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44 résultats trouvés pour premiereguerre

Thierry Bourcy

Tag premiereguerre sur Des Choses à lire - Page 3 Bourcy12 La Cote 512

Après lecture de ce roman policier se déroulant au début de la guerre 14-18, j'ai très fortement l'impression que l'aspect policier n'est qu'un prétexte qui permet à Bourcy d'aborder une période semblant l'intéresser tout particulièrement. En effet, l'intrigue policière démarre réellement au bout de 100 pages, ce qui sur 250 paraît assez tardif et cette intrigue cousue de fil blanc n'est, à mon avis, pas la préoccupation principale du lecteur. Car de coïncidences en hasards heureux, Bourcy nous donne un polar assez mince, non pas ennuyeux mais disons, lisse, attendu.

En revanche, tous ceux qui ont un peu fréquentés les livres sur la guerre de 14-18 retrouveront la plupart des évènements, réflexions, airs du temps déjà croiser chez Barbusse, Cendrars, Remarque et d'autres (sans y trouver cependant cette angoisse métaphysique impossible à transmettre par celui qi n'est pas au feu). Et si ce livre est une réussite c'est sans doute plus pour sa reconstitution historique que par son intrigue policière. Il faut d'ailleurs sans doute ajouter, qu'il s'agit d'un livre pédagogique, très clair sur les réalités d'une guerre de tranchées, sur le moral des troupes, sur la manière dont se vivait la vie d'un soldat d'août 1914 à juin 1915. On a là une reconstitution qui semble très fidèle et très proche de ce qu'en disent les écrivains lus (que l'on peut retrouver sur ce fil).

J'ajoute que Bourcy et c'est tant mieux ne tombe ni dans l'écueil d'une narration sanglante ou spectaculaire (bien au contraire) et ne cherche en aucune manière à faire dans le sensationnel ou le jamais lu. On sent en lui une sorte de ténacité tranquille, à l'image de celle de son jeune héros (Célestin Louise, dont le nom à la fois céleste et féminin, décrit parfaitement la personnalité de celui qui le porte), de douceur simple, sans voyeurisme, qui repose des auteurs parfaitement machiavéliques.


Un livre pas inintéressant, à l'intrigue plutôt gentillette, académique, mais fidèle à l'esprit d'une époque, que je conseille vivement aux 'jeunes' lecteurs désirant découvrir cette période.


mots-clés : #polar #premiereguerre
par shanidar
le Sam 3 Déc - 14:47
 
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Sujet: Thierry Bourcy
Réponses: 1
Vues: 459

Jean Echenoz

14

Tag premiereguerre sur Des Choses à lire - Page 3 Images26

J'aime bien les récits sur la guerre de 14, comme j'aime bien, je l'ai déjà dit, visiter les cimetières militaires, penser avec émotion à ces jeunes gens qui sont partis la fleur au fusil, et qui se sont retrouvés sous terre, et à ceux qui sont revenus, marqués pour une vie entière… Ces destins coupés en pleine jeunesse devant lesquels je me sens si humble.


Mais…

Tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n'est-il pas la peine de s'attarder encore sur cet opéra sordide et puant. Peut-être n’est-il d'ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d'autant moins quand on n’aime pas tellement l'opéra, même si comme lui c’est grandiose, emphatique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui cela fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c'est assez ennuyeux



Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Jean Echenoz . C'est ce qu'on appelle tendre les verges pour se faire battre. Ca dit bien ce que ça veut dire, et, en plus, ça n’est pas terriblement bien écrit car il ne suffit pas de faire des phrases longues, cocasses et ampoulées, pour avoir du style (pour ma part j'avais appris à l'école primaire que le pronom impersonnel "on" n'était pas très élégant, et donc à éviter, mais M. Echenoz n'a pas dû avoir la même institutrice que moi. Ah ! Quand on se souvient du sublime « nous » de Otsuka…). Bon , soyons honnête, il y a quand même quelques beaux passages sur les horreurs de la guerre, notamment les odeurs.

Alors donc, on est repartis avec la mobilisation , le départ la fleur au fusil , l'ennui, l'incompréhension et la peur, la boue des tranchées, les rats, les poux, les obus, les copains et les femmes qui attendent au pays… Echenoz a du sentir que c'était un peu cliché, tout ça, et donc, pour sortir son épingle du jeu, il a particulièrement approfondi sa documentation, ce qui est tout à fait honorable, pour un écrivain. Seulement, voilà, il n'a pas voulu faire tout ce travail pour rien et on est au courant de la moindre composition du paquetage des soldats, la composition de leurs repas, l'arrangement de leur tenue, les différentes armes, les animaux qu'ils croisent au front (un chapitre leur est consacré et on les prend les uns après les autres)… Et tout cela a un petit côté catalogue et j'étale mes petites connaissances de détail qui lasse vite.

Bon, à part ça, j'aime bien les récits sur la guerre de 14, comme je vous le disais, je suis donc allée jusqu'au bout (qui n'est pas très loin - 124 pages)


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #premiereguerre
par topocl
le Sam 3 Déc - 14:27
 
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Sujet: Jean Echenoz
Réponses: 33
Vues: 1709

Blaise Cendrars

J’ai tué :

Un prélude à la Main coupée, une très brève nouvelle, une écriture lapidaire comme le geste final.


Tag premiereguerre sur Des Choses à lire - Page 3 Images92

La Main coupée

L’auteur relate la vie de son escouade sur le front,  engagé volontaire dans l'armée Française il est versé  dans la Légion étrangère au début de la Grande Guerre.
Le récit est composé de plusieurs chapitres anachroniques, sur les « sorties » de la section franche de l’escouade qui s’exercent la nuit en infiltrant les lignes ennemies. C’est comme l’appelle  Blaise Cendrars, la « petite guerre » dans la grande guerre. C’est la vie dans les tranchées.

Certains chapitres évoquent  quelques uns de ses compagnons, dont la spécialité, l’attitude ou la mentalité est significative de leur aptitude à être le ferment de l’escouade dont bien que non gradé il est cependant le responsable.
Aimé de ses hommes, mais détesté, harcelé  par les sergents, les sous-off, le colonel  pour son attitude jugé « anarchiste »,  sa franchise, son irrévérence,   lui qui confond et critique les gradés, et tout particulièrement les sergents qui ne font  au front  qu’un passage obligé et abandonnent rapidement  les hommes et les  lieux pour se réfugier dans d’autres plus sécures. Un seul, le capitaine Jacottet  trouve grâce à ses yeux.

Cendrars perd le bras droit à la Ferme de Navarin.  il est donc réformé.



La« petite guerre » et la vie dans les tranchées sont relatées par l’auteur,  patiemment, les  réussites sans vantardise,  souvent avec humour comme  un pied de nez à la guerre, parce que la guerre est ignoble.

Pourquoi, s’est-il engagé ? (cf l’appel  aux Etrangers vivant en France dont il est l’un des signataires) pourquoi les autres se sont-ils engagés ?  Pour certains par rachat, pour d’autres c’est une fuite, pour des raisons plus ou moins avouables, mais quand ils sont là-bas dans l’escouade Blaise est leur compagnon plus que leur « chef » parce qu’ ils se révèleront (presque tous) de confiance. On peut voir dans cet engagement, quelles qu'en soient les raisons une manière de rechercher un sens à leur vie.

C’est une escouade internationale que forme ces étrangers engagés volontaires , une représentation de ce que pourrait être  l’amitié entre les peuples  malgré leurs différences. C'est la Légion avec ce qu'elle représente, la mauvaise réputation mais aussi la bravoure.

Ce récit est aussi une critique de l’administration, de l’incompétence de certains responsables, de l’absurdité des décisions qui coutèrent la vie de millions de soldats.  Il apparait dans ce récit que les corps des  soldats tombés sont abandonnés , les descriptions sont terrifiantes.

Cendrars soulève aussi le fait bien connu que les soldats Allemands étaient bien mieux équipés que les soldats Français.

Les notes sont précieuses  et utiles à la compréhension des faits et personnages nommés.

Quant à l’écriture  elle éclate en poésie par moments, s’ écoule franche, agrémentée de mots d’argot et des chants qui paraissent indispensables aux  soldats.


Extraits
Plus de 20 ans plus tard
« Les tumulus étaient nivelés, mais les croix des Légionnaires étaient rangées le long des murs et si les inscriptions étaient pour la plupart effacées, je retrouvai celle de Rossi dans les bras de son poirier, au mitant, et j’étais aussi fier de la croix de bois de Rossi, que, tout à l’heure, la comtesse en nous montrant la chambre où louis XIV avait couché »


« L’aube décousait le ciel dont les nuages bas étalés comme des pannes d’habits mal faufilés sur la table d’un tailleur laissaient voir l’endroit et l’envers, le drap, la doublure, la ouatine et le crin des rembourrages. Je contemplais avec consternation cette aube livide et sa défroque dans la boue. Rien n’était solide dans ce paysage dégoulinant, misérable, ravagé, loqueteux et moi-même j’étais là comme un mendiant au seuil du monde, trempé, glaireux et enduit de merde de la tête aux pieds, cyniquement heureux d’être là et de voir tout cela de mes yeux. »)



« Il y avait des tranchées qui n’avaient pas plus d’un mètre de profondeur et en bordure du bois il y en avait une  qui n’était faite que de macchabées entassés. C’est là que prise dans les barbelés pendouillait une momie, un pauvre type tellement desséché et racorni que les rats qui avaient élus domicile dans son ventre le faisaient sonner et résonner comme un tambour de basque. »


« Dieu est absent des champs de bataille et les morts du début de la guerre, ces pauvres petits pioupious en pantalons rouge garance oubliés dans l’herbe, faisaient des taches aussi nombreuses mais pas plus importantes que des bouses de vache dans un pré. C’était pitoyable à voir.


A plusieurs reprises Biribi est cité dans le récit. Biribi c’est le bagne militaire en Afrique et c’est aussi une chanson d’Aristide Bruant

L’égoutier de Londres

B.Cendrars revient sur l’une des figures de la Main coupée, l’un de ceux qui faisait partie de la « section franche », l’Anglais Griffith. Lequel est arrivé avec les « vieux » légionnaires d’Afrique, ceux de Siddi-Bel-Abbès, destinés à renforcer ou encadrer le « 3ème déménageur » surnom de la section dû à sa mobilité.

C’est une histoire de secrets, celui de Griffith, l’égoutier de Londres qui ne le révéla jamais, c’est l’honneur de cet homme d’avoir tenue sa parole.
C’est le secret de la prison de Siddi-bel-Abbès que ni les murs ni les hommes ne révélèrent.

Il faut aussi souligner que B. Cendrars parlait plusieurs langues, ce qui facilitait les rapports avec les Légionnaires ; il était d’ailleurs appelé par les gradés pour traduire les paroles des prisonniers Allemands. (B.Cendrars explique que le régiment des « parisiens » était le plus intellectuel)

Dans le silence de la nuit

L’écriture ressuscitée de Blaise Cendrars, par l’évocation d’une nuit par un ami, alors qu’il n’avait plus écrit depuis Juin 40, avec la main qu’il dit « amie », celle qui lui reste, la main gauche qu’il lui a fallu apprivoiser.

Par temps calme dans cette partie du front, une pause, les vieux légionnaires et les anciens de l’escouade de Blaise C. allaient se « ravitailler » en vins à l’arrière et se saoulaient copieusement. A la suite d’une rixe opposant 2 sergents, celui qui était devenu « tenancier » d’une cave improvisée et un sergent « client », la cave fut transformée en poste défensif.

Mais à nouveau le danger est là avec sa cohorte d’horreurs

« En effet, comme nous partions à l’assaut , il fut emporté par un obus et j’ai vu, j’ai vu de mes yeux qui le suivaient , j’ai vu ce beau légionnaire être violé, fripé, sucé et j’ai vu son pantalon ensanglanté retomber vide sur le sol, alors que l’épouvantable cri de douleur que poussait cet homme assassiné en l’air par une goule invisible dans sa nuée jaune retentissait plus formidable que l’explosion même de l’obus et j’ai entendu ce cri qui durait encore, alors que le corps volatilisé depuis un moment n’existait déjà plus. »


L’attente, celle dans l’affût, celle dans la pause est déprime, l’escouade s’étiole : tués, déserteurs, blessés, mutés….

Les souvenirs affluent de nuits sur le front ; nuit muette, nuit de saoulerie, nuit de mascarade, nuit d’affût , de poésie et de peur.

« Un soldat qui n’a jamais eu peur au front n’est pas un homme »


A la faveur de la confidence d’ un drogué B. Cendrars s’interroge sur les raisons personnelles des patrouilles en solitaire qu’il s’autorise. Quel sens leur donner ?

J’ai saigné

C’est le seul texte où Blaise Cendrars parle de son amputation

« …ne pouvant faire un mouvement, gêné que j’étais comme une accouchée par son nouveau-né, par l’énorme pansement, gros comme un poupon, qui se serrait contre mon flanc

… »

Avec la métaphore que représente cette naissance c’est surtout l’emploi du verbe qui montre une volonté , vivre.

Et il sera question dans ce récit de beaucoup de volonté, de dévouement.




Ces différents récits sur la guerre, plus spécialement « la petite guerre » sont aussi des réflexions sur la nature humaine.

Blaise Cendrars dit son écoeurement, sa déception sur certains, sa reconnaissance, son respect pour d’autres, il fait preuve d’empathie allant parfois jusqu’à intervenir dans la vie personnelle de ses hommes, à leur demande, c’est dire combien ils l’appréciaient.

Blaise Cendrars a avoué n’avoir pas écrit un ligne pendant la guerre, mais par contre il lit dès qu’il en a la possibilité, il exprime d’ailleurs son sentiment de lecteur.

C’était une très bonne lecture et j’ai trouvé intéressant que certains chapitres soient consacrés à des personnages de l’escouade.[/center]




mots-clés : #premiereguerre
par Bédoulène
le Ven 2 Déc - 22:32
 
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Sujet: Blaise Cendrars
Réponses: 31
Vues: 3441

Jean Giono

Le grand troupeau

Tag premiereguerre sur Des Choses à lire - Page 3 C_le-g10


Ce grand troupeau qui étonne et effraie aussi par son ampleur, par le bruit, par sa marche, préfigure une aventure terrible, le grand troupeau des hommes qui marchent dans la guerre.

La guerre dans toute son ampleur, son impact sur les hommes, le bêtes et la Nature. Ce sont les détails qui sont puissants, car l'ennemi ne se rencontre qu'une fois quand l'un des soldats Français découvre un Allemand, aussi misérable que lui et à qui, contre toute attente, le Capitaine saisit amicalement les mains.

Les descriptions déchirent, plus que la mort ce sont ses "auxiliaires" (corbeaux, rats, vers etc...) qui nous la montre, avide, affamée comme pour se venger de la "belle" vie d'avant.

La guerre est morte, la vie reprend. Peut-être que l'on retrouve cette idée dans les nouveaux-nés (des jumeaux si j'ai bien compris) la fille a des jambes mortes et le garçon est plein de promesses.

Que dire, sinon que l'écriture de Giono me prend les tripes et le coeur. Que ses mots je les lis, les relis, je les sens, je les vois vivent.

Ah, y revenir à ces lectures !


mots-clés : #premiereguerre
par Bédoulène
le Ven 2 Déc - 17:11
 
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Sujet: Jean Giono
Réponses: 176
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