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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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La date/heure actuelle est Jeu 29 Juil - 11:07

163 résultats trouvés pour polar

Richard Birkefeld - Göran Hachmeister

Tag polar sur Des Choses à lire 41r2rv10

Deux dans Berlin

Il voulut cracher par terre, mais il avait la bouche sèche. Il cogna du poing sur la pierre. Ma patrie allemande ! Le sol allemand ! Elle lui avait tout pris, la patrie, elle l’avait trompé et réduit en esclavage, et voilà qu’elle voulait aussi éteindre en lui la dernière étincelle de vie. (…) Il haïssait la guerre, les uniformes, la race aryenne des seigneurs, le Führer, cette ordure mythomane et toute sa suite (…). Il haïssait tout cela. Et pourtant, naguère, il y avait cru.


Hiver 1944. Ruprech Haas s’évade du camp de Buchenwald. Autrefois fervent adepte du régime hitlérien, il a tout perdu, un soir, pour quelques mots de trop. Il y a d’abord eu la prison, puis le camp. Et s’il a résisté tout ce temps, c’est dans l’unique but d’accomplir sa vengeance : ceux qui sont responsables de son arrestation et de sa vie détruite, il les fera payer, un à un.
Arrivé à Berlin, Haas apprend la mort de sa femme et son fils lors d’un bombardement. Dès lors, il n’a plus rien à perdre ni à espérer. Il n’est plus qu’une grenade dégoupillée...

Blessé lors d’une opération militaire, Hans-Wilhem Kalterer est lui aussi de retour à dans la capitale. Le vent tourne, et Kalterer n'est pas dupe du sort que les vainqueurs alliés risquent de lui réserver, à lui, le SS si parfaitement zélé. Aussi est-il est fermement décidé à terminer cette guerre dans une autre peau que la sienne... En attendant, compte-tenu de son ancien passé de flic, il a été chargé de retrouver le meurtrier d’un cadre du parti. Très vite, il s’aperçoit que les faits sont complexes, et qu’un homme est en chasse dans la ville...

Tout au long du livre, Haas et Kalterer vont s’épier, se croiser, s’éviter. Deux fauves aux abois dans un Berlin d'apocalypse. Et il faut dire que le grand intérêt de ce livre, bien au-delà de l’intrigue, c’est justement la plongée dans l’atmosphère de fin du monde de la capitale allemande en cette année 44. Avec ses bombardement quotidiens et ses rues entières rayées de la carte, piégeant les civils dans les caves. Et puis le marché noir, la survie au jour le jour, et ce sentiment de défaite imminente qui délie les langues, insuffle l’espoir aux citoyens hostiles au régime, et affole au contraire ses thuriféraires. Pendant ce temps, les fanatiques du IIIème Reich s'entêtent à armer des adolescents...
C’est vraiment cette ambiance délétère, très bien rendue par les deux auteurs, historiens de formation, qui m’a tenue en haleine tout au long de ce polar rondement mené, où victimes et bourreaux se confondent...


\Mots-clés : #deuxiemeguerre #polar #regimeautoritaire
par Armor
le Mer 7 Juil - 0:17
 
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Sujet: Richard Birkefeld - Göran Hachmeister
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Pierre Moinot

Attention à la peinture

Tag polar sur Des Choses à lire Attent10


Polar dans le milieu cultivé, très policé, des amateurs d’art du Paris des années cinquante, dans un style de même… académique.
« Chacun marche à la suite du peintre jusqu’où il peut aller. »


C’est sa préface aux Mémoires d’un chasseur d’Ivan Tourgueniev qui m’a conduit chez cet auteur, mais à part ce polar je n’ai pas encore pu trouver ses livres ; apparemment, devenir immortel disqualifie les œuvres d’un écrivain…


\Mots-clés : #peinture #polar
par Tristram
le Mar 8 Juin - 12:50
 
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Sujet: Pierre Moinot
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Philip Kerr

La mort, entre autres

Tag polar sur Des Choses à lire La_mor12

Quatrième parution du détective Bernhard Gunther, cette fois dans l’Allemagne dévastée de 1949. Malgré les revers d’une existence désastreuse qu’il partage avec la majorité de ses contemporains, il demeure un flic, et n’est toujours pas enclin à l’empathie pour les nazis, même ces Vestes rouges (criminels de guerre emprisonnés par les Alliés, si j’ai bien compris) que certains voudraient voir amnistiés afin que la nouvelle République Fédérale prenne un nouveau départ… Ce polar historique est notamment axé sur les réseaux d’exfiltration de criminels SS, essentiellement vers l’Argentine de Perón, et tout particulièrement dirigés par l’Église catholique…
C’est bien construit, bien écrit (malgré des maladresses de traduction, ou au moins de rédaction française), avec un rythme enlevé et des péripéties à la fois plausibles et exemplaires illustrant le drame de cette époque (c’est très bien renseigné – au moins pour un roman) ; les remarques du narrateur sonnent juste.
« Le travail du détective, c'est un peu comme entrer dans une salle de cinéma quand la projection a déjà commencé. Vous ne savez pas ce qui s'est déjà passé, vous essayez de vous repérer dans le noir et, inévitablement, vous marchez sur les pieds d'un spectateur ou vous l'empêchez de voir. Parfois, les gens vous injurient, mais en règle générale ils se contentent de soupirer ou de vous inviter bruyamment à faire silence, remuent les jambes, déplacent leurs manteaux et s'arrangent ensuite pour faire mine de vous ignorer. Poser des questions à la personne assise à côté de vous peut entraîner toutes sortes de conséquences, allant du récit complet de l'intrigue et du générique à la tape sur la bouche, d'un revers de programme roulé en tube. Bref, vous achetez votre billet, et vous tentez votre chance. »

« La guerre rend la tuerie accessible et ordinaire, en apparence. En temps de paix, elle ne l'est pas. Pas de la même manière. En temps de paix, on redoute juste que tuer quelqu'un ne laisse de vilaines saletés sur le tapis. S'inquiéter de ces vilaines saletés sur le tapis et des conséquences, c'est la seule différence véritable entre la guerre et la paix. »

« J'avais moi-même eu du mal à appréhender la chose – que nous qui formions peut-être la nation la plus civilisée qui soit sur cette terre, nous ayons pu commettre, au nom de la science médicale, des actes aussi atterrants. Difficile à comprendre, oui. Mais pas si difficile à croire. Après mes propres expériences sur le front russe, j'avais fini par croire les êtres humains capables d'un degré d'inhumanité sans limites. Il se peut que ce soit elle avant tout – notre inhumanité même – qui fasse de nous des humains. »

Situé en 1937, le prologue est également intéressant :
« Ce fut peut-être la première fois que nous l'entendîmes utiliser cette formule du Lebensraum – l'espace vital. Personne ne songea un instant que notre espace vital ne pourrait voir le jour que si d'autres trouvaient la mort. »

Kerr relate comment le service des Affaires juives de la Police de sécurité – le SD – envisageait de faire immigrer les Juifs en Palestine pour en débarrasser l’Allemagne (nous voyons toujours aujourd’hui les conséquences de cette colonisation) ; un mot de l'auteur en fin d'ouvrage précise certains de ces faits.
« Non, nous [les Affaires juives de la Gestapo] ne sommes pas seulement des fanatiques. Il y a une différence. Nous n'espérons pas que Dieu soit content de nous voir brûler la cervelle de quelqu'un. Eux [le Haut Comité arabe en Palestine], si. C'est ce qui fait d'eux des fous. »


\Mots-clés : #antisémitisme #deuxiemeguerre #historique #polar
par Tristram
le Sam 29 Mai - 19:29
 
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Sujet: Philip Kerr
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Jonathan Coe

Les Nains de la Mort

Tag polar sur Des Choses à lire Les_na10

William, le narrateur, est un jeune musicien qui galère pour percer à Londres ; il nous raconte comment il a été témoin d’un meurtre commis par deux nains, et déjà son approche narrative est intéressante dans sa façon de composer les séquences factuelles. C’est donc un polar, et matière à explorer l’univers des musiciens, comme celui de la banlieue londonienne.
De nouveau, Jonathan Coe excelle dans sa profonde capacité d’observations rendues avec humour :
« Martin était employé dans une compagnie d’assurances le jour et guitar hero la nuit. Il gagnait à peu près quatre fois plus que nous (ce qui ne représentait pas grand-chose pour autant) et tout l’argent qu’il arrivait à mettre de côté, il le consacrait à l’achat de matériel. Il avait une guitare entièrement faite main et changeait les cordes avant chaque répétition. Parfois, il les changeait même entre les morceaux. Son amplificateur, qui était plus grand que lui, avait coûté plus cher que tout le reste de notre matériel réuni. Il était pourvu d’un panneau de commande absurde, étincelant de voyants colorés et de cadrans digitaux, et impossible à brancher. Il restait en permanence dans la réserve car, même à quatre, il était inconcevable de l’emporter où que ce soit. Le conseil municipal de Lambeth aurait pu y reloger une demi-douzaine de familles défavorisées. Tout cela n’aurait pas présenté d’inconvénient si Martin avait été un bon guitariste ; mais en fait, il ne connaissait que cinq accords environ et n’avait jamais réussi à improviser le moindre solo dans sa vie. Ce qui lui manquait en matière de compétence musicale, il le compensait par un perfectionnisme technique. Lors d’un de nos concerts, il lui avait fallu trente-sept minutes pour accorder sa guitare. Avec lui, nous étions sans arrêt sur les nerfs car il suffisait d’un minuscule défaut, à peine perceptible, dans la qualité du son que nous lui fournissions pour qu’il explose dans une de ses crises de fureur. Un jour, dans un pub de Leytonstone, il y avait eu du larsen sur la voix, et il avait bondi hors de scène ; nous l’avions retrouvé un peu plus tard enfermé dans le coffre de sa voiture. Il avait les cheveux coiffés en brosse, un visage qui exprimait une grande intensité intérieure et portait toujours une cravate. Je ne l’ai jamais vu sans. »

« Attendre à un arrêt de bus le dimanche, c’est comme aller à l’église : c’est un acte de foi, la manifestation d’une croyance irrationnelle en quelque chose dont vous voulez affirmer à tout prix la réalité, bien que vous ne l’ayez jamais vu de vos yeux. »

Et le dénouement est aussi inattendu que fracassant : formellement, une belle réussite.

\Mots-clés : #humour #musique #polar #social
par Tristram
le Ven 16 Avr - 21:13
 
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Sujet: Jonathan Coe
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Daniel Pennac

La Saga Malaussène, I, Au bonheur des ogres

Tag polar sur Des Choses à lire Au_bon10

Attentats à la bombe dans un grand magasin (livre paru en 1985, mais ça choque quand même). Au centre de l’affaire, le narrateur, Benjamin Malaussène, Contrôle Technique au Magasin, Bouc Emissaire « endossant la faute originelle de la société marchande », « un saint » prenant soin de la famille, ses plus jeunes frères et sœurs, tandis que maman batifole. Quant au bouc : en épigraphe, deux citations de René Girard, Le Bouc Emissaire, livre qui m’a aussi marqué. La version Pennac, c’est cet employé qui concentre toutes les réclamations de la clientèle, évitant déboires et débours aux propriétaires de l’établissement.
« − Voyez-vous, le Bouc Emissaire n’est pas seulement celui qui, le cas échéant, paye pour les autres. Il est surtout, et avant tout, un principe d’explication, monsieur Malaussène.
(Je suis un « principe d’explication » ?)
− Il est la cause mystérieuse mais patente de tout événement inexplicable. »

Positionnement socio-politique nettement affiché (et critique), on est à Belleville, et on y vit avec des personnes de couleur et des homosexuels, assez heureux d'ailleurs. Les ogres, ce sont de vrais méchants, mais on est aussi dans l'univers du conte avec la famille Malaussène, tous des enfants, du Petit à l’aîné, Benjamin…
Quelques belles saillies entr’autres :
« Avec cette résignation à la richesse que donne la pratique séculaire des mariages efficaces. »

« Et ils rient du rire carnassier de l’ignorance, le rire féroce du mouton aux mille dents ! »

Polar plein d’esprit, de références littéraires (et à Tintin), d’amour des autres et surtout des enfants.

\Mots-clés : #famille #humour #polar
par Tristram
le Mer 31 Mar - 0:40
 
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Sujet: Daniel Pennac
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Arnaldur Indridason

Les Fils de la poussière

Tag polar sur Des Choses à lire Les_fi10

Arnaldur Indridason est un peu un Mankell islandais (au petit pied ?), commissaire Erlendur pour Wallander mais mêmes contrées nordiques exotiquement sombres et glaciales, souci de l’aspect social et vague dépit devant l’emballement des mœurs et la perte de valeurs (ce qui en France serait impossible sans être taxé de conservatisme réactionnaire).
« La photo de classe avait un sens. C’était un souvenir qu’on pouvait conserver. Aujourd’hui, plus personne ne veut rien conserver. Et quand on garde trop longtemps un objet, il devient ridicule. Il faut qu’on puisse s’en servir, s’en lasser, le jeter pour en acheter aussitôt un autre plus récent et plus utile, l’objet lui-même n’a aucune valeur. Avant, la photo de classe constituait un événement dans la vie des élèves. Aujourd’hui, on dirait qu’ils s’en fichent. Ça leur enlève du temps à passer devant leurs ordinateurs. »

L'intrigue tourne autour d'une classe de cancres devenus brillants élèves après la distribution de mystérieuses gélules d'huile de foie de morue, qui ont par la suite été exterminés par leurs addictions, psychoses et tendances suicidaires...
C’est le premier polar de la série commissaire Erlendur ; peut-être y a-t-il plus original dans les suivants, qui sait ?

\Mots-clés : #polar
par Tristram
le Ven 12 Mar - 12:49
 
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Philip Kerr

Et voilà, je l’ai refermé, ce 14ème opus des aventures de Bernie Gunther. Non sans un pincement au coeur... Bernie, c’était le compagnon de mes insomnies, de mes coups de cafards, de mes pannes de lecture. Je gardais toujours un épisode de côté, en cas de coup dur. Mais cette fois, c’était le dernier... Certes, Philip Kerr a écrit d’autres choses, mais ce que j’ai pu tenter n’avait pas la même saveur. Probablement parce que le succès de la série Bernie Gunther tient surtout à cette curieuse alchimie entre la personnalité complexe et attachante de son héros et la plongée fascinante dans les turpitudes de l’Allemagne nazie.

Et donc, parlons un peu de Metropolis…

Tag polar sur Des Choses à lire 51glgn10

Metropolis

Ce dernier tome de la série est un "préquel". Bernie Gunther, fraîchement recruté à la brigade criminelle, fait ses armes auprès d’Ernst Gennat et Bernahrd Weiss, deux authentiques légendes de la police berlinoise. Marqué par ses années de guerre et la perte de sa femme, Bernie fait déjà montre de son fameux sens de la répartie, caustique et désabusé. Mais il lui reste aussi quelques illusions, qui seront fortement mises à mal lors de cette première enquête criminelle. C'est probablement à cette occasion que se forgera sa morale toute personnelle, curieux mélange de principes indéfectibles et de déroutante souplesse...

Deux tueurs sévissent à Berlin. L’un assassine des prostituées, l’autre d’anciens combattants de 14-18 mutilés et réduits à la mendicité. Pour les autorités, seuls les meurtres des soldats ont de l’importance : cette série de crimes met en lumière la cruelle réalité de ces héros mis au rebus, symboles malgré eux d’une défaite que l’on cherche à oublier. Il convient de calmer au plus vite l’opinion publique, et l'on ordonne à la police de se concentrer sur cette seule enquête. Mais Bernie, quant à lui, est convaincu que les deux affaires sont liées…

Dans les romans de Philip Kerr, Berlin est un protagoniste à part entière. Et en cette année 1928, il part à la dérive… Les changements incessants de gouvernements, l’inflation, la perte de confiance envers les autorités, tout concourt à cette atmosphère délétère qui aboutira au triomphe d’Hitler. Les idées nazies s’affichent au grand jour, de plus en plus décomplexées. Certains journaux n’hésitent pas à attaquer ouvertement Bernhard Weiss, le très compétent chef de la police criminelle, du simple fait de sa judéité. Pendant ce temps, le Berlin interlope s’étourdit dans les fêtes et les cabarets. C’est à qui aura l’idée de spectacle la plus scabreuse… Déviances, orgies, retour de la morale se télescopent sans cesse, et la société allemande vacille sur ses bases...

Comme à chaque fois, je n’ai pas boudé mon plaisir lors de cette lecture, même si, en toute objectivité, Metropolis n’est pas le meilleur opus de la série. La conclusion de l’enquête ne m’a pas vraiment convaincue, et même si l’ambiance historique est comme toujours le point fort du roman, je le réserverais quand même aux aficionados. Par contre, je ne saurais trop recommander aux novices de tenter La trilogie berlinoise (3 romans réunis en un seul poche !), La mort, entre autres, ou encore Une douce flamme. Philip Kerr y est à son meilleur, l’humour grinçant de Bernie fait mouche, le nazisme étant ses serres sur le monde, et le lecteur est de bout en bout tenu en haleine …

Ca me fait décidément tout drôle de me dire que je n’aurai plus jamais ce petit mouvement d'excitation familier en voyant le dernier Philip Kerr sur l'étal de mon libraire. Bernie, tu vas bigrement me manquer...



\Mots-clés : #historique #polar
par Armor
le Dim 21 Fév - 1:27
 
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Laila Lalami

Tag polar sur Des Choses à lire 41tvyz10

Les autres américains

Dans cette petite ville du désert de Mojave accablée de chaleur, tous les enafnst sont allés ensemble à l’école et sont devenus adultes, au sein d’une société multiculturelle. Quand  Driss, propriétaire d’un restaurant qui a fuit le régime marocain dans les années 80, est renversé par un chauffard avec délit de fuite, tous les non-dits et secrets accumulés au sein de la famille et entre les communautés ressort, et pour quelques mois les nombreux protagonistes de cette histoire se confrontent à leur identité et  à celle des autres.

Le récit est plutôt bien mené, l’intrigue policière restant sous-jacente, et laissant pleine place aux personnages, multiples et attachants, issus de milieux rarement rencontrés dans la littérature américaine. Ils se passent le relai pour raconter l’histoire avec chacun son point de vue, une dose de tolérance à l’autre très variable, mais surtout des fêlures accumulées qui tissent les accords et désaccords.



Mots-clés : #polar #romanchoral
par topocl
le Mer 13 Jan - 16:26
 
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Craig Johnson

Tag polar sur Des Choses à lire 41ixvm10

Tout autre nom.

Voilà, j'aime bien Walt et toute son équipe et c’est toujours un plaisir de les retrouver, chacun bien typé et leurs échanges au cordeau.
Je suis ravie pour lui qu'il devienne grand-père et amusée de cette perpétuelle rivalité entre vie privée (Cadie l'attend à l'autre bout des USA pour accoucher) et vie professionnelle (4 jours de ce fait pour résoudre l’énigme qui a mis en échec tous ses prédécesseurs).

L’intrigue pour une fois, est plutôt intéressante.

Mon cœur a palpité au sein des tempêtes de neige et des troupeaux de bisons très couleur locale.

Seulement , il y a dans cet opus une apologie des armes et du surhomme (prêt à tout, épuisé mais continuant, en pleine forme malgré 5 blessures) qui commence à m'agacer. Pas l'Amérique que je préfère.


\Mots-clés : #polar
par topocl
le Dim 10 Jan - 10:41
 
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Jasper Fforde

L'affaire Jane Eyre

Tag polar sur Des Choses à lire L_affa10

Thursday Next, jeune vétéran de la guerre de Crimée (qui dure depuis 131 années en 1985), est « détective à la Brigade Littéraire du Service des Opérations Spéciales basée à Londres », qui s’occupe des faux en bibliophilie ; elle se retrouve impliquée dans la lutte contre Achéron Hadès, son ancien professeur d’anglais devenu un célèbre et dangereux maître du crime.
« Mais le chiffre d’affaires et les sommes d’argent liquide que brassait la distribution d’œuvres littéraires avaient éveillé l’intérêt du grand banditisme. Je connaissais au moins quatre LittéraTecs londoniens tombés dans l’exercice de leurs fonctions. »

L’originalité de cette fantaisie entre science-fiction uchronique, polar à suspense et métatextualité férue de littérature, c’est la survenue des personnages de fiction dans le monde réel et vice-versa ; cependant, ce monde réel n’est pas tout à fait le nôtre, plutôt un univers parallèle (et occasion de parodie, voire de satire ; on peut ainsi s’interroger sur le mystérieux Groupe Goliath qui pèse tant sur la politique internationale…)
L’enlèvement de Quaverley, personnage secondaire de Martin Chuzzlewit de Dickens, pour l’éliminer du manuscrit original, prélude celui de Jane Eyre.
« Ce n’était pas ainsi que je l’imaginais. Thornfield Hall, je le voyais plus grand et plus fastueusement meublé. Il y régnait une forte odeur d’encaustique et, à l’étage, il faisait un froid de canard. Il n’y avait pratiquement aucune lumière dans la maison ; les couloirs semblaient se fondre dans une obscurité insondable. C’était austère et peu accueillant. Je remarquai tout cela, mais par-dessus tout, je remarquai le silence ; le silence d’un monde sans machines volantes, sans circulation automobile et sans grandes métropoles. L’ère industrielle avait à peine commencé ; la planète avait atteint le tournant du C’était Mieux Avant. »

Une autre belle idée : un théâtre qui joue Richard III tous les vendredis soir avec des interprètes choisis dans le public d’afficionados ! Shakespeare est omniprésent, avec notamment l’énigme de son identité.
Exemple de trouvaille loufoque : les touristes japonais croisés dans un roman victorien.
Il est préférable de bien connaître les grands romans (anglais : Charlotte Brontë, mais aussi Austen, Milton, Carroll, etc.), leurs personnages et leurs intrigues pour goûter cette lecture pleine d’allusions, et surtout d’humour. On pourrait regretter une certaine superficialité ou puérilité, un peu trop de platitudes et clichés dans cette métafiction, mais l’imaginaire original est là.
Et je ne peux m’empêcher d’y voir une allégorie des réécritures et autres révisionnismes historiques…

\Mots-clés : #historique #humour #polar #sciencefiction #universdulivre
par Tristram
le Ven 8 Jan - 12:45
 
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Abir Mukherjee

Tag polar sur Des Choses à lire 97910311

Les princes de Sambalpur

1920. Le prince héritier de Sambalpur, qui avait appelé le duo Wyndham-Banerjee à la rescousse suite à des menaces de mort, est assassiné sous leurs yeux. Voilà qui est fâcheux, vous en conviendrez. Le coupable est prestement retrouvé, mais Wyndham suppute bien vite qu'il n'était qu'un pion sur un échiquier bien plus vaste. Pourtant, on lui ordonne de se taire : hors de question de faire des vagues alors que le Raj britannique est en plein pourparlers avec les rajahs afin d'instaurer, sur le modèle de la chambre des lords, une "chambre des princes". (En réalité, il ne s'agit là que de poudre aux yeux destinée à endiguer les velléités d'indépendance grandissantes des Indiens...) Il est donc inenvisageable que l'assassinat d'un vague prince héritier vienne perturber le cours des négociations.

Finalement, Wyndham et Banerjee sont autorisés à enquêter, mais sans mandat officiel. Les voilà partis en catimini pour le royaume de Sambalpur, petit état de l'Orissa dont les mines de diamants attisent toutes les convoitises. Leur tâche s'avère ardue, car la cour du maharadjah bruisse d'intrigues et de rumeurs, toutes plus inquiétantes les unes que les autres. Et puis, allez interroger des femmes qui respectent le purdah, et ne peuvent être questionnées qu'à travers un rideau... Le pauvre Wyndham, toujours aussi accro à l'opium et à la belle Emily (qui lui bat froid depuis qu'il a eu l'idée saugrenue de la considérer comme suspecte dans une affaire précédente), se retrouve bien démuni à Sambalpur, et nombreux seront ceux qui se joueront de lui avant que ses yeux ne se dessillent...

Eh bien, j'ai beaucoup aimé ce second opus, et cette immersion dans le monde des maharajas, curieux mélange de fastes indécents, de rites ancestraux, d'abus mais aussi de devoirs envers le peuple... En effet, si l'on a surtout retenu en Occident les caprices de princes croulants sous les diamants, la réalité était bien plus complexe. Car certains rajahs n'étaient pas si riches, et d'autres ont considérablement fait avancer les progrès techniques et l'éducation dans leurs états. Même le purdah n'était pas forcément ce que l'on croit...
Je garde quand même un faible pour le premier opus, probablement parce que le sujet des rajahs était plus "attendu". Mais ça n'enlève rien au fait que je suis d'ores et déjà accro à cette série et à l'humour so british du flegmatique Wyndham. J'attends de pied ferme les 2 tomes non traduits !
Une série décidément entrée dans mes livres bonbons. A savourer sans aucune modération.


\Mots-clés : #historique #polar
par Armor
le Dim 20 Déc - 21:20
 
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Peter May

L’île des chasseurs d’oiseaux

Tag polar sur Des Choses à lire Cvt_li10

Fin, policier tourmenté, n’est pas revenu sur son île natale depuis 18 ans quand  le meurtre de l'un de ses copains-ennemis d’enfance l’y ramène, plutôt à contre-cœur. Car l’enquête va le confronter à tout ce qu’il a voulu laisser derrière lui de son passé, qui s’avère être le terreau de ce crime pas banal.

Dans les paysages splendides de cet îlot tenu par des traditions austères, battu par les vents et les tempêtes, Fin va se confronter à l’emprise d’une enfance terrible, dénouer des liens d’amour et d’amitié entrelacés de rancœur et de haine, et comprendre ce que filiation veut dire de meilleur comme de pire.

Un poil de psychogénéalogie qui ne se nomme pas, un brin de traumatismes oubliés, pas mal de manipulation, une bonne dose de folklore écossais avec cette glaçante expédition rituelle des mâles une fois l’an sur un îlot désert pour capturer et tuer 2000 bébés fous de Bassan, voilà un roman puissant,  addictif, très chargé émotionnellement, remarquablement construit entre présent et flash-backs, entre vécu et faits réels.

Mots-clés : #polar
par topocl
le Sam 31 Oct - 17:04
 
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Andréa H. Japp

Tag polar sur Des Choses à lire 51cjps10
Le septième cercle

Découverte de cette auteur, par ce court polar.

Le lecteur XL dit sur Biblio : a écrit:Dans l'Enfer de Dante, le septième cercle, le plus concentrique, est occupé par les traîtres et les lâches.
Ann Hawk était au volant lors de l'accident qui a coûté la vie à son fils et son mari. Elle n'a pensé qu'à sa propre survie durant les quelques secondes avant l'explosion de la voiture.
Bien qu'en état de choc, elle a repris son travail dans un cabinet de conseil aux entreprises. Mais elle ressent une sorte d'urgence à agir, qui reste vague jusqu'à ce que se précisent des impressions paranormales en rapport avec le meurtre d'une journaliste d'investigation. Pour comprendre, Ann s'associe avec Richard Codrington, qui avait co-signé un des articles primés de Clara Saragan.

babelio.com


Je me permets de pomper ce résumé...
Certains lecteurs témoignent sur Biblio de leur surprise quant à la fin de ce livre, très rapidement traitée, sans délayage : mon opinion là dessus est que ce court roman se rapproche d'un scénario  clef en main, l'écriture s'en rapproche, les séquences sont pesées et toujours utiles à poser un état, un élément.

J'ai bien aimé, mais pour un prochain titre choisirai un ouvrage plus gros justement pour voir comment l'auteure donnera de l'épaisseur à son univers. Lorsqu'on découvre la bio de Andrea H.Japp , sa singularité allèche. J'ai donc traqué les scories de ces parcours professionnels dans le texte. Il y en a peu dans "Le septième cercle", je veux dire que Japp n'en fait pas son fond de commerce.
Il y a tout de même cet extrait, savoureux :

-Oui, et puis des entérocolites aussi. Il faut te dire que le savon- c'est presque de la flotte- est bourré de bactéries. certaines de ces saloperies sont plus résistantes que d'autres.


Apparemment c'est un des premiers polars écrits par l'auteur, j'imagine sans mal qu'elle aura par la suite développé avec assurance ses jalons. Pour ce livre, j'ai trouvé qu'elle décrivait bien les flux d'énergie spécifiques que l'héroïne ressent, suite à son deuil, c'est subtil.
Un petit livre bien posé, qui laisse un peu sur sa faim, je relirai l'auteure à l'avenir.
Notamment ses polars historiques donnent envie. j'ai entendu dans un extrait d'interview qu'elle ne connaissait rien à l'histoire avant de s'y lancer, ce sera donc sans doute passionnant de l'y suivre, sans nul doute passionnée.

Mots-clés : #polar
par Nadine
le Sam 31 Oct - 10:59
 
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Sujet: Andréa H. Japp
Réponses: 1
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QIU Xiaolong

Encres de Chine

Tag polar sur Des Choses à lire Encres10

Troisième polar avec l’inspecteur principal Chen, également poète et cadre du Parti, qui, plongé dans une traduction, suit de loin l’enquête sur le meurtre d’une ancienne garde rouge (mouvement étudiant utilisé puis opprimé par Mao) ayant été liée à un écrivain et traducteur victime de la Révolution culturelle.
« Peiqin avait remarqué que dans l’histoire de la littérature chinoise contemporaine, la plupart des intellectuels de formation universitaire étaient devenus traducteurs plutôt qu’écrivains, pour des raisons politiques faciles à comprendre. »

Ce livre paru en 2004 donne des vues très intéressantes sur la Chine en pleine évolution des années quatre-vingt-dix, sur la vie difficile des Shanghaïens dans de minuscules logements vétustes des années trente (tels ceux de l’architecture traditionnelle shikumen, « caractéristique de l’époque des concessions étrangères ») sans eau courante mais pot de chambre de rigueur, se nourrissant de plats cuisinés par les nombreux restaurants et petits commerces (les pousses d’oignon qui apparaissent dans différents plats sont vraisemblablement des cébettes). Ils croisent les Messieurs Gros-Sous, les nouveaux riches d’un capitalisme coexistant avec le socialisme…
« Le complexe New World serait peut-être à l’image de la Chine d’aujourd’hui, pleine de contradictions. Au-dehors, le système socialiste, sous l’autorité du Parti communiste ; à l’intérieur, le capitalisme sous toutes ses formes. La combinaison des deux pouvait-elle fonctionner ? Peut-être. Personne ne pouvait le dire, mais jusqu’à présent, cela marchait plutôt bien, malgré la tension entre les deux systèmes. Et malgré le prix à payer : l’écart toujours plus grand entre riches et pauvres. »

« Mais les autorités du Parti avaient dû se rendre compte que plus on tentait de retenir les dissidents au pays, plus on attirait l’attention sur eux à l’étranger. Une fois hors de Chine, ils cessaient d’être un centre d’intérêt, même temporaire. »

« Mais le camarade Deng Xiaoping avait sans doute eu raison d’affirmer qu’il fallait d’abord permettre à quelques Chinois de devenir riches dans la société socialiste, et qu’ensuite les richesses accumulées par eux "s’écouleraient peu à peu" vers les masses. »

(Refrain toujours repris, et aussi peu avéré, de la pseudo-théorie économique du ruissellement.)
Ces classes montantes, fortunées, élitistes, friandes de « petites secrétaires » et adeptes de la « consommation ostentatoire », ne sachant comment dépenser leur argent sont attirées par un décor rappelant « l’âge d’or » traditionnel, qui leur sert de référence culturelle ; c’est finement observé, et peut être constaté dans nombre d’autres sociétés (notamment au Moyen-Orient y compris Israël, et sans doute partout où infuse l’occidentalisme prospère).
De même j’ai retrouvé des aspects similaires et typiques des sociétés mal rétablies de l’assujettissement à un État omnipotent :
« ‒ Bah, c’est cela, un restaurant d’État, dit Gu. Bénéfices ou pas, les gens qui travaillent ici reçoivent le même salaire. Ils se fichent des désirs des clients. »

Les préoccupations chinoises ne sont pas toujours spécifiques à cette société :
« Il n’aimait pas cet aspect des réformes économiques de la Chine. Comment se débrouillaient ceux qui n’avaient ni argent ni relations ? La direction d’un hôpital aurait dû manifester un peu d’humanité. »

« Dans les années quatre-vingt-dix, des millions de paysans jugeaient impossible de rester dans leurs villages reculés, quand ils découvraient à la télévision le mode de vie des gens de la classe montante dans les villes de la côte. Malgré les efforts du gouvernement pour équilibrer le développement des villes et des campagnes, un clivage inquiétant s’était formé entre riches et pauvres, urbains et ruraux, habitants de la côte et habitants de l’intérieur des terres – conséquence des réformes économiques lancées par Deng Xiaoping dix ans plus tôt. »

« Un nouveau type de relations sociales semblait s’être développé, une sorte de toile d’araignée dont les fils reliaient les personnes en fonction de leurs intérêts. Chaque fil était dépendant des autres. »

L’évocation de Le Docteur Jivago de Boris Pasternak a aussi été développée par Qiu Xiaolong dans sa nouvelle La Bonne Fortune de Monsieur Ma : c’est l’histoire d’un petit libraire condamné à trente ans de prison pour avoir en rayon ce roman.
Ce livre m'a intéressé, et si la suite de la série "inspecteur Chen" me déçoit, je me pencherai sur les nouvelles de la Cité rouge.

Mots-clés : #historique #polar #politique #regimeautoritaire #revolutionculturelle #social
par Tristram
le Mer 30 Sep - 16:49
 
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Henning Mankell

Le retour du professeur de danse

Tag polar sur Des Choses à lire Le_ret10

Ce n’est exceptionnellement pas une enquête du commissaire Wallander, peut-être parce que Mankell n’a pas voulu affliger son personnage habituel d’un cancer de la langue. Ce dernier est une des causes de l’angoisse d’un policier s’intéressant au cas d’un ancien collègue, qui fut massacré et se révèle être un ancien nazi… Dans une Suède où le nazisme a encore des adeptes ‒ et ce n’est pas le seul pays concerné…
« Il se trouve que les nazis étaient allemands. Mais personne ne me fera croire que ce qui est arrivé ici n’aurait pas pu se produire en Angleterre. Ou en France. Ou, pourquoi pas, aux États-Unis. »

Il semble que la fameuse neutralité suédoise pendant la Seconde Guerre mondiale fut assez complaisante.
« Il y a toujours eu dans ce pays des personnes qui me respectaient à cause de mon courage. Des personnes qui partagent mes convictions, mais qui, pour différentes raisons, préfèrent ne pas se faire connaître. »

Sinon c’est très flic : en congé maladie, Stefan va s’immiscer dans l’enquête de confrères d'une autre région (ah ! si les autres fonctionnaires, pour le même salaire de misère, se jetaient de même sur le travail !) Il a la vie dure et encore de belles heures devant lui, le topos du policier sous-payé qui ne compte pas ses heures par conviction professionnelle !
Les fascistes sont aussi, comme souvent, décrits de façon caricaturale et peu convaincante ‒ mais peut-être sont-ils vraiment ainsi ?!
Ce roman (assez long) n’est pas le meilleur de Mankell (et il y a beaucoup d’invraisemblances), mais j’ai trouvé fort significative cette remarque :
« Stefan devina qu’il cherchait une réponse à la question que les policiers se posaient encore et encore, toujours la même. Qu’est-ce que je ne vois pas ? »

Deuxième couche :
« Mais je crois qu’il est temps de faire machine arrière. À un moment donné, on a vu quelque chose. Mais on n’a pas compris. »


Mots-clés : #deuxiemeguerre #polar
par Tristram
le Mer 9 Sep - 0:15
 
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Benoit Vitkine

Donbass

Tag polar sur Des Choses à lire Extern58

On est à deux pas de la ligne de front entre les légitimistes ukrainiens et les séparatistes soutenus par Poutine ; un lieu où petit-fils et grand-mère échangent ainsi :
-D’où vient ce bruit, Sacha (…)
-Ce n’est rien, baboulia, c’est la guerre qui recommence.
-Ah, très bien dit-elle d’un ton étrangement satisfait, je vais faire du thé. »
Rôdent aussi de sombres fantômes rapports par els soldats qui ont fait la guerre en Afghanistan, quelques décennies plus tôt.

Pour Henrik, le chef de la police désabusé et la population qui ne demande qu’une chose, qu’on la laisse enfin tranquille, le corps d‘un enfant cruellement assassiné rappelle que certaines choses ont encore un sens…

C‘est l’occasion d’un tour d’horizon – effroyable - sur les traumatismes, les petites compromissions et les grandes corruptions d’une région du monde dévastée par le conflit dans l’indifférence générale. L’enquête est pleine de surprises, les personnages ont du sens, le  chef de la police torturé à souhait : je n’ai pas lâché cette histoire d’une semelle et j’en suis  sortie meurtrie : quel monde terrible...

Mots-clés : #guerre #polar #violence
par topocl
le Dim 6 Sep - 10:48
 
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Sujet: Benoit Vitkine
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Valerio Varesi

Valerio Varesi, Or, encens et poussière

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Auto-exergue !?
« Et lui, défiant son Minotaure, noyé dans un brouillard aux improbables couleurs de foire. »

Incipit :
« Parme était sous un brouillard ouaté. »

Le ton est donc donné : vaste carambolage sur une autoroute dans le brouillard, taureaux et autre bétail errant, un campement tsigane dans une décharge, le commissaire Soneri et, ah oui, un corps assassiné… On parlera beaucoup des Roumain(e)s, thème d’actualité (paru en 2007 en Italie).
« ‒ Nos lois sont écrites et sont liées à un territoire. Les Tsiganes n’en ont pas, expliqua Angela. »

Le Dottore guette les coïncidences dans la ville qu’il regrette d’avoir vu basculer, défigurée, de populaire à hypocrite. Beaucoup de péripéties, situations et personnages prometteurs, comme le marquis déchu, Sbarazza, qui a coutume de terminer les assiettes des femmes qui lui plaisent après qu’elles aient quitté leur table au restaurant…
Question cuisine, on se contentera de quelques noms, comme la culaccia, succulente partie charnue du jambon, les anolini (pâtes farcies au parmesan servies dans un bouillon de viande), grana et torta fritta (pâte frite dans le saindoux) ‒ le tout parmigianino, bien sûr…
… Et question philosophie, on ne quitte pas le comptoir :
« ‒ Les pauvres ont trop d’emmerdes pour s’émouvoir devant la mort, et les riches ont la trouille d’y penser. »

« ‒ Dans ce monde, les ivrognes disent plus souvent la vérité que les gens qui ne boivent pas. »


Mots-clés : #polar
par Tristram
le Sam 8 Aoû - 21:03
 
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P. D. James

Par action et par omission

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L'inspecteur Adam Dalgliesh de Scotland Yard est venu à Larksoken, un cap sur la côte du Norfolk, pour estimer le moulin que sa tante qui vient de mourir lui a légué. Il est en vacances ; mais le Siffleur, un étrangleur de jeunes femmes, sévit dans les parages, où y a aussi une centrale nucléaire, et d’autres personnages…
« Mais quand la nuit tombe et que nous sommes assis auprès du feu, je l'imagine dehors dans le noir, qui guette et qui attend. C'est plutôt cette impression de menace invisible, inconnaissable qui est si inquiétante. C'est un peu l'effet que me produit la centrale : une force dangereuse, imprévisible, que je ne peux ni contrôler ni même comprendre. »

P. D. James est prodigue en considérations souvent originales, pertinentes et désabusées sur la société, les gens…
« Heureusement, l'échec conjugal avait été atténué par la richesse bien connue de l'amant. Il se rendait compte que pour une société matérialiste, perdre une épouse enlevée par un milliardaire était à peine une défaite. »

« Nous avons besoin, tous autant que nous sommes, d'être maîtres de nos vies et nous les réduisons jusqu'à ce qu'elles soient assez petites et minables pour nous en sentir maîtres. »

« La vie a toujours été peu satisfaisante pour la plupart des gens, la plupart du temps. Le monde n'est pas fait pour notre satisfaction. »

… et tout particulièrement sur la vieillesse :
« Il se dit que c'étaient les vieillards qui faisaient notre passé. Quand ils partent, il semble pendant un moment que ni ce passé ni nous n'avons plus d'existence réelle. »

« Mais à quatre-vingts ans, peut-être le principal était-il l'habitude, le corps détaché du sexe, l'esprit détaché des conjectures, les petites choses de la vie devenues plus importantes que les grandes et finalement la lente réalisation que rien n'avait aucune importance. »

Elle a un regard et une langue acérés :
« Cette subordination périnatale [de l’homme à la femme] née de la dépendance physique était trop enracinée pour être totalement éradiquée. »

Les personnages secondaires peuvent être fort piquants, tel Jonah le chemineau…
« Les lois de la route sont peu nombreuses et simples, mais impératives. Je vous les recommande. Le ventre libre, un bain par semaine, laine ou coton sur la peau, cuir aux pieds. »

« Ce bastion de ciment au bord d'une mer polluée déchaînera peut-être les ténèbres finales. Sinon ce sera quelque autre folie de l'homme. Il vient un moment où tout savant et Dieu même sont obligés de mettre fin à une expérience manquée. Ah, je vois un certain soulagement sur votre visage. Vous vous dites : “ Bon, il est fou, ce chemineau. Plus besoin de le prendre au sérieux. ” »

…ou la savoureuse scène d’interrogatoire du couple Jago, tenanciers du Local Hero. Je pense que la version originale doit être plus spirituelle encore, et d’ailleurs la traduction paraît parfois insuffisante ; le phrasé de P. D. James doit être difficile à restituer en français, et par moments le rendu est un peu confus.
Au total, je ressens ce roman comme inégal. Je ne sais pas s’il faut compter comme défauts certaines incohérences, qui se révéleront significatives plus tard…
Spoiler:
Le comportement d’espionne de Caroline, et Hilary si certaine d’être épousée par Alex…

Il m’a donc peut-être moins plu que d’autres de P. D. James ; extraits de bons souvenirs de lecture :
« La police − des agents de la Special Branch, elle en était sûre, − leur avaient demandé s’ils pouvaient utiliser leur salle de séjour pour prendre de photos par la fenêtre.
"Nous y avons consenti, bien sûr, et ils se sont montrés fort aimables. Mais, au fond de moi, j’étais un peu gênée. J’avais droit de leur dire : "Ce sont des sujets britanniques. Ils ont le droit de manifester s’ils en ont envie. Si vous voulez les photographier, pourquoi ne le faites-vous pas ouvertement dans la rue ?" Mais je me suis tue. Et puis, d’une certaine manière, c’était assez amusant. Nous avions l’impression de jouer aux espions, d’être "au parfum". D’ailleurs, ce n’était pas vraiment à nous de protester. Ils savent ce qu’ils font. Et ce n’est jamais bon de se mettre ces gens-là à dos.
Il s’était dit alors, comme il se le disait maintenant, que cette attitude résumait bien celle de tous les libéraux du monde entier : Ils savent ce qu’ils font. Et ce n’est jamais bon de se mettre ces gens-là à dos. »
« Un certain goût pour la mort », Cinquième partie, 1

« La mort est comme la naissance, pénible, malpropre, sans dignité. La plupart du temps en tout cas. Et c’est peut-être tout aussi bien, songea-t-elle. Ça nous rappelle que nous sommes des animaux. On s’en tirerait peut-être mieux si on essayait de se comporter un peu plus comme des animaux et un peu moins comme des dieux. »
« Meurtres en soutane », Livre III, 2

« Elle avait toujours eu le sentiment que ceux qui venaient s’installer durablement sur l’île fuyaient quelque chose, même si les griefs figurant sur sa liste personnelle étaient trop courants parmi les esprits chagrins de sa propre génération pour mériter qu’on s’y attarde : le bruit, les téléphones portables, le vandalisme, la violence et l’ivrognerie, le politiquement correct, la langue de bois et les attaques contre la méritocratie, rebaptisée élitisme. »
« Le Phare », Livre un, 1

Dans l’intéressant Il serait temps d'être sérieuse… P. D. James donne le fruit de ses réflexions sur l’existence, l’écriture (notamment du polar), mais aussi la société :
« Peut-être toutes ces raisons [pour écrire dans un journal intime] sont-elles subordonnées au besoin de piéger le temps, d’exercer une toute petite maîtrise sur ce qui nous maîtrise si bien, de nous assurer que le passé peut être réel, tout comme l’avenir peut contenir la promesse de la réalité. J’écris, donc je suis. »
« Et le passé n’est pas immobile. On ne peut le revivre que par la mémoire ; or celle-ci est faite aussi bien pour oublier que pour rappeler. Elle non plus n’est pas immuable. Elle redécouvre, réinvente, réorganise. Comme un passage de prose qui peut être révisé et reponctué. Dans cette mesure, toute autobiographie est une œuvre de fiction et toute œuvre de fiction est une autobiographie. »
« Il serait temps d'être sérieuse… », Prologue


Mots-clés : #polar
par Tristram
le Mer 22 Juil - 21:41
 
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Leonardo Padura Fuentes

Adiós Hemingway

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Dans le parc de la Finca Vigía, résidence d’Hemingway près de la Havane depuis transformée en musée, sont retrouvés les restes d’un homme assassiné et une plaque du FBI. Mario Conde, ex-policier reconverti au commerce des livres anciens et admirateur d’Hemingway s’essayant à l’écriture, enquête.
De même que L’Homme qui aimait les chiens tourne autour de Trotski, ce roman gravite (sans surprise) autour d’Hemingway ‒ encore une personnalité ambivalente. Padura comme le Conde sont fort partagés entre l’écrivain, le « Papa » généreux avec les Cubains, et le machiste violent, injuste en amitié.
En début du fil d’Hemingway, Chamaco a placé une vidéo de la Vigía à Cojímar et un article où Padura déclare :
« La lecture de Hemingway a fait de moi un écrivain. Je l'ai admiré, infiniment. Mais j'ai découvert sa part d'ombre. Et j'ai écrit Adiós Hemingway pour régler mes comptes avec lui. »

Il n’est pas question pour moi de trancher sur le cas Hemingway, légende qui traîne de rédhibitoires casseroles de nos jours, surtout sur la foi d’un roman forcément peu objectif ‒ ce qui a beaucoup retiré d’intérêt à sa lecture.
D’après Padura, Hemingway ne s’était pas intéressé aux écrivains cubains :
« Au bout du compte, on pouvait vivre à Cuba sans avoir lu ses auteurs et on pouvait même, sans jamais les lire, accéder à la présidence de la République. »


Mots-clés : #polar
par Tristram
le Mar 7 Juil - 13:04
 
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Leonardo Padura Fuentes

Les brumes du passé

Tag polar sur Des Choses à lire Padura10
Titre original: La neblina del ayer. Roman, paru en 2005, 335 pages environ.

Polar juteux pour lequel Padura utilise à nouveau, à ce qu'il semble, le personnage de Mario Conde (que je découvre pour ma part).
Mario Conde est un ancien policier démissionnaire, la quarantaine approchant la cinquantaine, reconverti dans la chasse aux livres aux fins de revente, mais aussi par amour des livres, l'intérêt en termes lucratifs ne se substituant pas toujours à l'intérêt, celui qui donne sens.
Pour sa bonne ou mauvaise fortune - lui-même n'aurait su le préciser - son départ de la police et son entrée dans le monde du commerce avaient coïncidé avec l'annonce officielle de l'arrivée de la Crise dans l'île, cette Crise galopante qui allait bientôt faire pâlir toutes les précédentes, toujours les mêmes, les éternelles, parmi lesquelles le Conde et ses compatriotes s'étaient promenés pendant des dizaines d'années, périodes récurrentes de pénuries qui commençaient à se ressembler, à cause de la comparaison inévitable et de la mauvaise mémoire, à des temps paradisiaques ou à de simples crises sans nom n'ayant pas droit, de ce fait, à la terrible personnification d'une majuscule.


Donc notre Mario Conde pratique le porte-à-porte, en pleine disette quant à la pêche aux livres qui peuvent rapporter à la revente, toque à une énième porte d'une maison de grande allure mais fort délabrée, sans le moindre espoir.  
Accueilli par un frère et une sœur, âgés, qui gardent-là leur maman, selon eux très âgée et folle.

Visiblement tous deux sont sans ressources et affamés. Ils ouvrent à Conde la porte de la bibliothèque, condamnée et intacte (hormis son dépoussiérage hebdomadaire, tranche des livres comprise) depuis quarante ans.

Un trésor bibliophile, sans doute la plus extraordinaire bibliothèque de Cuba, celle de la haute famille des Montes de Oca, lignée de dignitaires disparus sans descendance, le dernier dans un accident de la route en Floride où il venait de s'installer, fuyant le régime castriste post-Batista (bien qu'il entretenait de très mauvais rapports avec Batista).

Mais, tout en entreprenant petit à petit de vendre ces livres avec l'accord du frère et de la sœur, qui s'y résolvent en dépit d'un interdit formel, une promesse de leur mère, c'est bien autre chose que Conde découvre: une piste consistant en une feuille glissée dans un livre, menant à une voix extraordinaire, celle de la chanteuse de boléro disparue et oubliée Violeta del Río...

Très bien bâti, tenant en haleine (même si on devine peut-être un peu trop tôt l'assassin), écriture vive sans être foisonnante, les codes du polar sont là.

S'y greffent un panorama de la réalité de l'île au début du XXIème siècle, bien des références littéraires et bibliophiles cubaines passionnantes (sujet oblige), une peinture sociale et sociétale des années de la dictature castriste puis du monde d'après celle-ci, ainsi que de la fin du Cuba des années Batista, et, pour ne pas que cette culture-là, de premier plan dans l'île, soit en reste, de la musique cubaine de la seconde moitié du XXème.  

On s'y délecte d'un bel humour de dignité dans la misère, l'interdit et les fléaux, prouesse qui me fait penser, avec Georges Duhamel, que l'humour est la politesse du désespoir. Le tout enrobé de chaleur moite caraïbe.

J'ai passé plus de soixante ans à jouer dans tous les orchestres qui se présentaient, à lever le coude dans tous les bars de La Havane, à baiser jusqu'à l'aube sept jours sur sept, alors vous imaginez combien de gens du spectacle j'ai connus ?
Depuis les années 20, La Havane était la ville de la musique, de la jouissance à n'importe quelle heure, de l'alcool à tous les coins de rue et ça faisait vivre beaucoup de gens, non seulement des maestros comme moi, car tel que vous me voyez, j'ai passé sept ans au conservatoire et j'ai joué dans l'orchestre philharmonique de La Havane, mais aussi tous ceux qui voulaient gagner leur vie en faisant de la musique et avaient les couilles pour s'accrocher...
Après, dans les années 30 et 40, c'est devenu l'époque des salles de bal, des clubs sociaux et des premiers grands cabarets avec casinos de jeux, le Tropicana, le Sans Souci, le Montmartre, le Nacional, le Parisién et tous les petits cabarets de la plage où mon copain El Chori était le roi.
Mais dans les années 50, ça s'est multiplié par dix, parce que de nouveaux hôtels ont ouvert, tous avec des cabarets, et les night-clubs sont devenus à la mode; je ne sais pas combien il y en avait dans le Vedado, à Miramar, à Marianao et là, il n'y avait plus de place pour les grands orchestres, seulement pour un piano ou une guitare et une voix. C'était l'époque des gens du feeling et des chanteuses de boléros sentimentaux, comme je les appelais. C'étaient vraiment des femmes singulières, elles chantaient avec l'envie de chanter et elles le faisaient avec leurs tripes, elles vivaient les paroles de leurs chansons et cela donnait de l'émotion pure, oui, de l'émotion pure.
Violeta del Río était l'une d'elles...
[...]
On m'a dit que très souvent elle se mettait à chanter pour chanter, pour le plaisir, toujours des boléros bien doux, mais elle les chantait avec un air de mépris, comme ça, presque agressive, comme si elle te racontait des choses de sa propre vie.
Elle avait un timbre un peu rauque, de femme mûre qui a beaucoup bu dans sa vie (NB: elle avait 18-19 ans), elle n'élevait jamais trop la voix, elle disait presque les boléros plus qu'elle ne les chantait et dès qu'elle se lançait les gens se taisaient, ils en oubliaient leurs verres, parce qu'elle avait quelque chose d'une sorcière qui hypnotisait tout le monde, les hommes et les femmes, les souteneurs et les putains, les ivrognes et les drogués, car ses boléros elle en faisait un drame et pas n'importe quelle chanson, je te l'ai déjà dit, comme si c'étaient des choses de sa propre vie qu'elle racontait là, devant tout le monde.
  Cette nuit-là j'en suis resté baba, j'en ai même oublié Vivi Verdura, une grande pute qui mesurait au moins six pieds, que j'avais dans la peau et qui m'a piqué mes consommations. Et pendant l'heure et quelque, ou les deux heures, je ne sais plus, où Violeta a chanté, c'était comme marcher loin du monde ou très près, aussi près que d'être là devant cette femme, sans jamais vouloir en sortir...    
     


Merci à Chamaco  Tag polar sur Des Choses à lire 1252659054 , si d'aventure il passe par cette page, pour l'excellente adresse Padura !

Mots-clés : #amitié #historique #insularite #polar #universdulivre #xxesiecle
par Aventin
le Dim 5 Juil - 16:48
 
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Sujet: Leonardo Padura Fuentes
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