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Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Paul Fournel

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Message par topocl le Mar 6 Déc - 15:03

Paul Fournel
Né en 1947

Paul Fournel  Index59

Paul Fournel est un écrivain français, né le 20 mai 1947 à Saint-Étienne, auteur de romans, de nouvelles, de poésies, de pièces de théâtre et d'essais.

Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud (1968-1972), il est l'auteur d'une thèse de doctorat intitulée Le Guignol lyonnais classique (1808-1878) étude historique, thématique et textuelle d’une forme d’art populaire, Paul Fournel devient éditeur chez Hachette, à l'Encyclopædia Universalis, chez Honoré Champion, chez Ramsay (1982-1989), puis chez Seghers (1989-1992).

Il ne cesse cependant d'écrire et d'explorer des formes nouvelles, étant nommé régent du Collège de ’Pataphysique et président de l'Oulipo. Il est président de la Société des gens de lettres de 1992 à 1996.

Il occupe ensuite des postes de l'administration culturelle comme directeur de l'Alliance française de San Francisco (1996-2000), attaché culturel de l'ambassade de France au Caire (2000-2003) et directeur littéraire du Centre régional des lettres de Languedoc-Roussillon.

Il a, entre autres prix littéraires, reçu le Prix Goncourt de la nouvelle en 1989 pour son recueil de nouvelles Les Athlètes dans leur tête, et reçu le Prix Renaudot des lycéens en 1999 pour son roman Foraine.

Œuvres

  Clefs pour la littérature potentielle, 1972
  L’Equilatère, 1972
  L’Histoire véritable de Guignol, 1975
  Les Petites Filles respirent le même air que nous, 1978, recueil de nouvelles
  Les Grosses Rêveuses, 1981
  Les Aventures très douces de Timothée le rêveur, 1982
  Un rocker de trop, 1982
  Les Athlètes dans leur tête, 1988
  Un Homme regarde une femme, 1994
  Le Jour que je suis grand, 1995
  Guignol, les Mourguet, 1995
  Pac de Cro détective, 1997
  Toi qui connais du monde, poèmes, 1997
  Alphabet Gourmand, 1998, avec Harry Mathews et Boris Tissot.
  Foraine, 1999
  Besoin de vélo, 2001, Essai
  Timothée dans l'arbre, 2003, roman jeunesse
  Poils de cairote, 2004
  Les Débuts de la colonie, 2005
  La Table de nain, 2005
  À la ville à la campagne, 2006
  Tables fournelliennes, 2006
  Chamboula, 2007, Editions du Seuil, roman
  Les Animaux d'amour, 2007, Le Castor Astral.
  Les Mains dans le ventre & Foyer jardin, 2008, Actes-Sud, Théâtre
  Méli-Vélo, 2008, Seuil
  Courbatues, 2009, Seuil, recueil de nouvelles
  Manières douces sous le nom Profane Lulu, 2010, Dialogues, recueil de nouvelles
  La Liseuse, 2012, P.O.L, roman
  Anquetil tout seul, Seuil, 2012, récit
  Jason Murphy, P.O.L., 2013, roman
  Le Bel Appétit, P.O.L., 2015, poèmes
  Avant le polar, Dialogues.fr Eds, 2016


Source = Wikipedia.

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Message par topocl le Mar 6 Déc - 15:04

La liseuse

Paul Fournel  La-lis10

Robert Dubois est éditeur en fin de carrière. Bon pied, bon oeil, et bonne fourchette. Il garde sa passion des livres et des belles-lettres, enthousiaste comme au premier jour, mais mêlée d'un désenchantement certain : les lois du marché, la main-mise des financiers sur l'édition, la désaffection des jeunes pour la lecture, les exigences des auteurs, et l'effrayante ère du numérique.
Comme il n'est pas en à se laisser abattre, il se laisse peu à peu séduire par une petite liseuse, un peu froide, mais si légère, si maniable, et comprend que s’il ne veut pas mourir idiot, et ruiné, il faut tendre la main à de nouveaux lecteurs, et s'impliquer dans le numérique. Cela marche, il est ravi, enfin il croit être ravi car à la fin…

Spoiler:
Non, non, non vous ne saurez pas, vous n’avez qu’à lire le livre. Le dernier chapitre est un piège à Chosiens.

Déjà, pour moi,  un livre qui parle des livres, de l'amour de la lecture, avec finesse et humour qui plus est, c’est tout gagné. Mais, en outre, ce Dubois est un personnage sympathique au possible, ouvert, qui analyse les petits défauts du système et de chacun sans pleurnicher, qui a compris qu'il ne referait pas le monde, mais qu’il peut, peut-être, dans son petit coin, l'aménager. Il valse entre les anciens et modernes,  sans jugement, sans jérémiades, avec un oeil tout à fait pétillant.

Sans perdre de vue le côté romanesque, Paul Fournel nous offre un petit manuel de l'édition pour les nuls, ça sent le vécu, les auteurs et leurs égos, les rencontres avec le public,  les petites bouffes pour parler boulot, le grand chef qui veut faire des sous, les gentils stagiaires, tout un petit monde décrit d’un oeil malicieux et tendre. Il a juste  oublié de nous dire qui décidait des titres, Marie.

Tout cela dans un style enjoué mais pas relâché, oh que non, pas relâché du tout… La dernière page vous l’expliquera.

Ce livre est joyeux. Ce livre est drôle. Ce livre est tendre Deux heures de pur régal.



(commentaire rapatrié)


Mots-clés : #contemporain #universdulivre

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Message par Tristram le Sam 13 Juil - 13:08

Je découvre (bis repetita) ce fil d'un auteur que j'ai peu fréquenté encore (bien que l'ayant croisé dans la littérature oulipienne, et même rencontré au Caire _ ayant donc partagé son expérience en demi-teinte de cairote ; pour lui c'était pire : cette ville est a minima un purgatoire pour cycliste pas suicidaire).
« Le gris est palpable, il colle aux mains et au visage. L’odeur acide couvre les odeurs de la rue. On ne voit plus le soleil ni les néons verts, perchés sur les minarets. La ville est dans son cocon de mort lente et elle klaxonne. »
Paul Fournel, « Poils de cairote », 20 mars 2001
Du coup, je vais lire La liseuse (1 de ces 4).

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Message par bix_229 le Sam 13 Juil - 15:24

J'aime  bien Paul Fournel, c'est un oulipien malicieux, ironique et tendre, et
que j'avais plaisir à écouter sur France Cul dans l'émission "Des papous dans
la tete".


 "C’est un rondel de saucisson,
C’est aussi un rondel de pain,
Car c’est toujours main dans la main
Couchés sur l’autre qu’ils sont bons.

On peut y glisser cornichons,
On peut prévoir un peu de vin,
C’est un rondel de saucisson,
C’est aussi un rondel de pain,

Souvent on beurre son croûton,
On fait preuve d’esprit malin
En tranchant large, en tranchant fin,
On peut ajouter du jambon
C’est un rondel de saucisson. »
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Message par Bédoulène le Sam 13 Juil - 15:33

merci Bix, c'est malicieux

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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Message par Tristram le Lun 7 Oct - 13:39

La Liseuse

Paul Fournel  La_lis10


Quand on connaît l’expérience professionnelle de Fournel, on apprécie le portrait qu'il dresse de l’édition, financiers, employés y compris stagiaires, mais aussi auteurs, libraires, représentants, son émission ‒ « Apostrophes » ‒, ses concours pipés, son marché ‒ les femmes dans la cinquantaine ‒, son quartier Saint-Germain-des-Prés avec ses restaurants, et même… son avenir !
« Les lectrices sont là. Je me cache parmi elles, à peine reconnaissable à mon ballon de rouge, et Geneviève fait son entrée. »
Malgré un humour souvent juste, le constat est amer.
« Au comité de lecture, les dés sont pipés. Depuis le jour où j’ai vu surgir dans le programme un titre dont la publication n’avait pas été décidée en comité, j’ai su que c’était fini. »

« Nous avons vidé les livres de ce qu’il y avait dedans pour en vendre davantage et nous n’en vendons plus. Tout est de notre faute. »
Les liseuses ont évolué depuis 2012 (et je pense qu’il s’agissait plutôt d’une tablette, puisqu’on pouvait y regarder la télé, d’autant qu’elle pesait 730 grammes), mais le débat reste d’actualité, et je pense comme Fournel que ce petit écran a sa place assurée à côté du livre, dans une sorte de complémentarité.
« J’ai fait des taches de gras sur l’écran. Le croissant de Marco, à coup sûr. Albert me prête son cachemire de zinc pour faire propre. J’ajoute une petite finition sèche avec ma manche et je sors. Je me demande si cet engin est étanche. »

« Prendre des notes sur une liseuse est un drame. Je déteste cela. Je peux tout faire à l’aide de mon clavier, mais rien ne me convient. Ce que j’aime dans les notes marginales, c’est l’écart qu’il existe entre le texte et elles. Je les note au crayon, hâtivement tracées, elles sont le contraire du texte lui-même. Elles ne le contraignent en aucune façon, elles ne rivalisent pas avec lui, elles ne lui ressemblent en rien. Elles dialoguent avec l’auteur plus qu’avec le texte lui-même. Là, ces notes bétonnées me font peur, elles sonnent comme des oukases. Je voudrais écrire directement sur la liseuse avec mon crayon d’ardoise. »
Dans la digne tradition oulipotesque de Queneau, Fournel parle « du frileur » (mais oui, l’affreux thriller soi-même). À ce propos, une contrainte structurelle à été employée par l’auteur, celle de la sextine, une forme poétique du XIIe siècle (mais je ne l’ai pas plus perçue à la lecture que comprise malgré la petite postface explicative).
L’un des thèmes qui m’a le plus retenu est celui de la lecture fastidieuse de manuscrits souvent médiocres, qui le prive de livres à la valeur sûre.
« J’en veux à ce métier de m’avoir tant et tant empêché de lire l’essentiel, de lire des auteurs bâtis, des textes solidement fondés, au profit d’ébauches, de projets, de perspectives, de choses en devenir. Au profit de l’informe. Au nom d’un futur que je ne verrai pas, et qui, sans doute, clamera que je me suis trompé dans mes choix, trompé sur les textes, trompé sur les femmes et les hommes. C’est le rôle du futur. »

« À force de lire des manuscrits on perd ses références. Les chances de lire un chef-d’œuvre sont quasi nulles, celles de lire un bon texte sont plus nombreuses, mais pour être certain qu’un texte est bon, il faut le lire au niveau des maîtres et pas au niveau des autres bons manuscrits. »
Lecture (donc) plaisante, d’autant que le style est accompli.
« Ensuite, à table, je bois joyeusement pour avoir l’esprit brouilly tout l’après-midi. Cela me permet de prendre des décisions floues, bizarres. Il en faut, parce que notre métier est un métier de raison mais aussi un métier de hasard, de folie, un peu ivrogne parfois. Je parle du métier comme je le fais, bien sûr. Après, ceux qui organisent notre travail dans leurs Lagarde et Michard font de très raisonnables fortunes. À eux les grands bordeaux ! »
Je n’ai rien lu d’autre de Fournel si ce n’est Poils de Cairote, un journal de son existence quelque peu désenchantée d’expatrié au Caire (nous nous y sommes d’ailleurs croisés) ; évidemment, cette ville n’est pas du tout le lieu idoine pour un fervent cycliste, et je m’étais tout à fait retrouvé dans ce tableau piquant (comme du Jules Renard)…

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Message par bix_229 le Jeu 7 Nov - 17:13

La Liseuse, un roman triste et drole, ma non troppo.
On y aime le bon vin, les bons livres, surtout quand on peut les lire en paix.
Et que rien ne subsiste de la vie d'avant. Juste le temps qui reste...
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