Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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La date/heure actuelle est Mar 29 Nov - 21:44

196 résultats trouvés pour polar

Stanislas André "S.A" Steeman

Six hommes morts

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Six_ho10

C’est le détective Wenceslas Vorobeïtchik, plus simplement appelé M. Wens, qui mène cette enquête, première d’une série de treize romans de Stanislas-André Steeman. Le début de ma lecture a été un peu gâché par une impression de déjà lu : je dois avoir vu Le dernier des six, film tiré du livre. Mais heureusement les trouvailles d’une intrigue qui paraît d’abord faussement simple m’ont finalement satisfait.
Six amis ont fait vœu de partager la fortune amassée par chacun au bout de cinq ans ; la date des retrouvailles est arrivée. Mais Namotte est disparu en tombant du navire qui le ramenait, Gernicot est abattu sous les yeux de Senterre, Gribbe est poignardé en arrivant chez ce dernier, Perlonjour (qui lui n’a pas réussi) était aussi dans les parages lorsque Tignol est enlevé par un homme mystérieux ; et il y a encore la belle Asuncion, fiancée à Gernicot…
Il y a dans ce polar une certaine roideur vintage, qui disparaît peut-être dans les suivants ?

\Mots-clés : #polar
par Tristram
le Ven 1 Avr - 13:24
 
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Sujet: Stanislas André "S.A" Steeman
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Jean Patrick Manchette

Morgue pleine

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Morgue10

Polar typiquement hard-boiled, d’inspiration classiquement ricaine donc, mais avec en surimpression à cette insensibilité conventionnelle, factuelle, efficace, un humour qui ne manque pas d’être grinçant à l’occasion, satirisant les travers sociaux français.
« Il faut vous dire, les gens de cinéma, c’est presque rien que des métèques.
Il s’est interrompu et il s’est mordu la lèvre en regardant Haymann d’un air emmerdé. Le vieux n’avait pas bronché. Il a vidé son thé d’un trait.
− Excusez-moi, a dit Gérard Sergent. C'est pas que je veux dire que ça va ensemble, être un cochon et pas être bien français.
− Cessez de patauger et poursuivez votre narration, a dit Haymann, suavement.
− Mais enfin, vous comprenez ce que j’ai voulu dire ?
Haymann s’est levé et est allé poser son front contre la fenêtre donnant sur la cour. Il nous tournait le dos. Gérard Sergent m’a regardé, l’air de quémander ma compréhension.
− C'est un bon conseil, ai-je dit, celui que vient de vous donner le youtre. Poursuivez. »

Au-delà des codes, Eugène Tarpon est un détective privé assez minable, désabusé et même écœuré de l’existence (il a démissionné de la gendarmerie après avoir involontairement tué un manifestant) ; il nous raconte ses mésaventures sur un ton de conversation non dénué de verve et de rythme.
La jolie Memphis Charles lui demande son aide : sa colocataire vient d’être égorgée − et ce ne sera pas la seule victime...
Du bon Manchette, pour un bon moment de lecture.

\Mots-clés : #polar
par Tristram
le Ven 25 Mar - 16:37
 
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Sujet: Jean Patrick Manchette
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Le One-shot des paresseux

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 La_mai11

Sayaka, l’ex-petite amie du narrateur, lui demande de venir visiter avec elle une mystérieuse maison dont elle a trouvé la clef et le plan d’accès à la mort de son père. La villa semble abandonnée depuis vingt-trois ans, et les horloges, arrêtées, indiquent onze heures dix. Lui est encore amoureux d’elle, qui entretemps s’est mariée et a eu une petite fille, pour qui elle avoue ne rien ressentir, jusqu’à la maltraiter. Dans la demeure abandonnée, ils trouvent le journal de Yusuke, un garçon qui vivait là avec ses parents, jusqu’à la disparition de son père, et l’apparition de « l’autre ».
« Surtout le passage qui dit que l’expérience de l’enfance de la mère pouvait avoir une influence déterminante dans de nombreux cas. »

Leur enquête progresse très graduellement ; l’énigme est fort habilement ourdie, et l’atmosphère est surtout empreinte d’angoisse.
Je relirai de cet auteur, qui promet dans ce premier roman.

\Mots-clés : #lieu #polar
par Tristram
le Mer 23 Fév - 12:18
 
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Sujet: Le One-shot des paresseux
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QIU Xiaolong

La Danseuse de Mao

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 La_dan10

Je plussoie l’opinion d’Armor, ce sixième volume de la série Chen Chao est excellent.
L’enquête policière n’est qu’un prétexte, d’ailleurs tordu pour nous présenter Shanghai, entre mode de vie coutumier et boom économique (c'est-à-dire explosion capitaliste de l’urbanisme créant un fossé entre pauvres et « Gros-Sous », ou guiren – « personnage de marque »), et Pékin (la Cité interdite, avec à proximité les « mers du Centre et du Sud » et… la porte Tian’anmen), mais surtout l’époque de la désastreuse Révolution culturelle de Mao, nouvel « empereur », « dieu communiste » sans scrupule avec ses conquêtes féminines qu’il sacrifie, et responsable de la grande famine avec ses décisions politico-économiques aberrantes.
« Les prétendues catastrophes naturelles n’étaient qu’une couverture pour le désastre provoqué par la campagne politique de Mao. »

Outre de savoureux apartés culinaires, le procédé de Qiu Xiaolong, nous faire pénétrer le milieu lettré et traditionnel au moyen notamment de citations, est fait pour me plaire…
« L’ex-Garde rouge avait dû lui aussi étudier les classiques à l’université, à en juger par les citations dont il émaillait sa conversation. »

La brève introduction au feng shui est captivante : c’est une influence occulte des lieux (propice ou pas) qui s’apparente à celle du passé, art « d'harmoniser l'énergie environnementale d'un lieu de manière à favoriser le bien-être, la santé et la prospérité de ses occupants », dixit Wikipédia.
La nouvelle classe supérieure :
« Les prix étaient élevés, mais le restaurant rencontrait un immense succès auprès des nouveaux riches, qui n’y venaient ni pour la cuisine ni pour la vue, mais pour sentir qu’ils appartenaient à l’élite de la ville. »

À propos de Shanghai, de sa cuisine populaire et de son bouleversement urbanistique toujours en cours, on peut actuellement voir sur ARTE le film Ayi : https://www.arte.tv/fr/videos/103920-006-A/ayi/

\Mots-clés : #polar #politique
par Tristram
le Jeu 17 Fév - 12:20
 
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Sujet: QIU Xiaolong
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Jean-Bernard Pouy

Nous avons brûlé une sainte

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Nous_a11
Exergue a écrit:« … La légalité est IRRÉELLE et, seule, la clandestinité possède un pur goût de RÉEL. Tout ce qui se trouve entre elles est TRANSPARENT. Quant à DIEU… »
B. SPIGENSTEIN

Les catégories RÉEL, IRRÉEL et TRANSPARENCE marquent les épisodes selon que les personnages évoqués appartiennent respectivement aux terroristes, aux flics, ou aux autres…
Lesdits terroristes forment un petit noyau de jeunes agrégés dans la haine de la société, anglophobes se réclamant de Rimbaud et de Jeanne d’Arc soudés autour d’Anna, fascinante et véhémente albinos au genou broyé lors d’une tentative de viol par des touristes anglais : son frère, Gilles de Laval dit Gilles de Rais, et ses deux amours, Jean Poton dit Xaintrailles et Étienne de Vignoles, dit La Hire. Plaisamment foutraque et complaisamment amorale, la course à la mort des forcenés est rendue comme un hymne à la violence anarchique, voire une ode à Mesrine. Cependant, même si le style est rugueux (mais cinématographique), Pouy sait conter une histoire.
« OK, c’est de la littérature, mais c’est rigolo, ça a tout pour faire grandir le mythe, exacerber les intellos et paniquer les incultes. »


\Mots-clés : #polar #violence
par Tristram
le Mar 8 Fév - 11:04
 
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Sujet: Jean-Bernard Pouy
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Le One-shot des paresseux

Ruth Rendell, Les désarrois du Pr Sanders

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Les_dz12

L’inspecteur principal Reg Wexford et l’inspecteur Mike Burden enquêtent sur la strangulation de Gwen Robson, aide-ménagère à la retraite et commère notoire. Burden, qui porte bien son nom, quoiqu’il soit soi-disant expérimenté, s’acharne sur Clifford Sanders, déséquilibré qui est un suspect évident – et fait un transfert sur son interrogateur. Ce polar stigmatise la psychologie de comptoir des magazines féminins, étalant à l’avenant le même travers, mais malgré ses personnages un peu caricaturaux constitue une lecture intéressante (sous un titre démarqué de Musil).
« − Écrivez, mettez tout noir sur blanc, et les souvenirs ne viendront plus vous hanter. Ça ne guérit pas mais ça aide, en tout cas.
− "Seul l'écrivain est un homme libre", dit-on. »

« Que faisaient les gens avant que la télé existe ? L’idée même était inconcevable. »


\Mots-clés : #polar #psychologique
par Tristram
le Jeu 3 Fév - 11:50
 
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Sujet: Le One-shot des paresseux
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Craig Johnson

Le Camp des morts

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 0343-c10

Un excellent polar/ thriller avec une enquête du shérif Longmire dans l’hiver du Wyoming, toujours axé sur les Indiens (et ici les Basques !), personnages attachants et de plus une excellente intrigue aux rebondissements inattendus, le tout bien rendu.

\Mots-clés : #minoriteethnique #polar #thriller
par Tristram
le Mer 2 Fév - 11:30
 
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Eduardo Mendoza

Le mystère de la crypte ensorcelée

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 41lmcy11

On m’a offert ce livre à Noël. Pour aider au choix du cadeau, le libraire avait comme seule information que j’aimais Wodehouse. Il a donc jugé que Le mystère de la crypte ensorcelée devrait me plaire. Cela a été le cas. C’est un livre court, environ 180 pages, que je n’ai pas lâché. Un policier façon Un privé à Babylone de Brautigan ; c’est-à-dire enchaînant les péripéties les plus improbables dans un Barcelone juste sorti du franquisme. Un pensionnaire d’asile psychiatrique est chargé d’éclaircir la disparition de jeunes élèves d’une pension chic tenue par des nonnes. Il y joue sa «libération».  Le protagoniste et narrateur est crasseux, roublard et finalement assez astucieux. Il faut accepter cet univers plutôt déglingué pour prendre plaisir au récit et à ses rebondissements. Je ne connais pas assez la littérature hispanique, mais il semble bien, d’après une amie d’origine espagnole, que ce livre soit assez représentatif du picaresque que l’on peut parfois y retrouver.
« Mademoiselle Peraplana, bredouillai-je, nous n’avons que quelques instants. Essayez de m’écouter avec toute votre attention. Je ne suis pas un coursier de la joaillerie Sugranes, je ne crois même pas qu’il existe aucune firme de ce nom. Ce paquet contient seulement des boîtes de conserve vides et n’a d’autre fonction que de me permettre d’entrer dans votre maison, une violation que j’ai osé commettre pour pouvoir parler en privé avec vous. Vous n’avez rien à craindre de moi. Je suis un ex-délinquant, libre depuis seulement hier. La police me recherche pour m’enfermer à nouveau à l’asile parce qu’elle croit que je suis mêlé à la mort d’un homme ou, qui sait, de deux, si les types à mitraillettes ont touché le jardinier. Je suis impliqué dans une affaire de drogues : cocaïne, amphétamines, acide. Et si ma pauvre putain de sœur est en taule, c’est par ma faute. Vous pouvez voir dans quelle dramatique trame je me trouve. Je répète que vous n’avez rien à craindre : je ne suis pas fou comme on le prétend, et je ne suis pas, non plus, un criminel. Il est certain que je sens un peu des aisselles, le vin et les ordures, mais tout ceci a une explication raisonnable que je vous donnerais avec tout mon cœur si je disposais d’un peu de temps, ce dont, par malheur, je ne dispose pas. Vous me suivez ? »


« La conversation paraissait la réconforter, car elle cessa de pleurer et recomposa le coloris de son visage à l’aide d’une petite boîte oblongue qui contenait un miroir et une houppette poudreuse. Je me souvins que ma sœur, elle, s’appliquait des cosmétiques avec un morceau de serpillière, et je me fis la réflexion que les différences sociales sont patentes dans les détails les plus futiles comme dans les plus subtils. »



\Mots-clés : #polar
par Pinky
le Lun 3 Jan - 14:19
 
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Sujet: Eduardo Mendoza
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Charles Daubas

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 00978810

Cherbourg

Rade de Cherbourg, été 2012. Une étrange explosion emporte une partie de la digue. Elle pourrait être liée à la démolition du quartier des Provinces. Les chantiers de l’Arsenal, où l’on démantèle un sous-marin nucléaire, sont également mis en cause et l’affaire est vite classée « secret défense ». Jusqu’à ce qu’un adolescent affirme qu’un de ses camarades a disparu dans l’explosion. Entre les failles des différents témoignages, les expertises contradictoires et ses propres blessures, l’inspectrice chargée de l’enquête va devoir plonger dans les profondeurs de la ville pour comprendre ce qui s’est vraiment passé ce jour-là, à Cherbourg.


Ca pourra peut-être faire penser à un téléfilm france television mais après le temps qu'il a pris a faire son intro qui nous expose un visage composite et mystérieux de la ville ça mérite qu'on focalise sur les qualités qui ne manquent pas. L'écriture est assez simple mais c'est aussi le bon goût de la simplicité (antithèse de Franck Bouysse ? Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 1390083676 ) et le bon goût d'éviter le trop, l'extraordinaire. Pas besoin de coups de feu, de labo hi-tech ou de personnalités quand on arrive à manier plusieurs couches de mystère et de suspense pour en arriver à rester près des gens et d'une impression d'une ville.

Polar humain et honnête, ça n'a pas besoin d'être livre du siècle pour se lire avec plaisir et l'impression qu'il en restera un petit quelque chose.


Mots-clés : #lieu #polar
par animal
le Dim 19 Déc - 21:05
 
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Sujet: Charles Daubas
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Le One-shot des paresseux

Jonathan Latimer, Bacchanal au cabanon


Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Baccha10

Le détective William Crane se fait passer pour un patient afin de s'introduire dans la maison de santé du docteur Livermore, à la demande de Miss Van Kamp, qui y réside et s’y serait fait dérober un coffre contenant une fortune. Il y prend des coups, en boit aussi pas mal, tandis que des assassinats s’enchaînent…
Curieux mais pas inutile, en début de livre l’auteur présente les personnages, comme pour une pièce de théâtre (ou comme par Hemingway dans Les Vertes Collines d’Afrique) :
LA LOI :
William CRANE : détective.
M. WILLIAMS et Tom BURNS : deux détectives de ses amis.
Peter WALTERS : sheriff.
Cliff WALTERS : fils du sheriff.
Ty GRAHAM et Tom POWERS : adjoints du sheriff.
C.H. BENBOW : coroner.
WILSON : sergent de la police du Comté.

LE CORPS MÉDICAL :
Dr LIVERMORE : directeur de la maison de santé.
Dr EASTMAN et Dr BUELOW : les deux médecins de l’établissement.
Miss EVANS : belle infirmière.
Miss CLAYTON : gentille infirmière.
Miss TWILLIGER : grosse infirmière.

LES MALADES :
Mme BRADY : une snob.
Mme HEYWORTH : jolie veuve.
Miss QUEEN : ancienne actrice.
Miss VAN KAMP : vieille milliardaire.
Miss PAXTON : amie de Miss Van Kamp.
M. L’ADAM : ancien agent de change, se prend pour un loup.
M. BLACKWOOD : mauvais coucheur.
M. PENNY : ancien fabricant de lingerie pour dames, muet.
M. PITTSFIELD : ancien avocat, se prend pour Abraham Lincoln.
M. RICHARDSON : ancien sportif.

LES EMPLOYÉS :
CHARLES : gardien des fous.
JOE : ancien gangster, garde du corps du Dr Livermore.
ANDRÉ : portier bigot.
CAMPBELL : chauffeur ivrogne.

On remarquera que le ou les coupables ne sont pas indiqués, qu’une indication de la caractéristique de chacun est précisée et qu’elle peut être caricaturale, voire douteuse (« grosse infirmière »)
Un petit côté suranné (livre paru en 1950), un peu dans l’esprit de Rocambole, pas désagréable à lire.

\Mots-clés : #polar
par Tristram
le Sam 18 Déc - 12:00
 
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Sujet: Le One-shot des paresseux
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Hannelore Cayre

La Daronne

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 La_dar10

La narratrice, Patience Portefeux, est une femme née dans un milieu très aisé (et interlope) qui se retrouve subitement veuve avec deux enfants et sans ressources ; parlant couramment arabe, elle devient traductrice-interprète judiciaire, et traduit des écoutes téléphoniques de la police. Elle modifie parfois les conversations, et en vient à intervenir dans une affaire en cours…
C’est, outre l’argent qui corrompt tout le monde, le milieu de la drogue et de la petite délinquance qui est abordé, mais de nombreux autres problèmes de société contemporains le sont également (fraude fiscale, blanchiment d’argent, vie en EHPAD, etc.).
Hannelore Cayre bouscule à peu près tout le monde, les flics et les malfrats, les racistes comme les racisés :
« J’ai mis une bonne semaine à la repérer vu que dans les mouroirs, c’est comme dans les hôpitaux ou les crèches : il n’y a pratiquement que des Noires et des Arabes qui y travaillent. Racistes de tout bord, sachez que la première et la dernière personne qui vous nourrira à la cuillère et qui lavera vos parties intimes est une femme que vous méprisez ! »

Le livre est bourré d’informations policières et judiciaires apparemment bien renseignées…
« Sinon, j’étais payée au noir par le ministère qui m’employait et ne déclarait aucun impôt.
Un vrai karma, décidément.
C’est d’ailleurs assez effrayant quand on y pense, que les traducteurs sur lesquels repose la sécurité nationale, ceux-là mêmes qui traduisent en direct les complots fomentés par les islamistes de cave et de garage, soient des travailleurs clandestins sans sécu ni retraite. Franchement, comme incorruptibilité on fait mieux, non ?
Enfin, moi qui suis corrompue, je trouve ça carrément flippant. »

Le style d’Hannelore Cayre est vif, dense, enlevé : elle va rondement à l’essentiel ; c’est aussi plein d’ironie.
J’ai trouvé un peu incohérent que l’on n’apprenne l’existence de Philippe, le fiancé flic de Patience, qu’au mitan de ce bref roman mené tambour battant : le personnage serait-il né en cours de rédaction ?
Attrayante lecture, entre amertume et humour.


\Mots-clés : #contemporain #corruption #polar
par Tristram
le Mar 23 Nov - 12:08
 
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Sujet: Hannelore Cayre
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Adrian McKinty

Une terre si froide

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Une_te10

Voici le premier polar historique d’Adrian McKinty mettant en scène l’inspecteur Sean Duffy, et son originalité tient évidemment à ce personnage de catholique dans un quartier protestant, au cœur de la guerre civile en Irlande du Nord. Du coup je manque des références (sans parler des marques de fringues et du showbiz). C’est le même procédé qu’a employé Philip Kerr, mais ici la part est belle à la violence, épicée d’ironie et d’humour noir, voire même de cynisme.
C’est donc une sorte de regard-témoignage sur cette région où la violence est quotidienne, attentats et meurtres s’appelant l’un l’autre, aussi sous forme de misère, de rackett, de corruption, également une contrée où l’homosexualité est illégale, de même que l’avortement. Mais, comme de coutume, le terroriste de l'un est toujours le héros de l'autre.
Évidemment le conflit est central, basé sur la révolte indépendantiste vis-à-vis de l’Angleterre et la réunification éventuelle avec l’Éire, démultiplié par les antagonismes confessionnaux et la profusion des petits chefs et clans de guerre.
« − Il n’y a aucune différence entre le militant type de l’IRA et celui de l’UVF. Les marqueurs sont toujours les mêmes : issu de la classe ouvrière, pauvre, père généralement alcoolique ou absent. On voit ça tout le temps. Les profils psychosociaux sont identiques à part que l’un s’identifie comme protestant et l’autre comme catholique. Beaucoup viennent d’ailleurs de familles mixtes sur le plan religieux, comme Bobby Sands. Ils représentent souvent le noyau dur et essaient de s’affirmer en face de leurs coreligionnaires. »

Dans l’Ulster à feu et à sang, on reste quand même au Royaume-Uni de Thatcher et du mariage de Lady Di avec Charles, héritier du trône britannique.
« Le monde peut partir totalement à vau-l’eau, le mariage royal a lieu dans deux mois et c’est tout ce qui compte. »

« Les Anglais ont toujours excellé à verser de l’huile sur le feu lorsqu’une situation difficile se présentait en Irlande. Que ce soit pendant le soulèvement de Pâques 1916 ou, plus récemment, du Bloody Sunday, durant toute la période de l’Internement aussi, ils ont toujours fourni de formidables outils de propagande pour les mouvements radicaux. […]
L’élection de Bobby Sands au Parlement, puis sa mort au bout de soixante-six jours de grève de la faim, ont constitué les événements médiatiques de cette décennie et les recruteurs de l’IRA doivent aujourd’hui refuser des centaines de jeunes volontaires, hommes et femmes désireux de rejoindre leurs rangs. »

Une curieuse notation de psychologie collective sera réitérée :
« − L’Irlande du Nord n’a jamais connu de tueur en série, m’oppose-t-il.
− C’est vrai. Quiconque ayant ce genre de dispositions aurait pu rejoindre un camp ou l’autre. Torturer et tuer à loisir tout en défendant la "cause". »

« L’Irlande du Nord n’est pas un terreau pour les tueurs en série. En Irlande, si on a des envies de tuer, on rejoint les paramilitaires pour assouvir ses penchants sociopathes. »

Le livre est conçu d’une seule pièce, sans séparation par chapitres ; le style est par périodes syncopé, ou plutôt laconique, déstructuré.
Un curieux fil de mythologie gréco-romaine court tout au long du roman, qui relève la présence toujours notoire du latin dans la langue anglaise (ce qui n’est pas pour indifférer le latiniste contrarié que je suis). Et cela nous permet d’entendre un officier du MI5 citer Horace, Ars poetica, 25 :
« Brevis esse laboro, obscurus fio » (Quand je travaille à être bref, je deviens obscur.)

Sinon, toutes les qualités d’un bon polar, y compris suspense et singularité des péripéties et dénouement.

\Mots-clés : #criminalite #historique #insurrection #polar #politique #terrorisme #violence #xxesiecle
par Tristram
le Sam 23 Oct - 14:47
 
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Sujet: Adrian McKinty
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Friedrich Dürrenmatt

Le soupçon  

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Le_sou10

Le commissaire Baerlach, de la police fédérale de Berne, celui-là même de Le juge et son bourreau, va être prochainement à la retraite ; il est hospitalisé avec un cancer lui laissant espérer encore un an de vie. Son ami et médecin le docteur Hungertobel lui transmet un soupçon qui paraît invraisemblable : le docteur Emmenberger, qui dirige une clinique pour patients fort riches, serait-il Nehle, médecin du camp de Stutthof où il pratiquait des opérations sans narcose (avant de se suicider en 1945) ? Baerlach imagine que Nehle aurait pu changer d’identité avec un autre, et se fait hospitaliser dans la clinique du docteur Emmenberger, où il entreprend de démasquer ce dernier en se présentant comme un chasseur de nazis.
C’est en fait, outre une intrigue finalement peu plausible, une réflexion sur l’humanité, le Mal et la justice, centrée sur l’horreur nazie (Dürrenmatt précise que les victimes de Nehle acceptaient la torture par espoir insensé de survivre.)
Des personnages étonnants surgissent, tels que le colosse Gulliver, une sorte de mystérieux Juif errant rescapé de tous les camps, Ulrich Friedrich Fortschig, écrivain malheureux et journaliste éditant La Flèche de Guillaume Tell, une feuille intermittente de protestation attaquant les puissants, et aussi un nain.
J’ai apprécié que Gulliver considère qu’on peut juger les gens, pas les peuples...
« …] et le monde était surtout mauvais par indifférence, et tout allait de mal en pis du fait de cette indifférence. »

… et trouvé dans ce (faux) polar métaphysique une définition qui pourrait être celle de l’écrivain :
« Le criminaliste a pour premier devoir de mettre le réel en question, affirma le commissaire. »

J’ai pensé à Poe et Michel Rio (et que ce n’était pas le meilleur de Dürrenmatt).

\Mots-clés : #campsconcentration #polar
par Tristram
le Mer 6 Oct - 13:48
 
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Sujet: Friedrich Dürrenmatt
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Richard Birkefeld - Göran Hachmeister

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 41r2rv10

Deux dans Berlin

Il voulut cracher par terre, mais il avait la bouche sèche. Il cogna du poing sur la pierre. Ma patrie allemande ! Le sol allemand ! Elle lui avait tout pris, la patrie, elle l’avait trompé et réduit en esclavage, et voilà qu’elle voulait aussi éteindre en lui la dernière étincelle de vie. (…) Il haïssait la guerre, les uniformes, la race aryenne des seigneurs, le Führer, cette ordure mythomane et toute sa suite (…). Il haïssait tout cela. Et pourtant, naguère, il y avait cru.


Hiver 1944. Ruprech Haas s’évade du camp de Buchenwald. Autrefois fervent adepte du régime hitlérien, il a tout perdu, un soir, pour quelques mots de trop. Il y a d’abord eu la prison, puis le camp. Et s’il a résisté tout ce temps, c’est dans l’unique but d’accomplir sa vengeance : ceux qui sont responsables de son arrestation et de sa vie détruite, il les fera payer, un à un.
Arrivé à Berlin, Haas apprend la mort de sa femme et son fils lors d’un bombardement. Dès lors, il n’a plus rien à perdre ni à espérer. Il n’est plus qu’une grenade dégoupillée...

Blessé lors d’une opération militaire, Hans-Wilhem Kalterer est lui aussi de retour à dans la capitale. Le vent tourne, et Kalterer n'est pas dupe du sort que les vainqueurs alliés risquent de lui réserver, à lui, le SS si parfaitement zélé. Aussi est-il est fermement décidé à terminer cette guerre dans une autre peau que la sienne... En attendant, compte-tenu de son ancien passé de flic, il a été chargé de retrouver le meurtrier d’un cadre du parti. Très vite, il s’aperçoit que les faits sont complexes, et qu’un homme est en chasse dans la ville...

Tout au long du livre, Haas et Kalterer vont s’épier, se croiser, s’éviter. Deux fauves aux abois dans un Berlin d'apocalypse. Et il faut dire que le grand intérêt de ce livre, bien au-delà de l’intrigue, c’est justement la plongée dans l’atmosphère de fin du monde de la capitale allemande en cette année 44. Avec ses bombardement quotidiens et ses rues entières rayées de la carte, piégeant les civils dans les caves. Et puis le marché noir, la survie au jour le jour, et ce sentiment de défaite imminente qui délie les langues, insuffle l’espoir aux citoyens hostiles au régime, et affole au contraire ses thuriféraires. Pendant ce temps, les fanatiques du IIIème Reich s'entêtent à armer des adolescents...
C’est vraiment cette ambiance délétère, très bien rendue par les deux auteurs, historiens de formation, qui m’a tenue en haleine tout au long de ce polar rondement mené, où victimes et bourreaux se confondent...


\Mots-clés : #deuxiemeguerre #polar #regimeautoritaire
par Armor
le Mer 7 Juil - 0:17
 
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Sujet: Richard Birkefeld - Göran Hachmeister
Réponses: 6
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Pierre Moinot

Attention à la peinture

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Attent10


Polar dans le milieu cultivé, très policé, des amateurs d’art du Paris des années cinquante, dans un style de même… académique.
« Chacun marche à la suite du peintre jusqu’où il peut aller. »


C’est sa préface aux Mémoires d’un chasseur d’Ivan Tourgueniev qui m’a conduit chez cet auteur, mais à part ce polar je n’ai pas encore pu trouver ses livres ; apparemment, devenir immortel disqualifie les œuvres d’un écrivain…


\Mots-clés : #peinture #polar
par Tristram
le Mar 8 Juin - 12:50
 
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Sujet: Pierre Moinot
Réponses: 5
Vues: 432

Philip Kerr

La mort, entre autres

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Quatrième parution du détective Bernhard Gunther, cette fois dans l’Allemagne dévastée de 1949. Malgré les revers d’une existence désastreuse qu’il partage avec la majorité de ses contemporains, il demeure un flic, et n’est toujours pas enclin à l’empathie pour les nazis, même ces Vestes rouges (criminels de guerre emprisonnés par les Alliés, si j’ai bien compris) que certains voudraient voir amnistiés afin que la nouvelle République Fédérale prenne un nouveau départ… Ce polar historique est notamment axé sur les réseaux d’exfiltration de criminels SS, essentiellement vers l’Argentine de Perón, et tout particulièrement dirigés par l’Église catholique…
C’est bien construit, bien écrit (malgré des maladresses de traduction, ou au moins de rédaction française), avec un rythme enlevé et des péripéties à la fois plausibles et exemplaires illustrant le drame de cette époque (c’est très bien renseigné – au moins pour un roman) ; les remarques du narrateur sonnent juste.
« Le travail du détective, c'est un peu comme entrer dans une salle de cinéma quand la projection a déjà commencé. Vous ne savez pas ce qui s'est déjà passé, vous essayez de vous repérer dans le noir et, inévitablement, vous marchez sur les pieds d'un spectateur ou vous l'empêchez de voir. Parfois, les gens vous injurient, mais en règle générale ils se contentent de soupirer ou de vous inviter bruyamment à faire silence, remuent les jambes, déplacent leurs manteaux et s'arrangent ensuite pour faire mine de vous ignorer. Poser des questions à la personne assise à côté de vous peut entraîner toutes sortes de conséquences, allant du récit complet de l'intrigue et du générique à la tape sur la bouche, d'un revers de programme roulé en tube. Bref, vous achetez votre billet, et vous tentez votre chance. »

« La guerre rend la tuerie accessible et ordinaire, en apparence. En temps de paix, elle ne l'est pas. Pas de la même manière. En temps de paix, on redoute juste que tuer quelqu'un ne laisse de vilaines saletés sur le tapis. S'inquiéter de ces vilaines saletés sur le tapis et des conséquences, c'est la seule différence véritable entre la guerre et la paix. »

« J'avais moi-même eu du mal à appréhender la chose – que nous qui formions peut-être la nation la plus civilisée qui soit sur cette terre, nous ayons pu commettre, au nom de la science médicale, des actes aussi atterrants. Difficile à comprendre, oui. Mais pas si difficile à croire. Après mes propres expériences sur le front russe, j'avais fini par croire les êtres humains capables d'un degré d'inhumanité sans limites. Il se peut que ce soit elle avant tout – notre inhumanité même – qui fasse de nous des humains. »

Situé en 1937, le prologue est également intéressant :
« Ce fut peut-être la première fois que nous l'entendîmes utiliser cette formule du Lebensraum – l'espace vital. Personne ne songea un instant que notre espace vital ne pourrait voir le jour que si d'autres trouvaient la mort. »

Kerr relate comment le service des Affaires juives de la Police de sécurité – le SD – envisageait de faire immigrer les Juifs en Palestine pour en débarrasser l’Allemagne (nous voyons toujours aujourd’hui les conséquences de cette colonisation) ; un mot de l'auteur en fin d'ouvrage précise certains de ces faits.
« Non, nous [les Affaires juives de la Gestapo] ne sommes pas seulement des fanatiques. Il y a une différence. Nous n'espérons pas que Dieu soit content de nous voir brûler la cervelle de quelqu'un. Eux [le Haut Comité arabe en Palestine], si. C'est ce qui fait d'eux des fous. »


\Mots-clés : #antisémitisme #deuxiemeguerre #historique #polar
par Tristram
le Sam 29 Mai - 19:29
 
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Jonathan Coe

Les Nains de la Mort

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William, le narrateur, est un jeune musicien qui galère pour percer à Londres ; il nous raconte comment il a été témoin d’un meurtre commis par deux nains, et déjà son approche narrative est intéressante dans sa façon de composer les séquences factuelles. C’est donc un polar, et matière à explorer l’univers des musiciens, comme celui de la banlieue londonienne.
De nouveau, Jonathan Coe excelle dans sa profonde capacité d’observations rendues avec humour :
« Martin était employé dans une compagnie d’assurances le jour et guitar hero la nuit. Il gagnait à peu près quatre fois plus que nous (ce qui ne représentait pas grand-chose pour autant) et tout l’argent qu’il arrivait à mettre de côté, il le consacrait à l’achat de matériel. Il avait une guitare entièrement faite main et changeait les cordes avant chaque répétition. Parfois, il les changeait même entre les morceaux. Son amplificateur, qui était plus grand que lui, avait coûté plus cher que tout le reste de notre matériel réuni. Il était pourvu d’un panneau de commande absurde, étincelant de voyants colorés et de cadrans digitaux, et impossible à brancher. Il restait en permanence dans la réserve car, même à quatre, il était inconcevable de l’emporter où que ce soit. Le conseil municipal de Lambeth aurait pu y reloger une demi-douzaine de familles défavorisées. Tout cela n’aurait pas présenté d’inconvénient si Martin avait été un bon guitariste ; mais en fait, il ne connaissait que cinq accords environ et n’avait jamais réussi à improviser le moindre solo dans sa vie. Ce qui lui manquait en matière de compétence musicale, il le compensait par un perfectionnisme technique. Lors d’un de nos concerts, il lui avait fallu trente-sept minutes pour accorder sa guitare. Avec lui, nous étions sans arrêt sur les nerfs car il suffisait d’un minuscule défaut, à peine perceptible, dans la qualité du son que nous lui fournissions pour qu’il explose dans une de ses crises de fureur. Un jour, dans un pub de Leytonstone, il y avait eu du larsen sur la voix, et il avait bondi hors de scène ; nous l’avions retrouvé un peu plus tard enfermé dans le coffre de sa voiture. Il avait les cheveux coiffés en brosse, un visage qui exprimait une grande intensité intérieure et portait toujours une cravate. Je ne l’ai jamais vu sans. »

« Attendre à un arrêt de bus le dimanche, c’est comme aller à l’église : c’est un acte de foi, la manifestation d’une croyance irrationnelle en quelque chose dont vous voulez affirmer à tout prix la réalité, bien que vous ne l’ayez jamais vu de vos yeux. »

Et le dénouement est aussi inattendu que fracassant : formellement, une belle réussite.

\Mots-clés : #humour #musique #polar #social
par Tristram
le Ven 16 Avr - 21:13
 
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Sujet: Jonathan Coe
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Daniel Pennac

La Saga Malaussène, I, Au bonheur des ogres

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Attentats à la bombe dans un grand magasin (livre paru en 1985, mais ça choque quand même). Au centre de l’affaire, le narrateur, Benjamin Malaussène, Contrôle Technique au Magasin, Bouc Emissaire « endossant la faute originelle de la société marchande », « un saint » prenant soin de la famille, ses plus jeunes frères et sœurs, tandis que maman batifole. Quant au bouc : en épigraphe, deux citations de René Girard, Le Bouc Emissaire, livre qui m’a aussi marqué. La version Pennac, c’est cet employé qui concentre toutes les réclamations de la clientèle, évitant déboires et débours aux propriétaires de l’établissement.
« − Voyez-vous, le Bouc Emissaire n’est pas seulement celui qui, le cas échéant, paye pour les autres. Il est surtout, et avant tout, un principe d’explication, monsieur Malaussène.
(Je suis un « principe d’explication » ?)
− Il est la cause mystérieuse mais patente de tout événement inexplicable. »

Positionnement socio-politique nettement affiché (et critique), on est à Belleville, et on y vit avec des personnes de couleur et des homosexuels, assez heureux d'ailleurs. Les ogres, ce sont de vrais méchants, mais on est aussi dans l'univers du conte avec la famille Malaussène, tous des enfants, du Petit à l’aîné, Benjamin…
Quelques belles saillies entr’autres :
« Avec cette résignation à la richesse que donne la pratique séculaire des mariages efficaces. »

« Et ils rient du rire carnassier de l’ignorance, le rire féroce du mouton aux mille dents ! »

Polar plein d’esprit, de références littéraires (et à Tintin), d’amour des autres et surtout des enfants.

\Mots-clés : #famille #humour #polar
par Tristram
le Mer 31 Mar - 0:40
 
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Arnaldur Indridason

Les Fils de la poussière

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Arnaldur Indridason est un peu un Mankell islandais (au petit pied ?), commissaire Erlendur pour Wallander mais mêmes contrées nordiques exotiquement sombres et glaciales, souci de l’aspect social et vague dépit devant l’emballement des mœurs et la perte de valeurs (ce qui en France serait impossible sans être taxé de conservatisme réactionnaire).
« La photo de classe avait un sens. C’était un souvenir qu’on pouvait conserver. Aujourd’hui, plus personne ne veut rien conserver. Et quand on garde trop longtemps un objet, il devient ridicule. Il faut qu’on puisse s’en servir, s’en lasser, le jeter pour en acheter aussitôt un autre plus récent et plus utile, l’objet lui-même n’a aucune valeur. Avant, la photo de classe constituait un événement dans la vie des élèves. Aujourd’hui, on dirait qu’ils s’en fichent. Ça leur enlève du temps à passer devant leurs ordinateurs. »

L'intrigue tourne autour d'une classe de cancres devenus brillants élèves après la distribution de mystérieuses gélules d'huile de foie de morue, qui ont par la suite été exterminés par leurs addictions, psychoses et tendances suicidaires...
C’est le premier polar de la série commissaire Erlendur ; peut-être y a-t-il plus original dans les suivants, qui sait ?

\Mots-clés : #polar
par Tristram
le Ven 12 Mar - 12:49
 
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Sujet: Arnaldur Indridason
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Philip Kerr

Et voilà, je l’ai refermé, ce 14ème opus des aventures de Bernie Gunther. Non sans un pincement au coeur... Bernie, c’était le compagnon de mes insomnies, de mes coups de cafards, de mes pannes de lecture. Je gardais toujours un épisode de côté, en cas de coup dur. Mais cette fois, c’était le dernier... Certes, Philip Kerr a écrit d’autres choses, mais ce que j’ai pu tenter n’avait pas la même saveur. Probablement parce que le succès de la série Bernie Gunther tient surtout à cette curieuse alchimie entre la personnalité complexe et attachante de son héros et la plongée fascinante dans les turpitudes de l’Allemagne nazie.

Et donc, parlons un peu de Metropolis…

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Metropolis

Ce dernier tome de la série est un "préquel". Bernie Gunther, fraîchement recruté à la brigade criminelle, fait ses armes auprès d’Ernst Gennat et Bernahrd Weiss, deux authentiques légendes de la police berlinoise. Marqué par ses années de guerre et la perte de sa femme, Bernie fait déjà montre de son fameux sens de la répartie, caustique et désabusé. Mais il lui reste aussi quelques illusions, qui seront fortement mises à mal lors de cette première enquête criminelle. C'est probablement à cette occasion que se forgera sa morale toute personnelle, curieux mélange de principes indéfectibles et de déroutante souplesse...

Deux tueurs sévissent à Berlin. L’un assassine des prostituées, l’autre d’anciens combattants de 14-18 mutilés et réduits à la mendicité. Pour les autorités, seuls les meurtres des soldats ont de l’importance : cette série de crimes met en lumière la cruelle réalité de ces héros mis au rebus, symboles malgré eux d’une défaite que l’on cherche à oublier. Il convient de calmer au plus vite l’opinion publique, et l'on ordonne à la police de se concentrer sur cette seule enquête. Mais Bernie, quant à lui, est convaincu que les deux affaires sont liées…

Dans les romans de Philip Kerr, Berlin est un protagoniste à part entière. Et en cette année 1928, il part à la dérive… Les changements incessants de gouvernements, l’inflation, la perte de confiance envers les autorités, tout concourt à cette atmosphère délétère qui aboutira au triomphe d’Hitler. Les idées nazies s’affichent au grand jour, de plus en plus décomplexées. Certains journaux n’hésitent pas à attaquer ouvertement Bernhard Weiss, le très compétent chef de la police criminelle, du simple fait de sa judéité. Pendant ce temps, le Berlin interlope s’étourdit dans les fêtes et les cabarets. C’est à qui aura l’idée de spectacle la plus scabreuse… Déviances, orgies, retour de la morale se télescopent sans cesse, et la société allemande vacille sur ses bases...

Comme à chaque fois, je n’ai pas boudé mon plaisir lors de cette lecture, même si, en toute objectivité, Metropolis n’est pas le meilleur opus de la série. La conclusion de l’enquête ne m’a pas vraiment convaincue, et même si l’ambiance historique est comme toujours le point fort du roman, je le réserverais quand même aux aficionados. Par contre, je ne saurais trop recommander aux novices de tenter La trilogie berlinoise (3 romans réunis en un seul poche !), La mort, entre autres, ou encore Une douce flamme. Philip Kerr y est à son meilleur, l’humour grinçant de Bernie fait mouche, le nazisme étant ses serres sur le monde, et le lecteur est de bout en bout tenu en haleine …

Ca me fait décidément tout drôle de me dire que je n’aurai plus jamais ce petit mouvement d'excitation familier en voyant le dernier Philip Kerr sur l'étal de mon libraire. Bernie, tu vas bigrement me manquer...



\Mots-clés : #historique #polar
par Armor
le Dim 21 Fév - 1:27
 
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Sujet: Philip Kerr
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