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Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    David Van Reybrouck

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    Barcarole

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    David Van Reybrouck

    Message par Barcarole le Jeu 30 Mar - 12:52

    David Van Reybrouck

    Né en 1971



    David Grégoire Van Reybrouck, né à Bruges le 11 septembre 1971, est un scientifique, historien de la culture, archéologue et écrivain belge d’expression néerlandaise. Il a obtenu plusieurs grands prix littéraires.
    Van Reybrouck a grandi en Flandre-Occidentale à Assebroek (Bruges) dans une famille catholique possédant une culture littéraire.
    Il a étudié l’archéologie et la philosophie à la KUL (Université catholique de Louvain).
    Il a ensuite obtenu un Master of World Archaeology à Cambridge et a soutenu en 2000 à l’Université de Leyde une thèse intitulée Des primitifs aux primates : une histoire des analogies ethnographiques et primatologiques dans l’étude de la préhistoire.
    Van Reybrouck a vécu et travaillé pendant un certain temps à Barcelone et à Paris.
    En 1999 et 2000, il est coordinateur scientifique de l’AREA (Archives de l’Archéologie européenne), un réseau de recherche européen pour l’histoire de l’archéologie.
    Il a travaillé ensuite plusieurs années comme historien de la culture à la KUL où il a mené des recherches sur l’histoire de l’archéologie belge et l’histoire et l’architecture des zoos en Europe occidentale. Il a également été rédacteur en chef du journal Archaeological Dialogues.
    David Van Reybrouck est cofondateur du réseau The Archaeology of Zoos sous l’égide de la British Academy (2001-2005). Il participe à des conférences sur le sujet à Dublin en 2001, à Londres en 2002, à Washington en 2003.
    Ses intérêts académiques le portent sur l’histoire de l’animal dans sa relation avec l’homme aux XIXe et XXe siècles autant dans ses aspects scientifiques comme l’archéologie, l’anthropologie et la biologie, que dans ceux de l’imaginaire populaire et littéraire. Ses recherches qui relèvent de l’anthropozoologie ont donné lieu à des publications internationales en anglais.
    Il a collaboré à des expositions sur l’évolution humaine (Kunsthal de Rotterdam), les singes (Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren), les Néandertaliens (Musée gallo-romain, Tongres) et le Zoo d’Anvers.
    En 2007, Van Reybrouck quitte le monde universitaire pour se concentrer sur sa carrière d’écrivain.


    Bibliographie (œuvres traduites en français)

    Le Fléau (2001)
    Congo, une histoire (2010) – prix Médicis essai
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    Barcarole

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    Re: David Van Reybrouck

    Message par Barcarole le Jeu 30 Mar - 12:58

    Le fléau




    David Van Reybrouck, lors de ses recherches universitaires, découvre que l’écrivain naturaliste sud-africain Eugène Marais, spécialiste des termites, a été plagié par Maurice Maeterlinck, prix Nobel de littérature, qui a écrit un livre sur les termites, La Vie des termites, dont le contenu est quasi identique à celui qu’avait publié Marais. Eugène Marais est sud-africain, Maeterlinck est belge… En Afrique du Sud on parle l’africaans, langue proche du néerlandais, et Maeterlinck peut lire l’africaans puisqu’il lit et parle le néerlandais. Plagier Marais, ni vu ni connu. Qui oserait dire que le grand Maeterlinck eût piraté un confrère de Pretroria ?

    « Il n’en reste pas moins que l’on retrouve chez Maeterlinck la théorie de Marais sur l’unité organique de la termitière. Dans un des tout premiers chapitres de La Vie des termites, le prix Nobel présente même cette théorie comme la conclusion de ses travaux. »

    A l’époque de Maeterlinck et de Marais, les livres sur les termites, les fourmis, les serpents et les grands singes se vendaient comme des petits pains, et Maeterlinck a battu des records de vente avec son livre sur les termites.

    Van Reybrouck, intéressé par cette affaire, expose tout d’abord une hypothèse sur le plagiat du livre de Marais par Maeterlinck qui, paraît-il n'est pas une lumière. Il veut des preuves. Il décide donc de partir en Afrique du Sud pour mener l’enquête.

    Nous voilà donc partis avec lui en voyage, en avion, en autocar, en train ou dans une vieille guimbarde qui tombe en panne. Au fur et à mesure de son enquête, il découvre l’Afrique du Sud, sa population, la pauvreté et le racisme, mais aussi des régions agréables à voir, d’autres plus rudes, tels ces paysages désertiques, plats, des territoires sans lieux :

    « La station-service est un endroit lugubre, un successeur indigne des ces auberges où, autrefois, l’on dételait les chevaux pour leur donner un sac d’avoine. Je fais les cent pas sur l’asphalte craquelé. Comme je n’ai aucune envie de me nourrir d’un hamburger spongieux ou d’un malheureux triangle de pizza, je me dirige nonchalamment vers une boucherie située de l’autre côté de la rue. »

    Il fait des rencontres au gré de son périple, de personnages intéressants, d’autres originaux, qui vont le guider, lui donner des pistes pour aller de l’avant dans son enquête.
    Le lecteur découvre également la langue de l’Afrique du Sud, l’africaans, faite de plusieurs langues, dont le néerlandais, de langues locales, et les dialectes et autres langues parlées. L’Apartheid puis la Réconciliation font partie du passé, mais ça c’est en théorie. Le racisme est plus que jamais encore très prégnant, des métiers ou activités sont réservés aux Noirs, d’autres accessibles seulement aux Blancs, des insultes fusent, destinées aux Noirs, les Blancs ne se mélangent pas. Dans les contrées plus reculées, c’est encore pire qu’en ville, le racisme est franc et massif, tandis que dans les villes il apparaît plus masqué, plus hypocrite. Van Reybrouck est choqué. Il culpabilise aussi…

    Au fur et à mesure de l’avancée du livre, l’auteur évoque ses recherches faites à Gand, en Belgique, la consultation des différentes archives dans des institutions diverses qui l’ont mené à aller sur le terrain pour vérifier si Maeterlinck a pillé Marais. Car ce plagiat est bien difficile à avaler pour David Van Reybrouck.

    Van Reybrouck qui est l’auteur et également le narrateur, puisqu’il s’agit d’une histoire vécue (une non-fiction), nous décrit aussi, tel un entomologiste, la vie des termites dans leur termitière, leur rôle, leur morphologie. Ordre, obéissance sont de rigueur…, ces colonies sont encore plus sophistiquées que celles des fourmis ou des abeilles. Pour les entomologistes et pour Maeterlinck, ces petits insectes sociaux, c’est l’Homo sovieticus. L’équation est la suivante : termites = totalitarisme.

    Malgré leur grande diversité, tous les termites ont en commun une organisation sociale rigide. Ils ont élaboré une société dans laquelle certaines castes spécifiques remplissent des tâches bien précises. Il y a ainsi des termites-ouvriers, des termites-soldats et un couple royal. Les ouvriers, aveugles et stériles, forment la plus grosse partie de la colonie et accomplissent l’essentiel du travail. Ils se déplacent dans des galeries et des tunnels souterrains et effectuent des razzias afin de rassembler des vivres pour nourrir le reste de la communauté…

    Ce livre est riche et très intéressant : la description d’un voyage lointain, une leçon d’entomologie très divertissante, un environnement politico-social de l’Afrique du Sud, les recherches sur les textes des deux scientifiques, les témoignages, et beaucoup d’autres événements encore.

    S’il part avec un but précis, Van Reybrouck reviendra-t-il avec une réponse ? Le but de ce voyage ne sera peut-être pas celui qu’il avait envisagé en partant.

    Agréable lecture, je recommande vivement ce livre !
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    shanidar

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    Re: David Van Reybrouck

    Message par shanidar le Jeu 30 Mar - 13:32

    Merci Barcarole ! J'ai Congo - une histoire dans mes étagères mais c'est un gros pavé... et j'ai peur q'il ne m'emmène dans des recherches illimitées et extravagantes !
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    Barcarole

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    Re: David Van Reybrouck

    Message par Barcarole le Jeu 30 Mar - 13:38

    Je comprends ! On hésite toujours avant d'entamer un gros pavé, puis on recule, le temps passe... Je sais ce que c'est ! En ce qui concerne Congo, une histoire, je n'ai entendu dire que du bien de ce livre.
    Quant au Fléau, sa taille est plus raisonnable, et c'est un bon moment de lecture.
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    Tristram

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    Re: David Van Reybrouck

    Message par Tristram le Jeu 30 Mar - 13:42

    C'est bien alléchant, Barcarole !
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    Barcarole

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    Re: David Van Reybrouck

    Message par Barcarole le Jeu 30 Mar - 18:36

    Il pourrait peut-être te plaire, ce récit, Tristram ! Qui sait !

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    Re: David Van Reybrouck

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