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Iceberg Slim

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Message par Hanta le Ven 18 Aoû - 10:37

Iceberg Slim
(1918-1992)

segregation - Iceberg Slim Rdsg10

biographie a écrit:Iceberg Slim, alias Robert Beck, et de son vrai nom Robert Lee Maupin, né le 4 août 1918 à Chicago et mort le 28 avril 1992, est un écrivain américain, auteur de roman noir.

Dans la seconde moitié du xxe siècle, il est l'un des écrivains afro-américains les plus influents grâce à la publication de Pimp, son autobiographie parue en 1969, où il expose sa vie de proxénète (pimp signifiant littéralement « mac »). Ses descriptions crues et réalistes du milieu sordide et très violent où il évoluait (il battait « ses » prostituées avec un cintre en fer qu'il avait torsadé) exercent alors une grande influence sur la culture afro-américaine et sur le hip-hop en particulier (par exemple, sur des rappeurs comme Ice-T ou Ice Cube, qui lui doivent leur pseudonyme). L’écrivaine américaine Sapphire, qui a préfacé l'édition française de Pimp, écrit : « Quelle que soit la désapprobation que nous inspirent sa violente misogynie ou son analyse défaitiste des possibilités de progrès social pour les Noirs, nous sommes obligés de reconnaître qu'il y a une vérité à découvrir dans l'histoire de cet homme.

Iceberg Slim passe la majeure partie de son enfance à Milwaukee et Rockford (Illinois) avant de retourner à Chicago à l'adolescence. Abandonnée par son mari, sa mère travaillait comme domestique et a tenu un salon de beauté. « Elle s'efforçait de maintenir en moi un peu de l'amour et du respect qu'elle m'avait inspiré à Rockford. Mais j'en avais trop vu, j'avais trop souffert. La jungle avait commencé à insuffler en moi son amertume et sa férocité. » Il évoquera le psychiatre d'une prison qui avait peut-être raison quand il lui avait dit qu'il était devenu maquereau à cause de la haine inconsciente qu'il vouait à sa mère à la suite des mauvais traitements de son père. Il relate également des abus sexuels commis par sa nourrice alors qu'il avait trois ans (c'est d'ailleurs par le récit de ces attouchements qu'il commence son autobiographie).

Au milieu des années 1930, il s'essaie brièvement à des études universitaires au Tuskegee Institute, un des premiers établissements d'enseignement supérieur destinés aux Noirs. À dix-huit ans, il adopte son pseudonyme d'Iceberg Slim et reste souteneur dans la région de Chicago jusqu'à l'âge de quarante-deux ans. Il est incarcéré plusieurs fois et, après avoir passé dix mois seul dans une « cellule de confinement », à la maison de correction de Cook County, il décide de se ranger et de se consacrer à l'écriture à partir de 1960.

Il déménage ensuite en Californie afin de mener une vie normale. Il y adopte le nom de Robert Beck, utilisant le patronyme du mari de sa mère.

Dans Mama Black Widow, il décrit la vie d'un travesti noir.

Bibliographie en français :

Trick Baby
Mama Black Widow
Du temps où j'étais mac
Pimp : mémoires d'un maquereau
Hanta
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Message par Hanta le Ven 18 Aoû - 10:38

Pimp : Mémoires d'un maquereau

segregation - Iceberg Slim Fghhfg10

J'ai adoré ce roman autobiographique. Je l'ai aimé pour trois raisons principales :
- le langage est cru mais jamais salace, et il est incroyablement varié ce qui nous fait contourner les stéréotypes du rappeur-racailleux qui parle avec ses mots et tant pis si l'on ne comprend rien. Et ce langage, ce style permet de s'imprégner du paysage dans lequel l'auteur nous propulse.
- l'histoire qui est passionnante, loin des clichés, ce n'est pas une glorification ni une rédemption, c'est le constat d'une évolution heureuse et malheureuse par d'autres moments et cette distance, cette absence de jugement fait du bien.
- la richesse des personnalités qui constituent l"histoire : mi-charismatiques, mi pathétiques, ils sont complexes et cela permet des péripéties plus subtiles qu'il n'y parait.

J'ai vraiment aimé ce livre et je le conseille.


Mots-clés : #autobiographie #conditionfeminine #criminalite #prostitution #segregation #social #violence
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Message par topocl le Ven 18 Aoû - 11:04

Tu me fais envie, hanta.

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Message par animal le Ven 18 Aoû - 13:06

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Pimp : mémoires d'un maquereau

J'avais apprécié aussi cette lecture faite en VF mais j'ai peut-être la VO quelque part ? Je n'ai pas souvenir d'avoir regardé si ça avait l'air compréhensible ou non ?

Ce que j'en disais alors (rendu plus lisible ?) :

Pimp c'est l'histoire d'un mac... un peu dérouté par son enfance (sans doute) il choisit la violence et la quête du fric pour ne pas se faire écraser. La violence comme moyen, le fric comme moyen. La drogue, cocaïne puis héroïne pour continuer. Échecs et succès plus passages en prisons entre 15 et 40 ans environ... Il raconte sa vie, son apprentissage au près d'autres macs, sans concessions (rem : je m'attendais à pire pour la violence dans l'ensemble) avec un langage façon rue, avec sa motivation de l'époque : ne pas se faire écraser par la peur, peur de la pauvreté, des femmes un peu (pas simple pour un mac) et peur pour cause de racisme ambiant : peur de n'être rien ou de voir sa vie ne tenir qu'à un fil... (dernier point difficilement palpable mais qui mérite réflexion !).

Il ne se cherche pas trop d'excuses et finit par la rédemption, l'écriture de son bouquin comme un hommage aux gens qui l'ont sauvé à 43 ans de la drogue et du reste, en lui donnant ce qui lui a échappé le reste de sa vie : un peu de vrai humanité.

Une préface d'une féministe (bonne idée !) qui avance comme mérite à cette histoire de raconter la violence faite aux femmes au sein d'une communauté qui revendiquait autre chose.

Bizarrement je ferai un parallèle avec Sur la route (la beat generation, trop cool...) pour deux tendances  (on ne va pas dire ambitions) : la drogue et la recherche d'une autre vie. Pimp c'est un peu avant dans le temps (je crois), c'est plus réaliste aussi (je pense), sur la drogue notamment et peut être un peu plus lucide sur certaines "valeurs humaines" comme le respect, l'amitié ou l'amour. Tourné autrement Pimp donne moins le sentiment d'ellipse sur ces sujets.

Avant de le finir je ne pensais pas qu'il pourrait être effectivement (tellement) marquant...

Marquant pour ce qu'il a encore à dire des modes de vie possibles et des modèles ? se "blinder", pour ne pas souffrir, pour le profit, ne pas avoir le dessous...

Ca se lit bien avec un langage assez cru et coloré, un bouquin qui mérite réflexion !

On peut en profiter pour rappeler que les rappeurs avec des noms en Ice le sont en référence à Iceberg Slim.

un extrait de Pimp :

Je lui racontai d'abord ma vie. Puis je détaillai tout ce qui s'était passé avec la demi-portion depuis le soir où j'avais quitté le Blue Haven pour venir ici. Je dus parler pendant environ trois quarts d'heure. J'allai même jusqu'à lui faire une description complète de la demi-portion.
Pendant ce temps-là, Sweet et sa petite amie vorace avaient englouti les deux oiseaux, ne laissant que les os. Sweet essuya les moustaches de Miss Peaches avec une serviette en papier. Elle mit alors sa tête sur les genoux de son maître en se calant contre ma cuisse. Sweet s'adossa contre le dossier du canapé et posa ses pieds nus sur la table basse.
- Mon petit chéri, dit-il, tu es aussi noir que moi et je t'aime beaucoup. Je sens chez toi la rage du mac. Crois-moi, tu as de la chance que ce soit moi qui t'apprenne le métier. Alors, ouvre bien tes oreilles et souviens-toi de tout ce que je vais te dire.
Il ya dans ce pays des milliers de nègres qui s'imaginent qu'ils sont des macs. Je ne prends même pas la peine de mentionner les macs blancs, ce sont des gonzesses. Aucun d'entre eux ne respecte les règles du livre. Ils n'en ont même jamais entendu parler. S'ils étaient noirs, ils mourraient de faim.
En tout, il ne doit pas y en avoir plus de six qui connaissent le livre et qui sachent en observer les règles. Ce livre-là, tu ne le trouveras pas dans les manuels d'histoire qu'on fait lire aux Blancs et aux petits Noirs bien sages. La vérité, c'est que ce livre a été écrit dans leur tête par des nègres fiers et lucides, d'anciens esclaves libérés. Ils n'étaient pas paresseux, mais ils en avaient marre jusqu'à la nausée de cueillir le coton des Blancs et de lécher leur sale cul. Le temps de l'esclavage était gravé dans leur mémoire. Alors ils sont allés dans les grandes villes et ils ont vite compris.
En fait, ces salauds de Blancs n'avaient pas libéré les nègres. Les grandes villes ressemblaient aux plantations de coton du Sud. Les Oncle Tom serviles continuaient d'accomplir les besognes les plus dures et les plus répugnantes pour le compte des Blancs.
Ces nègres lucides, les héros de ce temps-là, hurlaient comme des mômes en colère. Ils voyaient les blancs qui continuaient à baiser les jolies Noires, comme au temps des plantations.
Et les filles étaient des idiotes. Elles s'envoyaient en l'air gratuitement avec les Blancs. Elles ne se rendaient pas compte de tout le fric que pouvait rapporter leur gros cul noir et voluptueux.
Alors, ces premiers macs noirs ont commencé à expliquer à ces idiotes qu'elles avaient une mine d'or entre les cuisses. Ils leur ont appris à tendre la main pour prendre le fric des Blancs. A l'époque les seuls nègres qui arrivaient à être des caïds dans ce pays, c'étaient les macs et les tricheurs.
Ils étaient bien habillés et avaient des pur-sang. Ces macs étaient des Noirs de génie. Ce sont eux qui ont écrit ce livre dans leur tête, le grand livre du mac. Et aujourd'hui encore, s'il n'y avait pas cette armée de michetons blancs surexcités, les macs noirs crèveraient de faim.

(...)

Les petits Noirs bien honnêtes essaieront de te faire honte, mais ils seraient prêts à lécher le cul d'un âne pour devenir macs à leur tour. Pourtant, ils en seront toujours incapables parce que ce sont des caves et les caves ne sont que des gonzesses. Ils se laissent exploiter par leurs honnêtes femmes bien convenables. Mais toi, il faut que tu respectes les règles du livre des macs, ce livre que des hommes à l'âme noble ont écrit il y a un siècle. Quand tu te regardes dans la glace, tu dois savoir que ce petit salopard au cœur glacé qui est en face de toi est un être bien réel

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Message par Bédoulène le Sam 19 Aoû - 10:52

c'est noté merci !

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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