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Cormac McCarthy

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Message par Bédoulène Jeu 24 Juin - 8:22

merci Tristram ! bien tentant

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Message par Tristram Mer 13 Avr - 12:35

Le grand passage

polar - Cormac McCarthy - Page 3 Le_gra11

Dans le sud des États-Unis, à proximité de la frontière mexicaine, Billy Parham, seize ans, son frère Boyd, quatorze ans, et leur père Will tentent de piéger une louve solitaire. Remarquables observations sur la faune sauvage :
« Les éleveurs disaient que les loups traitaient le bétail avec une brutalité dont ils n’usaient pas envers les bêtes fauves. Comme si les vaches avaient éveillé en eux on ne savait quelle fureur. Comme s’ils s’étaient offensés d’on ne savait quelle violation d’un ordre ancien. D’anciens rites. D’anciens protocoles. »

« À la nuit elle descendait dans les plaines des Animas et traquait les antilopes sauvages, les regardant s’enfuir et volter dans la poussière de leur propre passage qui s’élevait du fond du bassin comme une fumée, regardant l’articulation si exactement dessinée de leurs membres et le balancement de leurs têtes et la lente contraction et la lente extension de leur foulée, guettant parmi les bêtes de la harde un signe quelconque lui désignant sa proie. »

« Elle passa près d’une heure à tourner autour du piège triant et répertoriant les diverses odeurs pour les classer dans un ordre chronologique et tenter de reconstituer les événements qui avaient eu lieu ici. »
Elle est finalement capturée par Billy, qui a recueilli les paroles d’un vieux trappeur renommé ; il décide de la ramener au Mexique d’où elle est venue. Péripéties western avec cowboy typiquement impavide, insondable. Il est généralement bien reçu quand il rencontre quelqu’un ; on lui offre un repas et il remercie ponctuellement. Aussi confirmation que l’imaginaire autour du loup est le même partout, y compris au Mexique, dont une esquisse est donnée.
« Ceux qui étaient trop soûls pour continuer à pied bénéficiaient de tous les égards et on leur trouvait une place parmi les bagages dans les charrettes. Comme si un malheur les eût frappés qui pouvait atteindre n’importe qui parmi ceux qui se trouvaient là. »
Billy préfère tuer lui-même la louve recrue dans un combat de chiens.
Puis il erre dans la sierra ; il y rencontre un vieux prêtre « hérétique » qui vit dans les ruines d’un tremblement de terre (le « terremoto » de 1887 ; il y a beaucoup de termes en espagnol/mexicain, et il vaut mieux avoir quelques notions et/ou un dictionnaire).
« Tout ce dont l’œil s’écarte menace de disparaître. »

« Si le monde n’est qu’un récit qui d’autre que le témoin peut lui donner vie ? »

« Alors que penser de cet homme qui prétend que si Dieu l’a sauvé non pas une mais deux fois des décombres de la terre c’est seulement pour produire un témoin qui dépose contre Lui ? »
Billy rentre chez lui, et découvre que ses parents ont été massacrés par deux voleurs de chevaux.
Il repart au Mexique avec Boyd. Les deux sont de très jeunes blonds (güero, güerito), et à ce titre sont généralement considérés avec sympathie ; ils deviendront vite renommés suite à leurs contacts avec alternativement de braves gens et des brigands.
« Une créature venue des plateaux sauvages, une créature surgie du passé. Déguenillée, sale, l’œil et le ventre affamé. Tout à fait inexplicable. En ce personnage incongru ils contemplaient ce qu’ils enviaient le plus au monde et ce qu’ils méprisaient le plus. Si leurs cœurs battaient pour lui, il n’en était pas moins vrai que pour le moindre motif ils auraient aussi bien pu le tuer. »
Ils récupèrent un de leurs chevaux, sauvent une jeune Mexicaine d’une tentative de viol, et l'emmènent avec eux. Ils rejoignent une troupe de saltimbanques, puis reprennent quelques autres chevaux. Boyd est gravement blessé par balle dans une escarmouche avec les voleurs.
Billy fait une autre rencontre d’importance, un aveugle, révolutionnaire victime d'affrontements avec l’armée.
« Il dit que les hommes qui avaient des yeux pouvaient choisir ce qu’ils voulaient voir mais qu’aux aveugles le monde ne se révélait que lorsqu’il avait choisi d’apparaître. Il dit que pour l’aveugle tout était brusquement à portée de main, rien n’annonçait jamais son approche. Origines et destinations devenaient des rumeurs. Se déplacer c’était buter contre le monde. Reste tranquillement assis à ta place et le monde disparaît. »
Boyd disparaît avec la jeune fille, Billy retourne un temps aux États-Unis, où il est refusé dans l’enrôlement de la Seconde Guerre mondiale à cause d’un souffle au cœur. Revenu au Mexique, il apprend que Boyd est mort (ainsi que sa fiancée).
« Le but de toute cérémonie est d’éviter que coule le sang. »
Considérations sur la mort, « la calavera ».
Un gitan, nouvelle rencontre marquante (il s’agit d’un véritable roman d’apprentissage), développe une théorie métaphysique sur la vérité et le mensonge à propos d’un avion de la Première Guerre mondiale qu’il rapporte au père d’un pilote américain.
« Chaque jour est fait de ce qu’il y a eu avant. Le monde lui-même est sans doute surpris de la forme de ce qui survient. Même Dieu peut-être. »

« Les noms des collines et des sierras et des déserts n’existent que sur les cartes. On leur donne des noms de peur de s’égarer en chemin. Mais c’est parce qu’on s’est déjà égaré qu’on leur a donné ces noms. Le monde ne peut pas se perdre. Mais nous, nous le pouvons. Et c’est parce que c’est nous qui leur avons donné ces noms et ces coordonnées qu’ils ne peuvent pas nous sauver. Et qu’ils ne peuvent pas nous aider à retrouver notre chemin. »

« Il dit que pour les gens de la route la réalité des choses avait toujours de l’importance. Il dit que le stratège ne confondait pas ses stratagèmes avec la réalité du monde car alors que deviendrait-il ? Il dit que le menteur devait d’abord savoir la vérité. »

« Il dit : ce que les hommes ne comprennent pas c’est que ce que les morts ont quitté n’est pas le monde lui-même mais seulement l’image du monde dans le cœur des hommes. Il dit qu’on ne peut pas quitter le monde car le monde sous toutes ses formes est éternel de même que toutes les choses qui y sont contenues. »
Intéressantes précisions sur le corrido, ballade épique ou romancée, poésie populaire évoquant l’amour, la politique, l’histoire (voir Wikipédia) :
« Le corrido est l’histoire du pauvre. Il ne reconnaît pas les vérités de l’histoire mais les vérités des hommes. Il raconte l’histoire de cet homme solitaire qui est tous les hommes. Il croit que lorsque deux hommes se rencontrent il peut arriver l’une ou l’autre de deux choses et aucune autre. L’une est un mensonge et l’autre la mort. Ça peut vouloir dire que la mort est la vérité. Oui. Ça veut dire que la mort est la vérité. »
Ce long roman bien documenté, qui m’a beaucoup plu, est avant tout un hymne assez traditionnel et pathétique du mythe fondateur des États-Unis, le poor lonesome cowboy et son existence rude et libre dans l’immense marge des confins.
Style factuel, congru à des personnages taiseux, pas de psychologie abordée mais des descriptions détaillées (équipement du cheval, confection des tortillas, médecin soignant Boyd, etc.) : en adéquation complète avec le contenu du discours.

\Mots-clés : #aventure #fratrie #independance #initiatique #jeunesse #mort #nature #solitude #violence #voyage

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Message par Bédoulène Jeu 14 Avr - 10:10

merci Tristram, je pense que ça pourrait me plaire (hormis le passage où il tue la louve, à voir si c'est Billy qui l'a engagé dans le combat de chiens ? souvenir de Croc-Blanc)

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Message par Tristram Jeu 14 Avr - 20:21

Pas du tout, ce sont des Mexicains, plus ou moins des édiles corrompus, qui lui ont pris la louve pour organiser un combat avec de nombreux chiens !

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Message par Tristram Sam 17 Sep - 14:09

Des villes dans la plaine

polar - Cormac McCarthy - Page 3 Des_vi10

Dans ce troisième tome de la Trilogie des confins nous retrouvons John Grady Cole (De si jolis chevaux) et Billy Parham (Le grand passage), qui travaillent ensemble comme cow-boys dans un ranch au Nouveau-Mexique, à la frontière du Texas et du Mexique (région économiquement défavorisée et que l’armée va réquisitionner). On retrouve aussi les dialogues laconiques de rudes taiseux dans un récit où l’action est lente, et qui détaille les gestes du savoir-faire passionné des chevaux.
John Grady tombe amoureux d’une très jeune prostituée dans un bordel de Juárez (Mexique) : c’est la belle Magdalena, par ailleurs épileptique, aux mains de son proxénète, Eduardo, et de l’alcahuete (entremetteur) de ce dernier, Tiburcio. John Grady va jusqu’à vendre son cheval pour la racheter par l’entremise de Billy, qui rencontre Eduardo ; il rafistole une petite maison d’adobe en ruine dans la montagne.
Les temps changent ; le vieux M. Johnson :
« Au bout d’un moment le vieil homme dit : Le lendemain de mes cinquante ans en mars 1917 je suis allé à cheval jusqu’au puits de Wilde, là où était la maison du ranch dans le temps, et il y avait six loups morts suspendus à la clôture. J’ai longé la clôture en passant la main dans leur fourrure. Je regardais leurs yeux. Un trappeur de l’administration les avait apportés là la veille au soir. On les avait tués avec des appâts empoisonnés. De la strychnine. Ou autre chose. Là-haut dans les Sacramentos. Une semaine plus tard il en a encore apporté quatre. Je n’ai pas entendu de loups dans le pays depuis. Sans doute que c’est une bonne chose. Ils peuvent être terribles pour le bétail. Mais je crois que j’ai toujours été comme qui dirait superstitieux. Je n’étais pas quelqu’un de religieux, certainement pas. Et j’ai toujours pensé qu’une créature peut vivre et mourir mais que la sorte de créature qu’elle était serait toujours là. Je ne savais pas qu’on pouvait tuer ça avec du poison. Voilà plus de trente ans que je n’ai pas entendu le hurlement d’un loup. Je me demande où il faudrait aller pour en entendre un. Il n’existe peut-être plus d’endroit comme ça. »
Impressionnante chasse au lasso des chiens sauvages qui tuent les veaux dans le chaparral.
Considérations sur le Mexique où les gens sont extrêmement accueillants, où on est vite tué.
Un vieux maestro mexicain aveugle (celui de Le grand passage ?) sympathise avec John Grady, lui apprend qu’Eduardo est amoureux de Magdalena, et lui raconte l’histoire d’un mourant qui demanda à son ennemi de devenir le padrino (parrain) de son enfant.
Le plan de John Grady pour l’évasion de Magdalena échoue : elle est égorgée par Tiburcio. John Grady tue Eduardo qu’il a provoqué dans un duel au couteau, et meurt de ses blessures. Billy rapporte son corps aux États-Unis, comme autrefois celui de son frère.
Billy, soixante-dix-huit ans, est devenu un vagabond. Il rencontre un autre vagabond (métaphysicien) qui lui raconte son rêve d’un vagabond se réveillant de son propre rêve dans une sorte de cérémonie sacrificielle antique (et peut-être mésoaméricaine).
« Le narrateur eut un sourire mélancolique comme un homme qui se souvient de son enfance. Ces songes-là nous révèlent aussi le monde, dit-il. Nous nous souvenons à notre réveil des événements dont ils se composent alors que le récit est souvent fugace et difficile à retenir. C’est pourtant le récit qui donne vie au rêve alors que les événements eux-mêmes sont souvent interchangeables. D’un autre côté les événements qui se produisent quand nous sommes éveillés nous sont imposés et le récit est l’axe insoupçonné autour duquel leur trame doit être tissée. Il nous appartient de peser et de trier et d’ordonner ces événements. C’est nous qui les assemblons pour en faire l’histoire que nous sommes nous. Tout homme est le poète de sa propre existence. C’est ainsi qu’il se rattache au monde. Car s’il s’évade du monde qu’il a rêvé cette évasion est à la fois sa punition et sa récompense. […]
Aux heures de veille le désir qui nous pousse à façonner le monde à notre convenance conduit à toutes sortes de paradoxes et de difficultés. Les choses en notre pouvoir sont agitées de profondes turbulences. Mais dans les rêves nous nous trouvons dans cette vaste démocratie du possible et c’est là que nous devenons d’authentiques pèlerins. Que nous allons au-devant de ce que nous devons rencontrer. »

\Mots-clés : #amitié #amour #aventure #mort #nature #violence

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Message par Bédoulène Sam 17 Sep - 17:25

tu penses que la trilogie pourrait me plaire ? je n'ai plus tenté après la Route

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Message par Tristram Sam 17 Sep - 17:48

Ça paraît peut-être quelconque, mais j'ai beaucoup apprécié la lecture de cette trilogie, et je pense que ça devrait te plaire ; tu peux toujours arrêter en route, si décidément cela t'ennuie. C'est un auteur que j'apprécie beaucoup, et j'arrive malheureusement en fin de lecture de ses oeuvres ; La route, Suttree restent mes préférés.

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Message par topocl Dim 18 Sep - 9:38

Tristram a écrit:Ça paraît peut-être quelconque,
Pourquoi tu dis que ça pourrait être quelconque (je ne le connais pas trop non plus)?

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Message par Bédoulène Dim 18 Sep - 10:53

merci Tristram, j'y reviendrai donc

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Message par Tristram Dim 18 Sep - 11:58

Ça paraît être un banal western, c'en est un d'ailleurs, mais la façon dont il est narré, à la fois simplement et originalement, m'a plu ! Il a a aussi la dimension que donnent les épisodes métaphysiques décalés.

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Message par Tristram Sam 8 Avr - 13:25

Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme

polar - Cormac McCarthy - Page 3 Non_ce10

Llewelyn Moss chasse l’antilope dans le désert du Texas près du Mexique quand il découvre la scène d’un massacre, une livraison de drogue qui a mal tourné ; les intervenants sont tous morts, sauf un à l’agonie. Il part avec une sacoche remplie d’argent, comprenant qu’il sera toujours poursuivi – et fait l’erreur de revenir pendant la nuit avec de l’eau pour le mourant (c’est là que j’ai compris avoir déjà lu le livre – ou vu le film) : il est pris à partie par des hommes armés, et parvient à s’enfuir.
Le shérif Bell, un vétéran désemparé devant les nouvelles formes de violence, suit l’enquête, et ses commentaires en apartés sont insérés en italiques.
« Il n’y a rien dans la Constitution du Texas sur les conditions à remplir pour devenir shérif. Pas la moindre disposition. Il n’y a même rien qui ressemble à un règlement au niveau des comtés. Pense à un poste où tu as pratiquement la même autorité que le bon Dieu. Et il n’y a aucune règle qui t’est imposée et tu es chargé de faire respecter des lois qui n’existent pas alors allez me dire si c’est bizarre ou pas. Parce que ça l’est pour moi. Est-ce que ça marche ? Oui. Dans quatre-vingt-dix pour cent des cas. Il faut très peu de chose pour administrer des braves gens. Très peu. Et les gens malhonnêtes de toute façon on ne peut pas les administrer. Ou si on le peut c’est la première nouvelle. »
On suit Moss, qui fuit, et sa femme Carla Jean, qu’il a envoyée chez sa mère à Odessa (en fait sa grand-mère, qui l’a élevée, et se meurt d’un cancer), ainsi que Chigurh, un tueur psychopathe qui laisse beaucoup de morts derrière lui, notamment éliminés avec son pistolet pneumatique d’abattoir… Il y a également d’autres malfrats à la recherche de l’argent, des Mexicains et des États-Uniens, qui embauchent Wells, un tueur connaissant Chigurh, pour abattre ce dernier. C’est un vétéran, comme les autres protagonistes, mais il sera vite tué par Chigurh. Celui-ci et Llewelyn se blessent mutuellement lors d’un nouveau massacre, ce qui n’entame guère leur détermination.
Bell tente d’aider Llewelyn, parce qu’il est de son comté, et qu’il pense qu’à ce titre il est de son devoir de le protéger. Ses méditations donnent leur sens à ce qui reste un formidable thriller, un polar très bien renseigné dans les détails (à ce propos, la traduction mélange chevrotines et balles, fusils et carabines, ce qui est malheureusement courant).
« Voici quelque temps j’ai lu dans le journal que des enseignants sont tombés sur un questionnaire qui avait été envoyé dans les années trente à un certain nombre d’établissements scolaires de tout le pays. Donc ils ont eu entre les mains ce questionnaire sur les problèmes rencontrés par les enseignants dans leur travail. Et ils ont retrouvé les formulaires qui avaient été remplis et renvoyés par des établissements de tout le pays en réponse au questionnaire. Et les plus gros problèmes signalés c’étaient des trucs comme parler en classe et courir dans les couloirs. Mâcher du chewing-gum. Copier en classe. Des trucs du même tabac. Alors les enseignants en question ont pris un formulaire vierge et en ont imprimé un paquet et ont envoyé les formulaires aux mêmes établissements. Quarante ans plus tard. Voici quelques-unes des réponses. Les viols, les incendies volontaires, les meurtres. La drogue. Les suicides. Alors ça m’a fait réfléchir. Parce que la plupart du temps chaque fois que je dis quelque chose sur le monde qui part à vau-l’eau on me regarde avec un sourire en coin et on me dit que je vieillis. Que c’est un des symptômes. Mais ce que je pense à ce sujet c’est que quelqu’un qui ne peut pas voir la différence entre violer et assassiner des gens et mâcher du chewing-gum a un problème autrement plus grave que le problème que j’ai moi. C’est pas tellement long non plus quarante ans. Peut-être que les quarante prochaines années sortiront certains de leur anesthésie. Si c’est pas trop tard. »
L’action est rapide, exactement rendue par le style factuel, efficace, à l’os, y compris pour les dialogues.
« Il la regarde. Au bout d’un moment il dit : Le problème c’est pas de savoir où on est. Le problème, c’est qu’on croit qu’on y est arrivé sans rien emporter avec soi. Cette idée que t’as de repartir à zéro. Que tout le monde a. On repart pas à zéro. C’est ça le problème. Chaque chose que tu fais tu la fais pour toujours. Tu ne peux pas l’effacer. Rien de ce que tu fais. Tu comprends ce que je veux dire ? »
Chigurh abat finalement Llewelyn, puis Carla Jean, et disparaît après avoir été blessé dans un accident de la circulation (et avoir rendu l’argent au trafiquant). Lors de son dernier meurtre (connu), il parle d’une sorte de déterminisme de l’existence à partir des choix personnels, qui l’obligerai à suivre sa règle implacable, une manière d’éthique professionnelle du tueur.
« Comment venir à bout de quelque chose dont on refuse d’admettre l’existence. »
Bell visite son oncle Ellis, « le vieil homme », et ils ont une conversation qui rappelle Au cœur des ténèbres, portant sur la difficulté à trouver et admettre un sens à l’existence. Fortement imprégnée de leur croyance enracinée en « le bon Dieu » (et le mal), il y est (de nouveau) question de devoir envers les morts, et ils s’inquiètent pour le futur de la société nord-américaine. Bell, qui a décidé de démissionner, confie comme il considère avoir failli en se repliant pendant la guerre, submergé par les Allemands, abandonnant ses hommes morts ou mourants.
« Mais quand tu vas au combat tu prêtes serment sur le sang de veiller sur les hommes qui sont avec toi et je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas fait. Je le voulais. Quand on a une mission comme celle-là on doit accepter qu’il faudra vivre avec les conséquences. Mais on ne sait pas ce que seront les conséquences. Au bout du compte on prend à sa charge un tas de choses auxquelles on n’était pas préparé. Si je devais mourir là-bas en faisant ce que j’avais donné ma parole de faire eh bien c’est ce que j’aurais dû faire. Tu peux tourner les choses de la manière que tu voudras mais c’est comme ça. C’est ce que j’aurais dû faire et que je n’ai pas fait. Et il y a une part de moi qui a toujours souhaité pouvoir revenir en arrière. Et je ne peux pas. Je ne savais pas qu’on pouvait voler sa propre vie. Et je ne savais pas que ça ne rapportait pas plus gros que n’importe quoi d’autre qu’on pourrait voler. Je crois que j’ai mené ma vie le mieux que je pouvais mais ce n’était quand même pas la mienne. Ça ne l’a jamais été. »

« Je crois que je sais où on va. On nous achète avec notre propre argent. Et ce n’est pas seulement la drogue. Il y a par ici des fortunes en train de s’accumuler dont personne n’a la moindre idée. Qu’est-ce qu’on imagine qui va sortir de cet argent ? »

\Mots-clés : #criminalite #polar #social #thriller #vieillesse #violence #xxesiecle

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Message par Bédoulène Dim 9 Avr - 20:27

j'ai reconnu desuite le film !

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Message par Dreep Mer 14 Juin - 12:46

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C'est la première fois que j'annonce le décès d'une personnalité. Cormac McCarthy s'est éteint hier, le 13 juin 2023.
C'est un romancier que je trouve vraiment très intéressant depuis ma découverte de Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, lu il y a quinze ans, un peu après avoir vu le film des frères Coen qui venait de sortir. C'est surtout Suttree que je mets au-dessus des autres livres que j'ai lu de lui (notamment au-dessus de Méridien de sang).
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Message par Plume Mer 14 Juin - 17:02

Bonjour Dreep,

Je ne l'ai pas lu...
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Message par ArenSor Mer 14 Juin - 18:38

Pas lu, seulement connu par le film des frères Coen " No country for old men", mais je n'en ai entendu que du bien.
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Message par Avadoro Mer 14 Juin - 23:35

Je garde aussi un meilleur souvenir de Suttree, parmi ce que je l'ai lu de lui. Une écriture sèche, puissante, évocatrice, même si me laissant parfois à distance. Mais c'est une oeuvre que je souhaite redécouvrir et approfondir.
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Message par Bédoulène Jeu 15 Juin - 9:29

je n'ai lu que la route je pense


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“Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal.”
― Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia



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Message par Tristram Sam 21 Oct - 17:12

Le Passager

polar - Cormac McCarthy - Page 3 Le_pas10

Robert (Bobby Boy) Western, plongeur en eaux profondes, explore un avion récemment englouti, dont on apprendra qu’il y manque un passager (et la boîte noire). On apprendra encore, par petites scènes juxtaposées, qu’il était amoureux de sa sœur, Alicia, schizophrène qui s’est pendue (première scène du roman), que ce fut aussi un physicien quantique, et un coureur de Formule 1 passionné de mécanique automobile ; il dialogue avec beaucoup de personnages hauts en couleur (comme le détective Kline ou son ami l'escroc Sheddan, ou encore Alice, une transsexuelle) ; il demeure perpétuellement indécis, et en deuil.
« Le deuil est l’étoffe même de la vie. Une vie sans deuil n’est pas une vie. Mais le regret est une prison. Une part de toi-même qui t’est infiniment précieuse demeure à jamais empalée à un carrefour que tu ne peux ni retrouver ni oublier. »

« Je crois que les gens regrettent ce qu’ils n’ont pas fait plus que ce qu’ils ont fait. Je crois que tout le monde laisse des occasions manquées. »

« Parce que la beauté a le pouvoir d’engendrer un deuil hors de portée des autres tragédies. La perte d’une vraie beauté peut mettre à genoux une nation entière. Rien d’autre n’en est capable. »
Sheddan :
« Dans une société juste je serais remisé quelque part. Mais bien sûr la vraie menace pour le transgresseur ce n’est pas la société juste mais la société décadente. C’est là qu’il se découvre de moins en moins distinct de la communauté. Il se retrouve coopté. Il est difficile de nos jours d’être un roué ou un coquin. Un libertin. Un déviant ? Un pervers ? Vous plaisantez, j’espère. Les indulgences nouvelles ont pratiquement éliminé ces catégories de la langue. On ne peut plus être une femme de mauvaise vie. À titre d’exemple. Une gourgandine. Le concept même n’a plus de sens. On ne peut même plus être un drogué. Au mieux on est un consommateur. Un consommateur ? Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? En une poignée d’années on est passé d’opiomanes à consommateurs. Pas besoin d’être Nostradamus pour voir vers quoi on s’achemine. Les plus haïssables des criminels réclameront un statut. Les tueurs en série et les cannibales revendiqueront le droit à leur mode de vie. Et comme tout le monde j’essaie de me situer dans cette ménagerie. Sans les malfaisants le monde des vertueux est dépouillé de toute signification. »
Kline :
« On pourrait croire que des numéros et des empreintes digitales vous donnent une identité spécifique. Mais bientôt la seule identité spécifique possible ce sera de n’en avoir aucune. La vérité, c’est que tout le monde est en état d’arrestation. Ou ne tardera pas à l’être. Ils n’ont pas besoin de restreindre votre liberté de mouvement. Il leur suffit de savoir où vous êtes. »
Simultanément, on suit Alicia, une brillante mathématicienne, oreille absolue et synesthète à la mémoire apparemment aussi absolue, en prise aux visites hallucinatoires du Kid, une sorte de Monsieur Loyal rabougri, avec des nageoires et des compagnons de cirque mêmement grotesques, les « hortes » (de "cohorte"), ou encore de celles de Miss Vivian, une vieille femme excentrique qui pleure sur le sort des bébés…
Leur père, un réfugié juif aux États-Unis, était un physicien atomiste qui a travaillé à la bombe et dont les notes ont été récemment dérobées.
Oiler, le coéquipier de Bob de la fameuse plongée, meurt en mer. Le logement de Bobby est fouillé ; il est interrogé, apparemment par des agents gouvernementaux ; ses biens sont mis sous séquestre par le fisc, peut-être à cause de sa fortune sans provenance officielle (legs en nature de leur grand’mère ; Alicia a acheté pour sa part un violon ancien exceptionnel). Il se retire à l’écart de la société, est visité par le Kid, l’hallucination de sa sœur, qui lui dit que celle-ci ne correspondait à aucun modèle, et fuit finalement jusqu’aux Baléares.
« L’un des problèmes de la mécanique quantique réside forcément dans la difficulté à admettre le simple fait qu’il n’existe pas d’information en soi, qui serait indépendante du dispositif nécessaire à sa perception. Il n’y avait pas de voûte étoilée avant qu’apparaisse le premier être doté des organes sensoriels lui permettant de la contempler. »

« Rien n’est quelque chose tant qu’il n’y a pas autre chose. »

« Comment être sûr que le cri de la mésange noire dans les fougères n’est pas en fait la plainte des damnés ? Le monde est un endroit trompeur. Beaucoup de choses qu’on voit ne sont plus vraiment là. Rien qu’une persistance au fond de l’œil. Si j’ose dire. »

« Quelle que soit l’ampleur de tes doutes sur la nature du monde tu ne peux pas imaginer un autre monde sans imaginer un autre toi. Il est même fort possible que chacun démarre comme un prototype mais qu’ensuite la plupart des gens guérissent de leur unicité. »

« Tu sais que tu pourrais peut-être envisager toi aussi un petit séjour au club des fêlés. En ce qui me concerne j’ai [Sheddan] trouvé ça salutaire. De faire un break. Par ailleurs il semble bien qu’en cas d’internement volontaire – par opposition à forcé – on jouisse de certains privilèges. Comme de pouvoir ressortir quand on veut.
Je garderai ça en tête.
Ça a élargi mes horizons, Messire. Pas de doute là-dessus. Ce que j’ai découvert de plus étonnant, c’est que les déséquilibrés jouissent d’une certaine marge de liberté individuelle qui va en s’amenuisant dans le monde du tout-venant. »

« Tout le bien du monde ne suffit pas à effacer une catastrophe. Seule une pire catastrophe parvient à l’effacer. »
On retrouve la caractéristique description détaillée de l’enchaînement des gestes les plus banals des personnages, comme une marque de fabrique du style de McCarthy :
« Il y avait un lit dans l’une des pièces du bas et il retira le matelas et le traîna dans la cuisine et il posa sur le sol de linoléum une vieille lampe à pétrole Eagle et la remplit d’essence extraite d’un jerrican qu’il avait trouvé dans le débarras et il alluma la lampe et remit le verre en place et baissa la flamme et s’assit à côté. »
Mélancolie et pessimisme (McCarthy évoque souvent les ténèbres, comme dans ces abysses où erre Bobby au début) baignent ces réflexions métaphysiques, aussi approfondies en technique (mécanique, etc.), en mathématique et physique, où est même développée une explication de l’assassinat de JFK.
Ce roman m’a ramentu ceux de Thomas Pynchon, Roberto Bolaño, et même L’Homme sans qualités de Robert Musil (?). Et il est suivi par son pendant, Stella Maris.

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Message par Bédoulène Sam 21 Oct - 19:47

me parait bien complexe (?)

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Message par Tristram Sam 21 Oct - 19:54

C'est surtout complexe d'en rendre compte _ surtout avant la lecture de Stella Maris, dont je devrais parler demain.

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