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Philip Kerr

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Message par Armor Dim 21 Fév - 0:59

Philip Kerr
(1956 - 2018)

polar - Philip Kerr Philip10

Philip Ballantyne Kerr, né le 22 février 1956 à Édimbourg (Écosse) et mort le 23 mars 2018 à Londres, est un auteur britannique de roman policier et de littérature d'enfance et de jeunesse.

Philip Kerr étudie à l'université de Birmingham où il obtient des maîtrises en droit et philosophie. Il travaille un temps comme rédacteur publicitaire pour l'agence Saatchi and Saatchi avant de devenir journaliste indépendant, puis écrivain de romans policiers en 1989. Le succès de sa Trilogie berlinoise le pousse à se consacrer à l'écriture à temps plein. Alors qu'il avait annoncé la fin de Gunther après la publication de la trilogie, il lui consacre de nouvelles aventures à partir de 2006.
En 2015, avec Le Mercato d'hiver (January Window), il entame un nouveau cycle ayant pour héros un entraîneur de football, Scott Manson.
À l'occasion, il publie des articles pour le Sunday Times, l'Evening Standard et le New Statesman. Envoyé spécial de la BBC à Moscou en 1994, il peut suivre pendant trois semaines une enquête du chef de la police de Saint-Pétersbourg. À son retour au Royaume-Uni, il en tire un roman de procédure policière sur la mafia russe intitulé Chambres froides (Dead Meat).

Trois de ses romans, qui se déroulent dans un futur proche, sont des réquisitoires contre la déshumanisation d'une société envahie par l'informatique : Une enquête philosophique (A Philosophical Investigation, 1992), La Tour d'Abraham (Gridiron, 1995) et Le Sang des hommes (The Second Angel, 1998).
Sous la signature P. B. Kerr, il poursuit également la publication à partir de 2004 d'une série pour la jeunesse, Les Enfants de la lampe magique (Children of the Lamp).

Philip Kerr résidait à Londres avec sa femme, Jane Thynne, également écrivain, et leurs trois enfants. Il meurt des suites d'un cancer le 23 mars 2018, à l'âge de 62 ans.

Ouvrages traduits en français :

Série Bernie Gunther :
- La Trilogie berlinoise (comprend l'Été de cristal (March Violets, 1989), La Pâle Figure (The Pale Criminal, 1990) et Un requiem allemand (A German Requiem, 1991)
- La Mort, entre autres (The One From the Other, 2006)
- Une douce flamme, (A Quiet Flame, 2008)
- Hôtel Adlon (If The Dead Rise Not, 2009)
- Vert-de-gris (Field Grey, 2010)
- Prague fatale (Prague Fatale, 2011)
- Les Ombres de Katyn (A Man Without Breath, 2013)
- La Dame de Zagreb (The Lady from Zagreb, 2015)
- Les Pièges de l'exil (The Other Side of Silence, 2016)
- Bleu de Prusse (Prussian Blue, 2017)
- L'Offrande grecquc (Greeks Bearing Gifts, 2018)
- Metropolis (Metropolis, 2019)

Et si vous voulez lire la série dans l'ordre chronologique (Merci Diogène) :
clic:

Série Scott Manson :
- Le Mercato d'hiver (January Window, 2014)
- La Main de Dieu (Hand of God, 2015)
- La Feinte de l'attaquant (False Nine, 2015)

Autres romans
- Une enquête philosophique (Philosophical Investigation, 1992)
- Chambres froides (Dead Meat ou Grushko, 1993)
- La Tour d'Abraham (Gridiron ou The Grid, 1995)
- Ésaü ou le Chaînon manquant (Esau, 1996)
- Cinq ans de réflexion (A Five Year, 1998)
- Le Sang des hommes (The Second Angel, 1998)
- Impact (The Shot, 1999)
- Le Chiffre de l'alchimiste (Dark Matter: The Private Life of Sir Isaac Newton, 2002)
- La Paix des dupes ( Hitler's Peace, 2005)
- Pénitence (Prayer, 2013)

Littérature jeunesse

Série Les Enfants de la lampe magique :
- Le Secret d'Akhenaton (The Akhenaten Adventure, 2004)
- Le Djinn bleu de Babylone (The Blue Djinn of Babylon, 2005)
- Le Cobra de Katmandou (The Cobra King of Kathmandu, 2006)
- Le Réveil de l'armée fantôme (The Day of the Djinn Warriors, 2007)
- L'Œil de la forêt, Bayard Jeunesse (The Eye of the Forest, 2009)


Dernière édition par Armor le Dim 18 Avr - 19:13, édité 2 fois

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Message par Armor Dim 21 Fév - 1:27

Et voilà, je l’ai refermé, ce 14ème opus des aventures de Bernie Gunther. Non sans un pincement au coeur... Bernie, c’était le compagnon de mes insomnies, de mes coups de cafards, de mes pannes de lecture. Je gardais toujours un épisode de côté, en cas de coup dur. Mais cette fois, c’était le dernier... Certes, Philip Kerr a écrit d’autres choses, mais ce que j’ai pu tenter n’avait pas la même saveur. Probablement parce que le succès de la série Bernie Gunther tient surtout à cette curieuse alchimie entre la personnalité complexe et attachante de son héros et la plongée fascinante dans les turpitudes de l’Allemagne nazie.

Et donc, parlons un peu de Metropolis…

polar - Philip Kerr 51glgn10

Metropolis

Ce dernier tome de la série est un "préquel". Bernie Gunther, fraîchement recruté à la brigade criminelle, fait ses armes auprès d’Ernst Gennat et Bernahrd Weiss, deux authentiques légendes de la police berlinoise. Marqué par ses années de guerre et la perte de sa femme, Bernie fait déjà montre de son fameux sens de la répartie, caustique et désabusé. Mais il lui reste aussi quelques illusions, qui seront fortement mises à mal lors de cette première enquête criminelle. C'est probablement à cette occasion que se forgera sa morale toute personnelle, curieux mélange de principes indéfectibles et de déroutante souplesse...

Deux tueurs sévissent à Berlin. L’un assassine des prostituées, l’autre d’anciens combattants de 14-18 mutilés et réduits à la mendicité. Pour les autorités, seuls les meurtres des soldats ont de l’importance : cette série de crimes met en lumière la cruelle réalité de ces héros mis au rebus, symboles malgré eux d’une défaite que l’on cherche à oublier. Il convient de calmer au plus vite l’opinion publique, et l'on ordonne à la police de se concentrer sur cette seule enquête. Mais Bernie, quant à lui, est convaincu que les deux affaires sont liées…

Dans les romans de Philip Kerr, Berlin est un protagoniste à part entière. Et en cette année 1928, il part à la dérive… Les changements incessants de gouvernements, l’inflation, la perte de confiance envers les autorités, tout concourt à cette atmosphère délétère qui aboutira au triomphe d’Hitler. Les idées nazies s’affichent au grand jour, de plus en plus décomplexées. Certains journaux n’hésitent pas à attaquer ouvertement Bernhard Weiss, le très compétent chef de la police criminelle, du simple fait de sa judéité. Pendant ce temps, le Berlin interlope s’étourdit dans les fêtes et les cabarets. C’est à qui aura l’idée de spectacle la plus scabreuse… Déviances, orgies, retour de la morale se télescopent sans cesse, et la société allemande vacille sur ses bases...

Comme à chaque fois, je n’ai pas boudé mon plaisir lors de cette lecture, même si, en toute objectivité, Metropolis n’est pas le meilleur opus de la série. La conclusion de l’enquête ne m’a pas vraiment convaincue, et même si l’ambiance historique est comme toujours le point fort du roman, je le réserverais quand même aux aficionados. Par contre, je ne saurais trop recommander aux novices de tenter La trilogie berlinoise (3 romans réunis en un seul poche !), La mort, entre autres, ou encore Une douce flamme. Philip Kerr y est à son meilleur, l’humour grinçant de Bernie fait mouche, le nazisme étant ses serres sur le monde, et le lecteur est de bout en bout tenu en haleine …

Ca me fait décidément tout drôle de me dire que je n’aurai plus jamais ce petit mouvement d'excitation familier en voyant le dernier Philip Kerr sur l'étal de mon libraire. Bernie, tu vas bigrement me manquer...



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Message par Tristram Dim 21 Fév - 1:52

Merci Armor ! J'ai aussi apprécié ceux que j'ai lus, comme L’Été de cristal et Un requiem allemand _ et j'ai la chance d'en avoir encore beaucoup à lire.
Mais n'oublies pas que les relectures peuvent être passionnantes également, surtout quand il s'agit de bons livres...

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Message par Armor Dim 21 Fév - 4:08

Tristram a écrit:
Mais n'oublies pas que les relectures peuvent être passionnantes également, surtout quand il s'agit de bons livres...

Oh je compte bien le relire. Je suis d'ailleurs dans une période relecture en ce moment. Wink Mais quand même, on ne saura jamais ce qu'il est advenu du retour de Bernie en Allemagne (projeté à la fin du tome 13), et franchement, j'aurais bien aimé lire ça. Wink Reste l'imagination, mais je crains qu'elle ne soit pas aussi féconde que celle de Philip Kerr !

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Message par Bédoulène Dim 21 Fév - 8:06

je comprends, un manque qui ne sera jamais comblé !

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Message par Cliniou Jeu 25 Fév - 22:38

La Trilogie Berlinoise a été un très agréable moment de lecture. Philippe Kerr, que je croyais écrivain français (allez comprendre pourquoi ? Le côté parfois un peu San Antonio?)...bref....sort de l’ombre des éléments historiques peu connus sans perdre le rythme de son suspens.
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Message par Tristram Sam 29 Mai - 19:29

La mort, entre autres

polar - Philip Kerr La_mor12

Quatrième parution du détective Bernhard Gunther, cette fois dans l’Allemagne dévastée de 1949. Malgré les revers d’une existence désastreuse qu’il partage avec la majorité de ses contemporains, il demeure un flic, et n’est toujours pas enclin à l’empathie pour les nazis, même ces Vestes rouges (criminels de guerre emprisonnés par les Alliés, si j’ai bien compris) que certains voudraient voir amnistiés afin que la nouvelle République Fédérale prenne un nouveau départ… Ce polar historique est notamment axé sur les réseaux d’exfiltration de criminels SS, essentiellement vers l’Argentine de Perón, et tout particulièrement dirigés par l’Église catholique…
C’est bien construit, bien écrit (malgré des maladresses de traduction, ou au moins de rédaction française), avec un rythme enlevé et des péripéties à la fois plausibles et exemplaires illustrant le drame de cette époque (c’est très bien renseigné – au moins pour un roman) ; les remarques du narrateur sonnent juste.
« Le travail du détective, c'est un peu comme entrer dans une salle de cinéma quand la projection a déjà commencé. Vous ne savez pas ce qui s'est déjà passé, vous essayez de vous repérer dans le noir et, inévitablement, vous marchez sur les pieds d'un spectateur ou vous l'empêchez de voir. Parfois, les gens vous injurient, mais en règle générale ils se contentent de soupirer ou de vous inviter bruyamment à faire silence, remuent les jambes, déplacent leurs manteaux et s'arrangent ensuite pour faire mine de vous ignorer. Poser des questions à la personne assise à côté de vous peut entraîner toutes sortes de conséquences, allant du récit complet de l'intrigue et du générique à la tape sur la bouche, d'un revers de programme roulé en tube. Bref, vous achetez votre billet, et vous tentez votre chance. »

« La guerre rend la tuerie accessible et ordinaire, en apparence. En temps de paix, elle ne l'est pas. Pas de la même manière. En temps de paix, on redoute juste que tuer quelqu'un ne laisse de vilaines saletés sur le tapis. S'inquiéter de ces vilaines saletés sur le tapis et des conséquences, c'est la seule différence véritable entre la guerre et la paix. »

« J'avais moi-même eu du mal à appréhender la chose – que nous qui formions peut-être la nation la plus civilisée qui soit sur cette terre, nous ayons pu commettre, au nom de la science médicale, des actes aussi atterrants. Difficile à comprendre, oui. Mais pas si difficile à croire. Après mes propres expériences sur le front russe, j'avais fini par croire les êtres humains capables d'un degré d'inhumanité sans limites. Il se peut que ce soit elle avant tout – notre inhumanité même – qui fasse de nous des humains. »
Situé en 1937, le prologue est également intéressant :
« Ce fut peut-être la première fois que nous l'entendîmes utiliser cette formule du Lebensraum – l'espace vital. Personne ne songea un instant que notre espace vital ne pourrait voir le jour que si d'autres trouvaient la mort. »
Kerr relate comment le service des Affaires juives de la Police de sécurité – le SD – envisageait de faire immigrer les Juifs en Palestine pour en débarrasser l’Allemagne (nous voyons toujours aujourd’hui les conséquences de cette colonisation) ; un mot de l'auteur en fin d'ouvrage précise certains de ces faits.
« Non, nous [les Affaires juives de la Gestapo] ne sommes pas seulement des fanatiques. Il y a une différence. Nous n'espérons pas que Dieu soit content de nous voir brûler la cervelle de quelqu'un. Eux [le Haut Comité arabe en Palestine], si. C'est ce qui fait d'eux des fous. »

\Mots-clés : #antisémitisme #deuxiemeguerre #historique #polar

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Message par Bédoulène Sam 29 Mai - 19:54

il faut que je m'intéresse ç cet auteur me semble, (je l'ai peut-être déjà noté) merci Tristram

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Message par animal Lun 25 Oct - 21:07

polar - Philip Kerr Cvt_bl10

Bleu de Prusse

Plutôt déçu par ma première incursion chez Philip Kerr et son Bernie Gunther. Grand écart entre une enquête de 1939 à Berchtesgaden ou un homme a été assassiné quelques jours avant l’anniversaire de Hitler et une fuite pour échapper à la Stasi en 1956 avec bien sûr quelques échos entre les deux.

Beaucoup de personnages, beaucoup de références historiques ou gadgétoides, des rebondissements pour tenir l'épaisseur des quelques centaines de pages. Ça se lit mais j'ai trouvé ça un peu lourd, appuyé, "obligé" et les coulisses de la "grande histoire" font un cliché qui ne m'a pas passionné (indigestion rapide de décorum nazi ?).

Pas franchement désagréable mais un côté entrainement pour Alzheimer : j'oublie la moitié de qui est qui et de ce qui se passe mais il y a des rappels tout le temps ? What a Face

Pas le meilleur opus ?

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Message par Armor Mar 26 Oct - 14:13

En effet, ça n'est clairement pas le meilleur. Un peu lourd en effet, je suis assez d'accord. Mais quand on est devenu accro à Bernie après avoir lu La trilogie berlinoise, La mort, entre autres ou Une douce flamme, on passe sur beaucoup de choses. Wink

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Message par animal Mar 26 Oct - 19:34

A voir donc si récidive il y a. cat

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Message par Tristram Lun 31 Juil - 15:06

Une douce flamme

polar - Philip Kerr Une_do10

« Le navire était le SS Giovanni, ce qui semblait tout à fait approprié puisque trois au moins de ses passagers, moi y compris, avaient appartenu à la SS. »
Avec cet incipit, Bernhard (Bernie) Gunther, alias Doktor Carlos Hausner, nous apprend qu’il rejoint l’Argentine avec Herbert Kuhlmann et… Adolf Eichmann…
Nous sommes à Buenos Aires en 1950, et le roman s’y passe (ainsi qu’à Tucumán), mais aussi à Berlin en 1932, quand Gunther y vivait la chute de la République de Weimar avec son sergent Heinrich Grund. Ce dernier est alors un fervent partisan du parti national-socialiste, qui s’oppose au SPD, « Front de fer », le parti social-démocrate, et prend le pouvoir.
L’Argentine est le salut de nombre de « vieux camarades » dans l’après-guerre, quoique…
« À Buenos Aires, il vaut mieux tout savoir qu’en savoir trop »
Le Troisième Reich s’est effondré, mais ses rescapés survivent en exil et s’organisent sous le régime de Juan (et Evita) Perón, continuant à perpétrer leurs crimes, même s’ils ne sont plus de guerre.
« — Tous les journaux sont fascistes par nature, Bernie. Quel que soit le pays. Tous les rédacteurs en chef sont des dictateurs. Tout journalisme est autoritaire. Voilà pourquoi les gens s’en servent pour tapisser les cages à oiseaux. »

« Qu’est-ce que prétend Hitler ? demandai-je. Que la force réside non dans la défense mais dans l’attaque ? »
Gunther est recruté par le SIDE, les services de renseignement péronistes, et enquête sur la mort de jeunes adolescentes auxquelles on a enlevé l’appareil génital. Il rapproche ces crimes d’une affaire similaire non élucidée en 1932 ; il apparaît qu’ils furent perpétrés pour dissimuler des avortements ratés par des psychopathes ayant profité de l’aubaine constituée par le nazisme ; Bernie retrouvera notamment le Dr Hans Kammler (ingénieur responsable « de tous les grands projets de construction SS pendant la guerre », et Herr Doktor Mengele…
« Pour être un grand détective, il faut être aussi un protagoniste. Un personnage dynamique qui provoque les événements rien qu’en étant lui-même. Et je pense que vous appartenez à cette catégorie, Gunther. »
Il se confie aussi, bourrelé par sa mauvaise conscience, à Anna, son amante juive.
« Tous les Allemands portent en eux l’image d’Adolf Hitler, dis-je. Même ceux qui, comme moi, le haïssaient, lui et tout ce qu’il représentait. Ce visage, avec ses cheveux ébouriffés et sa moustache en timbre-poste, continue de nous hanter, aujourd’hui encore et à jamais, et, telle une douce flamme impossible à éteindre, brûle dans nos âmes. Les nazis parlaient d’un Reich de mille ans. Mais, parfois, je me dis qu’à cause de ce que nous avons fait, le nom de l’Allemagne et les Allemands sont couverts d’infamie pour mille ans. Qu’il faudra au reste du monde mille ans pour oublier. Vivrais-je un millier d’années que jamais je n’oublierais certaines des choses que j’ai vues. Et certaines de celles que j’ai commises. »

« J’en veux aux communistes d’avoir appelé en novembre 1932 à la grève générale qui a précipité la tenue d’élections. J’en veux à Hindenburg d’avoir été trop vieux pour se débarrasser de Hitler. J’en veux aux six millions de chômeurs – un tiers de la population active – d’avoir désiré un emploi à n’importe quel prix, même au prix d’Adolf Hitler. J’en veux à l’armée de ne pas avoir mis fin aux violences dans les rues pendant la République de Weimar et d’avoir soutenu Hitler en 1933. J’en veux aux Français. J’en veux à Schleicher. J’en veux aux Britanniques. J’en veux à Gœbbels et à tous ces hommes d’affaires bourrés de fric qui ont financé les nazis. J’en veux à Papen et à Rathenau, à Ebert et à Scheidemann, à Liebknecht et à Rosa Luxemburg. J’en veux aux spartakistes et aux Freikorps. J’en veux à la Grande Guerre d’avoir ôté toute valeur à la vie humaine. J’en veux à l’inflation, au Bauhaus, à Dada et à Max Reinhardt. J’en veux à Himmler, à Gœring, à Hitler et à la SS, à Weimar, aux putains et aux maquereaux. Mais, par-dessus tout, je m’en veux à moi-même. Je m’en veux de n’avoir rien fait. Ce qui est moins que ce que j’aurais dû faire. Ce qui est tout ce dont le nazisme avait besoin pour l’emporter. Je suis coupable, moi aussi. J’ai mis ma survie au-dessus de toute autre considération. C’est une évidence. Si j’étais vraiment innocent, je serais mort, Anna. Ce qui n’est pas le cas. »

« — Mon ange, s’il y a bien une chose qu’a montrée la dernière guerre, c’est que n’importe qui peut tuer n’importe qui. Tout ce qu’il faut, c’est un motif. Et une arme.
— Je n’y crois pas.
— Il n’y a pas de tueurs. Seulement des plombiers, des commerçants, et aussi des avocats. Chacun est parfaitement normal jusqu’à ce qu’il appuie sur la détente. Il n’en faut pas plus pour livrer une guerre. Des tas de gens ordinaires pour tuer des tas d’autres gens ordinaires. Rien de plus facile. »
Entr’autres lieux communs, on fera une petite virée au-dessus du Rio de la Plata avec des opposants de Perón, et on retrouvera même les ruines d’un camp d’extermination de Juifs dans la pampa, mais cette approche d’une Histoire si difficile à comprendre ne m’a pas paru vaine, même si elle peut sembler oiseuse, ou simpliste. Kerr donne quelques éclaircissements sur ses sources en fin d’ouvrage.

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Message par Bédoulène Mar 1 Aoû - 14:30

merci Tristram, je note

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