W.G. Sebald

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W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Sam 3 Déc - 17:28

W.G. Sebald (1944 - 2001)


W. G. Sebald, né Winfried Georg Maximilian Sebald le 18 mai 1944 à Wertach en Allemagne et mort le 14 décembre 2001 près de Norwich, dans le Norfolk, en Angleterre, est un écrivain et essayiste allemand.
Sebald a fréquenté à partir de 1954 l'école de Oberstdorf et y a passé le baccalauréat en 1963. Après deux années d'études de littérature à l'université de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), il obtient une licence ès lettres en 1966 à l'université de Fribourg (Suisse). De 1966 à 1969, Sebald a été conférencier à l'université de Manchester. Après une année d'enseignement à Saint-Gall (Suisse), il a enseigné ensuite à partir de 1970 à l'université d'East Anglia (UEA) à Norwich. Il était professeur depuis 1984.

Sebald a haï son prénom Winfried Georg et le qualifiait de « prénom vraiment nazi » ; il préférait s'appeler lui-même "Bill" ou "Max". Son père, sous-officier, est entré juste avant la guerre dans la Wehrmacht et a connu sa mère à l'époque des préparatifs de l'attaque de la Pologne en 1939. C'est pourquoi, selon Sebald, on pouvait le considérer comme un « produit du fascisme ».

Durant sa jeunesse Sebald était horripilé par le silence de la génération de son père sur les évènements de la guerre et sur le manque d'intérêt de la littérature et de la société allemande en général pour la destruction de l'Allemagne par les bombardements alliés de la fin de la guerre.

Parallèlement à sa carrière universitaire, il a poursuivi à partir de la fin des années 1980 une œuvre littéraire, qui a suscité une grande attention avant tout en Grande-Bretagne, aux États-Unis (où Susan Sontag s'est beaucoup engagée en sa faveur) et en France. Sebald a même été pressenti comme candidat sérieux au prix Nobel de littérature. Depuis le milieu des années 1990, la critique littéraire allemande lui accorde également son attention.

Dans ses travaux, Sebald s'est consacré surtout aux étrangers, aux émigrés qui, comme lui, quittent leur pays et tentent une nouvelle orientation. Ses récits, de tonalité très mélancolique, sont toujours accompagnés de photos. Cette forme d'écriture mixte se retrouve aussi dans sa poésie et ses textes critiques. Sebald s'est beaucoup consacré à l'étude de la littérature allemande en Grande-Bretagne et à l'introduction de la littérature de langue allemande dans les pays anglophones.

Il est mort en 2001 d'un accident cardiaque au volant de sa voiture. (wikipedia)

Bibliographie

Vertiges
Les émigrants : quatre récits illustrés, Page 1,
Les anneaux de Saturne
De la destruction comme élément de l'histoire naturelle, essai
Séjours à la campagne
Austerlitz, Page 1,
D'après nature : poème élémentaire
Campo Santo
Ombres errantes. Aux limbes de la Création
Vue cavalière de la Corse
La Description du malheur. À propos de la littérature autrichienne
Nul encore n'a dit, avec des lithos
L' Archéologie de la mémoire : Conversations avec W.G. Sebald, Page 1,

______________________________________________________________________________________________________________________


quelques mots sur les "Emigrants"




Sebald nous livre avec beaucoup de tendresse et de respect le vécu de 4 émigrants Allemands. Tous ont emporté dans leur valise des souvenirs , occultés parfois durant des années mais qui ressurgissaient  à la faveur d’un paysage, d’un objet, d’un rêve.  Ils ont éprouvés le besoin d’un jour les délivrer à une oreille attentive et amicale.

Ces hommes  avaient reconstruit leur vie dans des pays étrangers et ma foi avec  une vie professionnelle satisfaisante, mais vieillissants,  fragilisés par le poids trop douloureux  de certains souvenirs  se sont abandonnés au suicide ou  à la maladie.

C’est un voyage dans les souvenirs que nous conte Sebald, ceux de ces émigrants mais aussi les siens car il livre au lecteur son regard sur les hommes, les villes, sur l’Allemagne ; parfois lui-même sur la corde raide

« c'est cet appareil aussi pratique qu'étrange qui, par sa luminescence nocturne, son léger gazouillis le matin et sa simple présence pendant tout le reste de la journée, m'a raccroché à la vie à une époque où, étreint par un sentiment de délaissement pour moi incompréhensible, j'aurai très bien pu m'éloigner définitivement."

Le livre est précieux aussi par les photos incluses qui illustrent ses propos et tout particulièrement une  photo de Nabokov  à la chasse aux papillons,  chasseur de papillons que nous découvrons lors de plusieurs récits comme si les papillons étaient des souvenirs  capturés ou envolés.

L’écriture  a la qualité qui est accordée à l’un des personnage « d’une grande noblesse » !

"message rapatrié"



mots-clés : #immigration


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Re: W.G. Sebald

Message par bix_229 le Jeu 8 Déc - 18:05

Sebald fait partie des auteurs que j'admire le plus et que je crains de trahir par les mots...

Je dirais simplement que c'est un écrivain qui m'a beaucoup troublé. Pas seulement par le mélange constant d'images qui parsèment ses textes comme pour les authentifier. Mais bien évidemment par le contenu de ses textes, le travail sur la mémoire, les procédés narratifs.

Par ce que je sais de lui aussi, qui se considérait comme un produit du fascisme. Et qu'il détestait le silence insupportable observé par les allemands de la génération de son père qui ne voulaient parler ni des crimes qu'ils avaient commis, ni des douleurs qu'ils avaient subis.

Rien de ce qu'on dit d'un grand écrivain n'a d'importance, parce qu'aucune lecture ne peut en épuiser les significations. Il faut le lire, et le éventuellement...

Sebald faisait aussi partie de ces écrivains mélancoliques dont je me sens proche.

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Re: W.G. Sebald

Message par Dreep le Jeu 8 Déc - 18:58

Je commence Austerlitz bientôt (l'année prochaine...) et je dois dire que je suis mortellement impatient...

Les Anneaux de Saturne, Vertiges, c'était de superbes livres. Un écrivain immense.
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Re: W.G. Sebald

Message par Quasimodo le Jeu 8 Déc - 19:05

@Dreep a écrit:Je commence Austerlitz bientôt (l'année prochaine...) et je dois dire que je suis mortellement impatient...

Tiens ... moi aussi ! (mais c'est mon premier Sebald)

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Re: W.G. Sebald

Message par tom léo le Jeu 8 Déc - 22:32

J'ai lu les oeuvres pricipaux de Sebald que, moi-aussi, je considère comme un tout grand..., peut-etre parmi les plus grands auteurs germanophones du XXème siècle. Pour donner un complément aux reflexions de Bédoulène sur les émigants, voici mes remarques. J'aimerais souligner ce qui n'a pas été dit: ces qutre émigrants semblent bel et bien être des Juifs!

Les émigrants
Quatre récits

Original: Die Ausgewanderten (Allemand, 1992)



CONTENU:
Quatre récits mélancoliques de deuil et de souvenir, du déracinement, du desespoir et de la mort – Sebald se meut dans ce chefd’oeuvre au bord des ténébres. Avec une grande sensibilité il décrit la vie et la souffrance de quatre Juifs, expulsés de leurs patries européennes, se brisant dans leur vieillesse dans une impossibilité d’être consolé. Ce sont des histoires d’un ancien patron de logement, d’un professeur d’école primaire, d’un grand-oncle, d’un ami peintre. Mais par là Sebald raconte aussi toujours de lui-même : de sa douleur sur le destin de ces personnes, son deuil sur le passé allemand. Et apparaît une prose poétique unique, tissé mystérieusement et malgré tout très précis et clair. (traduction d’Amazon.de)

NOTES :
Je trouvais ce résumé sur amaz.de pas mal, exceptionnellement. Donc je le copie ici. On retrouve alors le style si typique de Sebald : ce mélange incroyable entre explorations personnelles, documents, photos, dialogues, recherches de toutes sortes. Ceci donne à l’ensemble une valeur quasi objective, même si en recherchant un peu on trouvera l’indication qu’ici aussi, Sebald mélange fiction et réalité jusqu’à un point que nous n’arrivons plus de savoir où nous en sommes. Mais même si nous le savons, il y a derrière ce « roman » une autre forme de vérité et réalité qui se dégagent : à la fin de ces exilés, ces émigrants il n’y a pas de « success-story » mais une histoire de douleur, des souvenirs, même dramatiques. Les blessures du passé, nous les portons avec nous.

Ainsi, comme toujours, il s’agit de la mémoire, du souvenir, de la vie avec le passé. Cela faisant Sebald ne dégage pas seulement des vies des autres, mais est en rapport avec eux dans des liens personnels, se révèle aussi lui-même avec ses questions, ses douleurs. Lui qui a quitté l’Allemagne, âgé d’à peine 22 ans, ne supportant pas certaines données de la société allemande. Incroyable que ces destins de perte de patrie, de liens douloureux sont alors les siens.

A coté de ses pauvres remarques sur le contenu, on ne peut que souligner de nouveau l’extraordinaire maîtrise et fluidité de la langue allemande (évidemment je l’ai lu en allemand). Si seulement on pourrait transposer dans une autre langue quelque chose de ces subtilités…

Sauf erreur de ma part, il y a dans le titre allemand une subtilité qui n'est pas rendue par le titre français: il s'agit - en allemand - de ceux qui sont déjà émigrés, les ayants-émigrés. Tandisque les émigrants sont ceux qui sont en train de, ceux qui sont dans un mouvement encore. Cela souligne que Sebald s'intéresse beaucoup au destin ultérieure de ces gens... Est-ce que cela fait un sens???

Recommandation claire et nette !
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Re: W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Ven 9 Déc - 16:42

oui Tom Léo c'est vrai ce que tu soulignes (nous avions fait une LC avec Shanidar où bien sur nous pouvions approfondir)

je vais aussi lire Austerlitz

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Re: W.G. Sebald

Message par Quasimodo le Ven 9 Déc - 18:20

Super, je serais content d'avoir vos impressions !

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Re: W.G. Sebald

Message par bix_229 le Ven 9 Déc - 20:00

L' Archéologie de la mémoire : Conversations avec W.G. Sebald. - Actes Sud



Plus j' avance dans la lecture de  L'Archéologue de la mémoires : conversations avec Sebald, et plus je me rends compte de l'originalité hors du commun de Sebald, de la cohérence de son projet. De la façon dont dont il a su intégrer dans  son œuvre tout ce qui l'a fait souffrir. Et qu'il a continué à explorer au prix de grandes souffrances. Et en faisant extrêmement attention de ne pas blesser les survivants de l'holaucoste. Chose qu'il reproche à un certain nombre d' écrivains allemands du 20e siècle.
Comment il su reconstituer des destins frappés par la peste nazie. Qu'il a rencontrés réellement. Le nombre de coïncidences qui ont croisé sa vie est vraiment troublant. Les fameuses images qu'il a jointes à ses textes sont souvent authentiques tout comme la plupart des histoires. Et cela ajoute au trouble que l'on ressent.
Quelle est la part de fiction et celle de la réalité ? Si l' on considère la part de l'imagination, alors, sans aucun doute, Sebald a écrit une forme de fiction. Mais une fiction entièrement nouvelle.

Et puis, il y a tout ce qu'il nous transmet en héritage sur l' histoire de notre époque.  Et qu'on n'a pas fini de découvrir.
Et qui laisse finalement peu d'espoirs sur la nature humaine.
Sebald était vraiment de l'envergure d' un Kafka avec qui, d'ailleurs il a pas mal de points communs.
 
Message rapatrié


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Re: W.G. Sebald

Message par tom léo le Ven 9 Déc - 22:16

Austerlitz



CONTENU:
Le conteur non-nommé rencontre dans la Belgique des années 60 Jacques Austerlitz. Il va le croiser dans les décennies à venir plusieurs fois et c’est bien lui qui devient le centre de l’histoire et nous revèle de plus en plus le fil de sa vie. Né en 1934, il a grandi dans une famille pasteur galloise qui ne soigne pas beaucoup la communication. C’est seulement au cours d’examens scolaires, après la mort de sa mère et la lente glissade de son père vers le démence qu’il découvre que son vrai nom n’est pas Dafydd Elias, mais bien Jacques Austerlitz. Mais il n’y a plus personne pour l’éclairer sur ses vraies origines et ainsi il reste pour les décennies à venir comme « sans racines et patrie ». Plus que cela, il est dans une certaine isolation, un état d’écart jusqu’à ce que lui, le professeur pour l’histoire d’architecture, a une expérience de « Déjà Vu » au début des années 90 dans une gare londonienne : d’un coup, il se rappelle comment il y est arrivé en 1938, ayant quatre ans, venant avec un transport d’enfant de Prague. Maintenant il se met à la recherche de ses parents et va à Prague où il trouvera vraiment à travers d’archives l’ancienne adresse et par là même la gouvernante très agée. Le voyage vers ses origines va le mener encore plus loin et le mettra en contact direct avec les horreurs du régime fasciste.

QUELQUES REMARQUES:
C’était mon premier Sebald et cela fut la découverte pour moi d’un genre tout à fait originale : un mélange entre roman, descriptions précises (comme des bâtiments, des gares etc.), des notes semblables à un diaire, mais aussi des photos noir et blancs, des esquisses qui soulignent le réalisme (apparent ou fictif) de ce qui est raconté. Il est évident que derrière un tel travail se cache une multitude de recherches. Si on connaît cette « Gründlichkeit », ce désir d’aller au fond et de se baser sur des recherches, on comprend bien pourquoi il n’a écrit que 4/5 romans !

Dans une grande partie de la vie d’Austerlitz, son énorme et incroyable savoir sur les aspects les plus divers de l’architecture est en parallèle avec un certain refus du souvenir. Significatif pour cette grande période dans sa vie sont alors des expressions – je cite – comme « Heimatlosigkeit » (être sans patrie/terre natale), « l‘isolement », « l’état de se sentir perdu, exilé, banni » etc. Comme question on pourrait très bien formulée pour Austerlitz la suivante : Comment de l’étranger arriver vers un chez soi, chez soi ? C’est seulement au cours du livre que la guerre et le bannissement se révèlent lentement comme ayant étés et étant omniprésents dans cette vie dès le début.
Dans cette question de l’identité, de la guerre et de la manière de vivre avec la mémoire se trouvent des sujets essentiels dans la vie de Sebald lui-même : à cause de sa rébellion contre l’Allemagne de l’après-guerre et sa façon de traiter son passé, il quitta l’Allemagne et s’installa en Angleterre.

Le souvenir, le travail de mémoire devient un devoir qu’Austerlitz confie dans un certain sens au conteur et, Sebald indirectement à nous, ses lecteurs.

Dès le début c’est la langue de Sebald qui frappe : précise, belle, fluide malgré des phrases quelques fois interminables (allant jusqu'à trois pages d'affilé!), innovatrice. Mais aussi fatiguante ou exigeante, souvent dans le discours indirect, rapporté, presque sans paragraphes jusqu’à la fin qui nous donneraient un temps de souffler.  Mais la maîtrise de Sebald, en allemand, se montre, que cela tient la route ! Que cette langue reste fluide. Ecrire sans s'interrompre: est-ce qu'une pause est alors nécessairement une rupture, un arrachement ? Peut-être l’auteur insiste par là sur cette quête d’identité sans relâche… ?

On y trouve par ailleurs quelques remarques très fines sur la langue et sa perte.

Je fus spécialement impressionné par la parenté, le parallélisme entre  les descriptions des paysages, des constructions (par exemple les gares, des remparts, la nouvelle Bibliothèque nationale à Paris…) ET PUIS, pour ainsi dire, le paysage et l’état intérieurs. Là, l’extérieur devient un miroir pour les données intérieures et les apparentes descriptions si anodines recevront un sens.

Alors, c’était mon premier Sebald, mais je me suis promis d’explorer son univers le plus possible.

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Re: W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Sam 10 Déc - 11:05

merci Tom Léo tu me donnes encore plus envie de lire ce livre.

être sans patrie, ce sentiment se retrouve parmi les personnes sortant des camps et/ou ceux qui ont du s'exiler

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Re: W.G. Sebald

Message par tom léo le Jeu 2 Mar - 22:41



Vertiges


CONTENU:
Sebald raconte dans da façon bien à lui – dont on a déjà parlé plus haut: c’est à dire un mélange de notes de voyage, impressions, images. Il parle de Henri Beyles, alias Stendhal, de ses voyages et offensives militaires au début du 19ème siècle au Nord de l’Italie et au même moment d’un séjour qu’y a fait Franz Kafka en 1913. C’est dans leurs traces que le narrateur visite en 1980 et 1987 ces mêmes lieux et encore autres en Autriche et, sur le chemin de retour, aussi en Allemagne. Par des motifs répétitifs et des allusions comparables dans ces niveaux différents, Sebald crée chez le lecteur un sentiment de liens tissés étroitement entre le passé et le présent, une parenté entre ces trois personnages. Ce qui semble propre et caractéristique pour ces trois personnes, c’est le sentiment d’une étrangeté, d’une forme de distance, d’aliénation, même d’une inquiétude vis-à-vis la réalité et eux-mêmes : oui, des sentiments de vertige !

REMARQUES :
Paru en Allemagne en 1990, Vertiges est en réalité le premier livre de W.G. Sebald. Pour moi il fut le deuxième livre de l’auteur, mais après « Austerlitz » je ne fus nullement décu. J’ai retrouvé ce style si particulier à Sebald et une maîtrise de la langue allemande qui rappelle des classiques d’un autre temps. Mais peut-être cette utilisation n’est pas ici si écrasante et construite  comme dans « Austerlitz », mais un peu plus aérée, oui, même légère et des fois drôle? Je pense par exemple à une situation grotesque dans un café « Rose des Alpes » qui avait jamais servi personne et où on aurait été tout à fait perdu à l’apparition d’un premier hôte !
Mais on trouve encore, ou déjà, les sujets si essentiels de Sebald : la mémoire, le souvenir, le passé. Comment est-ce que je me souviens? Est-ce que je peux faire confiance à mes souvenirs? Où est-ce que je suis en moi et à l’extérieur, même chez moi et dans ma patrie, un étranger ? Ce dernier sujet se relate particulièrement sur ses propres expériences avec sa non-patrie l’Allemagne et le vécu dans sa famille.

Mais c’est fascinant comment cet écrivain qui laisse dans un certain sens derrière lui son pays d’origine, s’approprie par le travail de l’écriture un univers, dans lequel les événements les plus divers, des expériences de différentes vies, pays et époques sont mis en relation, parenté et parallèles ! Par cette manière des frontières de temps et d’espace semblent tomber et apparaît une certaine unité !

Quel auteur !
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Re: W.G. Sebald

Message par Gnocchi le Jeu 2 Mar - 23:45

Merci Tom Léo pour le commentaire.
Tu me donnes envie de lire cet auteur. Je n'ai lu qu'Austerlitz il y a longtemps.
Je dois essayer un autre.
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Re: W.G. Sebald

Message par bix_229 le Ven 3 Mar - 13:04

Les Emigrants devrait tout à fait te convenir, Ariane.  Ou des nouvelles comme celles de L' Hiver.
Stasiuk Sebald est un excellent nouvelliste.
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Re: W.G. Sebald

Message par Gnocchi le Ven 3 Mar - 18:24

Merci Bix pour le conseil.
J'ai "les Anneaux de Saturne" quelque part dans mon étagère. Je dois le retrouver d'abord.
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Re: W.G. Sebald

Message par tom léo le Ven 3 Mar - 18:56

@bix_229 a écrit:Les Emigrants devrait tout à fait te convenir, Ariane.  Ou des nouvelles comme celles de L' Hiver.
Stasiuk est un excellent nouvelliste.

L'Hiver, me semble-t-il est - comme tu le dis - de Stasiuk?!
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Re: W.G. Sebald

Message par bix_229 le Ven 3 Mar - 19:01



C' est une question, Tom Lea ?
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Re: W.G. Sebald

Message par tom léo le Ven 3 Mar - 21:46

@tom léo a écrit:
@bix_229 a écrit:Les Emigrants devrait tout à fait te convenir, Ariane.  Ou des nouvelles comme celles de L' Hiver.
Stasiuk est un excellent nouvelliste.

L'Hiver, me semble-t-il est - comme tu le dis - de Stasiuk?!

@bix_229 a écrit:

C' est une question, Tom Lea ?

Euh, une question rhétorique, peut-être. Je ne voyais pas de rapport avec le fil de Sebald et les posts d'Ariane. Mais ces associations peuvent aider certains.
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Re: W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Ven 3 Mar - 22:35

Bix je me suis aussi demandé pourquoi tu citais Stasiuk sur ce fil

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Re: W.G. Sebald

Message par bix_229 le Sam 4 Mar - 13:47

Il n' y avait pas de rapport entre Sebald et Stasiuk.
Mes excuses à ceux qui s' en sont rendu compte !
J' ai nagé dans la confusion et confus je suis !
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Re: W.G. Sebald

Message par shanidar le Sam 4 Mar - 16:06

J'ai barré Stasiuk et ajouté Sebald pour éviter la confusion et permettre la compréhension des posts suivants.
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