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Message par Tristram Sam 12 Mar - 12:50

Bruno Latour
(Né en 1947)

Bruno Latour Bruno_10

Bruno Latour est un sociologue, anthropologue et philosophe des sciences français né le 22 juin 1947 à Beaune.
Après avoir été assistant de Jean-Jacques Salomon au CNAM, puis avoir enseigné à l'École des mines de Paris, de 1982 à 2006, il est depuis septembre 2006 professeur à l'Institut d'études politiques de Paris. En septembre 2007, il devient directeur scientifique et directeur adjoint de Sciences-Po. En 2009, il participe à la création du Médialab. En 2010, il initie, au sein de Sciences-Po, le programme d'expérimentation en arts et politique (SPEAP).
Connu pour ses travaux en sociologie des sciences, il a mené des enquêtes de terrain où il observe des scientifiques au travail et décrit le processus de recherche scientifique d'abord comme une construction sociale. Il a également mis en cause l'exclusivité des matériaux « sociaux » dans la « construction » des faits scientifiques, abandonnant le constructivisme social pour une théorie plus large de l'acteur-réseau.

Publications :
• (en) Bruno Latour et Woolgar, Laboratory Life: The Social Construction of Scientific Facts, Beverly Hills, Sage Publications, 1979.
• Les Microbes. Guerre et paix, suivi de Irréductions, Paris, Métailié, « Pandore », 1984.
• Pasteur. Bataille contre les microbes, Paris, Nathan, « Poche-Nathan. Monde en poche », 1985.
• La Science en action, traduit de l'anglais par Michel Biezunski ; texte révisé par l'auteur, Paris, La Découverte, 1989.
• avec Michel Callon (dir.), La science telle qu'elle se fait. Anthologie de la sociologie des sciences de langue anglaise, Paris, La Découverte, 1991.
• Nous n'avons jamais été modernes. Essai d'anthropologie symétrique, Paris, La Découverte, 1991.
• Aramis ou l'Amour des techniques, Paris, La Découverte, 1992.
• Éclaircissements. Cinq entretiens avec Bruno Latour, entretiens avec Michel Serres, Paris, F. Bourin, 1992.
• La clef de Berlin et autres leçons d'un amateur de sciences, Paris, La Découverte, 1993.
• Pasteur, une science, un style, un siècle, Éditions Perrin, 1994.
• avec Pierre Lemonnier (dir.), De la préhistoire aux missiles balistiques. L'intelligence sociale des techniques, Paris, La Découverte, 1994.
• Le métier de chercheur. Regard d'un anthropologue, une conférence-débat à l'INRA, Paris, le 22 septembre 1994, Paris, Institut national de la recherche agronomique, 1995.
• Petite réflexion sur le culte moderne des dieux faitiches, Les Empêcheurs de penser en rond, 1996.
• Petites leçons de sociologie des sciences, Paris, Le Seuil, « Points-Sciences », 1996.
• avec Émilie Hermant, Paris, ville invisible, design, Susanna Shannon, Les empêcheurs de penser en rond ; Paris, La Découverte, 1998.
• (en) Pandora's Hope: An Essay on the Reality of Science Studies, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 1999 ; trad. L'Espoir de Pandore, Paris, La Découverte, 2001.
• Politiques de la nature. Comment faire entrer les sciences en démocratie, Paris, La Découverte, 1999.
• Jubiler ou les Tourments de la parole religieuse, Paris, Éditions Synthélabo, « Les empêcheurs de penser en rond », 2002.
• La Fabrique du droit. Une ethnographie du Conseil d'État, Paris, La Découverte, 2002.
• Un monde pluriel mais commun, entretiens avec François Ewald, La Tour-d'Aigues, Éditions de l'Aube ; Paris, Radio France, « Monde en cours. Intervention », 2003.
• (en) Reassembling the social. An introduction to Actor-Network Theory, Oxford, OUP, 2005 ; trad. Changer de société. Refaire de la sociologie, Paris, La Découverte, 2005.
• avec Pasquale Gagliardi (dir.), Les Atmosphères de la politique. Dialogue pour un monde commun, (avec Philippe Descola, François Jullien, Gilles Kepel et al.), Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2006.
• avec Madeleine Akrich et Michel Callon (éd.), Sociologie de la traduction : textes fondateurs, Paris, Mines Paris, les Presses, « Sciences sociales », 2006.
• Chroniques d'un amateur de sciences, Paris, Mines Paris, les Presses, « Sciences sociales », 2006.
• (dir.), Le dialogue des cultures, actes des rencontres inaugurales du Musée du quai Branly, 21 juin 2006, Arles, Actes Sud.
• avec Vincent Antonin Lépinay, L'Économie, science des intérêts passionnés. Introduction à l'anthropologie économique de Gabriel Tarde, Paris, La Découverte, 2008.
• présentation de Le Public fantôme de Walter Lippmann, Demopolis essai, 2008.
• avec Isabelle Stengers, présentation de Les Différents Modes d'existence suivi de De l'œuvre à faire d'Etienne Souriau, Paris, PUF, 2009.
• Cogitamus : Six lettres sur les humanités scientifiques, Paris, La Découverte, 2010.
• (en) Peter Erdélyi, Graham Harman et Bruno Latour, The Prince and the Wolf : Latour and Harman at the LSE, John Hunt Publishing, 2011.
• Bruno Latour, Enquête sur les modes d'existence : Une anthropologie des modernes, Paris, La Découverte, 2012, 504 p.
• Face à Gaïa : Huit conférences sur le nouveau régime climatique, Paris, La Découverte, 2015, 398 p.
• Où atterrir ? : Comment s'orienter en politique, Paris, La Découverte, 2017, 160 p.
• Imaginer les gestes barrières contre le retour à la production d'avant-crise / Nous ne vivons pas sur la même planète - un conte de Noël, Paris, AOC, 2020, 32 p.
• Où suis-je ? : Leçons du confinement à l'usage des terrestres, Paris, La Découverte, 2021, 150 p.
• coécrit avec Nikolaj Schultz, Memo sur la nouvelle classe écologique, 2022, La découverte, 95 p.

(Wikipédia)

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Message par Tristram Sam 12 Mar - 13:02

Où atterrir − Comment s’orienter en politique

Bruno Latour Oz_att10

Incipit de cet ouvrage de 2017 :
« Cet essai n’a pas d’autre but que de saisir l’occasion de l’élection de Donald Trump, le 11 novembre 2016, pour relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien − et par conséquent dont ils ne voient pas l’immense énergie politique qu’on pourrait tirer de leur rapprochement.
Au début des années 1990, juste après la "victoire contre le communisme" symbolisée par la chute du mur de Berlin, à l’instant même où certains croient que l’histoire a terminé son cours, une autre histoire commence subrepticement.
Elle est d’abord marquée par ce qu’on appelle la "dérégulation" et qui va donner au mot de "globalisation" un sens de plus en plus péjoratif ; mais elle est aussi, dans tous les pays à la fois, le début d’une explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, ce qui est moins souvent souligné, débute à cette époque l’entreprise systématique pour nier l’existence de la mutation climatique. ("Climat" est pris ici au sens très général des rapports des humains à leurs conditions matérielles d’existence.)
Cet essai propose de prendre ces trois phénomènes comme les symptômes d’une même situation historique : tout se passe comme si une partie importante des classes dirigeantes (ce qu’on appelle aujourd’hui de façon trop vague les "élites") était arrivée à la conclusion qu’il n’y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants.
Par conséquent, elles ont décidé qu’il était devenu inutile de faire comme si l’histoire allait continuer de mener vers un horizon commun où "tous les hommes" pourraient également prospérer. Depuis les années 1980, les classes dirigeantes ne prétendent plus diriger mais se mettre à l’abri hors du monde. De cette fuite, dont Donald Trump n’est que le symbole parmi d’autres, nous subissons tous les conséquences, rendus fous par l’absence d’un monde commun à partager. »

« Aux migrants venus de l’extérieur qui doivent traverser des frontières au prix d’immenses tragédies pour quitter leur pays, il faut dorénavant ajouter ces migrants de l’intérieur qui subissent, en restant sur place, le drame de se voir quittés par leur pays. Ce qui rend la crise migratoire si difficile à penser, c’est qu’elle est le symptôme, à des degrés plus ou moins déchirants, d’une épreuve commune à tous : l’épreuve de se retrouver privés de terre. »

« Si l’hypothèse est juste, tout cela participe du même phénomène : les élites ont été si bien convaincues qu’il n’y aurait pas de vie future pour tout le monde qu’elles ont décidé de se débarrasser au plus vite de tous les fardeaux de la solidarité − c’est la dérégulation ; qu’il fallait construire une sorte de forteresse dorée pour les quelques pour-cent qui allaient pouvoir s’en tirer − c’est l’explosion des inégalités ; et que pour, dissimuler l’égoïsme crasse d’une telle fuite hors du monde commun, il fallait absolument rejeter la menace à l’origine de cette fuite éperdue − c’est la dénégation de la mutation climatique.
Pour reprendre la métaphore éculée du Titanic : les classes dirigeantes comprennent que le naufrage est assuré ; s’approprient les canots de sauvetage ; demandent à l’orchestre de jouer assez longtemps des berceuses, afin qu’ils profitent de la nuit noire pour se carapater avant que la gîte excessive alerte les autres classes ! »
La parade des « élites obscurcissantes » est l’expression « réalité alternative ».
Cet essai constitue là une approche salutaire des problèmes actuels d’identité et de migration – dans la société globale : l’illusion des frontières étanches, tant pour les tenants de la mondialisation que pour ceux du local, les progressistes et les réactionnaires.
Le vecteur qui allait de l’ancien au nouveau, du Local au Global, n’est plus le sens de l’histoire (de même la différence Gauche-Droite). Un troisième attracteur se dégage, « Terrestre » (ou écologique, et opposé au Hors-Sol) : c’est le fameux « pas de côté ». À l’aune de la lutte des classes se substituent les conflits géo-sociaux.
L’erreur épistémologique à propos de la notion de nature, confusion entre nature-univers et nature-processus :
« On va se mettre à associer le subjectif avec l’archaïque et le dépassé ; l’objectif avec le moderne et le progressiste. Voir les choses de l’intérieur ne va plus avoir d’autre vertu que de renvoyer à la tradition, à l’intime, à l’archaïque. Voir les choses de l’extérieur, au contraire, va devenir le seul moyen de saisir la réalité qui compte et, surtout, de s’orienter vers le futur. »
L’hypothèse Gaïa :
« Si la composition de l’air que nous respirons dépend des vivants, l’air n’est plus l’environnement dans lequel les vivants se situent et où ils évolueraient, mais, en partie, le résultat de leur action. Autrement dit, il n’y a pas d’un côté des organismes et de l’autre un environnement, mais une superposition d’agencements mutuels. L’action est redistribuée. »

« La simplification introduite par Lovelock dans la compréhension des phénomènes terrestres n’est pas du tout d’avoir ajouté de la "vie" à la Terre, ni d’avoir fait de celle-ci un "organisme vivant", mais, tout au contraire, d’avoir cessé de nier que les vivants soient des participants actifs à l’ensemble des phénomènes bio- et géochimiques. Son argument réductionniste est l’exact contraire d’un vitalisme. »

« Dire : "Nous sommes des terrestres au milieu des terrestres", n’introduit pas du tout à la même politique que : "Nous sommes des humains dans la nature." »
La nécessaire cohabitation sur un territoire renvoie à Vinciane Despret et Baptiste Morizot, comme les notions d’économie à Piketty, la notion de nature à Descola, l’apport des pratiques d’autres cultures à Nastassja Martin… qui ont leur fil sur le forum, prêt à être tissé avec d’autres.

\Mots-clés : #actualité #ecologie #essai #historique #immigration #mondialisation #nature #politique #science #social

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Message par Bédoulène Sam 12 Mar - 14:23

intéressant donc, vu les thèmes, merci Tristram

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Message par animal Sam 12 Mar - 19:51

Je ne comprends pas tout sur Lovelock, faut dire que L'hypothèse Gaïa, je l'ai lu mais pas tout suivi non plus. Bruno Latour 575154626

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Message par topocl Sam 12 Mar - 20:47

Jamais rien compris à Latour non plus pale (à mon grand désespoir car je crois que c’est un des grands penseurs du moment).

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Message par Tristram Sam 12 Mar - 21:03

L'hypothèse Gaïa m'avait laissé dubitatif jusque là, mais le peu qui en est dit dans ce livre fait sens.
Oui, Latour est à la mode, j'ai même vu hier soir son passage à La grande librairie (où c'était certes un peu confus). Il fait partie de la nébuleuse actuelle citée en fin de commentaire. J'y ai été amené je crois par Richard Powers.
J'aurais dû préciser que Où atterrir est un livre confortablement bref et rédigé sans xyloglossie, qui ne donne donc pas la gueule de bois à la lecture. Il faut garder en mémoire la définition de certains termes (et pour cela on serait sans doute mieux préparé en ayant lu ses ouvrages antérieurs), mais sinon j'ai à peu près tout compris (bien que n'ayant pas les capacités de synthèse suffisantes pour appréhender l'ensemble de sa démarche, et surtout concevoir les conséquences induites dans une vision du monde novatrice). Sinon, c'est assez clair, et même accessible à Topocl je crois.

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Message par topocl Sam 12 Mar - 21:46

Non, mais je suis très en dessous de ce niveau-là, Tristram, n'insiste pas juste pour le plaisir de m'humilier!
(mon fiston l'avait eu en cours c'était assez fascinant)

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Message par topocl Sam 12 Mar - 21:47

(je vais quand même peut-être réessayer tongue )

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Message par Tristram Ven 23 Sep - 12:53

Nous n'avons jamais été modernes Essai d'anthropologie symétrique

Bruno Latour Nous_n10

Bruno Latour parle d’entrée du trou de la couche d’ozone, crise mondiale peut-être un peu oubliée de nos jours, confrontés à de plus alarmantes encore : c’est que ce livre est initialement paru en 1991 ; mais l'objet de cet essai n’a rien perdu de son actualité, et son éclairage est probablement devenu encore plus pertinent.
« Les critiques ont développé trois répertoires distincts pour parler de notre monde : la naturalisation, la socialisation, la déconstruction. Disons, pour faire vite et avec quelque injustice, Changeux, Bourdieu, Derrida. »
Il faut avoir lu ces auteurs et nombre d’autres, comme Descola, Hobbes et Boyle (pas les Boyle qui ont un fil sur le forum), et les ouvrages de Latour sur la sociologie des sciences (et avoir compris, et garder une idée claire de leurs théories) pour déchiffrer cet essai ; c’est loin d’être mon cas, et je n’ai pu n’en saisir qu’une idée générale.
Le constat est le suivant :
« C’est qu’ils se multiplient, ces articles hybrides qui dessinent des imbroglios de science, de politique, d’économie, de droit, de religion, de technique, de fiction. »

« Le timon est rompu : à gauche la connaissance des choses, à droite l’intérêt, le pouvoir et la politique des hommes. »
Il s’agit de « renouer le nœud gordien » de
« …] la coupure qui sépare les connaissances exactes et l’exercice du pouvoir, disons la nature et la culture. Hybrides nous-mêmes, installés de guingois à l’intérieur des institutions scientifiques, mi-ingénieurs, mi-philosophes, tiers instruits sans le chercher, nous avons fait le choix de décrire les imbroglios où qu’ils nous mènent. Notre navette, c’est la notion de traduction ou de réseau. Plus souple que la notion de système, plus historique que celle de structure, plus empirique que celle de complexité, le réseau est le fil d’Ariane de ces histoires mélangées. »
Fatigué de mal suivre son exposé, conscient qu’un entendement trop vague ôte tout esprit critique, j’ai abandonné ma lecture au premier cinquième du livre. Je recommanderais à ceux qui voudraient en savoir plus de le lire eux-mêmes (et/ou sa notice sur Wikipédia) : c'est sûrement intéressant.

\Mots-clés : #essai #philosophique #science

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Message par Pinky Ven 23 Sep - 14:15

En effet, pour compléter l’œuvre de Latour, son ouvrage très instructif "La vie de laboratoire" qui est cité en biblio en anglais (1979) mais qui existe en français. C'est son premier livre de sociologie concernant deux ans d'observation dans un labo de sciences. Bouquin qui démythifie la fabrique des sciences dites exactes. C'est un peu ce à quoi je faisais allusion en parlant de rationalisme versus croyance.
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Message par topocl Ven 23 Sep - 14:43

Tristram a écrit:Fatigué de mal suivre son exposé, conscient qu’un entendement trop vague ôte tout esprit critique, j’ai abandonné ma lecture au premier cinquième du livre. Je recommanderais à ceux qui voudraient en savoir plus de le lire eux-mêmes (et/ou sa notice sur Wikipédia) : c'est sûrement intéressant.
On est bien sur la même longueur d'onde (et la même capacité de cerveau...)

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Message par Pinky Ven 23 Sep - 15:14

Pour être plus explicite :
Après vous avoir lus et avec ma mini connaissance du départ de Latour, sa vision de sociologue et non de scientifique dans la "vie de laboratoire" résumée sur wikipedia, il me semble qu'il est peut-être plus facile de suivre sa pensée (sans forcément connaître à fond les références qu'il convoque). Hypothèse car je n'ai lu que des articles courts de sa part mais je suis très sensible à sa vision de sociologue qui essaie de dénouer les enjeux dont les enjeux de pouvoir. Encore une fois, il faudrait que je me plonge dans un ouvrage entier...
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Message par Tristram Ven 23 Sep - 17:31

Je trouve cet ouvrage-là, par rapport au premier que j'ai lu, particulièrement rebutant pour les non-initiés (qu'en est-il exactement de ces notions comme la "traduction" ?) Pour comparer, Barthes est un vrai plaisir de lecture, même si bien sûr je n'appréhende pas tout là non plus.
Pinky a écrit:Bouquin qui démythifie la fabrique des sciences dites exactes
Juste une précision : Latour parle aussi d'épistémologie (il évoque d'ailleurs Bachelard _ ça fait plaisir de croiser quand même un philosophe qu'on a lu !) ; il parle de biais cognitifs, et même je pense d'un paradigme à revoir ; mais bien sûr il ne remet aucunement en question la valeur des sciences exactes.
Topocl a écrit:la même capacité de cerveau
Comparons ce qui est comparable, et les vaches seront bien gardées.

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