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    James Baldwin

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    topocl

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    James Baldwin

    Message par topocl le Ven 16 Déc - 9:30

    James Baldwin (1924 - 1987 )


    James Baldwin, né le 2 août 1924 à Harlem (New York) et mort le 1er décembre 1987 à Saint-Paul-de-Vence, est un écrivain noir américain, romancier, poète, auteur de nouvelles, de théâtre, d’essais. Très marqué par la situation des Noirs dans son pays et par son expérience individuelle dans la misère de Harlem, James Baldwin deviendra une figure du mouvement pour les droits civiques.

    Baldwin est né en 1924, l'aîné des neuf enfants d'Emma Berdis Jones. Il ne connut jamais l'identité de son père biologique. Il était encore tout jeune lorsque sa mère épousa David Baldwin, ouvrier d'usine et prédicateur, qui adopta l'enfant. La famille était pauvre et les relations entre le père et le fils n'étaient pas bonnes. James fit ses études secondaires au lycée DeWitt Clinton, dans le Bronx, et devint membre de l'église pentecôtiste de Harlem où il commença à prêcher dès l'âge de quatorze ans. Alors que son père s’opposait à ses aspirations littéraires, Baldwin trouva un soutien auprès d’un professeur ainsi qu’auprès du maire de New York, Fiorello H. LaGuardia. Il quitta sa famille pour s'installer à Greenwich Village, quartier de New-York célèbre pour son milieu d'artistes et de libres-penseurs. Au début des années 40, il abandonna sa foi religieuse pour la littérature. Vivant de petits boulots, il avait commencé à écrire des nouvelles, des essais et des critiques de livres. Ces premiers textes furent ensuite publiés dans Notes of a Native Son en 1955.

    Entretemps Baldwin avait fini par prendre conscience de son homosexualité et partage un temps un appartement avec Marlon Brando et se rapproche de Medgar Evers, Malcolm X, et Martin Luther King, Jr.. Impliqué dans la lutte pour les droits civiques aux côtés de Sidney Poitier, Nina Simone et Harry Belafonte, il rencontre Robert Kennedy. En 1948, écœuré par les préjugés contre les Noirs et les homosexuels, il quitta les États-Unis pour Paris, où il devait passer pratiquement le reste de son existence.

    wikipedia


    Œuvres traduites en français

    Romans
    La Conversion, 1953
    Giovanni mon ami ou La chambre de Giovanni, 1956
    Un autre pays, 1962
    L'Homme qui meurt
    Si Beale Street pouvait parler, 1974
    Les Élus du Seigneur
    Harlem Quartet, 1979

    Théâtre
    Le Coin des Amen, 1954,
     
    Essais
    Chronique d'un pays natal, 1955
    Personne ne sait mon nom, 1961
    La Prochaine Fois, le feu, 1963
    Nous les nègres
    Le Racisme en question
    Chassés de la Lumière, 1971
    Le Diable trouve à faire
    Dialogue avec Nikki Giovanni
    Retour dans l’œil du cyclone

    Nouvelles
    Face à l'homme blanc

    Autres œuvres
    Sans allusion. Textes accompagnant les photographies de Richard Avedon.


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    topocl

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    Re: James Baldwin

    Message par topocl le Ven 16 Déc - 9:32

    Un autre pays






      Il n'a pas de véritable œuvre à accomplir, c'est là le drame, pour lui ; c'est aussi le problème qui se pose à toute notre époque et à cet invraisemblable pays. Et je suis prisonnière. Et il ne sert à rien de blâmer les hommes, de blâmer  une époque – n'est-on pas soi-même tous ces gens à la fois ? Ce sont les hommes qui font une époque.

    Quelques jeunes gens new-yorkais, à la fin des années 50, dans cette ville tentaculaire, anonyme à force de multitude, discriminante.
    D'une génération intermédiaire, ils se demandent si leurs rêves de jeunesse ne mènent qu' au désespoir. Ils  rêvaient d'amours éternelles mais la  sérénité leur y est interdites car elles sont homosexuelles, interraciales ou adultères. Ils rêvaient de liberté, et pour cela veulent devenir artistes (chanteuse, acteurs, écrivains, musiciens). Ils rêvaient que les différences raciales n'existaient pas. Ils croyaient que l'audace et la passion suffiraient. Il  leur  reste, peut-être,  l'amitié, face à leurs couples qui, de fulgurances en incertitudes, se déchirent, écartelés entre  sincérité  et compromissions. D'une sensibilité à fleur de peau, ils recherchent maladroitement un état de grâce hypothétique et le désespoir les rattrape souvent dans cette quête du bonheur. D'un taxi  à l'autre, de fumée de cigarette en scotchs, de bars en boîtes à jazz, il déambulent, et parlent,  parlent encore d'aspirations grandioses, de déchirements intimes, comme les adolescents  qu'ils n'ont cessé d'être, héroïques et inconsolables.

       - Eh bien, oui, dit Éric lentement, il a été blessé. C'est sûr. Il n'est pas besoin d'être un individu remarquable pour souffrir.

    C'est un livre d'ambiance, ambiance d'une ville aimée quoique grouillante et inhospitalière, ambiance de jeunes gens qui se cherchent, se raccrochent les uns aux autre. Ballottés par un monde qui impose ses règles et exige trop d'eux, ou ne leur offre pas assez, ils découvrent que le passage de la jeunesse à la maturité est la perte d'une innocence. Dans ce New-york de  James Baldwin, il y a quelque chose du Paris de Simone de Beauvoir, (ils se donnent délicieusement du « mon petit », et du « tu es si gentil, Vivaldo ») les  jeunes femmes sont libres, complices et têtues mais font la vaisselle, les jeunes hommes hurlent leur désespoir avec élégance, ils se raccrochent les uns aux autres, ils y croient encore, peut-être…ou plutôt ils veulent y croire, les larmes au bord des yeux « happés dans le tourbillon d'une mystérieuse défaite ».

    - Des jours comme celui-la, dit soudain Cass, je me souviens de ce que c'était - je crois m'en souvenir du moins - que d'être jeune, très jeune. - Elle leva les yeux vers lui. - Quand tout ce que l'on touche, tout ce que l'on ressent est si nouveau, que la souffrance elle-même est merveilleuse, car elle est totale.

    (commentaire rapatrié)


    mots-clés : #segregation


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