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Luis Sepulveda

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Message par Chamaco Sam 3 Déc - 22:48

Luis Sepulveda
(Né en 1949)

Luis Sepulveda  Libros10

Né en 1949 à Ovalle (Chili)

Il est l'auteur du "Vieux qui lisait des romans d'amour", ce livre l'a rendu célèbre et lui a apporté une renommée internationale. Engagé politiquement contre la dictature de son pays, il a été emprisonné dans les années 1970 par le régime Chilien. Des prisons de Pinochet il en est question dans son livre "Le neveu d'Amérique".
Condamné à 28 ans de prison il sera exilé pour 8 ans en Suède, son départ donnera l'occasion d'un périple en Amérique du Sud qui transparaîtra également dans "Le neveu d'Amérique". Il s'installera ensuite en Allemagne puis en Espagne, il s'engagera aux côtés de Greenpeace et de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme.

Oeuvres traduites en français :

1989 : Le monde du bout du monde ; Page 1
1992 : Le Vieux qui lisait des romans d'amour ; Page 1
1994 : Le neveu d'Amérique ; Page 1, 2
1996 : Un Nom de toréro
1996 : Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler ; Page 1
1997 : Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre
1998 : Journal d'un tueur sentimental ; Page 1
1999 : Hot Line ; Yakaré
2001 : Les Roses d'Atacama ; Page 1
2003 : La Folie de Pinochet
2005 : Une sale histoire
2005 : Les Pires Contes des frères Grimm (coécrit avec Mario Delgado Aparaín)
2008 : La lampe d'Aladino et autres histoires pour vaincre l'oubli
2010 : L'ombre de ce que nous avons été
2011 : Histoires d’ici et d’ailleurs
2012 : Dernières nouvelles du Sud ; Page 1
2013 : Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis
2013 : Ingrédients pour une vie de passions formidables
2014 : Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur
2015 : L'Ouzbek muet et autres histoires clandestines
2016 : Histoire d'un chien mapuche

MAJ de l'index le 20/05/2023
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Message par Chamaco Sam 3 Déc - 22:51

Luis Sepulveda  Images69

Le neveu d'Amérique

Sepulveda nous invite à le suivre dans son autobiographie, une démarche qui ignore la lourdeur habituelle du genre, son style est clair, épuré, et va droit au but, il trace les grandes lignes de son parcours de vie qui nous mène dans un premier temps de son choix politique à son incarcération à Temuco, la prison la plus dure du pays. Il trace entre autre le portrait d'un de ses tortionnaires qui à contre jour révèle la force de son engagement personnel. J'apprécie cette lecture, l'écrivain me plait et surtout sa maîtrise, car en peu de phrases il décrit avec force une situation, un personnage, sans omettre une certaine poésie teintée de nostalgie pour ses compagnons d'infortune...
Luis Sepulveda  Carcel11

Libéré de prison le narrateur nous invite à un périple sud américain qui devrait le mener à Martos ville de naissance de son grand-père en Espagne. Et nous entrons dans le savoureux, la peinture des siociétés sud américaines, des descriptions qui me renvoient sur les tables d'école lorsque j'apprenais les problèmes des peuples sud américains confrontés à leur colonisateur, non pas l'oncle Sam, mais l'Empereur du Monde celui dont l'empire ne voyait jamais le soleil se coucher, je veux dire Charles Quint et ses successeurs.
Nous le suivons en Equateur à Puerto Bolivar, petite ville sur les rives du Pacifique, où nous apprenons que même dans les confins du monde déroger aux coutumes des notables c'est s'exposer à bien des inconvénients...
Plus loin dans une estancia où l'on conserve jalousement ses racines espagnoles, une famille descendant des conquistadores nous livre une atmosphère de haine, de bêtise et de rejet du peuple métissé. Lauteur nous offre des petits tableaux ciselés décrivant les moeus des pays qu'il découvre, des moeurs dont j'ai eu l'occasion de soulever le voile parfois à Cuba au contact de famille de descendants d'hidalgos laissant parfois craquer le vernis révolutionnaire pour qu'apparaissent la distanciation avec leurs congénères métissés ou noirs de l'oriente cubain....


mots-clés : #autobiographie #voyage
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Message par topocl Dim 4 Déc - 9:34

C'est un auteur joyeux, pour moi, Sepulveda, et ils ne sont pas légion.

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Message par topocl Dim 4 Déc - 9:35

Luis Sepulveda  51bl2l10

le neveu d'Amérique

Une belle leçon d'optimisme que ce petit livre, où Sepulveda, en réponse à la prison, à la torture et à l'exil forcé, comme un pied de nez vaillant à l'oppresseur, nous livre des traces de sa liberté : voyages, amitiés, et fidélité à la mémoire familiale.
je me disais qu'il y avait là une légèreté de ton, une audace intime dans le choix du bonheur, un humour bienveillant et ouvert sur l'autre, qui n'étaient pas sans me rappeler les Racontars de Jorn Riel. Une ligne directe entre la Patagonie et le Grand Nord, le souffle des grands espaces, la chaleur de l'amitié face à la solitude et un brin de folie....



(commentaire rapatrié)


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Message par Chamaco Dim 4 Déc - 9:36

C'est vrai qu'il décrit les pires épisodes de sa vie avec légèreté et qu'il adore la camaraderie, surement une personne tres agréable...
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Message par topocl Dim 4 Déc - 10:06

Dernières Nouvelles du Sud

Luis Sepulveda  Images70

Dans les années 90, Sepulveda a sillonné le sud de l'Argentine et du Chili jusqu'en Patagonie avec son ami le photographe Daniel Mordzinski dans le but de ramener un témoignage qu'il souhaitait sans contrainte. Celui-ci consiste en une dizaine d'histoires illustrées de souvent belles photographies noir et blanc, centrées chacune sur un personnage original, touchant ou intrigant, dans le but de démontrer que notre monde, basé sur les valeurs artificielles du fric et de la puissance, détruit peu à peu ces personnes et ces territoires, pourtant symboles de liberté et de pureté pour l'humanité entière. Le monde change dans un sens qui attriste et effraye Sepulveda, lequel veut fixer ce qui était.

Cela donne une série de récits piquants, rapportés sur un mode très fluide, comme une histoire qui se raconte. Autant que des personnes rencontrées, cela nous donne un portrait attachant de Luis Sepulveda, homme flâneur et jouisseur, homme de rencontre appréciant les grillades d'agneau et le maté qu'il aime partager dans le dialogue et le silence assumé.

Que manque-t-il pour emporter pleinement mon adhésion ? La brièveté de ce texte empêche un certain approfondissement, la présentation sous forme de nouvelles juxtaposées se fait au détriment d'une certaine cohérence.

En somme j'ai trouvé cette lecture plaisante mais j'attendais plus de ce livre qui m'a distraite sans m’emporter. Je m'attendais à un peu plat consistant et non à quelques gâteries joliment présentées.
J'avais eu le même sentiment à la lecture de Le vieil homme qui lisait des romans d'amour, pour lequel je n'ai jamais compris l'enthousiasme qu’il déclenche chez beaucoup.

Lire ou écrire, c'est une façon de prendre la fuite, la plus pure et la plus légitime des évasions. On en ressort plus forts,  régénérés et peut-être meilleurs. Au fond, et malgré tant de théories littéraires, nous autres écrivains nous sommes comme ces personnages du cinéma muet qui mettaient une lime dans un gâteau pour permettre au prisonnier de scier les barreaux de sa cellule. Nous favorisons des fugues temporaires.

Ni mon socio ni moi n’appartenons à la corporation des chercheurs de lumière et de paix intérieure. D’un agnosticisme salutaire, nous savons qu'on trouve la paix intérieure en faisant ce qu'on doit faire au moment voulu et qu'on découvre la lumière en ouvrant grand les yeux, mais nous nous sentions bien, là, près de la vieille dame, à siroter notre maté en nous laissant hypnotiser par le langage du feu.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #aventure


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Message par Bédoulène Dim 4 Déc - 11:39

juste pour dire que j'ai lu il y a un certain temps "les roses d'Atacama"

Luis Sepulveda  41l0aw10

Des nouvelles parfois très courtes, relatant des personnages exceptionnels dans leur engagement, pour la Liberté, l'amitié, l'écologie, l'amour...; qui ne sont pas du même temps, du même continent mais qui ont en commun la ferveur, la véracité, la sincérité, la rareté.

j'ai du rendre le livre à la médiathèque donc je ne peux mettre d'extraits.

C'est le premier livre que je lis de cet auteur, et j'ai vraiment accroché à son écriture.


mots-clés : #nouvelle


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Message par Tristram Mer 14 Déc - 0:35

Topocl a écrit:C'est un auteur joyeux, pour moi, Sepulveda, et ils ne sont pas légion.
Exact ! ça change...
Je ne me souviens plus quel autre auteur sud-américain le jugeait un peu "faible" comme écrivain, mais la simplicité fait du bien de temps à autre.
Bedoulène a écrit:j'ai du rendre le livre à la médiathèque donc je ne peux mettre d'extraits.
Hop ! j'arrive :
« Antonio José Bolivar essayait de mettre des limites à l’action des colons qui détruisaient la forêt pour édifier cette œuvre maîtresse de l’homme civilisé : le désert. »
Luis Sépúlveda, « Le vieux qui lisait des romans d’amour »

« Les bateaux qui ont connu le goût de l’aventure deviennent amoureux des mers d’encre et ils aiment naviguer sur le papier. »
Luis Sépúlveda, « Le monde du bout du monde »

« Rien ne vaut l’hiver en compagnie d’un tonnelet de cognac et des œuvres complètes de Simenon. »
Luis Sépúlveda, « Un nom de torero », troisième partie, « Un. Terre de Feu : le miraculé »

« Le visage humain ne ment jamais : c’est l’unique carte qui enregistre tous les territoires que nous avons habités. »
Luis Sépúlveda, « Journal d’un tueur professionnel », « Un. Premier jour »

« Nous savons que la narration orale est la mère de la littérature, parce qu’elle crée et recrée constamment les situations selon l’état d’esprit et le bon plaisir du narrateur. »
Luis Sépúlveda, « Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre », « Description d’un lieu inconnu » in « Rendez-vous manqués avec le temps qui passe »

« − Je ne boirai jamais assez. Trop peut-être, jamais assez. »
Luis Sépúlveda, « Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre », « Façons de voir la mer » in « Rendez-vous d’amour manqués »

« Elles cuisinaient avec les épices des souvenirs heureux. »
Luis Sépúlveda, « La brune et la blonde », in « Les Roses d'Atacama »

« Avec le temps, le temps est passé sur mes pas et je me suis empli d’oublis qui m’ont oublié. »
Luis Sépúlveda, « Amour sans paroles »


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« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Chamaco Mer 14 Déc - 7:06

« Elles cuisinaient avec les épices des souvenirs heureux. »
Luis Sépúlveda, « La brune et la blonde », in « Les Roses d'Atacama »

qu'elle est belle cette phrase, merci Very Happy
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Message par Ouliposuccion Lun 23 Jan - 17:06

Le vieux qui lisait des romans d'amour


Luis Sepulveda  Tylych53

Antonio José Bolivar Proano est le seul à pouvoir chasser le félin tuer d'hommes. Il connaît la forêt amazonienne, il respecte les animaux qui la peuplent, il a vécu avec les Indiens Shuars et il accepte le duel avec le fauve. Mais Antonio José Bolivara découvert sur le tard l'antidote redoutable venin de la vieillesse : il sait lire, et il a une passion pour les romans qui parlent de l'amour, le vrai, celui qui fait souffrir.
Partagé entre la chasse et sa passion pour les romans, le vieux nous entraîne dans ce livre au style naïf et plein de charme dont le souvenir ne nous quitte plus.


Sepulveda a toujours l’art de fasciner par la beauté de ses écrits et son regard éclairé sur le monde.Dans ce livre, ce sont les Shuars, tribu péruvienne vivant de rites, se confondant à la forêt amazonienne qui sont mis en avant ainsi que les colons déployant à coup d’animosité les ravages écologiques.
Puis cette éternelle poésie de sépulveda , ce vieux qui aimait les romans d’amour, ce personnage qui représente tant l’auteur , son attachement à la nature, aux animaux. L ’identique, cet espace de vie qui est si cher à Sepulveda , comme un souvenir gravé , ému par la générosité, l’altruisme d’un peuple respectueux de chaque parcelle de vie.
Ce livre est un hymne à la liberté.

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Message par Ouliposuccion Lun 23 Jan - 17:09

Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler


Luis Sepulveda  Tylych17

Une mouette mazoutée atterrit sur un balcon et, avant de mourir, confie l’oeuf qu’elle vient de pondre à Zorbas, le chat de la maison. Il lui fait la promesse solennelle de protéger Afortunada, le poussin orphelin, et de lui apprendre à voler… Plutôt embarrassé par cette mission insolite, le matou va s’en acquitter avec l’aide des autres chats du port. Un ouvrage attachant, mêlant tendresse et humour, et qui est déjà devenu un classique.

Un très beau conte, aussi bien pour les enfants que pour les adultes.
Sepulveda nous transporte dans un monde fantastique autour duquel opèrent la poésie, la tolérance et l’écologie.Si le poète fait voler les mots, cette œuvre nous donne des ailes, et c’est en survolant l’humanisme et la beauté des lignes de Sépulveda que nous plongeons non sans attachement dans son univers.
Un livre que je ne manquerai pas de laisser entre les mains de nos chers bambins.
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Message par Ouliposuccion Lun 23 Jan - 17:14

Le monde du bout du monde

Luis Sepulveda  Tylych12

[i]Un baleinier industriel japonais fait un étrange naufrage au sud de la Patagonie. Un journaliste chilien exilé à Hambourg mène l'enquête, et ce retour sur les lieux de son adolescence lui fait rencontrer des personnages simples et hors du commun, tous amoureux des paysages sauvages de l'Antarctique.

Le monde du bout du monde ou le cauchemar de la planète.
Le merveilleux enchantement à la vue d'une baleine qui se transforme en une réalité poubelle , celle des ordures nauséabondes ou tout simplement le déchet qu'est l'homme.
Sepulveda met en avant la cruauté , le mépris que notre espèce s'efforce de mener au summum du supportable.
Et la beauté , celle que nous saccageons , est là , sous nos yeux , implorant un peu de répit à ses souffrances...
Un livre coup de poing , toujours aussi beau , déchirant , comme sait le faire Sepulveda.
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Message par Tristram Dim 19 Avr - 2:34

Luis Sepúlveda est mort  le 16 avril 2020.
https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-des-ecrivains/emission-speciale-luis-sepulveda
Interview d'une heure le 10/06/2017, à l'occasion de la parution de La fin de l’histoire.
Pas toujours si joyeux, Sepúlveda... Emprisonné sous Pinochet, puis sandiniste, combattant dans tous les sens du terme... La littérature comme acte de justice...
« La littérature, parfois, devient l'ombre de la mémoire. C'est-à-dire que seulement ce qui existe a une ombre et donc dans ce sens, la littérature est l'ombre de ce qui se passe réellement. La littérature a un rôle de rappel de ce qui s'est passé, voilà ce qui s’est passé, et on ne va pas admettre une solution facile comme les amnisties par exemple ou le fait de penser cela fait trop longtemps, il vaut mieux oublier et allons de l'avant ! Eh bien non. »
La littérature est un espace pour mettre en relief la dignité humaine car la dignité humaine se construit avec l'addition des souvenirs qui la rendent, qui l'élèvent.
"L'écrivain est le porte-parole émotionnel de son époque"

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Message par Bédoulène Dim 19 Avr - 7:23

Luis Sepulveda  1252659054

l'occasion de le lire encore !

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Message par Pinky Jeu 26 Mai - 18:26

Le vieux qui lisait des romans d’amour
Je reviens sur le livre. Je connaissais le titre depuis longtemps mais je n’avais jamais eu l’idée de lire le livre jusqu’à ce qu’on me le prête en me  le conseillant.
Je ne reviendrais pas sur l’hymne à la défense des Amérindiens et de la nature mais plutôt sur le goût de la lecture qui est venu à ce vieil homme qui découvre un jour d’élections qu’il sait lire.

« Antonio José Bolivar Proano, savait lire mais pas écrire
[…]
Il lisait lentement en épelant les syllabes, les murmurant à mi-voix comme s’il les dégustait, et, quand il avait maîtrisé le mot entier, il le répétait d’un trait. Puis il faisait la même chose avec la phrase complète, et c’est ainsi qu’il s’appropriait les sentiments et les idées que contenaient les pages.
Quand un passage lui plaisait particulièrement, il le répétait autant de fois qu’il l’estimait nécessaire pour découvrir combien le langage humain pouvait être beau.
Il lisait à l’aide d’une loupe, laquelle venait en seconde position dans l’ordre de ses biens les plus chers. Juste après le dentier. »

Cependant, parfois, il a bien du mal à saisir les réactions des personnages comme le contexte dans lequel se déroule l’action.

« Quand arriva l’heure de la sieste, il avait lu environ quatre pages et réfléchi à leur propos, et il était préoccupé de ne pouvoir imaginer Venise en lui prêtant des caractères qu’il avait attribués à d’autres villes, également découvertes dans des romans.
A Venise, apparemment les rues étaient inondées et les gens étaient obligés de se déplacer en gondoles.
Les gondoles. Le mot « gondole » avait fini par le séduire et il pensa que ce serait bien d’appeler ainsi sa pirogue. La Gondole du Nangaritza.
Il en était là dans ses pensées quand la torpeur de la mi-journée l’envahit, et il s’étendit sur le hamac avec un sourire amusé à l’idée de ces gens qui risquaient de tomber directement dans la rivière dès qu’ils franchissaient le seuil de leur maison. »

Mais quels romans d’amour ?
« L’autre s’éloigna pour ne pas le gêner mais l’attention que le vieux portait au livre était telle qu’il ne supporta pas de rester à l’écart.
- De quoi ça parle ?
- De l’amour.
A cette réponse du vieux, il se rapprocha, très intéressé.
- Sans blague ? Avec des bonnes femmes riches, chaudes et tout ?
Le vieux ferma le livre d’un coup sec qui fait trembler la flamme de la lampe.
- Non. Ça parle de l’autre amour. Celui qui fait souffrir.
L’homme se sentit déçu. Il courba les épaules et s’éloigna de nouveau. Avec ostentation, il but une longue gorgée, alluma un cigare et se mit à affûter sa machette. »

Un roman plaisant à lire et une bouffée d'optimisme. J'adhère aux commentaires des lecteurs précédents. Cela fait du bien, c'est sans fausse naïveté. En effet, on peut penser aux Racontars de Riel.
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Message par Bédoulène Jeu 26 Mai - 18:34

merci Pinky pour ton commentaire qui fait remonter mes souvenirs !

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Message par Pinky Mar 16 Mai - 16:17

Journal d'un tueur sentimental et autres histoires

Luis Sepulveda  Journa11


Trois nouvelles se succèdent. La première reprend le titre de l'ouvrage. Un tueur à gages sans aucun scrupule perd pied quand sa petite amie lui écrit qu'elle en aime un autre. L'humour réside dans le décalage entre son souvenir des missions aussi bien huilées qu'atroces et les imprudences qu'il enchaîne, fragilisé par son désarroi amoureux.
Quand la fille est partie, en emportant cent mille pesetas et les bribes chaudes des Caraïbes, j’ai appelé le bar et demandé qu’on me monte une bouteille de whisky, sans ouvrir la bouteille malgré une terrible envie de me soûler, à parler avec la photo du type que je devais tuer, parce que même cocu, un professionnel est toujours un professionnel »

Hot line : Un policier mapuche à la gachette facile mais juste se retrouve muté à la capitale loin de sa campagne et des troupeaux de vaches. Il rencontre une conductrice de taxis et enquête sur un client de téléphone rose menaçant et grossier. La fin que je ne dévoilerai pas est jubilatoire.

Yacaré : une histoire de trafic de peaux de Yacarés (petits caimans), de maroquiniers italiens véreux, d'assurances  et d'Indiens Anarés.

Ces histoires policières décalées associent humour, humanisme. La critique politique et les souvenirs de la dictature ne sont jamais loin sans jamais tomber dans une aigreur désespérée. L'humour et la capacité de résistance permettent de garder une dignité face à la menace de l'intimidation, toujours présente.
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Message par Tristram Mar 16 Mai - 17:07

Bon souvenir, ce tueur sentimental ! Je vais peut-être revenir à Sepúlveda, avec Le Neveu d'Amérique.

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Message par Bédoulène Mar 16 Mai - 18:17

merci Pinky, je reviendrai aussi à Sépulveda

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Message par Pinky Sam 20 Mai - 9:39

Les roses d'Atacama

Luis Sepulveda  41ykvz10

Une série de petites biographies, de récits  de 2 à 6 pages pour les plus longs qui nous parlent de résistance à l'injustice, à la dictature sans jamais appuyer sur l'horreur. Une ode à la vie qui passe par la mémoire de ces justes qui nous accompagnent. Les animaux ne sont pas en reste, j'aime beaucoup Fernando le chien mélomane ou Zorbas, le chat dont la stèle dit "Voyageur : ci-gît les plus nobles des chats. Ecoute-le ronronner".

Shalom poète
"Je n'ai jamais rencontré le poète juif Avrom Sütseker, mais un petit volume de ses vers traduits en espagnol m'accompagne où que j'aille.
J'admire les résistants, ceux qui ont fait du verbe "résister" chair, sueur, sang, et ont démontré sans faire de simagrées qu'il est possible de vivre debout, même dans les pires moments.
..........
Je n'ai jamais rencontré le poète juif Avrom Sützeker, mais il m'a appris que nous les rêveurs devons nous convertir en soldats. Je sais qu'il aura bientôt quatre-vingt huit ans et qu'il détestera sûrement qu'on mentionne son âge vénérable parce que les vieillards meurent en pleine jeunesse/ et les grands-pères ne sont que des enfants déguisés.
Je ne l'ai jamais rencontré, mais ses vers et son exemple m'accompagne comme le pain et le vin"

Le pays des rennes

"Les sagas finlandaises affirment qu'en Laponie se trouvent les magiciens les plus puissants "qui voyagent sur une branche de sapin ou dans un tourbillon de vent, qui se transforment en élans ou en loups, en saumon ou en une douce crête de vague de rivière"

Un homme nommé Vidal

Vidal est un syndicaliste défendant les droits des petits paysans en Equateur
"Vidal portait dans une poche le tampon en caoutchouc du numéro d'enregistrement qui légalisait l'organisation syndicale et une liasse de cartes d'adhésion vierges. Dans l'autre poche, il gardait une photo découpée dans Ecran, une revue de cinéma
-Vous savez qui c'est ? me demanda-t-il en me montrant une belle femme énigmatique.
-Greta Garbo, répondis-je.
- Elle me protège. Je suis athée, mais c'est toujours bien d'avoir quelqu'un à qui demander protection, assura Vidal.
....................
Un homme nommé Vidal. Vidal Sanchez. Brecht avait raison d'écrire : "Il y a des hommes qui luttent toute leur vie : ceux-là sont indispensables".

Les roses d'Atacama

A la fois, la beauté de ces fleurs rouges sang qui fleurissent dans le désert, un jour par an et le souvenir de cet ami Fredy, torturé et tué :
"Fredy prenait des notes dans son carnet, ou vérifiait l'exactitude de celles qu'il avait déjà prises.
.................
Vingt cinq ans ont passé. Neruda a  peut-être raison quand il dit : "Nous, ceux d'alors, nous ne sommes plus les mêmes" mais au nom de mon camarade Fredy Taberna je continue de noter les merveilles du monde dans un carnet à couverture cartonnée."

Fernando

Le chien mélomane
"Mempo Giardinelli m'a raconté que pendant le concert d'un prestigieux violoniste polonais en tournée dans le nord-est argentin, le chien Fernando, installé au premier rang, écouta attentivement, les yeux fermés et les oreilles dressées, jusqu'à ce qu'un couac  du musicien lui arrache un hurlement déchirant. Le violoniste interrompit son interprétation et exigea qu'on expulse le chien de la salle. La réponse des gens du Chaco fut catégorique
- Fernando sait ce qu'il fait. Ou tu joues bien ou c'est toi qui t'en vas."

"68"
Miki Volek est l'un de mes héros de 68, et je suis sûr qu'avant de mourir il osa arracher quelques notes à la Fender. Quelques notes pleines d'espoir, joyeuses et irrévérencieuses, car les nobles rockers comme Miki s'en vont mais ne meurent pas."

Papa Hemingway est visité par un ange
"N'oublie jamais que ton métier n'est qu'une partie de ton destin. Une raie de moins ne change pas la peau du tigre mais un mot de trop tue n'importe quelle histoire. La tristesse se résout dans un bar, jamais dans la littérature."

Gasfiter

Ainsi s'appelle au Chili le plombier, et maître Correa était un gasfiter fier de son métier : "Tout peut se réparer sanf la mort", disait le code déontologique écrit sur sa caisse à outils, et, fidèle, à cette maxime, il parcourait les rues de San Miguel, de La Cisterna et de La Granja, en réparant les tuyauteries, éliminant le goutte-à-goutte des robinets qui provoque des nuits d'insomnie,  soudant les fissures de la vie avec son chalumeau à kérosène."

N'ayant pas quitté les quartiers pauvres contrairement à ses collègues, il tombe malade et ne peut plus travailler.
"Il avait quelque chose à faire et il le fit. Rassemblant ses dernières forces, il convoqua les clientes qu'il considérait comme les plus proches, leur expliqua que le monde ne pouvait pas rester à la merci du vert-de-gris et de la rouille, et partagea avec elles tous les secrets de son métier.
..........
Il y eut beaucoup de monde à l'enterrement de maitre Correa et parmi les parents et les voisins se détachait le bataillon des femmes gasfiter."

La brune et la blonde
"Elles voyageaient dans leur cellule, entre deux séances de torture elles visitaient Rome, Londres, Tolède, Sao Paulo. Elles chantaient des chansons de Serrat et de Violeta Parra. Elles récitaient des poèmes de Neruda et d'Antonio Machado. Elles cuisinaient avec les épices des souvenirs heureux. La brune était poète et voulait être un grand poète. La blonde était journaliste et voulait être une grande journaliste."

J'ai restitué la citation dans son contexte car elle prend alors tout son sens.

Belle lecture, jamais lourde dans son militantisme. L'humour et la poésie ne sont jamais loin.
Bédoulène, je t'ai ajouté des citations pour compléter celles de Tristram
Pinky
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