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Nicolas Chaudun

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Nicolas Chaudun Empty Nicolas Chaudun

Message par ArenSor Jeu 18 Mar - 21:33

Nicolas Chaudun
(Né en 1962)

Nicolas Chaudun Nicola11

Nicolas Chaudun naît à Paris, où il étudie le droit et l’histoire de l’art, avant de d’effectuer un long séjour en Afrique équatoriale. Il commence sa carrière d'éditeur d’art chez Aymery Somogy en 1988. Il rejoint trois ans plus tard Beaux Arts magazine, dont il devient directeur de la rédaction en 1996. En 1999, il participe à la fondation des Éditions Phileas Fogg, essentiellement attachées à mettre en œuvre la politique éditoriale de National Geographic France. Il crée peu après une nouvelle maison, les Éditions Nicolas Chaudun, au sein de laquelle "Phileas Fogg" n’est plus qu’une collection de récits de voyages. Le nouveau catalogue aborde indistinctement tous les domaines de l’histoire de l’art, avec, toutefois, une prédilection pour l’architecture et la photographie. Nicolas Chaudun cède son entreprise et la quitte en avril 2013, pour se concentrer sur son activité d’auteur.
Dès 1992, en effet, il publie un premier roman, « Le Siège ». Ses livres explorent à peu près tous les champs de l'expression littéraire, depuis le pamphlet (« Le Paysage, les ploucs et moi »), jusqu'au recueil de nouvelles (« Des nouvelles du front »), en passant par l'essai (« La Majesté des centaures ») ou la biographie (« Haussmann, Georges Eugène, préfet baron de la Seine »; « Un centaure au Crépuscule - Alexis L'Hotte »).
C'est cependant dans le registre du récit historique (« L'Eté en enfer »; « Le Brasier") qu'il apporte une originalité et un talent sans pareil. L'Obs note alors de son côté : "on ne peut être qu'ébloui par sa passion, la richesse de son style, son érudition vertigineuse et jamais pédantesque. L'éloge qu'Alexandre Dumas disait de Lamartine pourrait lui être appliqué: il élève l'histoire à la hauteur du roman. " L'Eté en enfer » a été plusieurs fois primé, et « Le Brasier »  élu meilleur livre d'histoire de l'année 2015 par le magazine Lire. Ce dernier a fait, en 2018, l'objet d'une adaptation télévisuelle par son auteur lui-même.
En effet, outre de nombreux articles publiés dans la presse, Nicolas Chaudun est également l'auteur et le réalisateur de documentaires télévisés, notamment de « Paris au beau temps des équipages », « Le Pré des Anges » ou « Dandysme, le mal Ultra », tous co-produits pas la chaîne Histoire. Enfin, il a été le commissaire scientifique de deux expositions principalement consacrées aux relations entre l'homme et le cheval dans la société occidentale ("Voilà les Delton", musée de la Chasse et de la nature, oct. 2014/janvier 2015; "Des chevaux et des hommes - la collection Emile Hermès", musée de Pointe à Callières, Montréal, Canada, mai-oct. 2016).
En marge de cette activité, Nicolas Chaudun dirige depuis septembre 2014 les éditions de l'Esplanade.

Le Siège, roman, Les Belles Lettres, 1992
L’Abécédaire de Paris, Flammarion, 1998
Paris céramique, les couleurs de la rue, Somogy/Paris-Musées, 1998
Le Paysage, les ploucs et moi, pamphlet, Rocher, 2001
"Le Promeneur de la petite ceinture", Actes Sud/Paris-Musées, 2003
"La Majesté des centaures, une histoire du portrait équestre dans la peinture occidentale", Actes Sud, 2006
"Le Cheval dans l’art" (collectif), Citadelles & Mazenod [archive], 2008
"Haussmann, Georges Eugène, préfet-baron de la Seine", Actes Sud, 2009; Babel n°1169 (réédition augmentée de "Haussmann au crible", Éditions des Syrtes, 2000)
"Paris et son double - Paris avant Haussmann ; Paris aujourd’hui", Éditions Nicolas Chaudun, 2010
"L’Été en enfer – Napoléon III dans la débâcle", Actes Sud, 2011; Babel n°1408
"Octave roi", roman, Pierre-Guillaume de Roux, 2013
"Des nouvelles du front", nouvelles, Le Passage, 2014
"Le Studio Delton, miroir du temps des équipages" (sous la dir. de), Actes Sud, 2014
"Le Brasier", récit historique, Actes-Sud, 2015
"Un centaure au crépuscule". Alexis L’Hotte, Actes-Sud, 2016
"L’Île des enfants perdus", Actes-Sud, 2019
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Message par ArenSor Jeu 18 Mar - 21:39

L’Eté en enfer
Napoléon III dans la débâcle


Nicolas Chaudun L_etzo10

Sedan, c’était il y a cent cinquante ans
L’été s’annonce sous les meilleurs auspices. En apparence l’Empire ne s’est jamais mieux porté après ce dernier referendum qui a répondu « oui » au régime à une grande majorité. Certes, l’Empereur est un homme diminué, malade, souffrant terriblement d’un calcul dans la vessie, soigné à fortes doses d’opiacés qui l’abrutissent la plupart du temps. Dans sa résidence préférée, le château de Malmaison, en plein été, couvert de châles, il se chauffe à la cheminée en grelottant. Conscient de son état, Napoléon, en accord avec son épouse Eugénie, a décidé d’abdiquer en 1874, à la majorité du Prince Impérial. Mais tiendra-t-il jusque-là ?  L’incapacité de l’empereur à diriger vraiment les affaires font que le gouvernement et la cour sont l’enjeu de différentes coteries. Le souverain en est bien conscient :

« Comment voulez-vous que les choses marchent dans ce pays ? L’Impératrice est légitimiste ; Morny est orléaniste ; moi-même je suis républicain ; il n’y a qu’un seul bonapartiste, c’est Persigny, mais il est fou ».

Et puis vient au milieu de l’été cette histoire d’opérette : la prétention d’un Hohenzollern à la couronne d’Espagne. La France obtient un beau succès diplomatique avec le retrait de la candidature. Pourquoi alors s’entêter et exiger de Guillaume II un engagement écrit ? Belle occasion pour Bismarck de tendre son piège afin d’unifier l’Allemagne face au grand rival !
Et tout à coup, nous sommes en guerre ! Le ministre a beau prétendre qu’il ne manque pas un bouton de guêtre, on manque de tout, l’armée est dans une désorganisation totale.
Commence alors ce navrant trajet vers Metz d’une armée traînant un souverain malade, la « soupière » ou « le boulet d’or » comme on le surnomme irrespectueusement. Sa présence agace ; incapable de commander, il encombre.
Viennent les premières défaites, l’enfermement de Bazaine dans Metz, le repli sur Chalons en Champagne, les hésitations entre un retour sur Paris ou une montée vers le nord, solution finalement adoptée.
La pluie se met de la partie, la boue, les arrêts fréquents pour soulager un empereur qui défaille. Rien ne nous est épargné des détails triviaux : les serviettes éponge mises dans la culotte du souverain qui pisse le sang lorsqu’il monte à cheval, la dysenterie…
Et les nouvelles sont de moins en moins bonnes. Finalement, l’armée impériale se fait enfermer à Sedan où elle livre son ultime combat. C’est une catastrophe, une défaite écrasante malgré la bravoure de certains régiments. L’empereur, après avoir parcouru le champ de bataille en y cherchant la mort qui se refuse, prend alors une vraie et sage décision : hisser le drapeau blanc, quand tout est perdu, pour arrêter l’hémorragie de sang.
Rien ne lui sera épargné de l’humiliation devant Bismarck et Moltke.
Plus durablement, sa mémoire, son règne sont voués aux gémonies. Tout n’a pas été noir pourtant pendant cette période. La dernière tentative d’empire libéral était intéressante et aurait peut-être pu mener à la démocratie ? Peut-être ? Mais, « Malheur aux vaincus » !



/Mots-clés : #guerre #historique #xixesiecle


Dernière édition par ArenSor le Ven 19 Mar - 8:04, édité 1 fois
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Message par Tristram Ven 19 Mar - 0:34

Intéressant ! Je ne savais pas, ou j'ai oublié, et c'est dommage ! Il est vrai que 1870, ça fait 150 ans...
Un si douloureux caillou dans la vessie, qu'on soigne si facilement de nos jours... suffisant pour expliquer ce désastre ?

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par ArenSor Ven 19 Mar - 8:05

150 ans ? Comme le temps passe vite...
Merci, j'ai corrigé !
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Message par ArenSor Jeu 25 Mar - 17:44

Le Brasier, le Louvre incendié par la Commune

Nicolas Chaudun Le_bra10

Le 21 mai 1871, les « pantalons rouges », c'est-à-dire les troupes fidèles au gouvernement de Versailles, entrent dans Paris par la porte Saint-Cloud. C’est le début de ce qui fut appelé « La semaine sanglante », au terme de laquelle disparait l’expérience communaliste.
Les troupes versaillaises progressent rapidement dans les quartiers ouest, en grande partie hostiles à la Commune, tandis que les Fédérés commencent – un peu tardivement – à fortifier le centre de Paris ainsi que les quartiers ouest.
En effet, et c’était un des buts du baron Hausmann, les longues avenues dégagées forment des pénétrantes très dangereuses. Il n’y a guère de doute que les assaillants, en empruntant le boulevard Malesherbes, se retrouvent rapidement à la Madeleine et au centre névralgique de la capitale. C’est ce qui se produit fort logiquement…
Les combats font rage et deux jours plus tard, dans la nuit du 23 au 24, Paris s’est transformé en immense brasier ; sur la rive gauche brûlent le Palais d’Orsay avec la Cour des comptes, à côté le Palais d’Orsay, la Palais de la Légion d’Honneur (hôtel de Salm), la Caisse des dépôts et consignations ; sur la rive droite, ce sont les Tuileries, une partie du Louvre, le Palais-Royal, le Palais de Justice ; d’autres encore…
La Seine est devenue «une rue démesurée de ville maudite, brûlant aux deux bouts d’une chaussée de lave en fusion » déclare Zola.
D’autres édifices échapperont au feu par miracle : l’Hôtel de la Marine, Notre-Dame de Paris, l’Hôtel-Dieu.
C’est l’un de ces évènements tragiques, l’incendie du Louvre, que décrit avec beaucoup de verve et néanmoins avec grande précision Nicolas Chaudun.
Le décor :
Le Louvre est, encore plus qu’aujourd’hui, le plus grand musée du monde ; à son extrémité à l’est, deux bras (aile du pavillon de Marsan au nord et du pavillon de Flore au sud) le relient à un grand bâtiment transversal, le Palais des Tuileries.

Nicolas Chaudun Vue_de10

Après la chute de l’Empire, les lieux ont été en grande partie désertés. Il y reste toutefois de l’ameublement dans les appartements des souverains, les collections de l’impératrice Eugénie et celles de « Tom-pouce », autrement dit Adolphe Thiers, confisquées. Une des obsessions de la Commune est  de croire à un passage souterrain qui mènerait du Palais à d’autres édifices de la ville. Pour cette raison, depuis la chute de l’Empire, des employés sondent les moindres recoins des sous-sols. L’un d’entre eux remarque une arcade récemment bouchée ; bingo ! c’est la cave de l’Empereur ! 40 000 bouteilles ! et des meilleurs crus ! aubaine que vont se partager les défenseurs.
Les Tuileries sont devenues le siège d’état-major du général Bergeret, défenseur de la ville. C’est à vrai dire un choix judicieux puisque le Palais permet d’observer la Concorde et les Champs-Elysées. Toutefois, Bergeret temporise, ne fait pas grand-chose, si ce n’est, avant de se replier, déverser du pétrole, du goudron liquide, en badigeonner murs et planchers, empiler des barils de poudre dans le pavillon central, celui de l’Horloge…
Dans la Palais du Louvre proprement dit, les collections les plus prestigieuses ont été déménagées en catimini en plusieurs convois dès la mi-août à l’annonce des mauvaises nouvelles du front. Elles se trouvent entreposées à Brest, prêtes à être embarquées pour l’étranger. Toutefois, il reste sur place quantité de tableaux des écoles françaises, nordiques etc. Egalement les grands formats : Le Sacre de David, Le Radeau de la Méduse de Géricault, La Grande odalisque d’Ingres, pour ne citer que les principaux.
Les protagonistes : Ils sont deux
Henry Barbet de Jouy est un savant, spécialiste du Moyen Age et de la Renaissance. Il est conservateur au Louvre, mais a été viré par la Commune. Toutefois, il bénéficie de la protection de Gustave Courbet qui connait sa valeur et il reste donc en poste. Sinon, c’est un bourgeois plutôt favorable aux Versaillais.
Martian de Bernardy de Sigoyer, lui, est une vraie tête brulée. Il est à la tête du 26e bataillon de chasseurs. Surnommés « Les sioux », ces éclaireurs s’infiltrent partout, par les jardins, contournant les barricades. Ils sont donc les premiers à prendre possession des Tuileries et du Louvre, après le retrait des Fédérés.
Ces deux hommes vont réussir à sauver le Palais du Louvre et une partie de ses richesses à force de dévouement. Le plus gros danger vient de l’aile de Flore où se feu se propage rapidement par effet de cheminée. La technique de Sigoyer va être de faire percer les toitures pour provoquer un appel d’air. Il redresse en quelque sorte l’effet de cheminée de l’horizontale à la verticale.
Barbet de Jouy, quant à lui, s’active sur l’aile opposée, au pavillon Richelieu où se trouve la Bibliothèque impériale (ici comme pour les Tuileries, la mise à feu a été délibérée). Riche de 100 000 volumes, elle renferme des trésors inestimables, la collection de bibliophilie de Charles Motteley, les 435 planches aquarellés des « Oiseaux d’Amérique » d’Audubon… Hélas, de ce côté, les pertes vont être catastrophiques. Hormis des plans de Perrault et d’autres architectes, rien ne put être sauvé.
Rien ne prédestinait ces deux hommes à se rencontrer et à unir leurs forces pour sauver les plus beaux témoins de la création humaine de la folie d’autres hommes.
Bernardy de Sigoyer va être tué le lendemain du côté de la place des Vosges, Barbet de Jouy continuera son travail de savant (au musée du Louvre, bien sûr !).
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Message par animal Jeu 25 Mar - 19:02

épique !

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