Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Ven 7 Oct - 8:47

96 résultats trouvés pour pathologie

Sylvia Plath

La Cloche de détresse

Tag pathologie sur Des Choses à lire La_clo11

La narratrice, Esther Greenwood, dix-neuf ans, est une étudiante travailleuse et une poétesse prometteuse qui a été sélectionnée dans un concours pour un séjour à New-York (elle vit dans le Massachusetts) avec d’autres lauréates.
« Je me sentais très calme, très vide, comme doit se sentir l’œil d’une tornade qui se déplace tristement au milieu du chaos généralisé. »

Elle décrit cette expérience déroutante, assez rosse avec les autres, filles ou garçons, notamment son fiancé Buddy Willard.
« Nous dansions à un kilomètre l’un de l’autre jusqu’au "Ce n’est qu’un au revoir mes frères…" où tout d’un coup il a posé son menton sur le haut de ma tête comme s’il était à bout de forces. »

« Depuis que Buddy Willard m’avait parlé de cette serveuse, je trouvais que je devrais coucher avec un homme. Ça ne compterait pas de coucher avec Buddy, parce qu’il resterait toujours en avance d’un coup sur moi, il fallait donc que cela soit quelqu’un d’autre. »

Elle ne supporte pas les limites de sa condition féminine (virginité à préserver, mariage conformiste), et rêve de liberté (les diverses formes de christianisme sont prégnantes – catholicisme, unitariens, etc.).
« Le problème était que j’avais horreur de servir les hommes en aucune façon. »

Boursière parrainée par une riche écrivaine, elle a été orpheline de père très tôt, et ne supporte pas sa mère. Un « misogyne » l’agresse, elle n’est pas reçue à ton cours de littérature estival, et peu à peu elle décroche, sombre dans la dépression. La suite est narrée par épisodes décousus ; le suicide la fascine, et bientôt elle est internée en psychiatrie, où les électrochocs la terrorisent. Bien qu’aidée par son entourage, elle a un comportement hostile ; Joan, une connaissance de collège, semble être vue comme un double ambivalent, avec des « réserves ».
« Pour celui qui se trouve sous la cloche de verre, vide et figé comme un bébé mort, le monde lui-même n’est qu’un mauvais rêve. »

Sortie de l’asile, elle se fait poser un diaphragme et déflorer par un professeur ; victime d’une hémorragie vaginale, c'est Joan qui la conduit à l’hôpital, et se pend.

\Mots-clés : #autobiographie #conditionfeminine #pathologie
par Tristram
le Mer 28 Sep - 13:24
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Sylvia Plath
Réponses: 8
Vues: 260

Max Blecher

Aventures dans l'irréalité immédiate suivi de Cœurs cicatrisés

Tag pathologie sur Des Choses à lire 1ereco10

Enfant puis adolescent, lors de ses « crises » le narrateur est imbibé par le monde, ses multiples tentacules, et s’y projette. Ses « aventures », de la boutique de machines à coudre d’Eugène le violoniste et sa sœur Clara qui l’affole de désir, du « souricesque » docteur et de Walter, camarade de rencontre, les Weber, son grand-père, son père, Edda… révèlent un goût sensuel et morbide, baudelairien, rimbaldien aussi, pour le cinématographe et la théâtralité, les musées de cire et cabinets de curiosités, les vieilleries et les clinquant et kitsch hétéroclites et artificiels, les spectacles forains et les monstres, les signes et l’absurde, la boue… Prégnance de la culture littéraire française, atmosphère "décadente". Sensations, rêveries, fantasmes d’une grande sensibilité, perceptions et souvenirs rendus avec finesse, servis par un style mélancolique et imagé (cf. la superbe scène de boucherie après la noce et l’enterrement chez les Weber), c’est aussi un questionnement métaphysique et un doute existentiel qui restent sans réponse.
« Je ressentais vaguement que rien en ce monde ne pouvait aller jusqu’au bout, rien ne pouvait être achevé. La férocité des objets s’épuisait elle aussi. C’est ainsi que naquit en moi l’idée de l’imperfection de tout phénomène, même surnaturel. »

« Il y avait dans tout cela une certaine mélancolie d’exister, une sorte de supplice naturel, dans les limites de ma vie d’enfant. »

« L’inutilité a empli les creux du monde comme un liquide qui se serait répandu de tous côtés, et le ciel au-dessus de ma tête, ce ciel toujours impeccable, absurde et indéfini, a acquis la couleur du désespoir. »

« Si jamais naissait en moi le sentiment d’un but existentiel et si cette ébauche était véritablement liée à quelque chose de profond, d’essentiel et d’irrémédiable, alors mon corps devrait se transformer en une statue de cire dans un musée et ma vie en une contemplation sans fin de ses vitrines. »

« Les personnages de cire étaient l’unique chose authentique, eux seuls faussaient la vie de manière ostentatoire et appartenaient, par leur étrange et artificielle immobilité, au monde réel. »

« C’est dans de petits objets sans importance : une plume d’oiseau noire, un petit livre banal, une vielle photo aux personnages fragiles et inactuels, qui semblent souffrir de quelque grave maladie intérieure, un délicat cendrier en faïence verte, en forme de feuille de chêne, sentant toujours le tabac froid, dans le simple souvenir des lunettes aux verres épais du vieux Samuel Weber, dans ces menus ornements et objets domestiques, que je retrouve toute la mélancolie de mon enfance et cette nostalgie essentielle de l’inutilité du monde qui m’enveloppait de toute part, comme une eau aux vagues pétrifiées. »

« L’extraordinaire parure de parade des oiseaux, des animaux et des fleurs, destinée à rehausser l’attrait sexuel, la queue stylisée et ultramoderne de l’oiseau de paradis, le plumage embrasé du paon, la dentelle hystérique des pétales de pétunias, le bleu invraisemblable des bourses du singe, ne sont que de pâles tentatives d’ornementation érotique à côté de l’éblouissante bague tzigane. C’était un superbe objet en fer-blanc, délicat, grotesque et hideux. Surtout hideux : il touchait l’amour dans ses régions les plus sombres, les plus fondamentales. Un véritable cri sexuel. »

Cœurs cicatrisés :
Une radiographie révèle qu’une des vertèbres d’Emanuel est rongée par « le Mal de Pott… Tuberculose osseuse des vertèbres. » Le jeune étudiant roumain en France est emmené par son père au sanatorium de Berck. Blecher donne une description réaliste, mais aussi légèrement irréelle de cette société de malades vivant pour la plupart allongés, immobilisés tels des mannequins dans de lourds corsets de plâtre, leur humeur accordée à la pluie.
« Berck n’est pas seulement une ville de malades. C’est un subtil poison. On finit par l’avoir dans le sang. Quiconque a vécu ici ne trouve plus sa place ailleurs. Un jour, tu le ressentiras, toi aussi. Tous les commerçants, les pharmaciens, et même les brancardiers, sont d’anciens malades qui n’ont pas réussi à vivre ailleurs. »

« C’était l’une des sensations étranges liées à la maladie, celle d’être un malade poussé sur un chariot, suivi par des personnes valides. Quelque chose qui ressemblait au cortège d’une famille en deuil marchant à l’arrière d’un corbillard ou à une procession de voyageurs pressés suivant la voiture de leurs bagages. »

Des intrigues se trament entre les patients aux personnalités rendues avec netteté ; les drames sont fréquents. Emanuel et Solange tombent amoureux l’un de l’autre, et c’est le summum d’amertume du désir entravé.
Ce récit est indéniablement plus factuel, et d’inspiration fortement autobiographique (au moins au début), son style plus classique et retenu s’accorde absolument au propos ; son contraste avec l’imagination hallucinée du précédent n’empêche pas qu’il soit complémentaire, que leur juxtaposition soit signifiante (cf. la découverte de Lautréamont par Emanuel). Aussi différents soient-ils, ils présentent tous deux une grande intensité d’évocation.
« − Quand quelqu’un a déjà été en retrait de la vie et a eu le temps et le calme nécessaire pour se poser une question essentielle à son égard – une seule – il reste empoisonné pour toujours… Bien sûr, le monde continue d’exister, seulement quelqu’un a passé une éponge au-dessus des choses et en a effacé l’importance… »

« − Ah, je n’aime pas les livres… ! Un livre n’est rien, ce n’est qu’un objet… Quelque chose de mort qui recèle des choses vivantes… Comme un cadavre en décomposition dans lequel grouillent des milliers et des milliers d’asticots. »

« − Tu vois, les cœurs des malades ont reçu tant de coups de couteau qu’ils se sont transformés en tissus cicatrisés. »


\Mots-clés : #identite #jeunesse #pathologie
par Tristram
le Jeu 24 Fév - 12:03
 
Rechercher dans: Écrivains d'Europe centrale et orientale
Sujet: Max Blecher
Réponses: 9
Vues: 1071

Edmondo de Amicis

Le Jardin de la Folie

Tag pathologie sur Des Choses à lire Dans-l10

Lorsqu'il visite un établissement spécialisé dans le traitement des malades mentaux, au tout début du vingtième siècle (le livre paraît en 1902) Edmondo de Amicis est un écrivain reconnu. Pourtant, Le Jardin de la Folie, qu'il a tiré de cette visite, ne reflète pas de compétence particulière dans le domaine, l'auteur semble avoir plutôt privilégié la naïveté dans ces observations. On ignore, du reste, quel a été le motif de cette visite. Mais justement le livre témoigne assez bien de l'approche que l'on avait à l'égard de la "folie", objet d'une étude dont l'intérêt se manifestait de plus en plus, objet d'une fascination ou de la compassion de De Amicis en l'occurrence ; attendrissement pour la fragilité mentale de tout être, auquel il mêle deux évocations discrète de son fils suicidé.

À partir de ce que lui dit un médecin "Tu sais... il n'y a pas de gens moins malheureux que les fous" affirmation qui me laisse perplexe mais à laquelle finalement il souscrit, De Amicis développe une réflexion certes intéressante ― l'idée selon laquelle c'est le raisonnement qui fait souffrir ― mais dont la conclusion repose sur un syllogisme douteux. Je suis un peu contaminé par le style de Musil, mais j'aurais préféré que ce soit lui qui développe sur le sujet. Il n'y a plus qu'à relire L'Homme sans qualités.


\Mots-clés : #pathologie
par Dreep
le Jeu 20 Jan - 17:38
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Edmondo de Amicis
Réponses: 4
Vues: 282

Antonio Lobo Antunes

Mémoire d’éléphant

Tag pathologie sur Des Choses à lire Mzomoi11

La voix intérieure d’un psychiatre interroge :
« Quand me suis-je gouré ? »

Surtout, il se rappelle. Vétéran de la guerre d’Angola, issu de la catholique bourgeoisie lisboète, amer de la dictature comme toujours actuelle de Salazar, récemment séparé de sa femme et de ses deux filles, écrivain contrarié, il partage plusieurs traits biographiques avec Antunes.
Occasionnellement narrateur, il observe les autres et aboutit à un navrant constat clinique de l’état de ses patients et de la société.
« Aux Urgences, les internés en pyjama semblaient flotter dans la clarté des fenêtres comme des voyageurs sous-marins entre deux eaux, aux gestes ralentis par le poids de tonnes de médicaments. […]
Ici, pensa le médecin, vient se déverser l’ultime misère, la solitude absolue, ce que nous ne pouvons plus supporter de nous-mêmes, nos sentiments les plus cachés et les plus honteux, ce que nous appelons folie et qui en fin de compte est notre folie et dont nous nous protégeons en l’étiquetant, en la compressant entre des grilles, en la bourrant de comprimés et de gouttes pour qu’elle continue à exister, en lui accordant une permission de sortie à la fin de la semaine et en la conduisant vers une "normalité" qui probablement consiste seulement à empailler les gens vivants. »

Premier roman aux mêmes thématiques que Le Cul de Judas, son second roman, que j’ai malheureusement lu avant celui-ci.
C’est déjà son style baroque qui enfile les métaphores dans de longues phrases (il évoque judicieusement Fellini dans le texte, et j’ai pensé à Gadda), ainsi que de nombreuses références historiques, picturales et littéraires, mais aussi musicales et cinématographiques.
« Dans la nuit de Lisbonne on a l’impression d’habiter un roman d’Eugène Sue avec un passage sur le Tage, où la rue Barão-de-Sabrosa est le petit ruban décoloré qui marque la page lue, malgré les toits où fleurissent des plantations d’antennes de télévision semblables à des arbustes de Miró. »

Le rendu du flux de conscience dans ce roman contenu en une journée m’a ramentu l’Ulysse de Joyce.
Sa sombre détresse dans un quotidien de laideur, son angoisse de la décrépitude, sa solitude désespérée prennent toute leur démesure célinienne au chapitre 6, à partir de la grotesque et grinçante scène de son sordide dépucelage par une prostituée ; j’ai aussi pensé à Lowry lorsque, désolé par la perte de sa femme, son accablement l’enfonce dans une errance hallucinée.
« Au sommet d’une espèce de parc Édouard-VII en réduction bordé de palmiers hémophiles dont les branches grinçaient des protestations de tiroirs récalcitrants, d’hôtels sortis de films de Visconti, habités par des personnages de Hitchcock et par des gardiens de parking manchots, aux yeux affamés cachés sous les visières de leurs casquettes comme des oiseaux avides pris dans le filet plissé des sourcils, l’édifice du Casino ressemblait à un grand transatlantique moche, décoré de guirlandes de lumières, parmi des villas et des arbres, battu par les vagues de musique du Wonder Bar, par les cris de mouettes enrouées des croupiers et par l’énorme silence de la nuit maritime autour de laquelle montait une dense odeur d’eau de Cologne et de menstrues de caniche. »

Un livre marquant sur la folie d'une société traumatisée...

\Mots-clés : #guerre #misere #pathologie #regimeautoritaire #social #solitude
par Tristram
le Mer 8 Déc - 12:14
 
Rechercher dans: Écrivains de la péninsule Ibérique
Sujet: Antonio Lobo Antunes
Réponses: 38
Vues: 3250

Johan Daisne

L'homme au crâne rasé

Tag pathologie sur Des Choses à lire L_homm11


Confession introspective, digressive, dilatoire, matérialisée par un texte d’un bloc, sans renvoi à la ligne, en seulement quatre paragraphes.
Le narrateur se plaint d’être timide, émotif :
« Se pourrait-il que certaines âmes soient mal chevillées au corps, qu’elles y flottent et risquent de passer par-dessus bord ? »

Intéressante notion métaphysique de « raison d’être » qui confine à la fatalité, et curieuse conception de l’esprit comme « automate » :
« Et l’automate qui habite chacun de nous et se charge de tant de besognes à notre insu, peut-être même de toutes, ce brave esprit fidèle et vigilant, m’a longtemps aidé de son mieux, mais le coupable c’est moi, qui ai voulu l’éveiller. »

Récurrente association de cendre et d’or (et aussi de l’or et du sang) :
« Écheveaux, confusion, quelque chose d’autre encore et plus que le reste, peut-être, toute mon existence misérable en a toujours été à la fois illuminée et obscurcie : tantôt nuage d’or, tantôt de cendre, comme une brume, pas sur tout mais à travers tout, un brouillard qui mélange tout plus qu’il ne le cache. »

Sentimental et humble, pieux et même moral, admirateur de la science, c’est le récit d’amours interdites, maudites, et surtout celui d’une aliénation mentale vue de l’intérieur.

\Mots-clés : #pathologie
par Tristram
le Sam 17 Juil - 12:28
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langue néerlandaise
Sujet: Johan Daisne
Réponses: 18
Vues: 1090

Unica Zürn

L'Homme-jasmin

Tag pathologie sur Des Choses à lire F-9e8-11

En écrivant L'Homme-jasmin, Unica Zürn s'est-elle inspiré de sa propre vie, au point que l'on puisse parler d'un texte autobiographique ? Certes, il y a des éléments pour l'affirmer, mais alors cette vie, telle qu'elle est décrite ici, n'est pas du tout structurée par des périodes ni des interactions marquantes. Il n'y a pas d'environnement extérieur, sauf lorsque le personnage se trouve dans un hôpital psychiatrique (où Unica Zürn a elle-même été internée) ; L'Homme-jasmin se base pour l'essentiel sur des impressions, l'imagination d'un être déconnecté de la réalité.

Peut-être que cette réalité, elle la transforme, afin que tout devienne extraordinaire, surréel, à l'image de son monde intérieur ? Oui, mais seulement dans des moments de grâce, de bonheur fugitifs, lorsqu'elle danse ou lorsqu'elle dessine. Dans la série de portraits qu'elle trace de ces compagnons d'infortune, à l'hôpital psychiatrique, il y a toujours cette fascination pour la folie, comme si quelque chose d'insoupçonnable se cachait derrière des attitudes énigmatiques et souvent stéréotypée. On y décèle aisément une souffrance sordide. La curiosité de la narratrice, pour une fois qu'elle s'ouvre à d'autres, est frustrée ou frustrante. Le récit lui-même, devient obsessionnel voire tourne franchement en rond, il est glaçant mais peut-être lucide de constater que son univers mental est en train de rétrécir.


\Mots-clés : #pathologie #psychologique
par Dreep
le Jeu 10 Juin - 23:59
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langue allemande
Sujet: Unica Zürn
Réponses: 1
Vues: 416

Evguéni Vodolazkine

Tag pathologie sur Des Choses à lire 41g3jc10

Brisbane

Originale: Брисбен (Russe, 2018)

CONTENU :
Aussi dans ce roman Vodolazkine nous confronte avec un héros dont la vie est bouleversée d’un coup. Gleb Ianovski est un virtuose de la guitarre, au sommet de son art et d’une célébrité. Alors on lui diagnostique le Parkinson et qu’il commence peu à peu de perdre contrôle de ses doigts, de sa main. Il cherche alors comme un autre sens, un nouveau soutien dans sa vie. Et en cela il sera aidé par son passé : il rassemble les expériences et souvenirs de son enfance à Kiev dans les année 70, puis de sa jeunesse à Leningrad et encore ce qu’il va vivre, avec sa femme, après le démenagement vers l’Allemagne en 1993… Et, dans « l’aujourd’hui », un enfant apparaît. Mais le but rêvé de sa mère dans son enfanace, le lieu de Brisbane en Australie – existe-t-il vraiment comme incarnation de nos rêves et désirs ? Ou est-ce seulement un mirage ?

REMARQUES :
Deux perspectives sur la vie de Gleb se complémentant et étant en lien mystérieux entre elles. Gleb fût né en 1964. D’un coté lui-même raconte sa vie depuis la découverte de sa maladie en 2012 et en gros, jusqu’en 2014. On y trouve avant tout des dialogues, des entretiens, des pensées de lui-même. Tous le temps se montre à quel point les années parcourus, derrière lui, étaient plein de « succès » : la gloire, l’argent, l’aisance… Pourtant il en est bien conscient : qu’est-ce qui reste face à la vie (ou la mort?). De quoi est-ce qu’on se souvient, qu’est-ce qu’on a vraiment retenu et a marqué le noyaux de notre personne ?

Et quand il est interrogé, après un dernier concert à l’Olympia à Paris, sur son vol de retour par un écrivain, Nestor, celui-ci aimerait écrire une sorte de biographie. Mais comment ne pas en faire une n-ième énumération de la carrière et des « succès » ? Comment mettre en évidence ce qui ne fût pas raconté, ce qui a vraiment impregné la vie ? Mais Nestor – c’est alors le deuxème fil – va à partir de ses échanges réguliers avec Gleb, écrire sur les personnages marquants de l’enfance et de la jeunesse. Sur ces expériences, ces rencontres comme le premier amour (si pudique, presque pas remarqué…). Le cotoiement de la mort. La rencontre avec la foi à travers la personne de son grand-père. Ce deuxième fil est descriptif, quasimment sans dialogue et paragraphe. La croissance et le devenir d’un être !

Donc, bien plus qu’une biographie romancée, mais oui, tellement plus. Et souvent d’une poèsie extraordinaire, voir d’une profondeur splendide. En passant (?) nous parlons aussi de musique (d’une façon rarement lu par moi) ; de la relation entre l’Ukraine (du Père de Gleb) et la Russie (maternelle) : non, pour ce narrateur, et pour Vodolazkine, ce sont des frères. Fine critique de ce qui se passait, se asse entre ces pays… Evidemment la litterature est présente (et deuxième sujet d’étude de Gleb à part la musique). Et dans le passé comme dans le présent : la mort ! « La vie est une longue accoutumance à la mort... » Présent et passé sont dans un dialogue permanent : ils s’interpellent, se répondent, aussi bien pour les sujets que pour l’atmosphère, les éléments marquants de notre vie.

Je pourrais ne pas m’arrêter en chantant les louanges de ce livres dense, parfois aussi drôle. Et : très russe ! Avec un livre comme ça on sait que la Russie n’a pas parlé son dernier mot en litérature ! Donc… à lire !


\Mots-clés : #historique #musique #pathologie
par tom léo
le Mer 13 Jan - 22:07
 
Rechercher dans: Écrivains Russes
Sujet: Evguéni Vodolazkine
Réponses: 3
Vues: 1239

Isabelle Von Bueltzingsloewen

L’hécatombe des fous  
La famine dans les hôpitaux psychiatriques français sous l’Occupation


Tag pathologie sur Des Choses à lire Extern65

Je croyais lire un livre sur l’extermination des patients psychiatriques pendant la Seconde Guerre Mondiale, par le biais de la famine. Ce livre avait fait beaucoup de bruit à l’époque à Lyon, la ville où je suis née et ai fait mes études de médecine, à l’Université Alexis Carrel à l’époque, et où ma mère avait été interne après guerre à l’hôpital psychiatrique du Vinatier…

En fait  Isabelle von Bueltzingsloewen nous propose un ouvrage très richement argumenté, s’appuyant sur d’énormes archives et une bibliographie prolifique, qui établit l’atrocité des 40 000 morts de faim des hôpitaux psychiatriques français pendant la guerre, mais réfute le génocide.

Dans un contexte de restrictions générales et d’affamement de toute la population, les « fous », les « aliénés » constituent une population particulièrement fragile, qui ne dispose que de la  quantité minimum de tickets d’approvisionnement, impropre à assurer la survie. Coupés d’une famille ou d’un environnement social lui-même en grande précarité,  ils sont dans l’impossibilité de combler les carences par l’aide extérieure ou le marché noir. Le travail des patients valides dans les fermes rattachées à nombre de ces hôpitaux est insuffisant à pallier aux monstrueux manquements
L’auteure décrit sans concessions (photos à l’appui) les conditions d’enfermement et d’abandon de ces patients pour lesquels la médecine est alors sans ressource, et l’opinion publique dans un rejet généralisé. Elle situe cette état de fait dans l’évolution de la psychiatrie dans le siècle, de l’asile à la psychiatrie de secteur.
Elle décrit des médecins diversement démunis, mais pour la plupart concernés, face à l’impuissance de l’administration. Pour eux, l’émergence des premières thérapeutiques dites de choc avant-guerre et notamment de l’électro-convulsivothérapie – autrement dit électrochoc – constitue l’espoir extraordinaire de non seulement traiter ces patients, mais aussi de ce fait permettre qu’ils sortent de l’univers asilaire et aient ainsi une chance de ne pas mourir de faim.
Mais si  jusqu’à fin 42 leurs appels n’ont pas suffi à faire augmenter la ration des aliénés,  Isabelle von Bueltzingsloewen affirme, preuves à l’appui, qu’il n’y a pas eu de désir d’extermination sous Vichy, ou en tout cas qu’il n’y en a pas trace, donc, pour l’historienne, pas de trace = pas d’affirmation.  Pour elle, c’est faire offense au devoir de mémoire, mais aussi aux malades dizaine de milliers de malades psychiatriques génocidés en Allemagne que de ne pas reconnaître cela. Elle s’oppose ainsi à tout un courant qui a jusque-là affirmé ce génocide, qui l’a mis en lien avec l’eugéniste lyonnais Alexis Carrel, et dont elle considère qu’il ne répond pas à un travail historique de chercheur·se digne de ce nom.

C’est évidemment une parole contre une autre, car si l’auteure confronte abondamment la lectrice à sa documentation, à ses raisonnements et à ses preuves, je suis, inculte en histoire, incapable de savoir si ces preuves sont bien des preuves.
L’intérêt de ce livre, outre la connaissance de la famine des hôpitaux psychiatriques, de l’histoire générale de la psychiatrie, ainsi que de nombreuses histoires individuelles de patients internés chroniques particulièrement émouvantes, est bien de poser  la question de la responsabilité de l’historien.ne. Comment lire l’histoire ? A qui se fier ?


Mots-clés : #essai #historique #medecine #pathologie
par topocl
le Lun 2 Nov - 11:07
 
Rechercher dans: Histoire et témoignages
Sujet: Isabelle Von Bueltzingsloewen
Réponses: 11
Vues: 465

Pete Fromm

Comment tout a commencé

Tag pathologie sur Des Choses à lire Proxy_36

(En complément au commentaire de Topocl).
Comment une telle mésentente peut-elle s’installer entre enfants et parents ? La pratique compulsionnelle du base-ball explique-t-elle tout ? les
États-Uniens sont-ils tous fous ? Imagine-t-on nos grands prosateurs français (Houellebecq, Jourde, Carrère) nous faire tartir avec du foot, ou de la pétanque ?

Bien sûr Abilène est malade, bipolaire, maniaco-dépressive ; mais c’est (aussi, surtout) la jeunesse, goût du risque et de la destruction, rêve, révolte, conviction, véhémence, excès, qui nous est présentée, comme amplifiée par son trouble, son influence sur son petit frère, Austin.
« Ça fait partie du jeu. »

« ‒ Tu as passé ta vie entière à essayer de me ressembler, Austin. Et maintenant je prends des pilules pour être quelqu’un d’autre. »

Une description étonnante de justesse du conflit générationnel des enfants avec les parents, heureux, satisfaits ‒ minables.
« Ils veulent que je leur ressemble davantage. (Elle gardait les yeux fixés sur le ciel vide.) Qu’est-ce qu’il pourrait y avoir de pire ? »

« ‒ Tu as travaillé si dur, uniquement pour que je puisse rester à la maison et regarder les enfants devenir fous. »

Une belle histoire d’amour !

Mots-clés : #fratrie #jeunesse #pathologie #relationenfantparent #sports
par Tristram
le Ven 2 Oct - 21:56
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Pete Fromm
Réponses: 57
Vues: 3243

Michael Kumpfmuller

Tag pathologie sur Des Choses à lire La-spl10
A. Michel

En juillet 1923, Franz Kafka séjourne avec sa soeur à Muritz, petite station balnéaire de la
Baltique. C'est là qu'il rencontre Dora Diamant. Il vient d'avoir quarante ans et il est gravement malade. La tuberculose gagne très vite du terrain.
Dora vient d'avoir vingt cinq ans. Elle est la vie meme. Elle sera son dernier amour et sa compagne jusqu'au bout.

Pour Franz ce sera un bonheur inespéré et partagé, rendu poignant par l'avancée de la maladie. Un sursis d'un an pas plus. Dora se rend compte que leur amour est menacé et leurs espérances de vie commune. Mais tout au long elle fera preuve d'un courage, d'une ténacité, d'un dévouement et d'une affection sans faille.

Rien n’est plus beau, que d’être seule avec lui dans la chambre, chacun occupé à sa propre tâche, car cela lui rappelle Berlin, les soirs où il écrivait en sa présence. Il y avait une sorte d’intensité dans le silence, quelque chose de religieux et de léger à la fois tandis qu’il écrivait, penché sur la table, les premières semaines, quand elle avait encore presque peur de ce qu’il faisait, de son travail.


Pendant les derniers mois, Franz et elle vont séjourner à Berlin et ce sera le meilleur moment de leur vie, (en dehors de l'époque où ils se sont connus à Muritz). Meme si Berlin est dans un état de crise économique dramatique. On sent déjà monter l'antisémitisme et l'extrémisme politique.

Par la suite, Franz va séjourner de sanatorium en sanatorium en Autriche. Son état se dégrade de plus en plus. Il ne peut plus manger pratiquement ni meme parler.

Il a presque l’air d’un enfant maintenant, on ne peut pas dire précisément ce qui se passe, il est malade, mais c’est surtout l’expression de son visage qui est remarquable, on dirait qu’il a réussi, au mitan de sa vie, à ressembler finalement à un élève de première un peu retardé, et qu’ayant atteint ce stade, il se développe maintenant à rebours jusqu’à redevenir un enfant.


Un dernier changement d'établissement provoque chez Franz un regain d'espoir et de vitalité. Espoir vite déçu, le pronostic vital lui laissera trois mois d' existence en partie inconsciente.


Michael Kumpfmuller s'est plongé dans les journaux, la correspondance et les carnets de l'auteur. Il s'est tellement investi, imprégné qu'il a réussi à nous rendre un Kafka vivant et proche tel qu'on ne l'a jamais connu avant. Sauf peut etre dans le témoignage de Gustav Janouch.



Tag pathologie sur Des Choses à lire Dora_j10
 Dora

Mots-clés : #amour #mort #pathologie
par bix_229
le Jeu 3 Sep - 19:04
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langue allemande
Sujet: Michael Kumpfmuller
Réponses: 2
Vues: 292

Akira Mizubayashi

janis a écrit:Je suis bien tentée, également, surtout avec le plaisir de ma lecture actuelle : j'ai bien envie de rester au Japon, un peu, par la suite ! Merci Wink


Certes, atmosphère marquée par un auteur japonais. Mais des grandes parties de son oeuvre sont écrites en français, se déroule en France. Si j'ai bien compris, l'auteur avait besoin de "respirer" un air plus libre, preant la langue française comme un trampolin pour accèder à une plus grande forme de légèreté. Le Japon lui semble trop figé dans des hierarchies, des formules...



Un amour de Mille-Ans

Tag pathologie sur Des Choses à lire Produc12

Français, 2017

CONTENU :
description de produit a écrit:"La maladie de Mathilde les avait coupés du monde. Rester des heures entières auprès de sa femme ne lui pesait pas, bien au contraire. La musique devenait alors pour eux comme une prière sans paroles, l'occasion d'un silencieux échange de sourires et de soupirs d'émerveillement." Ancien professeur de littérature française à Tokyo, Sen-nen vit désormais à Paris avec sa femme Mathilde. Un jour, il reçoit un message de son amour de jeunesse, Clémence, une cantatrice qui interprétait Suzanne dans Les Noces de Figaro. Après trente ans de silence, elle l'invite à une nouvelle représentation de cet opéra, dont elle supervise la mise en scène. Mathilde laisse alors son mari aller à la rencontre du passé.


REMARQUES :
C’est dans un contexte d’une maladie grave de sa femme, qu’est raconté l’histoire d’amour entre elle et Sen-nen. Puis il est contacté par une cantatrice, Clémence S., qui trente années auparavant avait joué la Suzanne à l’Opéra Garnier. A l’époque encore étudiant à Paris, Sen-nen assista à toutes les représentations des « Noces de Figaro ». Son engouement pour la pièce de Mozart lui fait vivre ces spectacles comme quelque chose de très fort : l’action, l’interprétation, le sens même de l’opéra (un dépassement des hierarchies sociales?!) le font rêver à lui, venant d’une societé si hierarchisée. Et mettent en marche comme un amour de « Mille-Ans » (signification de Sen-nen en japonais) aussi bien pour l’interprète de Suzanne, Clémence S. Sen-nen va lui écrire pas tellement juste des lettres d’amour ou de fana, mais comme son dialogue avec la pièce, sa compréhension du sens profond. A la fin des spectacles il y aura juste une rencontre pleine d’harmonie, de partage, autour d’un verre de vin et d’une pizza. Et dans l’aujourd’hui ? Comment va se passer cette rencontre après une trentaine d’années ? Et comment se déroulera le temps commun avec sa femme Mathilde ?

Partage de la même passion pour la musique, amour pour la langue et vie entre différentes cultures (incluant l’amour pour la langue), une relation de couple tranquille, paisible et apaisée, aussi un peu à l’écart, même la présence d’un chien – on retrouvera beaucoup d’ ingrédients dont j’ai fait connaissance dans « Âme brisée ». Ici ce sont les « Noces de Figaro » qui sont au centre du roman. L’interprétation, les explication en font quelque chose qu’il faut presque connaître. Et qu’on va éventuellement mieux apprécier après ? Mizubayashi écrit en mélomane très éclairé, pouvant donné un sens à des choix de Mozart. C’est fort, mais pourrait éventuellement aussi rappeler p ex un exposé. Quitte-t-on le domaine du roman presque ?

Le partage d’une même passion pour la musique peut unir des êtres humains.

Une certaine proximité de style, de langue, d’atmosphère, avec « Âme brisée » m’a étonné. L’auteur semble avoir des sujets fétiches. Si on aime, on aimera ce roman aussi !

Mots-clés : #amour #lieu #musique #pathologie
par tom léo
le Mer 19 Aoû - 7:00
 
Rechercher dans: Écrivains d'Asie
Sujet: Akira Mizubayashi
Réponses: 10
Vues: 406

Philip Roth

Némésis

Tag pathologie sur Des Choses à lire Images50

C’est donc l’histoire d’une épidémie de polio, mais surtout prétexte à s’interroger sur l’« injustice », l’iniquité perçue entre destins humains plus ou moins "heureux", (et) l’absence de sens de ces destinées.
« Quel sens peut bien avoir la vie ?
‒ On a l’impression qu’elle n’en a pas, répondit Mr Cantor.
‒ Où est la balance de la justice ? demanda le pauvre homme.
‒ Je n’en sais rien, Mr Michaels.
‒ Pourquoi est-ce que la tragédie frappe toujours les gens qui le méritent le moins ?
‒ Je ne connais pas la réponse, répondit Mr Cantor. »

« Parfois on a de la chance, et parfois on n’en a pas. Toute biographie tient du hasard et, dès le début de la vie, tout relève du hasard, de la tyrannie de la contingence. Le hasard, je crois que c’est ce que Mr Cantor voulait dire quand il accusait ce qu’il appelait Dieu. »

La « fureur contre Dieu pour avoir poursuivi d’une haine meurtrière les enfants innocents de Weequahic » entre en résonance avec ma lecture de Le Livre contre la mort, d’Elias Canetti.
« Mais maintenant qu’il n’était plus un enfant, il était capable de comprendre que si les choses ne pouvaient pas être autres que ce qu’elles étaient, c’était à cause de Dieu. Si ce n’était pas à cause de Dieu, de la nature de Dieu, elles seraient autres. »

« Il était frappé de voir à quel point les vies divergent, et à quel point chacun d’entre nous est impuissant face à la force des choses. Et Dieu dans tout ça ? Pourquoi est-ce qu’Il installe une personne, le fusil à la main, dans la France occupée par les nazis, et une autre dans le réfectoire d’Indian Hill devant une assiette de gratin de macaronis ? Pourquoi est-ce qu’Il place un enfant de Weequahic dans un Newark ravagé par la polio, et une autre enfant dans le splendide sanctuaire des Poconos ? Pour quelqu’un qui avait jusqu’alors trouvé dans le sérieux et l’application au travail la solution à tous ses problèmes, il était maintenant bien difficile de s’expliquer pourquoi ce qui arrive arrive comme ça et pas autrement. »

« Espérons que leur Dieu miséricordieux leur accordera tout cela avant de leur planter Son poignard dans le dos. »

Concernant l’épidémie et ses méfaits collatéraux, le mécanisme du bouc émissaire joue bien sûr (tout autant qu’à notre époque "éclairée", si acharnée à trouver "un responsable") :
« C’est pourquoi tout le monde essaie de trouver qui ou ce qui pourrait être responsable. On essaie de trouver un coupable pour pouvoir l’éliminer. »

Le point de vue juif souligne la mécanique du tandem peur-haine :
« Je m’oppose à ce qu’on fasse peur aux enfants juifs. Je m’oppose à ce qu’on fasse peur aux Juifs, point. Ça c’était l’Europe, c’est pour cela que les Juifs ont fui. Nous sommes en Amérique. Moins il y aura de peur, mieux cela vaudra. La peur fait de nous des lâches. La peur nous avilit. Atténuer la peur, c’est votre job, et le mien. »

« Certains semblent penser que la meilleure solution pour se débarrasser de la polio serait d’incendier Weequahic, avec tous les Juifs dedans. Il y a beaucoup d’agressivité à cause de toutes les choses délirantes que les gens disent par peur. Par peur et par haine. »

Qu’on soit croyant ou pas, l’existence est incertaine, et ceci établi il reste à s’interroger sur les réactions humaines vis-à-vis de cet état de fait. Bucky Cantor est déterminé par son passé à une culpabilité ravageuse : son sens des responsabilités est paradoxalement mené à l’absurde.
« Il faut qu’il convertisse la tragédie en culpabilité. Il lui faut trouver une nécessité à ce qui se passe. Il y a une épidémie, il a besoin de lui trouver une raison. Il faut qu’il se demande pourquoi. Pourquoi ? Pourquoi ? Que cela soit gratuit, contingent, absurde et tragique ne saurait le satisfaire. Que ce soit un virus qui se propage ne saurait le satisfaire. Il cherche désespérément une cause plus profonde, ce martyr, ce maniaque du pourquoi, et il trouve le pourquoi soit en Dieu soit en lui-même, ou encore, de façon mystique, mystérieuse, dans leur coalition redoutable pour former un destructeur unique. »

« "Je voulais aider les gosses à devenir forts, finit-il par dire, et au lieu de ça, je leur ai fait un mal irrévocable." C’était cette pensée qui avait tenaillé pendant tant d’années de souffrance silencieuse un homme qui méritait moins que tout autre qu’il lui soit fait du mal. »

Le passage central sur les activités "scoutes" du camp d’été m’a paru long, et assez hors de propos, alors que la thématique du roman est ailleurs exposée sans détour.
Le style m’a semblé impropre par moments, mais est-ce dû à la traduction ?

Mots-clés : #communautejuive #culpabilité #Pathologie
par Tristram
le Jeu 26 Mar - 20:44
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Philip Roth
Réponses: 108
Vues: 8626

David McNeil

Un vautour au pied du lit

Tag pathologie sur Des Choses à lire Proxy200

Cette gêne à déglutir s’est avérée une tumeur de 7 cm à l’œsophage, on ne donne pas cher de David McNeil, un vautour s’installe au pied de ce lit d’hôpital au froids montants d’acier, partageant les lieux avec l’ange gardien Gabriel.
Et il ne s’en laisse pas compter, McNeil, sa fantaisie ne le lâche pas, et si la mort n’est pas un drame, la vie est quand même une belle option, à laquelle la poésie, l’humour et l’imaginaire apportent leur piment.
Récit  distancié quasi joyeux d’une maladie qui n’enlève pas la joie de vivre, Un vautour au pied du lit est un objet funiculaire qui s’attache à décrire l’homme et ses fantasmagories plutôt que son combat.


Mots-clés : #autofiction #pathologie
par topocl
le Ven 16 Aoû - 9:30
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: David McNeil
Réponses: 1
Vues: 350

Jérôme Lambert

Chambre simple

Tag pathologie sur Des Choses à lire 51vyiy10

Un jeune homme se réveille à l’hôpital, et n’est pas surpris car cela lui arrive régulièrement, il est épileptique. Il parle de son vécu de cette maladie dérangeante, de son ressenti de l’hopital, entre réification et protection.

À son chevet, son amant - dont la mémoire, qu’il retrouve progressivement, lui rappelle peu à peu qu’il n’est en fait que son ex-amant - des soignants et un autre patient se relaient. Chacun livre son vécu , ses espoirs, ses croyances.
dans de petits textes qui alternent.
Chacun de ces textes est assez séduisant, mais l’ensemble manque d’une unicité, d’une force, d’un approfondissement. On est plus sur un assemblage de témoignages accolés que sur une œuvre construite. Des ressentis touchants  émergent cependant.

Mots-clés : #pathologie #temoignage
par topocl
le Ven 14 Juin - 17:13
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Jérôme Lambert
Réponses: 4
Vues: 513

Daniel Defoe

Journal de l’année de la peste

Tag pathologie sur Des Choses à lire Defoe10

« Affreuse peste à Londres fut
En l’an soixante et cinq
Cent mille personnes elle emporta
Quant à moi, pourtant, toujours je suis là »

Le livre n’est pas vraiment un roman, bien qu’il comporte des épisodes dont la forme de narration appartient à ce genre, ni vraiment un récit ou un témoignage. Il est un peu de tout cela à la fois – peut-être comme Robinson Crusoë que je n’ai jamais lu ?  Crying or Very sad
Il se présente comme un vrai-faux journal. Faux puisque l’auteur n’avait que cinq ans à l’époque de la grande peste qui ravagea Londres en 1665. Cependant, Defoe a pu recueillir des témoignages de première main, consulter nombre de documents disparus aujourd’hui ; n’oublions pas que la capitale sera touchée l’année suivant par un terrible incendie qui la dévasta complètement. Habile romancier, Defoe multiplie les petits détails concrets qui laissent supposer au lecteur qu’il a assisté réellement à certaines scènes décrites. Parfois, il revendique l’exactitude d’un fait parce qu’il l’a observé, d’autres fois, il avoue n’en savoir rien car il s’est basé sur des témoignages.
Le journal est donc supposé rédigé par un bourgeois, sellier de son état, mais l’auteur à un moment déclare qu’il s’agit du journal de son oncle ! Defoe adopte donc le mode d’écriture de ce type de personnage, insistant parfois lourdement sur certains faits, répétant à plusieurs reprises la même chose. A ce sujet, évitez de lire des traductions trop anciennes qui ont lissé le texte, lui enlevant ainsi une grande partie de son charme.
Defoe sait ménager le suspens : début de l’épidémie qui ne semble pas bien méchante et toucher seulement quelques quartiers, multiplication des décès et affolement de la population jusqu’à l’apocalypse de l’automne, enfin, la décrue du nombre des morts au cours de l’hiver.
Lorsque Defoe écrit son « journal », publié en 1722, il a en tête un événement et un but précis : l’épidémie de peste qui a dévasté Marseille et la Provence en 1722. Que ferait-on si la peste revenait à Londres ?
Le livre se présente donc également et surtout comme une enquête précise et, il faut le souligner, très intelligente, sur les mécanismes de l’épidémie et les moyens de s’en prémunir.
Ainsi Defoe s’interroge sur :
1- les statistiques des morts et fait remarquer qu’au départ le nombre de décès s’accroit mais que les cas sont attribués à différentes causes, fièvres, coliques etc. on ne reconnait pas la maladie, puis on la cache pour ne pas effrayer la population avec le mot « peste ».
2- les différentes formes de la maladie sans pouvoir toutefois distinguer clairement peste bubonique et peste pneumonique. Il comprend néanmoins que la maladie présente plusieurs aspects dont certains sont plus dangereux que les autres.
3- les mesures prophylactiques à adopter. Defoe fait un sort aux astrologues et fabricants de remèdes miracle, premières victimes de leurs prédictions et de leurs remèdes. Il comprend que le mal se propage par contact, sans bien sûr soupçonner le rôle des rats et des puces ; mais tous les chiens et chats ont été zigouillés dès le début de l’épidémie.
4- Defoe s’interroge longuement sur le bien-fondé d’une mesure qui a soulevé de nombreuses critiques à l’époque : le fait de consigner les familles chez elles en cas d’infestation. De fait, la mesure était particulièrement cruelle puisqu’elle condamnait pratiquement toute la famille à mourir de la peste. Surtout, souligne Defoe, elle a été inefficace car beaucoup d’habitants ont pu s’enfuir. D’autre par, des membres de la famille avant déclaration de la maladie ont pu diffuser le virus alors qu’ils se croyaient sains
5- la meilleure défense pour Defoe est la fuite à l’extérieur, mais rapidement des barrages ont été établis pour éviter que les Londoniens propagent la peste dans les campagnes. Il préconise aussi de s’enfermer chez soi avec des vivres et de limiter les contacts avec l’extérieur.
6- Defoe souligne le courage et l’efficacité des édiles qui ont réussi à approvisionner en nourriture la population et qui a combattu comme elle l’a pu l’épidémie.
7- Defoe parle de la détresse économique de la ville : artisans et ouvriers n’ayant plus de travail tombent dans la misère ; les navires anglais ne peuvent plus accoster dans les grands ports d’Europe.
Toutes ces considérations n’alourdissent pas un récit enlevé qui alterne moments terrifiants : les charrettes des morts déversant la nuit leur contenu dans les fosses communes au milieu des feux censés purifier l’air de la pestilence, des épisodes comiques comme le joueur de cornemuse ivre qui se réveille dans la charrette des morts ou romanesques avec les aventures d’un groupe fuyant la ville et que suit un temps l’auteur.
Hautement recommandable ! Very Happy

Mots-clés : #documentaire #historique #journal #mort #pathologie
par ArenSor
le Dim 12 Mai - 20:05
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Daniel Defoe
Réponses: 30
Vues: 2244

Giani Stuparich

L'île

Tag pathologie sur Des Choses à lire L_ile110

Que dire à un être mourant qui est son père et qui fut pour le narrateur un homme admiré, vénéré, le héros de son enfance. Hardi, courageux, estimé, égayant les tristes et les mélancoliques.

Il lui était apparu comme un dieu, puissant, le visage lumineux, avec des manières de conquérant : droit, simple, gai. Mais il était souvent absent et insoucieux de l'enfant et de son regard suppliant. Jusqu'au jour, où, presque par surprise, il s'était penché sur lui et découvert qu'il l'aimait profondément.

Il se sentait lié à cet enfant qu'il avait découvert un peu par hasard ; cela s'était passé comme s'il avait découvert quelque chose de lui-même qu'il ne connaissait pas. Le temps passe et l'enfant devenu adulte vit sa vie ailleurs, en pleine montagne.


Encore jeune, le père est frappé par une maladie mortelle. Et qui le détruit encore vif et incrédule. Sachant qu'il va mourir bientôt, il se décide à appeler son fils et lui demander d'exaucer son dernier voeu. Retourner avec lui sur l'île où il est né, l'île de Lussinpiccolo, face à Trieste. Ils ont tous les deux envie de s'épancher, de tout se dire avant qu'il ne se soit trop tard.

Mais l'urgence qui les presse ne suffira pas. Le père ne pourra pas dissimuler sa souffrance extrême et le fils empêcher l'émotion et la pitié qui l'envahissent et qui les renvoient à une commune solitude.

Jamais le père n'avait ressenti le besoin de s'appuyer sur quelqu'un, mais voici qu'une crainte mystérieuse, le poussait à regarder autour de lui, comme pour chercher un être qui lui donnerait du courage. Son fils ! Ils avaient peu de chose à se dire ; mais comme il était simple de se sentir unis.

Au cours d'une ultime promenade en commun, ils découvrent une vue admirable sur la baie. Pour la première fois père et fils se regardèrent en face et, oublieux d'eux-mêmes, laissèrent affleurer du fond de leur tristesse un franc sourire et ils échangèrent des expressions d'émerveillement devant cette vue. Cette embellie est de courte durée, l'ultime rémission. Déjà le désespoir envahit le narrateur, et le naufrage anticipé de ses illusions enfantines.



Le récit est sobre et émouvant. Plusieurs fois dans son oeuvre, l'auteur est revenu sur l'amour qui le lie à son père et aux souvenirs qui sans cesse le
hantent.

Un style limpide et maîtrisé, classique.


Mots-clés : #pathologie #relationenfantparent
par bix_229
le Jeu 18 Avr - 19:52
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Giani Stuparich
Réponses: 2
Vues: 435

Russell Banks

Tag pathologie sur Des Choses à lire La-res10

La Réserve


« La Réserve », c’est un lieu de villégiature, perdu dans les Adirondaks, un lieu majestueux, au nord-est de l'État de New York. Les habitants des maisons, des chalets luxueux, perdues au fond de cette végétation luxuriante et montagneuse sont des riches, parmi les plus riches, des New-Yorkais entre autres. Ce lieu est tellement préservé qu’il est gardé, balisé, entouré d’une garde armée. Comme une sorte de cité idéale.

Parmi ces riches, la famille Cole dont la maison est au bord du lac, vient y passer des mois, le père est un médecin de renom. La fille, Vanessa Cole, fille adoptive, se plaît dans ce lieu de refuge. Séduisante et séductrice, elle sait y faire pour attirer les hommes dans ses rets. Mais en même temps elle est considérée comme une foldingue, et surtout par sa mère qui rêve de la faire interner et envisage sérieusement de le faire, c’est une réalité.

Le peintre Jordan Groves, ami du père, vient de temps à autre, avec son petit avion, rendre visite à la famille. Il est vite repéré par les gardes, et on n’aime pas les intrus qui sont vite renvoyés d'où ils viennent. Il se laisse séduire par la belle et élégante Vanessa et se rendra de plus en plus souvent à la Réserve après la mort du père, le Dr Cole.

Jordan Groves, qui vit hors de la Réserve, suffisamment loin pour y venir en avion, un biplan qui peut se poser (en douce) sur le lac, est marié avec une belle femme, discrète, une sorte de femme idéale et à laquelle il tient, a deux fils et sa vie rangée va être pas mal chahutée. Rien à faire, il a besoin de retourner à la Réserve car quelque chose se passe entre ces deux-là !
Et puis la jalousie qu’il ressent lorsqu’il a la surprise de voir que Vanessa se rend chez le jardinier et homme à tout faire de la Réserve, un homme canon physiquement, est une émulation. Il veut Vanessa Cole.

La mère de Vanessa, Evelyn Cole, de son côté, femme riche et éprise d'argent, confisque celui qui doit revenir à Vanessa à la mort du père, malgré un testament. Elle aimerait mettre sa fille sous tutelle, et pire encore, la faire interner en Suisse, d'ailleurs les contacts sont déjà pris.

Mais la terrible Vanessa Cole est-elle réellement folle ? Et aura-t-elle le choix ? En tout cas elle n'a pas l'intention de se laisser faire par sa mère, et elle va le lui montrer. On entre dans un univers un peu pervers et perverti, où se côtoient la beauté et la noirceur, le meilleur et le pire de la laideur.

Chaque chapitre de ce livre commence par des « flashs » de ce qui adviendra plus tard, on voit évoluer tous ces personnages dans l'avenir, et la guerre d’Espagne gronde et bombarde. La vie change. Même pour les riches.

C’est mon premier Russel Banks, j’y ai pris du plaisir, et parfois mon avis était mitigé, mais avis aux amateurs de Russel Banks ! C'est pour vous !


mots-clés : #amour #famille #guerredespagne #lieu #pathologie
par Barcarole
le Mer 9 Jan - 19:01
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Russell Banks
Réponses: 32
Vues: 2639

Christophe Boltanski

Le guetteur

Tag pathologie sur Des Choses à lire 41kxoq10

Christophe Boltanski a eu un lien assez distendu avec sa mère, il ne parlera donc pas de cette relation, ou à peine. Mais quand celle-ci décède,  elle laisse une accumulation de petits carnets, et quelques amorces de polars qu’elle a écrites, qui vont lancer son fils dans une quête de sens. Cette femme solitaire vivait dans un appartement-refuge, où elle ne jetait rien, développant des idées persécutoires et des hallucinations suffisamment fortes pour diriger sa vie, mais suffisamment raisonnées pour qu’elle reste autonome. Christophe Boltanski envisage l’idée que cette évolution ait un lien avec le fait que jeune femme, elle a milité activement pour le FLN, avec ce que cela implique de secret, de traques, de mystère.

Il alterne donc  des chapitres où il  raconte les dernières années, se lance dans des recherches, enquête pour la mieux saisir (mais sans beaucoup de résultat, il est vrai) , et des chapitres décrivant ce qu’il imagine avoir été cette vie de militante, parti qui laisse plus la place à l’imagination, mais de ce fait aussi à une certaine distance, une certaine confusion.

J’ai été assez séduite par le personnage de la vieille femme, cette adaptation – inadaptation particulièrement touchante. Le reste m’a moins emballée. Il en ressort un roman un peu bancal, alternant un certain brio avec des parties qui m’ont moins motivée.

Un peu comme dans La cache, au final, un beau matériau, mais un certain manque de souffle.


Mots-clés : #autofiction #pathologie #vieillesse
par topocl
le Ven 21 Déc - 18:04
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Christophe Boltanski
Réponses: 8
Vues: 631

Pascale Kramer

Une famille

Tag pathologie sur Des Choses à lire 51ocgt10


Il y a tant de familles où un enfant si aimé, si charmant devient un adolescent difficile puis un adulte incompréhensible.... Où chacun valse entre amour et répulsion, culpabilité et effroi, tendresse et colère, lutte et abandon... Où chacun s'invente autre, face à cet « intrus » ,se révèle à lui-même et aux autres dans ses forces et ses faiblesses. Où les blessures, souvent non-dites, sont comme un ciment intergénérationnel...Où les phases d'espoir  font place aux zones de désarroi.

Pascale Kramer nous raconte l’histoire de cette famille bourgeoise, catholique, bordelaise, dont l'aîné, Romain bouleverse le conformisme : il sème les interrogations, les offenses, le chagrin sans parvenir à complètement ruiner le bonheur, convenu ou singulier, de chacun, ultime défi, ultime protection. Car Romain boit, ment , vole, Romain ne donne  pas de nouvelles pendant huit années et on le retrouve à Paris, dormant sur un carton.

La très bonne idée de l'auteur, c'est d'endosser successivement la place des deux parents et des trois autres enfants pour décrire tour à tour  les quelques jours entourant la naissance de Jeanne, l'une des petites filles, une de ces périodes cruciales où au sein de la joie, les souffrances et les regrets ressortent leurs griffes, en même temps que les liens se renforcent.

Elle adopte un ton presque sec, qui traduit la pudeur, mais qui ne l'empêche pas de donner parole à la douceur, l'intensité de la tendresse comme de la détestation fugitive, et de montrer en quoi une famille peut garder un esprit propre, comme un « esprit de corps » au-delà des divisions. Touchant et déchirant  tout à la fois, c'est un roman  plein d'émotions malgré son économie de moyens.


mots-clés : #addiction #famille #fratrie #pathologie #relationenfantparent
par topocl
le Sam 15 Déc - 17:32
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Pascale Kramer
Réponses: 4
Vues: 544

Sawako ARIYOSHI

Les années du Crépuscule:

Tag pathologie sur Des Choses à lire 411px411

Quatrième de couverture:
Veuf, Shizego est recueilli par son fils et sa belle-fille, Akiko. Celle-ci travaille, élève son enfant et s'occupe activement de son foyer. C'est un dur supplément à ses tâches quotidiennes que représente pour elle ce vieillard en train de sombrer dans la sénilité. Pourtant, malgré les problèmes innombrables, une sorte de lien tendre, un émouvant rapport de mère à l'enfant, va s'établir entre ces deux êtres...


Il est clair que S. Ariyoshi, sensible à la condition féminine au Japon, tourne l'éclairage sur tous les questionnements d'Akiko face à son beau-père.
On est dans les années 60-70, la situation de la femme dans la société est loin d'être reluisante (et ça n'a pas beaucoup évolué au Japon depuis d'ailleurs): une fois mariée, il est normal qu'elle ne travaille pas. Pour celles qui décident de travailler et d'être "indépendantes", certains conflits peuvent naître au sein de la famille mais surtout elles devront assumer toutes les tâches ménagères en plus , l'homme n'y participant pas du tout.
L'autre problème soulevé est l'absence totale de services d'aide aux personnes âgées alors que celles-ci vivent de plus en plus longtemps.
Shigezo (le beau-père) perd la tête, ne reconnaît plus personne sauf son petit-fils et Akiko, fait des fugues.Akiko cherche des solutions autour d'elle pour ne pas laisser son beau-père seul mais s'apercevant qu'il n'y a rien pour l'aider, elle doit se résigner à travailler à mi-temps. Son mari se déresponsabilise complètement du problème, voyant son père devenir sénile, il attrape peur de vieillir et se voile la face en évitant d'aider son épouse.
Alors qu'on suit l'inévitable descente de Shigezo vers la mort, on assiste à la montée inexorable du courage de cette femme qui relèvera tous les défits avec beaucoup d'amour, de patience et accompagnera jusqu'au bout le vieil homme.


mots-clés : #conditionfeminine #famille #pathologie #vieillesse #viequotidienne #mort
par Cliniou
le Ven 23 Nov - 11:43
 
Rechercher dans: Écrivains d'Asie
Sujet: Sawako ARIYOSHI
Réponses: 8
Vues: 1001

Revenir en haut

Page 1 sur 5 1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Sauter vers: