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Carlo Emilio Gadda

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Message par Hanta Ven 24 Mar - 19:18

Carlo Emilio Gadda
(1893-1973)

Carlo Emilio Gadda 220px-10

Biographie a écrit:Carlo Emilio Gadda, né le 14 novembre 1893 à Milan et mort le 21 mai 1973 à Rome, est écrivain italien lauréat du prix Bagutta en 1934 et du prix Viareggio en 1953.

Carlo Emilio Gadda est issu d'un milieu bourgeois lombard, mais les investissements économiques de son père, Francesco Ippolito, « industriel idéaliste », finissent par plonger la famille Gadda dans le dénuement. Ainsi Carlo Emilio Gadda traverse-t-il « une enfance tourmentée et une adolescence bien plus difficile ».

Après la mort de son père, en 1909, la famille Gadda se prive beaucoup (sans toutefois se séparer de sa villa à Longone). Carlo Emilio Gadda doit notamment renoncer aux études littéraires au profit de l'école polytechnique de Milan.

Avec la vaine espérance de donner un sens à sa vie « horriblement tourmentée », Carlo Emilio Gadda s'engage comme volontaire à la Grande Guerre dans la région d'Adamello-Presanella. Fait prisonnier, il est déporté à Celle, ville située près d'Hanovre, en Allemagne où il se lie d'amitié avec Bonaventura Tecchi, Camillo Corsanego et Ugo Betti. Au cours de cette expérience, il écrit une série de journaux qui seront édités en 1950 sous le titre Journal de guerre et de captivité.

À son retour à Milan en janvier 1919, l'annonce de la mort de son frère Enrico, aviateur, le jette dans un état de profonde dépression, dont il se remettra lentement.

Diplômé en Ingénierie électronique en 1920, il travaille comme ingénieur en Sardaigne, en Lombardie, en Belgique puis entre 1922 et 1924 en Argentine. À son retour à Milan 1926 il s'inscrit à la faculté de philosophie (mais ne passera jamais la soutenance) afin de se consacrer à sa passion: la littérature. Il financera sa formation en exerçant parallèlement le métier d'enseignant de mathématique et physique au lycée Parini. En 1926, il collabore à la revue florentine Solaria. En 1940, l'écrivain abandonne définitivement la profession d'ingénieur et s'installe à Florence où il vivra jusqu'en 1950.

Carlo Emilio Gadda meurt en 1973 à Rome.

Source : wikipedia

Bibliographie :

- La Mécanique
- La Madone des philosophes
- Le Château d’Udine
- La Connaissance de la douleur
- Les Merveilles d’Italie
- Les Années. Vers la chartreuse
- L’Adalgisa : croquis milanais
- Le Premier Livre des fables
- Journal de guerre et de captivité
- L’Affreux Pastis de la rue des Merles ; Page 1
(également traduit sous le titre : L'Affreuse Embrouille de via Merulana)
- Les Voyages la mort
- Le Guerrier, l’Amazone, l’Esprit de la poésie dans les vers immortels de Foscolo : conversation à trois voix
- Les Années. Vers la chartreuse
- Des accouplements bien réglés
- Les Louis de France
- Éros et Priape. De la fureur aux cendres
- Les Colères du capitaine en congé libérable
- Le Temps et les Œuvres : essais, notes et digressions
- Le Palais des ors
- Récit italien d’un inconnu du vingtième siècle
- Lettres à Gianfranco Contini
- L’Art d’écrire pour la radio

MAJ de l'index le 27/09/2018
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Message par Hanta Ven 24 Mar - 19:39

L’Affreux Pastis de la rue des Merles

Carlo Emilio Gadda 51lo1s10

Synopsis:
Rome, 1927. Dans la riche et populaire rue Merulana, 219, escalier A, troisième étage, la comtesse Zelaméo, un certain lundi 14 mars, se voit dérober ses bijoux par un beau plombier qui, pour comble, omet de lui faire subir les derniers outrages. Tandis que l'inspecteur Ingravallo enquête, on découvre, toujours au troisième, porte en face, le jeudi 17, une femme égorgée. Avec toute une généalogie de " nièces " saisonnières, dans laquelle s'égarer, autour.
Le lecteur suivra de lui-même les péripéties de l'enquête et découvrira - peut-être - les coupables. Mais il faut l'avertir des savoureuses aventures littéraires et morales que Gadda lui réserve.
Dans ce " Pastis ", il y a tout. Et d'abord toutes les langues : chaque personnage parle dans le dialecte de sa région, avec l'argot de son métier, avec les inflexions propres à son caractère ; chaque objet même est dit dans la langue, lâche ou pompeuse, qui convient à son style. Bref, c'est Babel. Tous les tons ensuite : la farce quand il s'agit du peuple, l'invective pour Mussolini, la pitié devant la faiblesse, l'épopée face à l'absurde, et puis, pour le plaisir, la rhétorique et le pastiche, un peu partout. En un mot, le Baroque.
Un baroque printanier, tout souffrant de désir. Derrière chaque décision, chaque geste, chaque pensée, il y a, obstinée, la présence du sexe. Et toutes les métaphores du " Pastis " s'organisent autour de cet archétype premier : la fécondation. Pour le coup, nous voici au mythe des origines. La race des Romains commence, comme on sait, avec certain rapt des Sabines et ce n'est certes pas un hasard si le cours de l'enquête fait remonter Gadda depuis la rue des Merles jusqu'aux filles des coteaux sabins : ce récit goguenard est aussi une somme.

Place au Audiard italien ! Oui oui, je me suis cru en train de visionner les grandes scènes des Tontons flingueurs ou du Clan des Siciliens. Argot truculent que la nouvelle traduction reproduit fidèlement qui nous séduit à chaque mot et chaque page. On rit beaucoup, on s'émerveille devant ce langage quasiment disparu hélas. Au cours de ce pseudo polar comique on se retrouve immergé dans l'Italie un peu grandiloquente, un peu caricaturale mais qui dévoile au fur et à mesure un très grand charme.
L'auteur nous happe littéralement dans un récit sans nécessairement d'objet précis mais en nous faisant voyager dans une époque, dans un pays, dans une culture que les personnages mettent fortement en valeur. Un immense coup de coeur.


mots-clés : #polar
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Message par animal Ven 24 Mar - 21:02

Nouvelle traduction ? Il faudra que je regarde laquelle j'ai lue.

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Message par Tristram Sam 25 Mar - 1:37

Je pense que c'est toujours l'excellente traduction de Louis Bonalumi.
Dans la très digne lignée des mythiques cuisiniers, depuis Rabelais en passant par Joyce... Je pense aussi à ce dernier parce qu'on peut difficilement oublier les traducteurs d'Ulysse (pour m'être plongé dans l'original).

« La digression amène l'impossibilité d'achever. Elle est comme la réalité, qui elle non plus ne s'achève pas. La connaissance se perd en renvoyant à l'infini, infini de la langue, de la forme, infini de la situation… Mais je pense que la digression sert aussi à repousser la mort : elle ne fait pas des images, mais du temps. »
Carlo Emilio Gadda, entretien in Magazine Littéraire 329, février 1995


Je me suis également régalé avec La connaissance de la douleur.

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Message par Dreep Sam 25 Mar - 12:35

Oui, La connaissance de la douleur est une excellente aventure, puissante... mais c'est difficile à commenter. Il faut le vivre/lire pour le comprendre.
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Message par silou Sam 25 Mar - 17:42

@animal a écrit:Nouvelle traduction ? Il faudra que je regarde laquelle j'ai lue.

ïl y a effectivement une nouvelle traduction de Jean Paul Manganaro (seuil 2016), mais dont le titre est L'Affreuse Embrouille de via Merulana (c'est la traduction exacte du titre italien). Je ne l'ai pas encore lue, mais  je pense qu'elle en vaut vraiment la peine.
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Message par animal Sam 25 Mar - 18:28

Si ce n'est pas le même titre c'est que j'ai lu l'autre... Mais alors là même que Hanta ?

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Message par Tristram Sam 25 Mar - 21:11

Sauf que "rue des merles" n'est pas traduit, et qu'embrouille vaut pour pastis (les connaisseurs apprécieront).
Titre original (et dialectal) : Quer pasticciaccio brutto de via Merulana...
Je comprends que le nouveau traducteur (ou plutôt l'éditeur) a voulu se démarquer du précédent, mais ce genre de traduction vaut toujours et pratiquement pour une oeuvre originale, il y en aura autant que de traducteurs...
Sauf que cela peut induire en erreur le lecteur distrait ; au fait il y a deux titres pour une seule oeuvre dans la bibliographie ci-dessus ?
Manganaro confirme d'ailleurs assez l'embrouille.

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Message par Armor Sam 25 Mar - 21:55

Merci pour ces précisions, j'ai modifié la bibliographie en conséquence. Personnellement, je déteste quand un ouvrage est traduit sous plusieurs titres. Ca embrouille en effet le lecteur. Et pour peux que la quatrième de couverture soit un peu vague, on peut facilement se faire avoir !
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Message par Hanta Sam 25 Mar - 22:13

Bon bah j'ai lu l'ancienne traduction, j'avais mal compris ce que m'avait dit la libraire. cela reste un super bouquin.
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Message par silou Dim 26 Mar - 13:40

@Tristram a écrit:Sauf que "rue des merles" n'est pas traduit, et qu'embrouille vaut pour pastis (les connaisseurs apprécieront).
Titre original (et dialectal) : Quer pasticciaccio brutto de via Merulana...
Je comprends que le nouveau traducteur (ou plutôt l'éditeur) a voulu se démarquer du précédent, mais ce genre de traduction vaut toujours et pratiquement pour une oeuvre originale, il y en aura autant que de traducteurs...
Sauf que cela peut induire en erreur le lecteur distrait ; au fait il y a deux titres pour une seule oeuvre dans la bibliographie ci-dessus ?
Manganaro confirme d'ailleurs assez l'embrouille.
Merci Tristam pour ce lien Smile



@Hanta a écrit:cela reste un super bouquin.
Oui, oui !
j'espère que la deuxième traduction sortira sans trop tarder en poche, ce sera surement très intéressant de les avoir en parallèle.
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Message par Tristram Dim 26 Mar - 13:44

La seconde traduction est en vente depuis fin 2016 apparemment.

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Message par silou Dim 26 Mar - 13:48

@Armor a écrit:Merci pour ces précisions, j'ai modifié la bibliographie en conséquence. Personnellement, je déteste quand un ouvrage est traduit sous plusieurs titres. Ca embrouille en effet le lecteur. Et pour peux que la quatrième de couverture soit un peu vague, on peut facilement se faire avoir !
Je suis d'accord avec toi Armor, est-ce que ce n'est pas un peu une arnaque des éditeurs pour essayer de vendre le bouquin en double.
Dans le cas présent comme l'a indiqué Tristam, le nouveau traducteur : Manganaro dit qu'il voulait garder l'ancien titre et que c'est le Seuil qui l'a modifié.
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Message par silou Dim 26 Mar - 13:49

@Tristram a écrit:La seconde traduction est en vente depuis fin 2016 apparemment.
oui, oui, mais pour l'instant à 22 euros...
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Message par Tristram Mar 17 Nov - 15:31

La Madone des Philosophes

Carlo Emilio Gadda La_mad10

Quatre récits :
Du théâtre : un spectateur ennuyé commente une représentation grandiloquente avec ironie.

Manœuvres d’artillerie de campagne : description précise de tirs en montagne et de leurs conséquences.
« Un brouillard cache les camarades et le toxique des préparations trinitriques serre la gorge et la dessèche. Quelque monstre mal mort révèle l’âme lâche qui fut la sienne : un cylindre, on dirait du parmesan, de cheddite jaune et granuleuse.
Mais, parmi les cubes de rocher arraché, d’atroces haillons, des masques tuméfiés contraignent nos yeux à une fixité perverse et horrible. Oh, mères !
Rêves des nuits les plus sombres, ce soleil vous dépasse : c’est le noyau de l’impensable, le support irréel de l’impossibilité. »

« Quand l’ordre fut donné : "feu rapide", alors le biscuit passa d’une main à l’autre et ce furent des bonds sauvages. Les quatre pièces alternaient rythmiquement avec le fracas des freins et le hurlement rouge au-delà du bouclier, tandis que les jeunes châtaigniers se pliaient, branches dans la tempête. Avec un rythme égal du dos, à chaque coup, le pointeur reconsidère les bulles de niveau, vérifie les instruments de pointage. La croupe de la colline était fouettée par des foudres folles et des menaces sifflantes et tous les branchages, rythmiquement, se détendaient et se repliaient, avec un effroi forcené.
Le sursaut de l’affût et les saccades de la récupération immédiate, la diligence des servants et les furieux flamboiements alternaient entre les quatre pièces comme le jeu des tiges de commande sur l’arbre à cames d’une motrice. On aurait dit qu’un axe invisible liait les quatre pièces sauvages en une succession mathématique de phases. Et c’était un commandement. »
Batterie en manœuvre (inclus) : une pièce tractée par deux chevaux peine dans la rocaille.
Mêmes images dantesques et mythologiques, d’une ingénierie baroque, et même ton emphatique et railleur que dans le texte précédent.

Études imparfaites : de I à VIII, descriptions sans lien entr’elles, souvent d’un style savoureux.

Cinéma : cette fois, une séance populaire, toujours dans un genre à la fois pompeux et goguenard que je ne peux rapprocher que de Joyce (de même le glossaire savant, avec des néologismes farfelus et autres trouvailles lexicales).
« …] ce fut ainsi que les grillons, dès le premier gel de l’aube, entendirent stupéfaits le bisaïeul de Caliban, en proie alors à ses humeurs de jeunesse, égutturer des apostrophes monosyllabiques contre ses concurrents mâles. »
On retrouvera ce guttural « égutturer » dans La Connaissance de la douleur :
« La lavandière Peppa parvint donc à égutturer, avec des glouglous manzoniens de dindon femelle, que la nuit précédente, monsieur le cavaliere Trabatta se trouvait en son lit, à dormir, comme de coutume. »

La Madone des Philosophes : histoire (plus développée) des Ripamonti de Lombardie, notamment Maria, et de l’ingénieur Baronfo.
Les nombreuses allusions à l’Italie n’aident pas à ma compréhension (qui reste limitée).

\Mots-clés : #nouvelle

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Message par animal Jeu 21 Jan - 20:50

Carlo Emilio Gadda Offro-10

L'Affreuse Embrouille de via Merulana

Je laisse ses quelques mots être allé jeter un œil à mes impressions de lecture de l'autre traduction L'Affreux pastis de la rue des merles. J'avais trouvé ça copieux et j'ai à nouveau trouvé ça copieux. Par contre dans mes souvenirs j'avais plus souffert qu'à cette deuxième lecture, question de rythme (ou de patience) ?

Je crois avoir été plus sensible la première fois au concret du décor. A la ville, à ce moment de l'Italie du milieu des années 20, aux pages à la campagne aussi, à cette transition qui accompagne le délitement en quelques sortes de l'enquête.

Une enquête sur un vol et des bijoux via Merulana, une enquête qui patauge. Au centre le policier don Ciccio Ingravallo qui rumine ses pensées, sur les femmes surtout. La langue est très travaillée, mise en oeuvre, et fait la part belle à un parler familier,  à un ou des patois. Une impression de densité renforcée par la multitude de détails annexes à l'intrigue.

La préface (du traducteur il me semble) met en avant les circonstances autres qui pour le policier prédominent sur les causes plus explicites du crime. L'occasion aussi de développer un portrait humain multiple et complexe. Surtout qu'à travers le regard volontiers désapprobateur ou envieux de notre poilu bonhomme il y a de quoi faire... si on ajoute les modestes progrès de l'enquête et les comportements parfois improbables de ce petit monde ce n'est pas très reluisant.

Mais, mais au fil des pages qui en ville restent dans l'ombre d'une belle collection de sobriquets avant de laisser la place à plus de "peinture" à la campagne où peut-être l'air est plus sain, ce qui m'a plus marqué cette fois ci c'est le côté secondaire de l'enquête, de l'action pour ne pas dire du fait d'agir sous l'influence d'une perception de la société...

Le charme étrange de cette lecture pas forcément évidente à recommander, qui demande du temps, de la distance probablement aussi. Cependant ce mélange ou cette fausse divergence entre ce qui se passe et ce qui est dit (écrit) s'inscrit bien dans cette impression de milieu de vingtième siècle, cette préoccupation du sens. Un peu comme Michel Simon auquel j'ai pensé aussi pendant cette plus ou moins relecture.

Pas une mince affaire cette embrouille...

(Je vais tâcher de revenir avec des petits passages d'une version et de l'autre pour les curieux).

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Message par Bédoulène Ven 22 Jan - 0:09

merci Animal, je tenterai un jour (je pensais avoir lu le pastis, mais non !)

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Message par animal Ven 22 Jan - 19:59

Échantillon :

L'affreuse embrouille de via Merulana a écrit:Avec son rictus édenté, et cette haleine d'égout qui le caractérise, le sens commun se moquait déjà du récit, voulait lui rire en pleine figure une cochonnerie, à don Ciccio, lui cracher le "non" bien rond des malins sur sa grande tignasse de policier pas encore chevalier. Mais on ne peut empêcher la pensée : elle arrive avant. On ne peut effacer de la nuit l'éclair d'une idée : d'une idée un peu sale, en plus... On ne peut réprimer l'antique fescennin, bannir du vieil humus la fable, son éternelle atellane : quand le rire, des gens et de l'âme, liesse et turpitude, s'évapore vers le haut : comme on ne peut faire perdre leur arôme au thym ni à la menthe sauvage ou à l'origan : les odeurs sacrées de la terre, de la montagne dénudée, dans le vent.


L'affreux pastis de la rue des Merles a écrit:Avec son rictus édenté, avec cette haleine de grand collecteur qui le caractérise, le sens commun s'esclaffait déjà de cette histoire, le sens commun voulait lui placarder son rire en plein cigare, au don Ciccio, lui tamponner le "Tu parles !" des roublards sur sa jolie perruque de commissaire en mal de promotion. Mais peut-on retenir la pensée ? Elle arrive avant. Peut-on effacer de la nuit l'éclair d'une idée ? D'une idée, en plus, un tantino dégueulasse... Peut-on réprimer la gaudriole fescennienne de haute époque, bannir du vieux terreau la farce et son atellane pérennité : lorsque se dégage et monte, monte, si joyeux, bien abject, le boyau en l'air de la rigolade, l'hilarité des gens et de l'âme. Autant exorciser de leur arôme le thym, la menthe ou le serpolet, les odeurs sacrées de la terre, de la montagne réduite à l'os, dans le vent.


Le CNRTL nous dit, on en profite :
- FESCENNIN, INE, adj. : Qui appartient à un genre de poésie satirique, généralement grossière et licencieuse. Vers fescennins, poésies fescennines
- ATELLANE, subst. fém. : Petite pièce satirique, souvent licencieuse

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Message par Tristram Ven 22 Jan - 20:44

Intéressante confrontation ! La version "pastis" était apparemment plus "peuple" (et peut-être un peu moins compréhensible). Je me lancerai moi aussi, un de ces jours, dans cette "relecture en miroir" !

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Message par bix_229 Ven 22 Jan - 20:48

Gadda auteur pour happy few ?
Je ne pense pas qu'il le recherchait.
Mais...
En tout cas, J'ai eu du mal, mieux vaut etre prévenu... Rolling Eyes
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