Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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La date/heure actuelle est Lun 27 Mai - 23:58

331 résultats trouvés pour nouvelle

Alice Munro

C'était un peu trop «minimaliste» pour moi aussi quand j'ai commencé à la lire, et puis j'ai réalisé que chaque mot avait son importance dans ses textes, elle doit beaucoup gommer! Et même de temps en temps un éclair dans une phrase qu'il ne faut pas laisser passer... Oui... c'est un regard, un état des lieux qui nous contraint souvent à imaginer plus du fonctionnement de ses personnages. C'est dans le recueil  intitulé Les lunes de Jupiter qu'elle décrit un peu plus son cheminement en écriture.

Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 513t9k10

Les lunes de Jupiter
traduit de l'anglais ( Canada) par Colette Tonge

D'emblée, Alice Munro , dans la deuxième partie de la première nouvelle, annonce la couleur sur son projet d'écriture. Une tombe, d'un «ermite» inconnu. Recueilli pour ses derniers moments par un fermier et ses filles, qui sont les tantes de la narratrice. Qui était cet homme et que s'est-il passé? On n'en saura rien.

Plus jeune, j'aurais imaginé une histoire . J'aurais affirmé que Mr Black était amoureux d'une de mes tantes..

Plus tard.. j'aurais établi une relation plausible et horrible entre son silence et la façon dont il est mort.

Mais..: Je ne crois plus aujourd'hui que les secrets des gens soient définis et communicables, ni que leurs sentiments soient pleinement épanouis et facilement reconnaissables. Je ne le crois pas. Tout ce que je puis dire, c'est que les soeurs de mon père frottaient le plancher à la lessive, qu'elles moyettaient l'avoine et trayaient les vaches à la main.

Voilà.. Elle ne peut plus raconter que ce qu'elle voit, ou a vu. A nous, ou non, d'imaginer le reste. Alice Munro ne fait que montrer. Et surtout pas démontrer, même si les personnages de ces nouvelles, le plus souvent des femmes, mais pas toujours, "démontrent" elles-même. A travers son regard. Dans ce qu'elle leur fait dire. En particulier, et c'est un thème récurrent ici,  les situations dans lesquelles ces femmes s'engouffrent continuellement, en répétant encore et encore, notamment les choix de conjoints ou compagnons qui ne pourront jamais leur apporter ce qu'elles souhaitent, faisant ainsi leur propre malheur. Alice Munro capte un moment d'existence de ses personnages, en laisse deviner d'autres dans leur futur, conséquences logiques pour le lecteur, ne conclut jamais, ne juge jamais. C'est juste un regard, mais très acéré.

La part autobiographique existe certainement, mais n'a pas grande importance, à mon avis. Par exemple dans la dernière nouvelle qui donne son titre au recueil, peu importent finalement les circonstances de la mort d'un père. C'est plus un éclair de compréhension dans le cerveau d'une femme, d'une fille et d'une mère. Ce qui a manqué dans ses relations avec lui, et il est trop tard. Ce qu'elle a manqué dans ses relations avec ses filles, et il est bien tard aussi. Cette femme en tirera-t-elle des conclusions? Peut-être. Nous, oui, mais pour nous, c'est... décrypté avec brio.

Ces nouvelles sont très denses, dans tout ce qui n'est pas dit d'une part, qui pousse l'imaginaire, et aussi car au milieu de la banalité du récit lui-même, il ne faut pas rater «la» phrase , ou même le mot qui ouvre sur autre chose.

«Brian était simplement quelque chose qu'il fallait supporter, comme le froid glacial du hangar où on vidait les dindes et l'odeur de sang et de boyaux».

Rien à en dire de plus, de ce Brian? Si, plus tard, bien après. Il n'y a aucune sentimentalité, aucune étude psychologique, tout juste ressent-on une empathie certaine pour ses personnages, en tout cas la lucidité d'un regard, c'est-à-dire le sien.


mots-clés : #nouvelle #conditionfeminine
par Marie
le Mar 6 Déc - 2:46
 
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Sujet: Alice Munro
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Janet Frame

Le lagon et autres nouvelles

Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 41yctq10


Avant toute chose , il faut replacer ce livre dans son contexte :  en effet c'est en 1951 que celui-ci parut , alors même que Janet Frame diagnostiquée schizophrène depuis des années et hantant les couloirs des hôpitaux de Nouvelle-Zélande échappait à une lobotomie,( après avoir subi nombreux électrochocs ) grâce à un autre regard enfin ....celui qui lui permettra de trouver sa place au sein de la société et d'exister pour ce qu'elle était ...au delà des étiquettes psychiatriques !

Si le diagnostic médical fut démentit plus tard par d'autres médecins , la réhabilitant au sein des gens "normaux" facilitant probablement la publication de ses écrits , il n'en reste pas moins vrai que ce premier recueil de nouvelles traduit malgré tout une forme de pensée "différente" , échappant quelquefois à la logique , à la linéarité .....

Nouvelles ? Est-ce vraiment le terme juste pour qualifier ces écrits , souvent libres de toutes contraintes de forme et quelquefois de sens .....

Chacune de ces petites histoires , quelquefois racontées à hauteur d'enfant fait surgir une émotion fugace , et violente souvent ....Janet Frame laisse parler son monde intérieur , à la fois candide et très  éloigné de quelque maturité affective et psychique ...au cours d'une narration à peu près "construite , sa plume semble glisser , dériver  soudain vers d'autres images qui s'imbriquent curieusement , dans le discours sans logique apparente  ....On remarquera  donc ,dans ce premier livre de Janet Frame , des moments où la cohérence de pensée est là ,mais soudainement une sorte de défragmentation apparait ,traduisant ainsi un état psychotique certain .



Schizophrène ou pas ? Quelle importance ! D'ailleurs la maladie mentale n'a jamais empêché la créativité et n'enlève rien à l'intelligence ....Le basculement de la névrose à la psychose tient quelquefois à un fil si si ténu .

Se laisser aller à l'écriture de Janet Frame , c'est accepter de se libérer des contraintes de la pensée , et de s'envoler vers d'autres contrées .....
J'ai eu un immense coup de coeur , j'aime cette femme , j'aime son monde , je la devine quelquefois , je ne la comprends pas toujours , je la ressens avec une intensité rare , rassurante et mystérieuse pourtant .


mots-clés : #nouvelle
par églantine
le Lun 5 Déc - 20:53
 
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Sujet: Janet Frame
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Rick Bass

Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 Rick_b10 Platte river

Un style au bord de l'indigence, avec des répétitions bien inutiles et des phrases qui pourraient être construites par un enfant de cinq ans. Mais heureusement, chaque histoire de Platte River est comme une petite aventure à lire comme un récit de bagarre, de chasse, de pirates ou de capes et d'épées, une vraie plongée dans un univers bizarre, farfelu, dérangé comme une chambre d'enfant. Un prédicateur trop vieux qui se met à patiner sur la glace fondante d'une rivière pour aller s'occuper d'un jardin potager. Une femme qui se baigne nue rappelant aux anciens l'époque où pendant une semaine tous les villageois vivaient à la mode d'Adam et Eve.
Un type bien costaud et souvent à poil qui soulève des vaches et ne rentre pas dans les voitures… Un couple qui se course en pleine forêt pour essayer de s'aimer encore.

C'est assez loufoque pour qu'on oublie très vite la pauvreté du vocabulaire et l'intérêt  se porte rapidement sur ces drôles de personnages, qui dans leur dinguerie douce apporte un souffle particulier à la lecture. Dépressif ou suicidaire, certains semblent avoir des vies trop grandes pour eux et en souffrir, tous semblent trouver un apaisement dans la nature et cette eau des rivières qui court inlassablement. Lecture détente qui sous couvert de raconter des drôleries dénude consciencieusement et sans en avoir l'air nos petites frontières, nos petites rigueurs, nos bizarres interdits et nous incite à nous interroger sur ce que la nature sauvage peut apporter de baume à des êtres en souffrance. Lecture bien plus riche, sombre et éloquente qu'elle ne paraissait l'être au commencement...



mots-clés : #nouvelle
par shanidar
le Lun 5 Déc - 17:09
 
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Sujet: Rick Bass
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Rick Bass

Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 Bass10

La vie des pierres
Originale : The Lives of Rocks (Anglais/E-U, 2006)

Je partage l'enthousiasme pour Rick Bass dont j'ai lu jusqu'à maintenant quatre ou cinq livres. Mes premières découvertes étaient des recueils de nouvelles que j'ai énormément apprécié. C'était vraiment une «autre» lecture! Voici le premier recueil lu il y a quelque temps :

CONTENU :

Recueil de dix nouvelles de 6 à 70 pages de longueur, qui mettent quasiment toujours en relation des personnes entre eux d'un coté, et dans leurs rapports avec la nature et le difficile équilibre écologique. En détail :

- l'amitié entre deux garçons (Richard et Kirby) et avec Annie. Ils se rencontrent la plupart du temps à l'ombre de bâtiments industriels de la pétrochimie et au bord d'un fleuve pollué. C'est là qu'ils jouent leurs jeux, par exemple avec une grue abandonnée

- le premier élan/cerf chassé et tué par une jeune fille. Deux fermiers plus murs lui montrent comment dépecer la bête : un acte presque mythique d'un savoir faire et le début d'une complicité

- un couple divorcé où c'est la mère qui s'occupe des enfants. Le père, alcoolique, est plein d'admiration pour son cadet, l'observe de loin, cherche sa proximité

- la sortie en kayak de deux amoureux : moment d'une liberté et d'amour immense en pleine nature

- Jyl récupère après son cancer dans la solitude des montagnes et sa maison isolée. Ses prochains voisins : une famille intégriste, occupée de jour et de nuit. Deux des enfants viennent s'occuper un peu d'elle. Début d'une amitié ?

- Transition de quelqu'un de l'état de celui qui «a pris tout le temps» vers quelqu'un qui veut donner et être un militant pour la sauvegarde de sa vallée sauvage (par ailleurs la vallée de l'auteur!). Probablement parmi les récits les plus autobiographiques ?!

- Mètre par mètre un jeune couple avance à travers une tempête avec des vents très forts sur la route encombrée par les arbres tombés, pour aller en ville : elle devrait s'y rendre pour accoucher

- deux amis essaient avec enthousiasme mais aussi un peu d'amateurisme de monter une ferme de bétail. Nouvelle assez drolatique où ils vont tomber sur un vendeur d'un espèce rare...

- deux frères : Sam et le narrateur Jackie. Sam est assez entreprenant et entame une relation avec la professeur de Jackie, d'une dizaine d'année plus âgée...

- encore une fois deux frères : l'un avec un caractère d'exploiteur, avide, affamé à l'argent et la grandeur. Le narrateur par contre paraît d'un naturel rêveur, poétique, proche de la nature. Lors de vacances familiales il devient témoin d'un phénomène devenu après presque inexistant : une sorte de raz-de-marée d'eau douce dans le golfe de Mexique après de fortes pluie en montagnes.


REMARQUES :

Dans notre bibliothèque j'avais par deux reprises ce livre dans les mains avant de ne le prendre finalement à cause de la 4ème de couverture attirante (Christian Bourgeois). Non, je ne le connaissais pas avant. Et que je le dise toute de suite : quelle excellente choix, quel beau livre. Toutes ces nouvelles m'ont plu, avec mention spécial pour « La vie des pierres » ?! On y trouve une langue soignée, mais avant tout un contenu qui lie une conscience écologique (sans idéologie) avec une bonne dose d'humour et une connaissance de relations entre humains, et de l'être humain avec son impacte dans la nature.

Dans toutes ses nouvelles paraissent plus ou moins tardivement un problème, un phénomène, un fait de la nature, de l'ordre de l'écologie : le fragile équilibre entre les différents vecteurs et acteurs dans et de la nature. Celle-ci est d'un coté dotée de quelque chose d'immuable, de majestueuse, d'éternelle (les rochers!!! De là peut-être la forte et sensible attirance pour la géologie qui est à plusieurs reprises le métier de protagonistes des nouvelles ET aussi le métier d'origine de Rick Bass?). Mais dans ses formes de vie elle est fragile, soumise à l'ingérence, menacée par l'exploitation par les hommes.

Alors transparaît des fois très distinctement la révolte de l'auteur, de Rick Bass, et on devine son militantisme pour la cause écologique. Écriture et vie semblent se compléter en sa vie. Malgré la résignation des fois possible face à la tâche, il n'accuse pas juste et simplement, il ne semble pas devenir amère à l'extrême et «imbuvable». Des fois je sentais plutôt une forme de profonde mélancolie, une forme de tristesse ou nostalgie qui pourtant ne baissent pas les bras. Pour lui la nature dans toutes ses dimensions (faune, flore et minéralogique) n'est pas seulement une entité à respecter pour des besoins égoïstes, mais aussi des valeurs en soi, détenteur d'une forme de grandeur, voir de dignité, de «vie». Cela ne peut que provoquer en nous une forme d'humilité et de respect profond (en allemand on dirait «Ehrfurcht»).

Parfois nous nous trouvons dans ses nouvelles dans des situations où d'autres auteurs auraient à coup sûr choisi une fin spectaculaire, catastrophique, etc. Rien de tel chez Rick Bass. Il n'a pas besoin de ces artifices. On trouve malgré la gravité de certains propos une forme d'humour et bizarrement même de légèreté qui rendent la lecture tellement agréable. Il utilise ce faisant une langue concrète, descriptive, pas de tout, à mon avis, «de facture ou d'apparence intello». Donc une très belle découverte qui a mené peut-être vers d'autres lectures!



mots-clés : #nouvelle #nature
par tom léo
le Lun 5 Déc - 16:51
 
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Sujet: Rick Bass
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Marco Lodoli

Marco Lodoli
Né en 1956


Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 Imgmar10


Marco Lodoli est né à Rome en 1956, où il vit et enseigne dans un lycée de banlieue.

Entré en littérature par la poésie, il s’est lancé dans le roman avec succès, a écrit des nouvelles, des chansons et des articles dans La Repubblica.

En 1986, il a reçu le prix Mondello « première œuvre » pour son roman Chronique d’un siècle qui s’enfuit.

Collaborant régulièrement au quotidien La Repubblica, il rédige des chroniques de société, souvent à propos de la jeunesse, à partir de son expérience d’enseignant, ou encore des textes sur Rome, qui ont été regroupés dans le recueil Îles : guide vagabond de Rome.

Il est également critique de cinéma pour l’hebdomadaire Diario.


Oeuvres traduites en français :

Chronique d'un siècle qui s'enfuit
Boccacce (grimaces)
guide vagabond de Rome
Les Prétendants
Les Promesses
Grand cirque déglingue





Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 31mixn10

Les Prétendants

subjuguée par l’écriture de Lodoli, la tournure des phrases, les métaphores étonnantes, étranges, la poésie, le chant des mots même quand il s’agit d’évoquer la Mort.

Les trois histoires,  se déroulant dans la ville éternelle, qui composent le livre : La nuit, le Vent, les Fleurs  sont toutes de noir vêtues ; la mort  à petits pas , suit les personnages, discrète pour ne pas les heurter. Constantino, Luca, Tito emportés sur le tapis roulant de la vie ne peuvent plus retenir leur destin, ni le diriger, chacun à son « maître » ; le Fou pour l’un, le romancier pour l’autre et le Poète pour le dernier. Ils sont piégés, mais ils ont accepté d’entrer dans le piège.
Dans les plus  tristes destins l’amour et l’amitié volent leur  part à la mort.

Ces histoires sont absurdes, mais  les mots et les pensées pour les conter sont magiques, et il ne faut point en révéler le contenu sous peine d’abolir le charme. Ne pas oublier aussi Rome partenaire des personnages.

La première histoire m’a un peu déroutée, mise mal à l’aise, j’ai pensé abandonner le livre malgré l’attrait de l’écriture.

« En amont du fleuve, vers le nord, la ville devient plus clairsemée, moins dense. Seules quelques personnes sont restées sur les berges pour saluer les amants, l’obélisque du Foro Italico ressemble à la barrière levée d’un passage à niveau désaffecté : Constantino et Serena le franchissent en un effort ultime. Mais elle est trop loin la source, un filet d’eau entre des montagnes dont on distingue même pas les sommets, et qui n’existe peut-être que dans le paysage du cœur. »


Bien m’a pris de persister, la seconde histoire « le vent » m’a emportée dans son souffle. Et Lodoli lui-même se met en jeu et en peine, c’est le Maître, mais à regarder vivre ses personnages il ne les maîtrise  plus.

«Quand l’esprit carbure, il s’emballe tout seul, il récupère les vieilleries dissimulées dans les recoins habituels, il récite jusqu’à la nausée ce qu’il sait et qui ne lui sert à rien. Il passe du vernis incolore et il répète avec application, le même geste, obstinément, deux, trois, dix mille couches de vernis incolore, l’une sur l’autre, aller et retour sur l’enduit de façade. »

« J’ai dans l’idée que Dieu est un fichu commerçant, un vieux renard pour tout dire : nous lui achetons la vie à prix d’or, traite après traite, jour après jour, nous nous épuisons pour lui donner un sens et une valeur et puis nous la lui restituons pour pas un rond dans un râle. »


Les fleurs :  C’est  après des années de patience à regarder cette fenêtre qui luit la nuit que Tito prendra possession du   destin qui lui était annoncé, lequel était   niché la-haut  au dernier étage de la maison.  Il aura un ami Aurelio,  une femme Morella, tous deux des blessés de la vie et une bande de chiens errants pour compagnons.

« Je n’aurais jamais imaginé que mon existence puisse changer. C’était une existence à ma taille, du prêt-à-porter qu’il ne fallait ni  agrandir, ni rétrécir. En été, pourtant, quand j’allais nager le soir dans le lac, je pensais que ce puts obscur était, à sa manière, relié à la mer, qu’une veine d’eau s’écoulait souterrainement jusqu’à l’océan pour y faire flotter les navires, les corps de femmes, les cadavres, les dauphins. Alors je pissais, je larguais un peu de ma chaleur, je la laissais voyager. »

« La musique d’un orgue s’est engouffrée telle la bise dans l’église, les notes gerçaient. »

« Le fleuve courait devant nous gonflé d’eau, aussi livide qu’un noyé »

Conclusion de Tito
« Je sens que la tristesse est une insulte faite à la vie, qu’elle est un résidu d’orgueil qui veut imposer son pourquoi à ce qui n’a pas de pourquoi. Je sais qu’il me serait impossible d’expliquer tout cela à quelqu’un, je n’aurais pas les mots pour me faire comprendre, je pourrais seulement dire : « c’est ainsi, c’est monstrueux, et je ne désire pas qu’il en soit autrement. »


J’espère que ces extraits vous inciteront à la lecture de ce livre.



"message rapatrié"



mots-clés : #fantastique #nouvelle
par Bédoulène
le Lun 5 Déc - 9:45
 
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Sujet: Marco Lodoli
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Alice Munro

Je partage l'admiration devant les nouvelles (lues) d'Alice Munro. C'était un bonheur de les découvrir! J'en ai fait des observation sur un recueil:

Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 97827513

Trop de bonheur

Original : Too much happiness (Anglais/Canada, 2009 comme collection de dix stories, mais d'abord parus aussi partiellement dans diveres magazines littéraires)

Lu par moi en anglais. Très intéressant de lire Munro dans sa langue, si impressionante ! Il y a - comme quelqu'un l'exprimait - chez elle une "circoncision, la justesse du mot, la capacité de caractériser" … Je me joinds à ses remarques. Et j'ajoute quand même quelque notes sur le contenu :

Dimensions: Doree se trouve en voyage d'autobus vers son mari emprisonné, Lloyd. Quelque chose de vraiment choquant est arrivé, quelque chose d'impossible (?) va-t-il demander et raconter à sa femme. Quels perspectifs ?

Fiction : Joyce et Jon se sont enfui tôt de leur environnement d'origine, malgré toutes les possibilités ouvertes par leur intelligence. Ils vivent retirés, comme menuisier, comme professeur de musique. Edie, femme ayant eu des problèmes avec l'alcool et dont la fille de neuf ans suit les cours de Joyce, va travailler avec Jon et finalement ils s'en vont ensemble. Après des décennies, y-aura-t-il un rappel de tout cela chez Joyce ?

Wenlock Edge : La narratrice partagea pendant son temps comme étudiante sa chambre avec Nina qui est entretenu d'une façon bizarre par un homme riche d'âge avancée et avec des habitudes étranges. Malgré la surveillance de celui-ci, Ernie aura une affaire... Qu'est-ce qui en résultera ?

Deep Holes : Une famille part avec leur deux fils et le bébé Savannah en pique-nique. L'entreprenant Kent tombera dans un trou malgré les appels à la vigilances. Il sera sauvé par son père, le « héro ». On le suit dans son chemin de distanciaton envers la famille, son refus de contact. Est-ce qu'il y aura une sorte de réconciliation ?

Free Radicals : Nita est veuve depuis peu et elle-même menacé par le cancer. Comment va-t-elle réagir quand un intrus se revèle être un meurtrier et réfugiés ?

Face : Le narrateur a une marque de naissance défigurante au visage, doit vivre partiellement avec des formes d'exclusion. Nancy, fille de la probable maitresse de son père, lui est longtemps une bonne amie. Jusqu'à un incident qui va les séparer...

Some Women : Une femme âgée se souvient comment elle a soigné comme jeune fille un voisin lors des absences de son épouse. Sa mère à lui et la masseuse de celle-ci veulent s'occuper du « pauvre » homme. Est-ce que c'est ce qu'il veut vraiment ?

Child's Play : Lors d'un camp d'été Charlene et Marlene, dix ans, sont provisoirement des amies de vacances, se confiant leur histoires comme par exemple ce degoût profon de la narratrice Marlene pour Verna qui habitait dans une partie de leur maison en ville. Et puis, d'un coup, cette même Verna apparaît au camp...

Wood : Ray gagne la vie pour sa femme Léa et lui-même facilement avec des réparations de meubles etc. Mais il est de plus en plus attiré par la forêt et commence de faire du bois, et de le vendre. Après un contrat oral sur une utilisation d'une partie de forêt, il entend par « des cercles bien informés » que la même partie était aussi déjà promise à une compagnie. Il se hâte de commencer le travail...

Too much happiness : Cette nouvelle est « autre », jouant comme seule nouvelle en Europe et du point de vue de la période jouant au XIX siècle. Cette histoire raconte alors sur la condition des femmes dans cette Europe où elle ne pouvait qu'à Stockholm enseigné comme première femme de Mathématiques. J'avais de problèmes d'accepter cet autre cadre : Munro est alors plus liée par des faits des personnes ayant existées. J'ai honte de l'avouer, mais c'est l'histoire justement dont j'étais le moins impressionnée...

J'ai du réflèchir (ah, je suis insensible?), mais c'est vrai : il y a des histoires d'une certaine gravité ! L'oubli, l'excentricité voyeuriste, des séparations de famille, des maladies, des menaces obscures, des intrusions dans la vie personnelle, la mort donnée... - mais oui, les sujets sont graves ! ( A mon avis le dernier sort du lot par le lieu, le sujet, et dans « Wood » il y a à mon avis un humour un peu noir, mais réel). Mais comment arrive-t-elle (Munro) à me convaincre qu'elle a beaucoup compris de l'homme ? Que derrière des histoires « impossibles » je me sens visé, interpellé ? Cela est le cas.

Les nouvelles jouent toutes sauf l'exception en Ontario/Canada et ont un melange bizarre entre l'inhabituel et l'habituel, l'extravagant et le quotidien. J'ai lu quelque part que Munro fut accusée par certains de son environnement de puiser ses histoires dans les vrais faits du lieu. Souvent la pointe de l'histoire n'est pas là où on la devine ou on l'attend longtemps ; des fois il y a un détour de dernier minute, pardon : page.

Des forts caractères de femmes sont presque toujours au centre.

On aimera garder Munro encore un peu, malgré le fait qu'elle a annoncé que « Dear life » serait son dernier recueil. Ce serait dommâge ! Pour nous. En ce qui me concerne j'ai beaucoup apprécié ce livre !



mots-clés : #nouvelle
par tom léo
le Lun 5 Déc - 7:26
 
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Sujet: Alice Munro
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Alice Munro

Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 97827510

Fugitives
traduit de l'anglais (Canada) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso

Subterfuges, où l'on parle d'une robe verte.
" J'en mourrai, avait dit Robin un soir, voilà des années. Si ma robe n'est pas prête,j'en mourrai."

Il est beaucoup question de vêtements, dans ces nouvelles qui portent toutes un titre très bref, Hasard, Bientôt, Passion, Pouvoirs, etc .

Parce qu'il y a beaucoup de souvenirs, et que finalement, on se souvient que ce jour là, le jour où le destin a basculé, ou plutôt aurait pu, on portait une veste à carreaux ocre et brun. Une jupe évasée bleu foncé et un chemisier blanc.
C'est très calme, presque nonchalant, et..

tout pouvait rester joyeux , mais d'une joie pleine de couteaux

Calme et tranchant.

Tous les personnages centraux fuient . Ou essaient. Quelquefois il est beaucoup trop tard. Quelquefois le hasard fait très mal les choses. Quelquefois, l'histoire les rattrape. Ainsi Juliet, que l'on retrouve dans 3 textes, qui part , quitte tout à cause d'une lettre reçue, fait une rencontre dans un train. C'est elle qui sera quittée des années plus tard par sa fille qu'elle ne reverra jamais:

Elle continue d'espérer un mot de Pénélope, mais sans aucun acharnement. Elle espère comme les gens espèrent sans se faire d'illusions des aubaines imméritées, des rémissions spontanées, des choses comme ça.


Un art de décrire le gâchis.

Même si j'aime beaucoup l'histoire de la robe verte, je crois que ma préférée est intitulée Passion
La passion soudaine de Grace pour une famille d'abord. Puis pour un de ses membres, Neil. Et là, c'est l'homme qui va lâcher prise, parce que , comme son père qui s'est suicidé, c'est très brièvement signalé ( comme tous les faits importants, dans ces nouvelles..), il ne peut faire autrement.

"Parle-moi de ce qui t'intéresse, alors.Qu'est-ce qui t'intéresse?"
Elle dit," Vous"
"Ah bon. Qu'est-ce qui t'intéresse chez moi?"Il lui lâcha la main.
"Ce que vous faites en ce moment, dit Grace avec détermination.Pourquoi."
" Tu veux dire boire? Pourquoi je bois?" Il déboucha de nouveau la flasque. "Pourquoi tu ne me le demandes pas?"
"Parce que je sais ce que vous diriez"
"Ah oui,quoi? Qu'est-ce que je dirais?"
"Vous diriez, qu'y a-t-il d'autre à faire? Ou quelque chose dans ce genre là."
" C'est vrai, dit-il. C'est à peu près ce que je dirais. Et puis, après,tu essaierais de me dire pourquoi j'ai tort."
"Non, dit Grace. Non, je n'essaierais pas.
Quand elle eut dit cela, elle se sentit glacée. Elle avait cru parler sérieusement mais elle voyait à présent qu'elle avait essayé de l'impressionner par ses réponses, essayé de se montrer aussi blasée que lui, et qu'en chemin, elle venait de se heurter à cette vérité fondamentale. Cette absence d'espoir- authentique, raisonnable, et définitive.


Bouleversante, celle-là.



mots-clés : #nouvelle
par Marie
le Lun 5 Déc - 1:47
 
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Alice Munro

Alice Munro
Née en 1931


Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 Photo11

Alice Munro est née à Wingham, petite ville du comté de Huron, sur la rive sud-est du lac Huron dans l'Ontario. Son père dirigeait un élevage, sa mère était institutrice. Elle publie sa première nouvelle en 1950, alors qu'elle est étudiante à l'University of Western Ontario et gagne sa vie en travaillant comme serveuse ou bibliothécaire. Elle quitte l'université en 1951 pour épouser James Munro et s'installer avec lui à Vancouver, en Colombie-Britannique. Le couple tient une librairie à Victoria à partir de 1963 et a quatre filles (dont la deuxième meurt à sa naissance).

C'est en 1968 qu'elle publie son premier recueil de nouvelles, La Danse des ombres heureuses, qui obtient le prix du Gouverneur général, la plus haute distinction littéraire canadienne. Suit Lives of Girls and Women (son unique roman) en 1971. Divorcée en 1972, Alice Munro repart pour l'Ontario où elle épouse en 1976 le géographe Gerald Fremlin, mort en avril 2013, et vit depuis à Clinton, non loin de sa ville natale.

Elle se fait connaître d'un large public grâce à la publication de ses nouvelles dans des magazines comme The New Yorker et The Atlantic Monthly. Sa nouvelle L'Ours traversa la montagne, qui évoque la maladie d'Alzheimer, a été adaptée au cinéma en 2007 par Sarah Polley sous le titre Loin d'elle (Away from Her), avec Julie Christie qui fut nommée à l'Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle. En 2016, le cinéaste espagnol Pedro Almodóvar s'inspire de la trame de trois de ses nouvelles, présentes dans le recueil Fugitives (Hasard, Bientôt et Silence) dans le film Julieta, prénom hispanisé de la protagoniste des trois récits.

Faisant, depuis longtemps, figure de favorite pour le prix Nobel de littérature, elle devient, en 2013, le premier écrivain canadien et la treizième femme de lettres à recevoir cette récompense. Elle est par ailleurs le premier auteur essentiellement nouvelliste à être distingué par ce prix.

Merci Wikipedia!

Bibliographie : (oeuvres traduites en français)

1968 : La danse des ombres heureuses
1982 : Les Lunes de Jupiter
1986 : Miles City, Montana
1990 : Amie de ma jeunesse
1994 : Secrets de polichinelle
1998 : L'Amour d'une honnête femme
2001 : Un peu, beaucoup, pas du tout
2004 : Fugitives
2006 : Du côté de Castle Rock
2009 : Trop de bonheur
2012 : Rien que la vie


mots-clés : #nouvelle
par Marie
le Lun 5 Déc - 1:30
 
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Sujet: Alice Munro
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Moussa Konaté

Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 84543211

Le prix de l'Âme

Un village rural du Mali, où vivent les Malinkés. Leur loi, celle d'Allah ; Allah donne Allah reprend. L'homme a son destin tracé, il se doit de l'accepter.
Le fondateur du village était Pâ l'ancêtre vénéré de l'actuel chef Karim.
Les hommes sont polygames, chaque famille du village possède une concession.
La rivière -aux- eaux-vertes fait partie du village c'est elle qui recueille les offrandes  alors que la Grand-route ne fait que passer pour eux.

Le mil est leur ressource principale, vivrière et financière ; mais cette année y aura-t-il une récolte ?

L'hiver n'arrive pas, aucune pluie ; le village entier attend que le ciel se déverse sur la terre. Hélas la sècheresse s'installe durablement : prières, offrandes, sacrifices, féticheur, rien n'y fait les bêtes agonisent marquant le début d'un long cortège. Les oiseaux rôdent sur le village.

Les jeunes du village qui ne voient pas d'avenir dans le village le quitte, au regret du Chef, pour la ville.
Mais ils n'y trouveront que des situations ingrates ou malhonnêtes.

Les sages du village se rendent compte qu'ils se sont fait bernés par le gouvernement (ses agents, le moniteur d'agriculture et le chef d'établissement) qui a acheté la totalité de leurs cultures, mais à présent en cette période de famine due à la sècheresse (punition d'Allah ?) reste
sourd à leur appel à l'aide.
Les villageois reconnaissent qu'ils vivaient bien mieux du temps où il y avait les "peaux-blanches" car, s'ils devaient payer "le prix de l'âme" (les impôts sur les têtes) ils avaient toute liberté de disposer de leurs cultures et de leur vie.

Le récit est ponctué par les  sentences journalières d'un mendiant de la ville dénonçant les pêcheurs.

Le représentant du gouvernement se présente accompagné de deux gendarmes pour collecter "le prix de l'âme". Devant cette injustice les villageois en colère se soulèvent, refoulent gendarmes et représentant, lequel agressé est blessé à mort.
Les gendarmes reviennent en force, se saisissent du Chef Karim et tuent la Mama, une vieille folle.

De la poésie, du réalisme et de la générosité dans cette écriture.
L'auteur démontre l'opposition de la situation rurale et citadine, le poids de la religion mais aussi des fétiches. Les passions que déchainent l'honneur ou la honte.
Le fossé irréversible qui sépare les générations.
Les caractères attribués à chaque personnage sont bien définis.
Une très belle lecture pour ce petit livre de 150 pages.

Extraits

"Le soleil s'était penché à l'oreille des collines, laissant dans son sillage une traînée d'or et de sang. Comme hier, le carilon des pintades s'élevait de partout et les troupeaux de moutons et de vaches s'acheminaient, pesants et repus, vers le grand parc. La paix du soir descendait, calme et mystérieuse, avec son peuple de fantômes, de djinns, de nains et de sorciers. La Rivière-Aux-Eaux-Vertes s'assoupissait, sombres miroir éclatant, cependant que la Grand-Route ondulait encore, boa géant et insatiable."

"Chef, c'est l'enfant maudit de Sama. Je l'ai surpris à l'instant même, semant des cailloux. Et après cela, comment veut-on qu'il pleuve quand il y a ce bâtard qui détourne la pluie."
"Triéblin a conclu un pacte avec un djinn qui lui a donné des pouvoirs surnaturels tout en lui interdisant de se mêler à la foule des mortels. Et quand le pacte viendra à son terme. Triéblin devra dire adieu au monde, car le djinn ne donne rien pour rien."

"Sur la terre, le petit peuple, s'enfuit en clamant et en geignant, s'enfonce davantage dans l'ombre épaisse. Or, dans la nuit, des précipices ouvrent grandement leurs gueules énormes ; or, dans la nuit, des rmées lumineuses de vipères et de najas grouillent et sifflent. Ceux qui tombent ne se relèvent plus ; d'autres s'en vont encore, mus par une énergie sans nom ; et d'autres encore s'en vont entraînés par la marée. L'odeur des morts s'élève et emplit le ciel. Le vautour-qui-enlève-l'oeil s'émoustille, cependant que sa cour jubile et bat des ailes."

"Ils connurent les hordes sauvages de Mahomet qui les convertirent, comme vinrent des hommes blancs habillés telles des femmes qui leur montrèrent le chemin du paradis. On les a baptisés par la dague et par le bonbon, car les voies qui mènent au tout-puissant sont multiples."


"message rapatrié"
mots-clés : #nouvelle
par Bédoulène
le Dim 4 Déc - 18:50
 
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Sujet: Moussa Konaté
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Luis Sepulveda

juste pour dire que j'ai lu il y a un certain temps "les roses d'Atacama"

Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 41l0aw10

Des nouvelles parfois très courtes, relatant des personnages exceptionnels dans leur engagement, pour la Liberté, l'amitié, l'écologie, l'amour...; qui ne sont pas du même temps, du même continent mais qui ont en commun la ferveur, la véracité, la sincérité, la rareté.

j'ai du rendre le livre à la médiathèque donc je ne peux mettre d'extraits.

C'est le premier livre que je lis de cet auteur, et j'ai vraiment accroché à son écriture.


mots-clés : #nouvelle
par Bédoulène
le Dim 4 Déc - 11:39
 
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Sujet: Luis Sepulveda
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Vercors

Tag nouvelle sur Des Choses à lire - Page 17 97822512

Le silence de la mer m'a enchantée.
j'avais besoin de nourriture, et de fluidité de lecture, après une période un peu statue-de-sel. 
J'ai opté pour la première voie, nourriture.
Et ai trouvé la seconde.

Parce qu'en fait je crois que le contenu discursif est assez bateau, finalement. La nourriture vient en écho, par la mise en scène, plutôt qu'intra diégétiquement. (Evidemment je ne suis pas au coeur de la drôle de guerre, moi.)

Le style très invisible (comprendre prose assez simple , précise et classique mais sans raideur, disons) m'a permis d'être happée sans aucune difficulté.
Ce rapt qu'on aime sans doute tous ici, au coeur d'un antre écrit. AHH quel bonheur. Abstraction de l'immédiat etc

Donc , me voilà embarquée sans aucun mal dans ce que j'ai compris être un livre de propagande (ou contre-propagande, ce qui est la même chose sur la forme) 
dont on sent les ficelles (dans ce cas fort simples, épurées à l'essence de ce qui est en jeu)
mais dont la dramaturgie est extraite à son maximum et avec élégance, ma foi.

J'ai beaucoup apprécié ce huis-clos jouant de la réitération factuelle, de la description des gestes et des émotions trahies.
Je m'intéresse beaucoup au langage des corps, aussi ce roman du Silence était très satisfaisant de ce point de vue.



J'ai été tres intéressée par la manière dont Vercors jongle avec tous ses objectifs d'écriture, 
Shanidar tu soulignais le contexte douillet, terrien, , le choix de mettre en scene une famille non conventionnelle (pas d'epoux ni de rapport parental), le choix d'un officier francophile et parleur, tout est bien choisi et avec efficacité, simplement mené à bien. 

Je ne pense pas que Vercors ait écrit pour être diffusé auprès de la population la plus large, mais plutôt pour ceux déjà acquis à sa cause, le profil des protagonistes n'est pas assez archétypale, 
enfin cette dernière remarque pour mieux dire l'intérêt que j'ai nourris à alimenter ma réflexion sur ce qu'est mettre-en forme-une lutte, faire acte de propagande. Sauf que là on ne peut je crois vraiment utiliser ce terme à cause de ce prisme à mon avis réduit d'influence et de diffusion. ça devait par contre aider à tenir sa barre, le récit fait en effet appel aux meilleures postures possibles face à une situation complexe.
A cet égard il est tout de même particulier d'éluder toute référence au commun des mortels. Pour mieux porter l'idée de l'Humain.
Je suppose à ce stade que Vercors est un grand pessimiste.

On va voir avec le reste.

Bon j'ai hâte de lire la suite.



Le silence ne parait jamais être barbare, l'auteur souligne l'accord tacite vite obtenu, de chacun, à évoluer dans un cadre de "monstration" hyper strict. Il y a en revanche mise en scène de ce qu'i implique, jusqu'au moindre méandre émotionnel.L'auteur n'a de cesse de mettre en scène les remises en cause de l'oncle à ce propos. Et sses observations empathiques. Bédoulène a été également sensible à cet aspect, il me semble.

Un seul bémol : les ficelles. Le soldat super idéaliste, super cérébral mais bleuet, la jeune fille hyper droite, l'oncle hyper humaniste. 
Au moins cela permet-il un manichéisme élégant, qui moins que moral devient éthique. Et c'est déjà heureux qu'il en soit ainsi.


mots-clés : #deuxiemeguerre #nouvelle
par Nadine
le Sam 3 Déc - 10:35
 
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Sujet: Vercors
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