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André Leroi-Gourhan

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André Leroi-Gourhan Empty André Leroi-Gourhan

Message par Tristram Mar 25 Juin - 8:04

André Leroi-Gourhan
(1911 – 1986)

André Leroi-Gourhan Andrzo11

André Leroi-Gourhan, né le 25 août 1911 à Paris et mort le 19 février 1986 à Paris, est un ethnologue, archéologue et historien français, spécialiste de la Préhistoire. C'est aussi un penseur des techniques et de la culture, qui cherche à allier précision scientifique et concepts philosophiques.
Après avoir quitté l'école à 14 ans, il reprend ses études et sur les conseils de Paul Boyer entre à l'École des langues orientales au sein de laquelle il étudie le russe (diplômé en 1931) et le chinois (diplômé en 1933). Parallèlement, il suit à l'École pratique des hautes études les cours de Marcel Granet et fréquente l’EPHE où il rencontre en 1934 Arlette Royer, qui y suit les cours d'ethnologie de Marcel Mauss. Tous deux participent à la transformation de l'ancien Musée d'ethnographie du Trocadéro en Musée de l'Homme où André travaille dès 1933, ainsi qu'au département d'ethnographie du British Museum.
Il épouse en 1936 Arlette Royer (9 janvier 1913, Paris - 25 avril 2005, Vermenton), avec laquelle il aura quatre enfants. En février 1937, il part avec elle pour une mission ethnographique au Japon financée par le gouvernement japonais. Sa femme l'aide activement comme photographe et secrétaire, et l'accompagne dans tous ses déplacements. En été 1938, ils étudient en particulier les derniers Aïnous de l’île d’Hokkaidō (nord de l’archipel japonais).
André Leroi-Gourhan a proposé une approche radicalement nouvelle de l'interprétation de l'art pariétal paléolithique, basée sur un retour aux documents eux-mêmes, à l'analyse des relations de voisinage des œuvres et de leur position par rapport à la topographie des cavités. Il procède à un traitement statistique des représentations et aboutit à une lecture symbolique des figurations (pictogramme, mythogramme) interprétées comme des symboles masculins ou féminins. Renonçant aux interprétations traditionnelles (magie, chamanisme, totémisme…), il conclut que les grottes ornées paléolithiques sont des sanctuaires religieux, emportant la conviction de la plupart des préhistoriens de l'époque. En revanche, sa théorie selon laquelle l'art pariétal du magdalénien se serait développé depuis les dessins les plus frustres jusqu'aux plus aboutis a été largement infirmée par les datations ultérieures faites au carbone 14, qui témoignent plutôt du contraire.
André Leroi-Gourhan a consacré une partie de son œuvre à l'anthropologie des techniques, fournissant à la fois des principes théoriques (les concepts de tendances et de faits techniques, de milieu technique, de milieu favorable à l'invention et à l'emprunt), des cadres méthodologiques (les méthodes d'analyse des degrés du fait et de la chaîne opératoire) et une classification générale de l'action technique.
Ces apports fondamentaux à l'épistémologie de ce champ disciplinaire sont réunis dans différents ouvrages d'André Leroi-Gourhan tels que L'Homme et la matière (1943/1971), Milieu et techniques (1945/1973) ou Le Geste et la parole (vol. 1 : Technique et langage, 1965 ; vol. 2 : La mémoire et les rythmes, 1965).
Principales publications
• La Civilisation du renne, Paris, éd. Gallimard, 1936.
• L'Homme et la Matière (Évolution et Techniques, vol. 1), éd. Albin Michel, coll. « Sciences d'aujourd'hui Paris », 1943.
• Milieu et Techniques (Évolution et Techniques, vol. 2), Paris, éd. Albin Michel, coll. « Sciences d'aujourd'hui », 1945.
• Jean Anthony, Pierre Grapin, Pierre Laget, André Leroi-Gourhan, Jacques Nouvel, Jean Piaget et Jean Piveteau, L'évolution humaine, spéciation et relation, Paris, éd. Ernest Flammarion, coll. « Bibliothèque de philosophie scientifique », 1957.
• André Leroi-Gourhan et Jean Poirier, Ethnology of Indochina [« Ethnologie de l'Indochine »] (extrait de Ethnologie de l'union française (territoires extérieurs), vol. 2, Paris, PUF, 1953, 1re partie, chap. 2, p. 514-678), Washington, Joint publications research services for the U.S. Department of commerce & Office of technical services, 1962, 157 p.
• Les Religions de la Préhistoire, Paris, éd. PUF, coll. « Quadrige », 1964, 154 p.
• Technique et langage (Le Geste et la Parole, vol. 1), Paris, éd. Albin Michel, coll. « Sciences d'aujourd'hui », 1964, 326 p.
• La Mémoire et les Rythmes (Le Geste et la Parole, vol. 2), Paris, éd. Albin Michel, coll. « Sciences d'aujourd'hui », 1965, 288 p.
• Préhistoire de l'art occidental, Paris, éd. Mazenod, 1965, 482 p.
• « Les premières manifestations de l'art du couvreur, réflexions sur les origines de la charpente et de la couverture - L'art du couvreur », dans Encyclopédie des Métiers, t. 1, 1980.
• Les Racines du monde : entretiens, Paris, éd. Belfond, 1982.
• The Dawn of European Art: An Introduction to Palaeolithic Cave Painting (trad. Sarah Champion) (1re publ. en italien, 1981), Cambridge, Cambridge University Press, coll. « The imprint of Man », 1982, 77 p.
• Le Fil du temps : ethnologie et Préhistoire, Paris, Fayard, 1983.
• Pincevent : Campement magdalénien de chasseurs de Rennes, Ministère de la culture, Imprimerie royale, coll. « Guides archéologiques de la France », 1982, 94 p.
• Dictionnaire de la Préhistoire, Paris, éd. PUF, 1988.
• L'Art pariétal : langage de la Préhistoire, Grenoble, éd. Jérôme Millon, coll. « L'Homme des Origines », 1992, 423 p.
• Pages oubliées sur le Japon, Grenoble, éd. Jérôme Millon, 2004, 469 p.

(Wikipédia)

Dans la partie de l’œuvre de Leroi-Gourhan que j’ai lue, j’ai particulièrement apprécié Évolution et Techniques et Le Geste et la Parole ; le second contient cette analyse du devenir de notre espèce :
« Il est difficile, même à travers les théoriciens de l’une et de l’autre idéologie [marxiste et capitaliste], de se faire l’idée d’un équilibre qui consisterait à augmenter indéfiniment le confort matériel d’individus indéfiniment plus nombreux. Les rapports entre production, consommation et matière laissent prévoir que l’homme consomme de mieux en mieux, mais de manière irrémédiable, sa propre substance, c’est-à-dire ce qui lui vient du milieu naturel. […]
Le groupe ethnique, la « nation » remplace l’espèce et l’homme, qui reste dans son corps un mammifère normal, se dédouble dans un organisme collectif aux possibilités pratiquement illimitées de cumul des innovations. Son économie reste celle d’un Mammifère hautement prédateur même après le passage à l’agriculture et à l’élevage. À partir de ce point, l’organisme collectif devient prépondérant de manière de plus en plus impérative et l’homme devient l’instrument d’une ascension techno-économique à laquelle il prête ses idées et ses bras. De la sorte, la société humaine devient la principale consommatrice d’hommes, sous toutes les formes, par la violence ou le travail. L’homme y gagne d’assurer progressivement une prise de possession du monde naturel qui doit, si l’on projette dans le futur les termes techno-économiques de l’actuel, se terminer dans une victoire totale, la dernière poche de pétrole vidée pour cuire la dernière poignée d’herbe mangée avec le dernier rat. Une telle perspective est moins une utopie que la constatation des propriétés singulières de l’économie humaine, économie sur laquelle rien ne laisse entrevoir encore que l’homme zoologique, c'est-à-dire intelligent, ait un réel contrôle. Du moins a-t-on vu, en quelque vingt ans, l’idéal de consommation se doubler d’une certaine méfiance dans l’infaillibilité du déterminisme techno-économique.
André Leroi-Gourhan, « Le Geste et la Parole », tome 1, « Technique et Langage », chapitre V (1964)

« Or, force est de raisonner sur l’homme zoologique qui ne changera pas en un siècle et de chercher quelles portes de sortie s’offrent à lui s’il veut avoir un autre sentiment d’existence que la satisfaction d’être une cellule dépersonnalisée. »
André Leroi-Gourhan, « Le Geste et la Parole », tome 2, « La Mémoire et les Rythmes », chapitre VIII (1965)

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Tristram Mar 25 Juin - 8:11

Un voyage chez les Aïnous

André Leroi-Gourhan Un_voy10

Arlette Leroi-Gourhan présente leur mission ethnographique, elle et son mari André, pendant l'été 1938 à l’île du Hokkaïdo la plus au nord, durant laquelle ils ont étudiés les Aïnous ; c’est une mise en forme de leurs notes, photos et dessins, dont l’exploitation fut compromise par la Seconde Guerre (livre édité en 1989).
Les Aïnous, dont à l’époque les anthropologues ne pouvaient situer ni les origines, ni la langue, uniquement orale, sont caractérisés par un type caucasien et fort pileux (les femmes portent des moustaches tatouées).
« Contrairement à ce qui est usage au Japon, ici, seules les femmes sont tatouées ; les marques s’ajoutent et se superposent au fil des années. »
Pas de céramique (art oublié), fer importé du Japon, mais important travail du bois.
« Presque tous ces objets de bois portent au moins une marque par incision. Sans cette incision, l’objet serait privé d’âme. Chacun de ces signes est celui d’une famille patrilinéaire ; il ne peut-être vendu ni échangé, mais éventuellement être offert en cadeau en cas de décès ou d’adoption. Et c’est ainsi que, dans la société aïnoue, chaque adolescent apprend à graver avec la même attention qu’il s’entraîne à manier l’arc. »

« Les Aïnous sont le seul peuple au monde à posséder des relève-moustaches. Cet objet s’avère un des plus importants de leur civilisation parce qu’il est à la fois rituel, traditionnel, familial et personnel. […]
Durant les rituels importants, il convient, avec une seule main, d’approcher la coupe des lèvres, tout en maintenant du relève-moustaches l’ensemble des poils car, aucun de ceux-ci ne doit entrer en contact avec la boisson des Dieux. »
Rapprochements entre les pratiques de ces « Primitifs » avec celle des hommes préhistoriques :
« Nous nous trouvons ici exactement devant le même problème que celui qui est posé par l’art paléolithique occidental. Pourquoi certains animaux faisant partie intégrante de la vie quotidienne ne sont-ils que peu ou pas représentés ?
Ainsi les loups qui, en hordes serrées, suivaient les troupeaux de rennes de nos Magdaléniens, sont-ils pratiquement absents des peintures ou gravures rupestres. Or, ces loups sont également privés d’évocation graphique chez les Aïnous alors qu’ils hantent les forêts et se risquent jusqu’aux abords des villages.
Les deux cultures présentent donc un fait identique : pour elles existent deux mondes différents et il n’y a pas toujours de lien direct – visible par nous – entre les images et les animaux, bons ou mauvais, faisant partie du quotidien des hommes. »
Les Inaos sont des bâtons sacrés décorés de copeaux, à l’origine anthropomorphes, offerts aux Kamouis, génies des lieux.
« L’important est que chaque forme, chaque frisure corresponde à un certain Kamoui et à une demande spécifique : guérison, chasse… »
Les Aïnous pêchent, notamment le saumon (et la baleine autrefois), et chassent, dont l’ours. Le bébé rendu orphelin est alors ramené au village, où il sera allaité par une femme, puis sacrifié devenu adulte. L’ours est considéré comme un pendant de l’homme.
Les Aïnous auraient pour ancêtre la culture Jomon, chasseurs-cueilleurs-pêcheurs mésolithiques d’origine aryenne, qui pratiquaient la céramique ; leur culture était déjà en voie de disparition à l’époque où les Leroi-Gourhan les ont étudiés.

\Mots-clés : #essai #historique #minoriteethnique #social #spiritualité #temoignage #traditions

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Message par Bédoulène Mar 25 Juin - 10:37

merci Tristram ! les Aïnous ont-ils complètement disparus ?

ourson élevé au lait humain (nourrir pour tuer ensuite) idée logique

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Message par Tristram Mar 25 Juin - 10:55

Je crois que le peuple aïnou n'a pas complètement disparu, malgré l'assimilation culturelle.

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Message par Chamaco Mer 26 Juin - 13:45

beaucoup cité en archéo à Aix, super merci il le mérite
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