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La date/heure actuelle est Ven 17 Jan - 23:50

267 résultats trouvés pour famille

Jhaverchand MEGHANI

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Fiançailles

Original : Vevishal (Gujarati, 1938)
Introduction, Traduction, Notes biographiques, Notes: Moïz Rasiwala

CONTENU :
Sukhlal et Sushila ont été promis l'un à l'autre par leurs pères respectifs dès leur plus jeune âge. Mais le temps a passé : la famille de Sushila fait aujourd'hui du commerce à Bombay, s'est enrichie et se demande comment rompre cet engagement et se débarrasser du fiancé devenu indigne ! Sukhlal cependant, comme il avait été convenu, arrive à Bombay pour entrer dans l'affaire de sa future belle-famille. Celle-ci le tue au travail, il résiste; le ridiculise, il résiste; le renvoie chez lui en fiançant la ravissante Sushila à un épouvantable intriguant, et là c'est elle qui résiste ! Sukhlal et Sushila s'aiment, tout simplement. Et comme chacun sait, l'amour finit toujours par triompher, surtout dans les romans... Aussi, quand le romancier demande à Sushila pourquoi elle adore son Sukhlal, elle rétorque: " Est-ce que je ne suis pas libre d'aimer quelqu'un sans avoir à justifier mon choix ? Des raisons ! Donner des raisons pour tout ! En plus, vous allez les raconter à tout le monde, n'est-ce pas ? " (Source : Présentation de l'éditeur)

REMARQUES :
Ce roman en 37 chapitres sur un peu moins que 300 pages trouve son enracinement de fond dans le Sorath dans le Gujarat (Nord-Ouest de l'Inde). L'appartenance des deux familles commerçants protagonistes à une certaine caste, au Jaïnisme comme réligion (voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ja%C3%AFnisme ), et au us et coûtumes de leur temps, déterminent le cadre incontournable de l'histoire. Si on n'est pas capable ou partant pour entrer dans cet « autre » univers, on jugera rapidemment avec nos idées si avancées et peut-être même une attitude de commisération, un sourire, ces femmes et hommes. Mais éventuellement, ce faisant, on ne fait pas seulement tort aux personnages du roman, mais on se prive aussi d'une lecture enrichissante et parfois même drôle.

Il était une fois...l'histoire de deux familles qui avaient promis leurs enfants à bas âge l'un à l'autre. Mais le destin faisaient se développer différemment ces familles. Celle de la fiancée, maintenant d'une vingtaine d'années, s'est enrichie peu à peu et a deménagé vers Bombay. Par contre Sukhlal et les siens restaient au village, avec une mère clouée au lit, trois autres enfants en bas âge. Le père, pratiquant convaincant du Jaïnisme, se montre affectueux et attentif aux besoin et de sa femme et de ses enfants. Le garçon aîné, lui, doit partir pour Bombay pour entrer dans le commerce de la famille de sa belle-famille. Mais celle-ci,au moins en ce qui concerne le chef du clan, l'oncle , mais aussi la mère de Sushila, aimeraient rompre les fiançailles avec un garçon devenu avec les années « pas assez convenable » pour leur fille « si douée ». Ils commencent à penser à un jeune arriviste, Vijaychandra. Et rendent la vie de Sukhlal impossible, le tuent au travail, l'humilient. Quand le père de celui-ci arrive, il ne voit pas d'issue honorable sauf que d'entrer dans les propositions du beau-père de son fils.

Mais quand les obstacles au niveau des parents se dressent, les deux concernés – qui pourtant se sont pratiquemment à peine vus – et après quelques hésitations, commencent à resister à leur façon et à lutter dans le cadre du possible l'un pour l'autre. Des deux cotés ils vont trouver des fidèles aides auprès des gens proches. Ils ne vont peut-être pas devenir des rebelles pur et durs, mais ils commencent à s'affirmer, à apprendre à extérioriser leurs volontés contre celle de l'autorité familiale. Et, au lieu de voir ici juste un roman rose simple, on pourrait très bien se demander s'il n'y a pas ici une critique plus ou moins cachée de la societé, mais aussi une invitation à resister, de manifester « humblement », mais résolumment sa détermination. Et on pensera peut-être au contexte politico-sociétale du mouvement non-violent pour l'indépendence en Inde, déjà dans ces années 30, cadre probable du roman.

Face à l'oncle riche de la fiancée et la mère de la fiancée d'un coté, et les figures plus pauvres, mais tant dignes du père de Sukhlal ou de la tante de Sushila, on peut aussi se demander sur le rôle lamentable des uns et celui plus lumineux des autres. Qui sont alors les vrais riches, les vrais pauvres ?

Qui entrera avec un certain respect et acceptance du cadre du roman dans cette lecture, peut y trouver un bon mélange de réalisme, de descriptions des us et coûtumes d'une époque, d'une réligion, d'un pays avec une dose d'humour certain !


mots-clés : #conditionfeminine #famille #traditions
par tom léo
le Lun 9 Jan - 7:12
 
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Sujet: Jhaverchand MEGHANI
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Alice Albinia

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 97823311

Le livre de Leela

C'est bien à contre coeur que Leela, riche indienne exilée aux Etats-Unis, revient en Inde pour le mariage de la nièce de son mari. Pour cette femme, le déchirement est double : devoir remettre les pieds sur un sol natal qu'elle avait juré ne jamais revoir, et assister à l'union de cette nièce avec le fils de Vyasa Chaturvedi, homme haï entre tous. Très vite, l'on comprend que Meera, la soeur disparue de Leela, est au coeur d'un drame familial qui, tout au long du roman, n'en finira pas de nous dévoiler ses multiples ramifications.

Ce livre est donc avant tout une histoire familiale, avec ses personnages attachants et son lot de drames, de bonheurs et de rebondissements. Néanmoins, cette saga n'est pas non plus tout à fait comme les autres... Ce n'est en effet pas un hasard si les liens tissés entre les familles Sharma et Chaturvedi ressemblent étrangement à ceux qui unissent les Pandava aux Kaurava dans la célèbre épopée du Mahabharata : Leela est en fait l'une des incarnations d'un des personnages…

Selon la légende, Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, rédigea le Mahabharata sous la dictée du scribe Vyasa. Alice Albinia, partant de l'hypothèse malicieuse que la genèse de l'oeuvre fut quelque peu différente de la version officielle, en a imaginé une variation aussi ludique qu'inventive.
Ganesh intervient rarement dans le roman, contrairement à ce que pourrait laisser penser la quatrième de couverture. Ses apparitions sont autant d'interludes savoureux, monologues d'un Dieu dépassé par ses propres personnages et qui tente, au fil de leurs incarnations successives, d'infléchir le cours de destins qui, toujours, semblent lui échapper. Mais les Dieux ont pour eux le temps, et la patience…

Alice Albinia a séjourné plusieurs années en Inde. Ce pays, elle l'aime et elle le connaît bien. Le roman traite donc, sans toujours avoir l'air d'y toucher, de nombreux thèmes d'actualité parfois brûlants dans ce pays en pleine mutation : dérives nationalistes et délires génétiques des partis d'extrême droite, question de l'Histoire et des racines, homosexualité, querelles de castes et de religion, corruption policière…  Il y a de la matière ! Mais justement, peut-être Alice Albinia a t'elle voulu trop en dire. Malgré la longueur du texte, certaines péripéties m'ont paru superflues, ou traitées de façon superficielle.
De même, à trop vouloir lier les familles Sharma et Chaturvedi, Alice Albinia a parfois cédé à la facilité, surtout vers la fin du roman. Si l'on pardonne volontiers quelques "grosses ficelles" à nos épopées millénaires, c'est moins le cas quand il s'agit d'un roman actuel...

Pour autant, j'avoue que je n'ai pas boudé mon plaisir, et que j'ai dévoré ce livre de pure détente en quelques jours, embarquée par le réel talent de conteuse d'Alice Albinia, qui nous propose là un inventif roman hybride, entre saga familiale de facture classique et récréation sur le thème du Mahabharata.


PS : S'il n'est absolument pas nécessaire d'avoir lu le Mahabharata pour apprécier ce roman, je conseille toutefois d'en parcourir un résumé, histoire de ne pas manquer certaines savoureuses allusions.

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #contemythe #famille
par Armor
le Lun 9 Jan - 5:17
 
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Sujet: Alice Albinia
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Rosie Dastgir

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 97822610

Une petite fortune

Après ses études d'ingénieur, Harris n'est pas retourné au Pakistan épouser la femme qui lui était destinée ; tombé amoureux d'une anglaise, il a choisi de faire sa vie au Royaume-Uni. Désormais divorcé, il tient dans le nord du pays une petite épicerie de quartier qui vivote tant bien que mal.
Harris est un homme infiniment complexe, qui entretient des relations compliquées avec son entourage, et notamment avec sa fille Alia. Son amour maladroit et envahissant, tout comme son incapacité à comprendre les désirs d'émancipation de la jeune femme, creusent un fossé irrémédiable entre eux.

Harris ne semble réellement revivre que lors de ses escapades au Pakistan, ou lorsqu'il déguste un bon curry chez ses cousins, recréant dans son pays d'adoption l'illusion d'une vie de famille "traditionnelle". Mais le rôle de patriarche bienfaiteur qui lui a été dévolu lui pèse : que ce soit en Angleterre au Pakistan, son statut d'ingénieur fait fantasmer famille et amis, qui voient en lui une manne financière inextinguible. La coquette somme qui lui est octroyée après son divorce ne fait qu'attiser les convoitises, et met en lumière le caractère intéressé de certaines relations…
Incapable d'évoquer ses difficultés et de refuser son aide, souvent passif, Harris s'enfonce peu à peu dans un profond mal-être. L'espoir d'un renouveau pointe toutefois le bout de son nez lorsqu'il fait la connaissance de Farrah...

A travers Harris, l'auteur décrit à merveille le poids qui pèse sur les épaules de ces jeunes qui, partis étudier à l'étranger, portent à eux seuls les espoirs de toute une famille. La communauté, autrefois si rassurante, se révèle soudain étouffante pour ces hommes condamnés à la réussite.
Le jeune Rashid est à ce titre le pendant de Harris ; celui qui a échoué. Incapable de trouver un travail à la hauteur de ses pourtant brillantes études, il ne parvient ni à aider ses proches ni à s'intégrer dans cette nouvelle culture. Le sentiment d'échec, la culpabilité, le racisme ordinaire l'amènent peu à peu à se réfugier dans la religion, faisant de lui une proie idéale pour les prédicateurs à l'affût...

La richesse de ce livre réside en grande partie dans la sensibilité avec laquelle Rosie Dastgir a su décrire les personnages qui gravitent autour de Harris. Aussi complexes qu'attachants, ils incarnent chacun à leur façon les différents visages de l'immigration et de la double culture. Emancipation féminine, dangers de l'acculturation comme du repli communautaire sont autant de thèmes abordés avec intelligence et subtilité.
L'on sent le vécu lorsque Rosie Dastgir _ elle-même fille d'un Pakistanais et d'une Anglaise_ parle de la pression exercée par la communauté, lorsqu'elle évoque la rébellion d'une jeune femme écartelée entre deux cultures parfois antagonistes, lorsqu'elle décrit le désarroi et les espoirs de ces êtres qui cherchent désespérément à se réaliser sans pour autant renier leurs origines.

Une petite fortune est un premier roman, et pourtant l'auteur fait déjà montre d'une belle maîtrise, évitant l'écueil du manichéisme et brossant avec justesse des portraits tout en nuances, dans un style fluide qui vous emporte.
Une réussite !

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #identite #immigration #famille
par Armor
le Dim 8 Jan - 2:21
 
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Véronique Olmi

Bord de mer  

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C'est une histoire du genre des frères Dardenne : une jeune femme, submergée de misère, de solitude et de déprime, tenant à bout de bras ses deux garçons, Stan et Kevin (à moins que ce ne soit elux qui la tiennent à bout de bras) décide, coup de folie désespérée, d'une virée au bord de la mer, à la fois première et ultime :  hôtel miteux, plage sous la pluie, fête foraine, intimité à trois fusionnelle et rejetante.

Un texte très court, écrit à la première personne. Sur les premières pages j'ai été gênée par l'absence de négations (logique mais dérangeante) puis  cela m' importait de moins en moins, saisie par la description de cette noirceur ordinaire, de ce désir de se grignoter un petit bout de bonheur à soi. C' est une œuvre compacte et éprouvante, mêlant  pathétique et sobriété, une histoire de gouffre sans fond, à faire pleurer (ou hurler) les plus insensibles.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #famille #social
par topocl
le Sam 7 Jan - 17:41
 
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Cyril Pedrosa

Portugal

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Ca a pas mal de choses surprenantes pour une BD, un long récit fluide qui tient plus de ce qu'on voit en films ou en roman.
250 pages bien comptées, pour un récit intime et introspectif, où Pedrosa se ballade, de digressions en détails "inutiles" , s'attachant tout autant à l'ambiance qu'au fil de son histoire.

Simon est un jeune BD-iste confronté au vide de la page blanche, mais aussi de sa vie, construite sur un tas de non-dits familiaux. Un rapide voyage au Portugal, un mariage sympa en Bourgogne, avec ce ue cela implique de retrouvailles familiales et  de désinhibition alcoolique  ouvrant à la confidence... et le voila parti pour une découverte de soi, de sa famille, de ses origines portugaises.

Traité comme un sketch-book, colorisé au fil de l'humeur des personnages, agrémenté de répliques "plus que vraies" entre ses personnages bien campés, Portugal est d'une vivacité dans l'observation des hommes, d'une tendresse même pour les "chiants", langoureux dans l'ennui et le mal-être, attachant dans la découverte de chacun, jubilatoire dans l'épanouissement final.

Du très bon.(Obstinez-vous malgré le début un peu déroutant)

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(commentaire récupéré)


mots-clés : #bd #famille
par topocl
le Sam 7 Jan - 10:36
 
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Sujet: Cyril Pedrosa
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Antonio Muñoz Molina

Dans la grande nuit des temps

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De Munoz Molina, j'avais beaucoup aimé Sépharade et Fenêtres de Manhattan : ses phrases à rallonges, son rythme enchanteur, ses descriptions à la fois scrupuleuses et nostalgiques, ses retours en arrière, généraient une ambiance à la fois grouillante et intime, unique.

On retrouve tous ces éléments dans Dans la grande nuit des temps, énorme roman de 750 pages écrites serrées. J'en suis à la page 250, et comme depuis 50 page je me demande en soupirant si je ne vais pas arrêter, je vais en rester là, bien qu'à regret, car certains passages sont fort beaux. Mais ouvrir un livre et ne plus savoir si ce passage a déjà été lu ou  non , cela a un petit côté « écrire pour écrire » qui me lasse et me décourage

Ces 250 pages décrivent Ignazio Abel, qui monte dans un train et fuit l’ Espagne de 1936. Architecte de renom qui a réussi grâce à son opiniâtreté, mais aussi aux relations de la riche famille de sa femme, bientôt quinquagénaire, il avait cru devoir admettre le semi-échec de sa vie sentimentale auprès d'une épouse pour laquelle il n'éprouve plus qu'une tendresse fade et distante, au point d'en avoir oublié ses premiers émois. Il va être sorti de cet engourdissement tranquille par Judith, une jeune Américaine qui lui révèle que ses sens, son affectivité et son intellect méritent mieux. À la page 250 où je m'arrête donc, on en est encore là, aux premiers jours de cette nouvelle liaison, avec un sacré parfum de déjà avoir lu cette histoire mille et mille fois.

On aurait pu croire que le style si particulier de Munoz Molina aurait sauvé l'histoire, mais on se trouve finalement dans la même apathie sans affecte que le héros, dans la même lassitude découragée, pas vraiment offensée, mais totalement démotivée. L'idée annoncée par le 4e de couverture que « l'intime rencontre l'Histoire » était aussi une piste tentante, mais pour le moment, « l’Histoire » se limite à cette date de 1936, et une idée très vague de persécution puis de fuite d'Ignazio.

Munoz Molina serait-il meilleur dans des essais  descriptifs brefs que dans un roman-fleuve ambitieux ? Sans doute n’aimé-je pas  assez le style pour m'attacher à ce récit d'une minutie qui rejoint pour moi l'indigeste : aussi je ne voudrais décourager personne tant j'ai l'impression que pour certains tout au contraire le style de Molina pourrait être un cocon moelleux ou se lover, se complaire et ressentir d'étranges émotions envoûtantes.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #exil #famille #guerredespagne
par topocl
le Sam 7 Jan - 9:59
 
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Sujet: Antonio Muñoz Molina
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Giuseppi Bonaviri

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 Captur64

Le tailleur de la grand-rue

L’auteur nous raconte à travers les souvenirs de 3 personnages, l’histoire d’une famille rurale Sicilienne.
Pietro tailleur, auprès duquel les jeunes paysans venaient quêter l’écriture de lettre à leur promise car disent-ils ses mots sont savoureux ; Pina la sœur célibataire de 45 ans qui partage le foyer et Peppi le jeune fils de 11 ans.

Chacun a sa version de l’histoire de la famille mais tous partagent la difficile et ingrate vie et les rares moments de répit, tels la fête de sainte Agrippine, la clémence du temps et une bonne commande.
Ils ont hérité des rêves, des espoirs mais hélas aussi de la misère de génération en génération.
Dans ce village de montagne les habitants survivent difficilement dans la pauvreté et le lourd labeur qui emportent indifféremment les vies. Superstitions, croyance se mêlent et s’expriment chez les enfants comme chez les adultes et confinent leur nuit dans les maisons.
Pietro envisage de partir vers une grande ville dans l’espoir d’y trouver un travail lui permettant de nourrir sa famille, exil qui tourmente sa Femme et sa Sœur et déconcerte les enfants.

Quelle belle écriture, riche, vraie, juste, cette lecture m’a procuré un grand plaisir.
L’auteur fait partager, tout simplement, à la Nature, aux objets et aux Animaux la vie des Hommes.  
L’insalubrité, le défaut d’instruction, la dureté du labeur et des éléments naturels sont décrits généreusement mais sans emphase avec le fatalisme inhérent aux Paysans.


mots-clés : #famille #social
par Bédoulène
le Ven 6 Jan - 23:24
 
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Sujet: Giuseppi Bonaviri
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Vikram SETH

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 51gadn10 Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 Images18

Un garçon convenable

Un garçon convenable, c'est l'Inde dans toute sa démesure. Avec ses contradictions, sa chatoyance, ses arts et son mystère. Tout ce qui rend ce pays tellement fascinant, mais aussi tellement impénétrable.

La grande affaire du livre, c'est le mariage de Lata. Enfin, je crois.
Lata rêve du mari idéal. Sa mère lui cherche le mari idéal. Mais ces deux idéaux n'ont pas grand chose en commun… Quand la fille rêve d'amour, de promenades au clair de lune et de lettres enflammées, la mère recherche activement le bon parti, la bonne famille, le bon arrangement. Bref, le parti convenable.
Et donc, le lecteur rencontre Lata, la famille de Lata, les amis de Lata, les serviteurs de Lata…  toutes les personnes, qui, de près ou de loin, gravitent autour d'elle.
Alors, le mariage de Lata est-il la grande affaire de ce roman ? Oui… Et non. Car si nous avons incontestablement affaire à une saga familiale, un roman fleuve avec ses personnages aussi attachants que complexes, Un garçon convenable est avant tout une grande fresque sur l'Inde au lendemain de son indépendance. Plus exactement, cette partie de l'Inde qui, anciennement conquise par les Moghols, a su magnifier les influences musulmanes et hindoues pour créer un art unique et incomparable.

Vikram Seth a su mêler avec brio l'intime et l'Histoire avec un grand H.
Il en fallait du talent pour rendre aussi passionnantes les discussions enflammées qui eurent lieu au Parlement au sujet de la redistribution des terres. Terres jusque là détenues par les zamindars, richissimes propriétaires terriens qui régnaient en despotes sur des domaines immenses, et dont les femmes se devaient de vivre cachées du regard des hommes... Tout un mode de vie, fastueux et décadent, alors sur le déclin.
Oui, il en fallait de la passion pour nous en faire pénétrer les arcanes, et nous décrire le monde des chanteuses de ghazals, musiciennes et séductrices accomplies, qui susurraient les poèmes ourdous avec un raffinement tel qu'elles rendaient les hommes fous d'amour…
Et puis, et puis il en fallait de l'empathie pour nous parler sans pathos du dur quotidien des petites mains de l'Inde, paysans ou parias si durement soumis au système des castes…

Lire Un garçon convenable, c'est avoir l'impression de toucher, un peu, un tout petit peu, une certaine réalité de l'Inde. Avec ses rites intimes et ses fêtes exubérantes, sa décadence et sa misère, ses coutumes ancestrales et le choc d'une modernité qui, déjà à l'époque, séduisait les jeunes générations et affolait les anciens.
Alors, Un garçon convenable est-il Le grand roman de l'Inde ? Oui… et non. Car si la complexe réalité indienne est la toile de fond du récit, la grande affaire du roman, c'est quand même le mariage de Lata.
Un garçon convenable, c'est donc aussi  (et surtout ?) une saga familiale sans une once de mièvrerie, où les grands sentiments sont mis à l'honneur. Et il en fallait du talent pour décrire de façon aussi prenante les tourments des amoureux, les chicaneries familiales et le poids de la tradition ! Les différents personnages, subtilement décrits, sont tous confrontés à l'amour : qu'il soit fraternel, de raison, prenne la forme d'un juvénile coup de foudre ou d'une passion destructrice, il n'épargne aucun des protagonistes dans un pays ou le Mariage (arrangé) est le but de la vie, et l'affaire de toute une famille...

Bref, que le mariage de Lata soit ou non la grande affaire du roman, lisez un garçon convenable. 1800 pages qui se dévorent littéralement et qu'on voudrait ne jamais voir finir. Et, tout de même, quel souffle !
L'un de mes grands, grands coups de coeur !


mots-clés : #Independance #famille #traditions
par Armor
le Jeu 5 Jan - 19:04
 
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Sujet: Vikram SETH
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Tishani DOSHI

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Le plaisir ne saurait attendre.

Lorsque Babo s'envole pour  Londres afin de parfaire sa formation, ses parents, Prem Kumar et Trishala, ont déjà décidé qu'il reviendrait bien vite à Madras pour épouser la jolie Falguni et fonder l'entreprise familiale dont ils ont toujours rêvé. Las, il suffit d'un regard pour tous ces projets soient bouleversés... Oubliées, les ancestrales coutumes matrimoniales indiennes et leurs préceptes de castes et de religion ; oubliée aussi, le charmant zézaiement de Falguni dont les lettres trempées de larmes emplissent la valise de Babo. A Londres, Babo a croisé le chemin de la jolie Sian… Bien vite rappelé en Inde pour de fallacieuses raisons, Babo entre résistance. Quelques larmes et claquements de portes plus tard, Sian le rejoint à Madras. Ensemble, ils auront deux ravissantes fillettes qui, à cheval entre deux continents et deux cultures, devront trouver leur place en ce monde.

De prime abord, le contenu du livre pourrait faire penser à un roman sentimental à la sauce tandoori, un pendant littéraire des films de Bollywood, destiné à satisfaire la ménagère en mal d'exotisme. Mais Tishani Doshi a su éviter les écueils de l'eau de rose et du mélodrame, et faire d'une saga familiale tout ce qu'il y a de plus traditionnelle un roman enlevé et addictif. Les évènements s'enchaînent à un rythme soutenu, appelant l'air de rien à la réflexion sur des thèmes aussi divers que le choc des cultures, le métissage, ou les affres du temps qui passe… Autant de sujets que l'auteur connaît bien puisque ce roman est inspiré de sa propre expérience.

L'adaptation ne sera pas toujours simple pour Sian. Difficile en effet de quitter un taiseux terroir gallois pour intégrer une bruyante tribu indienne, qui, en plus d'avoir des meurs étranges, semble totalement méconnaître le mot "intimité"… Une famille bigarrée et attachante, veillée par la figure tutélaire de la vieille Ba qui, de sa maison au fin fond du Gujarat, transmet à tous son étonnante absence de préjugés et son appétence pour la vie.

Ce récit, aussi universel que typiquement indien, dégage un charme particulier, fait de vitalité et de tendresse, avec en prime quelques touches d'humour et un zeste de poésie. Alors certes, le plaisir ne saurait attendre n'est pas un "grand" roman ; mais quel agréable interlude ! A savourer les doigts de pieds en éventail et le coeur en Inde…


Extrait :

Petit passage "remèdes de grands-mères et choc des cultures" :

"Sian arpenta les sentiers du jardin durant toute sa grossesse en dépit des cris d'orfraie des femmes du clan Patel, qui désapprouvaient ses exercices quotidiens. Chacune y allait de ses doctes conseils. Elle aurait dû rester allongée, manger des friandises dégoulinantes de ghee, prendre des bains d'huile, peindre, lire, chanter _ N'importe quoi, mais surtout pas glisser ses pieds enflés dans des chaussures de marche et demander à Selvam qui était à moitié aveugle de la conduire chez ces cinglés de rédemptionistes.

"Pourquoi ? s'inquiétait Trishala. Pourquoi mettre en danger la vie du bébé ? Pourquoi boire du café quand je me tue à te dire que c'est mauvais pour l'utérus ? Pourquoi refuses-tu de comprendre qu'une femme enceinte doit être grosse ? "

 Trishala, qui virevoltait dans la maison et débordait d'énergie nerveuse, persuadée qu'elle connaissait mieux que quiconque les dangers de la grossesse, surtout quand il s'agissait d'un bébé à cheval entre deux castes, entre deux pays, entre deux couleurs.

"Au moins, bois plus de lait, insistait-elle, montrant sa propre poitrine plantureuse. Sinon, l'enfant aura faim."

Même Ba lui écrivait de Ganga Bazaar. Sian faisait-elle tremper des graines de fenugrec toute la nuit, avant de les appliquer avec des peaux d'oranges et de citrons sur ses seins, afin qu'ils grossissent ? Trishala avait-elle du sel gemme sous la main pour accélérer l'accouchement ? Babo avait-il trouvé des racines de [i]Ficus racemosa
? Il devait les insérer dans le vagin de Sian une fois nettoyées pour voir si elles en ressortaient entières. Le cas échéant, elle donnerait naissance à un garçon. Si elles se rompaient, ils pouvaient être sûrs d'avoir une fille.

Rompue : c'était bien le mot qui décrivait l'état intérieur de Sian."
[/i]

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #immigration #famille
par Armor
le Jeu 5 Jan - 18:29
 
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Sujet: Tishani DOSHI
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Vues: 278

Elena Ferrante

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P
OUPEE VOLEE

"Le plus difficile à raconter, c'est ce que nous ne parvenons pas nous-mêmes à comprendre." Ainsi pense Leda, la narratrice, au début de ce roman. Après un séjour à la mer, elle a un accident de voiture. Elle dit à ses amis que c'était la faute au sommeil.

"Mais je savais bien que ce n'était pas la faute au sommeil. A l'origine, il y avait ce geste, mon geste privé de sens dont justement parce qu'il était insensé, je décidai tout de suite de ne parler à personne"...

Et, c'est ainsi que Leda est amenée à se pencher sur son passé et à essayer de comprendre pourquoi elle a eu ce geste insensé en apparence... Voler sur la plage la poupée d'une petite fille. Leda est enseignante, une intellectuelle et même si elle n'a pas lu Freud, elle sait que son geste n'est pas anodin.

À l'hôpital où elle a été admise, elle commence à fouiller dans sa vie. Au tout début, quand elle a entrepris volontairement de prendre sa vie en main. Dès l'enfance, elle a commencé à s'opposer à sa mère... Une mère belle, très belle, mais napolitaine ! Une culture populaire et très prégnante. Sa quête d' identité se poursuivra dans sa vie d'épouse puis de mère. Et enfin dans la séparation et le divorce d'avec son mari et l'éloignement de ses filles...

Leda se croit alors libre, enfin elle-même, mais le séjour qu'elle fait à la mer la met en présence d'une très jeune mère et de sa petite fille. Lui revient alors en boomerang, l'éducation de ses propres filles, leurs relations, leurs malentendus... Et sa vie à elle, ratée.

Inutile de raconter l'histoire... Une confession sans concession. Et qui va dévoiler tout ce qu'elle s'est caché jusqu'à présent. Un confession impudique et cruelle qui va l'obliger à libérer la violence contenue en elle. Elle n'en finit pas de creuser, encore et encore, parce qu'à creuser ainsi, on se rend compte qu'il n' y a pas de fond en vérité, mais seulement des ombres et des reflets trompeurs.

Leda prend conscience des rapports qui unissent et parfois de façon obsessionnelle, mère et enfants, ici mère et filles. Et de tous les sentiments contradictoires qui ne cessent d' affluer : culpabilité, reproches, amertumes, approches et demandes insatisfaites, tensions.

Le propos n'est pas dans ce roman de dire ce qu'il adviendra, mais seulement de se libérer d'un état de crise trop lourd à porter. Voilà un livre classique et remarquablement écrit, et qui m'a beaucoup appris sur les femmes... En tout cas, sur celle qui nous est présentée ici.


mots-clés : #famille #psychologique
par bix_229
le Mer 4 Jan - 20:01
 
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Sujet: Elena Ferrante
Réponses: 32
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Anne-Marie Garat

Tranquille

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Le père, éternel absent de l'enfance, s'est retiré  à l'aube de la vieillesse, rongé par sa haine des hommes, loin de tout, dans une cabane alpine  inaccessible, courant la montagne à perdre haleine pour mieux s'y perdre. Son fils, au coeur encore plein de rancune, s'y rend un jour porteur d'un message, et, en quelques heures d'un partage qui ne passe pas par les mots, malgré la rudesse des échanges, un voile de compréhension va subrepticement se soulever.
Leur vie n'en sera certes pas changée, mais leur coeur, si, sans doute.

Nature, berce-les doucement...
Dans cette nouvelle à l'économie généreuse, la montagne est resplendissante, le coeur des hommes meurtri. Il y a là une sobriété qui masque le pathétique d'une relation échouée, et un baume qui s'installe, enfin.
mots-clés : #famille
par topocl
le Mer 4 Jan - 16:13
 
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Sujet: Anne-Marie Garat
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Lao She

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Quatre générations sous un même toit

Le vieux monsieur Qi ne craignait rien ni personne. Les guerres ne l'avaient pas effrayé, la paix le réjouissait. Il avait seulement  la hantise de ne pouvoir célébrer son quatre-vingtième anniversaire. (…) Il menait une vie honnête, sans chercher à sortir de  sa condition, n'aspirant qu'à jouir d'une vie paisible débarrassée des soucis matériels ; la guerre même ne le prendrait pas au dépourvu. Il gardait toujours chez lui des réserves de farine, de riz et de légumes salés, de quoi nourrir sa famille durant des mois. Les obus pouvaient percer le ciel, les soldats galoper dans les rues, il fermerait sa porte en la calant avec une grande jarre ébréchée remplie de pierres. Cela suffirait à le préserver de tout désastre.

1942. Les Japonais on envahi Pékin. Durant de longues années, ils vont tenir la population sous leur joug. L'action se déroule quasi exclusivement dans la rue du "Petit bercail", hutong populaire comme il n'en existe quasiment plus aujourd'hui. Dans cette ruelle cohabitent de nombreuses familles issues de milieux sociaux très divers. S'y côtoient des érudits, des artisans et de pauvres gens. Ils s'aiment, se querellent, s'entraident ou se dénoncent les uns les autres. Et surtout, tentent de survivre au jour le jour…

Depuis des décennies, la Chine n'est plus "qu'un simple morceau de lard que tout le monde se partage". Mais l'occupation japonaise se montre particulièrement cruelle : rien n'est épargné aux Pékinois impuissants. Les persécutions, les privations et le climat de peur permanents révèlent les caractères, la résistance active et la collaboration la plus abjecte cohabitant parfois au sein d'une même famille. Mais même les plus viles compromissions ne peuvent garantir fortune et sécurité...

Lao She décrit le peuple de Pékin comme personne, de son style inimitable et savoureux qui, selon moi, atteint ici sa plénitude. Il fait revivre sous nos yeux la Chine des années 40, ses petits métiers, ses spécialités culinaires, ses rites ancestraux, tout un mode de vie en apparence immuable, mais en apparence seulement... Lao She nous narre son déclin avec un mélange de nostalgie et d'appétance pour les idées nouvelles.…
Lao She a l'art de croquer en quelques traits des personnages qu'il approfondit ensuite par petites touches, nous faisant partager leurs émotions et questionnements les plus intimes. S'il ne craint pas d'user parfois de la caricature, c'est pour mieux retomber dans une sensible évocation des tourments humains.
L'auteur affectionne les métaphores originales, souvent animalières ou végétales. Elles surgissent au détour d'une phrase, alors qu'on ne les attendait pas ; elles peuvent surprendre, mais leur pertinence nous arrache immanquablement un sourire… Car l'humour est l'une des caractéristiques de l'écriture de Lao She. Grinçant, bon enfant, outrancier ou plus subtil… il en maîtrise toute la palette.

Le récit alterne moments de tendresse familiale, disputes animées entre voisins, pensées et projets des uns et des autres, mais aussi descriptions terribles des multiples exactions commises par les occupants. De plus en plus sombre au fur et à mesure que l'étau japonais se resserre, le roman ne tombe pourtant pas dans la désespérance. Lao She est avant tout un auteur de la vie, la vie qui continue coûte que coûte. Et c'est superbe.

Il m'est impossible de décrire ce que j'ai ressenti durant cette lecture, tant elle m'a marquée. 1900 pages qui se lisent d'une traite et auxquelles on repense longtemps après avoir, à regret, refermé le dernier tome. Assurément l'un des plus gros coups de coeur de ma vie de lectrice !

N'étant jamais allée en classe, elle n'avait pas de vrai prénom ; en effet, on ne donnait alors un prénom aux enfants qu'à leur entrée à l'école. Ce fut donc son mari qui, après leur mariage, lui donna le prénom de Yun Mei, un peu comme on décerne le titre universitaire de "docteur". ("yun" signifie charme, "mei" "prunier")
Ces deux caractères, Yun Mei, ne furent jamais bien accueillis dans la famille Qi. Les beaux-parents n'avaient pas l'habitude d'appeler leur bru par son prénom, pas plus que le grand-père ; d'ailleurs ils n'en voyaient pas la nécessité. Les autres la considéraient un peu comme la bonne à tout faire et ne voyaient rien en elle qui puisse évoquer le "charme" ou les "fleurs de prunier". Comme les deux caractères Yun Mei se prononcent exactement de la même façon que deux autres caractères qui signifient "transporter le charbon", le vieux Qi croyait qu'ils étaient synonymes.
"Eh bien, elle est déjà bien occupée du matin au soir, et en plus on a la cruauté de lui faire transporter le charbon?"
Du coup, son mari n'osa plus l'appeler par son prénom.


(Ancien commentaire très remanié)


mots-clés : #corruption #famille #guerre #traditions #romanchoral
par Armor
le Mer 4 Jan - 11:30
 
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Sujet: Lao She
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Elif Shafak

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la Bâtarde d'Istanbul

Ca fait quelques temps que je l'ai lu. Il est intéressant de voir que certaines choses marquent plus que d'autres...
Je me souviens surtout de la femme turque, qui porte la mini-jupe dans Istanbul, qui s'affranchit des codes dictés par la religion, la tradition. Elle est également mère célibataire ce qui n'arrange pas son cas... Elle fume, elle boit, elle côtoie des hommes. Une femme toute européenne à Istanbul en somme.

Même si c'est la jeune fille qui fait le voyage (famille arménienne immigrée aux Etats-Unis), pour découvrir ses origines, toutes cherchent des réponses. Des solutions pour l'avenir, se construire ou se reconstruire, pour comprendre ce qui c'est passé, pourquoi elles en sont arrivées là.

Les autres femmes de la famille Kazanci sont toutes différentes, mais toutes vieilles filles ou veuves. Les hommes meurent jeunes dans leur famille. Il y a entre autre une voyante, un peu mystique très amusante avec ses lubies. Elles ont toutes leurs manies particulières, elles sont (je crois) 8 à vivre ensemble dans la même maison, et ça fait un joyeux bordel .... croyez moi ! Elles sont attachantes et drôles, on les aime rapidement !

Une lecture pleine de rebondissements, une écriture simple et agréable. Des descriptions de femmes turques, avec leurs paradoxes, leurs envies, leurs attentes, d'une Istanbul tiraillée entre Europe et Occident, modernité et tradition. Sur la place des femmes dans cette Istanbul, dans cette Turquie géographiquement et intellectuellement en proie à des doutes, des dilemmes. Un très beau roman, une fin inattendue, je vous le recommande choisiens et choisiennes I love you

mots-clés : #famille #conditionfeminine
par Silveradow
le Lun 2 Jan - 19:15
 
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Sujet: Elif Shafak
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Félix Couchoro

Félix Couchoro
(1900-1968)

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Félix Couchoro (Ouidah, Bénin, 1900 - Lomé, 1968) est un écrivain togolais.
Il étudia dans une mission catholique et fut professeur d'une école catholique. De plus, il fut éditeur de différentes publications.

(wikipedia)

Bibliographie

L'Esclave, 1929
Amour de féticheuse, 1941
Drama d'amour à Anecho, 1950
L'héritage cette peste, 1963


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Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 Captur43

L’esclave

L’introduction  (de Yves-Emmanuel DOGBE) est très intéressante pour situer l’auteur dans la Littérature négro-Africaine et pour cette précision :

« La naissance de la littérature négro-africaine fut tributaire de l’action missionnaire, qui dota les premières élites africaines de l’usage de la langue française (aussi de l’écriture de certaines langues locales) et de l’instruction suffisante pour écrire un livre. On conçoit que leurs témoignages ne sauraient être que de gratitude, d’autant que la Mission elle-même les sollicita pour apprécier aux yeux du monde l’importance et le bien-fondé de l’implantation du christianisme en Afrique. »

La préface de l’auteur évoque  le fleuve fétiche « Mono » de manière très poétique ; fleuve sur lesquelles rives  ont pris position et possession deux peuples  européens (les Germains et les Gaulois selon les termes de l’auteur) .

                                                   
 ………………………………………………


Résumé : Akoéba se marie avec  Komlangan  en grandes fastes et s’acquitte honorablement de sa place de dernière  et jeune femme.  Cohabitent dans la maison les autres femmes de Komlangan avec leurs enfants et son frère Mawoulawoé  et son épouse.
Mawoulawoé n’est pas le frère de sang de Komlangan, il était un jeune esclave quand le père de Komlangan  l’a acheté. Il vécut de la même façon que son « frère », mais à la mort du père les revendications de Mawoulawoé  indisposèrent Komlangan qui  lui opposa un refus.
Akoéba  et Mawoulawoé s’aimèrent, découverts ils n’hésitèrent pas à éliminer les gêneurs, il fallait que l’honneur fut sauf.
Le remord alors les fit se haïr, mais un fruit était né et Akoéba , veuve ne sû résister à l’homme, devenu à son tour le « maître ».
Le fils ainé de la première femme de Komlangan  Victor revient après plusieurs années d’absence et  prend possession de l’héritage qui lui revient, après avoir eu connaissance des évènements tragiques qui ont bouleversé la maison et de la responsabilité de Mawoulawoé  « son oncle ».
Avec la sage et clémente conduite de Victor qui s’apitoie sur le sort d’ Akoéba et même sur celui de « l’esclave »  la maisonnée renoue avec une vie agréable.

Extraits : « Battre le tambour est tout un art qui a ses maîtres, car ce cuir tendu sur un billot de bois creusé est un être que l’on fait parler, une espèce de télégraphe, transmetteur de nouvelles d’un village à un autre. »
« C’est que le tam-tam parle, et parle de vous ; c’est une suite de louanges qu’il vous adresse, c’est de vos ancêtres qu’il parle en termes élogieux ; c’est souvent aussi une litanie de choses mortifiantes, désagréables qu’il  vous décerne et seul  l’entendent le joueur et les quelques initiés se trouvant là. »

« Ces fantômes le poursuivaient  le jour, le harcelaient la nuit.
Plus de repos.
La hantise devenait une obsession.
Dès qu’il se retrouvait seul, l’idée fixe, à l’affût, près de son cerveau malade, s’y précipitait. Les deux fantômes se montraient menaçants. L’  homme se surprenait à parler. Souvent, il se livrait à des soliloques qui absorbaient toute son attention. »


« Non ! demain, après-demain, la semaine prochaine, le mois suivant, l’année prochaine, tout ce chaos d’évènements, de choses qu’on nomme le futur, tout cet abîme insondable se cache sous le voile sombre dont se couvre l’hallucinant fantôme : l’Avenir ! »

C’est donc l’histoire d’une famille aisée vivant dans un petit village de la brousse sur la rive du Mono  dans laquelle va se dérouler un adultère, mais ce n’est pas un vaudeville. Dans cette région d’Afrique la morale est rigoureuse et  l’adultère prend des accents dramatiques.  Toutes les passions humaines  sont aiguisées.

L’auteur s’adresse 2 ou 3 fois au lecteur, l’incluant ainsi dans l’histoire en témoin des évènements.

Le lecteur est plongé dans les codes, les rythmes  de cette Afrique noire, il assiste subjugué à  ces chants ces danses, ces violences et ces passions.

L'écriture est limpide, mais je ressort toutefois de cette lecture avec un manque, sans savoir le définir même si elle m'a intéressée.




mots-clés : #esclavage #famille #traditions
par Bédoulène
le Sam 31 Déc - 16:55
 
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Sujet: Félix Couchoro
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Ayana Mathis

Les douze tribus d'Hattie

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   Hattie savait que ses enfants ne la considéraient pas comme quelqu'un de gentil, et peut-être ne l'était-elle pas, mais quand ils étaient petits, il n'y avait pas beaucoup de temps pour les sentiments. Elle leur avait fait défaut dans des domaines essentiels, mais à quoi cela aurait-il servi de passer les journées à les serrer contre elle et à les embrasser s'ils n'avaient rien eu à se mettre dans le ventre ? Ils ne comprenaient pas que tout l'amour qu'elle avait en elle  était accaparé par la nécessité de les nourrir, de les habiller et de les préparer à affronter le monde . Le monde n'aurait pas d'amour à leur offrir ; le monde ne serait pas gentil.



C'est l'histoire d'Hattie.
Jeune noire à la peau claire fuyant à 15 ans le Sud avec sa mère et ses sœurs, installée à Philadelphie, très vite enceinte, mère de jumeaux à 16 ans, les perdant à 17 d'une pneumonie, déchirée à vie ; un mari brave mais volage et incapable de ramener l'argent à la maison  ;  10 grossesses enchaînées. Hattie, arrivée pleine de curiosité, prête à dévorer le monde, plongeant de désillusion en désillusion, n'ayant d'autre ressource que de serrer les dents, lutter pour l'ordinaire, abandonnant amour,douceur et tendresse – mais sans doute pas dans son cœur. Une femme qui n'a pas de choix.


 Il était important de faire ce qu'il y avait à faire, indépendamment du jour et des circonstances


Décrite en  10 chapitres s'étalant sur  55  ans,  comme 10 nouvelles s'enrichissant l'une-l'autre, chacune consacrée à l'un de ces enfants  devenant adultes, tout comme elle ballotés par un monde impitoyable,  dérivant, se perdant.  A travers le parcours de chacun, c'est la vie de Hattie qui est racontée, un cœur tendre soumis à rude épreuve, camouflé sous un carapace de colère.

Voilà une histoire qui pourrait être misérabiliste, où il ne faut pas rechercher de douceur. Une femme dans le siècle, un combat pour survivre et se protéger tant bien que mal, qui  pourrait être un amalgame de  situations convenues, et c'est au contraire plein de belles surprises, grâce à une forme littéraire originale, à  des dialogues somptueusement menés, grâce surtout à l'œil attentif de Ayana Mathis, une femme qui sait regarder les autres sans pitié, mais sans les juger.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #psychologique #famille
par topocl
le Sam 31 Déc - 10:17
 
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Sujet: Ayana Mathis
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Jane Smiley

Jane Smiley
Née en 1949


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Jane Smiley est femmes de lettres américaine. Elle a été professeur à l'Université de l'Iowa. Elle est lauréate du Prix Pulitzer 1992 pour le roman L' Exploitation inspiré du Roi Lear de Shakespeare. Ce roman est adapté au cinéma en 1998 sous le titre A Thousand Acres (Secrets), réalisé par Jocelyn Moorhouse avec Michelle Pfeiffer et Jessica Lange. Elle vit actuellement à Carmel en Californie.

Source : Babelio

Oeuvres traduites en français

1981 : Jusqu'au lendemain (At Paradise Gate)
1984 : Un appartement à New York (Duplicate Keys)
1988 : La Nuit des Groenlandais (The Greenlanders)
1991 : L'Exploitation (A Thousand Acres)
1995 : Moo (Moo)
1998 : Les Aventures de Liddie Newton (The All-True Travels and Adventures of Lidie Newton)
2000 : Le Paradis des chevaux (Horse Heaven)
2003 : En toute bonne foi (Good Faith)
2007 : Dix jours dans les collines de Hollywood (Ten Days in the Hills)
2010 : Une vie à part (Private Life)





Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 41zdsr10

Nos premiers jours Editions Rivages traduit en 2016.

Voici donc le premier livre d'une trilogie... une saga familiale. J'attends avec impatience les suivants... Je pense avoir déjà lu au moins un ou deux des romans de cette auteure, mais à vrai dire, je n'en ai aucun souvenir, dommage Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 2441072346 Ceci dit, c'est vraiment pas mal au final même si commençant ma lecture je me suis dit : bof....en fait, on s'immerge peu à peu dans la vie de cette famille d'agriculteurs qui se déroule de 1920 à 1953.

Walter et Rosanna Langdon ont réalisé leur rêve, posséder une ferme bien à eux dans l'Iowa. Ils ont six enfants, font pousser du maïs, traversent des épreuves, un rythme lent, quotidien, la vie pas simple d'un cultivateur, au rythme des saisons, les variations des cours suivant les années, l'avènement de nombreux changements, les tracteurs, etc. Les enfants grandissent, leur évolution au fil du temps, leur personnalité particulière, tout ceci est très bien décrit.

Oui, j'ai bien aimé, on s'attache aux personnages, quelques touches de politique, l'engagement des Etats-Unis pendant la dernière guerre
à travers la vision du fils aîné de Walter et Rosanna, Frank, qui s'engage, assez intéressant. J'espère ne pas devoir attendre trop longtemps pour la suite Wink


mots-clés : #famille #ruralité #viequotidienne
par simla
le Sam 31 Déc - 8:18
 
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Sujet: Jane Smiley
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Philip Caputo

Clandestin

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 97822613

C'est sûr que Philipp Caputo n'a pas lésiné sur les moyens. Il mêle roman d'amour, réflexion historique, thriller, Nature writing, saga familiale...Il inscrit son roman dans la durée sur plusieurs générations par des récits entremêlés, malédiction et vengeance à l'appui. Il oppose l'Ouest ancien avec ses cow-boys et la naissance de la Révolution mexicaine, et l'Ouest moderne où la frontière est le terrain de jeu des passeurs de migrants et des narcotrafiquants. Il se glisse dans la peau de multiples personnages, ranchers, policiers, infiltrés ou non, bandits, infiltrés ou non. Il n'hésite pas à mêler à cela Sénèque, le 11 septembre et même la guerre en Irak.

C'est un roman très riche avec plein de thèmes , une certaine naïveté (le bon trader résiliant qui lit Sénèque, l'histoire d'amour assez basique). Mais on passe très volontiers là dessus, car l'histoire, en lien avec le passé, est complexe et pleine de rebondissements et certains personnages, au contraire, sont incroyablement fouillés, en particulier le propriétaire du ranch frontalier, qui est l’incarnation de cette opposition anciens/modernes, s'accroche aux valeurs de ses aïeux, et cela en fait un homme d'une grande droiture mais un bon facho quand même.

C'est donc très ambitieux, et on pourrait croire que tout cela fait un peu trop, et bien non, au bout du compte c'est un panorama grandiose d'un mode de vie et d'une région, une étude de caractères apparemment bien tranchés mais finalement plutôt ambigus. Le Prix Pulitzer est bien mérité, on suit ça avec une exaltation tranquille, sans relâche au fil des 770 pages du livre.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #historique #immigration #famille
par topocl
le Ven 30 Déc - 16:54
 
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Sujet: Philip Caputo
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Anjana APPACHANA

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L’année des secrets

« A cette époque enfouie et lointaine, vivaient sous notre toit ma mère, constamment affligée, sa sœur, vive et enjouée, et mon père, absent à qui donnait corps le terrible silence de ma mère. Notre maison était un puits rempli de cette absence et de ce silence, et c'est dans ces eaux-là que mon histoire commença.»


Mallika a grandi entourée de l'amour exclusif et passionné de sa mère et de sa tante, pressentant depuis toujours qu'un mystère plane sur l’absence de son père. De ce secret jalousement gardé par les femmes de ce roman, chacune va nous relater sa version, forcément parcellaire, et en partie fantasmée. Au lecteur de reconstituer le puzzle et d'avoir une vision d'ensemble que ne possède aucun des protagonistes.
La trame est déjà vue, et le lecteur croit bien vite détenir la clé du mystère _ Tout ça pour ça ? _  mais, telles des poupées gigognes, les multiples facettes de la vérité vont se révéler peu à peu, dans un récit maîtrisé de bout en bout.

Les femmes constituent le cœur de ce roman, et au-delà de l'intrigue, c'est la description sans fard de leur condition dans une Inde très largement patriarcale qui m'a le plus intéressée. Jeunes filles nourries de rêves et de romans victoriens, toutes s'imaginent un avenir fait de drames et de passion, un amour qui leur permettra de fuir « avant que les tâches ménagères blêmes clapotent autour de leurs chevilles et montent, mine de rien, pour les engloutir jusqu’au cou.» Si souvent pourtant, elles finissent par gommer toute ambition personnelle, remisant dons et diplômes au placard afin de se conformer à ce que la société attend d'elles. Reléguées aux taches ménagères sous le regard d'un mari indifférent.

« Combien d'hommes avait-elle rencontré qui, lorsqu'on les questionnait, répondaient : Je veux une jeune fille intelligente ? Pas un. Ils voulaient de la beauté, du talent dans les domaines de la cuisine, de la maison, ils voulaient de la culture, une bonne famille. A l'heure actuelle, ils voulaient même de l'instruction. Une maîtrise au minimum. Mais l'intelligence ? Non. Le mariage et la maternité exigeaient du bon sens et de l'intuition, pas de l'intelligence. Entretenir ses capacités intellectuelles impliquait, pour une femme, de négliger son foyer et ses enfants, et entretenir sa maison et ses enfants, de négliger le reste. Méditer sur sa vie revenait à laisser attacher le riz. Et réfléchir aux relations humaines, à affamer les enfants.»


Alors, sous le masque serein et souriant de la mère et épouse dévouée, la révolte gronde, les regrets s'amoncellent, la culpabilité sourd. Pourtant ces femmes n'en perpétuent pas moins le schéma classique ; privilégiant les fils au détriment des filles, rabaissant les brus. Et préparant leurs filles à se taire à leur tour, à accepter, à nier leurs désirs pour satisfaire ceux des hommes. Parce qu'en Inde, une femme qui ose déroger aux règles bien établies, qui ose aimer, qui ose se rebeller, le paye au prix fort. Même pour ceux qui aiment à professer leur ouverture d'esprit, le constat se fait souvent amer : « en ce qui concerne ses filles, Appa n'acceptera jamais les conséquences de ses propres croyances... »

Anjana Appachana, auteur de l'excellent recueil de nouvelles Mes seuls Dieux, a l'art de brosser un personnage en quelques mots, quelques gestes, quelques pensées intimes. Elle fouille ensuite au plus profond des âmes, nous révélant les sentiments de ses personnages dans toute leur complexité, dans un récit fort, et très riche, passionnant malgré quelques inévitables longueurs. Le lecteur s’y plonge pour n'en ressortir que des heures plus tard, quelque peu estourbi par l'ampleur des drames qui se jouent en silence dans les arrière-cours, et pardonne bien volontiers les quelques invraisemblances du dernier chapitre, encore hanté par les visages de ces héros auxquels l’auteur a insufflé tant de vie…

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #psychologique #famille #romanchoral
par Armor
le Ven 30 Déc - 16:21
 
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Sujet: Anjana APPACHANA
Réponses: 1
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Junichiro TANIZAKI

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 10 51qatj10

Quatre soeurs

Une oeuvre magnifique, d'une immense sensibilité dans son évocation du quotidien d'une famille japonaise dans les années 1930. Le poids des normes sociales pèse sur la relation entre les quatre soeurs, et le retard pris dans le mariage de la troisième devient très vite le point d'ancrage des tensions et des incertitudes. Tanizaki parvient à transcender une réflexion, des introspections, et s'attache à saisir les contradictions et les failles de chaque personnage avec une émotion très vive.

Il est souvent question d'un passé révolu alors que les soeurs Makioka contemplent, avec amertume, les signes d'un déclassement par rapport à la génération de leurs parents. C'est une évolution lancinante, qui fait aussi surgir avec beaucoup de force l'éclat d'une émancipation (à travers les choix de la plus jeune soeur). Si le tumulte de la seconde guerre mondiale approche, l'histoire ne reste qu'une toile de fond et l'écriture suit toujours sans relâche l'intime et ses bouleversements. Ce sont des souffrances et des joies, parfois entremêlées, qui forment le ciment d'une cellule familiale....et si les angoisses sont omniprésentes, Tanizaki souligne avec éclat l'intensité décisive des liens relationnels.

(Ancien commentaire remanié)



mots-clés : #famille #traditions
par Avadoro
le Jeu 29 Déc - 17:50
 
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Sujet: Junichiro TANIZAKI
Réponses: 11
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Brigitte Giraud

Pas d'inquiétude

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C'est le récit de la lente dérive, de l'anéantissement profond d'un père qui est en train de perdre son enfant, et qui se perd lui-même.

Alors que la mère se rigidifie en surinvestissant son travail, le père arrive à se dégager de celui-ci et à ne se consacrer qu'à son enfant. Outre la douleur de la maladie et le futur deuil il doit aussi assumer une perte totale de son identité et de sa place de la société, renonçant à être fournisseur d’un travail, élément d'un groupe professionnel chaleureux, nourrisseur de la famille, époux de sa femme (qui a fait des choix autres), père de sa fille aînée, ami de ses amis, responsable de sa maison… Tout en profitant de quelques moments heureux avec son fils (des balades en Vespa, des poèmes appris ensemble par cœur, une visite musée où l'enfant se soucie plus de l'avenir des ours polaires que de son propre sort), il se dissout dans un cocon de repli sur soi, comme s'il ne bougeait plus pour ne pas se heurter. On attend tout de lui, mais il sait qu'il ne peut rien mais il n'a pas d’autre choix.

   On me faisait croire que j'étais solide parce que ça arrangeait tout le monde, mais moi je savais bien où j'en étais.


Pas d’inquiétude
est l'histoire prenante et d’un anéantissement lucide et désolé.

(commentaire récupéré)
mots-clés : #famille #pathologie #social
par topocl
le Jeu 29 Déc - 9:48
 
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Sujet: Brigitte Giraud
Réponses: 12
Vues: 562

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