Salman Rushdie

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Salman Rushdie

Message par topocl le Sam 10 Déc - 9:44

Salman Rushdie
Né en1947



Ahmed Salman Rushdie, né le 19 juin 1947 à Bombay, est un écrivain britannique d'origine indienne. Son style narratif, mêlant mythe et fantaisie avec la vie réelle, a été qualifié de réalisme magique. Objet d'une fatwa de l'ayatollah Rouhollah Khomeini à la suite de la publication de son roman Les Versets sataniques, il est devenu un symbole de la lutte pour la liberté d'expression et contre l'obscurantisme religieux.

Rushdie quitte son pays à l'âge de quatorze ans pour vivre au Royaume-Uni. Sa langue maternelle est l'ourdou, mais la majeure partie de son œuvre est écrite en anglais. Sa carrière d'écrivain débute avec Grimus, un conte fantastique qui passe inaperçu. En 1981, il accède à la notoriété avec Les Enfants de minuit pour lequel il est récompensé du James Tait Black Memorial Prize et le Booker Prize. Les Enfants de minuit a plus tard été désigné comme le meilleur roman ayant reçu le prix Booker au cours 40 dernières années. Après ce succès, Rushdie écrit un roman, La Honte, dans lequel il décrit l'agitation politique au Pakistan et dont les personnages sont inspirés de Zulfikar Alî Bhutto et du général Muhammad Zia-ul-Haq.

En novembre 1993, à la suite d'une vague d'assassinats d'écrivains en Algérie, il fait partie des fondateurs du Parlement international des écrivains, une organisation consacrée à la protection de la liberté d'expression des écrivains dans le monde.
Salman Rushdie s'oppose au projet du gouvernement britannique d'introduire en droit le crime de haine raciale et religieuse, ce qu'il a exposé dans sa contribution La libre expression n'est pas une offense, un recueil d'essais publié par Penguin en novembre 2005.

En juin 2007, Salman Rushdie reçoit le titre de chevalier par la reine d'Angleterre. Cette distinction provoque la colère du Pakistan. Le ministre des Affaires étrangères, Ijaz Ul-Haq, estime que cette décoration pourrait justifier des attentats-suicide. Ces protestations officielles sont accompagnées de manifestations au Pakistan où des effigies de la reine Élisabeth II et de Salman Rushdie sont brûlées. L'Iran condamne également cette distinction et des voix politiques et religieuses rappellent que la fatwa contre l'écrivain est toujours en vigueur. D'autres réactions ont eu lieu en Égypte, en Malaisie, en Afghanistan et en Inde.

L'affaire des versets sataniques
En 1988, la publication des Versets sataniques soulève une vague d'indignation dans le monde musulman, en raison de sa description jugée irrévérencieuse du prophète Mahomet. Le livre décrit un prophète de Dieu nommé « Mahound » qui mélange des « vers sataniques avec le divin ». L’Inde bannit le livre, imitée par l’Afrique du Sud puis par le Pakistan, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Somalie, le Bangladesh, le Soudan, la Tunisie, la Malaisie, l’Indonésie et le Qatar les semaines suivantes. Le roman est l'objet d’un autodafé à Bradford au Royaume-Uni. Le 12 février, cinq personnes sont tuées par la police pendant une manifestation à Islamabad contre l'ouvrage.

Le 14 février 1989, une fatwa réclamant l’exécution de Rushdie est émise sur Radio Téhéran par l’ayatollah Rouhollah Khomeini, guide de la révolution de l’Iran. Il le condamne aussi pour apostasie, ce qui, selon l'interprétation actuelle majoritaire d'un hadith, est passible de mort. Khomeini précise que c’est désormais la responsabilité de tout musulman d’exécuter Rushdie et ses éditeurs.
À la suite de cette déclaration, une récompense est offerte pour la mort de Rushdie, qui est contraint de vivre dès lors sous une protection financée par les autorités britanniques. Le 11 juillet 1991, le traducteur japonais de Rushdie est poignardé à mort ; son traducteur italien avait été poignardé à Milan quelques jours plus tôt. En 1993, son éditeur norvégien survit de justesse à plusieurs coups de feu. Le 2 juillet 1993, trente-sept personnes sont tuées lorsque leur hôtel à Sivas en Turquie est incendié par des manifestants contre Aziz Nesin, le traducteur turc de Rushdie.

En octobre 1992, Rushdie fait sa première apparition publique depuis la fatwa lancée contre lui, à Helsinki, dans le cadre de l’assemblée annuelle du Conseil nordique, au côté de Bernard-Henri Lévy, qui lui cédera son temps de parole.

Le 24 septembre 1998, le gouvernement iranien annonce officiellement son renoncement à accomplir la fatwa, mais déclare qu'elle ne pouvait être annulée selon la loi islamique. Même si la menace de mort qui pèse sur lui n'est pas pour autant relevée, Rushdie abandonne alors son nom d'emprunt Joseph Anton.
Après la mort de Khomeini en 1989, Rushdie a publié un essai en 1990, De bonne foi, en signe d’apaisement et a publié des excuses dans lesquelles il a réaffirmé son respect pour l’islam.
source : wikipédia

Œuvre en français

Romans
Grimus, 1975,
Les Enfants de minuit  1981
La Honte  1983
Les Versets sataniques , 1988
Le Dernier Soupir du Maure , 1995
La Terre sous ses pieds, Plon, 1999
Furie , 2001
Shalimar le Clown, 2005
L'Enchanteresse de Florence, 2008
Joseph Anton, 2012)
Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits,  2016

Essais
Le Sourire du Jaguar  1987
Patries imaginaires1992
Franchissez la ligne 2002

Littérature d'enfance et de jeunesse
Haroun et la mer des Histoires, 1991
Lukas et le feu de la vie, 2010


Dernière édition par topocl le Sam 10 Déc - 9:48, édité 1 fois

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Re: Salman Rushdie

Message par topocl le Sam 10 Déc - 9:48

Joseph Anton, une autobiographie



...ou… comment la réalité dépasse (et de loin) la fiction, nous rappelle que nous vivons dans un monde de dingues, de lâches et de courageux, où nous avons tort de dormir sur nos deux oreilles .

Vous n’avez rien compris à la fatwa lancée contre Salman Rushdie ? Vous saurez tout. Vous croyez tout en savoir ? Vous en saurez encore plus. Salman Rushdie a décidé de tout dire, de A à Z, de haut en bas, de gauche à droite, sans laisser passer un détail, sans oublier un nom, une anecdote ou une péripétie. Cela donne une impression de logorrhée obsessionnelle qui est assez jubilatoire, et curieusement, malgré 724 pages fort copieuses, on ne se lasse pas, on accroche à ce récit tout à fait passionnant. On a curieusement en même temps l’ impression que Salman Rushdie est à côté de nous pour nous raconter cette histoire, avec une vivacité qui évoque l’oralité, mais que c'est aussi formidablement écrit, avec un style époustouflant.

Salman Rushdie explique comment on vit, comment on aime (ses femmes, ses fils, ses amis…)ou déteste (quelques règlements de comptes affûtés), comment on écrit, publie, et surtout comment on se bat dans une situation aussi tragique, à la fois kafkaïenne et ubuesque et cela nous donne un récit palpitant, un thriller qu’on a du mal à lâcher, un roman d'aventures des temps modernes.

Mais il ne s'en tient pas la, c'est aussi une profonde réflexion sur qu’est ce écrire, qu'est-ce qu’exprimer sa liberté, qu’ est ce qui est acceptable et y a t’il des choses qui ne le sont pas, jusqu'où mener un combat, et en même temps un grand cri d'alarme face aux fondamentalistes terroristes, et donneurs de leçons en tous genres.

Et cela finit en apothéose, sur fond de 11 septembre, pour nous expliquer ce que la littérature a bien compris, que les hommes sont multiples, profonds, complexes, et que cette complexité même leur donne toujours la possibilité d'avoir quelque chose en commun, au contraire de ce que peuvent dire tous les nationalistes et extrémistes religieux, et que c'est pour ça que la littérature, ou l'art, doivent être protégés, parce qu’ils sont un pont entre les hommes et que sans eux, nous ne survivrons pas.

Salman Rushdie alias Joseph Anton dresse de lui-même un superbe portrait tout en complexité, alternativement humble et arrogant, généreux ou insupportable, adolescent ou réfléchi, un homme que le destin a malmené et dont il parle avec recul, intelligence, humour, sans complaisance aucune. Un homme qui n’a (presque) jamais cessé d’écrire :


   Il était très ému parce que l'achèvement du Dernier soupir du Maure, plus encore que celui de Haroun et la mer des histoires, était une victoire qu'il avait remportée sur les forces obscures. Même s’ils le tuaient maintenant ils ne pourraient pas le vaincre. Il n'avait pas été réduit au silence. Il avait continué d'écrire

…ni de se battre :

   Mais il savait qu'il devait continuer et qu'il allait le faire, calquant sa conduite sur celle de l'irrésistible Innommable de Beckett. Je ne peux pas continuer. Je continue

et qui se retourne sur son histoire en refusant qu'elle ne lui dicte sa vie :

   
Ce ne serait pas comme avant mais ce serait bien


Je ne peux reprocher qu'une chose Salman Rushdie aujourd'hui, c’est qu’il m'a donné envie de relire tous ses livres dont on suit avec éblouissement l'élaboration.

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #autobiographie

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Re: Salman Rushdie

Message par bix_229 le Sam 25 Mar - 20:04

Bine dit, Topocl !
Un grand livre !
Une somme sur la liberté d' expression face au fanatisme religieux et politique.


"Cher lecteur,

Merci pour ces bonnes paroles sur mon travail.
Puis-je me permettre de rappeler cette vérité élémentaire, à savoir que la liberté d' écrire est
étroitement lié à la liberté de lire, et que vous lectures ne doivent pas etre choisies, interdites
ou censurées par quelque clergé ou Communauté Outragée que ce soit.
Depuis quand une oeuvre d' art doit-elle etre définie par ceux qui e l' aiment pas ?
La valeur de l' art est dans l' amour qu' il engendre, pas dans la haine.
C' est l' amour qui fait durer les livres. Ne cessez jamais de lire."

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Re: Salman Rushdie

Message par Marie le Dim 26 Mar - 4:11



Les enfants de minuit
traduit de l'anglais par Jean Guiloineau

J'ai fini. J'ai fini, et trouvé que la lecture suivante manquait un peu.. d'épices?
Alors, il était une fois..
Non, je ne crois pas que ce soit un roman que l'on puisse résumer brièvement.
Sinon, il faudrait parler de quoi? D'un garçon de 30 ans, plein de fissures qui se creusent de plus en plus, Saleem Sinaï dit Morve au nez (il a bien d'autres qualificatifs). Qui , s'efforçant de conter plus vite que Shéhérazade , va raconter son histoire, celle de sa famille, celle de ses pays, l'Inde et le Pakistan.
Il faudrait parler des trous, trous dans les draps, trous dans les estomacs, de fragments, fragments de corps aimés successivement ou représentatifs d'un individu, nez, oreilles, genoux. du mercurochrome et du sang. Des crachoirs incrustés de lapis -lazulis. Des mères qui ne sont pas les vraies mères mais qui seront les vraies grands-mères. Et bien, oui. C'est comme cela.

Bien sûr de ce qui s'est passé le 15 août 1947 à minuit et dans l'heure qui a suivi. Des tétrapodes, de la lettre du Premier ministre, des serpents ( il y en a beaucoup) , du Singe de cuivre (qui ,après avoir chanté mange du pain au couvent, mais..chut! ), de l'importance des coffres à linge et des chutes de vélo dans le parcours d'une existence,
Des mille et un enfants de minuit, de leurs congrès et de leurs pouvoirs. Dont deux en particulier, Shiva, bien sûr et Parvati la Sorcière. De la Veuve dont les cheveux sont séparés par une raie au milieu, verts sur la gauche, noirs sur la droite. De la Veuve qui stérilise.. D'une confession , de cinéma indien, de cors aux pieds, de caves et de tapis.
De guerres qui détruisent les familles, de soldats de religion différentes ( à certains on promet au ciel quatre houris magnifiques , à d'autres d'être réincarnés en blattes ou en scorpions, ça change la donne, quand même) . De jungle et du bouddha qui tient le rôle du chien …Et du fameux chutney vert, le seul, l'unique, mais la recette, alors là..
Compliqué? Pas vraiment, qui est donc ce Saleem?:
Ma réponse: je suis la somme totale de tout ce qui m'a précédé, de tout ce que j'ai été, de tout ce qu'on m'a fait. Je suis tout le monde, toutes les choses dont la venue au monde fut affectée par la mienne. Je suis tout ce qui arrivera quand je ne serai plus et qui ne serait pas arrivé si je n'étais pas venu. Et je ne suis pas particulièrement exceptionnnel dans ce domaine; chaque « moi » , chacun des plus des six cent millions que nous sommes maintenant contient une multitude semblable. Je le répète pour la dernière fois: pour me comprendre, vous devez avaler tout un monde.

Saleem, en racontant son histoire , nous raconte l'histoire de l'Inde et du Pakistan, ses gouvernements successifs, ses guerres, ses classes sociales, ses modes de vie.
Tout cela semble un peu confus? Raconté par moi, je ne le conteste pas! Mais je ne suis pas Salman Rushdie , qui parvient ,dans la construction de cette épopée,de ce fleuve littéraire très agité, non seulement à nous tenir constamment en haleine, mais aussi à régulièrement faire des rappels, mises au point, répétitions des thèmes récurrents métaphoriques principaux.
Ce n'est pas compliqué, c'est dense, burlesque, très drôle, vif, coloré, épicé, la langue est un régal( excellente traduction de Jean Guiloineau) le rythme est assez infernal, et je n'ai pas ressenti un moment d'ennui.
Par contre, difficile de nier que pour mieux comprendre de quoi il parlait , j'ai dû consulter régulièrement l'histoire plus officielle car les principaux évènements historiques sont dévoilés, distillés, et mêlés à toutes les histoires familiales et digressions de tous ordres.

Mais je ne me fais pas de souci quant à la conservation de cette histoire , prête à être transmise, car c'est à cela que sert la littérature. Elle tient dans " trente bocaux rangés sur une étagère, attendant d'être lâchés dans la nation amnésique ".
"Conserver, après tout, c'est donner l'immortalité; poissons, légumes, fruits, sont embaumés dans le vinaigre et les épices; une certaine altération, une légère intensification du goût ne sont sans doute pas bien graves. L'art consiste à changer la saveur en degré et non en nature; et, par dessus-tout, lui donner forme- c'est à dire sens ( J'ai déjà parlé de ma peur de l'absurdité). Un jour, peut être, le monde goûtera mes conserves d'histoire. Elles pourront être trop fortes pour certains palais, leurs odeurs pourront être trop violentes, des larmes pourront en venir aux yeux; j'espère cependant qu'il sera possible de dire d'elles qu'elles ont le goût authentique de la vérité..qu'elles sont, en dépit de tout, des actes d'amour."

J'y ai goûté, les ai trouvées tout à fait à mon goût, et me demande pourquoi j'ai mis tant de temps à lire Salman Rushdie!

récup
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Re: Salman Rushdie

Message par topocl le Dim 26 Mar - 9:25

Les enfants de minuit



Il s'agit d'une relecture, et , ça m'ennuie de le dire, je suis un peu déçue. Je n’ai pas retrouvé l’enchantement de ma première lecture, qui, à l’époque, correspondait exactement à l'enthousiasme exprimé plus haut par Marie dans son excellent commentaire. Là, j'ai eu, par moments, des accès d'ennuis, ou une vague sensation d’indigestion face à cette logorrhée aux redondances obsessionnelles et assumées. Je ne dois pas être en super-forme et  c’est une lecture exigeante. Je ne voudrais pas que cela décourage d’éventuels autres lecteurs, car, si je passe en mode objectif, je ne peux que reconnaître que ce livre est un monument, monument de littérature, monument de créativité, monument d’humour. À propos de monuments, avec ce roman, qui est la parole d'un musulman impertinent en Inde et au Pakistan, on évoquera paradoxalement un temple hindou, avec ce que cela implique de tradition, mais aussi de quotidien intimiste et passionné, de folie exubérante, de créativité provocatrice, de sagesse et d'humour. Itinéraire d'un homme, d'une famille, et de deux  pays à travers le siècle, raconté par un écrivain qui se raconte écrivant,  siècle Les enfants de minuit est le livre d'un conteur géant, filou et facétieux, dont l'intelligence, l'imagination et l'humour fleurissent à chaque page : ne tenez donc pas compte de mes réserves chagrines, et essayez-le, un jour où vous n’aurez pas envie d’un délicat roman intimiste !

(commentaire récupéré)

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