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Message par bix_229 Lun 15 Mai - 23:35

J' aime aussi les auteurs latino-américains.
Mais point trop Vargas Llosa...
A vrai dire, ils sont sous estimés au profit des Anglo-saxons.
Notamment.
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Message par Bédoulène Mar 16 Mai - 8:03

c'est que les Chosiens et les ex avaient à plusieurs reprises évoqué la non adhésion à cette littérature.

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Message par Arturo Mar 16 Mai - 10:52

Je ne saurais pas trop dire ce qui fait que je bloque en général avec les auteurs latinos. Question de rencontres littéraires, après c'est difficile de sortir des généralités, et je n'en ai pas lu non plus des tonnes mais après plusieurs essais chez les "grands noms" (Cortazar, Garcia-Marquez, Borges, Sepulveda, Neruda, Bolano, Vargas Llosa, Paz, Sabato ...), je n'ai jamais eu d'immense coup de coeur littéraire (un peu Bolano, à creuser), de claque, même si tous ont un bien entendu un intérêt. Ce n'est pas une question d'intérêt pour la région, car je suis plus intéressé par l'Amérique Latine que par l'Amérique du Nord, et pourtant nombreux sont les auteurs états-uniens à m'avoir marqué.
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Message par Bédoulène Mar 16 Mai - 18:53

merci pour ta réponse Arturo, peut-être un jour le coup de coeur !

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Message par topocl Sam 2 Sep - 14:29

Aux Cinq Rues, Lima

Mario Vargas Llosa  - Page 2 Images48

Nous sommes au Pérou, à a fin des années 90, sous la double dictature de  la mainmise généralisée du gouvernement, et des attaques terroristes et enlèvements du Sentier lumineux.
La revue à scandale Strip-tease révèle les photos compromettantes d'une orgie à laquelle a participé Quique, richissime entrepreneur protégé par la dictature. La réponse est immédiate et le directeur de la publication en fait sauvagement les frais. Le milliardaire et ses amis, une fois la "faute" effacée, ne se posent guère  de questions et jouissent sans scrupules de leurs fortunes et de leurs émoustillantes  épouses dans une luxure assez désuète. Mais Julietta,  de journaliste à scandale se transforme en journaliste d'investigation  et n'a pas dit son dernier mot.

C'est un Vargas Llosa facétieux qui n'a plus rien à prouver, et qui s'est fait plaisir dans ce roman ludique, badin et faussement frivole.  Les dialogues tiennent une bonne moitié du texte. La niaiserie des industriels fortunés n'a d'égale que la naïveté du dictateur. Les parties de jambes en l'air coquines, torrides dans l'esprit des partenaires, sont racontées (avec détails ) dans un enrobage fleur bleu et un ton de moquerie amusée (on s'appelle "ma blondinette" et "mon petit mari").

Si Vargas Llosa s'appuie sur un arrière-fond de discours politique, il est surtout dans un film de série B avec ses multiples rebondissements plus ou moins prévisibles et ses personnages volontairement stéréotypés. Cette impression est confortée par l' ambitieux  chapitre XX, où les personnages s'entremêlent habilement en petites séquences entre-coupées dans une espèce de bande-annonce effrenée , tour de force littéraire de haut-vol parfaitement maîtrisé.

Au final , on pourrait croire que la morale est  que le pot de fer triomphe parfois du pot de terre. Je me demande si elle n'est pas plutôt que les vieux prix Nobel ont bien le droit de s'amuser, eux aussi, quitte à produire une œuvre piquante, mais mineure.


mots-clés : #humour #regimeautoritaire

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Message par Tristram Sam 17 Fév - 18:24

La ville et les chiens

Mario Vargas Llosa  - Page 2 La_vil10

La ville, c’est Lima, et les chiens, des cadets (élèves encadrés par l’armée) dans toute l’ignominie qu’on peut supposer en matière d’obscénité, de bizutage, d’indigences diverses. Alberto, « le Poète » (où l’on peut reconnaître une personnification autobiographique de Llosa, au moins jusqu’à un certain point), trouve sa place entre « Jaguar », le dur chef du « Cercle » et « l’Esclave », Arana, le bouc émissaire ; il louvoie entre les deux pôles, grappille un peu de monnaie en produisant de « petits romans » pornographiques. La première partie de ce roman de plus de 500 pages (divisé en deux parties sensiblement égales, avec un épilogue) décrit assez longuement l’univers violent de la jeunesse péruvienne dans la première partie du XXe ; elle réveille des souvenirs de service militaire, pour ceux qui ont expérimenté cette découverte des brimades, de la promiscuité, des confrontations sociales et racistes, ici entre serrano (pas le jambon ou le piment, mais Indien ou métis originaire de la Sierra, la cordillère des Andes) et citadin (généralement blanc), de la côte maritime. Dans la seconde partie, l’Esclave étant mort d’une balle de fusil au cours d’un exercice, l’intrigue se développe. Dans l’ombre portée par la dictature, Llosa expose le problème de la dénonciation, et la grande règle de l’armée (laver son linge sale en famille), dans une dialectique de la loyauté et de la vengeance. Seul, l’intègre lieutenant Gamboa s’attache à éclaircir l’affaire, suite à une accusation du Jaguar par le Poète (devenu proche de l’Esclave avant sa mort, non sans avoir pris sa place auprès de la jeune fille qu’il aimait).  

« ‒ Pardon mon capitaine, dit Gamboa. Aussi longtemps que je ne m’en rends pas compte, les cadets de ma compagnie peuvent faire tout ce qu’ils veulent, je suis d’accord avec vous. Mais maintenant je ne peux plus faire semblant de l’ignorer, je me sentirais complice. » (II, 4)

« Il serait plus facile de ressusciter le cadet Arana que de convaincre l’armée qu’elle a commis une erreur. […]
Vous m’entendez, rentrez au collège et faites en sorte qu’à l’avenir la mort du cadet Arana serve à quelque chose. » (épilogue)

Les chiens (cadets de première année), c’est aussi la chienne Malencouille, adoptée par le Boa (bien qu’il lui ait cassé une patte dans un moment de colère)...
Un ultime et inattendu entrecroisement de destins boucle le livre, nettement plus captivant dans sa seconde partie.

« Je [Jaguar] ne savais pas ce que c’était de vivre écrasé. » (épilogue)

La composition caractéristique du style de Llosa, fait d’allers-retours temporels, d’entrelacements simultanés de différents fils narratifs, de monologues ou conversations de chacun des personnages (autant de narrateurs), paraît moins innovante de nos jours, après avoir lu par exemple Faulkner (qui l'aurait inspiré).
Cette histoire rejoint l’universel, comme on dit, et renvoie par exemple à La punition, de Tahar Ben Jelloun, qui vient de paraître.
Ce premier roman, écrit à 23 ans à Paris, est peut-être finalement celui que je préfère de Llosa (dont je ne suis autrement pas trop "fan").


mots-clés : #discrimination #jeunesse #regimeautoritaire #social #violence

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Message par Tristram Lun 17 Sep - 2:53

La ville et les chiens (suite)

... Et on peut en rapprocher Les désarrois de l'élève Törleß, de Musil...
https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs/le-roman-de-lecole-34-albert-bensoussan-a-lecole-de-vargas-llosa
Egalement un premier roman, écrit à 25 ans pour Musil ; aussi une transposition du vécu de l'auteur dans l'internat militaire.
Albert Bensoussan, qui présente ce roman en traducteur et ami de Llosa, rapporte une expérience personnelle similaire du service militaire (solidarité innée, apprentissage de la société réelle sans exclure les [sé]vices, etc.), ce qui me résout à insérer ici un souvenir personnel que j'avais omis dans mon commentaire.
Un condisciple de classes dans l’infanterie de marine, un petit voyou du Havre expert en nunchaku, autrement pas méchant pour un sou, m’avait demandé d’écrire des poèmes pour la très jolie jeune fille que beau gosse il avait réussi à rencontrer dans notre ville de garnison. Je revois encore la belle brune souriant dans son léger ensemble de vichy vert ; mais l’écrivain public à la manque que je fus s'avéra incapable dans ce rôle de substitution : rameuter du Baudelaire en désespoir de cause se révéla parfaitement ridicule lorsque mon confrère de misère, dépité de ma défection, s’écria qu’elle était pourtant « belle comme un enjoliveur » ; épaté par cette image digne d'Apollinaire, je l'assurais que lui seul devait écrire à sa dulcinée...

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Message par Bédoulène Lun 17 Sep - 8:14

une lecture ramène à l'autre. merci Tristram !

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Message par topocl Lun 17 Sep - 8:59

@Tristram a écrit:
Un condisciple de classes dans l’infanterie de marine, un petit voyou du Havre expert en nunchaku, autrement pas méchant pour un sou, m’avait demandé d’écrire des poèmes pour la très jolie jeune fille que beau gosse il avait réussi à rencontrer dans notre ville de garnison. Je revois encore la belle brune souriant dans son léger ensemble de vichy vert ; mais l’écrivain public à la manque que je fus s'avéra incapable dans ce rôle de substitution : rameuter du Baudelaire en désespoir de cause se révéla parfaitement ridicule lorsque mon confrère de misère, dépité de ma défection, s’écria qu’elle était pourtant « belle comme un enjoliveur » ; épaté par cette image digne d'Apollinaire, je l'assurais que lui seul devait écrire à sa dulcinée...

Il a bien eu raison de refuser: Cyrano de Bergerac, ça ne lui avait pas vraiment réussi.

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Message par simla Lun 17 Aoû - 6:50

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Tours et détours de la vilaine fille

Que de tours et de malices chez cette «vilaine fille», toujours et tant aimée par son ami Ricardo, le «bon garçon». Ils se rencontrent pour la première fois au début des années cinquante, en pleine adolescence, dans l'un des quartiers les plus huppés de Lima, Miraflores. Joyeux, inconscients, ils font partie d'une jeunesse dorée qui se passionne pour les rythmes du mambo et ne connaît d'autre souci que les chagrins d'amour. Rien ne laissait alors deviner que celle qu'on appelait à Miraflores «la petite Chilienne» allait devenir, quelques années plus tard, une farouche guérillera dans la Cuba de Castro, puis l'épouse d'un diplomate dans le Paris des existentialistes, ou encore une richissime aristocrate dans le swinging London. D'une époque, d'un pays à l'autre, Ricardo la suit et la poursuit, comme le plus obscur objet de son désir. Et chaque fois, il ne la retrouve que pour la perdre. Et, bien entendu, ne la perd que pour mieux la rechercher. Il n'est jamais facile d'écrire l'histoire d'une obsession. Mais la difficulté est encore plus grande quand il s'agit d'une obsession amoureuse et quand l'histoire que l'on raconte est celle d'une passion. Mario Vargas Llosa avait déjà affronté ce défi par le passé dans La tante Julia et le scribouillard (1980), l'un de ses romans les plus populaires. Et voici qu'il le relève encore vingt-cinq ans plus tard et nous offre ce cadeau inattendu : une superbe tragi-comédie où éros et thanatos finissent par dessiner une autre Carte de Tendre entre Lima, Paris, Londres et Madrid. Car Tours et détours de la vilaine fille est bien cela : la géographie moderne d'un amour fou."

Lorsque tu lis la quatrième de couverture, tu es alléchée....mais cruelle déception.... cette passion amoureuse est surtout physique....car les deux protagonistes n'ont aucun point commun et surtout aucun accord spirituel en quelque sorte...

J'ai terminé récemment ce livre....conseillé par une de mes soeurs...tellement inintéressant que je n'ai rien à en dire de particulier....le thème : un homme, Ricardo,  a une passion (malsaine) pour une cinglée originaire de sa ville qu'il a connue enfant et qui ,au fond, n'est rien qu'une femme vénale obnubilée par l'argent....et manque de bol, lui n'en a pas....  le côté "guerillera" on oublie, c'est anecdotique ..."  s'en suivent des descriptions des préférences sexuelles de cette femme qui, en ce qui me concerne, n'ajoutent rien à l'histoire...quel roman creux...et long, tu attends... tu attends..une révélation....mais comme soeur Anne tu ne vois rien venir..... Shocked

Donc, je le déconseille ..heureusement, je l'avais pris à la biblio.... Pour ceux qui l'ont déjà lu, je résumerai : une vraie cucuterie (un des leitmotiv de la vilaine fille ) Very Happy


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Message par Bédoulène Lun 17 Aoû - 7:30

merci Simla ! ta prochaine lecture sera plus satisfaisante, je te le souhaite.

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Message par Armor Lun 17 Aoû - 8:19

Ton commentaire m'a bien fait sourire, simla ! Je vais éviter cette cucuterie, alors. Mario Vargas Llosa  - Page 2 1390083676 (Par contre j'avais beaucoup aimé La tante Julia et le scribouillard)

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Message par simla Mar 18 Aoû - 0:35

Oui Armor, moi aussi j'avais bien aimé ce roman...j'avais donc entamé celui-ci avec d'autant plus d'enthousiasme....comme quoi..... Surprised
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