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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Jeu 14 Nov 2019, 12:24

5 résultats trouvés pour alpinisme

Paolo Cognetti

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Sans jamais atteindre le sommet – Voyage dans l’Himalaya


Originale : Senza mai arrivare in cima (Italien, 2018)

Présentation a écrit:« J’ai fini par y aller vraiment, dans l’Himalaya. Non pour escalader les sommets, comme j’en rêvais enfant, mais pour explorer les vallées. Je voulais voir si, quelque part sur terre, il existait encore une montagne intègre, la voir de mes yeux
avant qu’elle ne disparaisse. J’ai quitté les Alpes abandonnées et urbanisées et j’ai atterri dans le coin le plus reculé du Népal, un petit Tibet qui survit à l’ombre du grand, aujourd’hui perdu. J’ai parcouru 300 kilomètres à pied et franchi huit cols à plus de 5 000 mètres, sans atteindre aucun sommet. J’avais, pour me tenir compagnie, un livre culte, un chien rencontré sur la route, des amis : au retour, il me restait les amis. »

 
REMARQUES :
Il s’agit donc bien d’un récit d’un voyage que l’auteur entrepris en Octobre 2017 avec quelques amis dans la région du Dolpo, dans le Nord-Ouest du Népal, une zone frontalière du Tibet (chinoise) et vivant encore plus authentiquemment dans les traditions tibétaines. Pour Cognetti, même dans un certain sens allergique des vrais hauteurs (il est pris par des lourdeurs, des vomissements etc), c’est la première fois qu’il va dépasser les 5000 mètres, mais toujours en passant par des côls, pas en atteignant des sommets. Il s’agit d’autre chose : y-a-t-il encore des régions vraiment intouchées (plus ou moins) face aux Alpes urbanisées et ultramaîtrisées ?

Après une introduction on va accompagner l’auteur à travers quatre chapitres, bien accompagnés par quelques desseins de crayons simples et sympas. Un guide, un livre de chevet emporté est bien « Le léopard de neiges » de Peter Matthiessen, qui lui a traversé une partie de ces chemins en Septembre 1973.

Avec toute une recherche d’authenticité reste bien sûr la sécurité d’un groupe constitué finalement de plus que deux douzaine de gens, porteurs, guides etc inclus, qui font que Cognetti peut profiter des temps « vides », n’a pas besoin de s’occuper trop des aléas pratiques…

Il y a du charme dans les descriptions de ces contrées encore réculées (juques à quand?). Cognetti se met en dialogue avec la nature, les personnes et l’environnement qu’il rencontre ou avec lesquels il fait cette expédition, partage ses expériences face à la hauteurs et le mal des hauteurs qui peut mener jusqu’au vertige et un état mi-hallucinatoire.

Peut-être on peut s’étonner de la minceur du livre (en Italien seulement une bonne centaine de pages!)? D’une certaine forme de contradiction : justifier sa propre présence tout en ayant parfois une mauvaise conscience ou un mauvais pressentiment ?

Néanmoins Cognetti reste sympa et attachant!


Mots-clés : #alpinisme #voyage
par tom léo
le Jeu 18 Juil 2019, 15:57
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Paolo Cognetti
Réponses: 14
Vues: 1036

Martin Hirsch

La lettre perdue

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Après l'avoir portée sur lui pendant 23 ans, l'avoir lue et relue, apprise par cœur, Martin Hirsch a perdu  la dernière lettre écrite par son père, celle qui le félicitait pour sa réussite au concours de l'ENA, et le mettait en garde contre la suffisance.

C'est l'occasion pour lui de revenir sur son parcours, et surtout sur la notion d'engagement qui a mené sa destinée, conduit lui ses décisions, mis son empreinte sur son parcours.

Martin Hirsch revient sur des personnes, des personnalités, des événements, des situations anecdotiques ou non, certaines savoureuses, des épisodes, des liens, qui ont tous contribué à construire ce grand puzzle d'une vie dédiée à l'engagement. Il rend un hommage vibrant à son père et son grand-père.
Ça a l'air plutôt anecdotique comme ça, mais c'est une belle lecture avec un texte  bien écrit, par un esprit intelligent tout à la fois noble et humble, qui sait manier l'humour et reconnaître ses erreurs, Il y a de très belles pages sur la musique et l'alpinisme lequel est, pour lui, une autre représentation de l'engagement puisque :
Dans l'engagement, il y a la prise de risque, la mise en déséquilibre, le dépassement de soi, la participation à un projet collectif, la solidarisation avec une communauté, l'aspiration par le haut, la poursuite d'un idéal., l'envie de transformation.



Mots-clés : #alpinisme #autobiographie #identite #politique
par topocl
le Mar 02 Avr 2019, 17:11
 
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Sujet: Martin Hirsch
Réponses: 6
Vues: 181

René Daumal

Le Mont analogue
Roman d’aventures alpines, non euclidiennes et symboliquement authentiques

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Le sous-titre dit beaucoup. Il s’agit donc d’alpinisme, d’aventures, de théories pataphysico-scientifiques, de recherche spirituelle, voire mystique. Mélanger le tout et vous obtenez Le Mont Analogue.

Plantons le décor :
Le narrateur, analysant d’anciennes mythologies, pose l’hypothèse de l’existence dans le monde d’une montagne gigantesque, encore inconnue, unissant la Terre et le Ciel, c’est le fameux mont Analogue .
Il est pris au mot par un certain Sogol (anagramme révélateur), alpiniste, ancien moine, mathématicien, inventeurs d’inventions absurdes et inutiles.

J’inventais aussitôt des appareils  ahurissants : un stylo qui bavait ou éclaboussait tous les cinq ou dix minutes, à l’usage des écrivains qui ont la plume trop facile…


Pas facile de rendre visite à l’appartement de Sobol, il faut y monter et y descendre en rappel.
Les deux compères décident de réunir une équipe de choc, tous fondus d’alpinisme mais possédant d’autres talents,  pour aller à la découverte du mont Analogue. Le passage ci-dessous se ressent d’un sentiment antiallemand (nous sommes pendant la guerre !) :

Bien qu’italien d’origine, il appartenait à une école d’alpinisme que l’on pourrait –grosso modo- appeler « l’école allemande ». On pourrait ainsi résumer la méthode de cette école : on attaque la face la plus abrupte de la montagne, par le couloir le plus pourri et le plus mitraillé par les chutes de pierre, et l’on monte vers le sommet tout droit, sans se permettre de chercher des détours plus commodes à gauche ou à droite ; en général on se fait tuer, mais, un jour ou l’autre, une cordée nationale arrive vivante à la cime.


Après de multiples calculs mathématiques, Sobol arrive à la conclusion que le mont Analogue n’a pas encore été découvert car caché dans une courbure de l’espace-temps (les théories d’Einstein sont assez récentes !). Il le situe assez précisément grâce au calcul de la répartition des masses et possède une théorie toute particulière pour y accéder.

Après une longue navigation, l’expédition aborde aux rivages du mont Analogue et découvrent un pays bien étrange… Un premier camp de base et établie mais en pénétrant plus loin… le roman s’arrête là en raison de la maladie et de la mort de l’auteur

La nuit se tassait encore autour de nous, au bas des sapins dont les cimes traçaient leur haute écriture sur le ciel déjà de perle ; puis, bas entre les troncs, des rougeurs s’allumèrent, et plusieurs d’entre nous virent s’ouvrir au ciel le bleu délavé des yeux de leurs grand-mères.


« Le Mont Analogue » est un ouvrage hétéroclite, à la fois potache, récit d’aventures, fable pré-écologique et apprentissage spirituel.

Encore faut-il que cette brave Physique mette en œuvre toute sa vieille astuce bretonne pour réunir sur ma table les éléments d’un repas ou n’entrent ni sulfate de baryte, ni gélatine, ni acide borique, ni acide sulfureux, ni aldéhyde formique, ni autres drogues de l’industrie alimentaire contemporaine. Un bon pot au feu vaut tout de même mieux qu’une philosophie menteuse.


Bien sûr, gravir le mont est se débarrasser de la technologie (les protagonistes abandonnent rapidement tout l’appareillage scientifique et technologique apporté), revenir vers la nature, retrouver des modes de pensées et des relations plus authentiques.

Le mont Analogue, c’est un peu un retour vers le Paradis perdu.
Pas étonnant que le livre ait connu un franc succès dans les années 60-70 avec le phénomène hippie et autres mouvements de nature semblable. A. Jororowsky s’est inspiré du livre pour le film « La Montagne sacrée » (pas vu).

Il faut tout de même souligner que le roman de Daumal souffre beaucoup de son inachèvement.  Je suis persuadé que l’auteur serait revenu sur certaines incohérences et maladresses. « Le Mont Analogue » aurait  été peut-être un grand livre. Nous nous consolerons en lisant aujourd’hui un « work in progress »…

Je termine par une citation plaisante :

L’expression satisfaite du docteur Beaver, chaque fois qu’il mangeait du hareng, me rendait hargneux. »


C’est un livre pour nos montagnards, églantine et Aventin  Very Happy


mots-clés : #alpinisme #aventure #nature
par ArenSor
le Mar 27 Mar 2018, 10:43
 
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Sujet: René Daumal
Réponses: 6
Vues: 336

Russell Banks

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Voyager

Premier écrit lu de Banks, pour moi.
C'est une suite de récits dont le premier, nommé "voyager" est le plus construit et scénarisé. Les suivants sont des récits de voyage ou d'alpinisme. Pour ceux qui s'intéressent à ces domaines, allez-y, car cette lecture est tres agréable, l'auteur maitrise bien la distanciation nécessaire à ce genre, il sait entre intime et général porter par son style et sa personnalité une transmission qualitative de l'expérience.
Le premier récit est très intéressant car il y introduit avec beaucoup d'adresse une trame introspective , il résoud ce fameux bémol de la subjectivité dans le récit, l'inclue, la pare et la tient à distance tout à la fois.
C'est un beau portrait de l'artiste lui même.
Mais exécuté, sinon avec humilité dumoins avec une indulgence assez spirituelle et riante.

J'ai le sentiment d'avoir rencontré sa personnalité, elle est assez attachante, en tous cas solidement plantée, j'en ferais pas mon mentor, mais sa maîtrise dans l'écriture m'intéresse. Je le relirai.C'était bien.
Je pense que les lecteurs qui l'ont commenté ci dessus aimeront aussi.
Mots clefs, quant au contenu "voyage" : Caraïbes, Himalaya, Andes.

ps : Une réflexion intéressante sur le couple lui sert aussi de fil rouge, ici et là. De ce point de vue il a fait un très beau texte , avec le 1er, "Voyager". Beau menteur sincère.

mots-clés : #alpinisme #autobiographie #voyage
par Nadine
le Sam 21 Oct 2017, 10:52
 
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Sujet: Russell Banks
Réponses: 29
Vues: 1467

James Salter

L'Homme des hautes solitudes

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L'histoire d'un alpiniste parmi tant d'autres !
Un superbe roman , froid , étincellant comme la glace vive dans laquelle Rand enfonce son piolet inlassablement pour ouvrir des voies sur ces immenses parois assassines .
Rand , qui erre dans la vie , sans toit ni loi ,juste le ciel étoilé pour se protéger et la montagne pour unique combat et union .....Une passion dévorante , dévastatrice , qui le vide de son moi intérieur ....Chaque nouvel exploit l'éloignant un peu plus de lui-même , de l'humanité ...Réussir là où d'autres y ont laissé leurs vies , consacrer sa vie à l'ascension sans autre but , les yeux constamment levés vers le ciel : Tel est l'unique "sens insensé"qui lui permet d'avancer !
Citation :
"-C'est une voie formidable .Tu sais qu'elle pourrait nous mener droit au sommet" ".
-Et même encore plus loin."


Oui... à part que ce "plus loin" , c'est l'inaccessible étoile .....
Oui ...à part qu'entre ces deux compagnons de cordées , les yeux rivés vers le même objectif , la rivalité les enchaine plus dangereusement qu'elle ne les assure ....

Oui ... à part que ce chemin , qui pourrait être celui de la sagesse, de l'amour et de la fraternité , de l'humilité , les conduit à nourrir un ego de plus en plus vide de sens ....
Et au bout du compte , la solitude comme seule réalité possible pour ces soi disant "héros", incapables de se frotter à une autre réalité que la paroi hostile de la montagne , et retournant à la vie "sur le plancher des vaches" presque désincarnés et déshumanisés....Voilà peut-être le dernier danger de la montagne , une fois le sommet atteint ....
une lecture foudroyante , qui ne pouvait que m'interpeller , connaissant un peu ce monde-là : Salter est brillant , aurait-il flirté lui même avec la roche dans sa jeunesse pour écrire sur le sujet avec autant de justesse ? !





mots-clés :  #alpinisme
par églantine
le Ven 11 Aoû 2017, 23:18
 
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Sujet: James Salter
Réponses: 6
Vues: 373

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