Mario Rigoni Stern

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Mario Rigoni Stern

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 11:04

Mario Rigoni Stern
(1921-2008)




Mario Rigoni Stern est né en 1921 à Asiago (province de Vicence), commune marquée par le peuplement alser cimbre. Il est incorporé pendant la Seconde Guerre mondiale dans un régiment de chasseurs alpins au sein de la Division Tridentina en France, en Grèce, en Albanie et en Russie. Fait prisonnier par les Allemands après la signature de l'armistice avec les Alliés en septembre 1943, il est transféré en Prusse orientale. Il finit par s’évader, et parvient à rejoindre Asiago le 9 mai 1945. Devenu employé du cadastre, il se consacre à l’écriture à partir de 1970.

Montagnard amoureux de sa région d'origine, le plateau d'Asiago dans la province de Vicence en Vénétie, ses œuvres nostalgiques et « habitées » sont pour la plupart traduites en français et publiés aux éditions La Fosse aux ours. Il a reçu en 1999 le prix PEN italien. Son roman le plus connu est Le Sergent dans la neige (1954), qui raconte l'errance d'une poignée de soldats italiens, perdus en Russie, au moment où les troupes allemandes et italiennes se retirent. Ce livre est l'un des classiques de la littérature contemporaine italienne2.

Les principaux thèmes de ses écrits tournent autour de souvenirs rapportés ou vécus (notamment le front russe ou ses longs mois de captivité) des deux guerres mondiales (Histoire de Tönle, Entre-deux-guerres, En attendant l'aube), de récits de chasse et d'animaux (La chasse aux coqs de bruyère, Le Livre des animaux, Hommes, bois, abeilles), ou de nature en général (Le Livre des arbres, Saisons) à laquelle il rend hommage avec une grande simplicité. On retrouve souvent ces thèmes associés dans un même livre (par exemple dans Sentiers sous la neige).

Primo Levi a dit de lui : «On trouve rarement pareille cohérence entre l'homme qui vit et l'homme qui écrit, pareille densité d'écriture.»

Mario Rigoni Stern est mort en juin 2008.
(wikipedia)


Bibliographie

Le Sergent dans la neige
La Dernière partie de cartes
La Chasse aux coqs de bruyère
Retour sur le Don
Histoire de Tönle
L'Année de la victoire
Arbres en liberté
Les Saisons de Giacomo
Sentiers sous la neige
et aussi
En guerre : campagnes de France et d'Albanie, 1940-1941 - 1971
Le Vin de la vie - 1986 -
Pour Primo Levi - 1987 -
Le Livre des animaux - 1990 -
En attendant l'aube - 1994
Lointains hivers (Inverti lointain)
Entre-deux-guerres
Le poète secret
Requiem pour un alpiniste
Saisons
L’Histoire de Mario
Essais
Hommes, bois et abeilles

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3268
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 11:18

[center]

Sentiers sous la neige, [/center

]une lecture à laquelle je suis très sensible.

Ce livre c'est le parcours de vies d'hommes simples construits d'humanité. Mario R.S. est en symbiose avec la Nature ; la connaissance et l'amour de ce qui vit dans ces montagnes : humains, végétaux, animaux, le respect de tout.
Des joies simples comme marcher, observer, jouir de la nature, manger du fromage, de la polenta, boire du vin, planter son jardin et savoir payer son tribut à la Nature.
Même les guerres qui sont passées n'aliènent pas les souvenirs de MRS quant à ces montagnes.
Que de poésie, que d'intimité dans son écriture.

Et j'ajoute que l'odeur et la saveur de la Polenta me sont venus aux narines et au palais, une incitation à laquelle je vais céder ; j'ai juste à ouvrir mon placard !

Une envie de connaître cette région et ces différentes neiges nommées.
Je continuerai ma découverte de MRS car un homme qui parle aux oiseaux et qui promène avec ses défunts amis me parle au coeur.

Anecdote : je me plais à penser que le pot de miel dont je suis friande a été élaboré par un descendant de l'auteur  (cf le titre de son essai)  Smile  

Spoiler:

Extraits








"message rapatrié"
mots-clés : #nature


Dernière édition par Bédoulène le Sam 19 Aoû - 20:43, édité 3 fois

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3268
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Lointains hivers

Message par tom léo le Jeu 8 Déc - 16:07

C'est grâce à un certain forum que j'ai découvert cet auteur admirable! Aimé pas juste pour ceci ou cela, mais avant tout peut-être pour le sentiment d'être face à un homme simple, droit, proche de la nature, proche aussi de ses camarades... J'ai encore poursuivi la découverte, mais aujourd'hui je mets ici les notes de ma dernière lecture:



Lointains hivers

Originale: Inverni lontani (Italien, 1999)

CONTENU :
Souvenirs aux « hivers lointains »...

REMARQUES :
Rigoni Stern, déjà vieillissant, se rappelle d'hivers de sa vie, et cela de sa façon inimitable : concrètement, poètiquemment, réaliste… Ce sont des hivers d'époques différentes de sa vie : aussi bien dans le questionnement du froid vécu et ressenti, de la préparation du bois pour se chaffer l'hiver là-haut dans ses montagnes... Donc, il associe l'hiver avec des sujets comme le bois, le froid, la forêt, les préparatifs d'ordres différents, mais aussi avec la préparation par exemple de son
premier pair de skis, des hivers lors de la deuxième guerre, perdu dans l'Est de l'Europe, des camarades morts à ses cotés.

La préparation pour l'hiver fait partie pour des gens comme Rigoni Stern de la vie annuelle dans ses rythmes naturelles. Ceci le met en grande proximité, encore aujourd'hui, avec une grande partie de l'humanité. L'avons-nous oublié qui poussons souvent juste encore des boutons pour faire monter p. ex. la température de nos habitations ? Donc, l'auteur est (encore) tout proche de la nature, des rythmes imposés, proposés par celle-ci.

J'aime cette façon sobre et poètique à la fois de l'auteur ! Recommandable à l'approche de l'hiver, pour une soirée devant le feu...


mots-clés : #nature
avatar
tom léo

Messages : 379
Date d'inscription : 04/12/2016
Localisation : Bourgogne

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par Bédoulène le Jeu 8 Déc - 17:50

merci Tom Léo, c'est noté !

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3268
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par bix_229 le Jeu 8 Déc - 17:56



Mario Rigoni Stern.

- Histoire de Tonle. -

Il y a des etres humains qui ont vraiment la foi dans l'humanité chevillée au corps. Quoiqu'il advienne... Pour le vérifier, il suffit de lire L'histoire de Tonle de Mario Rigoni Stern. C'est l'histoire d'un homme simple, dont la maison -pour son malheur- était située du coté italien de la frontière austro-italienne, et cela se passait au tout début du 2Oe siècle.

Tonle était un berger pauvre, très pauvre et pour nourrir sa famille, il devait de temps en temps franchir la frontière en question en tant que contrebandier, pour aller en Autriche... Tonle n'aimait pas les fontières, mais la pauvreté ne lui laissait pas le choix. Il détestait encore plus la guerre, mais celle de 14-18 ne lui demanda pas son avis. Plusieurs fois, il dut s'enfuir, et la dernière fois qu'il revint chez lui, sa maison était détruite et lui-meme mourut au pied d'un olivier.

Voilà. C'était juste l'histoire d'un homme qui a cru jusqu'au bout en l'humanité. Et croyez moi, ce n'est pas une histoire désabusée. Car la foi de Tonle, c'est aussi la philosophie de l'écrivain Mario Rigoni Stern, même idéal, même lieu de vie que son aieul, et qui alla se battre sur le Front russe pendant la 2e Guerre mondiale. Et qui n'a jamais renoncé à sa foi dans la fraternité et la paix malgré l'horreur de la guerre qu'il a connue. J'aime beaucoup cet homme-là, cet écrivain, c'est pourquoi, pour une fois, je me suis attardé sur sa biographie.

Message rapatrié. Pour un de mes écrivains italiens favoris.


mots-clés : #premiereguerre #social


Dernière édition par bix_229 le Lun 12 Déc - 19:00, édité 1 fois
avatar
bix_229

Messages : 2692
Date d'inscription : 06/12/2016
Localisation : Lauragais

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par shanidar le Jeu 8 Déc - 18:06



Les saisons de Giacomo

Et moi, je me souviens que c'est toi bix qui m'a fait découvrir ce beau romancier en m'envoyant Les saisons de Giacomo ; un livre rare. Un livre qui pourrait être une sorte d'autobiographie racontant la vie d'un tout jeune homme dans les montagnes italiennes, le père absent car travaillant dans les mines françaises, la mère tentant tant bien que mal comme toutes les autres paysannes de faire survivre sa famille avec des pommes de terre et de la polenta et l'enfant qui aime l'école et le travail au champ. Et toutes ces images superbes et douloureuses du temps passé, du temps d'avant la mécanisation des campagnes, du temps d'avant la guerre.

Un livre absolument merveilleux et juste. Qui ne raconte pas d'histoire sur la dureté du temps d'alors mais qui laisse aussi entrevoir ce qu'était la fraternité, la solidarité du milieu rural, une certaine rébellion et une certaine abnégation.

Superbe !


mots-clés : #initiatique
avatar
shanidar

Messages : 1600
Date d'inscription : 02/12/2016

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par Bédoulène le Jeu 8 Déc - 18:08



l'histoire de Tönle; je retrouve le même plaisir qu'avec les Sentiers sous la neige.

Tönle, contrebandier par nécessité, berger, traverse la frontière pour aller travailler, dans divers pays dont d'ailleurs il parle la langue, l'Autriche, la Hongrie, l'Allemagne etc .. Obligé, sous peine d'être emprisonné suite à une altercation avec un douanier, de se cacher, il passe la frontière pour travailler à l'étranger car il faut nourrir la famille.
L'amour qu'il porte à sa région, sa maison, sa famille, son village le conduit tous les hivers à revenir.
L'harmonie avec la Nature, les animaux et les hommes est brutalement bouleversée par la guerre de 14/18.
C'est en homme libre qu'il vit même lorsque déjà vieux il est fait prisonnier par les Allemands. Il est libre dans sa tête et dans son coeur. C'est ainsi qu'il a vécu et qu'il mourra.

L'histoire de cette région d'Italie éclaire ce récit.

Toujours cette chaleur des mots, ce regard apaisant sur la Nature, les Hommes et l'incompréhension quant à la guerre et la misère qu'elle jette sur tout ce qui vit.
mots-clés : #premiereguerre #social


Dernière édition par Bédoulène le Sam 19 Aoû - 21:00, édité 1 fois

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3268
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par tom léo le Jeu 8 Déc - 22:16



L'histoire de Toenle/Storia di Toenle

Quelle vie Rigoni Stern nous décrit ici ! Et ce Toenle Bintarn a en plus vraiment vecu, et le livre n'est pas juste pure fiction. Il parle de cette région du haut plateau d'Asagio, la capitale des « Sept communes » dans la region de Vénise, un îlot d'une culture minoritaire, les Cimbres. La Grande Histoire et l'histoire personnelle de Toenle sont intimement liées dans cette région théoriquemment si isolée : Toenle y est né dans les années 30 du XIXème siècle quand cela appartenait à l'Autriche. Il servira sous l'empereur François-Josephe. Dans le cadre du Risorgimento la zone deviendra italienne. Ayant blessé un douanier lors d'un passage clandestin de la frontière avec des affaires, il doit dèsormais vivre caché : Avec le début du printemps il travarse toute l'Empire austro-hingroise, de la Galicie et la Hongrie jusqu'à la frontière russe, travaillant dans les mines, comme vendeur, chez des paysans ou des traffiquants… Mais à l'approche de l'hiver, donnant une sécurité relative dans sa patrie si isolée, il revient à la maison, retrouvant sa femme, ses enfants, et souvent un nouveau-né. Et les péripéties continuent jusqu'à un âge avancé...

Toenle va jamais être dupe face aux guerres et conflits; il en a vu des choses! Peut-être on retient les descriptions de la nature, si fortes chez l'auteur: elles vous restent, vous marquent à la lecture. Il y a qualeque chose de si authentique, de vrai. Mais sans difficultés on peut aussi discerner une bonne dose de critique envers la societé.

Souvent Rigoni Stern ne fait qu'effleurer un imae, un sujet. Là où d'autres auraient fait des descriptions sans fin, il brosse un portrait d'un homme originale, avec quelques coups de pinceau.

Quel auteur attachant, à recommander sans modération.
avatar
tom léo

Messages : 379
Date d'inscription : 04/12/2016
Localisation : Bourgogne

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Les saisons de Giacomo

Message par tom léo le Lun 12 Déc - 17:53



Les Saisons de Giacomo

Originale : Le stagioni di Giacomo (Italien, 1995)

Un livre de petits images d'une vie dans les Alpes italiennes…

CONTENU :

Après la Iième guerre mondiale un homme retourne dans le petit bourg des montagnes vénetiennes où il avait passé son enfance et sa jeunesse. Les maisons sont abandonnées, en ruine. Il passe aussi par la cabane abandonné de son ami Giacomo. Il y entre et nous raconte l'histoire de celui-ci et sa famille, depuis son enfance dans les années 20 jusqu'à l'appel à intégrer le service militaire...

REMARQUES :
L'auteur italien puise si souvent du lien profond avec cette vie en montagne et sa nature, mais aussi des effets de la guerre dans la vie des gens (et soldats) simples. Aussi dans ce roman il lie ces élements et y intègre à coup sûr des données autobiographiques. Ainsi il mentionne un « Mario » comme ami de ce Giacomo, ainsi qu'une famille Stern comme proprietaire d'un petit magasin (ce qui correspondrait à la vérité). Le narrateur discret se tient à distance, c'est quelqu'un qui revient de la guerre. Il encadre la narration pas sa présence dna le premier et le dernier chapitre. Dans le déroulement central il parle de soi-même dans la troisième personne : au centre il s'agit vraiment de Giacomo et sa famille.

Giacomo alors vient d'une famille pauvre du haut plateau d'Asagio, dans la province de Veneto, entre Venise et le lac de Garda. Partiellement son père se trouve loin : en Lorraine/France, puis en Abyssinie, pour y gagner de l'argent. Partiellement père et fils gagnent leur vie par le ramassage en montagne de vieux matériaux issus de la première guerre : du cuivre, du fer, de la poudre… Ceci était souvent une source dangereuse de revenu pour les habitants de la région. Stern contribua à un film sur cela en 1969 ! Celui-ci s'appela : « I recuperanti ».

La sœur de Giacomo épousera Matteo. Ensemble ils émigreront en Australie, choix typique pour des habitants se trouvant souvent à la limite du néccessaire pour la vie. Et choix souvent pris surtout en Italie.

Nous suivons des événements plus ou moins grands, mais aussi le rythme de l'année et des saisons (de là le titre?!) : la reconstruction du village après la première guerre, l'inauguration des nouvelles cloches de l'église, une grande sécheresse, un hiver très froid, une visite au cinéma, le marché annuel avec la vente et l'achat de bétail...

D'abord assez loin et en arrière-fond de l'histoire, l'auteur décrit très subtilement la montée, la présence de forces fascistes. Parfois avec une impuissance, parfois avec des remarques ironiques. Et à la fin du récit, c'est alors le départ en guerre.

Ces éléments décrits n'arrivent pas à expliquer l'attraction irresistible du récit : dans toute la simplicité des vies nous sont racontées, leur environnement dans la pauvreté, mais aussi leur amitié, leur fidélité, leur naturel. En certains endroits, snas que l'auteur devient pathetique, on a des larmes aux yeux face à une profonde humanité.

Simplement splendide.
avatar
tom léo

Messages : 379
Date d'inscription : 04/12/2016
Localisation : Bourgogne

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par Bédoulène le Lun 12 Déc - 18:35

je le lirai aussi, merci Tom Léo pour le rappel de ce livre et pour ton ressenti

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3268
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par bix_229 le Lun 12 Déc - 18:36

Ce qui m' a toujours saisi chez Rigoni Stern, c' est l' extraordinaire qualité humaine qu' il avait et qu' il a gardé toute sa vie. Malgré les horreurs de la guerre et meme de deux guerres. Peut etre arrivait-il à se resourcer dans son petit village de montagne. Où les traditions de solidarité, d' amitié et de solidité perduraient. Et où la nature et les travaux des champs lui permettaient de se retremper dans la vie quotidienne et de garder un regard d' espoir.

Je crois qu' il aurait mérité le Nobel de la paix. Mais il était beaucoup trop modeste, trop libre pour penser qu' il en était digne. C' est un exemple, pourtant, et je pense très souvent à lui.
avatar
bix_229

Messages : 2692
Date d'inscription : 06/12/2016
Localisation : Lauragais

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par topocl le Mar 20 Déc - 17:47



Le sergent dans la neige

Je viens de finir ma lecture, et je dois dire que je suis un peu déçue.
Mais c'est souvent un peu comme ça dans les récits de guerre, aux ingrédients si atrocement communs (commun au sens de partagé). Ma réserve ne leur enlève absolument pas leur caractère indispensable, et d'ailleurs  je continue à en lire ces récits tout à la fois semblables (cette horreur collective)  et dissemblables (chaque narrateur porte sa propre vision), comme un hommage à ceux qui ont vécu cela, puis l'ont  écrit...

Disons que ça m'intéresse en tant que témoignage,   mais qu'en tant que littérature, je suis vite déçue, je n'y trouve pas beaucoup d'autre message que la guerre c'est moche, on y a froid et faim, on y a peur, heureusement il y a les copains. C'est une hérésie de dire ça, je le comprends bien, mais qu'y puis-je? C'est sans doute aggravé ici par le fait que Mario Rigoni Stern reste dans le factuel, ne s'autorise aucun jugement, et met de la distance dans ses émotions.

(commentaire récupéré)

_________________
Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
avatar
topocl

Messages : 2383
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par topocl le Lun 26 Déc - 13:20

La chasse aux coqs de bruyère



C'est un livre qui est écrit comme on se promène sur le sentier d'un lieu qu'on a aimé, où on a grandi, aimé, chassé, dont la guerre vous a éloigné et où on est revenu, comme d’autres partis aux Amériques. Un lieu resté intact malgré le temps qui passe, la guerre qui détruit et le progrès qui emporte. Un lieu où la chasse, attendue toute l'année, est une façon de vivre, de partager l'amitié et le tabac, de humer l'air et la neige, de se mesurer respectueusement à l'animal, ce malin, en intelligence avec les chiens. Quelques nouvelles racontent ce lieu dans une ambiance d'hommes tranquilles, fidèles, taiseux. C'est très simple et très beau.

(commentaire récupéré)

_________________
Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
avatar
topocl

Messages : 2383
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par topocl le Mar 27 Déc - 18:05



Histoire de Tönle

Tönle, (il s'agit du grand-père de l’auteur), est un personnage à la Hugo. Pauvre et fier parmi les pauvres, contrebandier pour nourrir sa famille, exagérément condamné par une justice sans pitié, il se retire au-dela des  frontières, de métier en métier, pour revenir chaque hiver se cacher auprès de sa famille et faire un nouvel enfant à sa femme.  Quand âgé, il retrouve enfin son hameau et ses  moutons, c'est la Grande Guerre qui va le traîner à nouveau au loin, une guerre qu'il abhorre, et ne comprend pas, lui qui a été soldat Autrichien et est maintenant citoyen italien. Jusqu 'au bout il va garder sa fierté, ne jurant que par sa liberté et son village.

Il m'a un peu fait penser a une version humble du personnage de Le dernier seigneur de Marsad de Charif Majdalani (curieuse coïncidence de lecture), par sa façon de refuser de se faire dicter sa vie par la violence du  temps et de  l'histoire qui passent, cette façon - folle ou sage - de ne pas céder quoi qu'il arrive.

J'ai été gênée par une certaine retenue des sentiments (il était donc paradoxal de parler de Hugo). Malgré tout après repos de la lecture, ce qui reste c'est un homme singulier et attachant , dans un pays rude, malmené par la guerre à laquelle la zone de frontière donne un caractère encore plus absurde, malmené aussi par la pauvreté et la rudesse des paysages.

(commentaire récupéré)

_________________
Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
avatar
topocl

Messages : 2383
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Mario Rigoni Stern

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains Italiens et Grecs

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum