚ que de toutes les manières‚
si tu en avais la nécessité‚ si tu en éprouvais la nécessité‚ si tu en avais‚ soudain‚ l’obligation ou le désir‚ tu saurais écrire‚ te servir de ça pour te sortir d’un mauvais pas ou avancer plus encore.
C’est ce que je pensais de toi et j’imaginais‚ je n’ai guère changé d’opinion‚ je n’ai jamais su pourquoi‚ j’imaginais que‚ pour cette raison‚ tu ne risquais rien‚ de fait‚ dans l’existence. Je ne m’inquiétais pas de toi‚ l’idée que nous avons ici‚ dans cette ville‚ cette sorte de ville‚ et les parents partageaient ce même sentiment‚ et tous les autres gens‚ ceux-là qui se promènent sur la route dans la forêt‚ l’idée que quelqu’un qui fut bon élève‚ ce que je disais‚ et qui saurait écrire‚ ne risque rien‚ qu’il n’y a pas à s’inquiéter de lui.

Mais jamais‚
nous concernant‚
jamais tu ne te servis de cette possibilité‚ de ce don‚ pouvoir nous écrire – on dit comme ça‚ c’est une sorte de don‚ tu ris – jamais‚ nous concernant‚ tu ne te servis de cette qualité – c’est le mot‚ drôle de mot – jamais tu ne te sers de cette qualité que tu possèdes‚ écrire bien‚ avec nous‚ pour nous.
À notre égard.

Tu ne nous en donnes pas la preuve‚ tu ne nous en juges pas dignes.
C’est pour les autres.

Ces petits mots
– les petites lettres elliptiques –
ces petits mots‚ ils sont toujours écrits au dos de cartes postales – nous en avons aujourd’hui une collection enviable – comme si tu voulais‚ de cette manière‚ toujours paraître être en vacances‚ je ne sais pas‚ je croyais cela‚ j’ai longtemps cru que tu étais toujours en vacances‚
ou encore‚ comme si‚ par avance‚
tu voulais réduire la place que tu nous consacrerais et laisser aussi‚ c’est bien le pire‚ et laisser aussi‚ ce que je te reproche le plus durement‚ laisser à tous les regards‚ le facteur‚ les messages sans importance que tu nous adressais.

« Je vais bien et j’espère qu’il en va de même pour vous »

Pour un jour comme celui d’aujourd’hui‚
même pour annoncer une nouvelle de cette importance‚
et tu ne peux pas ignorer que ce fut une nouvelle importante pour nous‚ je le dis‚ tu l’entends‚ une nouvelle importante pour nous‚ nous tous‚ les autres ne te le diront pas mais ils le pensent aussi‚
même pour un jour comme celui d’aujourd’hui‚ tu as juste écrit‚ là encore‚ quelques rapides indications d’heure et de date au dos d’une carte postale achetée très certainement dans un bureau de tabac et représentant‚ que je me souvienne‚ une ville nouvelle de la grande périphérie‚ vue d’avion‚ avec‚ on peut s’en rendre compte aisément‚ au premier plan‚ le parc des expositions internationales. Tu signes‚ là comme à chaque fois‚ que tu nous embrasses mais c’est un mensonge‚ des choses qu’on écrit mais dont on n’a que faire‚ tu ne nous embrasses pas.


mots-clés : #théâtre
par ekivhoc
le Ven 24 Mar - 19:38
 
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Sujet: Jean-Luc Lagarce
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Stefan Zweig

Jérémie
Théâtre - Drame en neuf tableaux

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Malgré les exhortations pacifistes de Jérémie, le peuple juif veut s'allier aux Égyptiens pour secouer le joug babylonien. Partir en guerre ? Ne pas partir ? Le roi s'interroge, le peuple versatile ne sait plus à quels saints se vouer. Dans la défaite, Jérémie, jadis bafoué et considéré comme traître, redonne leur dignité aux survivants sur le chemin de l'exil.
J'ai eu beaucoup de mal à reconstituer un minimum d'intrigue tant ce texte est pontifiant, enflé, exalté, redondant, bourratif.
Je veux plutôt retourner à la sobriété épurée de la prose de Zweig.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #théâtre
par topocl
le Mer 15 Fév - 11:33
 
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Sujet: Stefan Zweig
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Oscar Wilde

Salomé
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Reprise d’un thème fort dans l’air de l’époque (voir Le fil de Shanidar), la Salomé de Wilde, c’est la femme (fatale) qu’il ne faut pas regarder.

Dans une atmosphère d’inceste (double, puisque Hérodiade, l’épouse du roi Hérode, fut la femme du frère de ce dernier, et que Salomé est la fille d’Hérodiade), saturée de funestes présages (symboles) en lancinantes reprises alimentant le suspens dramatique (très bien mené, alors qu’on connaît l’issue inéluctable, la décollation du prophète Iokanaan), aussi obsédante de l’indécision apeurée du roi et pleine d'un humour irrévérencieux, un parfum sacrilège imprègne toute cette pièce tragique, lointainement inspirée d’un épisode biblique.

Et pourtant, le prophète aurait vécu s’il avait regardé la vierge folle de désir, dangereuse séductrice à la volupté morbide, au lieu de la maudire…

« Votre beauté m'a troublé. Votre beauté m'a terriblement troublé, et je vous ai trop regardée. Mais je ne le ferai plus. Il ne faut regarder ni les choses ni les personnes. Il ne faut regarder que dans les miroirs. Car les miroirs ne nous montrent que des masques... »

« Ah ! Ah ! pourquoi ne m'as-tu pas regardée, Iokanaan ? Si tu m'avais regardée, tu m'aurais aimée. Je sais bien que tu m'aurais aimée, et le mystère de l'amour est plus grand que le mystère de la mort. Il ne faut regarder que l'amour. »



mots-clés : #théâtre
par Tristram
le Jeu 26 Jan - 17:41
 
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Karel Capek

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La maladie blanche

Ce commentaire suit une relecture et cette pièce est toujours aussi instructive.
Critique du totalitarisme, critique des sociétés où l'ignorance et la superficialité dominent, Capek par un style léger appuie là où cela fait mal.
Le style est toujours ironique, ridiculement emphatique par moment, on est dans la comédie dramatique si l'on peut dire, les personnages sont blasés pour parler d'horreurs et très égocentriques en général, une façon d'insister sur cette superficialité destructrice d'idée.
Le héros le seul à avoir une idée, est le seul au tempérament linéaire, le seule conscient des enjeux, le seul inquiet.
Une jolie leçon qui serait très adaptée à un cours au collège.


mots-clés : #regimeautoritaire #théâtre
par Hanta
le Ven 16 Déc - 20:16
 
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Jean Anouilh

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L'école des pères  (pièce brillante)

C'est une petite pièce sans prétention, qui a comme seule ambition d'être charmante et tordante. Une parodie ludique comme son titre l'indique. Pari parfaitement réussi.

Jean Anouilh remet au goût du jour les grands classiques : le père veuf libidineux, les jeunes amants contrariés qui se jurent un amour éternel, la servante maline et mignonne qui n'a pas sa langue dans sa poche, les  quiproquos, quitte à introduire des déguisements pour corser l'affaire…. Il se paie même le luxe de se moquer discrètement de lui-même au passage.

La langue est vive, enjouée, les réparties fusent, les situations sont piquantes et emberlificotées à souhait. On rit. Et même le happy end est au rendez-vous.
On passe un moment tout à fait délicieux.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #théâtre
par topocl
le Ven 16 Déc - 9:23
 
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Anton Tchekhov

La cérisaie

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Originale: Вишневый Сад (Russe, 1903, première au théâtre: 17.1.1904)

CONTENU :
Au début : le retour de Lyoubov Ranyevskaia avec fille et différents accompagnateurs sur sa proprieté. Après la mort de son fils de cinq ans, elle avait fui vers la France, il y avait cinq ans. Là, elle fût utilisé ar son amant qui lui soustira pas mal d'argent. Elle continue pourtant de vivre dans le grand style, dépassant en fait ses moyens. Maintenant de retour, et en devant payer des dettes, elle est devant la vente de la cérisaie. Mais des décisions se développent autrement, et d'un coup il semble que c'est le fils d'un ancien serf qui va reprendre le bout, mais en y voyant tout simplement une spéculation pécuniaire et un capital. Chez lui, point de notions d'une relation plus ou moins nostalgique vers un lieu, un endroit d'enfance et de nature. Il va acheter dans une auction le terrain et y construire une colonie de datchas…

REMARQUES :
Un classique du théâtre qu'on arrive qu'insuffisamment à vraiment honorer dans quelques remarques :
La cérisaie comme lieu et comme pièce est un symbole des changements de la societé russe au tournant du siècle (du XIXème au Xxème). Elle signifie a fin d'un époque : la fin du temps de servage date déjà d'il y a quarante années, mais ici c'est l'arrivée des conséquences, et aussi la fin d'un style de vie pour les protagonistes principaux de la pièce. La proprietaire n'arrive pas à se rendre compte où elle se trouve, quel est son nouveau status et ce que celui lui permet ou pas/plus. Alors : comment vivre des changements, comment y faire face ? L'action se déroule sur une période entre Mai et Octobre de la même année. Toutes les personnes de la pièce, une douzaine, figurent, incarnent différentes possibilités de l'acceptation, du refus, de la ostalgie, de l'instrumentalisation, de l'indifférence etc. face aux changements mentionnés.

La reprise de la domaine par un ancien serf pourrait – sans vouloir prêter à Chekhov des dons de premonition – être une anticipation des bouleversements à venir: des anciens opprimés reprennent le „pouvoir“. Mais, au moins ici chez Chekhov, d'autres valeurs en pâtissent: une relation tout à fait personnelle envers la terre, le sol (si important dans la mythologie, la compréhension, la mentalité russe). Et aussi la terre comme lieu et symbole de l'enfance et du passé.

La perte sera ressentie ou repoussée pendant longtemps; juste vers la fin il y a une forme d'acceptation, de réconciliation avec l'inévitable?!

Après avoir goûté tellement ses nouvelles, j'ai voulu m'approcher à ses pièces de théâtre. Après Shakespeare il s'agit quand même du dramaturge le plus joué au monde! Bien sûr, on devrait goûté une telle pièce au théâtre même, mais j'en ai à peine la possibilité. Et la version, le support écrit sont bienvenus et précieux.

Formidable! A découvrir et à redécouvrir!


mots-clés : #théâtre
par tom léo
le Mer 14 Déc - 7:46
 
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Sujet: Anton Tchekhov
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Georges Bernanos

Quelques mots sur les Dialogues des Carmélites...

Tag théâtre sur Des Choses à lire - Page 2 Saint-Sebastien_Fresnay_en_Retz2

Mais que dissimule la sérénité olympienne de saint Sébastien ? Le regard absent, tout entier remis à Dieu,
il nous offre le spectacle de qui a triomphé de la mort... Au martyr saisi dans l'instant suprême du sacrifice,
nul tremblement : à l'inhumanité de ses bourreaux, il oppose un courage surhumain. Voilà de quoi déconcerter
Bernanos : parvenu au crépuscule de la vie, il se remémore la soudaine détresse du Sauveur citant sur sa croix le
psaume du désespoir, et décide de gratter la lisse surface du marbre pour dépasser la face hiératique
de ces athlètes du Christ que nous donnent à voir les martyrologues chrétiens.

Il s'empare d'un sujet traditionnel de l'apologétique : les derniers moments des Carmélites de Compiègne,
exécutées en 1794 par le Tribunal Révolutionnaire pour "fanatisme et sédition". Dans l'espace claustral du
couvent, mal préservé du brouhaha iconoclaste de la Révolution, le lecteur assiste les sœurs dans leurs
(pré)occupations les plus triviales, dans leurs doutes et leurs renoncements. Un personnage, forgé de toutes
pièces, constitue la clé de voûte de l'édifice : une jeune postulante qui se nomme ironiquement Blanche de la
Force ; son calvaire est sa terreur ("la crainte refoulée au plus profond de l'être, le gel au plus profond de l'arbre"),
et sa lâche faiblesse, sa malédiction.

Il ne fait pas de doute qu'elle a embrassé la vie monastique pour échapper aux tourments du monde et aux
vicissitudes de son temps, par "attrait d'une certaine manière de vivre qui [lui] paraît - bien à tort - devoir
rendre l'héroïsme plus facile"
. Nulle condamnation cependant, entendu que cette tare rend sa trajectoire
d'autant plus sublime ; la Prieure ne s'y trompe pas du reste :
LA PRIEURE : De grandes épreuves vous attendent, ma fille...
BLANCHE : Qu'importe, si Dieu me donne la force.
LA PRIEURE : Ce qu'il veut éprouver en vous, n'est pas votre force, mais votre faiblesse...

De manière significative, Blanche choisit pour nom de religieuse "Blanche de l'Agonie du Christ", plaçant
consciemment ou non sa propre vie dans le sillage du parcours christique. Agonie, telle est bien la vérité
profondément humaine du martyr : c'est une lutte (du grec agônia) de tous les instants, la dernière lutte.
Dans les hésitations de Blanche, dans les atermoiements de la communauté face à la marche irrésistible
qui les conduit à l'échafaud, se lit la terrible exigence de la foi. Le mystère restera pourtant entier qui soutient la
la conversion de Blanche au supplice. La pièce s'achève sur les notes émouvantes du Veni creator spiritus,
cantique de l'intercession divine, de la grâce rayonnante qui ouvre à l'homme grevé de faiblesses la voie
de la sainteté : "Son visage semble dépouillé de toute crainte." Les noeuds de notre condition prend ses
replis et ses tours dans un abîme, disait Pascal...


mots-clés : #théâtre
par Fancioulle
le Sam 10 Déc - 12:18
 
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Sujet: Georges Bernanos
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Jean Anouilh

Tag théâtre sur Des Choses à lire - Page 2 41wdoi10

Médée
(Nouvelles pièces noires)

Et ton cas est réglé pour toujours, Médée ! C'est un beau nom pourtant, il n'aura été qu’à toi seule dans ce monde. Orgueilleuse ! Emporte celle-là dans le petit coin sombre où tu caches tes joies : il n'y aura pas d'autre Médée, jamais, sur cette terre. Les mères n'appelleront jamais plus leurs filles de ce nom. Tu seras seule, jusqu'au bout des temps, comme en cette minute.



Antigone et Médée, ce sont comme deux sœurs, chacune son visage, sa personnalité, mais une espèce de pacte commun qui les lie par derrière. Antigone c’est la pure, Médée la sauvage. Toutes deux éprises d’ absolu, promises à un destin tragique.

Médée et Jason, c'est encore la lutte entre la folie et la raison. Un amour fou des années partagé, traînant le poids des ignominies commises en son nom, et un beau jour, les destins qui se séparent : Médée qui ne veut pas renoncer, et Jason qui choisi le chemin de Créon, le chemin des concessions, construire non plus détruire, vivre et non plus dévorer. La passion perdue est le prix à payer. Pas beaucoup de remords, on en aurait sans doute aimé un peu plus…

Et puis il y a toujours la nourrice et le garde, qui s'en foutent, qui ne demandent qu’un peu de pain le matin, et un air frais à respirer…


(commentaire rapatrié)

mots-clés : #amour #contemythe #exil #politique #théâtre #trahison
par topocl
le Dim 4 Déc - 9:24
 
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Sujet: Jean Anouilh
Réponses: 18
Vues: 616

Jean Anouilh

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Le voyageur sans bagages

Après la guerre de 14, Gaston, amnésique de tous son passé, est  resté  à végéter 18 ans  dans un asile. Et puis, une duchesse qui sait ce qui est bien décide que les choses doivent se remettre dans l'ordre, qu'il faut retrouver sa famille, lui restituer son passé. Mais ce que Gaston découvre n'est pas forcément à son goût, ni cette famille qu'on lui propose, ce jeune homme qu’il a été, lui dit-on, et qui n'est pas sympathique… Alors, lui qui n'a été qu'un pauvre type malmené par la vie et  dont les autres ont disposé,  décide que l'amnésie n'était pas une fatalité, mais une chance unique : la possibilité d'un choix.

Ils devraient être terrifiants, cette duchesse, cette famille, qui pensent qu'il faut faire les choses comme elles le doivent et non pas comme on les espère ou qu'on les aime. Mais l’œil mutin d’Anouilh nous les présente avec son humour tendre, et nous les voyons dérisoires. C'est plutôt léger et souvent drôle pour une « pièce noire ». Gaston, qui a la naïveté d'un homme sans mémoire, un homme sans attaches, sidéré par leurs obstinations, par leur petit vision toute formatée se bat pour des lendemains meilleurs et leur donne une belle leçon de vie.



(commentaire rapatrié)


mots-clés : #identite #théâtre
par topocl
le Dim 4 Déc - 9:22
 
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Sujet: Jean Anouilh
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Jean Anouilh

Antigone

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Antigone, celui d’Anouilh, je l’ai lu , relu, et encore plusieurs fois , et offert aux gens que j’aime. J’en sais quelques passages par cœur. Et Chalandon (avec Le quatrième mur)  est venu me chercher par la main pour le relire. Meilleur à chaque lecture.

Antigone, c'est la petite brune que les garçons ne regardent même pas, celle qui pense que la vie est belle comme un jardin sauvage avant que l'homme n'y mette les pieds, celle qui pense que cela vaut le coup de mourir pour des idées. Et pour son frère aussi, même si celui-ci n'a pas su vous aimer .

Normal qu’à ma première lecture, vers 14-15 ans, elle m'ait plu, cette gamine infernale. Après, j'ai bien fait quelques choix, moi aussi, mais j'ai vite tourné du côté de Créon, du côté : on va tâcher de mener la barque, quitte à faire des concessions et à se dire, oui c’est cette jeunette qui a raison. dans le fond, mais ça serait un sacré bordel s'il n'y avait que des gens comme elle. Mais je me réserve le droit de parfois retourner à mon rôle d’Antigone, de sincère butée. .

La folie contre la raison ? Trop simple. C'est ça qui me retourne à chaque fois, c’est que Créon n’est pas un abominable salaud, ce n'est pas un tyran impitoyable, c'est un homme complètement attachant, complètement désespéré, qui continue la route, pas forcément parce que c'est juste, ou parce que c'est beau, mais parce qu'il faut, même si c'est un peu vain. Le mieux possible. Et le mieux possible n'est pas toujours ragoûtant.

Et puis à côté de cette alternative du choix entre un « non » et un « oui », il y a des tas d'autres personnages qui ont leurs choix à eux, plus flous, moins courageux . Et personne n’est fondamentalement mauvais.
Il y a Eurydice, qui tricote pendant toute la pièce, qui ne dit rien, dont on croit qu’elle s’en fout, ou même qu’elle n’est pas intéressante, et qui finalement s'avère un personnage tout aussi tragique que les autres.
Il y a la nourrice, qui fait le choix de distribuer des tartines, et les gardes, qui ne se posent pas d'autres questions que leurs bouteilles de vin. Ce côté drôle, léger, qui nous donne une respiration dans la tragédie : oui la vie est tragique, mais ce n'est pas tout…nous dit Anouilh. C'est d'ailleurs pour cela qu'Antigone l’aime tant. Et qu’elle ne veut pas la laisser gâcher.

Chaque lecture au fil des années se nourrit de mon histoire et  de mes autres lectures. Chaque lecture est une  redécouverte. Ici en Antigone, j'ai retrouvé « cette posture d'héroïsme » des héros de Vercors,(et, animal,  la sœur d’Antigone, Ismène, ne manque pas de dire : « C'est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elle. Toi tu es une fille. ») et en Créon, le regard désabusé des frères Rolin qui se retournent sur leurs passions de jeunesse.

Ah ! et j’ai encore oublié de parler de la modernité de l’écriture d’Anouilh, ce grand chercheur de pureté. Une modernité qui prend ses bases dans la tradition classique, avec un chœur antique mais qui est ici plein de compassion et d'humour.

Antigone va retourner sur son étagère, jusqu'à la prochaine lecture, mais il (elle) restera là, quelque part, en moi.

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #contemythe #famille #justice #politique #théâtre
par topocl
le Sam 3 Déc - 17:21
 
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Sujet: Jean Anouilh
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Eugène Ionesco

Eugène Ionesco
(1912-1994)


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Eugène Ionesco
Dramaturge français
Né à Slatina, Roumanie le 26 novembre 1912
Décédé à Paris le 28 mars 1994

Après une enfance passée à Paris, Eugène Ionesco rejoint son père à Bucarest lors du divorce de ses parents. Dès 1930, il entame une longue collaboration avec la revue de critique littéraire Zodiac. En 1938, il fuit la Roumanie devant la montée du fascisme, contre lequel il se battra toute sa vie. A Lyon, il fréquente l'avant-garde intellectuelle et artistique auprès de laquelle il développe son esprit libre et son don pour la provocation. Sa première pièce 'La cantatrice chauve', rendue publique en 1950, ne reçoit qu'un accueil froid mais marque la naissance d'un nouveau théâtre. Dès 1952, il publie chaque année de nouvelles pièces et acquiert finalement une renommée internationale et officielle. Il entre en effet à l'Académie française en 1970 puis est nommé Officier de la Légion d'Honneur en 1984. Avec Samuel Beckett, il a écrit les plus grandes pièces du théâtre absurde, mêlant comique et désespoir. Car si ses pièces font rire, c'est pour libérer l'homme de sa solitude indépassable et du ridicule de sa condition d'humain.

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La cantatrice chauve - Théâtre de la Huchette - Paris
Histoire d'une pièce de théâtre qui est jouée chaque jour depuis plus de 50 ans !!!!!
Printemps 1950. Dans la petite salle des Noctambules, rue Champollion, Nicolas Bataille fait répéter la pièce d'un inconnu dont le nom sonne drôlement : Ionesco. Toujours est-il qu'un jour, à la répétition, au lieu de lancer correctement sa réplique 'qui avait pris pour femme une institutrice blonde', un comédien s'écrie 'qui avait pris pour femme une cantatrice chauve'. Lapsus miraculeux, d'où naîtra le titre d'une pièce - une anti-pièce annonçait l'auteur - et qui marche aujourd' hui, allègrement, sur son demi-siècle. Pourtant, l'aventure commence mal. Pas d'argent. On joue sans décor, dans des rideaux. une petite troupe de jeunes inconnus, transformés en hommes-sandwiches ! Il n'empêche. Côté spectateurs, c'est le vide. Ou pire, les huées. Les critiques sont assassines. Créée le 11 mai 1950, la pièce achève sa courte carrière le mois suivant, au bout de vingt-cinq représentations. L'année suivante, au théâtre de Poche, Marcel Cuvelier monte 'La Leçon', deuxième opus de Ionesco, à peine mieux accueilli par la critique. Et la reprise timide des deux pièces, pour la première fois jouées ensemble, au théâtre de La Huchette, en 1952-53, n'ira pas au-delà des six mois. Février 1957. L'incroyable se produit. Tout Paris, et même le Tout-Paris, se presse rue de La Huchette. La mode a enfin rejoint Ionesco, jusque-là trop en avance. On aperçoit dans la salle Edith Piaf, Sophia Loren, Maurice Chevalier... Tandis que la critique, cette fois, vole au secours de la victoire. Les présidents et même les Républiques passent, 'La Cantatrice Chauve' et 'La Leçon' demeurent. 16.000 représentations à ce jour. La 20.000e est désormais en vue !

source : évène

Bibliographie :

Théâtre
La Cantatrice chauve (1950)
Les Salutations (1950)
La Leçon (1951)
Le Salon de l'automobile (1951)
Les Chaises (1952)
Le Maître (1953)
Victimes du devoir (1953)
La Jeune Fille à marier (1953)
Amédée ou Comment s'en débarrasser (1954)
Jacques ou la Soumission (1955)
Le Nouveau Locataire (1955)
Le Tableau (1955)
L'Impromptu de l'Alma (1956)
Tueur sans gages (1959)
Scène à quatre (1959)
Rhinocéros (1959)
Apprendre à marcher (1960)
L'Œuf dur (1961)
Délire à deux (1962)
L'avenir est dans les œufs (1962)
Le roi se meurt (1962)
La Photo du colonel (1962)
La Colère (1962)
Le Piéton de l'air (1963)
Exercices de conversation et de diction française pour étudiants américains (1964)
La Soif et la Faim (en) (1964)
Pour préparer un œuf dur (1965)
La Lacune (1966)
Jeux de massacre (1970)
La Vase (1970)
Macbett (1972)
Ce formidable bordel ! (1973)
L'Homme aux valises (1975)
Voyage chez les morts (1980)

Récits
La photo du colonel (1962)
le Solitaire (1973)

Journaux
Journal en miettes (1967)
Présent passé, passé présent (1968)





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La cantatrice chauve

Si vous avez envie de rire, de vous amuser dans un univers absurde, allez découvrir ou redécouvrir les époux Smith, les époux Martin, la bonne Mary et ... le pompier !
Rire en lisant les péripéties des Bobby Watsons.... Lire en lisant les anecdotes croustillantes du pompier, rire en vous confrontant à la logique implacable des époux Martin qui se rertouvent  Very Happy
Moi j'adore  :aime:

mots-clés : #théâtre
par Allumette
le Sam 3 Déc - 14:35
 
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Sujet: Eugène Ionesco
Réponses: 1
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