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Howard Fast

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Message par animal Mer 25 Sep - 21:42

Howard Fast
(1914-2003)

polar - Howard Fast Howard10

Sa famille d'origine ukrainienne et juive arrive en Amérique à la fin du xixe siècle. À la douane, le patronyme Fastov devient Fast.

Issu d'un milieu très pauvre, Howard Fast est contraint de travailler dès l'âge de dix ans. Adolescent, il est commis dans une bibliothèque de New York et peut compléter ses études collégiales. Tout en continuant d'exercer une foule de petits métiers, il s'inscrit dans une école des Beaux-Arts et tente de vendre ses premières nouvelles à des magazines. En 1931, il parvient à publier son premier texte dans Amazing Stories. Il se lance en 1932 dans l'écriture à plein temps.

Il s'intéresse très tôt à la pensée de Karl Marx et devient membre d'une association d'écrivains proche du Parti communiste américain. Un voyage dans le Sud des États-Unis lui permet de constater la pauvreté abjecte résultant de la Grande Dépression et lui confirme le bien-fondé de son engagement politique. De retour à New York, il publie en 1933 son premier roman, Two Valleys, qui est en fait le sixième qu'il ait achevé. Bien reçu, le roman lui vaut une bourse, mais il doit continuer à travailler dans une usine de confection pour continuer d'écrire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans l'armée et est affecté au Service de l'information à Washington. Il démissionne en 1943 pour être correspondant de guerre pour les magazines Esquire et Coronet.

À la fin du conflit, il appuie la candidature de Henry Wallace pendant la campagne présidentielle. Il devient l'un des membres fondateurs du Mouvement mondial des partisans de la paix et s'oppose à la Guerre de Corée. À ce titre, il reçoit le Prix Staline international pour la paix en 1953. Il adhère au parti communiste à l'instar de son grand ami Dashiell Hammett. Son activité militante lui vaut d'être condamné à une année d'emprisonnement, qu'il effectuera, pour "outrage au Congrès" après avoir refusé de répondre aux questions de la Commission des activités anti-américaines de la Chambre des Représentants (HUAC), puis inscrit sur la liste noire du cinéma du maccarthysme. Cet épisode de sa vie est raconté dans son livre de souvenirs, Mémoires d'un rouge. Dès lors, il publie sous plusieurs pseudonymes, dont le plus connu est E.V. Cunningham pour deux séries policières, l'une avec Masao Masuto, l'autre avec en titre des prénoms féminins.

Il meurt en 2003. Il est le frère de l'écrivain Julius Fast.

wikipedia.org

Bibliographie (VF) :

Romans
- Les Héros désespérés, 1939
- La Dernière Frontière, 1941
- Haym Salomon, fils de la liberté, 1941
- Le Citoyen Tom Paine, 1943
- La Route de la liberté, 1944
- Mes glorieux frères : le roman d'Israël, 1948
- Spartacus, 1951
- La Passion de Sacco et Vanzetti, 1953
- Silas Timberman, 1954
- Les Habits rouges, 1961
- Le Mercenaire allemand, 1972
- Les Bâtisseurs, 1977
- Max, 1982
- Le Dîner, 1987
- Le Serment, 1988
- La Confession de Joe Cullen, 1989
- Un homme brisé, 1995

Nouvelles
- Au seuil du futur, 1961 (SF)

Autobiographie
- Mémoires d'un rouge, 1990

Policiers
- Mirage/L'ange déchu, 1952 (sous pseudo de Walter Erison)
- Cour martiale, 1959

Série Masao Masuto signée E.V. Cunningham
- Samantha, 1967
- Les morts s'affranchissent, 1977
- Le Noyé de Beverly Hills, 1978
- Quatre dames damnées, 1979
- La Piscine baladeuse, 1981
- On m'a volé mon ange, 1982
- Le Jap se débride, 1984

Autres policiers signés E.V. Cunningham
- L'Enquête/Sylvia, 1960
- Alice, 1963
- Oh ! Lydia..., 1964
- Tu peux crever !, 1964
- Pénélope, 1965
- Sally, 1967
- Cynthia, 1968
- Un tueur récalcitrant, 1969
- La Poudre aux yeux, 1973
- Le Facteur Crésus, 1980

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Message par animal Jeu 26 Sep - 14:08

polar - Howard Fast Memoir10

Mémoires d'un rouge

Encore un commentaire qui ne rendra pas justice à la somme de choses qu'on trouve dans le livre. Surtout qu'il a du métier ce Howard Fast dont je ne connaissais pas le nom, les environ 550 pages de ses mémoires passent avec une facilité déconcertante.

On démarre fort avec un jeune homme qui rêve de s'engager contre le nazisme et qui se retrouve presque à regret à travailler comme un damné à la préparation des bulletins d'information qui seront diffusés dans toutes l'Europe occupée.

On découvre ensuite derrière ce patriotisme un parcours assez dur : très jeune il a dû travailler, se battre aussi et à côté de ça il a réussi malgré tout à lire, et à écrire. L'obsession après avoir juste ce qu'il faut pour se loger et se nourrir avec ses frères et leur père.

De rencontre en rencontre il se démène et accepte l'importance de sa tâche, stimulé aussi par sa place au cœur du système et de l'information. Néanmoins il veut partir, se confronter à la réalité de la guerre. Ce qui ne se fera pas comme il l'espérait. Ses penchants "à gauche" ou pro-russes alors que le conflit va toucher à sa fin dérangent et son départ se fera pour l'Afrique du Nord avant l'Inde.

Patriotisme toujours, et pacifisme encore plus fort face aux absurdités et injustices de la guerre. Nous voilà partis dans un vrai voyage qui vient nourrir l'homme et ses convictions. Il y a des pages très fortes là-dedans aussi.

De retour aux Etats-Unis les années difficiles pour les communistes et sympathisants sont là. D'auteur à succès il devient persona non grata. Procès, refus des éditeurs... Condamnation et montage de sa propre maison d'édition. Prison, campagnes politiques, meetings, récoltes de fonds pour les plus démunis, combat contre le racisme des années difficiles mais riches encore. La mise en place du maccarthysme et de mascarades judiciaires aux frais du contribuable sont décrites dans l'ombre non pas des écoutes et tracas incessants causés par un FBI envahissant mais plutôt dans la tension entre le parti communiste et ses lignes directrices et le sentiment d'injustice car au fond il reste et est volontairement ce qu'on pourrait un "bon américain" avec des idéaux indéboulonnables de liberté.

Des pages assez incroyables encore. Il faut aussi parler de la menace d'une troisième guerre mondiale avec la menace atomique mais aussi de l'antisémitisme et des rumeurs d'une URSS de moins en moins idyllique. Ne pas oublier les tentatives de lynchages ?

C'est dense, très dense, très riche et avance vers l'inévitable ras le bol d'un parti qui s'est peut-être d'abord plombé lui-même à force de rigidité et de dogmatisme aveugle. Désillusion ? Ptet ben que oui, ptet ben que non.

Après tout pour Howard Fast ce qu'on lit c'est sa volonté mais soutenue par les rencontres, sa femme, ses enfants et les amis d'un jour ou de toujours, ce sont aussi ses chroniques au Daily Worker et surtout surtout l'indépendance et la liberté de penser, de s'exprimer et d'aider.

Et il y a les images et idéologies qui sont mises en lumière dans le livre avec leurs reflets d'aujourd'hui...

Mots-clés : #autobiographie #documentaire #guerre #justice #politique #racisme #social #solidarite #universdulivre

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Message par Tristram Jeu 26 Sep - 14:49

Ouaip, dit comme ça, voilà qui paraît engageant !

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Message par bix_229 Jeu 26 Sep - 15:22

Il éprouvait une tendresse (il en faut quand on est révolté) pour les
démunis, les victimes éternelles de l'Histoire.
Et le sénateur Maccathy l'a bien compris lui et les censeurs de la
chasse aux sorcières des années 50.
Après avoir écrit Spartacus, Howard Fast fut emprisonné pendant trois mois.
"Le pays n’avait jamais autant ressemblé à un Etat policier », se souvient-il dans la préface de l’ouvrage.


Dernière édition par bix_229 le Jeu 26 Sep - 19:32, édité 1 fois
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Message par Bédoulène Jeu 26 Sep - 18:31

le livre est dans ma pal, je le lirai bientôt, ça m'intéresse

merci Animal !

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Message par animal Ven 27 Sep - 0:08

J'ai beaucoup pensé à toi pendant ma lecture. cat

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Message par Bédoulène Ven 27 Sep - 11:50

Very Happy

prochainement !

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Message par Bédoulène Sam 2 Nov - 15:53

polar - Howard Fast 51whdy10


eh bien ! quel coup au coeur ce récit ! ce sera mon livre de l'année.

Je ne reviens pas sur le commentaire d'Animal, des plus justes. Je savais bien sur pour la chasse aux sorcières mais là on touche du doigt, c'est du réel, plus de l'imagination.

Comme le dit l'auteur en relatant son histoire c'est bien sur aussi l' histoire des E.U, mais aussi l'impact de la géopolitique sur les autres pays.
Un rappel intéressant sur  l’histoire du mouvement socialiste en Amérique.

Son appartenance au Parti Communiste amène bien sur des commentaires sur les PC des autres pays,  leur soutien lors de son emprisonnement, les propositions d'accueil de nombreux pays après l'annonce du projet de Loi anticommunisme :

« Le Congrès venait d’adopter la loi de contrôle des communistes, une mesure qui avait été débattue pendant longtemps, dont l’inhumanité et la malfaisance étaient sans comparaison avec tous les décrets promulgués par le passé. Cette loi niait le 1er amendement de la Constitution, et transformait légalement l’Amérique en État policier. À la date d’aujourd’hui, la loi de contrôle des communistes n’a jamais été appliquée, mais dans le code criminel des États-Unis elle demeure, telle une trace pourrie et obscène du passé. »
«Et pourtant, jusqu’à ma mort, je méditerai sur la mentalité d’un Congrès américain capable de signer ce document infâme. »


Après avoir quitté le PC Américain, lorsqu'à la mort de Staline les infos sur le régime de terreur fut connu, et confirmé par le discours de Khroutchev (publié par le Daily Worker), Howard Fast fut vilipendé, interdit en Union Soviétique, et par tous les PC,  comme le fut en son temps Arthur Koestler (et tant d'autres intellectuels).

J'ai d'ailleurs relevé que tous deux s'exprimaient pareillement ; la base était composée d'hommes et de femmes loyaux, honnêtes, justes, actifs, humanistes , qui luttaient pour les démunis ; qualités que les deux auteurs n'accordaient pas "aux dirigeants", bornés, paronoïaques...

"Maintenant passons à ce cher, ce brave Albert, dont la vie fut celle d’une sorte de saint communiste. Il y avait beaucoup de gens comme Albert Maltz au sein du Parti communiste, des gens gentils et honnêtes, et absolument intègres. Inutile de les chercher au sein de la direction, on les trouvait seulement parmi les militants de base. Albert Maltz était totalement fidèle à lui-même. Je vécus à ses côtés nuit et jour pendant presque deux mois, et jamais il n’y eut de fausse note – et par moments cela me rendait furieux, moi qui n’étais pas un saint"

A. Koestler : «Le plus exaspérant chez nos communistes était la difficulté pour  nous de les détester. Ils n'avaient aucun des vices traditionnels que nous méprisions ; ils ne volaient pas, et ne cafardaient pas, ils n'étaient ni corrompus ni égoïstes, ils éclataient de vertus. Leur seul défaut était que l'intoxication systématique par la dialectique stalinienne les avaient rendus daltoniens en ce qui concernait leur logique et leur éthique. C'était leur seul défaut, mais un défaut désastreux.»
«Cependant, ceci ne s'applique qu'aux simples soldats prolétaires du parti communiste. Il y avait dans la baraque trente-trois quelques chefs du parti communiste allemand pour qui le contraire était vrai. Il était difficile de ne pas les détester.»




" L’anticommunisme qui avait existé en Amérique dans les années trente et jusqu’à ce stade de la guerre, était dépassé dans un monde où le Parti communiste américain était à l’origine du mouvement syndical dans l’industrie et de la création du Congrès des syndicats de l’industrie. Les communistes avaient consacré leur vie à cette bataille. Ils se battaient pour les sans-emploi, les affamés, les sans-logis et les opprimés, et c’est leur réputation d’intégrité et d’honnêteté qui décida les personnalités influentes du monde culturel à rejoindre les rangs du Parti."


L'auteur ne voit pas d'intérêt d' une conclusion à ses mémoires, on ne refait pas sa vie ; j'ai eu le sentiment qu'il ne regrettait pas son engagement au PC, mais plutôt que c'était  la colère d'avoir vu cet espoir que le parti représentait alors,  saccagé qui dominait. Il a rencontré et fréquenté des hommes et des femmes dignes d'intérêt, d'amitié.


"Quoi qu'il en soit, j'ai vécu assez longtemps pour voir naître une nouvelle Amérique et une nouvelle Union soviétique, une réelle possibilité de paix, non seulement entre ces deux superpuissances mais entre toutes les nations européennes. Finalement notre lutte acharnée pour la paix a peut-être été efficace, comme notre lutte pour le droit des pauvres et des travailleurs en Amérique."    

Je n'oublie pas Bette sa femme qui a supporté toutes les épreuves avec courage, obstination et qui a "tenu" le couple. Howard Fast en fait l'éloge. Son adrénaline à lui  ? l'écriture depuis son enfance.

autres extraits.


Lors d’un voyage avec un ami, dans le Sud pour voir autre chose que N.Y, Howard découvre un autre visage des E.U., se fut un voyage initiatique.
« Cependant j’étais arrivé à l’âge où l’on perd son innocence, surtout lorsqu’elle est née non pas dans la foi mais dans la faim. Je commençais à comprendre que la société pouvait s’organiser et fonctionner autrement, à la manière socialiste. Or c’est pour avoir pensé que le seul parti socialiste sérieux d’Amérique était le Parti communiste, que j’ai été violemment attaqué et calomnié pendant quinze années de ma vie. »

Un fait qui montre bien révélateur sur les E.U et le lobbying ; celui de coca-cola :

Lors de son voyage en Afrique et en Asie alors que le pilote a l’ordre de ramener les bouteilles vides de coca-cola, ce qui empêche le vol correct de l’avion :

« Là, je dis au pilote qu’il n’y avait qu’une solution : il fallait larguer les bouteilles de Coca-Cola.
  Étais-je fou ? Avais-je complètement perdu la raison ? Le navigateur, qui n’avait pas plus de vingt ans, m’expliqua soigneusement et lentement, comme il l’aurait fait avec un enfant : hé, mon vieux, tu ne connais donc rien à la guerre ? J’étais un civil, je ne pouvais pas comprendre. Certes ils pouvaient jeter des fusils, des jeeps, des munitions, même un obusier, parce que tout le monde se foutait des jeeps ou des obusiers, mais des bouteilles de Coca-Cola ? Jamais. Pas question. Pas si l’on voulait garder ses points et éviter de se retrouver seconde classe."


Famille Juive mais non orthodoxe. - Enfance après le décès de la mère : (la grande dépression aux E.U)

Au cours des années qui suivirent, je connus la vraie pauvreté, une expérience qui resta marquée au fer rouge dans mon âme. Puis, peu à peu, j’appris à faire face et à changer le cours du destin. Je cessai d’être une victime.
En réalité, nous n’eûmes pas d’enfance ; elle nous fila entre les doigts. Lorsque j’eus dix ans et Jerome onze, nous décidâmes de prendre les choses en main. Sans mon frère qui était solide comme un roc, je n’aurais probablement pas survécu.
Nous nous serrions les coudes ; nous nous cramponnions les uns aux autres ; et tous les soirs, après avoir consacré une heure à nos devoirs, nous lisions les livres rapportés de notre bibliothèque bénie. Les livres étaient notre religion, notre lueur d’espoir, nos rêves, et notre avenir.

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Message par animal Sam 2 Nov - 16:23

Hé, merci Bédou pour les extraits et le parallèle avec Koestler polar - Howard Fast 1798711736

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Message par Bédoulène Sam 2 Nov - 16:51

Il y a tellement à voir dans ce récit !

merci à toi d' avoir porté à ma connaissance cet auteur (je présage d'autres lectures ) Smile

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Message par Bédoulène Lun 11 Nov - 15:49

Il me manquait Fast, alors étant en panne pour cause matérielle, j'ai lu

"Cour martiale"

polar - Howard Fast Cour_m10

Guerre de Birmanie, les combats ont cessés mais un théâtre d'opérations sous la gestion conjointe des E.U et des Britanniques subsiste . C'est dans cette situation d'attente, dans cette région au climat difficile, rongée de maladie, des habitants miséreux qu' un meurtre a été commis ; un Lt Winston de l'armée américaine  a tué un soldat Britannique, le Sergent Quinn.

Le Gal Kempton en responsabilité du secteur pour les E.U a réclamé le Capitaine Barney Adams, de retour de plusieurs campagnes (Afrique, Italie) à qui il souhaite confier la défense de l'accusé. Mais dès son premier entretien Adams apprend que le jugement est déjà "rendu", en accord avec le responsable Britannique et Kempton,  Winston doit mourir, sa mort seule préservera l'entente entre les E.U et les Britanniques ; il faut sauver la Grande Alliance à défaut de sauver Winston.
Adams s'étonne à juste titre de ce que le verdict soit annoncé mais le Gal Kempton lui dit que c'est parce qu'il veut pouvoir montrer une "défense honnête" qu'il souhaite que ce soit lui l'avocat.

Adams n'a jamais défendu, ni assisté en cour martiale, bien qu'il ait fait d'excellentes études, il n'a aucune pratique. Le Gal lui fait confiance, c'est le fils d'un ami, de bonne et vieille souche !

Durant le procès l'image de boy-scout que le Gal avait du Capitaine Adams s'efface, le Capitaine Adams met tout son savoir, son honnêteté, sa vigilance à traquer la vérité. Il démonte un à un les "oublis", traque, arrache les paroles des bouches qui se taisent, par crainte des responsabilités ou pour carrière.   Pour le Capitaine Adams,  quels que soient les sentiments qu'il éprouve pour l'accusé, ( lequel d'ailleurs il hait parce qu'il représente tout ce qu'il rejette et la raison de son engagement dans la guerre) celui-ci doit se voir offrir "le droit", l'un des principes fondateur de la démocratie.

Le Capitaine Adams n 'a que quelques jours pour connaître ce qui deviendra "l'affaire Winston"  et préparer sa défense, laquelle s'appuiera sur la pathologie de Winston. En effet après s'être entretenu avec plusieurs responsables militaires, les témoins du meurtre et surtout le médecin psychiatre qui  a placé Winston dans le service, vu l'attitude et les rares propos de l'accusé, Adams est convaincu qu'il défend un homme atteint de paranoIa, c'est-à-dire un malade.

Le capitaine Adams par son choix de défense sait qu'il s'affronte  au Gal Kempton, lequel lui demande s'il défend Winston, question à laquelle il répond qu'il "se défend lui". Ce qui, je pense, signifie qu'en défendant Winston, il défend le "droit" et donc il se défend lui défenseur du Droit, lui citoyen américain.

Winston est reconnu "non coupable", le tribunal souhaite son renvoi à l’hôpital pour y recevoir un traitement médical.

Adams est à nouveau en campagne, il est seul, l' infirmière rencontrée en Birmanie et qu'il était prêt à aimer l'a repoussé car leur différence de classe lui paraissait un obstacle majeur.  


J'ai encore une fois apprécié l'écriture de l'auteur, le choix du sujet, l'ambiance est bien rendue, les caractères des personnages. Il faut se rappeler que Fast a subi plusieurs procès lui-même et assisté à d'autres, le Droit est l'un des principes fondateur de la démocratie et l' auteur/Capitaine Adams s'en fait le garant dans ce livre.
Dans sa préface, François Guérif parle de "l'isolement des idéalistes", cette situation se retrouve aussi dans le récit, notamment dans la lettre que reçoit le Capitaine Adams du médecin psychiatre.


Mots-clés : #justice #lieu #polar #psychologique

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Message par bix_229 Lun 11 Nov - 16:00

Merci pour Fast ! Il le mérite en tant qu'homme et en tant qu'auteur.
Ce qui n'est pas courant.
Et contrairement à toi, j'évite le plus possible les mauvais livres et les salauds.
Je ne me sens pas moralisateur ni manichéen pour autant ! polar - Howard Fast 3305084518
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Message par Bédoulène Lun 11 Nov - 16:08

bix_229 a écrit:Merci pour Fast ! Il le mérite en tant qu'homme et en tant qu'auteur.
Ce qui n'est pas courant.
Et contrairement à toi, j'évite le plus possible les mauvais livres et les salauds.
Je ne me sens pas moralisateur ni manichéen pour autant ! polar - Howard Fast 3305084518

"peut-être parce que tu les as lu bien avant moi "les salauds" , quant aux mauvais livres, c'est suggestifs, non ?

mais je lirai encore Fast ! Very Happy

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Message par animal Lun 11 Nov - 21:04

Merci Bédou !

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Message par Tristram Lun 16 Mai - 12:31

La Dernière Frontière

polar - Howard Fast La_der11

1878, les guerres indiennes sont déjà du passé, ainsi que les grands troupeaux de bisons. Les diverses tribus indiennes, vaincues par l’armée états-unienne, sont regroupées dans une zone aride de ce qui deviendra l'Oklahoma. L’agent John Miles, un quaker, dirige l’agence civile de Darlington en Territoire indien, épaulé par la garnison de Fort Reno. Affamée, la tribu (ou village) cheyenne des deux vieux chefs Dull Knife et Little Wolf, environ 300 personnes dont 85 à 90 guerriers (les redoutés Dog Soldiers), décide de retourner sur son ancien territoire, les Black Hills, à 1600 km au Nord, en traversant l’immense Prairie.
« Les plaines qu’ils voulaient traverser n’étaient plus les plaines de leurs pères et de leurs aïeux. Elles étaient coupées de clôtures, ponctuées de fermes. Il y avait des routes, des lignes télégraphiques et, surtout, trois voies ferrées d’est en ouest enserraient d’une triple ceinture de fer le pays tout entier. »
Le capitaine Murray, homme irascible mais prudent (et personnage inventé par Fast), part à leur poursuite avec deux compagnies de cavalerie.
« Mais ce peuple qui tenait tête à des événements plus forts que lui, qui se battait inlassablement, même contre tout espoir, le stupéfiait. Murray n’arrivait pas à croire que ces Indiens avaient un idéal de liberté et d’indépendance semblable à celui des Blancs. Il attribuait leur résistance à un entêtement primitif, à une volonté de suicide racial, et il se jugeait un peu responsable de leur attitude. »
Les Cheyennes affrontent et bernent la cavalerie de Murray, un détachement d’infanterie montée (sur des mules), l’impulsive milice de Dodge City. Sur leur route, aussi des cow-boys, des chasseurs de bisons (seulement pour la peau).
« Pendant des kilomètres et des kilomètres, sur les plaines flottait l’odeur de charnier que dégageait la viande pourrie ; les coyotes eux-mêmes, gorgés de nourriture, dédaignaient cette proie. L’Amérique n’avait jamais été le théâtre d’un tel massacre ; et il n’est pas sûr que dans toute l’histoire de l’humanité on eût jamais vu pourrir ainsi sous le soleil brûlant tant de milliers de tonnes de viande. Les bisons étaient extraordinairement nombreux, mais à force de massacres on finit par en venir à bout. Lorsque les chemins de fer commencèrent à sillonner le continent, les trains attendaient parfois un jour entier qu’un troupeau eût traversé les voies. Cinq ans plus tard, les bisons étaient rares. Dix ans après, ils avaient pratiquement disparu, il n’en restait que le souvenir : un million de squelettes blanchis. »
Les Indiens des Plaines dépendaient de la chasse au bison.
« Certains sont morts de faim, d’autres de malaria, d’autres encore sont partis chasser le bison là où il n’y a plus de bisons. Mais que pouvais-je faire ? Les Indiens chrétiens, ceux qui n’étaient même qu’à demi civilisés, j’ai dû les favoriser… »
Ils sont donc traqués par des centaines d’hommes, mais passent entre les mailles du filet des télégraphistes « aux fronts surmontés de visières vertes » et des lignes de chemin de fer qui transportent les troupes militaires.
Fast rapporte les réactions et atermoiements de l’état-major et de Washington ; les journalistes de tous les États-Unis en font une affaire retentissante, et sans lendemain. Globalement, les Indiens sont considérés comme des sauvages à exterminer, à la fois insondables et dangereux. Mais ils sont aussi dignes et déterminés.
« Le Kansas recouvra son sang-froid et découvrit qu’il n’existait pas un cas, pas un seul et unique cas, d’un citoyen assassiné ou molesté par les Cheyennes, pas une seule maison incendiée : des chevaux avaient été enlevés, du bétail abattu, rien de plus. »
La tribu se sépare en deux : une moitié qui sera épuisée par le froid, la faim, le manque d’eau, et finalement massacrée ; l’autre qui parviendra aux Black Hills.
Dans ce « requiem d’une race condamnée », expression sans outrance puisque d’une part les Cheyennes chantent leur chant de mort quand ils comprennent qu’ils vont périr, et que d’autre part leur peuple est indubitablement condamné, tout dialogue est impossible et c’est l’incompréhension réciproque qui prévaut.
« − Ils sont déjà morts, traduisit le Sioux. Ils vont chez eux, chez eux, chez eux, s’en vont… Sont morts, s’en vont. »
M’a gêné le côté exploit surhumain, peut-être un peu d’exagération dans ce qui paraît constituer un exposé assez factuel d’une épopée sans issue.
Je pense que Bix connaissait ce livre, en tout cas il l’aurait passionné.
« Le mot freedom – liberté –, savez-vous d’où il vient ? Du vieux saxon, free (libre), et doom (mort). Alors, songeons à ce qu’il a signifié : le droit pour tout homme de choisir la mort plutôt que la servitude. Ainsi aucun homme ne pouvait être réduit en esclavage, puisque le pouvoir de mourir demeurait entre les mains de chacun. Même si on lui confisquait tout le reste, il restait maître de son destin. »

\Mots-clés : #amérindiens #colonisation #discrimination #historique #minoriteethnique

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Message par animal Lun 16 Mai - 21:29

Pourquoi pas ! et j'en ai profité pour remonter le fil, découvrir une autre facette du bonhomme devrait être une belle expérience.

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Message par Bédoulène Mar 17 Mai - 20:05

je te lirai plus tard Tristram, car je reviendrai à Howard Fast.

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Message par Tristram Lun 14 Nov - 9:41

Sylvia

polar - Howard Fast Sylvia10

Le détective Alan Macklin, célibataire, historien manqué et narrateur de l’histoire, est chargé d’enquêter sur le mystérieux passé de Sylvia West par son fiancé. Il suit une piste ténue au travers des États-Unis, manifestement séduit par cette femme qu’il n’a jamais rencontrée, tout en étant taraudé par l’indignité de son métier, et conscient de la corruption généralisée en grande partie due à l’argent.
« Ensuite, j’ai marché jusqu’à la 53e Rue et je suis resté deux heures au Musée d’Art Moderne. Je voulais à toutes forces me prouver que mon intelligence était un peu au-dessus de la moyenne ; et que ces années passées à accomplir des tâches abjectes et avilissantes, dans une profession sans intérêt et déshonorante, ne m’avaient pas entièrement sevré de la grande confrérie des civilisés – en admettant qu’elle existe. »

« Je gagnais ma vie tantôt comme une putain, tantôt comme un maquereau.
La seule chose qui me différenciait d’eux, c’est que la Société ne me désavouait pas et qu’à la Télévision je pouvais avoir de soi-disant aperçus de mon métier, grâce aux évolutions d’une demi-douzaine d’imbéciles et de crétins jacasseurs et grossiers, qui ont fait du "privé" l’un des éléments du folklore américain. »

« Rentré dans ma chambre, j’ai pris une cuite en solitaire. Il y avait exactement sept ans que je ne m’étais pas envoyé une bouteille à moi tout seul. Mais sept ans, c’est court, quand il s’agit d’éviter de se retrouver seul en face de soi-même. Il y a des gens qui y réussissent pendant toute leur vie : eux restent sobres. »
Ce roman vaut surtout pour son atmosphère de mélancolie, celle du personnage principal mais aussi d’autres, notamment féminins, comme la rencontre touchante avec Irma Olanski, la vieille fille bibliothécaire de Pittsburgh, ou celle de Shirley Digbee, une actrice :
« Elle se glissa derrière un petit paravent placé dans un coin.
– Je vais m’habiller tout comme au ciné, pendant que nous causerons, me dit-elle avec bonne humeur. Pour ne pas que vous soyez obligé de sortir. De toute façon, j’aime bien avoir un homme dans la pièce quand je m’habille. Je ne suis pas normale, pour ça. C’est une névrose. J’en ai au moins vingt, de ces névroses, trente peut-être, je peux pas dire. Tout ça, ça vient de ce que je suis aussi vachement grande. Le plus curieux, c’est que j’en suis enchantée, je raffole de ma taille. Je n’aimerais pas être autrement. Je suis sortie pendant quelque temps avec un psychanalyste – un petit, d’un mètre cinquante-cinq à peu près. Ça leur donne le grand frisson de sortir avec moi. Frisson, c’est encore trop faible. Je pourrais écrire un livre sur ces petits hommes. Mais celui-là, ce psychanalyste, il voulait toujours arriver à me persuader que j’avais horreur d’être grande. En fin de compte, je lui ai dit : « Écoute, flambard, pourquoi est-ce que tu me téléphones vingt fois par jour, si ton seul but est de me rabaisser à ton niveau ? Y en a suffisamment de ta taille qui se baladent dans la nature. Va donc t’en lever une de ton gabarit. » Mais croyez-moi, quand je dis que c’était son idée fixe, j’suis au-dessous de la vérité… Si nous nous connaissions mieux, je vous donnerais des détails. Mais celui-là, il ne parlait que de névroses. Je lui ai dit : "D’après toi, on ne fait jamais quelque chose tout bêtement parce qu’on en a envie. Tout est de la névrose…" »
D’origine pauvre, il s’avère vite que Sylvia a été prostituée. Elle a beaucoup lu, et publié de la poésie. Elle a toujours menti, et développé de la haine, au moins contre les hommes.
« – Croyez-vous que les frais d’édition aient été payés d’avance pour ce livre ?
– Autrement dit, en termes de métier, Mack, vous parlez d’une « édition à compte d’auteur » ? C’est peu reluisant. Un auteur qui ne trouve pas à se faire éditer sur la place publique s’adresse aux maisons qui acceptent qu’on leur paie les frais d’impression et de reliure, sans parler du bénéfice de l’éditeur. C’est une des plaies de notre profession, par ailleurs fort honorable. Mais un éditeur qui se respecte n’accepte pas ce genre de travail. »

« En vieillissant, nous devenons plus sages, monsieur Macklin, mais ce que nous prenons pour de la vertu, n’est-ce pas plutôt de l’épuisement et une certaine satiété ? »

« J’en arrivais à me dire qu’il fallait être un gamin, un impulsif ou un névrosé pour avoir choisi d’aimer une femme qui aurait des raisons violentes et très sérieuses de me haïr. Il y a longtemps que je sais qu’entre une femme et un homme l’amour ne naît pas fortuitement. On ne tombe pas amoureux, comme dans les romans ; on y succombe délibérément et volontairement ; et, quand le choix se fixe sur l’impossible, c’est signe d’une disposition d’âme maladive. J’ai connu des femmes qui ne choisissaient pour objet de leur passion que des hommes mariés et, dans les deux sexes, des gens attirés seulement par les incompatibilités ou la difficulté. »

« Être pauvre avilit ; et tous les pieux mensonges qu’on raconte à ce sujet ne sont que futilités. »
Une belle histoire d’amour, sensiblement rendue (et à peine un polar).

\Mots-clés : #amour #polar #prostitution

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Message par Bédoulène Mar 15 Nov - 18:13

ah! je vais revenir à l'auteur, merci Tristram
(je note, je note...........faudrait que je lise)

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