Alexandre Sergueïevitch Pouchkine

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Alexandre Sergueïevitch Pouchkine

Message par tom léo le Jeu 4 Oct - 22:01

Alexandre Sergueïevitch Pouchkine
1799 - 1837



Alexandre Sergueïevitch Pouchkine (en russe : Александр Сергеевич Пушкин) est un poète, dramaturge et romancier russe né à Moscou le 26 mai 1799 (6 juin 1799 cal.grég.) et mort à Saint-Pétersbourg le 29 janvier 1837 (10 février 1837 cal. Grég.).
Il est né dans une famille de la noblesse russe relativement aisée, férue d'art et de littérature, où l'on parle le français. À dix ans, il lit Voltaire et La Fontaine dans le texte. Par sa mère, Nadejda Ossipovna Pouchkina (1775-1836), une des beautés de Saint-Pétersbourg, il descend d'une des plus brillantes familles de la noblesse de service instituée par l'empereur Pierre Ier, remontant à Abraham Hannibal, son arrière-grand-père africain affranchi et anobli par Pierre le Grand, dont il fut le filleul et l'ami fidèle; Abraham Hannibal mène une carrière d'ingénieur militaire qu'il termine comme général.

Cliquer ici pour en apprendre plus sur l'enfance et la scolarité de l'auteur:
Passionné d'histoire et de généalogie, Pouchkine est fier de ce glorieux aïeul, dont il a hérité certains traits qui le distinguent de ses concitoyens : teint olivâtre, lèvres épaisses, cheveux bouclés, ce qui lui vaut d'être surnommé « le singe » par ses camarades de lycée. Si lui-même se considère comme laid, ses contemporains soulignent que la vivacité et l'éclat de ses yeux bleu acier illuminent sa peau mate, lui donnent la séduction et le charme d'un prince oriental ; il collectionne les succès féminins, malgré une faible attirance pour les mondanités.

Par son père, Sergueï Lvovitch Pouchkine (1770-1848), major puis conseiller militaire, esprit libre et francophile, il est issu d'une des plus illustres familles de la noblesse russe, remontant à un gentilhomme allemand venu en Russie au XIIIe siècle. Son épouse Nadiejda Ossipovna est d'ailleurs une de ses petites cousines par les Pouchkine.

Pouchkine n'a pas une enfance des plus heureuses : sa propre mère, de laquelle il tire ses origines africaines rejette tout d'abord l'enfant à cause de son apparence, notamment de sa peau mate. L'enfant souffrit longtemps de son apparence, parfois jusqu'à détester l'image que lui rendent les miroirs. Rejeté, Pouchkine se réfugie dans la lecture. Lecteur passionné et insatiable, il pille la bibliothèque familiale, s'attaquant particulièrement aux classiques anglais (Byron, William Shakespeare, Laurence Sterne) et français (Molière, Voltaire, Évariste Parny). Sa profonde connaissance de la culture française et son parfait bilinguisme (qu'il cultiva toute sa vie) lui valent d'ailleurs le surnom de Frantsouz (Француз, « Le Français ») parmi ses camarades du lycée de Tsarskoïe Selo. Alexandre Pouchkine étonne aussi son entourage par son aisance à improviser, comme à réciter par cœur des vers innombrables ; sa mémoire est infaillible, sa vivacité d'esprit remarquable.

De 1811 à 1817, il fait ses études au lycée impérial de Tsarskoïe Selo (rebaptisée Pouchkine en son honneur, en 1937), près de Saint-Pétersbourg. S'ouvre une des plus heureuses périodes de sa vie: c'est dans cet internat qu'il noue de fidèles amitiés (Delvig, Poushine, Wilhelm Küchelbecker) ; c'est aussi là, dans le parc du palais impérial, qu'il dit avoir connu sa première inspiration poétique. Dès 1814 son poème À un ami poète est publié dans la revue Le Messager de l'Europe. Ces vers, déclamés lors d'un examen de passage, lui valent l'admiration du poète Gavrila Derjavine.

En 1817, il intègre le ministère des Affaires étrangères ; une sinécure. Suivent trois années de vie dissipée à Saint-Pétersbourg. Durant ce temps, il rédige des poèmes romantiques inspirés par les littératures étrangères et russes. Il rencontre aussi les grands noms des lettres russes contemporaines, comme Karamzine ou Vassili Joukovski. Ses poèmes sont parfois gais et enjoués, et ils peuvent aussi être graves, notamment lorsqu'ils critiquent l'autocratie, le servage et la cruauté des propriétaires fonciers. Bien qu'incontestablement libéral, Pouchkine n'est pas révolutionnaire, ni même véritablement engagé politiquement, contrairement à nombre de ses amis qui participent aux mouvements réformateurs qui culminent avec la révolte décabriste.

En 1820, ses poèmes étant jugés séditieux, Pouchkine est condamné à l'exil par l'empereur Alexandre Ier.
Cliquer ici pour plus de détails sur cet exil.:
Échappant de peu à la Sibérie, il est d'abord envoyé à Iekaterinoslav (l'actuelle Dnipropetrovsk, en Ukraine), où il contracte une fièvre violente. Affaibli, il obtient la permission de voyager dans le Caucase et en Crimée, en compagnie de la famille Raïevski ; un séjour qui le marque profondément. Pouchkine est ensuite expédié à Kichinev en Bessarabie (actuelle Moldavie), avant de partir pour Odessa. Pendant cette première partie de son exil, passée dans le sud de l'empire, Pouchkine continue à mener une vie très déréglée, toute consacrée à l'amusement : conquêtes amoureuses, fêtes et jeu. Celle-ci, ainsi que son caractère enthousiaste, colérique et moqueur, le pousse à plusieurs reprises à des duels, dont il sort indemne.

À Odessa, Pouchkine est initié en franc-maçonnerie dans la Loge Ovide et il s'attire l'inimitié du gouverneur de la ville, Vorontsov (sans doute en raison de son penchant pour l'épouse de ce dignitaire), et est exilé dans la propriété familiale de Mikhaïlovskoïe dans le gouvernement de Pskov. Condamné à l'isolement presque total, le poète s'ennuie, il n'écrit et ne lit que rarement, car les seules distractions qui lui sont permises sont des promenades et courses à cheval, les visites qu'il rend à ses voisines, Praskovia Ossipova et ses filles et nièces, dans leur propriété de Trigorskoïe. Mais aussi histoires que lui raconte sa nourrice Arina Rodionovna, à laquelle il vouera une reconnaissance toute sa vie, lui consacrant même des vers. À la mort d'Alexandre Ier, en décembre 1825, Pouchkine décide d'aller plaider sa cause à Saint-Pétersbourg, mais un pressentiment le fait revenir sur ses pas. C'est ainsi qu'il évite, à la demande de ses amis voulant le protéger, de se trouver mêlé à la révolte avortée des décembristes, à laquelle participent nombre de ses amis, même s'il se sent proche des idées révolutionnaires du cercle des décembristes (il adhère en 1819 à la société littéraire « La lampe verte » à l'origine de ce cercle).

Ces six années d'exil sont essentielles pour l'inspiration de Pouchkine : voyage dans le Caucase et en Crimée, découverte de la campagne russe profonde, discussions avec divers aventuriers, contes de sa nourrice. Ce sont aussi celles des premières grandes œuvres, encore fortement marquées par l’influence romantique de Byron : Le Prisonnier du Caucase (1821) décrit les coutumes guerrières des Circassiens ; La Fontaine de Bakhtchisaraï (1822) évoque l’atmosphère d'un harem en Crimée ; Les Tziganes (1824) est le drame d'un Russe qui tombe amoureux d'une Tsigane ; la Gabrieliade (Gavriliada, 1821), dont il devra plus tard se défendre avec acharnement d'être l'auteur-pour échapper à la Sibérie, est un poème blasphématoire qui révèle l’influence de Voltaire. Surtout, Pouchkine entame son chef-d'œuvre, Eugène Onéguine (1823-1830), écrit sa grande tragédie Boris Godounov (1824-1825), et compose les « contes en vers » ironiques et réalistes.
Le retour en grâce et la maturité

En 1826, une fois matée l'insurrection décabriste, Nicolas Ier, nouvel empereur de Russie, fait revenir le poète à Moscou. En audience privée, il lui offre le pardon, à condition qu'il renonce aux débordements de sa jeunesse. Et, puisque le poète se plaint de la censure, l'empereur, posant au protecteur des arts, lui propose d’être son censeur personnel. Pouchkine n’avait pas le choix, il accepte pour éviter l'exil.

Ainsi débute pour le poète une nouvelle phase de persécution politique. Pouchkine doit rendre compte de ses moindres déplacements aux autorités.
Pouchkine reprend sa vie oisive et dissolue. Il accompagne aussi l'armée russe de Ivan Paskevitch dans sa campagne militaire de 1828-1829 contre l'Empire ottoman. Cette aventure lui inspire un récit, Voyage à Erzurum, mais lui vaut aussi de nombreux démêlés avec les autorités, qu'il n'avait pas jugé bon d'informer de ses déplacements. Sur le plan littéraire, il achève Poltava (1828), poème à la gloire de Pierre le Grand.

Cependant, l'idée de se marier commence à obséder Pouchkine et il va épouser Natalia Nikolaïevna Gontcharova. D'abord installé à Moscou sur la rue Arbat, le couple déménage rapidement à Saint-Pétersbourg. Pendant cette période de sa vie, Pouchkine, en pleine maturité littéraire, entame son œuvre en prose et déploie également une intense activité de journaliste, notamment dans le cadre de la revue littéraire Le Contemporain.

Son épouse Natalia, avec qui il a eu quatre enfants, se révèle aussi particulièrement dispendieuse. Comme les activités de Pouchkine sont constamment contrôlées et interdites par les autorités, il n'a d'autre ressource que de solliciter l'assistance financière de l'Empereur, assortie de nouvelles contraintes et vexations.

Suite à des rumeurs sur la conduite de sa femme et celle de son prétendu amant d’Anthès, il exige le duel et meurt à la suite de celui-ci.
source : Wikipédia (raccourci)

OEUVRES :

Contes (en vers)
- Du Tsar Saltan, de son fils Gvidon le preux et puissant chevalier et de la belle princesse cygne, mis en opéra par Rimski-Korsakov (1900)
- Du pêcheur et du petit poisson
- Du Pope et de son valet Balda
- Conte de la Princesse morte et des sept chevaliers
- Le Coq d'or (1834), mis en opéra par Rimski-Korsakov (1909)

Drames
- Boris Godounov, tragédie historique (1825), mis en opéra par Moussorgski (1874)
- L'Invité de pierre (1830), sur le thème de Don Juan, mis en opéra par Dargomyjski (1872)
- Mozart et Salieri (Pouchkine) (1830), mis en opéra par Rimski-Korsakov (1897)
- Le Festin en temps de peste (1830), mis en opéra par Cui (1901)
- La Roussalka (1832), mis en opéra par Dargomyjski (1856)
- Le Chevalier avare (1836), mis en opéra par Rachmaninov (1906)

Nouvelles :
- Le Nègre de Pierre le Grand (1827), (roman inachevé, relatif à son ancêtre Abraham Hanibal : premier roman historique russe)
- Récits de feu Ivan Pétrovitch Bielkine :
       Le Coup de pistolet
       La Tempête de neige
       Le Marchand de cercueils
       Le Maître de poste
       La Demoiselle paysanne (1831)
- Histoire du bourg de Gorioukhino (1830), écrite en 1830, publiée en 1837
- Roslavlev (1831), écrite en 1831, publiée en 1836
- La Dame de pique, nouvelle (écrite en 1833, publiée en 1834), mis en opéra par Tchaïkovski (1890)
- Kirdjali (1834)
- Nuits égyptiennes (1835), inachevée
- Un Pelham russe (1835), inachevée
- Voyage à Arzroum, autre traduction Voyage à Erzeroum, récit (1836)
- Alexandre Radichtchev (1836)

Romans et prose :
- Eugène Onéguine (1823-1831), roman en vers, mis en opéra par Tchaïkovski (1879)
- Un Roman par lettres (1829), roman commencé en 1829 et resté inachevé, publié en 185730
- Doubrovsky (1832-1833), roman publié en 1841
- Histoire de la révolte de Pougatchev (1834)
- La Fille du capitaine, roman (1836)
- Itinéraire de Moscou à Pétersbourg

Poésie
- Poésies, recueil de poèmes
- Souvenirs à Tsarskoïe Selo (1814)
- Ode à la liberté (1817)
- Rouslan et Ludmila, Poème épique (1817-1820), mis en opéra par Glinka (1842)
- Le Prisonnier du Caucase (1821)
- La Gabrieliade (Gavriliada, 1821)
- La Fontaine de Bakhtchisaraï (1824)
- Les Tsiganes (1824), mis en opéra par Rachmaninov (1893)
- Le Comte Nouline (1825)
- Le Fiancé (1825)
- La Tempête (1827)
- Au fond des mines sibériennes (1827)
- Le Noyé (1828)
- Le Matin d'hiver (1829)
- L'Avalanche (1829)
- Poltava, poème (1828), mis en opéra par Tchaïkovski (1884)
- La Petite Maison de Kolomna (1830), mis en opéra par Stravinsky (1922)
- Le Cavalier de bronze, nouvelle en vers (1833)
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tom léo

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Re: Alexandre Sergueïevitch Pouchkine

Message par tom léo le Jeu 4 Oct - 22:16

Il me semble qu’un fil sur Pouchkine s’impose : encore aujourd’hui il est probablement considéré par une majorité de Russes comme LE poète nationale. Encore aujourd’hui on trouvera des compétitions de récitations de ses poèmes, et pas mal de Russes vont pouvoir réciter « leur » poème préféré. Bien sûr, la poèsie est parfois pas traduisible, et des Russes ont dit de traductions que ce qui sonne magnifiquemment bien en Russe, arrive dans la langue étrangère comme un bruit incompréhensible dont on n’arrive pas à apprécier la juste valeur.

Connaissant le Russe un peu, j’aime lire alors bilingue : en Russe pour la mélodie et la beauté de la langue, et en traduction pour la compréhension.

Bien sûr – et on le voit en haut alors dans l’énumération de ses œuvres, Pouchkine était aussi dramaturge, prosaiste, journaliste etc. Mais au-délà de son œuvre proprement dit, je pense que beaucopup de Russes ont pu se reconnaître dans cet homme, si dissolue d’un coté, puis persecuté, mais aussi d’une profondeur stupéfiante, voir d’une foi profonde. Ces contradicitions réunies dans une même personne a de quoi attirer certains…

Ce fil peut comprendre les commentaires sur des œuvres, ou des citations. Je vais prochainement parler un peu d’un recueil de poèmes.
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Re: Alexandre Sergueïevitch Pouchkine

Message par bix_229 le Jeu 4 Oct - 23:38

Les Russes, d' accord.
Mais existe-t-il des traductions françaises qui rendent compte de son génie poétique ?
Sa prose, en revanche, et pour ce que j' en ai lu, est belle.
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bix_229

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Re: Alexandre Sergueïevitch Pouchkine

Message par tom léo le Sam 6 Oct - 9:55

1830
Поэту/Au poète

Поэт! не дорожи любовию народной.
Poète ! Détache-toi de l’amour d’autrui
Восторженных похвал пройдет минутный шум;
Les louanges ne sont qu’un bruit que la minute efface
Услышишь суд глупца и смех толпы холодной,
Tu entendras la moquerie et tu sentiras la foule glaciale
Но ты останься тверд, спокоен и угрюм.
Mais tu resteras fort, calme et pensif.

Ты царь: живи один. Дорогою свободной
Tu es roi. Ta voie est libre,
Иди, куда влечет тебя свободный ум,
Va où le désir libère ton esprit,
Усовершенствуя плоды любимых дум,
Goûte aux fruits qui poussent sur le malheur,
Не требуя наград за подвиг благородный.
Sans exiger jamais nulle récompense.

Они в самом тебе. Ты сам свой высший суд;
Tu es toi-même ta seule cour suprême ;
Всех строже оценить умеешь ты свой труд.
Evalue justement le fruit de ton travail.
Ты им доволен ли, взыскательный художник?
As-tu la satisfaction exigeante de l’artiste ?

Доволен? Так пускай толпа его бранит
Satisfait ? Laisse la cohue te balloter
И плюет на алтарь, где твой огонь горит,
Laisse cracher sur l’autel où le feu brûle,
И в детской резвости колеблет твой треножник.
Et, dans leur espiègleries d’enfant, laisse-les secouer ton trépied.

июля 1830/Juillet 1830

(Source: http://artgitato.com/alexandre-pouchkine-1830-au-poete/ )
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Re: Alexandre Sergueïevitch Pouchkine

Message par tom léo le Mer 17 Oct - 8:10

L’heure de la nuit


Poèmes, choix, traduction , présentation et notes de Christiane Pighetti
Avec des desseins d’Alexandre Pouchkine

4ème de couverture : a écrit:Après une vie de désordres, après les clubs révolutionnaires, les innombrables duels, les écrits séditieux et tout ce qui lui valut l'exil de ses jeunes années, c'est-à-dire, l'assignation à résidence hors de la capitale sous Alexandre 1er, Pouchkine, en dépit du succès foudroyant de ses premières œuvres, lance le jour de son 29e anniversaire : " Vie, don inutile, don fortuit / à quoi bon m'es-tu donnée ". La conscience, le remords et la conviction intime de son iniquité, hantent l'œuvre des dernières années. Il se sent poursuivi par un homme noir, menacé par un malheur qu'il ne peut ni éviter ni prévoir.
Lecteur assidu de la Bible à laquelle, en filigrane, il fait partout référence, il a la conviction que l'inspiration est authentique révélation et, jusqu'à la veille de sa mort, souligne le caractère sacré de l'œuvre poétique.
Les poèmes publiés en version bilingue sont extraits de l'ensemble de son œuvre et illustrés de croquis souvent plein d'humour de l'auteur.


Le titre du livre annonce l’orientation de Pighetti dans le choix (excellent!) des textes, poèmes. Elle en prend à partir de la période commençant autour de 1826. Alors Pouchkine fût (mais certes depuis toujours) spécialement poursuivi par une sorte d’angoisse existentielle qui parfois produit des œuvres majeures. Qui dit cette angoisse pourrait dire : « vocation, destin, folie... » On sent à travers de ses lignes une interrogation existentielle, aussi parfois la vie devant, avec la mort (lui qui avait perdu autour de l’année 1830 plusieurs êtres très proches). Interrogations qui portent le poète vers ce qu’on pourrait presque appeler une vocation « sacrée ».

J’ai beaucoup aimé le choix de ces poèmes, l’un plus fort que l’autre. On y trouve un homme en quête, en doute, quelqu’un qui nous est proche. Et alors les Russes qui l’aiment, ne se trompent pas...


mots-clés : #poésie
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Re: Alexandre Sergueïevitch Pouchkine

Message par tom léo le Mer 17 Oct - 11:51

О сколько нам открытий чудных
Готовят просвещенья дух
И опыт, сын ошибок трудных,
И гений, парадоксов друг,
И случай, бог изобретатель.

Ô que de merveilleuses découvertes
nous réservent : un esprit éclairé,
l’expérience née d’erreurs cuisantes,
le génie, ami des paradoxes,
le hasard, dieu de l’invention.
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Re: Alexandre Sergueïevitch Pouchkine

Message par Bédoulène le Mer 17 Oct - 21:24

merci Tom Léo !

une ou deux photos des dessins ?

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
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Re: Alexandre Sergueïevitch Pouchkine

Message par tom léo le Jeu 25 Oct - 14:39

СТИХИ,
СОЧИНЕННЫЕ НОЧЬЮ
ВО ВРЕМЯ БЕССОННИЦЫ


Мне не спится, нет огня;
Всюду мрак и сон докучный.
Ход часов лишь однозвучный
Раздается близ меня,
Парки бабье лепетанье,
Спящей ночи трепетанье,
Жизни мышья беготня...
Что тревожишь ты меня?
Что ты значишь, скучный шепот?
Укоризна, или ропот
Мной утраченного дня?
От меня чего ты хочешь?
Ты зовешь или пророчишь?
Я понять тебя хочу,
Смысла я в тебе ищу…

Vers composés de nuit
au cours d’une insomnie


Je ne dors pas. Aucune lueur.
Rien que ténèbres, songes importuns.
Toutes proches dans la nuit
les heures sonnent, monotones :
balbutiement de Parques,
palpitations de nuits endormies
ou trot de souris de la vie…
Triste murmure, que veux-tu dire ?
Pourquoi venir m’alarmer ?
Est-ce un reproche ? Plainte d’un jour
par ma faute à jamais perdu ?
Qu’attends-tu de moi enfin :
Tu appeles ? Tu prophétises ?
J’aimerais comprendre,
trouver un sens…

Octobre 1830, Boldino
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Re: Alexandre Sergueïevitch Pouchkine

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