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Marcel Jouhandeau

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initiatique - Marcel Jouhandeau Empty Marcel Jouhandeau

Message par Tristram Ven 11 Aoû - 12:33

Marcel Jouhandeau
(1888-1979)

initiatique - Marcel Jouhandeau Jouhan10

Marcel Jouhandeau, né à Guéret (Creuse) le 26 juillet 1888 et mort à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) le 7 avril 1979, est un écrivain français.
Né d'un père boucher dans une famille commerçante de Guéret, Marcel Henri Jouhandeau est élevé jusqu'à l'âge de neuf ans par sa tante Alexandrine. Marqué au visage par une malformation labiale, il se tourne dès ses jeunes années — sous l'influence d'une jeune fille (Jeanne Martin) qui avait été novice au carmel de Limoges — vers un catholicisme mystique et il envisage son entrée au séminaire.
À la suite d'une lecture, en 1908, il prend conscience de son homosexualité latente et, plus tard, parmi ses amants il comptera Michel Leiris. Cette même année il part pour Paris, étudie quelques mois au lycée Henri-IV, puis à la faculté des lettres. Il écrit alors ses premiers contes. Il devient professeur au collège privé Saint-Jean-de-Passy à partir de janvier 1913.
Son homosexualité entre dès lors en conflit avec sa foi catholique et, toute sa vie, il oscillera entre la célébration du corps masculin et le vécu mortifère de sa sexualité au point qu'en février 1914, dans un élan mystique, il brûle tous ses manuscrits et tente de se suicider. La crise passée, il revient à l'écriture sur les conseils en particulier de son ami Léon Laveine. Il écrit ce qu'il appelle des contes, et sont des chroniques inspirées par sa ville natale de Guéret qu'il baptise Chaminadour.
Durant la Première Guerre mondiale, il est versé dans le service auxiliaire et affecté à l'arrière comme secrétaire à Guéret. Il publie La Jeunesse de Théophile en 1921 et, en 1924, Les Pincengrain, textes qui déclenchent une vive animosité des Guérétois à son égard.
Il se marie à quarante ans, le 4 juin 1929, à Paris, avec une ancienne danseuse, Élisabeth Toulemont, dite Caryathis, Élise dans son œuvre. Amie de Jean Cocteau et de Max Jacob, elle espère détourner son mari de ses penchants pour les garçons mais, au cours des années 1930, ceux-ci l'emporteront à nouveau et s'imposeront définitivement à la fin de sa vie. Il en parle ouvertement dans divers ouvrages comme Chronique d'une passion, Du pur amour, Tirésias.
De 1936 à 1941, il écrit quatre articles antisémites dont trois seront réunis dans une plaquette Le Péril juif édité par Sorlot. En 1941, il participe au « congrès de Weimar » (organisé par Goebbels) sur l'invitation de Gerhard Heller. Partent avec lui Abel Bonnard, Pierre Drieu la Rochelle, Brasillach, Fabre-Luce, Chardonne, Fraigneau, Fernandez. En décembre 1941, Jouhandeau publie Témoignage, un court article où il développe son admiration pour l'Allemagne, dans La NRF de Drieu. À la Libération, son dossier sera classé sans suite. Dans ses Journaliers, longue chronique de 28 volumes, il reviendra à plusieurs reprises sur cette période de son œuvre.
En mai 1944, Élise Jouhandeau dénonce à la Gestapo Jean Paulhan comme « Juif », et Bernard Groethuysen, comme « communiste ». Marcel prévient Paulhan, qu’il admire.
Professeur de latin durant 37 ans afin d'assurer sa sécurité financière à côté de son œuvre, il part à la retraite en juillet 1949. Les Jouhandeau recueillent une fillette, Céline, dont l’éducation est un échec. À sa majorité, Céline met au monde un garçon (le père est reparti pour l'Italie abandonnant mère et enfant), Marc, que les Jouhandeau adopteront. C'est finalement Jouhandeau (à plus de 80 ans) qui s'occupe de Marc ; l'enfant est omniprésent dans les derniers "Journaliers" et devient la raison de vivre du vieil auteur. Élise Jouhandeau meurt en 1971. Ce couple infernal occupe une place importante dans l'œuvre. Atteint de cécité, Marcel Jouhandeau cesse d'écrire en 1974. Il consacre ses dernières années à son petit-fils Marc et meurt d'un cancer de l'estomac en 1979 à Rueil-Malmaison, son domicile depuis 1960.
Il est un auteur prolifique, sa production littéraire, généralement autobiographique, comportant quelque 120 livres, même si son œuvre peut être jugée répétitive et inégale par la critique.
Œuvres
• La Jeunesse de Théophile (1921)
• Les Pincengrain (1924)
• Les Térébinthe (1926)
• Prudence Hautechaume (1927)
• Monsieur Godeau intime (1926)
• Astaroth (1929)
• Le Parricide imaginaire (1930)
• Éloge de l'imprudence (1931)
• Le Journal du coiffeur (1931)
• L'Amateur d'imprudences (1932)
• Tite-le-long (1932)
• Monsieur Godeau marié (1933)
• Chaminadour I (1934)
• Algèbre des valeurs morales (1935)
• Le Saladier (1936)
• Chaminadour II (1936)
• Le Péril juif (1937)
• Chroniques maritales (1938)
• De l'abjection (1939)
• Chaminadour III (1941)11
• L'Oncle Henri (1943)
• Chronique d'une passion (1944)12
• Essai sur moi-même (1947)
• Scènes de la vie conjugale (1948)
• Mémorial (1948)
• La Faute plutôt que le scandale (1949)
• L'imposteur ou Elise iconoclaste (1950)
• Élise architecte (1951)
• Éloge de la volupté (1951)
• Notes sur la magie et le vol Editions Les Pas Perdus, Paris (1952)
• Dernières années et mort de Véronique (1953)
• L'Ecole des garçons (1953)
• Contes d'enfer (1955)
• Éléments pour une éthique (1955)
• Léonora ou les dangers de la vertu (1955)
• Réflexions sur la vieillesse et la mort (1956)
• Théâtre sans spectacle (1957)
• Carnets de l'écrivain (1957)
• L'École des filles (1960)
• Descente aux Enfers (1961)
• Journaliers (1961–1978)
• Les Instantanés de la mémoire (1962)
• Trois crimes rituels (1962)
• Riposte à Roger Perfide (1965)
• Le Parricide imaginaire (1967)
• Du pur amour (1970)
• Azaël (1972)
• Journal sous l'Occupation suivi de La Courbe de nos angoisses (1980)
• Pages égarées (1980) 13
• Écrits secrets : Tirésias (1954, illustré par Élie Grekoff), Carnets de Don Juan, Le Voyage secret (1988)
• Le Moi-même, illustré de 50 portraits photographiques de Daniel Wallard, Actes-Sud, 1994

Journaliers
• Journaliers - Journaliers t. 1, 1957-1959
• Les Instantanés de la mémoire - Journaliers t. 2, 1959
• Littérature confidentielle - Journaliers t. 3, 1959
• Que tout n'est qu'allusion - Journaliers t. 4, 1960
• Le Bien du mal - Journaliers t. 5, 1960
• Être inimitable - Journaliers t. 6, 1960
• La Malmaison - Journaliers t. 7, 1960-1961
• Que la vie est une fête - Journaliers t. 8, 1961
• Que l'amour est un - Journaliers t. 9, 1961
• Le Gourdin d'Élise - Journaliers t. 10, 1962
• La Vertu dépaysée - Journaliers t. 11, 1962
• Nouveau Testament - Journaliers t. 12, 1963
• Magnificat - Journaliers t. 13, 1963
• La Possession - Journaliers t. 14, 1963
• Confrontation avec la poussière - Journaliers t. 15, 1963-1964
• Aux cent actes divers - Journaliers t. 16, 1964
• Gémonies - Journaliers t. 17, 1964
• Paulo minus ab angelis - Journaliers t. 18, 1964-1965
• Un second soleil - Journaliers t. 19, 1965
• Jeux de miroirs - Journaliers t. 20, 1965-1966
• Orfèvre et Sorcier - Journaliers t. 21, 1966-1967
• Parousie - Journaliers t. 22, 1967-1968
• Souffrir et être méprisé - Journaliers t. 23, 1968-1969
• Une gifle de bonheur - Journaliers t. 24, 1969-1970
• La Mort d'Élise - Journaliers t. 25, 1970-1971
• Nunc dimittis - Journaliers t. 26 ,1971-1972
• Du singulier à l'éternel - Journaliers t. 27, 1972-1973
• Dans l'épouvante le sourire aux lèvres - Journaliers t. 28, 1973-1974

(Wikipédia)

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
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Message par Tristram Ven 11 Aoû - 12:42

La Jeunesse de Théophile – Histoire ironique et mystique

initiatique - Marcel Jouhandeau La_jeu10

Théophile Brinchanteau naît avec un bec-de-lièvre vers la fin du XIXe dans une petite ville de province. Enfance saturée de religion, surtout sous l’autorité aimante de tante Ursule, demeurée demoiselle.
« Théophile ne parlait jamais avec les siens pour parler. On ne savait pas chez lui prendre son plaisir aux paroles. Les gens du peuple ne parlent que pour nuire ou être utiles. »
Belle page sur la dentelle de tante Ursule :
« Toute la vie de famille et la vie intérieure de tante Ursule y était représentée. Aucun événement joyeux ou malheureux qui n’eût son souvenir de dentelle dans le livre endormi sous un triple fermoir de rubans. La mystique et l’élégance des cinquante dernières années de la paroisse s’y résumaient en images subtiles. Renaissance, Richelieu, Cluny, Vosges, Angleterre, — la géographie et l’histoire du monde y avaient leur part. »
À sa mort, c’est une galerie hallucinée de portraits champêtres, des fous parmi les fantômes.
« Tante Ursule avait essayé de donner à l’enfant l’exemple de n’être ému par rien ni personne. Le travail quotidien et le souci d’un avenir doré suspendu à la chaîne fragile de toutes les heures de la vie, un instant de repos chaque jour dans un jardin minuscule devaient garder Théophile de tout étonnement, de la curiosité, du trouble. Heureusement les folles et les fous d’alentour se levèrent-ils pour fermer les yeux des idoles et pour éveiller sa raison. Dès lors, la courte philosophie de tante Ursule ne lui suffit plus. »
Jeanne, qui fut carmélite (et l’aime), lui fait connaître la nature et Dieu, passage (de nouveau assez onirique) de « son adolescence pieuse et craintive, casanière de l’habitude atavique et mal propre à l’aventure. »
Lorsqu’il obtient une chambre à soi, lui qui « se sentait différent de toute sa ville », Théophile, plutôt introverti, angoissé et passif, devient de plus en plus mystique, collectionnant avec enthousiasme les statuettes de la Vierge.
« Il retrouvait dans ses propres yeux le regard de Raphaël ou de Murillo pour dénaturer en beauté la laideur vulgaire des images de femme que lui vendait la sacristine de sa paroisse. »
Vu de sa fenêtre, d’entre ses jolis rideaux, son père (qu’il n’aime pas), et une voisine :
« Au pied de la tour, sur un angle cimenté, le boucher, vêtu de linges blancs, armé d’un grand couteau et suivi de deux acolytes venait immoler des moutons et des chevreaux. Leur bêlement s’exhalait avec la vie. Avant de mourir, ils évoquaient au fond de la cour l’odeur de l’étable où ils étaient nés, les champs où ils avaient couru parmi la bruyère et le thym, tous les paysages de la terre que garde un pasteur. Le berger apparaissait en larmes, penché sur un ruisseau de sang. »

« Quand elle voulait prendre l’air ou s’exposer l’été au soleil, elle soulevait ses seins sur ses deux bras nus et les déposait lentement sur la pierre de l’accoudoir. Sa gorge était nue comme ses bras. Seule, une toile blanche, épaisse, bordée de dentelle, voilait la poitrine dont on aurait eu peur. »
Long exposé des messes pascales, rites fastueux d’une dévotion catholique encore éblouissante en ce début du XXe.
Une pieuse et dominatrice dame du monde, madame Alban, sépare Théophile de son amie Jeanne, et le prépare à la Perfection, c'est-à-dire qu’elle l’accapare de façon ambigüe sous couvert de le faire étudier, lui qui se destine (apparemment) au sacerdoce – mais saura-t-il enfin assumer son prénom ?
Ce roman largement inspiré de la biographie de l’auteur ne m’a guère plu, dans le fond comme la forme, assez mièvres ; dans ses meilleurs moments, il m’a ramentu Huysmans.

\Mots-clés : #autobiographie #enfance #initiatique #jeunesse #relationenfantparent #religion

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Message par Bédoulène Ven 11 Aoû - 20:09

merci Tristram
todevient antisémiteujours du mal à comprendre comment un croyant catholique me

dfésolée cet ordi m e navre

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Message par ArenSor Dim 13 Aoû - 9:24

« Les dévotes n’habitent pas loin de l’église, qu’elles hantent, comme les fées nos vieux contes. Elles se déplacent lentement. Elles sont caparaçonnées de laine. Leurs mains dans les mitaines à deux doigts ressemblent à des pinces et leurs capotes sont munies d’antennes subtiles. On dirait des insectes vus au microscope. Leur vie est très enveloppée, très primitive, très simple. Friandes et pieuses, elles vivent de bonbons en attendant le Paradis. Qu’elles auraient de peine à ne pas se croire immortelles et quel dommage pour Dieu si elles ne l’étaient pas ! Ceux qui ne les connaissent guère peuvent se moquer de leur piété. Ceux qui les approchent se demandent ce qu’elles seraient sans leur piété : des bêtes plus vulgaires.»

« Une autre vieille dame se promenait toujours dans l’église pendant l’office, épinglant des lumières dans l’ombre. Les cierges longs et minces qu’à profusion elle semait autour d’elle ressemblaient à de l’herbe folle sous les pieds des saints. Sa pelisse de ratine à collets, les tourelles de jais démantelées de son petit chapeau, sa voilette noire mangée de mites et disposée comme un loup sur son visage lui donnaient un air de distinction qui empêchait qu’on la prît pour la sacristine. C’était Madame la marquise des Ursins. »
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Message par Bédoulène Dim 13 Aoû - 20:04

la description de la dévote !!

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