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Léo Malet

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Message par Tristram Sam 27 Juin - 0:29

Léo Malet
(1909 - 1996)

polar - Léo Malet Lzoo_m10
Léon Malet, dit Léo Malet, né le 7 mars 1909 à Montpellier et mort le 3 mars 1996 à Châtillon-sous-Bagneux, est un écrivain et poète français, auteur de nombreux romans policiers, dont la série ayant pour héros Nestor Burma, « détective de choc ».
Très jeune, il perd ses parents et son frère, morts de la tuberculose, et est recueilli par ses grands-parents, les Refreger. Omer est un tonnelier passionné de littérature et admirateur de Jaurès.
Après son certificat d'études, il travaille dans une banque, tout en vendant Le Libertaire, ce qui lui vaut d'être licencié.
Il entre en rapport avec l’anarchiste André Colomer, qui vient de fonder L'Insurgé, et l’héberge lorsqu’il monte à Paris en 1925. Chansonnier au cabaret La Vache enragée à Montmartre, il exerce ensuite différents petits métiers : employé de bureau, manœuvre, journaliste occasionnel, nègre d’un maître-chanteur analphabète, gérant de magasin de mode, figurant de cinéma, laveur de bouteilles, plâtrier, crieur de journaux, emballeur (chez Hachette).
Au printemps 1926, il passe deux mois à la prison pour mineurs de la Petite Roquette pour vagabondage. De retour à Montpellier, il dépose sa candidature aux élections législatives françaises de 1928 comme candidat antiparlementaire, avec comme consigne « Ne votez pas ».
La même année, il remonte à Paris et rencontre Paulette Doucet, qui devient immédiatement sa compagne.
Au début des années 1930, inspiré par les deux manifestes du surréalisme, il écrit des textes automatiques et les envoie à André Breton.
Lié au groupe surréaliste de 1931 à 1949, il écrit de la poésie et fréquente outre Breton, Bataille, Dalí et Magritte.
De nombreux surréalistes étant alors proches du trotskisme, il milite avec Benjamin Péret au parti ouvrier internationaliste, de 1936 à 1939.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est arrêté et accusé de faire partie d'un « complot surréalo-trotskyste », emprisonné à la prison de Rennes, puis transféré au stalag X-B à Sandbostel entre Brême et Hambourg jusqu'en mai 1941.
Dès son retour de captivité, il se met à écrire des romans policiers en adoptant d'emblée l'écriture à la première personne, inspiré par « La Moisson rouge de Dashiell Hammett et L'Adieu aux armes d'Hemingway ». Il publie sous divers pseudonymes ses premiers polars, « faux policiers américains ».
C'est en 1943 que Léo Malet publie 120, rue de la Gare, qui met en scène le détective privé Nestor Burma pour la première fois, et connaît le succès.
En 1948, il commence à écrire ce qui deviendra la Trilogie noire, inspiré par J'irai cracher sur vos tombes, de Vian-Sullivan, et relativement autobiographique.
En 1954, utilisant toujours le personnage de Nestor Burma, il commence la série des Nouveaux Mystères de Paris, dont chaque énigme a pour décor un arrondissement de la capitale.

Œuvre :

(Wikipédia et Universalis remaniés)

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Message par Tristram Sam 27 Juin - 0:44

120, Rue de la Gare

polar - Léo Malet 120_ru10


Pendant l’Occupation, entre Lyon et Paris, « Dynamite Burma », de retour du stalag, enquête sur un mystérieux personnage mort sous ses yeux… de fièvre.
Premier polar signé Malet, première apparition de Nestor Burma, c’est peut-être le premier roman noir français, type "dur-à-cuire".
En fait, Burma n’est pas tant hard-boiled qu’une personnalisation de l’enquêteur envers et contre tout, aussi tenace qu’intuitif. Et il manie avec bonheur l’imparfait du subjonctif.
Dans le prolongement de l’œuvre de Simenon, celle de Malet est également caractérisée par la prépondérance de l’atmosphère.
On trouve déjà le journaliste Marc Covet, l'inspecteur Florimond Faroux, sa secrétaire Hélène Chatelain, familiers qui apparaîtrons aussi dans les aventures suivantes.
J’ai un souvenir ému d’avoir découvert l’auteur et le personnage par quelques volumes de Les Nouveaux Mystères de Paris dans une bibliothèque en Afrique ; je connaissais assez (peu) la capitale pour que l’évocation de ses quartiers m’ait été précieuse.

Mots-clés : #deuxiemeguerre #polar

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Message par Bédoulène Sam 27 Juin - 8:00

merci Tristram (lecture si lointaine)

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Message par Armor Jeu 2 Juil - 20:06

Je ne l'ai jamais lu ! Ca pourrait pourtant me plaire, je pense.

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Message par Tristram Jeu 2 Juil - 20:59

Tentes, tu diras ! Et puis ce n'est pas long...

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Message par nunu Jeu 2 Juil - 22:40

Les Nouveaux Mysteres de sont la quintessence du roman policier francais. 15 volumes ou il n'y a rien a jeter ou presque. J'essaye de les retrouver tous mais certains sont difficiles a avoir pas trop cher spécialement Corrida aux Champs Elysées. J'ai reussi a en retrouver 12 pour le moment.

A noter que si 120 Rue de la Gare est la premiere aventure de Burma écrite et publié, ce n'est pas chronologiquement la premiere aventure de Burma. Je crois que c'est Gros Plan du Macchabée qui se passe avant la guerre et avant la création de son agence

A mon sens il ya 3 époque de Burma, une époque pré Nouveaux Mysteres de Paris, les Nouveaux Mysteres de Paris et la période Postérieure au Nouveaux Mysteres de Paris

Burma comme Malet (il y a beaucoup de Malet dans Burma) c'est une langue populaire avec de l'imparfait du subjonctif dedans.

nunu

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Message par Armor Jeu 2 Juil - 22:54

Si ça n'est pas tentant, ça... Very Happy

(Corrida aux Champs Elysées est disponible sur Rakuten pour pas trop cher. Very Happy )

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Message par nunu Jeu 2 Juil - 23:04

Je n'achètes pas mes livres ailleurs qu'en librairie. Chez moi la librairie c'est sacré.

nunu

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Message par Armor Ven 3 Juil - 0:10

nunu a écrit:Je n'achètes pas mes livres ailleurs qu'en librairie. Chez moi la librairie c'est sacré.

Je comprends très bien, j'achète mes livres neufs quasi exclusivement chez les libraires indépendants. Pour l'occasion par contre, trouvant rarement ce que je cherche dans ma ville, j'apprécie Rakuten, on y trouve des particuliers comme des bouquinistes et des libraires professionnels.

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Message par Bédoulène Ven 3 Juil - 17:15

Et quand on ne dispose que d'un petit budget c'est soit l'occasion, soit les médiathèques (mais pas toujours à nous fournir ce que l'on désire)

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Message par nunu Ven 3 Juil - 17:39

Bédoulène a écrit: soit les médiathèques (mais pas toujours à nous fournir ce que l'on désire)

Ah ca je te confirme qu'a la médiatheque ou je bosse on a pas les Leo Malet

nunu

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Message par ArenSor Lun 23 Aoû - 17:50

Brouillard au pont de Tolbiac, 1956

polar - Léo Malet Brouil10

J’ai eu plusieurs rendez-vous manqués avec le sieur Burma. Le livre me tombait des mains au bout de quelques phrases ; probablement pas le bon moment…
Cette fois-ci, j’ai beaucoup apprécié. La personnalité de ce privé m’a plu, malgré son comportement machiste qui peut agacer. Pour compenser, il fait preuve d’humour et d’autodérision. J’ai aimé l’emploi de l’argot et surtout cette atmosphère cotonneuse, glauque, d’un 13e arrondissement des années 50, déshérité et où trainent encore pas mal de « biftires » (chiffonniers). On a envie d’aller sur place reconnaître les lieux, mais ils ont bien changé depuis… C’est d’ailleurs une des raisons qui font que Léo Malet n’a pas poursuivi ses enquêtes dans tous les arrondissements, comme prévu au départ. Quant à l’intrigue, assez bien ficelée, elle répond aux lois du genre. On peut regretter parfois un certain manque de finesse, notamment pour le dernier chapitre.

« Ce qu’il y a d’emmerdant, avec les emmerdeurs, c’est qu’on ne peut pas toujours les empêcher de vous emmerder. »

« Le vent soufflait en rafales, gémissant dans les branches squelettiques des arbres plantés dans le jardinet précédant la clinique d’accouchement. Ca ne devait pas être agréable d’accoucher au son de cette lugubre musique. Je ne me voyais pas en train d’accoucher au son de cette lugubre musique. Mais, nom de Dieu ! je ne me voyais pas en train d’accoucher du tout. Pour qui je me prenais ? Pour Grace Kelly ? »
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Message par Bédoulène Lun 23 Aoû - 19:36

merci Arensor, ça donne envie d' y revenir

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Message par Pinky Mar 20 Sep - 13:59

Nestor Burma contre CQFD

polar - Léo Malet Cvt_cv11


Mon premier Nestor Burma. J’avais oublié mes Agatha Christie en partant en vacances ...

L’action se passe en 1942, essentiellement à Paris au milieu des alertes.  L’action est si complexe que je suis incapable de la résumer  vraiment : un casse de train chargé d’or et des lingots cachés, une officine de chantage. L’important c’est l’ambiance et une langue où l’argot et les comparaisons les plus imagées abondent. J’y ai fait connaissance avec les personnages récurrents ; Florimond Faroux, le flic sympa, Marc Covet, le journaliste, Hélène Chatelain, la secrétaire et j'ai apprécié.

« Fred est le seul barman à lunettes que je connaisse. Il fait intellectuel inoffensif. Les cocktails qu’il fabrique ne le sont pas.
………….
(Fred) Je vais te dire. J’étais là en train de faire des comptes sur un de ses bouts de carton…tu m’excuseras mais le papier est rare…Donc, j’étais là comme à présent, crayon aux poignes, une veine d’ailleurs, tu saisiras pourquoi…Je vois entrer ce gars-là, je me dis ; on est bonnards. Il n’était pas de ceux que j’ai l’habitude  d’arroser et, pour un jour « sans »…ça sentait plutôt la distillerie. Il s’approche, je lui dis « Pas besoin de montrer votre carte, je vois d’où vous venez. « A ce moment, il fait une gueule ! mais une gueule ! J’ai cru qu’il allait tourner de l’œil ! et puis, il prend une carte,  la retourne et me dit : « A propos, vous en avez beaucoup de ce genre ? »


« J’utilisai un taxiphone et pris rendez-vous avec mon correspondant, un nommé Coco Veste-de-Cuir, à qui on aurait fait l’aumône – il l’aurait  accepté d’ailleurs – tellement il marquait vestimentairement mal. Ça ne l’empêchait pas d’être un très habile trafiquant en métaux précieux et posséder un joli compte dans une banque en Suisse."
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Message par Tristram Mar 20 Sep - 17:00

Connais pas celui-là ! Donne envie d'y revenir, au Malet...

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Message par Armor Jeu 22 Sep - 10:57

Je n'ai jamais lu l'auteur, il faudra que je tente !

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Message par Pinky Jeu 22 Sep - 19:14

Oui, ça vaut le coup d'essayer. Je pensais que ça ne me plairait pas et j'y ai très vite pris plaisir. Tu nous diras si tu tentes ce que tu en penses
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Message par Pinky Dim 25 Sep - 19:45

Le cinquième procédé

polar - Léo Malet 41sywc10

On apprend au fil de l'intrigue, ce qu'est ce cinquième procédé après avoir été baladé par l'auteur. Un certain Beaucher demande à Burma de récupérer des lettres d'amour compromettantes dans la maison de Jackie Lamour, une superbe danseuse de cabaret. A partir de là, les faits et les cadavres s'enchaînent dans une France coupée en deux à la veille du débarquement américain à Alger puis juste après, en 1942. Comme dans Nestor Burma contre CQFD, l'atmosphère de la France occupée accentue le climat sombre du livre, faisant circuler notre héros entre Paris et Marseille, en zone libre. Malet a toujours le sens de la formule et sous ses dehors machiste version dragueur, Burma n'est jamais complaisant avec lui-même.

Le décor est planté :
« Jackie Lamour -cet amour de Jackie Lamour- était quelqu’un qui valait le voyage.
J’avais d’ailleurs fait celui de Paris-Marseille presque exclusivement pour me rendre compte de l’intensité de son sex-appeal. Car, c’est dans cette ville, au Cabaret du Merle, rue Vacon, qu’en ce temps-là Jackie Lamour déchaînait l’enthousiasme d’un parterre de « repliés »….elle dansait devant un rideau noir, les bras et le tronc moulés dans un maillot sombre, ne laissant apparaître et s’agiter que les jambes et la tête. Dans le genre, femme coupée en morceaux, c’était réussi et ça faisait même un drôle d’effet. Mais on ne se lassait pas de contempler les jambes de Jackie parce que ça, pour être des jambes, ç’en étaient. »

« Ce fut lorsque, sous la menace de mon revolver, elle les éleva au-dessus de sa tête, en un correct et photogénique haut les mains et que, dans le mouvement, les vastes manches de son vêtement d’intérieur glissèrent jusqu’à ses épaules.
Ces bras parfumés, d’une carnation troublante, d’un modèle gracieux étaient assurément sans rivaux. Un détail, toutefois, déparait le gauche.
A dix centimètres du coude, une cicatrice était visible, qui n’avait pu être occasionnée par le jet de fleurs d’un admirateur.. J’en jugeai rapidement car je n’avais pas le loisir de m’éterniser, mais cela ressemblait fort à la trace d’une ancienne blessures par arme à feu. »

Et on suivra Jackie Lamour tout au long du livre, par éclipses successives. Je n’en dis pas plus
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Message par Tristram Dim 25 Sep - 19:55

C'est tout vu, j'y retourne (bientôt).

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Message par Tristram Mer 5 Oct - 12:22

Brouillard au pont de Tolbiac

polar - Léo Malet Brouil10

Nestor Burma a reçu l’appel d’un certain Abel Benoit hospitalisé à la Salpêtrière, qui dit le connaître ; lorsqu’il arrive, l’homme est mort de ses blessures, et se révèle être Albert Lenantais, une relation de Nestor adolescent. C’est l’occasion d’une plongée dans le passé de Nestor (et Léo), lorsqu’il était réfugié parmi les libertaires du Foyer végétalien du XIIIe en 1927 (à l’époque, c’étaient les anarchistes qui ne mangeaient que des légumes, et proscrivaient alcool et tabac). Dans l’édition que j’ai lue, ce milieu est documenté par une préface de Francis Lacassin et deux chapitres d’À nous deux, Patrie !, d’André Colomer, « théoricien lyrique de la violence, individualiste exacerbé », journaliste dressé contre Dieu, la guerre, la patrie et la révolution…
Benoit-Lenantais était devenu « un vieux cordonnier-chiffonnier », « Chiftir et bouif », et c’est l’opportunité de pénétrer cette fois dans le milieu de la chiffe, dans ce misérable quartier depuis disparu.
« À ce stade de notre décevante tournée, nous nous trouvions rue des Cinq-Diamants. Le XIIIe arrondissement fourmille de rues aux noms charmants et pittoresques, en général mensongers. Rue des Cinq-Diamants, il n’y a pas de diamants ; rue du Château-des-Rentiers, il y a surtout l’Asile Nicolas-Flamel ; rue des Terres-au-Curé, je n’ai pas vu de prêtre ; et rue Croulebarbe, ne siège pas l’Académie française. Quant à la rue des Reculettes... hum... et celle de l’Espérance... »
Nestor enquête avec Bélita Moralés, sa voisine la belle gitane que Lenantais a soustraite à l’emprise de sa « race » (à l’époque on se défie des « romanos » et autres Arabes).
« − Dans ce quartier, mon vieux, où ça grouille d’Arabes, sans qu’on puisse distinguer lesquels sont pour nous, lesquels contre, on s’occupe plus activement qu’ailleurs des banales agressions nocturnes, surtout commises pour des norafs.
− Ah ! oui ! parce que ça s’agite dans la colonie coloniale ! Fellaghas et compagnie, quoi ?
− Exactement. Un jour, c’est un sidi buveur de pinard qui se fait casser la gueule par un autre sidi respectueux du Coran... »
L’histoire policière proprement dite est assez banale ; les anciens anars et insoumis, sans parler des illégalistes, ont perdu leurs valeurs avec le temps…

\Mots-clés : #misere #polar #politique #social #xxesiecle

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