Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Jeu 24 Sep - 23:19

132 résultats trouvés pour humour

Jean Rolin

La frontière belge.

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Proxy_44


j'ai lu ça dans la soirée hier, j'ai trouvé ça drôle, loufoque, truculent. Une bande vauriens-vauriennes foldingues, sordides et poétiques, en territoire du Nord, racontée d'un ton hyper-sérieux par un Jean Rolin imperturbable dans ses subjonctifs habilement parsemés. Pas la lecture impérissable, mais sympa, joyeux, léger. Tellement pas impérissable que, après lecture, je retrouve un commentaire écrit en 2015, sur ce bouquin totalement oublié, à part cette phrase, que j’avais citée à l'époque et qui a remué en moi quelque chose dans les strates tortueuses de la mémoire, parfait reflet du côté pince-sans-rire de l'auteur:
Je n'aime pas les poissons : on voit trop, chez eux, comment le corps ne sert en fin de compte qu'à réunir la bouche et le trou du cul.

C'est très ancré dans le territoire, et comme j'en reviens, cet aspect m'a bien plu.
En fait j'ai beaucoup mieux aimé qu'à l'époque. Est-ce que je vieillis ou est-ce que je suis rattrapée par l'esprit d'enfance (ce qui, au final, n'est qu'une seule et même chose)?


mots-clés : #absurde #aventure #humour #lieu
par topocl
le Ven 10 Aoû - 8:40
 
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Sujet: Jean Rolin
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Richard Jorif

Le Navire Argo

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Le_nav10

Frédéric Mops, une sorte d’enfant sauvage, découvre Paris, les femmes et les livres, les mots : Rousseau, Littré (tenir ce dictionnaire à portée de main est un must). C’est notamment un prétexte à savourer les archaïsmes de la langue avec une dilection un peu artificielle, mais originale : c’est « rafraîchissant » dans son étrangeté, fort travaillé, mais un peu emprunté, et l’auteur y transparaît peut-être un peu trop ?
« Tu n’es pas de ceux qui parlent, tu es de ceux qui écrivent. »

Pour celles et ceux que le sujet intéressait, voir https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00735659
Aussi occasion de s’auto-citer :
« Pourquoi faut-il qu’on se souvienne
au fil des fleuves sans aveu ? »

Ayant commis son Tombeau de Littré, traqué la vie privée et les avis personnels du lexicologue dans les exemples et les citations illustrant ses définitions, Frédéric jette ses propres commentaires dans son « debribus » (joli néologisme, pour une fois). Frédéric (et Richard) témoignent également des évènements du printemps 68, de la destruction des halles et de l’édification du centre Beaubourg :
« Il s'en fallait que l'entreprise de subversion du lutin frondeur [Daniel Cohn-Bendit] recueillît l’adhésion du grand public. Toutes ces furieuses embrassades avec les policiers n’avaient d’autre fin que d’évincer les citoyens des problèmes brûlants. Tandis que de prétendus étudiants s’amusaient à la moutarde, l’équipe de France de tennis se faisait piétiner par les Anglais, et le boxeur Jean Josselin volait en éclats sous les coups d’un Italien sûr de lui, et dominateur. Que pesaient quelques échauffourées au prix de ces désillusions ? »

J’ai souvent pensé à Queneau en lisant ce roman un peu foutraque ‒ aussi à Vian. On reconnaît évidemment l'influence de Rabelais dans les listes et les descriptions d’empoignades soixante-huitardes.
« ‒ […] Le public n’est plus habitué aux excès de vocabulaire.
‒ Je sais. Il lui faut du "naturel", de la sobriété, sujet, verbe, complément, bref un style de circulaire, quelques adverbes en -ment, quelques expressions figées, et une grande liberté de ton : "Il s’éveilla frais et dispos et, sans un mot, encula Marie-Véronique." »

« ‒ Notre mémoire nous surprend comme une voleuse. Et il me déplaît d’être surpris par mes souvenirs, par toutes ces choses d’une vie engloutie qu’un rien ramène à la surface. On dirait que la mémoire profite de nos moments d’inattention, ou pis encore, de notre agonie, pour nous renvoyer à ce qui n’est plus nous, au machinal de la vie… »

« ‒ […] Mais que faites-vous de ce vocabulaire ?
‒ Je le disperse. »

« Je vous vois sans désir si l’on excepte votre goût des mots, qui est une passion morte. »

La fin de l'ouvrage renvoie au second volume de la trilogie : je vais donc lire Le burelain, et vous en rendre compte.

mots-clés : #humour #initiatique
par Tristram
le Mer 25 Juil - 20:52
 
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Sujet: Richard Jorif
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Marcel Aymé

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Tete0410

La tête des autres

Je continue ma découverte d'Aymé, cette fois par cette pièce de théâtre dénichée à Emmaüs.
Sa lecture, aisée, assez prenante, a été rapide. C'est par un premier acte bien cynique que l'auteur plante le décor de cette mordante critique écrite en 1952. Des procureurs se congratulent d'avoir obtenu la peine de mort pour un accusé dont on doute pourtant peut être de la culpabilité. S'ensuit de véritables rebondissements vaudevillesques et mafieux qui en une sorte de spirale n'auront de cesse de démontrer la noirceur des intérêts individuels.
Mon père me signale que cette pièce est truffée d'allusions d'époque, certains personnages font référence à des personnalités au passé trouble, ça a été un scandale lors de sa création.
De mon point de vue moins averti, je reste marquée par un truc qu'Aymé distille tout du long, une espèce de démonstration du pouvoir de la communication : les personnages, tous "ennemis" les uns des autres, trouvent sans cesse moyen de communiquer, voir de laisser filer la rancoeur, sans être dupes pour autant des malveillances, une espèce de tableau de la loi de la jungle individualiste, où la communication primerait pourtant, supplantant l'appareil judiciaire, lui totalement vérolé.
Corrosif.
Malgré toutes les critiques qu'il avait adressées à la justice, il s'est trouvé, en 1961, un conseiller
à la Cour d'Aix-en-Provence pour solliciter et obtenir une contribution de Marcel Aymé à une
réflexion sur l'art de juger. (Michel Lécureur, Président de la Société des Amis de Marcel Aymé)
:
« Cher Monsieur,
Je suis très touché de votre bienveillante insistance, mais je me sens peu qualifié pour dire sur le
sujet dont vous êtes occupé rien qui puisse intéresser des Juges. Je n'ai pas fait d'études de droit
et je n'ai jamais eu de procès.
Pourtant, à deux reprises dans ma vie, mon attention a été fixée sur la Justice de mon pays et
sur son appareil : la première fois, alors qu'étant collégien, je faisais l'école buissonnière, je
fréquentais, les jours de grand froid, le Tribunal correctionnel dont l'audience était chauffée. À
cette époque, en 1916, la Justice était une Justice de classe (il semble qu'elle le soit encore,
quoique avec précaution). J'ai été profondément remué et scandalisé par la dureté et la
grossièreté avec lesquelles les Juges traitaient les gens pauvres. La deuxième fois, ce fut à la
Libération, le spectacle sans précédent en France, d'une Justice d'exception acharnée à la
vengeance, et à laquelle une magistrature craintive n'a pas ménagé son concours. Comme tout le
monde, j'ai été également au courant des nombreux scandales où la Justice s'est gardée
d'intervenir, sinon de venir en aide aux concussionnaires. Voilà qui n'est pas fait pour donner
une idée rassurante de ce qu'est devenue, en France, la plus haute des fonctions. Certes, des
Juges peuvent se sentir à l'aise dans une recherche consciencieuse du verdict, lorsqu'il s'agit de
l'assassinat d'une rentière ou de l'attaque d'un coffre-fort. Mais est-ce là tout l'exercice de la
Justice ?
Les profanes de mon espèce attendent des Juges qu'ils aient le courage de poursuivre le crime et
le délit sans égard à l'argent ni au pouvoir. Il leur semble que si la Justice consent à se laisser
entamer dans ses positions les plus avancées, elle n'est plus la Justice et qu'un Juge ne peut
avoir bonne conscience, même en face d'un criminel de droit commun. Je souhaite que, dans
votre discours d'ouverture, vous mettiez en garde la magistrature contre l'indifférence et la
légèreté, bien sûr, mais d'abord contre toute espèce de complaisance. Et je souhaite que vous
soyez entendu ! »

Marcel Aymé



mots-clés : #humour #justice #théâtre
par Nadine
le Dim 22 Juil - 19:19
 
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Sujet: Marcel Aymé
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Irmgard Keun

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Irmgar10

Après minuit

J'ai lu Après Minuit, et c'est un très bon livre.
En plus c' est un témoignage sur le vif de l'atmosphère en Allemagne
en 1936. Plus précisément à Francofort.
Un peuple dopé, hypnotisé et sous influence. Il fallait avoir de la lucidité pour s'en rendre compte et prendre peur et avoir envie de partir.
Elle n'avait que 18 ans pourtant Irmgard Keun à l'époque.
Bergman a traversé le pays à cette époque et a été saisi par cette atmosphère à la fois fascinante, empoisonnée et morbide.
Il en parle dans Laterna magica.


Mots-clés : #humour #regimeautoritaire
par bix_229
le Mar 1 Mai - 16:24
 
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Kenneth Cook

Le Koala tueur et autres histoires du bush

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 6424_310
Recueil de nouvelles autobiographiques venant de ce journaliste amoureux de son pays manifestement mais réaliste sur tout ce qu'il contient de bizarreries.
Truculent est le terme le plus adéquat pour définir l'atmosphère du livre dont les histoires sont placées sous un second degré et une causticité très drôles et très agréables.
Dépaysant, frais, bien écrit, drôle, il ne postule pas à la pléiade mais nous divertit et on passe un super moment ce qui est bien le plus important.
Très belle découverte et belle entrée en matière dans la découverte de cet auteur qui ne demande qu'à être répétée.



mots-clés : #autobiographie #humour #nouvelle
par Hanta
le Mar 1 Mai - 10:15
 
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Nicolas Fargues

Rade Terminus

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 511qbp10


Rade Terminus est un livre qui parle des expatriés français à Madagascar avec une certaine ironie.

Des couples, des célibataires se préparent d’abord à partir. Ils feront connaissance là-bas, à Diégo-Suarez. Et se préparer pour partir ce n’est pas forcément de la tarte !

Les personnages, qui vont se croiser à Diégo-Suarez, qui n’est autre que la ville d’Antsiranana, sont plutôt caricaturaux, comme Philippe par exemple, qui travaille pour l’association humanitaire Écoute et Partage, une ONG, et qui souffre de ses TOCs. Que ce soit dans le comique – Amaury recruté en France par Philippe pour le seconder – ou dans le dramatique (Phidélyce qui a vraiment baisé la gueule à Maurice qui a tout quitté pour elle).

« À 65 kilomètres d’Ambanja, sans prévenir, Dieu lui donna l’ordre de pousser à 150 kilomètres à l'heure, juste pour voir : “Tu atteins 150 et puis tu redescends, d’accord ?”
– Ah non ! Arrête Dieu ! Ne me fais pas jouer avec le feu sur ce coup-là ! Faut pas déconner, là ! Je suis en bagnole, là, c’est dangereux, tu peux pas me forcer !
Dieu affecta cet air attristé qui cachait une vexation sans appel.
– Bon bon, O.K., O.K. Mais après on arrête, hein ? »


Voilà pour le TOC qui nous amuse et nous inquiète !

La description de la vie des personnages en exil, on sent que c’est du vécu ! parce que Nicolas Fargues a été le directeur de l’Alliance française de Diégo-Suarez à Madagascar, il a dû en voir passer, des expat’s !!! Le ton employé est plein d’humour, il se moque beaucoup de ses personnages (l’air de rien comme ça, un peu pince-sans-rire !).

Les Malgaches en prennent aussi pour leur grade ! Il les a bien connus et nous en décrit le portrait et les caractéristiques, selon leur origine, côtiers ou des hauts plateaux, c’est pas pareil ! Et quand un Malgache vient en France, c’est tragi-comique !

« Les Français, je leur faisais peur dans le métro parce qu’ils me prenaient pour un Arabe. Les Arabes de la cité où je dormais, eux, ils m’agressaient parce que je mangeais du porc. J’avais beau leur dire que j’étais malgache d’origine indienne mais malgache, Madagascar ils avaient jamais entendu parler, ils voulaient savoir et me traitaient de traître ! Pire encore avec les Indiens ! Je parlais pas tamoul, j’allais pas à la mosquée, ils me traitaient de Français ! »


– Tu sais, ici, toutes les filles vont voir le sorcier pour se marier avec un vazaha [un Français]. J’ai jamais vu une ville où de dix à quarante-cinq ans, la recherche du Blanc est aussi ancrée dans les esprits et, surtout aussi généralisée chez les femmes. Je ne connais pas une seule nana ici qui dirait non à un vazaha, même pas spécialement friqué. Je n’exagère pas, pas une ! »


J’ai apprécié de lire ce petit livre, plutôt drôle, et plutôt à lire en été sur une chaise longue, ou dans l’avion, ou dans l’aérogare ! (mais ce n’est pas un roman de gare !)


mots-clés : #exil #humour #lieu
par Barcarole
le Ven 6 Avr - 9:17
 
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Sujet: Nicolas Fargues
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Julio Cortázar

Cronopes et Fameux

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Cronop10

Recueil de courts récits regroupés en quatre parties : "Manuel d'instructions" (loufoques), "Occupations bizarres" (d’une famille assez déjantée), "Matière plastique" (la souplesse est une qualité récurrente) et "Histoires de Cronopes et de Fameux".
Depuis Platon, nous distinguons deux types d’hommes, sans oublier le troisième ; nous avons donc les Cronopes et les Fameux ‒ ainsi que les Espérances :

« Les Espérances, sédentaires, se laissent voyager par les choses et les gens, elles sont comme les statues qu’il faut aller voir puisqu’elles ne se dérangent pas. »
Julio Cortázar, « Voyages », in « Histoires de Cronopes et de Fameux », in « Cronopes et Fameux »


Essayer de décrire ces brefs aperçus serait aussi compendieux qu’ils sont lapidaires : il vous sera beaucoup plus vite fait de les lire. Indescriptibles, ils font penser aux Surréalistes, à Vian, à Michaux surtout ; c’est aussi du ressort de l’absurde, avec beaucoup d’humour, et de poésie. Pire, plus on s’avance dans le livre, plus c’est jubilatoire.
Les moralités éventuellement à tirer de ces sortes de contes seraient du domaine du ludique ou de l’illusoire ‒ encore que : les rigides et les légers ? les cigales et les fourmis ? les prosaïques et les poètes ? Sans oublier le troisième type...
Si j’aime ? c’est le genre d’histoires auquel je suis particulièrement sensible.

Assez inclassable ; je verrais à la rigueur l’hashtag Nouvelle ‒ voire Fantastique.

Je recommande également l’incontournable Marelle, mais aussi Le livre de Manuel, et ses nouvelles.


mots-clés : #fantastique #humour #nouvelle
par Tristram
le Mar 3 Avr - 13:50
 
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Julie Wolkenstein

Les vacances
Prix des Deux magots

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 -212

Paul, jeune thésard travaillant sur Eric Rohmer, et Sophie, universitaire retraitée spécialisée dans la Comtesse de Ségur se retrouvent par hasard à l'Institut des Mémoires de l'Edition Contemporaine de Caen pour consulter les archives relatives  au premier long-métrage de Rohmer, Les petites filles modèles, film jamais fini, disparu, méconnu… Entre recherches Google, rencontres éclairantes et pauses-cigarettes, chacun va approfondir sa connaissance de lui-même, où les liens avec leur travail émergent les uns après les autres.

C'est un livre tendre, léger et ludique, qui ne se prend absolument pas au sérieux. A travers cette recherche désespérée de points de détails sans intérêts, les deux héros arrivent finalement à l’essentiel : eux-mêmes, dans une accumulation d’observations loufoques, de détails quotidiens magnifiés, et de coïncidences astucieusement multipliées. Ce sont de vrais personnes , avec leurs incohérences, pas des héros de roman tout d'un bloc et cela les rend réellement proches du lecteur.
Un bon moment plein d'humour et de subtilité.


mots-clés : #humour #identite
par topocl
le Lun 19 Mar - 9:59
 
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Sergueï Dovlatov

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 41t6ep10

Le Domaine Pouchkine


aussi publié comme "La Reserve"

Originale : Заповедник (Russe, 1983)

CONTENU :
Boris prend le bus de Leningrad vers Pskov, où se trouve le grand mémorial de Pouchkine, la domaine de ses parents où le poète a vécu et où on a construit plus tard un musée. C'est là que notre héros se présente en vue de devenir guide à travers la domaine. Il fait cela avec une certaine nonchalance typique pour lui et on l'embauche. Sans grandes ressources, il trouvera un abri assez modeste, voir sale, chez un alcoolique du lieu. Peu à peu il fait connaissance des lieux et va faire ses premiers tours guidés après quelques jours d'apprentissage. Pendant ce temps, sa femme Tania réfléchit à la maison, si elle va émigrer avec leur fille. Elle va venir rendre visite à Boris...

REMARQUES :
Malgré un changement de nom, on trouver sans difficultés chez le narrateur des concordances avec la biographie et le caractère de Dovlatov lui-même. Beaucoup de ses livres partent de ce matériel autobiographique. Mais il le transforme (à quel point?) et sait raconter ses évènements de sa vie avec humour, un savoir pour utiliser la langue. Ainsi on ne passera pas beaucoup de paragraphes sans rire ou sourire. L'auteur souligne et transforme encore les situations les plus absurdes et grotesques. Mais il est possible que pour certains un tel approche ne passe pas : l'alcool omniprésent (comme chez beaucoup de Russes), son amour inconsidéré pour (toutes?) les femmes.

Évidemment on ne se passe pas dans un livre d'un intellectuel russe de pas mal de références de toutes sortes, surtout littéraires. Naturellement un livre, jouant en grande partie sur le « Domaine Pouchkine » va parler de ce grand auteur et poète russe génial, considéré comme un monument national.
A coté de cela nous trouvons aussi d'autres descriptions de caractères bizarres, de vrais originaux.

Concernant la langue, on ne peut que deviner par la traduction (et les commentaires intéressants d'introduction par un ami dans la version française!) l'originalité et la pointillesse de Dovlatov.

Donc, ma deuxième lecture de cet auteur, et une invitation, de continuer dans la découverte !


mots-clés : #autobiographie #creationartistique #humour
par tom léo
le Dim 18 Mar - 16:27
 
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Sujet: Sergueï Dovlatov
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Antonio Skármeta

Une ardente patience

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Image109

C'est un petit livre tout à la fois charmant et grave, un conte moderne, qui, sous une approche poétique, facétieuse, dresse le portrait politique du Chili au  XXème siècle à travers la figure emblématique de Pablo Neruda.

Celui-ci s'est retiré à l'ïle Noire avec Matilde Urrutia, l'amour de sa vie, pour se consacrer au calme à la littérature. Mario, le jeune, facteur qui lui porte chaque jour des dizaines de lettres, arrive à l'approcher et dans sa naïveté sympathique, devient un ami  qui le relie au monde extérieur. Mario commence par apprendre ce qu'est une métaphore, vole quelques vers au Maître pour séduire sa belle, puis se met peu à peu à écrire ses propres vers. Tout le texte devient peu à peu une métaphore géante, dans un mécanise ingénieux et aérien.

Même si le monde est bien décidé à rattraper Neruda, envoyé par Allende en ambassade à Berlin, puis revenant mourir au moment du putsch, le livre reste d'une douceur amicale et plaisante. Les connaisseurs de Neruda y prendront sans doute un plaisir décuplé, car on se doute bien que le texte est truffé d'allusions, hommages et références à l’œuvre du poète.

mots-clés : #amitié #biographie #historique #humour
par topocl
le Sam 10 Mar - 10:13
 
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Sujet: Antonio Skármeta
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Jonas Jonasson

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Cvt_le10

Alors que tous dans la maison de retraite s’apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au cœur de l’histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences ! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d’un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s’est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d’événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao...


Mon avis
J'ai beaucoup aimé le début, tout un décalage : un centenaire qui doit fêter son anniversaire dans une maison de retraite alors qu'il a vécu tellement de choses au cours de sa vie. Décalage aussi au niveau de l'écriture, j'en ai beaucoup rigolé.
Nous avons le récit de sa vie "ancienne" en parallèle de sa vie actuelle, ce qui aide à comprendre la réaction de ce vieux.
J'ai trouvé dommage que les passages de sa vie antérieures soient de plus en plus longs. Je voulais savoir ce que pouvait faire un centenaire en partant de sa maison de retraite mais j'ai eu l'impression surtout de lire son passé. Ce décalage qui me plaisait a fini par être lourd, ce qui pouvait être ironique devenait lourd aussi. C'était un peu trop pour moi, ce "vieux" a survécu à toutes les guerres, a rencontré tous les dirigeants du monde, ça a fait un peu "flouf" au bout d'un moment.

mots-clés : #humour #vieillesse
par oceanelys
le Dim 4 Fév - 20:06
 
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Sujet: Jonas Jonasson
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Mark Twain

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Le journal d'Ève......Le journal d'Adam

Des petits textes très courts. Le premier étant “Le journal d’Adam”, qui est bien structuré avec un début une fin et une continuité dans le récit. Adam est très bien au paradis. Il vit nu, mange des fruits, vit avec des tigres végétalistes. Et une créature apparait, Eve. Et elle est pénible. Elle parle trop, elle veut tout comprendre, elle le suit partout, elle donne des noms à tout. Pour dire, elle a inventé le mot “nous”. Il la fuit et se dit qu’elle ne lui apportera que des ennuis. Et en effet elle mange des fruits défendus et  ils perdent le paradis. Les animaux s’entretuent pour survivre. Et d’autres créatures apparaissent Caïn et Abel. Au début Adam ne sait pas ce qu’ils sont. Des sortes de poissons? Des Ours sans poils? En tous cas, ils font beaucoup de bruits. Adam finit par s’attacher à Eve, l’interdépendance est nécessaire dans ce monde dans lequel il faut se battre pour survivre.

Le journal d’Eve est plus morcelé. Il commence comme le journal d’Adam et puis change. Il y a une partie où Eve raconte les expériences que Adam et Eve, donc font pour comprendre le monde. Et on comprend que Eve a beaucoup de tolérence pour Adam qui ne comprend pas grand-chose et s’intéresse à des choses bien inintéressantes, mais qui est là constant et fort. Eve se demande pourquoi elle aime cet homme qui semble bien médiocre sur certains plans, mais elle l’aime. Et elle l’a aimé tout de suite, quitte à interpréter ses signes de fuites autrement. Eve a eu le coup de foudre et n’aime pas être seule. Mais Eve est entreprenante et ose tout. Bref deux petits livres amusants.

Je mettrai quelques extraits plus tard.....


Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Tissot10

James Tissot

mots-clés : #contemythe #humour #xixesiecle
par Pia
le Sam 20 Jan - 16:58
 
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Daniel Pennac

Le cas Malaussène, I, Ils m’ont menti

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Retrouvé avec plaisir les personnages de la saga Malaussène, et la contagieuse empathie de leur auteur. Pour ceux qui en ont oubliés, des astérisques renvoient à un lexique en fin d'ouvrage : procédé un peu lourd, mais peut-être pas totalement inutile. Ces "caractères" m'ont rappelé ceux de Fred Vargas par leur pittoresque, leur originalité et la sensibilité à les camper.
Sans que ce soit du tout exceptionnel de nos jours, il y a beaucoup d'auto-références, et de références à la littérature et à l'écriture (cela évoque Jasper Fforde, un univers tout à fait personnel, aussi dans une série à épisodes) ; d'autre part, le livre se présente, au moins partiellement, comme une énigme policière : tout cela n'est pas fait pour me déplaire :
« …] tout enquêteur bosse comme un romancier. Il cherche la cohérence. »

On y trouve aussi nombre de réflexions pertinences, notamment sur l'actualité, sur notre société, et parfois assez acerbes.
« En période de grande lâcheté on fusille les joyeux intrépides. »

mots-clés : #famille #humour #polar
par Tristram
le Dim 14 Jan - 23:55
 
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Sujet: Daniel Pennac
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Gilbert-Keith Chesterton

La sphère et la croix
Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 51zjoa10

Titre original: The ball and the cross. Roman, 300 pages environ, 20 chapitres.

Les intitulés des chapitres sont vraiment évocateurs, allez, pour la joie de les poser là:
Spoiler:

– Une discussion un peu en l’air
– La religion du juge
– Antiquités
– Une discussion à l’aube
– Le pacifiste
– L’autre philosophe
– Le village de Grassley-in-the-Hole
– Un intermède
– La dame étrange
– Une passe d’armes
– Un scandale au village
– L’île déserte
– Le jardin de la paix
– Un musée d’âmes
– Le rêve de MacIan
– Le rêve de Turnbull
– L’idiot
– Rencontres
– La dernière conférence
– Dies Iræ

Publié en 1910 à l'état de livre, parution en feuilletons échelonnés entre mars 1905 et novembre 1906 dans "The Commonwealth". C'est le troisième roman, par ordre chronologique, de Chesterton.

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 La_sph10
Dessin de Ben Hatke, tiré de son blogue où vous en trouverez quelques autres ayant trait à "La sphère et la croix", ainsi que quelques propos sur le livre, dont il a illustré une ré-édition.
Ici un lien vers un téléchargement du livre (en version originale), ou encore ici.

La sphère et la croix est une fable, signée d'un maître-métaphysicien. Rassurez-vous, elle est garnie en paradoxes, l'écriture est leste, décapante et joyeuse, le tout est très enlevé. Pas d'inquiétude, le sens de l'humour, si particulier, est à l'habituel niveau de cette figure de proue britannique du genre. Truculent, rondement mené et jubilatoire !  

Tout commence dans le "vaisseau volant" du professeur Lucifer, accompagné par un moine-ermite âgé, bulgare "de grande sainteté", du nom de Michaël, qu'il a kidnappé dans le but de le convertir à ses idées. Croyant aborder une planète inconnue, tout en croisant le fer (verbal) sur des thèmes emprunts de symbolique avec Michaël, Lucifer manque de justesse percuter...la cathédrale Saint-Paul à Londres, surmontée d'une sphère et d'une croix. Furieux des arguments du moine, le professeur Lucifer jette Michaël hors du "vaisseau volant", celui-ci se rattrape in extremis aux branches de la croix qui surmonte la sphère.

S'ensuit un passage remarquable, poético-philosophique, celui de la descente du moine, qui rencontre un gardien, lequel l'amène via les escaliers au sol, avant de le remettre entre les mains de la police, afin de le faire interner en tant qu'aliéné.

De façon concomitante, un jeune écossais catholique (Evan MacIan) fracasse la vitre d'un homme de plume athée dont les écrits et son commerce ne provoquent qu'une totale indifférence (James Turnbull), après avoir lu en vitrine quelques propos comparatifs entre la Vierge et une divinité mésopotamienne.
S'ensuit un attroupement, une demande de régler cela en duel, et l'affaire finit au tribunal, où MacIan campe sur sa position, tandis que Turnbull, plus roué et plus au fait de ce qui peut se dire à la barre d'un tribunal londonien, s'en sort à son avantage. Mais, à la sortie, coup de théâtre: Turnbull, qui a enfin rencontré quelqu'un qui réagit à ses travaux -la chance de sa vie !-, exige son duel, et voilà nos comparses fouinant dans la boutique d'un antiquaire, afin de trouver les épées ad hoc. Ils en trouvent, ligotent l'antiquaire qui leur refusait le droit de se battre dans son jardinet, et leur duel est interrompu par le fait que l'antiquaire, s'étant libéré, a ameuté la police.

Nos protagonistes s'échappent en cab "réquisitionné" de force, puis quittent la ville afin de poursuivre leur querelle ailleurs, tandis que leur affaire fait grand bruit dans les journaux, et que la police les pourchassent. Chesterton, tout en tirant quelques remarques bien senties et paradoxales sur le journalisme et sur la marche du monde, donne dans le quichottisme.
Chesterton a toujours la délicate gaité consistant à poursuivre un genre prisé il y a longtemps, et qui semble avoir perdu ses lettres de noblesse, la farce, ainsi que le burlesque, comme à plusieurs reprises souligné pour ce qui concerne d'autres de ses romans, que j'ai eu la joie de commenter sur ce fil.

Mais Turnbull et MacIan seront sans cesse interrompus dans leurs tentatives de duel, ce qui participe à l'effet comique. Un pseudo-ange pacificste (?), un philosophe sanguinaire quelque peu dérangé, la marée, une dame de la haute société qui les sauve de la police, jusqu'à une fuite en bateau sur une île de la Manche (où, grimés, ils intervertissent leurs rôles en quelque sorte, pour quelques pages savoureuses), et même sur ce qu'ils croient être une île déserte ils sont sans cesse conduits à remettre leur duel.

Je ne vais pas m'étendre sur le pourquoi c'est si spécifiquement pré-kafkaien et pré-borgésien, ce serait vraiment trop dévoiler. Les personnages secondaires, empêcheurs de s'entretuer en rond ou non, sont remarquables. Et le monde -la société moderne- qui empêche deux gentlemen de s'entretuer pour un prétexte qui, paradoxalement toujours, pourrait être le seul qui vaille, donne aussi l'occasion à Chesterton de renverser ce qui est interprété comme la folie ordinaire du côté de la normalité, et vice-versa. Le retournement du regard du lecteur est finement amené, c'est, là aussi, très chestertonien, et de haute volée.

Chesterton, ailleurs que dans ce roman a écrit:Toute ma vie, j’ai aimé les bords, les arêtes ; et la limite qui amène une chose à se dresser très vivement contre une autre.


Pour les principaux caractères, Michaël/Lucifer (très allégoriques) et MacIan/Turnbull sont, peut-être, à rapprocher de Chesterton/G-B Shaw, ou encore Chesterton/Robert Blatchford (directeur de The Clarion comme, dans le roman, Turnbull est directeur de The Atheist).

Il est intéressant de noter la complicité de Turnbull et MacIan, fraternisant, somme toute, très vite dans l'adversité. MacIan veut expédier le duel avant de trop éprouver d'amitié (=caritas, amour du prochain) envers Turnbull. Et le non-dit final, déductible (permettez que je reste vague, c'est pour l'intérêt des futurs lecteurs) les rapproche encore plus.

Affirmer que j'ai aimé & aime ce livre est peu affirmer.
Je m'efforce de ne rien dévoiler, de tout laisser intact pour que ceux qui sont susceptibles de le parcourir.
Au surplus quelques extraits:

Chapite II a écrit:Londres l'intimida un peu, non qu'il le trouvât grand ni même terrible, mais parce que cette ville le déconcertait. Ce n'était ni la Cité d'or ni même l'enfer, c'étaient les Limbes. Une émotion le saisit quand, tournant le coin merveilleux de Fleet Street, il vit Saint-Paul se dresser dans le ciel:
"Ah, dit-il après un long silence, voici une chose qui fut bâtie sous les Stuarts !".
Puis, avec un sourire aigre, il se demanda quel était le monument correspondant dû aux Brunswicks et à la Constitution protestante. Après réflexion, il opta pour une annonce juchée sur un toit et qui recommandait des pilules.


chapitre XI a écrit:Le père et la fille était de cette sorte de gens qui normalement auraient échappé à toute observation,, celle, du moins, qui dans ce monde extraordinairement moderne sait tout découvrir, excepté la force. Tous deux avaient la force sous leur apparence superficielle, comme ces paisibles paysans qui possèdent dans leurs champs d'immenses mines non exploitées. Le père, avec son visage carré et ses favoris gris, la fille, avec son visage carré et la frange d'or de ses cheveux, étaient tous deux plus forts qu'on ne le supposait. Le père croyait à la civilisation, à la tour historiée que nous avons dressée pour braver la nature, c'est-à-dire que le père croyait à l'Homme. La fille croyait à Dieu et était encore plus forte. Ni l'un ni l'autre ne croyait en lui-même, car c'est là une faiblesse décadente.  


chapitre VIII a écrit:     Je commence à comprendre un ou deux de vos dogmes, monsieur Turnbull, avait-il dit énergiquement, alors qu'ils gravissaient avec peine une colline boisée. Et je m'inscris en faux contre chacun de ces dogmes à mesure que je les comprends.

   Celui-ci, par exemple: vous prétendez que vos hérétiques et vos sceptiques ont aidé le monde à marcher de l'avant et tenu bien haut le flambeau du progrès. Je le nie. Rien n'est plus évident, d'après la véritable histoire, que chacun de vos hérétiques a bâti un cosmos de son invention et que l'hérétique venu après lui a pulvérisé ce cosmos.

   Qui donc aujourd'hui sait exactement ce qu'enseigna Nestorius ? Qui s'en soucie ? Nous ne sommes, sur ce sujet, certains que de deux choses. La première est que Nestorius, en tant qu'hérétique, eut une doctrine tout à fait opposée à celle d'Arius, l'hérétique qui le précéda, et sans aucun intérêt pour James Turnbull, l'hérétique qui vint après lui. Je vous défie de revenir aux libres penseurs du passé et de trouver un asile aupès d'eux. Je vous défie de lire Godwin ou Shelley ou les déistes du XVIIIème ou les humanistes adorateurs de la nature, à l'époque de la Renaissance, sans découvrir que votre pensée est éloignée de la leur deux fois plus qu'elle ne diffère de celle du pape.

   Vous êtes un sceptique du XIXème siècle et ne cessez de répéter que j'ignore la cruauté de la nature. Au XVIIIème siècle, vous m'auriez reproché d'ignorer sa bonté et sa bienveillance. Vous êtes athée et vous glorifiez les déistes du XVIIIème. Lisez-les au lieu d'en faire l'éloge et vous découvrirez que leur univers ne subsiste ou n'est détruit que par l'idée de divinité. Vous êtes matérialistes et vous tenez Bruno pour un héros de la science. Voyez ce qu'il a dit et vous le prendrez pour un aliéné mystique. Non, le grand libre penseur, quelles que soient son habileté et sa bonne foi, ne détruit pas pratiquement le christianisme.  Ce qu'il détruit, c'est le libre penseur venu avant lui.

   La libre pensée peut être suggestive, elle peut être excitante, posséder autant qu'il vous plaira ces mérites qui viennent de la vivacité et de la variété. Mais il est une qualité que la libre pensée ne peut jamais revendiquer...la libre pensée ne peut jamais être un élément de progrès. Elle ne le peut pas, parce qu'elle n'accepte rien du passé; elle recommence chaque fois au commencement, et, chaque fois, s'en va dans une direction nouvelle. Tous les philosophes rationalistes sont partis sur des routes différentes, si bien qu'il est impossible de dire lequel a été le plus loin. Qui peut discuter sur le point de savoir si Emerson fut optimiste à un degré supérieur ou Schopenhauer fut pessimiste ?
   C'est comme si l'on demandait si ce blé est aussi jaune que cette colline est escarpée.  


chapitre XX a écrit:- Vous me refusez ma demi-bouteille de Médoc, la boisson la plus salutaire et qui m'est la plus habituelle. Vous me refusez la société et l'obéissance de ma fille que la Nature elle-même impose. Vous me refusez la viande de bœuf et de mouton, alors que nous ne sommes pas en carême. Vous me défendez maintenant la promenade, une chose nécessaire à une personne de mon âge. Inutile de me dire que vous faites cela en vertu d'une loi. Les lois sont fondées sur le contrat social. Si le citoyen se voit dépouillé des plaisirs et des facultés dont il jouirait même à l'état sauvage, le contrat social est annulé.

- Tous ces bavardages n'ont pas de raison d'être, Monsieur, dit Hutton, car le directeur gardait le silence. Nous sommes ici sous le feu des mitrailleuses. Nous avons obéi aux ordres, faites de même.

- Tout fonctionne ici dans la perfection, approuva Durand, comme s'il avait mal entendu; tout marche au pérole, je crois. Je vous demande seulement d'admettre que si par de telles choses nous sommes privés même du confort de l'état sauvage, le contrat social est annulé. Voilà un point intéressant à débattre.


Porté, incomplet mais avec un zeste de retouches, depuis un message sur Parfum du 25 juillet 2015.


mots-clés : #fantastique #humour #religion
par Aventin
le Ven 12 Jan - 15:40
 
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Sujet: Gilbert-Keith Chesterton
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Jean-Paul Dubois

Après, il y a eu comme une respiration::

Je pense à autre chose


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Quinze ans avant le cas Sneijder, Dubois écrivait déjà la même histoire : Un homme, Paul, hospitalisé en service psychiatrique raconte son incapacité à accepter son bonheur, les failles qui s’infiltrent peu à peu dans sa vie et l’entraînent dans un système délirant , où l’autre est responsable de son enfermement, qu’il prend comme système de référence. L’autre, ici Simon, c’est le jumeau toujours honni, c’est Anna , l’ex-épouse qui s’est détachée de lui.

Dubois glisse très subtilement les indices de la fragilité de Paul, de ses petits décalages qui ne choquent pas fondamentalement en première lecture mais qui deviennent une faille profonde et sont ainsi rétrospectivement éclairés. C’est très astucieusement fait et on met longtemps à voir venir le délire, dans un glissement progressif insensible puis patent.

Une première partie d’exposition éblouissante d’humour et de vivacité mélancolique, on pense souvent à Woody Allen dans cette façon de voir décalée et désenchantée de ce juif laïque, dont le frère jumeau est outrageusement religieux et la femme goy. Une petite perte de vitesse au milieu, avec des diversions météorologiques (comme les ascenseurs dans le cas Sneijder) et une reprise en force sur la fin , où la description de ce monde clos dans lequel Paul vit,  pense et s‘enferme devient prenante.
Un roman inégal donc, intéressant, drôle mais tragique,  et brillant par moments.

Commentaire récupéré



mots-clés : #famille #humour #pathologie
par topocl
le Lun 8 Jan - 20:52
 
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Joël Haroche

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L'affaire Rosenblatt


Originale : Français, 2017

Grasset a écrit:Début des années soixante : les Rosenblatt ont posé leurs valises au Texas. Juifs au milieu de la plus importante population évangélique du pays ; russes d’origine à une époque où l’on se prépare à vitrifier les « ruskoffs » ; gauchistes dix ans après que les époux Rosenberg ont grillé sur la chaise : l’intégration ne va pas aller de soi…
Julius, le père de famille, est un avocat raté. Sa femme Rose rêve d’adaptation et entreprend à cette fin de burlesques tentatives. Leur dernier fils Nathan, génie de huit ans, scande la vie familiale de ses obscénités. Quant à l’aîné Elias, narrateur du récit, il oppose un humour salvateur aux idées morbides qui l’assaillent.
Début 1963, les Rosenblatt se lient à un jeune couple encore plus paria qu’eux : lui est un Marines dyslexique en rupture de ban, elle une fragile exilée d’URSS.
Comment imaginer, à suivre leurs innocentes parties de campagne, que bientôt va se produire une déflagration promettant enfin la célébrité à ce petit monde de paumés ?

Fable tragi-comique sur l’adaptation impossible et la revanche des humiliés, ce roman irrésistible de charme et de drôlerie nous promène avec délices dans la petite histoire pour mieux nous propulser dans la grande.



REMARQUES :
Certains, comme moi, pourraient être perplexe face à catégoriser ce roman : historique ? Humour ? Satire ? Voire, une présentation d’une vie de tentatives (échouées) d’adaptation de Juifs russes, plutôt gauchiste, dans l’Amérique du début des années 60 ? Oui, on le devinera : le cadre va jouer un rôle, et qui situe le lieu de vie au Texas, et voir s’approcher le Novembre ‘63 pourrait se douter de quelque chose. Je ne l’ai pas vu venir trop tôt…

Mais le terme de tragi-comédie pourrait aller bien : Quelle drôlerie dans les descriptions par le fils Elias, de cette vie familiale déjantée. Presque pas une phrase sans ironie, observation pittoresque… Parfois, non : souvent, à la limite de l’humour très noir ?! Mais le roman, ou l’auteur, ne se contente pas dans ce jeu là. Il y intègre une dose de cadre historique même très crédible et vrai pour l’essentiel (des gens confronté à être proches d’un événement historique par des circonstances non choisies). Juste on pourrait se demander si l’humour noir dans certains domaines devrait, peut s’appliquer « à tout ». J’étais alors gêné, moi, par le maintien de cette approche.

Oui, parfois on devine derrière la voix du narrateur fictif (somme toute un enfant d’une douzaine d’années) beaucoup trop « mûr » ou ironique pour son âge, la voix de réflexion de l’auteur. Ces deux approches ou facettes ne font aucun problème pour beaucoup, peuvent même constituer le sel de la lecture. Elles peuvent aussi être perçues comme une discontinuité, ou un manque de maintien de la ligne choisie ? Moi, je n’ai pas pu me joindre à des éloges sans bémol à ce choix. Ce qui n’empêche pas que beaucoup trouveront dans ce roman une très bonne lecture! A vous de voir !


mots-clés : #famille #humour #immigration
par tom léo
le Ven 6 Oct - 7:25
 
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Sujet: Joël Haroche
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Leo Perutz

Le tour du cadran

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Difficile de parler de ce roman, sans en révéler la clé, qui n'est donnée au 9e chapitre c'est-à-dire à la moitié du livre, car se serait renoncer à se faire facétieusement manipuler par Leo Perutz.
Sachez juste que c'est un texte léger, cocasse et plein d'humour.  Léger en apparence, en tout cas, car à travers 24 heures de la vie d'un jeune homme, 24 heures de galères, de quiproquos et de déconvenues,  il parle de liberté, de ce que c'est que d'avoir les mains liées par l'amour, le besoin d'argent, les convenances sociales.
Plaisant, comme toujours chez Perutz, même si ce n'est pas le meilleur.

Mots-clés : #humour
par topocl
le Jeu 5 Oct - 18:49
 
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Sujet: Leo Perutz
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John Steinbeck

Une saison amère

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Je vous explique en gros, parce qu'en fait je n'ai pas compris grand chose.
Ethan, héritier ruiné d'une éminente dynastie de baleiniers, est le commis d'une épicerie qui appartint autrefois à sa famille. Tout le monde le pousse à s'enrichir, quels qu'en soient les moyens, mais il  aime bien trop sa petite vie tranquille, son travail bien fait, son adorable femme et ses gosses exaspérants. Et il est heureux d'être un homme honnête et satisfait.
Mais jusqu'à un certain  point : le mal va venir tenter cet homme intègre.

Après, je n'ai rien compris aux petits magouilles et aux grosses entourloupes des uns et des autres, qui est méchant et qui est gentil, qui tire son épingle du jeu et la morale de tout cela.
J'ai beaucoup souri car Il y a une grande surprise pour moi dans ce livre, c'est son côté joyeux et plaisantin, que je n'attendais pas du tout chez Steinbeck: il ne se prend pas du tout au sérieux. Mais je  me suis heurtée au fil des pages à une incompréhension opaque, sans savoir si j'étais obtuse ou si Steinbeck entretenait à plaisir cette confusion. Et curieusement je ne me suis pas ennuyée non plus dans ce labyrinthe, tant le personnage d'Ethan est plaisant et le point de vue loufoque.

(Je confirme que la traduction d' Anouk Neuhoff  n'est vraiment pas bonne. Il vaut peut-être mieux essayer l'autre version, celle de Jean Rosenthal sous le titre " L'Hiver de Notre Déplaisir ".)


Mots-clés : #famille #humour
par topocl
le Mer 27 Sep - 22:04
 
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Sujet: John Steinbeck
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Kate Atkinson

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C'est pas la fin du monde

Des petites nouvelles façon thé corsé, un peu âcre mais réconfortant pour une galerie de personnages à la banalité attachante et à l'extraordinaire palpable. Une pointe de... réalisme magique ? sur une belle couche d'humour sur la tartine de vie assez pathétique qui constitue la trame de ces vies.

Destins mal barrés, accidents de la vie, solitudes familiales, en bref coups de mou ou gros coups de mou sur paysage de catalogues contemporains automobiles, télévisuels en guise de mantras du quotidien.

Ce quotidien et le familier de ce décor assez envahissant sont ce qui m'a fait penser à William Gibson, et pourquoi pas avec ces personnages "simples" pris dans un itinéraire bis chaotique de leur existence. Avec peut-être ce goût de ne pas les abandonner et de ne pas faire l'impasse sur le merveilleux bancal d'un monde qui dérape (surtout dans les premières nouvelles d'ailleurs, celles qui cataloguent des objets).

Il y a un goût de recette au fil des pages, mais efficace, j'ai trouvé la cuillère un peu chargée mais je pardonne volontiers (en moins dur et plus moderne ça m'a aussi rappelé des nouvelles comme celles de Buzzati).

Par contre on reparle de Gibson. cat

mots-clés : #contemporain #famille #humour #mort #nouvelle #psychologique
par animal
le Lun 4 Sep - 21:34
 
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Sujet: Kate Atkinson
Réponses: 44
Vues: 2047

Mario Vargas Llosa

Aux Cinq Rues, Lima

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Nous sommes au Pérou, à a fin des années 90, sous la double dictature de  la mainmise généralisée du gouvernement, et des attaques terroristes et enlèvements du Sentier lumineux.
La revue à scandale Strip-tease révèle les photos compromettantes d'une orgie à laquelle a participé Quique, richissime entrepreneur protégé par la dictature. La réponse est immédiate et le directeur de la publication en fait sauvagement les frais. Le milliardaire et ses amis, une fois la "faute" effacée, ne se posent guère  de questions et jouissent sans scrupules de leurs fortunes et de leurs émoustillantes  épouses dans une luxure assez désuète. Mais Julietta,  de journaliste à scandale se transforme en journaliste d'investigation  et n'a pas dit son dernier mot.

C'est un Vargas Llosa facétieux qui n'a plus rien à prouver, et qui s'est fait plaisir dans ce roman ludique, badin et faussement frivole.  Les dialogues tiennent une bonne moitié du texte. La niaiserie des industriels fortunés n'a d'égale que la naïveté du dictateur. Les parties de jambes en l'air coquines, torrides dans l'esprit des partenaires, sont racontées (avec détails ) dans un enrobage fleur bleu et un ton de moquerie amusée (on s'appelle "ma blondinette" et "mon petit mari").

Si Vargas Llosa s'appuie sur un arrière-fond de discours politique, il est surtout dans un film de série B avec ses multiples rebondissements plus ou moins prévisibles et ses personnages volontairement stéréotypés. Cette impression est confortée par l' ambitieux  chapitre XX, où les personnages s'entremêlent habilement en petites séquences entre-coupées dans une espèce de bande-annonce effrenée , tour de force littéraire de haut-vol parfaitement maîtrisé.

Au final , on pourrait croire que la morale est  que le pot de fer triomphe parfois du pot de terre. Je me demande si elle n'est pas plutôt que les vieux prix Nobel ont bien le droit de s'amuser, eux aussi, quitte à produire une œuvre piquante, mais mineure.


mots-clés : #humour #regimeautoritaire
par topocl
le Sam 2 Sep - 14:29
 
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Sujet: Mario Vargas Llosa
Réponses: 32
Vues: 1678

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