Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Lun 25 Mai - 5:03

141 résultats trouvés pour polar

André Brink

Une saison blanche et sèche

Tag polar sur Des Choses à lire Extern41

il y a le Ben d’avant : bon père, bon mari, bon paroissien et bon prof, un rien terne et décevant. Tellement commode pour son entourage. Et puis il y a le Ben d’après les morts de Gordon et son fils, Gordon le balayeur noir du collège, Jonathan, l’enfant brillant dont Ben finançait la scolarité, devenu activiste dans Soweto en flammes. Tous deux arrêtes et torturés à mort, des mort niées et camouflées.

Cherchant la vérité, Ben s’expose à l’opprobre publique et familiale, à la traque et l’inquisition sans limites de la Section Spéciale. Qu’importe, porter la vérité est devenu son seul chemin, c’est devenir vrai lui-même. Sa trahison est sa loyauté.

Interdit de publication à sa parution, Une saison blanche et sèche est un roman-massue extrêmement condensé, concentré, minéral, qui, comme son héros,  va droit au but de la dénonciation, n’omet aucun détail, chemine assidûment et sans détour. Tout est là, tout est utile.

Bien plus que l’histoire d’un autre homme, Gordon, domestique devenu frère par sa mort,  Ben, quelque soit son chemin de croix, veut dénoncer le mal de toute une nation bien-pensante, derrière son Dieu, ses certitudes et sa vertu. Ben est un homme ordinaire, lanceur d’alerte étonné de lui-même, qui se perd pour sauver le monde, car pour lui nul autre choix n’est devenu possible.

Le roman est d’un grand classicisme, mais échappe aux lourdeurs et clichés qu’on redoute par moment. Dans une belle économie de moyens, André Brink ne retient que ce qui est utile à  son propos, mais il laisse aussi la part belle aux doutes, aux interrogations de son héros anti-héros, profondément humain dans son sacrifice. Le déchaînement de violence et de terreur auquel il est confronté n’a d’égal que la sauvagerie des paysages tant urbains que désertiques.


Le fait que le papa de Quasimodo soit de bon conseil n’était plus à démontrer. Reste juste au fiston à entendre ce beau conseil.


Mots-clés : #historique #polar #racisme #segregation #social #xxesiecle
par topocl
le Lun 18 Mai - 11:06
 
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Henning Mankell

Une main encombrante

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Ainsi que Mankell l’annonce dans son avant-propos, ce roman est le dernier écrit de la série Wallander, l’avant-dernier par ordre chronologique de la fiction. Mais ce qui a surtout retenu mon attention à sa lecture, c’est la postface, Wallander et moi. Mankell rappelle d’abord des vérités toujours bonnes à entendre (et par définition pas nouvelles).
« Tout ce qu’on écrit relève d’une tradition. Les auteurs qui prétendent être entièrement dégagés de toute tradition littéraire racontent des mensonges. On ne devient pas artiste ex nihilo. »

« …] la meilleure histoire criminelle, la plus fondamentale, était la tragédie grecque antique. »

Cela éclaire le profond rapport polar/ énigme/ drame.
Suit le récit de la genèse de Wallander ; au risque de me montrer impertinent (dans tous les sens du mot), m’a fait un peu sourire la proclamation circonstanciée de l’auteur qui affirme que son personnage ne vaut, à ses yeux comme à ceux du lecteur, que comme « instrument » ayant « la charge de tirer le récit » pour promener « un miroir des années 1990 et 2000 en Suède et en Europe ».
Même si le dépressif Wallander s’étonne souvent, avec un peu de naïveté, de l’évolution d’une criminalité grandissante en Suède, ce n’est pas, je crois, comme messager de l’actualité qu’il nous captive. D’ailleurs, dans ce roman en particulier, en fait de dénonciation des grands maux de notre époque, il s’agit d’un drame familial vieux de plus d’un demi-siècle, et très lointainement rattaché à la situation des pays baltes pendant et après-guerre. Si Wallander a été un instrument efficace c’est plutôt, me semble-t-il, pour avoir encouragé la lecture méritée des autres livres de Mankell.
« Il y a des pages qu’il m’a été difficile d’écrire. Mais je sais que ce qui se passe dans la vie quotidienne est toujours pire que la fiction. Mon imagination ne peut pas égaler la réalité. En conséquence, je dois parfois écrire des scènes épouvantables afin de rester crédible. »


Mots-clés : #polar
par Tristram
le Mer 1 Avr - 14:45
 
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Sujet: Henning Mankell
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Wojciech Chmielarz

Tag polar sur Des Choses à lire 411ij010

Cette 4ème enquête de l'Inspecteur Jakub Mortka se déroule dans une résidence close, surveillée fréquentée par des gens aisés, alors que le cadavre d'une étudiante en journalisme est découvert sur la pelouse.
Dans ce livre l' enquête s'élargit en de nombreuses pistes qui se croisent, se rapprochent et  certaines aboutissent dans une impasse, mais Jakub  a une imagination perceptive qui le dirige le plus souvent vers des indices intéressants et cohérents.

D'autre part, l'inspecteur adjoint Kochan revient au commissariat après sa "pénitence". Il résout plusieurs affaires non résolues anciennes et le cas dont lui suggère de s'occuper Jakub  pourrait bien avoir un lien avec son actuelle enquête.

L'enquête fait ressortir le vif ressentiment qu'éprouvent les Polonais vis à vis des Ukrainiens car les massacres de Volhynie sont encore vivaces dans les mémoires. La victime est polonaise et la supposée criminelle est ukrainienne ; la situation économique en Ukraine contraint les ukrainiennes à travailler en Pologne et pour des emplois, le plus souvent, de femmes de ménage.

(https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacres_des_Polonais_en_Volhynie)

De plus la mafia, que connait bien Jakub, s'imbrique toujours dans les enquêtes et plus particulièrement de façon tentaculaire dans celle-ci. L'affaire semblait close après l'arrestation d'une personne, mais l' adjointe "la sèche" de Jakub fait une découverte dans les dernières pages du livre qui laisse le lecteur sur sa faim.

Mais ce qu'elle a découvert il me faudra attendre le prochain livre pour le savoir.

J'ai hâte, j'aime beaucoup cet inspecteur et l'écriture de l'auteur.







Mots-clés : #polar
par Bédoulène
le Ven 28 Fév - 11:46
 
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Sujet: Wojciech Chmielarz
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Abir Mukherjee

En 2019, je m’étais promis de parler de temps à autres sur le forum de mes romans "bonbons", ces tourne-pages qui, sans être à jamais inoubliables, m'ont fait passer un excellent moment. Je m’étais promis, et je ne l’ai pas fait. Mais il n’est jamais trop tard pour commencer, n’est-ce pas ? Alors j'inaugure avec ce polar que j’ai ouvert parce que l’action se déroulait en Inde, et que je n’ai plus réussi à lâcher.

Tag polar sur Des Choses à lire 41spzj10

L’Attaque du Calcutta-Darjeeling

1919. Le capitaine Wyndham débarque en Inde. La guerre et les tranchées lui ont enlevé amis et proches parents, la grippe espagnole a parachevé le travail en emportant sa femme. Ne lui restent que ses fantômes, les tentations des paradis artificiels, et ses talents d’enquêteur de Scotland Yard qui lui ont valu ce poste dans la police impériale de sa Majesté.
Wyndham n’a même pas le temps de s’acclimater à la moiteur et la chaleur torride de Calcutta : à peine arrivé, il doit faire face à l’assassinat d’un britannique de premier plan, bras droit du vice-gouverneur. Autorités militaires et police impériale se disputent un dossier qui ne cesse de se complexifier, les salons feutrés bruissent des coups tordus fomentés par les factions rivales, et Wyndham, qui ne connaît rien de ce monde, doit faire vite, très vite...

L’enquête du capitaine, quoique bien menée, est surtout un formidable prétexte pour nous faire découvrir l’atmosphère du Calcutta des années 20. L’hostilité envers les britanniques s’accroît, et deux choix s'offrent aux résistants : la lutte armée ou la voie non-violence, une idéologie nouvelle qui prend de l’ampleur. Pendant ce temps, les britanniques s’arque-boutent sur leurs privilèges et leur mode de vie en vase clos. L’auteur excelle à retranscrire par mille petits détails le pourrissement de la situation : les brimades quotidiennes subies par les indiens, le pernicieux sentiment de supériorité britannique (qui gangrène jusqu’aux âmes les moins colonialistes), la tension palpable entre communautés, et puis la vie qui continue vaille que vaille... Ce contexte historique particulièrement bien rendu est sans conteste l'atout majeur du roman.

J’ai quitté à regret les deux principaux protagonistes : le Capitaine Wyngham et son humour désabusé so british, bien sûr, mais aussi Sat Banerjee, le jeune sergent indien auquel il s’est attaché. J’avoue que j’ai bigrement envie de savoir ce qu’il adviendra de ces deux-là. Sachant que l’attaque du Calcutta-Darjeeling est le premier volume d'une série, je ne peux qu’espérer que Liana Levi n’en restera pas là et nous proposera la suite.
A suivre...


Mots-clés : #historique #polar
par Armor
le Ven 24 Jan - 6:45
 
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Meyer Levin

Crime

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(Je me suis dit que vous ne refuseriez pas un petit commentaire !)

Ce livre est passionnant, il relate un fait divers survenu à Chicago en 1924 et dont l’auteur en fait l’analyse. Malgré son titre, ce livre n’est pas construit comme un polar mais comme un roman classique voire documentaire. L'horrible assassinat d'un enfant avec demande de rançon, a été commis par deux étudiants de la jeunesse dorée, qui pourtant ne manquent pas de ressources financières, mais qui croient dur comme fer qu'ils sont des surhommes au sens nietzschéen. Bien sûr ils se croient au-dessus des lois et à l’abri de tout, grâce à des faveurs que pourraient leur procurer leurs parents richissimes, si toutefois...

Le lecteur assiste, quand ils sont les narrateurs, à toutes leurs manœuvres et manigances pour mettre en œuvre le meurtre, à la demande de rançon alors que l’enfant a été tué dès son enlèvement, et à tous leurs propos pervers ignobles, leurs éclats de rire, et leur mépris des autres qu’ils considèrent tellement inférieurs. Ils poussent le vice jusqu’à vouloir participer à l'enquête et se risquer à donner des vrais indices. Et en même temps prêts à applaudir la mise en examen d’enseignants de leur école considérés comme "invertis", l’homosexualité étant pointée du doigt et bannie à cette époque et donc source de suspicion. Leur personnalité nous apparaît alors, sombre, moche, pathologique.

La presse est à l’affût de cette affaire, et parmi les journalistes, un jeune assistant journaliste du Globe est chargé de participer à l’enquête pour le journal, ce jeune assistant, Meyer Levin, qui était aussi dans la même université qu’eux, donc qui les connaît bien, et avec qui il partage avec eux ses opinions sur l’affaire.
Les journalistes, et donc Meyer (qui porte un autre nom dans le livre), échangent leurs avis entre eux-mêmes, et avec les deux jeunes, y vont de leurs supputations, élaborent des hypothèses sur qui a pu commettre ce crime gratuit, pourquoi et comment. Si on donnerait le bon Dieu sans confession à ces garçons, des doutes viennent s'immiscer dans leurs échanges… Seraient-ils suspectés ?
La police mène aussi son enquête, et chacun y participe : journalistes, assassins, témoins, parents, policiers.

Mais seront-ils arrêtés et jugés, ces deux assassins qui sont certains d'avoir commis le crime parfait ? Peut-être ne faut-il pas en dire plus…

La deuxième partie de ce livre relate le procès de cette affaire qui a secoué le tout-Chicago.
Ce livre tient en haleine, et je suis conquise par cette belle étude d'un Crime.
Pas facile de choisir un extrait sans le sortir de son contexte, mais au hasard (les noms des deux jeunes sont changés dans le roman) :

« Cette peur soudaine avait arrêté la nausée. Au fait, pourquoi ne s’étaient-ils pas servi de l’éther ? Ils avaient projeté d'endormir proprement l'enfant et, une fois endormi, de lui passer la corde autour du cou, Artie et lui  [Judd] tirant chacun un des bouts de la corde. Aussi fort l'un que l'autre, d'un effort parfaitement égal, afin d'être liés à jamais, Artie et lui. Mais dès que le petit garçon était monté dans la voiture, tout s'était déroulé dans un éclair. Ils avaient tourné le coin de la rue, alors que Judd songeait précisément que l’acte suprême n’aurait peut-être jamais lieu. Se pouvait-il qu'Artie ait perçu cette dernière hésitation ? Il avait bondi vers l’irréparable, ainsi qu’on attaque une fille avant qu'elle ne rassemble ses esprits. »


Mots-clés : #faitdivers #justice #polar
par Barcarole
le Jeu 23 Jan - 13:38
 
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Sujet: Meyer Levin
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Valerio Varesi

Les mains vides

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Parme en été, il fait chaud et le commissaire Soneri sue en regrettant le brouillard. Confronté à la pègre calabraise et albanaise qui pourrit dorénavant sa ville, il lutte vainement pour la sauvegarder, idéaliste amer et impuissant.
« C’est de tout accepter sans aucun sens critique et sans jamais protester, même à voix basse. C’est ça, la barbarie. »

« Il trouvait aussi qu’il perdait son temps à enquêter sur la petite délinquance de rue au lieu de le passer sur la délinquance en col blanc. Un vieux défaut des forces de l’ordre. »

« Vous parlez comme un curé ou un communiste. Vous pensez vraiment que les gens la veulent, la liberté ? Foutaises. La plupart ne veulent que le confort, ils n’en ont rien à foutre du reste. »

« Que ça vous plaise ou non, ils le veulent, ils veulent être commandés. Croyez-moi, ajouta Gerlanda en ricanant avec cynisme, la plupart des gens ont la liberté en horreur parce qu’elle les écrase sous le poids de responsabilités qu’ils sont incapables de prendre. C’est beaucoup plus simple de se dire qu’il n’existe qu’une seule route : la contrainte sait souvent être plus douce que la liberté. »

« Personne n’en a plus rien à foutre des idées, nous sommes dans un monde de choses et d’objets. »

« ‒ Oui, on le sait, constata le commissaire, ils édictent leurs propres règles pour faire leurs saloperies, et après une armée de parasites diplômés en droit réfléchissent du matin au soir à comment baiser la justice. »

« Monsieur le commissaire, vous savez pas qu’aujourd’hui les délinquants, ils ont la cravate, et qu’ils ont remplacé les gens bien ? »


Mots-clés : #criminalite #immigration #polar
par Tristram
le Lun 20 Jan - 20:41
 
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Valerio Varesi

Les ombres de Montelupo

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Et de trois, et toujours dans la brume !
Cette fois, le commissaire Soneri est revenu se ressourcer à la cueillette des champignons dans les alentours de son village natal des Apennins (le Montelupo serait une montagne entre Parme et La Spezia). Il se trouve impliqué dans un drame où les obscurités de son passé le ressaisissent, alors qu’il ressent une impression d’exclusion de cette communauté originaire, due à son expérience de ville/ vie qui lui permet de voir une réalité assez répugnante. Resurgit aussi l'histoire (Seconde Guerre mondiale), et les problèmes actuels est prégnants (immigrés, perte d'identité, corruption politique, etc.)
Un roman prenant à la longue (malgré des incongruités, que je rejetterais sur la traduction, mais pas que ?) : décidément son surnom de Simenon transalpin n’est pas abusif : de trois fois rien une atmosphère tendue est instaurée ‒ ici plus amère que mélancolique.

Une curieuse conception de la cause de la solidarité :
« Quand quelqu’un est pauvre, il sait qu’il peut avoir besoin des autres. Du coup, il est disposé à aider tout le monde, parce qu’il craint d’être un jour celui qui se trouve dans la mouise. C’est tout. La bonté n’a rien à voir là-dedans ; comme toujours, ce qui anime les personnes, c’est le besoin et la peur. »


Mots-clés : #lieu #polar #ruralité
par Tristram
le Mer 25 Déc - 12:45
 
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Wojciech Chmielarz

"la ferme des poupées"

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Tome 2 de la trilogie

Nous suivons l'inspecteur Jakub Mortka à Krotowice ville dans les Carpates où il a été envoyé afin qu'il se fasse oublier à Varsovie où son attitude lors de la dernière enquête a été "hors les clous".
Il pense s'ennuyer mais une sale affaire se déclenche peu de temps après son arrivée. Il est donc considéré, vu ses compétences comme assistant dans le commissariat.
Dans ce livre une fois encore les affaires s'imbriquent dans un puzzle compliqué à mettre en place. Le point de départ est la disparition d'une fillette, s'ensuit la découverte de plusieurs corps de femmes.

Cette ville qui a l'époque des Soviets était à l'âge d'or grâce à la mine d'uranium, végète et avec elle ses habitants. Une communauté de Roms supporte les sentiments racistes de la population, bouc émissaire désigné.


Cette enquête se révèle riche en rebondissements, en suspens, c'est bien mené. Et le personnage de Jakub se révèle un peu plus (d'ailleurs ce n'est pas un quadra comme je le supposais mais un trentenaire).

et bientôt le T 3


Mots-clés : #polar
par Bédoulène
le Lun 23 Déc - 11:10
 
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Wojciech Chmielarz

Pyromane

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Nous sommes dans le feu du sujet d’emblée !

Mais le flair de l’inspecteur Jakubta Mortka va mettre à jour bien d’autres délits.

C’est un inspecteur « de la vieille école » (malgré sa quarantaine supposée) compétent, qui ne lâche rien, quitte à contourner et à aller au-delà de ses attributions.

« Il ne s’inquiétait pas pour la suite : le procureur qui dirigeait l’affaire était de la vieille école. Il avait fait ses classes dans la Pologne populaire, et il ne croyait pas à des trucs comme les prétendus droits des prévenus. Après le premier interrogatoire, il avait amené Mortka à la machine à café, lui avait tapé sur l’épaule et dit de ne pas s’en faire, qu’il se débrouillerait pour qu’il ne lui tombe pas un cheveu de la tête. Il avait ajouté que c’était une bonne chose qu’il ait abattu ce fils de pute, parce que, pour des raclures du genre de ce Grocki, même perpète aurait été une peine trop douce. »

Et comme beaucoup de policiers son métier cause des frictions dans son ménage ; il est d’ailleurs divorcé à l’initiative de sa femme. Ayant 2 enfants il a laissé l’appartement à sa femme et lui loge dans un appartement avec 2 locataires, un jeune couple d’étudiants, une situation pas facile pour lui.

Appelé sur un incendie repéré tout de suite par le pompier comme volontaire (curieusement allumé par un cocktail molotov) l’inspecteur devra non seulement découvrir et arrêter un pyromane mais aussi un assassin.

Varsovie est glaciale en cette période, la neige épaisse et il faut bien assumer sa fonction.

L’inspecteur et son adjoint Kachan,  et son équipe rencontrent les gens aisés du quartier chic où s’est déroulé l’incendie mais aussi quelques mafieux connus des services de police.
Bref l’ enquête se déroule à un rythme scandé par les nouvelles affaires qui se greffent sur l’incendie de la maison du couple Kameron.

Vous découvrirez la suite sous les pas de l’inspecteur Jakub Mortka dit le Kub !

***

J’ai apprécié la clarté de l’écriture, cet inspecteur qui travaille à l’ancienne, sa personnalité à l’ancienne aussi qui a des soucis avec l’ordinateur, internet, bref la nouvelle technologie, il préfère prendre des notes sur son carnet.
Le livre débute par la description de l’attirail du pyromane, son ascension sur le toit, mais une de ses actions engage la lecture vers une réflexion, le pyromane voyant le propriétaire de la maison affalé, saoul ; il continue son projet. D’où intrigue et interrogation sur le pourquoi. Le suspens est installé donc.

Ce livre est le premier de la trilogie, je vais donc poursuivre car cette première lecture m’a été très agréable.

Extraits

«   Compris, dit-il, en s’efforçant de garder son calme. Je vais te payer.
        — Pas moi ! C’est l’argent des enfants. Tes enfants !
— Mais je sais ! cria-t-il en s’arrachant du tabouret. Je t’ai dit que j’allais payer. J’irai lundi à la banque faire le virement.
        — Et tu ne peux pas faire comme tout le monde, un virement par Internet ?
        Il ne répondit pas.
        — Mon Dieu ! (Elle leva les bras au ciel.) Tu n’as pas encore de compte Internet ?
        — Non.
        — Tu peux au moins prendre de l’argent dans un distributeur et me l’apporter quand tu ramènes les enfants.
        Il sentit qu’il devenait rouge.
        — J’ai un retrait limité, avoua-t-il à voix basse. Je ne peux tirer que cinq cents zlotys.
        Elle se renfrogna et secoua la tête, incrédule.
        — Tu n’as pas encore réglé ça ?
        — J’ai eu du travail ! Un putain de travail ! »

"Le propriétaire était bien là où il devait être, allongé complètement ivre sur le canapé devant la cheminée. L’homme aperçut sur la table une bouteille de vodka vide, à côté de deux canettes de bière et d’un cendrier rempli de mégots. La puanteur du tabac froid devait être si lourde qu’il pouvait presque la sentir sur le bout de la langue.

Une pensée qui le tranquillisait. Il s’autorisa à regarder un temps encore l’incendie qu’il venait de provoquer.
          Il eut une érection."

« Quelqu’un se tenait juste derrière Mortka. Un homme. L’inspecteur sentit un souffle sur son cou.
        — C’est elle ?
        Mortka ne répondit pas. Il ne savait pas quoi dire. Et pourtant, c’était bien lui qui avait téléphoné à cet homme, lui qui l’avait fait venir ici. Car ce n’étaient pas les statistiques d’élucidation qui intéressaient l’inspecteur. Le sens de son travail, et ce qui le maintenait en vie, et ce qui lui laissait un peu de respect de soi, c’était que justice soit faite. Cela valait-il la peine d’être policier si aucune sanction n’était prononcée contre une personne responsable de la mort de deux jeunes garçons ?
        — Tu n’en sauras jamais rien. Et si ça te dégoûte, tu n’as même pas besoin de dire un mot. Juste un signe. C’est elle ?
        Mortka, malgré lui, hocha très lentement la tête.
        Il entendit l’homme s’éloigner. Il se retourna et eut le temps de voir Borzestowski monter dans la Porsche Cayenne et rouler vers le centre.
        Il se força à bouger. Il marcha sans but une bonne heure, avant de se décider à rentrer chez lui. Il savait qu’il ne pourrait plus se regarder dans un miroir jusqu’à la fin de sa vie. Mais il savait aussi que personne ne viendrait le fixer avec reproche dans ses rêves. Cela devrait lui suffire. »

« Son visage se ferma.
        — Sors d’ici, siffla-t-elle à voix basse, mais résolue. Sors d’ici avant de dire des choses que tu regretteras par la suite.
        Il obéit. Elle le raccompagna jusqu’à la porte, comme pour s’assurer qu’il quittait bien l’appartement. Il s’arrêta sur le seuil, se retourna et la regarda dans les yeux.
        — Il y a quelques jours, j’ai failli y rester.
        Ses narines frémirent.
        — Sors d’ici, le Kub, répéta-t-elle.
        Il ne bougeait pas. Elle avait maintenant des larmes dans les yeux.
        — Tu n’as pas entendu ? Dégage !
        — Il fila. Il entendit la porte claquer derrière son dos, et des clefs tourner dans les serrures. »



Mots-clés : #polar
par Bédoulène
le Ven 20 Déc - 15:42
 
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Sujet: Wojciech Chmielarz
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Jim Harrison

Péchés capitaux

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Je m’étais réservé la lecture gourmande du dernier roman de Jim Harrison ‒ et je l’ai savouré !
C’est (encore) l’histoire d’un sexagénaire, ici un inspecteur de police retraité et d’origine prolétaire, Sunderson, qui a beaucoup des traits communs avec l’auteur (c'est-à-dire la plupart des péchés capitaux, The Big Seven du titre original ‒ pour mémoire « l’orgueil, l’avarice, l’envie, la luxure, la gourmandise, la colère et la paresse »). Le titre vient d’un sermon qui marqua le jeune garçon alors fiévreux ; il ramentoit les Sept obsessions dans En marge. On reconnaît aussi Sunderson parce qu’il fut l’enquêteur de Grand Maître. Et le personnage s’adonne toujours à la pêche à la truite, à l’alcoolisme, à la fascination des corps de (jeunes) femmes.
« Il aurait dû se sentir coupable, il le savait, mais c’était rarement le cas. »

En fait, Sunderson culpabilise beaucoup (souvent à raison). Il est constamment rongé par l’échec de son mariage avec Diane (qu’il s’impute à juste titre).
« Il se dit qu’un monde sans voitures serait merveilleux. Un retour aux chevaux lui sembla une bonne idée. Sunderson était un luddite invétéré, un Don Quichotte rêvant d’un monde qu’il ne verrait jamais. »

(Le luddisme est une révolte d’artisans anglais au début du XIXe siècle, "briseurs des machines" de la révolution industrielle prenant son expansion.)

Un peu cassé par diverses mésaventures et autres échecs personnels, Sunderson s’installe dans un bungalow retiré du Nord Michigan, pas très éloigné de Marquette et proche de cours d’eau poissonneux ; mais il a pour voisins la famille Ames, ivrognes, méchants, fous à des degrés divers, hors-la-loi qui accumulent sans scrupule les crimes les plus crapuleux, tels que viols et meurtres. Ils sont présentés comme des « déchets humains » à cause de leur « sang vicié », et c’est l’occasion pour Jim Harrison de (faire) débattre sur l’opposition nature-culture, ici fondue dans la perspective historique de la violence intrinsèque de cette Amérique du Nord. La violence, « le huitième péché » sur lequel Sunderson va vouloir écrire un essai (on découvre plusieurs versions de la première page, laborieusement élaborée ; pour se trouver un style, il recopie des extraits de Le bois de la nuit de Djuna Barnes et de l’Ada de Nabokov).
« La violence est une tradition ancestrale en Amérique, dit Lemuel. À l’école, les livres d’histoire ne parlent pas des milliers de lynchages ni de cette habitude de tirer vers le sol dans les tipis pour tuer les femmes et les enfants indiens pendant leur sommeil. Beaucoup de journaux ont proclamé qu’il fallait exterminer tous les Indiens, comme la presse nazie dans les années trente avec les Juifs. »

D’ailleurs le roman est d’une grande actualité ; figurent notamment les détournements de mineures, les femmes battues, sans omettre les sévices sur enfants et l’inceste.
Sunderson, sans doute par déformation professionnelle, est sujet à des prémonitions alarmantes ‒ et rapidement les empoisonnements s’enchaînent chez les Ames.
Il sympathise cependant avec Lemuel, un Ames moins dégénéré, plus civilisé (il est passionné par les oiseaux), comme quelques enfants et jeunes filles ; Lemuel lui fait lire au fur et à mesure de sa rédaction son roman policier.
Scoop:
Ce texte place en abyme sa confession criminelle.

La place du sexe est importante (peut-être trop) :
« Je crois que l’instinct sexuel est profondément ancré, enfoui, encodé au fond de nous, et qu’il nous pousse à nous ridiculiser. […] Il faut de toute évidence peupler le monde, si bien que la nature nous a fait don de ces pulsions à peine contrôlables, qui se manifestent tôt et continuent jusqu’à un âge avancé. »

« On dit volontiers "Tout est dans la tête", mais ce serait où sinon ? Dans la rue ? »

Grâce à l’ami de Sunderson, Marion, un Indien, la question des peuples autochtones est aussi évoquée.
« Aucun épisode de l’histoire américaine n’était plus méprisable que notre traque meurtrière de Chef Joseph et de son peuple, sinon peut-être la guerre du Vietnam. »

« Heureusement pour notre société, presque aucun de nous ne connaît notre histoire. Sinon, les réjouissances du 4 Juillet seraient interdites. »

La fascination pour l’eau de Sunderson (et Harrison), pêcheur et pécheur, transparaît souvent.
« …] le grand mystère de son existence : l’eau en mouvement. »

« Il remarqua qu’il était très difficile de penser à soi quand on regardait un fleuve. En fait, c’était impossible. Un fleuve submergeait vos sens, du moins Sunderson en avait-il toujours eu le sentiment depuis l’enfance. »

Harrison nous promène aussi beaucoup géographiquement (USA, Mexique, Paris, Espagne), influence autobiographique de ses voyages (et observations) personnels.
Et, comme toujours chez lui, des remarques originales parsèment sa prose.
« Sunderson se dit qu’en général nous connaissons très mal les gens, mais qu’il était peut-être mieux que chacun de nous reste essentiellement un mystère pour autrui. »

« Toute la culture américaine incitait chacun à aimer quelqu’un ou quelque chose, une équipe de football ou de base-ball, une fille, une femme, un homme. Cette injonction était aberrante. »

« Il se rappela que l’Espagne avait assassiné son grand poète, Federico García Lorca. Pourquoi ? Comme s’il y avait jamais eu une bonne raison de tuer un poète. »

« En fait, comme la plupart des hommes, il vivait sa vie morceau par morceau et s’en souvenait par fragments. »

« Selon cet auteur, le vrai facteur émotionnel qui déprimait l’alcoolique était l’absolue domination chez lui de son égocentrisme. L’individu qui buvait était le centre fondamental de son propre univers, ses perceptions échouaient à atteindre le monde extérieur et demeuraient entièrement teintées par cet ego démesuré. »

Outre l'aspect roman noir, un peu prétexte, s’entrecroisent densément de nombreux fils narratifs, comme la littérature, les péchés capitaux qui obsèdent Sunderson, etc. ; Harrison reprend ses thèmes habituels dans un brassage toujours original.
(Ce livre m’a paru moins bien traduit que les précédents.)

Mots-clés : #contemporain #fratrie #polar #relationdecouple #sexualité #vengeance #vieillesse #violence
par Tristram
le Dim 1 Déc - 23:46
 
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Sujet: Jim Harrison
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Howard Fast

Il me manquait Fast, alors étant en panne pour cause matérielle, j'ai lu

"Cour martiale"

Tag polar sur Des Choses à lire Cour_m10

Guerre de Birmanie, les combats ont cessés mais un théâtre d'opérations sous la gestion conjointe des E.U et des Britanniques subsiste . C'est dans cette situation d'attente, dans cette région au climat difficile, rongée de maladie, des habitants miséreux qu' un meurtre a été commis ; un Lt Winston de l'armée américaine  a tué un soldat Britannique, le Sergent Quinn.

Le Gal Kempton en responsabilité du secteur pour les E.U a réclamé le Capitaine Barney Adams, de retour de plusieurs campagnes (Afrique, Italie) à qui il souhaite confier la défense de l'accusé. Mais dès son premier entretien Adams apprend que le jugement est déjà "rendu", en accord avec le responsable Britannique et Kempton,  Winston doit mourir, sa mort seule préservera l'entente entre les E.U et les Britanniques ; il faut sauver la Grande Alliance à défaut de sauver Winston.
Adams s'étonne à juste titre de ce que le verdict soit annoncé mais le Gal Kempton lui dit que c'est parce qu'il veut pouvoir montrer une "défense honnête" qu'il souhaite que ce soit lui l'avocat.

Adams n'a jamais défendu, ni assisté en cour martiale, bien qu'il ait fait d'excellentes études, il n'a aucune pratique. Le Gal lui fait confiance, c'est le fils d'un ami, de bonne et vieille souche !

Durant le procès l'image de boy-scout que le Gal avait du Capitaine Adams s'efface, le Capitaine Adams met tout son savoir, son honnêteté, sa vigilance à traquer la vérité. Il démonte un à un les "oublis", traque, arrache les paroles des bouches qui se taisent, par crainte des responsabilités ou pour carrière.   Pour le Capitaine Adams,  quels que soient les sentiments qu'il éprouve pour l'accusé, ( lequel d'ailleurs il hait parce qu'il représente tout ce qu'il rejette et la raison de son engagement dans la guerre) celui-ci doit se voir offrir "le droit", l'un des principes fondateur de la démocratie.

Le Capitaine Adams n 'a que quelques jours pour connaître ce qui deviendra "l'affaire Winston"  et préparer sa défense, laquelle s'appuiera sur la pathologie de Winston. En effet après s'être entretenu avec plusieurs responsables militaires, les témoins du meurtre et surtout le médecin psychiatre qui  a placé Winston dans le service, vu l'attitude et les rares propos de l'accusé, Adams est convaincu qu'il défend un homme atteint de paranoIa, c'est-à-dire un malade.

Le capitaine Adams par son choix de défense sait qu'il s'affronte  au Gal Kempton, lequel lui demande s'il défend Winston, question à laquelle il répond qu'il "se défend lui". Ce qui, je pense, signifie qu'en défendant Winston, il défend le "droit" et donc il se défend lui défenseur du Droit, lui citoyen américain.

Winston est reconnu "non coupable", le tribunal souhaite son renvoi à l’hôpital pour y recevoir un traitement médical.

Adams est à nouveau en campagne, il est seul, l' infirmière rencontrée en Birmanie et qu'il était prêt à aimer l'a repoussé car leur différence de classe lui paraissait un obstacle majeur.  


J'ai encore une fois apprécié l'écriture de l'auteur, le choix du sujet, l'ambiance est bien rendue, les caractères des personnages. Il faut se rappeler que Fast a subi plusieurs procès lui-même et assisté à d'autres, le Droit est l'un des principes fondateur de la démocratie et l' auteur/Capitaine Adams s'en fait le garant dans ce livre.
Dans sa préface, François Guérif parle de "l'isolement des idéalistes", cette situation se retrouve aussi dans le récit, notamment dans la lettre que reçoit le Capitaine Adams du médecin psychiatre.


Mots-clés : #justice #lieu #polar #psychologique
par Bédoulène
le Lun 11 Nov - 15:49
 
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Sujet: Howard Fast
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Stanislas André "S.A" Steeman

Tag polar sur Des Choses à lire Maison10

La maison des veilles

Bonus la présentation "Espace Nord" avec une super préface, un texte du fils de l'auteur sur son père, des extraits autour du thème "maison"... c'est très bien choisi et accompagne à merveille le texte.

De quoi s'agit-il ? D'un roman policier autour d'un meurtre qui a eu lieu dans un petite immeuble bruxellois (à Ixelles en fait) bien tranquille. Les policiers sont plutôt accessoires et les principaux protagonistes sont les différents habitants de l'immeuble, de la maison. A chaque appartement ses habitudes, ses caractères, ses attentes déçues.

Discret chamboulement pour une narration subtilement indiscrète et finement joueuse. Les codes du whodunnit sont aménagés pour adapter une perspective décalée sur "l'affaire policière" en tant qu'objet d'imaginaire et de narration... sans se priver de fatalité ou de mélancolie dans la peinture du quotidien.

Très très chouette lecture toute en finesse et en équilibre, dans le genre pied tranquille mais très très bon. Un beau mélange d'intelligence et de savoir faire...


Mots-clés : #lieu #polar
par animal
le Lun 28 Oct - 22:04
 
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Sujet: Stanislas André "S.A" Steeman
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Andrea Camilleri

Chien de faïence

Tag polar sur Des Choses à lire Chien_10

Pour sa seconde apparition, c’est (notamment) une énigme historique qui mobilise cette fois le commissaire Montalbano.
L’histoire est originale dans ses vicissitudes, prenante, et un de ses grands charmes est de se déployer sur plusieurs niveaux dans le temps et les préoccupations du commissaire. C’est un « texte » (pas présenté comme un roman) très riche en références littéraires, culturelles, historiques, etc.
Les idiotismes siciliens sont spécialement rendus (tels que le fameux passé simple), ainsi qu’une vulgarité sans doute typique.

Mots-clés : #polar
par Tristram
le Ven 25 Oct - 0:05
 
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Sujet: Andrea Camilleri
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Valerio Varesi

La Pension de la via Saffi

Tag polar sur Des Choses à lire La_pen11

De même que dans Le Fleuve des brumes, le brouillard et le passé baignent l’histoire (ainsi que quelques bonnes odeurs de cuisine parmesane) ; la vie personnelle du commissaire Soneri y tient peut-être encore plus de place, mais la recette est la même.
« ‒ Les gens, c’est comme le brouillard, décréta le barbier, tu ne vois rien à travers et puis tout à coup… Et c’est souvent trop tard. »

« ‒ Soit on oublie, soit on se fait des illusions. On n’a pas d’autre choix, répliqua Soneri, mi sérieux, mi ironique. »

Toujours la même dichotomie gauchistes-fascistes de la société italienne :
« C’est devenu la patrie des bureaucrates, des escrocs et des financiers qui remuent du fric et des dettes en les faisant monter comme des blancs en neige. »

Et davantage encore de métaphysique dépressive :
« Après tout, la vie ne ressemblait-elle pas tragiquement à un homicide ? Ne s’achevait-elle pas toujours avec un mort ? »


Mots-clés : #polar
par Tristram
le Lun 23 Sep - 20:27
 
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Sujet: Valerio Varesi
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Jon Sealy

Un seul parmi les vivants

Tag polar sur Des Choses à lire 41j5o810

Ce n’était pas le mal que Chambers lisait dans le regard de Tull,mais l’indifférence amorale d’un univers sans dieu.Le mal signifiait au moins qu’il existait dans le monde quelque chose de plus grand que nous, alors que Tull semblait affirmer qu’il n’y avait que le néant. Le vide absolu.


 Ça ouvre sur un shérif vieillissant , perclus d’arthrose, et de chagrin peut-être.   La Grande Crise mène les destins des champs à l’usine de filature. Dieu ne suffit plus à sauver les hommes, ils sont morts à ma guerre ou meurtris par leur expérience. L’alcool est le seul dérivatif à la misère, et la Prohibition ne peut que jeter là son ombre de violence, entre argent et pouvoir.

C’est un roman d’ambiance qui accompagne en parallèle la vie d’une famille peu à peu vaincue par la fatalité, et d’un autre côté le « baron du whisky » qui donne son titre américain à l’ouvrage.

Belle description d’une époque dans ce roman noir, qui pêche sans doute par une intrigue un peu linéaire à laquelle manque une pointe d’originalité.


Mots-clés : #criminalite #polar
par topocl
le Sam 24 Aoû - 18:02
 
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Sujet: Jon Sealy
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R.J. Ellory


Tag polar sur Des Choses à lire M0225310
"Seul le Silence" est le premier polar que j'aie lu depuis longtemps et cette lecture m'a subjugué.
Tout du long, ce n'est pas le fil rouge des assassinats de fillettes mais bien le Sort dont l'auteur se sent responsable.
Tout du long c'est la révélation d'un personnage qui est balloté par le mal et poursuit sa route. R.J. Ellory aurait pu écrire un livre dans le registre romans intimes en ignorant les assassinats. Ce sont ses tourments qui font le livre. Le héros innocent de tout assume la responsabilité du mal qui l'entoure au point de se substituer à la justice elle-même.

Cet auteur m'est apparu d'une telle qualité que j'ai aussitôt attaqué le "Cœur sombre". Un tout autre schéma. Le héros qui est prisonniers de toutes ses faiblesses trouve à travers une de ses erreurs parmi beaucoup d'autres la raison d'une rédemption problématique.

Autant Ellory ne s'étend pas sur le sordide des meurtres de fillettes autant ses détails dans "Un cœur sombre" ne m'incitent pas à poursuivre d'autres polars. Plus tard peut être.


Mots-clés : #polar
par simongabriel
le Dim 18 Aoû - 11:41
 
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Sujet: R.J. Ellory
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Thierry Jonquet

Du passé faisons table rase

Tag polar sur Des Choses à lire Du_pas10

Un vrai régal que ce roman qui n’est pas vraiment policier, ni même d’espionnage, mais… politique ! Le personnage central de René Castel ramentoit furieusement Georges Marchais, un Secrétaire général de ce Parti tellement au-dessus des individus que la fin justifie tous les moyens. Le souvenir du bonhomme à la télé (en noir et blanc) colle avec l’image d’un pantin, d’un homme de paille sous la botte de Moscou : c’est vrai que les activités du personnage pendant l’Occupation ont été questionnées, et que l’appareil soviétique savait tenir les hommes politiques en main, gardant trace de ce qu’ils avaient à cacher :
« …] à chaque fois qu’un camarade grimpait un échelon, il lui fallait passer par le rite obligé de la rédaction de sa "bio". Personne ne pouvait conserver un double de ses déclarations. Des anomalies, même minimes, étaient parfois décelables lors des rédactions successives, à des années de distance. »

Judicieusement agrémenté de citations d’Aragon, ce livre dont le titre est tiré de L'Internationale est paru en 1982 sous le pseudonyme de Ramon Mercader (assassin de Trotski sur ordre de Staline, NDT) ; et Thierry Jonquet fut lui-même un trotskiste engagé…

Mots-clés : #historique #polar #politique
par Tristram
le Mer 7 Aoû - 22:21
 
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Sujet: Thierry Jonquet
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Ryûnosuke AKUTAGAWA

Rashômon et autres contes

Tag polar sur Des Choses à lire Rashzm10


Ces contes relèvent du fantastique, comme l’éponyme, et même du policier comme le fameux Dans le fourré, mais aussi d'un humour qui fait songer à Gogol, et pas seulement à cause des évocations de nez…
Les Kappa est une longue nouvelle, une satire sociale rappelant Swift ; Akutagawa y donne aussi un aperçu de son intéressante perception des écrivains occidentaux :
« ‒ C’est un de nos saints… saint Strindberg, qui se révoltait contre tout. »




Mots-clés : #contemythe #fantastique #humour #nouvelle #polar
par Tristram
le Ven 12 Juil - 14:03
 
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Sujet: Ryûnosuke AKUTAGAWA
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John Le Carré

Tag polar sur Des Choses à lire 41056l10

Chandelles noires

Enquête sur un meurtre sanglant autour d'une public school un peu miteuse. Comme des airs de whodunnit assez classique avec sa touche d'humour et son enquêteur étranger au milieu et un peu décalé. Si je n'ai pas été complètement convaincu par l'intrigue en elle-même et que l'assemblage ne m'a pas paru fracassant je dois reconnaître que la cuisine est efficace. Et pas désagréable. Sans doute parce que ce n'est pas tant la critique des convenances et convention d'un milieu que la balade dans un envers du décor moins glorieux qui donne sa saveur au plat.

Petite déception mais bonne excuse pour y revenir ?


Mots-clés : #polar
par animal
le Dim 30 Juin - 8:23
 
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James Ellroy

Le dalhia noir

Tag polar sur Des Choses à lire 96309210



Sujet : Ce roman noir est basé sur un fait divers : une jeune fille assassinée de manière atroce, coupée en deux, et marqué au visage par le sourire de "L'homme qui rit", d'une oreille à l'autre.

Tous les ingrédients du roman noir sont présents : le pouvoir, l'argent, la sexualité et les femmes.

C'est  Los Angeles Police Department (LAPD) qui doit gérer ce crime, tous les agents sont retenus, chacun dans le domaine qui le concerne afin que le résultat soit rapides, ce que souhaite le procueur Ellis Loew lequel candidate pour les élections prochaines. Se dévoilent les connivences entre politique, police et truands.

Le racisme et l'anticommunisme sont visibles  notamment parmi les policiers et la presse. Toutes les diverses individualités de la société américaine de la région (du pays ?) se retrouvent dans le LAPD ; les honnêtes gens, les corruptibles, les corrupteurs, bref un panel large de la population de LA.

L'histoire est bien amenée avec les rebondissements attendus et inattendus dans les enquêtes et la recherche du, des criminels. Tous les personnages, principaux comme secondaires sont bien typés dans leurs actions, leur vie, leur psychologie.

La ville reflète sa puissance et ses faiblesses, de jour et de nuit, exhale ses odeurs, son clinquant de lumières, bars, hôtels et offre refuge dans ses sombres rues. (sans oublier les nombreuses voitures)

Le crime d'Elisabeth Short est l'affaire n° 1 qui met en branle-bas le LAPD et notamment le duo formé par Lee Blanchard et Bucky Bleitchert le narrateur. Le procureur Loew et son équipe  s'activent  et n'hésitent  à aucune compromission, crimes, chantage, mensonges etc... il lui faut l'opinion avec lui pour gagner les élections.

l'Un des personnages dira très justement : "les bons sont devenus les méchants".

Le, les meurtriers seront-ils découverts ? vous le saurez en suivant cette affaire aux enquêtes et recherches captivantes. J'ai apprécié l'habileté de l'auteur à construire l'histoire, à la narrer à travers son double (?) l'agent Bleitchert.

Je n'ai eu connaissance du passé de l'auteur que dans le postface, en fin de livre, où il se livre dans une confession (?) me semble-t-il honnête et lucide qui explique le caractère obsessionnel, voyeur, nécrophyle de Bucky.  Et aussi l'ambiguité du personnage Blanchard.

L'ensemble n'est pas exempt d'amitié, d'amours et de solidarité, notamment parmi les policiers entre-eux, si l'image de la police est salie ils se serrent les coudes.

J'ai trouvé le passage sur le combat de boxe particulièrement réussi. D'ailleurs il me semble que ce sport est souvent partie prenante dans la police et l'armée, comme faire-valoir notamment.

Je lirai certainement plus tard, pour en connaître plus sur l'auteur un livre autobiographique "Ma part d'ombre".

Merci à mes "co-équipiers" de la LC, Chrysta (qui vous en dira plus sur la psychologie des personnages et de l'auteur) et Tristram qui repère le mot où la phrase "qui parle".



Extraits de la postface :

Elles m'ont changé. Elles sont entrées en conjontion et par la force de leur lumières, fait dérailler mon caractère obsessionnel. Elles m'ont appris à aimer d'un coeur plus léger. Elles m'ont convaincu d'extraire Jean de ma trajectoire existentielle, pour la laisser reposer dans mon coeur.

Il y a quelqu'un là dehors.  C'est une Femme, je la sens bouger. J'ai besoin de résoudre ce crime, de défaire les noeuds de cette énigme et de faire mienne cette trame d'évènements - et ainsi elle m'aimera.
La raison pour laquelle j'ai écrit ce roman. La fureur misogyne rationnalisée.


Mots-clés : #faitdivers #polar #psychologique
par Bédoulène
le Sam 29 Juin - 9:02
 
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Sujet: James Ellroy
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