Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Lun 3 Aoû - 12:07

166 résultats trouvés pour initiatique

Marie-Hélène Lafon

@églantine a écrit:
J'avais passé un sacré bon moment avec ce mec de la tombe d'à côté !

Toi??? affraid

Bon puisque tu parles de Les pays, allons-y:

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Les Pays

J'en suis encore toute tourneboulée.
C'est l'histoire d'une émigration réussie, le roman de nos campagnes qui se vident. À travers le personnage de Claire, Marie-Hélène Lafon nous raconte son parcours. Enfant née dans une ferme du Cantal, pensionnaire pendant 8 ans à Saint-Flour, étudiante en lettres classiques à la Sorbonne pour finir enseignante à Paris. Marie-Hélène Lafon nous présente Claire à travers trois vignettes, l'enfant de 8 ans qui accompagna son papa au salon de l'agriculture à Paris, la jeune étudiante brillante qui s’appropria peu à peu les codes parisiens, et marqua le jour de sa première réussite universitaire (qui signifiait aussi le début de son autonomie de son indépendance), par l’achat d’un pantalon rouge, La femme mûre devenue à sa façon une intellectuelle, qui reçoit chaque année la visite de son père, mi admiratif, mi effrayé par le destin de cette enfant qu’il mit au monde. Et tout au long de ce parcours, l'empreinte indéfectible laissée par cette enfance, l’éclat réconfortant des rencontres occasionnelles avec des « pays », cousins, amis, inconnus qui, tous, naquirent là-bas.

Mais il n'y a pas que cela, cette histoire de racines et de départ, il y a sensibilité de Marie-Hélène Lafon, que l'on retrouve de livre en livre, son style qui témoigne de l'amour qu'elle porte à la langue, une langue qu'elle n'a pas trouvé dans son berceau, qu'elle a appris à aimer, à dompter, où elle choisit chaque mot. sa façon de dire les choses, de bouleverser sans avoir l'air d'y toucher.
Comme ici, pour évoquer la naissance d’une amitié entre Claire et une autre étudiante :

Après le cours, elles avaient descendu ensemble la rue Soufflot vers la Seine, elles avaient eu à se dire, sans chercher(…) Le lendemain, c’était version latine et ancien français, on se retrouverait, on continuerait, ça commençait.





(commentaire rapatrié)


mots-clés : #initiatique #lieu
par topocl
le Dim 4 Déc - 20:35
 
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Sujet: Marie-Hélène Lafon
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José Maria Arguedas

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 9 Cvt_le10

Les fleuves profonds

Bien que ce ne soit pas un roman autobiographique, il transmet beaucoup de sa vie dans ce livre.

L’histoire se déroule au Pérou, dans la région de l’Apurimac,  ville de montagne avec à ses pieds la rivière Pachachaca.

Le narrateur de ce récit est un adolescent qui est placé par son père – avocat pauvre itinérant à la recherche de l’habitation idéale, qu’il ne trouve pas et qui a du à plusieurs reprises confier son fils alors  qu’il  était persécuté par les politiciens – C’est dans la ville d’Abancay que cette fois l’avocat confie Ernesto au Collège religieux, l’adolescent devra non seulement étudier mais aussi faire l’apprentissage de la vie en société.

L’écriture est poétique, l’ambiance est envoûtante à l’image de la religiosité qui impreigne toutes les actions, les pensées, les jours et les heures dans le collège mais aussi dans la ville et les environs .

Au fil du temps, les traditions Quechua et catholiques apportées par les Castillans ont fini par s’entremêler et c’est  ce qui rend étrange mais prégnante  la religiosité. Ernesto parlant couramment le Quecha profite des deux courants religieux et  s’adresse souvent  à la Nature pour demander son appui et le pouvoir qu’il lui prête .

Tous les évènements qui se déroulent dans la ville (émeute, maladie, morts) sont propices à l’ apprentissage de l’adolescent  qui comme le remarque le Père Directeur du collège, dont les actions et paroles n'ont pas toujours le crédit d 'Ernesto,  sait voir les ombres des choses et des gens.

Il y a aussi la souffrance liée aux pauvres gens, aux Péons, dans ce récit.

Malgré tout c'est un récit très vivant, comme le sont les adolescents  dans leur amitié  et  leurs ressentiments, l' activité des "chichérias" et des promenades du dimanche.

Ernesto fait un peu figure de justicier quand il fustige ceux  qui ne contrôlent pas l’ ardeur de leur âge et se servent de la femme folle qui vit au collège.

C’est une très bonne lecture servit par une belle écriture,  au gré des chants des hommes et de la nature, des musiques. Profonds sont les ressentis que je garderai de ce livre, mais surtout de l’auteur que je souhaite encore lire.

Un grand auteur Péruvien à connaître !

Extraits

"Je me précipitais vers la deuxième cour pour dire adieu au petit arbre. Devant ces branches rabougries, ses fleurs mauves et rares, j'eus peur de Cuzco. Le visage du Christ, la voix de la grande cloche, l'effroi qui régnait sur le visage de l'Indien, le Vieux agenouillé dans la cathédrale, même le silence de la rue Loreto, tout cela m'oppressait. Nulle part il ne pouvait y avoir plus de souffrance humaine. Mais nous partions."

" Le jour où nous arrivâmes, les cloches sonnaient. Il était quatre heures de l'après-midi. Toutes les femmes et la plupart des hommes étaient agenouillés dans la rue. Mon père mit pied à terre et demanda à une femme la raison de ces prières dans la rue et de ces carillons. La femme lui dit qu'on était en train d'opérer le père Limarès, saint prédicateur d'Abancay et directeur du collège. Mon père me fit descendre de cheval et agenouiller auprès de lui. Nous restâmes près d'une demi-heure à prier sur le trottoir."

"Mais moi aussi, souvent je suivis les grands dans la cour intérieure et je me contaminai en les regardant. Ils étaient semblables aux démons et aux monstres de cauchemar qui agitent leurs bras et leurs pattes velues."

"Vends le moi, vends le moi ! criai-je à Antéro.
- Avant qu'on ait pu m'en empêcher, je me jetai sur la toupie, la longue pointe et les yeux ouverts au fer rouge lui donnaient un air irréel. Pour moi c'était un être nouveau, une appartion au sein d'un monde hostile, un lien entre moi-même et cette cour tant détestée, cette vallée languissante, ce collège."

« Qu’est-ce qu’elle peut faire la troupe ?
- Je ne sais pas, petit. Ils feront peur aux métisses et aux Indiens. Peut-être qu’ils tueront quelqu’un pour l’exemple.
- pour l’exemple ?
- Dona Félipa a mis les gendarmes en fuite.
« Pour l’exemple ? » c’était une vieille expression que j’avais entendue tout enfant dans les petits villages. Ca vous glaçait le sang.

« Palacios était intarissable quand il parlait des morts et des damnés. Après l’avoir entendu nous allions trembler dans nos lits comme au fond d’un abîme gelé. »

« Le Père les flattait comme il flattait les puissants de la vallée. Il était très habile avec cette catégorie de gens : il savait choisir les mots et les gestes.  J’étais très sensible à l’intention que les gens mettaient dans leur voix : je comprenais tout. J’avais grandi parmi des personnes qui se haïssaient entre elles, tout en me détestant et elles ne pouvaient pas toujours brandir des gourdins, se battre ou exciter les chiens contre l’ennemi. Elles recouraient aussi aux paroles qui sont un venin, doux et puissant. »

« Les gens poursuivaient les poules qui caquetaient dans les cours et leurs lançaient des pierres ou des bûches. Ils tuaient croyant qu’elles caquetaient de joie parce qu’elles portaient la mort dans leur ventre. »


"message rapatrié"

mots-clés : #initiatique #religion
par Bédoulène
le Dim 4 Déc - 17:58
 
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Sujet: José Maria Arguedas
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Hubert Mingarelli

Une rivière verte et silencieuse

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Un père et son enfant Primo, adolescent : ils s'aiment !

Une petite ville dont l'usine de compresseurs fournit principalement du travail aux habitants ; lui le père est sans travail, il fait des petits boulots, tonte des pelouses, cueillette des tomates.... , le fils se construit dans les champs un tunnel où il rêve d'un avenir meilleur où il déroule ses pensées.
Leur espoir, les 100 pots dans lesquels le père a planté des graines de leur superbe rosier grimpant et comme Perrette et son pot au lait, le père et le fils imaginent ce qu'ils pourront obtenir de la vente des rosiers. Ils prient ensemble tous les jours pour avoir le soutien de Dieu. Parce que si Dieu n' a pas fait obtenir la place convoitée au père, il a fait fleurir le rosier, alors .........

C'est une lecture touchante, fraîche !


extraits

"Un aller et retour me permettait de dérouler de longues pensées sans m'interrompre. Des pensées entre 4 et 8 kilomètres. Cela me permettait d'aller au fond des choses


"Le pire qu'il puisse arriver, c'est que la mouche se mette à se frotter les pattes à l'instant où vous allez l'aspirer. C'est toujours un moment pathétique de tuer ainsi une mouche tandis qu'elle fait sa toilette. Vous entrez dans son intimité, et tout de suite après vous la tuez. Il s'ensuit toujours un bref remords. Jamais je n'ai aspiré les mouches avec plaisir. Qu'elles se frottent les pattes ou pas. J'ai toujours fait ça parce qu'il le fallait."

"Les gens prétendaient que mon père était un raté. Ils omettaient de dire qu'il avait attrapé des truites bleues à la main.
Je fermais les yeux.
Une rivière verte et des truites bleues."



mots-clés : #initiatique #famille
par Bédoulène
le Sam 3 Déc - 9:05
 
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Sujet: Hubert Mingarelli
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Vues: 1383

Jean-Michel Guenassia

Jean-Michel Guenassia
Né en 1950

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Jean-Michel Guenassia est un écrivain français, né en 1950 à Alger.

Son roman Le Club des incorrigibles optimistes a obtenu le Prix Goncourt des lycéens en novembre 2009.


Bibliographie :

Romans
1986 : Pour cent millions
2009 : Le Club des incorrigibles optimistes : Page 1
2012 : La Vie rêvée d'Ernesto G. : Page 1
2015 : Trompe-la-mort
2016 : La Valse des arbres et du ciel

Théâtre
1988 : Le Rebelle

màj le 19/11/2017



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*"le Club des Incorrigibles Optimistes"

J'ai aimé l'écriture alerte qui fait que j'ai eu beaucoup de plaisir à suivre ce récit, une dose d'humour aussi. L'auteur a bien construit les histoires dans les différents évènements évoqués.
L'auteur dénonce succinctement à travers les propos et lettres des 2 amis qui sont engagés dans La guerre d'Algérie la barbarie des deux pays belligérants.

Les réfugiés des Pays de l'Est qui fréquentent le "Club" ont tous la même raison d'être optimistes : ils sont en vie !

A travers les révélations de ces Hommes l'auteur dénonce le traitement qui est réservé à ceux qui ont déplu, souvent sous des prétextes fallacieux, sous le régime de Staline, également en Russie, en Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne.
Certains avaient fuit le régime communiste comme Igor (médecin à Leningrad) Vladimir ou Imré ………
Certains réfugiés demeurent communistes, parmi eux Leonid (pilote et médaillé de guerre) qui avait quitté la Russie pour l’amour d’une Française
ou Grégorio qui lui a dû quitter la Grèce après la guerre civile
ou Pavel « Le communisme est une belle idée Michel. Le mot camarade a un sens. Ce sont les hommes qui sont mauvais »
Les idéaux étant en opposition des affrontements verbaux s’élevaient souvent entre eux mais ils restaient solidaires car ici en France ils étaient tous des étrangers, des déracinés. Beaucoup jouaient aux échecs et c’était aussi un lien .

la famille du jeune Michel Marini s'engage allègrement dans la période des "Trente Glorieuses".
L'adolescent est un lecteur compulsif, joue au baby-foot, écoute les disques de rock et aime la photographie. Initié par les Hommes du Club (les Femmes n'y sont pas bienvenue) il deviendra un bon joueur d'échecs. Il découvre l'amitié, l'amour et la trahison.
L’intérêt de Michel pour ce club lui est venu alors qu’il voient Sartre et Kessel jouaient ensemble aux échecs.
Michel sympathise avec tous ces Hommes, particulièrement avec Igor le créateur du Club, Leonid et le discret Sacha que tous détestaient ; ce qui intriguera longtemps l’adolescent.

L'auteur égratigne au passage les syndicalistes cégétistes , les communistes Français et Sartre.

Un bon moment de lecture


extraits

Je ne me suis jamais cogné à un poteau

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mots-clés : #initiatique #politique
par Bédoulène
le Ven 2 Déc - 23:02
 
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Sujet: Jean-Michel Guenassia
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Marcus Malte

Le garçon
Prix femina 2016

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Cela va être dur de parler de ce livre, qui restera dans mon top de l'année 2016, et dont il me paraît difficile de traduire la flamboyance.

C'est toute la vie de ce personnage étrange, définitivement mutique, qui ne sera jamais nommé par l'auteur que par « le garçon ». On le découvre au sortir de 14 années d' « enfant sauvage » et qui, le corps de sa mère emporté par le bûcher qu'il a minutieusement construit, s'apprête à découvrir le monde, et y découvre les hommes, et par là tout ce qui fait la "civilisation" : le travail et l'exploitation, puis la camaraderie et la douceur, avant l'amour et l'art et pour finir la guerre et le désespoir.

Et il vit une éblouissante histoire d'amour avec une jeune femme pure, fantasque, étanche à tout préjugé dans un érotisme débridé exalté par les mots, la littérature et la musique. A la guerre il fournit un engagement total; il y retrouve l'hostilité et l'exaltation de sa vie sauvage, mais y décerne désormais une cruauté et un non-sens qui le laisseront dévasté à jamais.

Pourtant suivi au jour le jour au fil des 530 pages, ce garçon muet nous reste inconnaissable, autrement que par ses choix, et ses actes. On le prend en sympathie, sympathie matinée parfois de frissons d'horreur, il exerce une étrange fascination, mais il nous reste un prodigieux mystère.

Marcus Malte nous raconte cela dans un style inimitable, alternativement haletant et doux, avec un point de vue décalé, un quant-à-soi de conteur réjoui et impertinent. Sa phrase prend aux tripes, emporte dans des situations d'un poétique, d'un pathétisme maîtrisé. L'érotisme nous embarque dans un bel éclat de rire, la guerre nous traîne dans son habituel lot de bruit, de boue et d' obus , on y est, dans une intimité absolue avec le personnage et son groupe de combattants.

L'auteur a le goût des listes, il intercale quelques chapitres énumératifs, des événements mondiaux astucieusement choisis, mais aussi 10 pages énumérant les soldats morts les 28 et 29 septembre à Souain: car il ne faut pas que raconter, il faut aussi nommer



mots-clés : #initiatique
par topocl
le Ven 2 Déc - 17:40
 
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Sujet: Marcus Malte
Réponses: 22
Vues: 801

Laurent Gaudé

La mort du roi Tsongor

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Ce qui ressort pour moi de ce roman, c'est le conte.

J'ai lu (relu en fait) ce livre comme j'écoutais, enfant, ma mère me lire (et me relire et me re-re-lire), les aventures des Grecs à Troie, le flambant Mélénas, le bouillant Achille, à l'assaut du beau Priam et de la princesse Hélène. J'ai retrouvé ici un semblable récit flamboyant, des costumes , des processions, des combats. Les rois et les peuples déchirés. Les alliances et les trahisons. Les promesses dénoncées. L'héritage moral d'un père majestueux moins victorieux qu'on l'a cru. L'honneur des hommes à l'assaut de l'honneur des femmes dans des péripéties d'abord exaltantes, et puis la même fatigue, la perte des certitudes, et au retour l'épuisement , la honte et la désillusion. A quoi bon ? Qu'avons nous fait ? Notre vaillance perdue, notre pouvoir qui ne mène qu'à la désolation...Partout, le sang et l'horreur.

Sans doute la sagesse est-elle du côté de Souba, l'humble Ulysse aux errances dérisoires...

Laurent Gaudé produit un texte dont l'écriture est si travaillée que sa lecture orale est aussi vivante et enlevée que le récit d'un conteur, avec ses lenteurs, ses emballements, ses répéptitions, ses retenues. Les lèvres sourient, les yeux pleurent parfois, le cœur du lecteur bat et souffre pour tous ces valeureux héros.



(commentaire rapatrié)



mots-clés : #contemythe #initiatique
par topocl
le Ven 2 Déc - 17:21
 
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Sujet: Laurent Gaudé
Réponses: 36
Vues: 1593

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