ArenSor_T_Williams

Alors parle-moi comme la pluie et laisse moi écouter (laisse-moi m'étendre ici et écouter).

Tennessee Williams, Parle moi comme la pluie et laisse moi écouter

Forum littérature et arts. Pour partager ses émotions littéraires, coups de cœurs en romans, poésie, essais mais aussi cinéma, peinture, musique, ...


    Moritz Thomsen

    Partagez
    avatar
    Bédoulène

    Messages : 2859
    Date d'inscription : 02/12/2016
    Age : 72
    Localisation : En Provence

    Moritz Thomsen

    Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 14:21

    Moritz Thomsen (1915-1991)



    Moritz Thomsen né en 1915 et mort en 1991 aux Etats Unis.
    Martin Moritz Thomsen Titus (1915-1991), connu sous le nom Moritz Thomsen, était un écrivain américain, agriculteur et Peace Corps volontaire. Il a travaillé et écrit dans la petite ville de Rio Verde, en Équateur. Ses livres ont été loués par des écrivains comme Paul Theroux , Thomas Cahill et Larry McMurtry .
    Thomsen est né en 1915 dans une famille américaine riche à Seattle. Son homonyme était après son grand-père un puissant homme d'affaires de Washington. Charlie, son père était président de Centennial Mills (Krusteaz marque) et un multi-millionnaire au tournant du 20e siècle. [1] [2] Comme détaillé dans ses mémoires, sa relation avec son père était extrêmement tendue, avec Thomsen décrivant l'homme comme «tyrannique».

    Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Thomsen a servi de B-17 Flying Fortress bombardier dans la Huitième Armée de l' Air . À l'âge de 44 ans, il travaillait comme fermier en Californie quand il a décidé de se joindre au Peace Corps. En 1964, à 48 ans, Thomsen est venu en Équateur comme l'un des premiers volontaires du Peace Corps. À son arrivée et après de nombreuses errances, il a été affecté à titre d'expert agricole à la petite ville de pêcheurs de Green River, au nord de la province d'Esmeraldas. Thomsen a vécu pendant quatre ans dans ce village, et un total de 35 ans en Equateur. Après avoir été bénévole pendant quatre ans, il est resté en Équateur. Il est mort en 1991 du choléra .
    source : wikipedia

    Bibliographie en français

    1978 La Ferme sur le Rio Esmeraldas
    1990 Le Plaisir le plus triste
    1996 Mes deux guerres


    Dernière édition par Bédoulène le Sam 10 Déc - 0:43, édité 2 fois


    _________________
    "Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

    "Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
    avatar
    Bédoulène

    Messages : 2859
    Date d'inscription : 02/12/2016
    Age : 72
    Localisation : En Provence

    Re: Moritz Thomsen

    Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 14:29



    "la ferme sur le Rio Esmeralda"

    je crois que le passage qui suit peut résumer ce récit autobiographique

    "Avec le temps, je commençai cependant de comprendre ce que Ramon avait probablement toujours su : qu'étant un Nord-Américain blanc de classe moyenne je représentais un corps étranger, un organe tel un coeur ou un rein qui une fois greffé est rejeté par le corps, ce corps en souffrance de la terre équatorienne.

    Je pense que l'auteur partait dans cette aventure avec un handicap, celui de croire qu'il pouvait et/ou que des personnes pouvaient vivre dans une "pauvreté décente".
    La pauvreté est à mon sens toujours "indécente".

    Quelle lucidité quand il découvre alors que l'oléoduc de Texaco explose. Explosion dans son esprit pour ce qui le concerne ; nouveau départ pour son aventure en solitaire, sa 2ème installation dans une ferme. Nouvel échec !

    Un livre qui me marquera durablement.

    "message rapatrié"


    _________________
    "Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

    "Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
    avatar
    bix_229

    Messages : 2492
    Date d'inscription : 06/12/2016
    Localisation : Lauragais

    Re: Moritz Thomsen

    Message par bix_229 le Dim 11 Déc - 15:48

    Moritz Thomsen né en 1915 et mort en 1991 aux Etats Unis.

    Thomsen n'est pas un inconnu aux Etats Unis, mais on a tardé à le découvrir en France. En tout cas à l'éditer.
    Comme Norman Lewis ou Wallace Stegner qui eux, reconnurent Thomsen comme un des leurs.
    C'est à Philippe Garnier, grand connaisseur de la littérature américaine qu'on doit ce plaisir.
    La vie de Thomsen ne ressembla jamais à un lit de roses, ni même à quelque chose de tout à fait décent.
    Sa vie ne fut qu'une errance malheureuse sans qu'il parvienne à se fixer nulle part. En tous cas pour longtemps.
    Il ne quitta son père que pour s'engager comme pilote pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Il écrit à ce propos :

    "Ce livre -Mes Deux guerres- traite de mon engagement face à deux catastrophes, la Seconde Guerre mondiale et mon père.
    Il s'agit là des deux grandes guerres de ma vie, perdues sans doute comme toutes les guerres."

    Il voyage, rencontre des gens, vit des péripéties plus ou moins tragiques,mais dont il préfère en rire.
    S'il n'adhéra pas à une idéologie, il affiche une compassion profonde pour la détresse humaine. Et notamment celle qu'il rencontre en Amérique Latine, tellement dépossédée de ses richesses.
    C'est peut etre pour cela qu'il s'engage dans le Peace Corps et part en mission en Equateur.
    Et qu'il devient fermier dans ce même pays, où il va vivre une expérience désenchantée et souvent amère.
    Cette expérience, il en parlera dans ses deux grands livres : La ferme sur le Rio Esmeraldas et Le Plaisir le plus triste.
    Toute sa vie, il fera preuve de lucidité, de courage, mais à la fin du voyage, il y a de la lassitude, de la tristesse, une sorte de désespoir sourd et contenu.
    Ce type là a reçu trop de coups et pendant trop longtemps et il est très abimé.
    Lire son oeuvre c'est comme écouter une histoire monotone et foutue,
    une sorte de blues rauque, comme enroué sur l'art et la manière de rater sa vie, Et c'est déchirant.

    Message récupéré
    avatar
    bix_229

    Messages : 2492
    Date d'inscription : 06/12/2016
    Localisation : Lauragais

    Re: Moritz Thomsen

    Message par bix_229 le Mar 13 Déc - 15:57



    Mes deux guerres

    Comme l'a déjà dit Pia, Moritz Thomsen commence son récit par cette phrase :

    Ce livre  traite de mon engagement face à deux catastrophes, la Seconde Guerre mondiale et mon père.
    Et presque tout est dit, la concision, la colère,  l'intelligence alliée d'humour.


    Il dit plus loin :

    Plus que de consolation l'homme est en quête de sens.
    Et cette quête de sens se  fait au  fil d'un récit passionnant de bout en bout, qui laisse une large place aux aléas de la mémoire, avec ce que cela implique de trous, de flous et de pièges
    .

    Mais ces absences mêmes participent à l'analyse rétrospective que Thomsen fait de ces deux traumatismes qui ont fait son éducation, avec comme clés de voûte leur ambiguïté perpétuelle.
    Ce père égocentrique et rejetant, mais porteur d'un héritage qui ne se refuse pas, cet homme qui confond amour et haine. Et la guerre dans ce qu'elle a tout à la fois de trivial et de noble, de honteux et de glorieux, cette extraordinaire aventure mortifère. Une guerre aérienne qui se veut propre, loin de l'ennemi et de la boue des tranchées.
    Deux  catastrophes à deux têtes qui ont construit tout autant que détruit Moritz Thomsen,  ce jeune homme plein d'idéaux qui, s'il s'est laissé miner, grâce à la colère, n'en est pas ressorti pourtant anéanti.

    Message récupéré. Citation.


    Dernière édition par bix_229 le Mer 14 Déc - 12:31, édité 1 fois
    avatar
    animal
    Admin

    Messages : 3361
    Date d'inscription : 27/11/2016
    Age : 36
    Localisation : Tours

    Re: Moritz Thomsen

    Message par animal le Mar 13 Déc - 16:02

    Message récupéré de Topocl à propos de Mes deux guerres.
    si on récupère les messages des autres ça va être compliqué à suivre j'en ai peur !


    _________________
    Keep on keeping on...
    avatar
    bix_229

    Messages : 2492
    Date d'inscription : 06/12/2016
    Localisation : Lauragais

    Re: Moritz Thomsen

    Message par bix_229 le Mar 13 Déc - 16:27

    @animal a écrit:
    Message récupéré de Topocl à propos de Mes deux guerres.
    si on récupère les messages des autres ça va être compliqué à suivre j'en ai peur !
    Je n' avais rien écrit sur cet auteur que j' vais introduit mais que j' avais lu des années auparavant.
    J' aime beaucoup Thomsen et j' estime qu' il mérite un message sur l' un de ses livres...
    avatar
    shanidar

    Messages : 1600
    Date d'inscription : 02/12/2016

    Re: Moritz Thomsen

    Message par shanidar le Mar 13 Déc - 16:34

    Le commentaire de Bédou semble une accroche déjà suffisante... Ce qui ne t'empêche pas bix de nous offrir quelques mots généraux sur l'auteur comme tu sais si bien le faire.
    On va essayer de se contenter de nos propres messages et de se concentrer sur les prochains à écrire.
    avatar
    bix_229

    Messages : 2492
    Date d'inscription : 06/12/2016
    Localisation : Lauragais

    Re: Moritz Thomsen

    Message par bix_229 le Mar 13 Déc - 17:55



    OK !


    Quand on regarde le visage de Thomsen, toute son histoire apparait dans son visage : Un paysage détruit... La vie lui est passé dessus et sans anesthésie...

    Je crois qu' il est nécessaire de lire Mes deux guerres d' abord- pour mieux comprendre et apprécier les deux romans -eux aussi très personnels- de Thomsen.
    C' est une autobiographie.
    Et l' homme apparait, hypersensible, très tot marqué dans son enfance à cause d' un père brutal, puis par la guerre, et qui ne pourra jamais se départir de sa culpabilité, de son honneteté ni de son idéalisme fondamental.
    ... Ni de son talent. Heureusement pour nous !

    J' ai beaucoup de sympathie et de tendresse pour lui.
    avatar
    shanidar

    Messages : 1600
    Date d'inscription : 02/12/2016

    Re: Moritz Thomsen

    Message par shanidar le Mer 14 Déc - 10:00

    Voilà qui fait rudement envie. Merci, bix !
    avatar
    Marie

    Messages : 316
    Date d'inscription : 02/12/2016
    Localisation : Moorea

    Re: Moritz Thomsen

    Message par Marie le Jeu 15 Déc - 2:47

    Un peu de soutien pour la lecture de Moritz Thomsen, même si ça va être un peu court Smile



    J'ai aussi beaucoup aimé Mes deux guerres,ah, le père..le père qui quand le fils Moritz part faire la guerre, lui montre, très fier de lui, ce que sera sa tombe...

    Un petit extrait, un de ceux qui me parlent:

    C'était ainsi dire la première fois de ma vie que je rencontrais des familles harmonieuses, et les voir fonctionner était comme d'assister à une chorégraphie complexe interprétée à la perfection par les Ballets russes- chacun à sa place, chacun exécutant avec grâce les évolutions requises...Voila que je rencontrais des groupes étendus de gens qui s'aimaient les uns les autres. Ce fut pour moi la plus confondante des découvertes..
    Cette amère définition de la famille- groupe d'individus apparentés dominé par son membre le plus névrosé- m'avait toujours semblé parfaite. Et voilà qu'en l'espace de quelque jours ma haine de l'hypocrisie familiale se dissipa complètement: je découvris, en prenant douloureusement conscience de ma carence affective, que la cellule familiale était la base de la grandeur américaine et que, à l'instar de la théorie de l'évolution, elle conférait une profonde cohérence à certains aspects fondamentaux du monde. Et la plus stupéfiante révélation entre toutes: la cohésion du monde trouve ses racines dans la morale."








    Lu ensuite Le plaisir le plus triste traduit de l'anglais ( Etats-Unis) par Gérard Henri. Un récit de..de quoi au juste? De voyage, de bilan de vie,d'autoanalyse, de vagabondages, de rencontres, de réflexion? Un peu de tout cela, et c'est ce qui fait la force du livre.
    Fils de milliardaire, né à Seattle, 1915 , vous dites qu'il est mort aux Etats-Unis? D'après ce que j'ai lu, il est mort du choléra en Equateur, où il était retourné. Peu importe? Oui et non. Il y a une certaine ironie dans ce destin quand même, d'un homme en permanence en questionnement sur lui-même et ce qui l'entoure, en révolte mais conscient que quoi qu'il fasse, et même de toutes ses forces et très honnêtement, il ne sera jamais à sa place nulle part. Parce qu'il ne l'a pas été enfant.

    Encore un petit extrait:
    Ma colère, alors que je conduisais, avait son origine dans la prise de conscience brutale que je n'avais jamais été libre de choisir ma façon de vivre et que, par dépit, afin de me venger de mon père, j'avais foulé aux pieds mes qualités propres pour me contenter d'être un pantin grotesque dans un spectacle de guignol, hurlant oui quand le père disait non et non quand il criait oui. Si je vivais maintenant dans une jungle paludéenne, au milieu des Noirs, soumis aux conditions les plus primitives, la raison n'en était pas une grande passion pour la forêt tropicale humide, les recherches ethnologiques ou la population noire; c'était par opposition à mon père, une façon de le défier , lui qui disait volontiers quand il voulait me mettre en rage: " Si cet enfant de salaud de Lincoln n'avait pas tout fichu en l'air et libéré les esclaves, je pèserais dix millions de dollars aujourd'hui".



    Contenu sponsorisé

    Re: Moritz Thomsen

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Mer 26 Juil - 16:41