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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mar 10 Déc - 23:00

263 résultats trouvés pour famille

Carlos Heitor Cony


Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Quasi110

Quasi mémoires quasi roman. - Gallimard

Lorsque le journaliste Carlos Heitor Cony  reçoit à l'hotel Novo Mundo une
enveloppe à son nom, il l'identifie immédiatement comme venant de son père, mort dix ans plus tot.
Même écriture, même odeur, même manière.

Chaque jour, Carlos Heitor examine l' enveloppe, mais il ne l'ouvre pas.
Par contre les souvenirs du père affluent, et nous plongent dans le Rio des années 30.
Mais pas seulement, le père étant un voyageur actif et plus encore un voyageur immobile effervescent.
Au fil de son imagination débordante, il se lance dans les entreprises les plus folles et qui se terminent plutôt mal dans l'ensemble.
Mais il continue avec constance et ingénuité. Et avec même une certaine élégance.

Bien entendu, il ne pouvait se contenter d' une vie paisible et rangée au sein de sa famille et du journal où il s'exprimait.
Et donc, toute son existence, il inventa d' autres vies à son usage exclusif.
Il se chargeait de les améliorer et meme au fil du temps de les réinventer.
Tel ce voyage en Italie qui tourna court,  mais qu'il ne cessait de raconter, finissant par croire l'avoir rééllement fait.
Mieux, il finissait toujours par entrainer les autres dans ses aventures grâce à son enthousiasme et ses dons de conteur.
Mythomane lui ? Magicien plutôt.
Certes, il compliquait la vie de ses amis et de ses proches.
Il les mettait dans l' embarras, et parfois dans des situations précaires, voire carrément dangereuses.

Mais comment lui en vouloir ?
Sa femme savait qu'il la trompait et qu'il avait une double vie.
Une autre maison ailleurs, une autre femme.
Mais il aimait tout autant sa femme et ses enfants, simplement il ne pouvait s'acccomoder uniquement de ce qu'il avait.
Alors sa femme lui pardonnait en le considérant comme un enfant pas abouti.

Quant à son narrateur de fils, il gardait le souvenir émerveillé d'un père inventif qui le faisait lever à l'aube pour piqueniquer et voir le soleil
apparaitre sur la montagne.
Où qui fabriquait des ballons dirigeables en papier si beaux à voir, mais qui  risquaient de provoquer des incendies.
Il le savait le père.
Et il pouvait condamner le projet de bonne foi et le reprendre avec la même bonne foi.
Croyant sincèrement ceci et son contraire.

En fin de compte, ce père extravagant est pour ses fils inoubliable et meme quasiment éternel.
Et ce livre, un hommage ému.
D'ailleurs jamais le narrateur n'aura la tentation d'ouvrir l'enveloppe, persuadé qu'il est, que le père saura se manifester encore.
A le lire, on y croit aussi.


mots-clés : #famille
par bix_229
le Lun 21 Aoû - 19:45
 
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Sujet: Carlos Heitor Cony
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Ken Kesey

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Captur29


Et quelquefois j'ai comme une grande idée...


S'entortillant puis, après un temps d'arrêt, se détortillant dans les bourrasques de pluie, à deux ou trois mètres au-dessus du flot rapide, un bras humain, attaché par le poignet (rien que le bras, qui tourne, là au-dessus de l'eau)... spectacle à l'intention des chiens sur la rive, de cette satanée pluie, de la fumée, de la maison, des arbres et de la foule qui crie, excédée, depuis l'autre côté de la rivière : "Stammmper ! Va pourrir en enfer, Hank Stammmmper !"
Et à l'intention de tous ceux qui auraient envie de regarder.
...celui qui s'est démené pour que le bras vienne osciller bien en vue depuis la route a aussi pris la peine de replier tous les doigts avant de les attacher, tous sauf le majeur, de sorte que cette provocation à la raideur universelle demeure, dressée dans son mépris, bien reconnaissable par n'importe qui..


Nous sommes dans l’Oregon et ce bras moqueur qui fait enrager la foule sur l’autre rive de la rivière Wakanga  est aussi indépendant que la famille Stamper. Cette grande famille de bûcherons depuis des décennies, installée dans ce village.

Henry Stamper le patriarche, implacable même à 80 ans
Hank son fils, (son père avait accroché à sa naissance sa règle de vie écrite : « ne lâche rien de rien)sa femme Vivian,
Joe Ben le cousin (un sympathique et utopique gnome) avec sa famille vivent tous dans la « vieille maison Stamper » renommée par sa position au-dessus de la rivière. Elle s’accroche au flan de la montagne, soutenue par un étaiement hétéroclite et anarchique, ne cédant rien à l’appétit de la rivière.


Le village est en effervescence : les ouvriers de la Cie WP sont en grève illimitée afin d’obtenir satisfaction de leur revendication ; la durée de ce conflit social a mis leur économie en grande difficulté aussi ils voient avec colère que Hank (qui dirige l’entreprise familiale) continue avec son équipe à travailler dur.
Hank est à la fois admiré et envié mais à ce moment là c’est l’envie et la colère qui dominent. Ce dernier craint de ne pouvoir assumer le contrat qui le lie à la WP, aussi sur les conseils de Joe il accepte de demander à son demi-frère Leland (Lee) (introverti)qui a quitté la maison avec sa mère depuis une douzaine d’années, de revenir pour les aider, car c’est lui aussi un Stamper.

Dernière entrevue entre les deux frères  alors que Lee est un gamin d’une dizaine d’années :

Lee :
...attends un peu le jour où...
...attends voir le jour où je serais assez grand pour...


Sur la carte invitant Lee à rejoindre la famille Hank a inscrit en gras au bas :
Tu dois être assez grand maintenant frérot !


Oui il est assez grand maintenant le frérot, mais il est toujours sous l’ « ombre » du grand frère, celui qui réussit tout, celui qui lui a volé sa vie, celui qui est responsable de ses échecs.

Au village la situation s’envenime quand le syndicat des ouvriers apprend le contrat qui lie Hank à la WP et qui constitue de fait une entrave à leur grève. Les ouvriers doivent empêcher Hank d’ honorer son contrat.

Les coups dans le dos de la vie, de la Nature  toucheront si profondément Hank qu’il laisse tomber, il accepte la proposition qui lui est faite par le syndicat ; il est las de lutter,  Cependant sa chute sera si hypocritement et ironiquement saluée par les ouvriers, par la ville entière qu’il en tirera une grande force générée par sa grande faiblesse, parce que Hank a pris conscience que la force n’existe pas elle  n’est rien d’ autre qu’un degré de faiblesse.

Lee lui ne veut plus rester encore 12 ans sous l’ombre de son frère, si grande fut-elle. Le petit compagnon dans sa tête qui l’accompagne depuis toutes ces années ne sera pas écouté.



Cette saga familiale est portée par une écriture à la fois réaliste et poétique. Les descriptions de la Nature permettent une véritable imprégnation dans l’ atmosphère de la région. La rivière Wakanga est un élément et un lien essentiel à la vie de la région.
Tous les personnages sont psychologiquement bien étudiés.

C’est une excellente lecture qui reflète, je pense, la dure vie dans cette région car pour la connaître il faut « avoir passé un hiver » . Certains n’ont pas pu, pas su passer l’hiver.
C'est surtout une plongée dans les méandres des relations humaines.


Extraits

Y a peut-être des pères qui causent avec leur fils comme ça, mais le vieux Henry et moi, c'était pas notre genre. Il a fait autrement. Il m' a couché ça par écrit et il l'a accroché au mur de ma chambre. Le jour même de ma naissance, à ce qu'on m' a dit. Tout ça il m'a fallu un bon bout de temps avant de le comprendre. Seize ans. Et là encore c'est pas le paternel qui me l'a expliqué ; c'est sa femme, ma belle-mère.
la rivière, un personnage : la voir comme elle est, c'est déjà bien assez. Et la meilleure façon de la voir c'est pas de regarder derrière elle - ni en-deça ni au-delà - mais de la regarder en face. Et ne jamais oublier que ce qu'elle veut c'est tirer un bon profit.

"et ne pas être assez grand pour prendre sa place 'a privé de ma propre place, m' a laissé n'être plus personne. Moi, je voulais être quelqu'un, Viv, et il n'y avait apparemment qu'une seule façon d'y arriver...

Lee pense :  Hank oublie les paroles cachées derrière mes paroles, reste encore, continue de parler. C'est notre chance. C'est ma chance. Continue de parler assez pour confirmer l'amour ou la haine, assez pour que je sois sûr de l'un ou de l'autre. S'il te plait reste encore, reste encore...

Ce qui voulait dire reconquérir la fierté que j’avais troquée contre la pitié.
Ce qui voulait dire ne pas laisser ce salopard descendre cette putain de rivière sans moi, pas une fois de plus, pas cette fois-ci, même si nous devions nous noyer tous les deux.



mots-clés : #famille #social #psychologique
par Bédoulène
le Lun 21 Aoû - 13:52
 
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Sujet: Ken Kesey
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Kenzaburō ŌE

Une existence tranquille

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Images36

J'ai du mal avec les romans japonais. Mais régulièrement, je re-tente. C'est pourquoi j'ai pris Une existence tranquille,

Et bien,  c'est tout à fait un roman japonais ! C'est à dire  qu'il y a plein de choses intéressantes, mais que je m'y sens un peu à distance, j'y vois un coté figé voire compassé même si pour une fois, les émotions sont extrêmement intenses et à fleur de peau.

Ce livre est un récit en ce  sens qu'il décrit une tranche de vie. Il est très astucieux parce qu'on peut y voir l'autoportrait sans concession de l'auteur, (qui, c'est le moins qu'on puisse dire ne se ménage pas), alors que justement il est le grand absent du livre. En effet il a pris une année sabbatique aux États-Unis, emmenant sa femme et «abandonnant » ses trois enfants jeunes adultes, attitude qui est critiquée par la plupart des protagonistes du livre. Il se décrit  donc alors qu'il n'est pas là, et en même temps, décrit sa famille alors même qu'elle est éclatée, qu'il l'a en quelque sorte reniée. On sent quand même à travers les lignes l'immense amour qu'il voue à chacun et à cette bizarre construction à cinq qu'ils sont arrivés à élaborer, et ce, en dépit de ses caprices de grand homme.

C'est surtout le portrait de Mâ, la fille cadette, une jeune fille naïve, réservée, consciencieuse. C'est elle qui a la charge de ses deux frères, de son aîné handicapé mental léger, souvent déconcertant, joyeux et attentif, compositeur prodige, et de Ô le plus jeune, pragmatique, qui se consacre à ses études. Là, ça se discute pas, c'est le rôle des femmes de s'occuper des hommes : l'épouse suit son mari, la fille s'occupe de ses frères. Ce qui est plus satisfaisant, c'est la relation douce et passionnelle entre Mâ et  son frère handicapé, chacun, bien sûr, enrichissant l'autre.

Le récit est un enchaînement de petits faits quotidiens, de description de personnes, de jours qui passent avec leurs joie et leur peurs, d'événements heureux et malheureux. Mais on y trouve aussi des échanges  intellectuels, une quête de soi, tout cela souvent assez cérébral et cet aspect m'a rebutée. D'autant plus qu'il s'appuie sur l'analyse d’œuvres culturelles que je ne connais pas (William Blake, Céline qui curieusement fascine Mâ par sa tendresse, Stalker de Tarkovski). J'ai beaucoup aimé, face aux élucubrations existentielles du père, l'attitude du vieux couple qui protège les enfants, mi-fou mi-sage, qui, au lieu de se torturer le ciboulot, met en actes ses choix de vie, et tout particulièrement de Mme Shigetô et sa théorie des « personnes de rien du tout ».

Mon sentiment, c'est que je suis née comme une personne de rien du tout, que je vis en conséquence, que je vivrai encore ainsi un certain temps, et puis que je mourrai comme une personne de rien du tout.(...).
Ce que je pense, avec ma tête absolument ordinaire, c'est que tant que je vivrai comme une personne de rien du tout, en veillant à ne m'accorder aucun privilège même le plus insignifiant, je garderai une marge de manœuvre. À partir de là, il suffit qu'à ma façon, je m'efforce de faire pour le mieux. Même si pour moi, « faire pour le mieux », ça n'est rien de plus que prêter une écharpe à une fille fatiguée qui avait froid, comme M. Shigetô a eu la gentillesse de s'en souvenir.
Mais malgré tout, j'ai l'impression que si l'on s'en tient à cette résolution de vivre comme une personne de rien, et bien au moment de mourir on doit pouvoir paisiblement revenir à zéro. Puisqu'il ne s'agit que de passer de presque zéro à zéro.


Comme quoi, même un livre qui ne vous accroche pas trop, c'est bien intéressant !

(commentaire récupéré)


mots-clés : #famille #pathologie #traditions
par topocl
le Ven 18 Aoû - 13:46
 
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Sujet: Kenzaburō ŌE
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Christos Tsiolkas

Jesus Man

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Ezrq1010

Roman choc s'il en est qui décrit les péripéties et drame d'une famille grecque en Australie. Ce récit est d'ailleurs un prétexte pour dresser un portrait au vitriol et une description sans concession de la société australienne. Emploi, racisme, chômage, sexe, moeurs, multiculturalisme non assumé, perte d'identité sont autant de thèmes que l'on pourrait transposer sans peine en France. Il est d'ailleurs intéressant de les voir traités pour analyser un autre pays et à la façon de Tsiolkas. Dialogues tranchants, avis tranchés, scènes sexuelles dérangeantes, rapports familiaux poignants et choquants ce roman suinte d'angoisse et de désespoir. On peut penser à du Larry Clark romancé, ou à du Irvin Welsh. C'est dans un style brut avec la volonté de nous planter dans les yeux un décor qu'on ne veut pas voir au quotidien, avec une vulgarité non feinte mais subtile que l'on se prend à réfléchir sur notre propre identité et nos propres pulsions, nos préjugés mais aussi nos attachements et nos réflexions. Un roman utile et vif.


mots-clés : #famille #immigration #social
par Hanta
le Ven 18 Aoû - 10:29
 
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Sujet: Christos Tsiolkas
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François Mauriac

Génitrix


Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Mauria10

Certes François Mauriac n'appartient à cette race d'audacieux qui feront avancer la littérature sur de nouveaux sentiers , il est catho aussi et se positionne en tant que tel dans son écriture et tout cela n'est pas très vendeur ....Je me souviens de la bouille condescendante de mon ancien libraire lorsque je souhaitais savoir s'il était entré en Pléiade ...Mais moi j'aime Mauriac , et je le tiens en haute estime .
Lire Mauriac , c'est accepter de se glisser dans une prose sans surprise , finement travaillée mais sans ces coups d'éclats inattendus qui portent le lecteur dans un ravissement ponctuel , influençant quelquefois avec quelques facilités l'adhésion du lecteur ...Non , Mauriac , c'est le souci de vérité , c'est le travail bien fait d'un écrivain scrupuleux , probablement viscéral mais canalisant par une volonté de "rendre juste " .
Force est de constater ,après avoir lu plusieurs de ces oeuvres majeures, qu'il n'élargit guère son champ d'observation et d'analyse . Scrupuleusement attaché à ses racines terriennes , formaté par une éducation catholique et un milieu bourgeois provincial , son univers littéraire restera confiné dans un microcosme dont il semble tirer une palette pourtant infinie de couleurs .
Génitrix donc ?
A haute voix , ça claque , sans appel , toute violence déversée dans l'instant , aucune échappatoire possible et déjà Vipère au poing apparait en effet de résonnance !
Alors oui , Mauriac nous décrit la lente descente aux abîmes d'un fils et sa mère ,victimes de leur incapacité à couper leur lien hautement toxique :prisonniers de leur système relationnel construit sur un amour puissant et pervers , addictif , destructeur , alimentant leur déchéance respective .... Félicité , la mal-nommé, incapable de respirer sans la présence physique de son fils à ses côtés , Fernand son bien-aimé incapable de jouir de la vie , mais aussi des femmes sans une relation conflictuelle et perverse , deux âmes tricotées l'une dans l'autre , se suffisant à eux-mêmes dans leur auto-destruction , incapable de s'abstraire de ce fonctionnement puisque faisant partis de leur identité presque .
Si Fernand tentera de s'émanciper par un mariage raté , ce ne sera que pour revenir plus violemment encore dans le giron de sa mère . Ses incartades ponctuelles "à la ville" pour assouvir quelques besoins besoins primaires avec "son habitude", le ramène aussi rapidement vers son poison , sa source vive ," la queue entre les jambes ", plus dépendant et morveux que jamais .
La mort de la Génitrix , loin d'apaiser enfin le fils , ne fera qu'attiser cet "amour" démoniaque et plus que jamais enfermé dans les griffes du diable , il basculera dans une sorte de schizophrénie , incarnant la personnalité de la défunte .
Nous sommes dans la campagne Bordelaise , dans une immense propriété (qui n'est pas sans rappeler celle de Mauriac , Malagar ),et on sent le poids des traditions séculaires , l'inscription de la généalogie dans la terre brûlante sous le soleil du Sud-Ouest .
Et c'est aussi dans cette appartenance familiale et terrienne et sociale qu'il faut appréhender l'écriture et les thèmes un peu obsessionnels de l'écrivain .
Dans Génitrix par exemple , gravitent autour du couple Mère/fils quelques personnages clés pour saisir la réalité sociale : Marie de Lados , la bonne et dévouée servante qui jouera un rôle majeur dans l'histoire de ses maitres .
Et c'est probablement là un des piliers de soubassement de l'oeuvre de Mauriac que cette capacité à éviter toute forme de binarité et de manichéisme primaire : personnages et lieux ont une importance essentielle pour mener son histoire en soulignant leur place , leur impact dans l'identité autant individuelle que collective :rien n'est schématisé , démonstratif et basique : Mauriac affine ses personnages , ses perceptions et flirterait presque avec une analyse psychanalytique .
En ce sens Génitrix me parait incontournable pour qui souhaiterait découvrir Mauriac tant il me parait le plus représentatif de toutes ces particularités .


mots-clés : #famille
par églantine
le Mar 15 Aoû - 10:07
 
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Sujet: François Mauriac
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Philippe Besson

Philippe Besson, pour moi, au fil des années, ça a été la douche écossaise. J'avais plutôt aimé la tentation de Thomas Spencer, et après j'avais adoré

Son frère

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Images60

Philippe Besson, je n’avais jamais rien lu de lui. Je le mettais une peu dans la case Marc Levy, peut-être la case juste avant. J’ai bien aimé la couverture de son dernier livre, Retour parmi les hommes (qui m’évoque Henry Fonda dans les Raisins de la Colère)
Spoiler:
Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Images61

Donc je me suis dit que c’était l’occasion de me faire mon opinion personnelle. Evidemment à la bibliothèque il est sur liste d’attente. Je me suis donc rabattue sur Son Frère
Son frère est un « Petit Roman Parfait »

Thomas et Lucas Andrieu sont nés à 15 mois d’écart. Ensemble ils ont joué sur les plages de l’île de Ré, vers la maison familiale. Une enfance ordinaire et heureuse. On les prenait pour des jumeaux. Vers 15 ans, Thomas s’est mis à aimer les filles et pour Lucas, c’était les garçons. Ce fut leur première différence, elle les a plutôt rapprochés. A 25 ans une deuxième différence les a définitivement soudés : Thomas a appris qu’il était malade, il a su qu’il allait mourir. ils ne se sont plus quittés. Ils ont partagé les derniers mois dans une fusion totale, par delà les mots. Ils sont retournés sur leur île, ils ont affronté la douleur , l’espoir vaincu, les proches qui s’éloigne , la dérisoire solitude face à la toute puissance scientifique.
Sur ce thème très dangereux, Besson a produit un texte d’une grande beauté, absolument pas tire-larme, en même temps complètement, désespéré et lumineux. Il n’y a pas un mot de trop, tout est indispensable et magnifique, on a souvent envie de relire des pages à peine les a t’on finies. Il y a un grand respect de l’homme, de la force et de la fragilité, et une infinie dignité dans ce texte.
C’est extrêmement distancié et en même temps l’émotion qui vous envahit. Il a un style tout en redondances, en répétitions qui marquent l’obsession de la douleur.
Un livre qui se lit en une soirée (impossible de remettre la fin – pourtant connue - à demain) et à garder au cœur toute une vie. Je vais sûrement lire d’autres Philippe Besson, lui enlever l’étiquette stupide que je lui avais collée, et même s’ils me déçoivent , il restera l’homme qui a écrit Son frère.

J’ai vu que Chéreau en a tiré un film, mais cela me fait plutôt peur. Chéreau n’est pas quelqu’un qui travaille dans la subtilité…


« Alors que la pluie continue de tomber sur l’île, sur la mer, sur St Clément, sur la maison silencieuse, il prend soudain la parole pour dire qu’il veut une tombe, quelque chose qui relie à la terre, qui ramène à elle. Bien sûr, lorsqu’on meurt sur une île, on envisage que le corps soit brûlé et les cendres jetées à la mer. Mais non, il insiste : il veut une sépulture, un lieu identifié, un socle sur lequel on se recueillera. Il dit qu’il veut du marbre, comme une trace qu’on laisse, un héritage qu’on lègue, un lien avec ce qui fut pour ceux qui restent. Il dit que, sous le nom il faudra apposer la date de naissance et celle de la mort, des jours comme des repères. Il ne faut pas perdre la mémoire de ça. Il dit qu’il n’a pas de rêve illusoire de grandeur et de postérité, simplement la conviction que le souvenir s’exprime dans ces poses silencieuses qu’on prend devant les pierres tombales, dans ces recueillements distraits ou émus au pied des dépouilles. Il dit qu’il veut voisiner avec ceux qui sont morts avant lui, les jeunes hommes fauchés dans le plus bel âge sur les champs de bataille et dont il regarde le visage d’enfant sur des cartes postales en noir et blanc, les veuves octogénaires qui ont promené leurs silhouettes de deuil pendant d ‘interminables années, les corps que la maladie a emportés, qu ‘un accident a mutilés. Il dit que c’est l’histoire d’un pays, d’un siècle qui se raconte dans les cimetières de France, qu’il souhaite être de cette histoire, que l’éparpillement des cendres au large de côtes qu’on a aimées, ça ne peut pas remplacer cela.(…) Il dit qu’il veut des fleurs, des couronnes, ce décorum un peu vulgaire, un deuil éclatant, celui qu’on montre, qu’on expose, afin de ne pas le conserver par-devers soi, afin de l’expulser, de l’accomplir véritablement. Il dit qu’il faudra des larmes, des évanouissements peut-être, des manifestations spectaculaires, que la souffrance s’exprime plutôt que d’être contenue. Il dit que ce sera une belle cérémonie : il compte sur moi. »


(commentaire récupéré)
mots-clés : #famille #identitesexuelle #pathologie
par topocl
le Ven 11 Aoû - 17:06
 
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Sujet: Philippe Besson
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Kate Atkinson

L'homme est un dieu en ruine

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 2yk81010

Elle lui reprocha de n'avoir « aucun sens de l'aventure » ; il trouvait que la guerre lui avait offert assez d' « aventure » pour plusieurs vies et qu'un homme pouvait se nourrir tout aussi bien dans son propre jardin.


Teddy est un petit garçon charmant, tout le monde l'aime, ses parents et ses sœurs l'adorent. Teddy est un jeune homme qui aime la Nature, les chiens et la littérature, qui déteste les rails sur lesquels l'ont placé son travail dans la banque de son père. Il  voit dans la guerre, outre une façon de défendre de vrais valeurs, une espèce d'aventure salvatrice: en matière d'aiguillage qui change la donne, il n'a pas lésiné..

La guerre lui avait fait accepter la mort et puis, tout à coup, elle s'était terminée, et il y eut un lendemain et un autre lendemain et encore un lendemain. Il ne réussit jamais complètement à accepter l'idée qu'il avait un avenir.

Aux commandes de son avion, bombardant Berlin ou Hambourg, menacé par la défense allemande, drogué à l'adrénaline, il promet, s'il s'en sort, "d'être toujours gentil, de mener une existence honorable et paisible" (mais toujours avec des chiens, des livres et pas loin de la nature). Il ne va quand même pas embêter tout le monde sous prétexte qu'il a fait la guerre.

Il épouse donc Nancy, son "amoureuse d'enfance" et avance dans la vie d'une façon qui peut paraître terne ( son "train-train" dit Nancy). Comme en bon anglais stoïque, il préfère exprimer sa sensibilité et ses émotions par des actes plutôt que par des épanchements, il devient aussi un homme bon, ouvert, qui affronte courageusement les épreuves que lui a préparées la vie (et il n'en manque pas, celle-ci est loin d'avoir épuisé son stock pendant la guerre). Il a une fille et des petits-enfants, qui ne sont pas forcément ceux qu'il aurait aimé avoir (mais parfois, si), mais avec lesquels il se comporte avec droiture et générosité : il donne plutôt que recevoir (ce qui veut dire qu'il reçoit beaucoup, au final, évidemment : "On récolte ce qu'on sème"). Il ne sait pas si c'est le bonheur, mais c'est le chemin, le sien.

Voilà : c’est donc l'histoire d'un homme , d'une famille à travers un siècle intraitable. Mais moins nunuche que mon commentaire n'en donne l'impression, car c’est raconté par Kate Atkinson, qui manie l'humour avec autant de causticité que de tendresse, jongle avec les époques et les perspectives (les jeunes gens imaginent leur avenir et les vieux rameutent leurs souvenirs), qui aime ses personnages dans tous leurs défauts , leurs grandeurs et petitesses, et veut les partager : parce qu'il sont des pions ballottés par le destin et se défendent comme ils peuvent (ou ne peuvent pas). Kate Atkinson est enjouée, attentive; elle maîtrise subtilement les parenthèses et les remarques mordantes pour maîtriser l’émotion et dire le vrai.

Dans une belle alternance, les parties décrivant l'aviation en guerre sont aussi réussies que celles sur  la famille (ascendants et descendants) en recherche d'une certaine paix. Tout s'imbrique, tout se tient.
C'est très brillant et intelligent, pétillant je dirais,  plein de générosité comme de lucidité et de  vacheries, drôle, triste, c'est la vie, quoi. J'aurais bien aimé le connaître, Teddy.

C'est aussi dans une pirouette finale, et dans de nombreuses allusions au cours du livre, un hommage à la fiction, qui est une façon de s'en sortir, toujours.


mots-clés : #famille
par topocl
le Sam 5 Aoû - 15:51
 
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Hisham Matar

Au pays des hommes

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En un temps de sang et de larmes, dans une Libye pleine d'hommes couverts d'hématomes et maculés d'urine, taraudée par le manque et désireuse de se libérer, j'étais cet enfant ridicule en quête de sollicitude, et même si je n'y songeais pas en ces termes à l'époque, l'auto-apitoiement avait viré à la détestation de soi.



Souleyman raconte l'été de ses 9 ans, un été libyen brûlant où la dictature de Kadaffi torture, assassine, paralyse, s'infiltre tant et si bien que les enfants la pressentent alors même que tout leur est caché. Ils ne savent à quel saint se vouer, la mère  mariée à 14 ans pour cause de dévergondage, le père dissident, perpétuel absent privilégiant ses idées sur sa famille, la Guide Suprême enseigné à l'école : au milieu cet enfant est décontenancé, dévasté,  tiraillé, ballotté de secret en tromperie...
Histoire d'une enfance  des plus douloureuses, Au pays des hommes montre comment celle-ci, entre fidélité et trahison, est volée, pervertie, manipulée, chassée.



mots-clés : #famille #initiatique #regimeautoritaire
par topocl
le Lun 31 Juil - 20:32
 
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Sujet: Hisham Matar
Réponses: 15
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István Örkény

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LE CHAT ET LA SOURIS. - Cambourakis

Sur la photo, elles ont seize ou dix sept ans les sœurs Szkalla, en robe vaporeuse de tulle.
Un demi siècle a passé et la photo,  déjà surexposée au départ -en 1918 ou 1919- a jauni au point que leurs visages sont à peine discernables.

Elles aussi ont vieilli les deux sœurs. Mais elles sont toujours en relation suivie au téléphone
ou par courrier.
Erzsi, Mme Orban est veuve est elle vit à la ville, et -contre son gré- dans un appartement communautaire. Ce qui laisse à penser que le régime communiste continue à sévir.
Giza, sa sœur, vit en Autriche, avec sa fille, son gendre et leurs deux enfants.
Erzsi est ingambe et c'est son avantage principal sur sa sœur, clouée sur un fauteuil d'infirme.
L'avantage de Giza est douteux, mais elle vit à Garmisch-Partenkirchen, en Bavière. Au mieux, en démocratie, au pire en exil. Selon l'angle qu'elle met en avant.

Les deux sœurs s'aiment beaucoup et elles insistent beaucoup pour se le prouver.
Même si leurs propos claquent comme des coups de feu.
L'essentiel de leur vie est désormais derrière elles. Et elles passent leur temps à se chamailler en remâchant des querelles et des souvenirs dévalués et hors d'atteinte.
Que pourraient-elles faire d'autre, à leur âge et dans leur situation ?

Garmisch-Partenkirchen  {Giza à Erzsi]

"Tu avais raison, Erzsi ! Pardonne-moi !
J'avoue que la jalousie a joué un certain rôle dans mon inquiétude. Non parce que je suis infirme alors que toi tu es toujours  en mouvement, pleine de vie...
Je crois que si nous nous aimons tant, c'est parce que nous avons toujours quelque chose à nous envier."
P. 21

Mais ne voilà t-il pas que Mme Orban tombe amoureuse d'un vieux chanteur d' opéra qu'elle connaît depuis toujours.
L'homme est vulgaire, goinfre, mais l'amour est aveugle et sans âge. Croit-elle.
Et le ton devient âpre entre les deux sœurs et les échanges en rafale.

Risibles amours. Séniles querelles. Les deux sœurs finissent pourtant par tomber dans les bras l'une de l'autre dans une fin grand-guignolesque et ridicule.

Il faut dire que l'auteur n' est pas tendre avec ses personnages.
Les dialogues sont brefs, incisifs, cruels et comiques bien entendu !

LA PHOTO
"Ce que représente cette photographie surexposée et la date où elle fut prise ne peuvent être que l'objet de conjectures.
Ce qui est sûr, c'est qu' on y voit les deux filles Szkalla, en robe vaporeuse de tulle, les cheveux au vent, en train de dévaler une colline en riant et en faisant des signes.
Mais vers qui ou vers quoi couraient et pourquoi se réjouissaient-elles ?
Cela demeure une énigme.
P. 137

Peut être pourra t-on lui reprocher d'être  un tantinet trop expéditif.
Mais Orkeny choisit le grotesque et l'absurde. Et c'est son choix.

Récupéré


mots-clés : #famille
par bix_229
le Mar 25 Juil - 22:31
 
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Sujet: István Örkény
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Donald Antrim

La Vie d'après.

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 La-vie10


Donald Arnim écrit cinq ans après le décès de sa mère, une femme originale, puis fantasque puis sévèrement alcoolique. qui a autant souffert qu'elle a fait souffrir son entourage. Qui a terrorisé ses enfants étant petits, s'en est sans doute souvent mal occupée, mais parfois bien, et a su leur inculquer un amour particulier, une fidélité qui les a tenus toute sa vie proches d'elle dans leur éloignement, et au moment de sa mort. Donald Arnim  rapporte, au fil de sa mémoire des faits éparts, raconte l'histoire de personnes qui ont marqué son enfance et son adolescence (un oncle, un ami de passage, un grand-père), sans doute en recherche d’adultes référents, et qui ne trouvait le plus souvent que des losers. Mais des losers qui ont compté.

Ce livre est un hommage à une mère défaillante mais aimée, une mère souffrante aussi, sans chronologie, sans direction fixe, par témoignages au coup par coup dont certains pourraient faire des nouvelles.
Donald Antrim ne recherche pas la cohérence mais cherche à laisser une trace, un hommage à cette mère qui sur son lit de mort lui a demandé de lui dédier un livre. Un livre si ancré dans la réalité de l'auteur, enfant puis adulte, qu'il ne me revient pas de le juger mais juste de dire qu'il m'a touchée.


mots-clés : #famille
par topocl
le Lun 17 Juil - 20:33
 
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Sujet: Donald Antrim
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Joyce Carol Oates

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 97822510

Bellefleur

Ceci est une oeuvre de l'imagination, et doit obéir, avec humilité et audace, aux lois de l'imagination. Que le temps se noue et se déploie, puis s'efface, pour redevenir formidablement présent ; que le "dialogue" se fonde parfois dans le récit et dans d'autres conversations présentées de façon conventionnelle ; que l'invraisemblable fasse autorité et soit investi d'une complexité habituellement réservée à la fiction réaliste : l'auteur l'a voulu ainsi. Bellefleur est une région, un état de l'âme, et il existe vraiment ; ses lois, sacro-saintes, sont tout à fait logiques.»

Voici l'introduction de J.C.Oates pour ce merveilleux roman, parfaite, tout est dit, lecteur oublie la rationalité et pénètre dans le monde fascinant, délirant, fantaisiste de cet auteur talentueux.

Bellefleur, roman de 900 pages de pur bonheur, saga d'une famille qui, tout au long du XIXe siècle, va connaître un destin surprenant parfois, dramatique toujours, au travers des avancées de ce siècle, sans oublier la guerre de sécession, les conflits sociaux, tout est évoqué avec la finesse de JC Oates.

Cette famille influente, possédant un empire immense qu'elle perdra au fil du temps et que, Léah, une femme déterminée essaiera de rétablir coûte que coûte.

De nombreux personnages dans cette saga, deux frères que l'on retrouve tout au long du roman, Gidéon, époux de Léah, Ewan, et parmi d'autres...  Jedediah, un illuminé qui part vivre en ermite sur une montagne, un tueur en série, des animaux étranges, des pièces hantées, des disparitions inexpliquées, toute une série de personnages tous plus captivants les uns que les autres et  décrits avec le style inimitable de J.C.Oates.

Vu ce foisonnement de personnages au travers de différentes époques, il est utile de de se référer parfois à l'arbre généalogique judicieusement mis en première page.

J'ai adoré !


mots-clés : #famille
par simla
le Lun 17 Juil - 8:17
 
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Sujet: Joyce Carol Oates
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Peter Staphan Jungk

La traversée de l'Hudson

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Images21

Ca commence comme une bonne grosse blague juive new-yorkaise. rien n'y manque: le père physicien mondialement connu, en perpétuelle partance, la mère adorée et insupportable, et Gustav, le fils étudiant historien (sa thèse porte sur les accords de paix pendant la guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453), fuyant ce trio symbiotique à Vienne, pour rien moins que devenir fourreur et s'enchaîner à une fadasse juive orthodoxe qui l'entraîne dans une religion rigoriste.
Mais bien sûr, derrière , il y a le tragique , car cette osmose familiale est liée au fait qu'ils sont seuls au monde, toute la famille ayant brûlé dans les camps...

On prend Gustav au sortir de l'aéroport à New-York, et sa mère est venue le chercher. Dans une superbe Cadillac blanche, les voilà engloutis, au passage du pont Tappan Zee, dans un méga-embouteillage, qui va les confronter pendant quelques heures, à leurs souvenirs, leurs démons, leurs rancœurs.

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Images44

Peter Stephan Jungk se fait alors le roi de l'allégorie. la relation des deux protagonistes est engluée dans ce sur-place, cette impasse absolue qui va,à la levée de l'obstacle, déboucher sur une libération. Jusqu'à Gustav qui va se faire voler ses papiers , dans cette épreuve de réappropriation de son identité. Mais il n'est pas seul : le père, mort il y a un an, qui a toujours été protecteur et bienveillant , se réincarne en une forme étrange et gigantesque, échouée dans l'Hudson juste sous le pont,  "dieu fluvial", havre salvateur, nu et endormi, paysage incarné, rêve d'enfant, fantasme , golem, va savoir.

C'est donc l'histoire d'une curieuse renaissance à 45 ans, d'une libération par le passage d'une épreuve, dérisoire s'il en est. Il y a un mélange d'humour qui ne fait  pas toujours dans la finesse -tous les bons vieux clichés y passent -,  et de poésie farfelue, pour dresser le portrait de cet homme aliéné, défini par son passé et que le passage du fleuve va délivrer.


mots-clés : #communautejuive #famille #humour
par topocl
le Dim 16 Juil - 10:10
 
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Sujet: Peter Staphan Jungk
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John Edgar Wideman

Damballah

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 A1510

Une lecture qui m'a longtemps laissée (agréablement) décontenancée et qui a fini par m'emporter dans l'émotion des derniers chapitres.

Tout d'abord, Wideman met les choses en place. Il dédie ce livre à son frère Robby, à qui il explique que « Les histoires sont des lettres », « Si seulement elles pouvaient démolir des murs. T’arracher d’où tu es. » On comprendra mieux à la fin.
Puis il explique qui est Damballah…« père immémorial et vénérable », esprit vaudou de la connaissance explique plus pragmatiquement Wikipédia.
Enfin il nous offre un arbre généalogique sur sept générations de cette famille noire de la fin de l'esclavage à la fin de la ségrégation, afin de nous faire comprendre qu'il y aura des personnages multiples, parlant d'un siècle d'histoire, et qu'on sera sans doute par moment un peu perdus. Libre à nous de nous référer à cet arbre au fil de la lecture pour clarifier et vérifier, ou de nous laisser porter par la lecture, négligeant les filiations précises, se laissant emporter par ces nouvelles juxtaposées dans leur naturelle complexité.

Une dizaine de nouvelles donc proposant chacune une facette de cette famille, un personnage, une de ces histoires qui finissent par devenir mythiques dans une famille, se transmettant de génération en génération, peu à peu peaufinées et embellies. Des éclats de récit dont l'ensemble dessine une trame, une continuité, une transmission dans un style parfois d'une densité obscure à la limite de la confusion, parfois d’une fluidité limpide. Toujours très présents quelques thèmes qui sont autant de repères : le Dieu tout puissant et aimé qui a remplacé (ou complété ?) Damballah, le sens de la famille (les mères aimantes et courageuses, les hommes qui cherchent ailleurs un destin meilleur), le chant (le blues, le gospel), et toujours, malgré la liberté acquise, l'arrogance insupportable de l'homme blanc.

Tout converge vers le chapitre final qui révèle enfin l'origine fondatrice de cette famille, et ce choix de l'auteur, de nous donner à voir les choses en quelque sorte « à l'envers », n’est malheureusement pas respecté par le 4e de couverture, une fois de plus à éviter. Et la révélation même de cette source identifie la fatalité de ce peuple écartelé, dans une apothéose émotionnelle.

Avec ce que cela comporte de noirceur et de joies, de foi et de superstition, de force et de renoncements, Wideman nous offre dans une prose qui n'appartient qu'à lui, de petits contes modernes qui constituent la trame de l’histoire de la condition noire au XXe siècle.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #famille #nouvelle #traditions
par topocl
le Jeu 8 Juin - 13:18
 
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Sujet: John Edgar Wideman
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Zeruya Shalev

Ce qui reste de nos vies
Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Zeryua10


Je découvre Zeruya Salev à travers ce roman qui reçut en 2014 le Pris Fémina étranger .
Il m'aura fallu plus de temps que prévu pour venir à bout de ce roman fleuve , qui n'en finit pas de s'enrouler autour de lui-même tout en avançant quand même , parce que le mouvement qui nous rapproche de la fin est intrinsèque à la vie .

Et c'est de cela dont elle parle Zeruya Shalev , à travers une dizaine de personnages liés par le sang , ou le hasard des rencontres .
C'est au chevet d'Hemda qui attend dans une semi conscience sa fin prochaine que débute l'histoire .En Israel .
Et commence , à travers un flux de réminiscences pour cette vieille Hemda , une forme d'acceptation ? de résilience ? de réconciliation avec soi et avec les autres ?
Par ce personnage central ,, nous remonterons le cours de l'eau ( à l'image de ce lac qui hanta toute l'enfance de la petite Hemda , mais la poursuivra toute sa vie dans un schéma fortement névrotique associé à un manque , à l'image d'un père aussi , à l'absence d'une mère , à l'incapacité à trouver sa place dans le Kibboutz sans pouvoir trouver pour autant son équilibre ailleurs ...) , nous suivrons le parcours de sa descendance ... Dina ,la sacrifiée sur l'autel maternel et qui avance péniblement à l'aube de sa ménopause en remettant tout en question , Avner , le surprotégé en revanche ,(par voie de conséquence , pour faire équilibre bien-sûr ), avocat des Bédouins ( à travers ce personnage , on appréhendera une facette d'Israel et des blessures sociales de cette terre de violence , la voix politique engagée de ce roman ) , mais aussi l'enfant de Dina , les conjoints respectifs , les rencontres déterminantes pour chacun d'eux dans leur projection , bouffée d'oxygène que de vivre de façon ponctuelle par une forme de procuration et s'ouvrir par cette brèche vers un ailleurs jusque là insoupçonné et peut-être rebondir ( vous savez : "rien n'est gratuit dans la vie , il n'ya pas de hasard !!! Hum hum ....)
Alors oui , bien évidemment chacun s'y retrouvera ....On pourra apprécier un temps la force pugnace de l'auteure à vouloir soulever le voile et nous rendre à nous-mêmes , pauvres mortels englués dans la complexité des relations interpersonnelles , du tissage psycho-générationnel auquel personne n'échappe ...

On pourrait se sentir emporter par des envolées lyriques plutôt bienvenues au départ , mais glissant très rapidement dans l'effet de saturation , tout comme le ton de questionnement existentiel qui éveille le lecteur à ses propres errances et douleurs avec une certaine habileté et finesse psychologique mais qui n'aboutit qu'à une forme totalement indigeste par accumulation , répétitions , scansions stériles .
Malgré ses qualités de clairvoyance , d'esprit d'analyse certain , la forme oppressante de l'écriture plonge le lecteur dans un magma de ruminations s'entrelaçant sur des centaines de pages , et le souffle en apnée , on en ressort lessivés et pas forcément convaincus .

Une sorte de volonté acharnée à vouloir démontrer les conditionnements issus du passé familial , mais aussi de l'histoire ( la grande histoire , celle d'un peuple ), de la force souvent implacable de l'histoire familiale et de la complexité à trouver l'ouverture pour prendre en main sa propre destinée , en se délestant de ce qui nous paralyse ....et toutes ces perspectives vues et revues dont nous abreuvent les méthodes de développement personnelles et certains psychiatres très en vogue ( et qui ont le méritent d'apporter une approche accessible à tous et ainsi d'ouvrir quelques portes malgré tout , qu'ils en soient remercié ) alourdit considérablement l'ensemble de l'oeuvre , n'atteignant pas son lectorat potentiel .

Lecture comme d'habitude hautement subjective . Que j'assume .


mots-clé : #psychologique  #famille
par églantine
le Dim 4 Juin - 14:27
 
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Sujet: Zeruya Shalev
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Ralf Rothmann

Mourir au printemps

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Image113

Jusque là je croyais que le pire, au front, c'était de mourir.


Ce fameux printemps est le printemps 1945, où tout le monde a compris que l'Allemagne avait perdu, mais où l'armée continue à recruter à tour de bras les jeunes garçons et les blessés, à les envoyer au front, et à les fusiller s'ils désertent. C'est un monde d'une cruauté indigne où l'absurdité de la guerre atteint des sommets de cruauté, dont est revenu le père du narrateur, et puis il s'est tu.

Au mérite de décrire un moment historique et des faits rarement décrits dans la fiction, Ralf Rothmann allie celui d'une œuvre romanesque ample et maîtrisée. Son personnage, confronté à des expériences humaines aussi pathétiques qu'insoutenables, à des choix existentiels cruciaux, garde son cap sans forfaiture ni trahison : survivre.

La filiation est l'un des thèmes du livre et curieux sont les personnages des parents dont l'indignité quotidienne perd son tragique, et devient anecdote face à l'ignominie de la guerre.

Je joins la couverture originale qui me parait plus conforme à l'esprit du roman.

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Image114



mots-clés : #deuxiemeguerre #famille
par topocl
le Dim 28 Mai - 19:12
 
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Sujet: Ralf Rothmann
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Héctor Abad Faciolince

La Secrète

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Image112

La Secrète, c'est la maison de leur enfance, celle de leurs parents qui l'ont quittée pour étudier, celle de leurs  aïeux qui l'ont héritée de leurs parents, lesquels y avaient travaillé durement la terre. Et bien avant,  les générations précédentes l'avaient arrachée à la forêt sauvage, dans ce lieux à l'écart, qu'on aurait cru protégé par la montagne et la forêt. Seulement celles-ci n'ont aps suffi à éloigner les narco-trafiquants, les guérilleros et les paramilitaires qui ont semé les drames là où la vie aurait du être sereine. Et quand on a cru s’être débarrassé de ceux-là, les trois enfants-narrateurs , si différents les uns des autres, devenus adultes, avaient chacun leur vie, et  s'étaient éparpillés; ils n'ont pas su à leur tour la (se)  protéger du capitalisme débridé...

C'est un récit à trois voix, deux sœurs et un frère, qui a le charme des familles et des maisons qui traversent les siècles. Par contre l'histoire d'aujourd'hui, de chacun des narrateurs, un peu trop archétypaux (la sœur conservatrice, la sœur progressiste et le frère gay en retrait) est au demeurant assez banale, je me serais volontiers passé de la description de leurs fades premières expériences sexuelles et de leurs réflexions sur le sens de la vie, assez proche de propos de comptoirs.

Il n'en demeure pas moins un roman qui traverse l'histoire colombienne, effroyable tragédie, qui a broyé les individus condamnés à la terreur.



mots-clés : #famille
par topocl
le Sam 27 Mai - 16:40
 
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Sujet: Héctor Abad Faciolince
Réponses: 21
Vues: 1063

Giuseppe Tomasi de Lampedusa

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Lamped10

Le guépard

Autant  que du prince de Salina,  c'est du sort de toute cette  famille de l' aristocratie sicilienne, face à un monde en mutation, que nous entretient Tomasi di Lampedusa : or et décadence, éclat et nostalgie. Et si les bouleversements politiques (qui pour le lecteur resteront une simple toile de fond)  sont assez durs à avaler, au moins par toute une culture de l'alliance et de l'hypocrisie sociale, les biens seront-ils préservés.

Tomasi di Lampedusa déploie une prose aussi chatoyante que les intérieurs luxuriants, aussi caressante que les robes sophistiquées  pour un portrait sans concession de cette déchéance qui n’est autre que celle de sa famille, et qui est vécue par Le Guépard avec un mélange d'arrogance et d'humilité. Car au-delà son irascibilité,  sa suffisance et sa nostalgie, il est traversé d'interrogations, de doutes et de compréhension, pétri d'une humanité  complexe, cachée derrière une façade imperturbable sévèrement élaborée par l'héritage de son milieu. Sous les fastes, c'est bien d'un roman de l'intime qu'il s'agit, d'un intime tourmenté, finalement surprenant  dans une société en vase clos où l'individu s'efface face à la tradition.

La grande surprise que j'ai eue à lire ces pages, c’est de découvrir à chaque page, derrière la noblesse et l'ambition de l'auteur, une tender ironie, un humour subreptice qui font comme une connivence avec les personnages et surtout avec  leur narrateur.


mots-clés : #famille #psychologique
par topocl
le Mer 24 Mai - 18:51
 
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Sujet: Giuseppe Tomasi de Lampedusa
Réponses: 13
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Guillaume Le Touze

La mort du taxidermiste

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 97823311

A la mort du père, Bernard, le taxidermiste, un secret de famille se dévoile. Qui était vraiment Bernard, cet homme qui organise une mort digne et résistante?
C’est un roman assez ambitieux en cela  qu'en 181 pages, il veut étreindre la transmission générationnelle côté maternel comme côté paternel, côté Algérie en guerre et côté Corse farouche... "Le thème de la filiation apparait dans tous les livres de Guillaume Le Touze", lit-on sur le quatrième de couverture. On peut dire qu'il n'y va pas avec le dos de la cuiller. Mais il le fait assez bien, les personnages (nombreux)  sont attachants, la mort du père réveille comme un vécu, et Le Touze a une belle plume pour décrire la nature sauvage. On passe un bon moment, mais cela ne me laissera pas une trace indélébile...


mots-clés : #famille
par topocl
le Sam 13 Mai - 10:05
 
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Sujet: Guillaume Le Touze
Réponses: 2
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Tanguy Viel

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Paris_10

Paris-Brest

La grand-mère du narrateur fait la rencontre au Cercle Maritime (un bar-restaurant guindé, provincial et fréquenté par les militaires et la bourgeoisie brestoise) d’Albert, un homme qu’elle épouse car il lui propose entre autres d’hériter de sa fortune. Une condition : garder la femme de ménage, Mme Kermeur, quand il sera mort. Et cela ne va pas tarder. La grand-mère est rapidement la légataire universelle.

Cet argent est convoité. Les parents du jeune narrateur, installés dans le Sud, rappliquent à Brest. Mme Kermeur a un fils, à la réputation de voleur depuis l’école.
Le narrateur lui-même, qui s’était installé à Paris, revient à Brest.
Le fils Kermeur est omniprésent depuis que sa mère travaille dans l’appartement.
Et tout le monde présent reluque le magot caché par la grand-mère… Péripéties intrigantes commencent.

L’auteur traite son histoire comme un clin d’œil au roman noir, tout en mêlant jeu d’écriture dépouillée, distante, et le ton adulescent du narrateur. Bien sûr il ne s’agit pas d’un polar, et on en est encore plus éloigné encore que, par exemple dans l’un de ses livres, Insoupçonnable, que j’avais préféré de loin à celui-ci. Ici, on entre dans ce livre comme on entre dans Brest, on y rencontre la bourgeoisie provinciale, le bridge, le Cercle Maritime (ce genre de lieu existe encore à Brest), la pluie et le vent, la Marine, la rade, bref, un décor et une atmosphère qui n’auraient pas déplu à monsieur Chabrol.


mots-clés : #famille
par Barcarole
le Mer 10 Mai - 18:44
 
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Sujet: Tanguy Viel
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Fabrice Colin

Tag famille sur Des Choses à lire - Page 7 Colink10

La poupée de Kafka

Excellent roman.

L'idée est de faire revivre sur trois générations la figure de Kafka et de confronter ces trois générations parfois violemment parfois amoureusement les unes aux autres.

Else Fechtenberg est une vieille dame aigrie, celle à qui Kafka quelques temps avant sa mort aurait offert une poupée et aurait écrit quelques lettres. La poupée comme les lettres ont disparues et restent une énigme pour les amateurs de Kafka. Abel Spieler fait partie de cette coterie qui rêve de retrouver les derniers écrits du grand écrivain praguois, il est professeur à la Sorbonne, coureur de jupons patenté et menteur éhonté. Sa fille Julie, subit son influence malgré ses intenses réticences (ce qui donne lieu tout au long du roman à une passionnante description des liens entre une fille et son père, ce que l'on ne trouve pas si souvent en littérature). Pour séduire son père, Julie va donc se lancer dans la recherche des lettres, de la poupée et de la petite fille à qui elles furent adressées et elle va rencontrer l'irascible Else, la menteuse, la frelatée, la revêche Else qui va tout faire pour repousser Julie tout en trouvant dans sa jeunesse et dans sa naïveté un regain de vie et de tendresse filiale.

A ce trio détonant, il faut ajouter les villes de Paris, Berlin et Prague qui marquent de leur empreinte la vie et les recherches des protagonistes ; sans oublier l'attirance ultime pour la montagne, Saint-Gervais et le Mont Blanc, lequel surplombe la fin (palpitante) d'un récit qui se lit avec gourmandise.

La langue de Colin attise le plaisir du lecteur par sa sécheresse, sa tension, son humour palpable, sa tentation (jamais assouvie) d'une forme douloureuse voire tragique et une manière assez unique de présenter les joutes verbales, acides, arides entre les trois personnages. De surprises en dénis, de découvertes en falsifications, Fabrice Colin emporte son lecteur dans un récit mouvant et émouvant, truffé de mensonges, d'anecdotes et de tentatives de réconciliation. Le télescopage des trois générations offrent de brillants échanges dont l'ingéniosité et la violence ne parviennent pas à cacher totalement l'amour qui s'en échappe.

J'ai pris énormément de plaisir à lire ce roman joueur et enjoué, qui sans complexe lance des ponts entre les temps et les êtres et parvient bien souvent à toucher le lecteur en son cœur. Le seul bémol étant une fin que j'ai trouvé un peu trop ouverte à mon goût (sans doute parce que j'aurais aimé que ce roman dure encore plus longtemps).


mots-clés : #famille
par shanidar
le Mer 10 Mai - 12:56
 
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Sujet: Fabrice Colin
Réponses: 3
Vues: 316

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