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Camille Laurens

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medecine - Camille Laurens Empty Camille Laurens

Message par topocl Jeu 6 Déc - 11:38

Camille Laurens
Née en 1957


medecine - Camille Laurens Maxres10


Camille Laurens, de son vrai nom Laurence Ruel, est un écrivain français, née le 6 novembre 1952 à Dijon. Elle fait partie du jury du prix Femina.

Agrégée de lettres modernes, Camille Laurens a enseigné à Rouen en Normandie, puis à partir de 1984 au Maroc, où elle a passé douze ans. Depuis septembre 2011, elle enseigne à l'Institut d'études politiques de Paris.

Elle participe, de manière sporadique, à de nombreuses revues telles La Licorne, Théodore Balmoral, Quai Voltaire, La Revue littéraire, La Faute à Rousseau ou encore Les Moments littéraires.

Œuvres

Romans et récits
Index, roman, P.O.L, 1991 ;
Romance, roman, P.O.L, 1992 ;
Les Travaux d'Hercule, roman, P.O.L, 1994 ;
Philippe, récit, P.O.L, 1995 ;
L'Avenir, roman, P.O.L, 1998
Dans ces bras-là, roman, P.O.L, 2000
L'Amour, roman, roman, P.O.L, 2003
Cet absent-là, récit, Léo Scheer, 2004
Ni toi ni moi, roman, P.O.L, 2006 ;  
Romance nerveuse, roman, éd. Gallimard, 2010
Celle que vous croyez, roman, éd. Gallimard, 2016

Essais
Quelques-uns, recueil de textes lexicologiques, P.O.L , 1999,
Le Grain des mots, recueil de textes lexicologiques, P.O.L, 2003 ;
Tissé par mille, recueil de textes lexicologiques, éd. Gallimard, 2008
Les Fiancées du diable – enquête sur les femmes terrifiantes, beau-livre, éditions du Toucan, 2011
Le Syndrome du coucou, essai, Stock, 2011
Encore et jamais, variations, éd. Gallimard, 2013
La Petite Danseuse de quatorze ans, éd. Stock, 2017

Théâtre
Le Pouce, dans Les Cinq Doigts de la main, théâtre, collectif, Actes Sud, 2006.
Euridyce ou l'Homme de dos, théâtre, dans Guerres et Paix, 8 pièces courtes, L'Avant-scène/Théâtre, 2012
La scène, dans Le courage, recueil collectif, L'Avant-scène/ théâtre, 2017

Divers

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Message par bix_229 Jeu 6 Déc - 16:54

medecine - Camille Laurens 41c1ir11

L'AMOUR, ROMAN. - Gallimard

Elle aime aimer, Camille Laurens, sa narratrice aussi, et ce n'est pas sa faute si c'est rarement réciproque.
Elle mène l'enquête dans sa propre famille et dans sa propre vie. A travers La Rochefoucauld aussi. Ce n'est pas brillant. En est du véritable amour comme de l'apparition des esprits : tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu.
Alors elle conclut qu' il n'y a pas d' amour seulement des moments d'amour.
Des moments d'attente et d' espoir...

L'objet de l'attente, on peut l'appeler le prince charmant, si l'on veut, histoire de se moquer, de renvoyer le rêve à sa légende et la femme à son absence.
Mais ce n' est pas ça. Ce qu'attend l'âme dans cette chambre, et ce qu'attend le corps collé à la vitre dans le coin le plus reculé, ce n'est pas un prince fût-il charmant, non, c'est un pas, un bruit de pas, non pas l'homme qui marche, mais l'écho d'une marche, non pas l'homme qui vient, mais le pas qui ne vient pas, pas jusque là, pas jusqu'à elle, l'attentive - pas jusqu'à moi, ce pas que tout m'oppose, je ne t'aime pas, je ne peux pas, je ne sais pas, ce pas qui n' arrive pas, je n' y arrive pas, ce pas qui n'arrive jamais, je n'y arriverai jamais, ce pas qui m'abandonne, est-ce une raison pour cesser de la guetter ?
Est-ce qu'on fait autrement pour les poèmes et les romans ? Est-ce qu'on fait autrement que d'espérer ce qui ne vient jamais - la forme pure, le souffle divin, le mot juste ?
Quelque chose qu'on pourrait saisir sans détruire le désir qu'on a de lui ? (P 220-221)

On peut parler des filles et de leur Prince Charmant, mais que dire du rêve que poursuivent les hommes avec au moins autant d'obstination : l' Autre Femme, la femme d'à côté, l'autre côté de la mer ? Si les femmes attendent un bruit de pas qui n'arrive jamais, les hommes fuient vers un pays où ils n'arrivent jamais - ou bien, à peine au port ils n'ont de cesse de repartir, Circé les pousse vers Pénélope, et près de Pénélope ils rêvent au chant des Sirènes. Ils auront beau se moquer, quelle différence ? Ils ne lisent pas les mêmes livres, c'est tout. (p. 248)



Récupéré


mots-clés : #amour
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Message par topocl Jeu 6 Déc - 18:19

Philippe

medecine - Camille Laurens 89477710

Philippe, le fils aîné de Camille Laurens est décédé quelque heures après sa naissance. Si la première partie « Souffrir » décrit les beaux moments de la grossesse et de l'attente, amères à la lueur du destin par nous connu, la suite « Comprendre » est surtout un pamphlet de récrimination contre l’accoucheur incompétent et négligent (copies du dossier médical et de l’expertise à l'appui) et l'entourage globalement maladroit à l'exception de quelques amis « courageux ». puis la troisième partie « Ecrire » , c'est l'écriture pour faire « survivre » l'enfant.

Je comprends tout à fait le besoin de Camille Laurens en tant qu'écrivain de jeter (car c’est plus souvent jeter qu'écrire) cette histoire sur le papier, et en tant que femme de hurler cette cruelle ignominie à la face du public. Il ressort bien évidemment de cette lecture une impression d'horreur, de révolte  et de malheur auxquels le lecteur, comme la lectrice ne sauraient échapper.
Dire que c’est un bon livre est sans doute autre chose, à laquelle je ne puis me résoudre, même si je n'aime pas tirer sur les ambulances. C'est  pour l'essentiel un acte de dénonciation, qu'on peut considérer comme salutaire (encore que...), peut-être même de vengeance, mais cela n' a qu'un lointain rapport avec la littérature.

Quant à la polémique Laurens-Darrieusecq à propos de Tom est mort elle ne peut être comprise par l'observateur non impliqué que comme l'expression de l'ampleur de la déchirure de Camille Laurens.

Et je ne parlelrai pas du ridicule achevé de la couverture du Folio...
Spoiler:


mots-clés : #autofiction #medecine #mort #relationenfantparent

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Message par Quasimodo Jeu 6 Déc - 20:11

Je ne sais pas si j'aurais ton courage, pour lire de tels livres...

topocl a écrit:Et je ne parlelrai pas du ridicule achevé de la couverture du Folio...
Spoiler:
Il n'y a pas d'autres mots !
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Message par topocl Jeu 6 Déc - 20:29

Quasimodo a écrit:Je ne sais pas si j'aurais ton courage, pour lire de tels livres...

En fait je me coltine un peu au quotidien avec les drames des gens; et j'espère que ce genre de lectures m'aide à m'y prendre mieux.
(parmi les nombreuses forces qui me pousse à lire "de tels livres")

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Message par topocl Mer 4 Nov - 15:33

Fille

medecine - Camille Laurens 41exs_10

Ce livre est d’une lourdeur… tout pèse y 100 tonnes.

Il y a une première partie où Laurence naît dans une famille provinciale, père dominateur, blagues salaces, fulgurances viriles, et mère effacée, chacun·e déçu·e sans le dire car … c’est une fille. De petites phrases en petites brimades, elle intègre sa place de fille, apprend tout ce qu’il faut savoir(tenir sa place , se méfier des garçons…), subit tout ce qu’une fille subit forcément en ce monde (le vieil oncle incestueux), l’avortement clandestin…)

Dans la deuxième partie, mariée, elle accouche d’un petit garçon qui meurt à la naissance d’erreurs médicales accumulées (ce qu’a vécu Camille Laurens mais n’est quand même pas le reflet de l’accouchement moyen, mais il faut dire que la bonne gynécologue a été remplacée au dernier moment par un mauvais gynécologue, par l’intervention du toujours très puissant paternel). Elle est abandonnée à elle-même par tous dans une détresse solitaire, car ça suffit, passons au second enfant.

Dans la troisième partie, elle a une fille, enfin. Et oui, bien sûr inconsciemment(?) cette fille veut remplacer le garçon mort - garçon manqué, donc – joue aux playmobils et devient lesbienne, en profite pour tout expliquer à sa mère la domination masculine et tout et tout…

Ce règlement de compte (avec la famille, les hommes, la société…) est donc une accumulation de clichés, passés à la sauce autofiction, relue à la sauce psychanalyse avec un travail sur les mots et leur rapport au féminin/masculin qui aurait du être intéressant mais qui devient carrément saoulant. Le féminisme mérite mieux, un peu de nuance, un peu de gaîté, un peu de douceur, un peu moins de niaiseries.

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Message par Tristram Mer 4 Nov - 16:04

Topocl, ton masochisme assidu m'épate.

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Message par Bédoulène Mer 4 Nov - 16:35

c'est bien autobiographique topocl ?

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Message par topocl Mer 4 Nov - 19:11

Il y a une bonne part d'auto-biographie c'est évident, et sans doute des éléments "arrangés" d'où "autofiction".

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Message par topocl Mer 4 Nov - 19:12

Tristram a écrit:Topocl, ton masochisme assidu m'épate.
C'est toujours intéressant de voir comment les gens fonctionnent, même si le livre me déplait.

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Message par Nadine Jeu 12 Nov - 11:28

medecine - Camille Laurens 41bmut10

Cet Absent-là
Figures de Rémi Vinet

J’ai trouvé ce joli petit livre édité chez Léo Scheer en ressourcerie.

Je n’ai pas relié sur le coup avec ce fil, que j’ai lu souvent.
J’aurais peut-être hésité , sinon, de peur que cela ne soit trop sombre.
Mais en réalité j’ai apprécié cette lecture du hasard.

C’est un texte qui raconte une rencontre amoureuse, et qui tâche de la saisir au moment où tout est déjà perdu, où la séparation est déjà présente dans la communication latente du duo.

Le photographe cité en sous-titre intervient dans le corps du texte, régulièrement : il ya en pleine page un portrait noir et blanc (D’hommes, de femme, d’un bébé) qui ponctue le texte de temps en temps.

C’est relié à la vraie vie de l’auteure, je pense, puisqu’il est évoqué Philippe, le petit bébé mort né dont les compte-rendus précédents du fil évoquent la présence aigüe sur tout un livre dédié.

j’ai bien aimé parce que ça traduit bien le sentiment de noyade de certains coups de foudre. ça m’a rappelé l’un d’eux, que j’ai vécu, en fait, et c’était bien cela, une histoire de regard croisé qui ouvre un précipice. Je n’aurais pas choisi de m’immerger à nouveau dans ces sensations d’impasse, mais ai trouvé que ce texte rendait compte avec beaucoup de justesse de ce phénomène là. Cet espèce d'élan de fiction qui projette sur un autre tout un monde d'affects.

Seulement tout ce texte nous mène à sa dernière page qui semble vouloir tirer leçon de l'expérience, et j'aime beaucoup ce truc là.
Un exercice de style peut-être, mais sensible,tutoré de recul,
finalement , c'est comme un témoignage initiatique : "j'ai été dans une folie coup de foudre, j'en suis revenue, et depuis voilà comme je vis"
Je vais recopier deux extraits clef. La premiere et la dernière page.
Si vous souhaitez le lire, évitez peut-être de survoler ces extraits, afin de préserver l'essence  du rythme de l'ouvrage.
Incipit a écrit:C'est le premier soir, il y a beaucoup de monde, on danse, on parle, on boit. je suis là depuis une heure, je danse, je bois, je parle. Et soudain m'arrive une chose extraordinaire, imprévisible, imprévue : j'apparais. J'en ai conscience dans l'instant, on dirait un éclair de flash, dont la surprise me serre la gorge comme on cligne des paupières, je le sais aussitôt, c'est fulgurant : on me voit; quelqu'un est en train de me voir. Je baigne dans la foule à la manière d'un papier sensible ondoyant dans son révélateur, je me développe et j'impressionne à la vitesse de la lumière, le temps se pose infime, mon corps est un instantané : j'arrête un regard. "Qu'est-ce que tu as fait hier ? Tu es allée à cette soirée, finalement? - Oui, dis-je. J'ai fait une apparition."
Pour l'extrait ci-dessous, on comprend qu'il s'agit d'un autre amour, de l'"après" :

Final du livre a écrit:C'est le premier soir. il y a beaucoup de gens, je danse au milieu du monde, tu me suis des yeux mais tu as du mal, ton regard ne peut pas s'arrêter sur moi, me fixer, il est obligé de me courir après et c'est tant-mieux, je ne veux pas d'arrêt sur image, je ne suis pas sage comme une image. Tu comprends, tu te rapproches, tu accompagnes le mouvement, il n'y a pas de cadre au tableau, le sujet en est mobile et s'enfuit par les bords avant de revenir en effet de flou, indécis. Ton visage me plaît, tes yeux -j'ai envie de courir l'aventure. Viens, fais-moi danser, ce n'est pas une valse mais faisons comme si, j'aime ce vertige de funambule, impossible de tomber tant qu'on court sur le fil en défiant le vide. quelqu'un prend des photos de la fête, je détourne la tête comme les divas, non pas de photos. je te raconte l'histoire de cette mère qu'on complimente sur la beauté de son jeune enfant, au square, et qui répond : " Et encore, vous ne l'avez pas vu en photo !". Tu ris, j'aime ton rire. Viens, tourne avec moi, ne t'arrête pas. Promets-moi une chose, veux-tu, jure-le : moi vivante, ne me fais pas habiter ta mémoire, ne m'embaume pas dans des souvenirs, ne me pousse pas dans l'oubli, ne me mets pas dans l'album. Viens, prends -moi dans tes bras, donne-moi ton visage, porte-moi dans ton coeur. je te vois, tu es là, tu es le bel aujourd'hui, tu es le présent qui s'accumule, tu es de la chair dont on fait l'amour. Danse avec moi, beau masque, surtout ne t'arrête pas. Si tu t'arrêtais, la mort prendrait la photo. Viens, ne te souviens jamais.

"Qu'est-ce que tu as fait hier soir ? Tu es allée à cette soirée, finalement ? Je croyais que tu ne voulais plus voir personne, que tu faisais le vide ?
-Oui, dis-je. Mais j'ai fais une exception."

Le corps du texte, lui, chemine dans les sensations pénibles de deliquescence, dans le désamour. Ce type d'amour passion, qu'elle répudie, en fait, tout bonnement, à travers le livre, est comme une propension à l'image fixe, c'est tout l'enjeu de ce qu'elle semble vouloir transmettre. Tout du long est ausculté le rapport à l'image mentale, au réel. C'est bien, je ne pensais pas qu'elle serait d'accord, comme moi, pour jeter aux orties ces fatales fictions là. Etre aimé ou pas, c'est une entrée comme une autre dans l'expression vivante, mais dans ce petit livre là, c'est un sort à la manière de vivre l'idée de l'amour qui est fait.
Et avec une certaine beauté de langue.
Je ressors vite fait de ces champs un peu sinistrés, et m'en vais retourner, comme elle, dans le mouvement.

Pendant des semaines après le premier soir,j'ai pensé à tes yeux comme à ceux des houris promises par le Coran au jardin des délices, dont l'arabe dit littéralement qu'elles "ont le blanc et le noir des yeux très tranchés"- toutes ces belles promesses.

Mots-clés : #amour
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Message par Bédoulène Jeu 12 Nov - 11:34

ah! l'amour ! le désamour !

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Message par topocl Jeu 12 Nov - 15:34

Je m'étais un peu dit que je ne retournerais pas voir du côté de Camille Laurens. Mais tu me tentes, là, Nadine!

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Message par bix_229 Jeu 12 Nov - 15:53

medecine - Camille Laurens 75961210

Dans ces bras-là

"C'est l'histoire d'une femme qui aime les hommes. Tous les hommes. Alors elle décide de coucher les hommes de sa vie sur papier et de leur dédier son livre.

Ce serait un livre sur tous les hommes d'une femme, du premier au dernier - père, grand-père, fils, frère, ami, amant, mari, patron, collègue... - dans l'ordre ou le désordre de leur apparition dans sa vie, dans ce mouvement mystérieux de présence et d'oubli qui les fait changer à ses yeux, s'en aller, revenir, demeurer, devenir.

Pour séduire celui qu'elle a croisé par hasard en bas d'un immeuble et dont elle pressent qu'il va entrer dans sa vie, elle entame une analyse.

Elle dit au psychanalyste les hommes de sa vie, se raconte, joue sur les mots, avec les mots et leur pouvoir de séduction, et donne du sens à ses rencontres, à son mariage qui se délite, à la cruelle absence du fils perdu.

Entretenant savamment l'ambiguïté entre la narratrice - prénommée Camille - et elle-même, alternant régulièrement entre le "je" et le "elle" lorsqu'elle fait parler son personnage, Camille Laurens livre, après L'Avenir et Quelques-uns, un texte lumineux et maîtrisé, sans aucun doute son roman le plus personnel et le plus touchant". --Laurence Demurger in Babélio

Topocl j'avais aimé Dans ces bras-là, meme si ce n'atait pas forcément pour des motifs "honorables" !  Rolling Eyes
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Message par Tristram Jeu 12 Nov - 15:55

C'est un peu pareil pour moi, Topocl : quoique je ne l'aie jamais lue, des extraits de son œuvre me touchent particulièrement...

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Message par Nadine Jeu 12 Nov - 16:02

Je suis ravie, alors.
topocl, ça fait longtemps qu'on n'a pas croisé nos points de vue, et je suis contente d'être sur ce fil, du coup, à la suite de tes lectures.

En tous cas ça se lira vite, 100 pages.
pour finir de vous convaincre ou pas je prends exprès un extrait, au pif , c'est bien ainsi, car c'est un type d'écriture spécifique, on peut ne pas vouloir. Moi c'est de reconnaitre un mauvais bon vieux souvenir qui m'a fais continuer, sinon je sais pas, j'aurais choisi de lire moins "introspectif".
Extrait au pif dans le prochain post
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Message par Nadine Jeu 12 Nov - 16:07

Au pif : a écrit:Je regarde les deux photographies de toi. Sur l'une d'elles tu es d'une extrême beauté -extrême au sens où s'est concezntrée d'un seul côté du visage la parrt de toi-même que tu veux montrer : la lumière éclaire adroite une virilité sans faille, active et butée dans le refus, le sourcil est très noir, très fourni, le regard sombre, rétif à tout, sans charme, sans complicité, sans don - tu ne veux pas qu'on te prenne. je me rappelle soudain qu'à l'origine je voulais te voir figurer là pour retrouver l'apparition du premier jour, je voulais te revoir me voir, revivifier autrement que par les mots cette lumière dans tes yeux. mais rien ne se reproduit, ton visage est entre mes mains comme un papier insensible.
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Message par Bédoulène Ven 13 Nov - 8:07

très tentant ! merci Nadine !

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