Des Choses à lire
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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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La date/heure actuelle est Sam 25 Sep - 5:57

143 résultats trouvés pour regimeautoritaire

Varlam Chalamov

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 411z9k10

Récits de la Kolyma

Editions Verdier, 1478 pages

Ce qui m’a intrigué en feuilletant cet énorme livre, c’était que la place importante que Chalamov donne à la littérature dans son livre saute aux yeux. A la Kolyma, nous dit Chalamov, où tout est déshumanisé, elle semble au contraire n’avoir aucune place. On est par ailleurs bien trop occupé à survivre au milieu des truands et du travail forcé, d’un froid qui descend jusqu’à -60° C, des maladies et du manque évident de nourriture. Mais j’avais aussi envie de lire ce livre pour ce qu’il revêt de la perception d’une certaine réalité, atroce. Je n’avais à ce moment-là pas d’autre envie. L’auteur prévient le lecteur que ce qu’il a vécu là-bas le dépasse, nous à plus forte raison encore.

Des petits morceaux sont reconstitués, dans un désordre chronologique et de répétitions. Le livre acquiert en quelque sorte une forme libre de mémoire aux limites humaines : quelques réflexions éparses ― il ne brille pas par sa dimension analytique malgré tout ― quelques épisodes. Notamment un, relaté dans un très beau récit intitulé "Marcel Proust"… Ce fantôme (dans le meilleur sens du terme, s’entend) a un éclat très particulier, très étrange et en tout cas lumineux au cœur de ce témoignage. Si justement la littérature n’a plus de place, ou presque plus, c’est au mieux en tant que souvenir.  Dans des pénibles tentatives de réminiscences de sa vie avant le goulag, ou bien quand on « édite des rômans » pour des truands oisifs. Mais « au mieux, un souvenir » n’est-ce-pas déjà beaucoup ? La littérature devient pour Chalamov un moyen de redevenir humain, qu’il partage avec son lecteur dans une avidité palpable. Mais on se sent comme étranger, peut-être que l’expérience est trop radicale, même si nombre de ces récits sont émouvants.

Varlam Chalamov a écrit:Les valeurs sont brouillées et chaque notion humaine, bien que désignée par un mot dont l’orthographe, les sonorités, l’assemblage familier de sons et de lettres restent les mêmes, renvoie à quelque chose qui n’a pas de nom sur le « continent » : ici, les critères sont différents, les us et les coutumes particuliers ; le sens de chaque mot est transformé.
Lorsqu’il est impossible d’exprimer un sentiment, un événement ou un concept nouveau dans le langage humain ordinaire, on voit naître un mot neuf, emprunté à la langue des truands qui sont les arbitres de la mode et du bon goût dans l’Extrême-nord.



mots-clés : #autobiographie #campsconcentration #captivite #creationartistique #regimeautoritaire
par Dreep
le Mer 1 Nov - 19:11
 
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Sujet: Varlam Chalamov
Réponses: 9
Vues: 1257

Antonio Muñoz Molina

Antonio Muñoz Molina Séfarade

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 Syfara10


Il s’agit en fait d’une sorte de recueil de "nouvelles" avec un fil directeur très homogène : le souvenir d’un passé plus ou moins lourd, vécu dans différents endroits de la planète par des personnages extraordinaires ou non, historiques ou pas, des étrangers, des immigrés, des émigrés, des exilés, des disparus ‒ autant de romans, empreints des dictatures du XXe siècle.

« Il n'y a pas de limite aux histoires inimaginables qu'on peut entendre à condition de faire un peu attention, aux romans qu'on découvre soudain dans la vie de n'importe qui. »
Antonio Muñoz Molina, « Cerbère », in « Séfarade »

« Comment s’aventurer à la vaine frivolité d’inventer alors qu’il y a tant de vies qui mériteraient d’être racontées, chacune d’elles comme un roman, un réseau de ramifications qui mènent à d’autres romans, à d’autres vies. »
Antonio Muñoz Molina, « Séfarade », in « Séfarade »


Parmi les leitmotive qui se recoupent, les camps de concentration et d’extermination allemands et russes, les Séfarades et autres Juifs, d’Espagne ou d’ailleurs, Milena Jesenska et Franz Kafka (d’un certain point de vue un annonciateur du totalitarisme), les morts vivants dans la rue (drogués et autres égarés) ‒ en quelque sorte l’héritage du siècle ‒, et les obsessions et angoisses de l’auteur et/ ou narrateur (alternance de je/ il qui entrelace le texte, comme aussi des épisodes ou des personnages, tel le cordonnier) : départ/ voyage/ fuite, culpabilité, persécution, amours perdues.

« ...] Franz Kafka a inventé par anticipation le coupable parfait, l’accusé d’Hitler et de Staline, Joseph K., l’homme qui n’est pas condamné parce qu’il a fait quelque chose ou parce que se serait fait remarquer d’une quelconque manière, mais parce qu’il a été désigné comme coupable, qui ne peut pas se défendre parce qu’il ne sait pas ce dont on l’accuse et qui, au moment d’être exécuté, au lieu de se révolter, se soumet avec respect à la volonté des bourreaux, ayant en plus honte de lui-même. »
Antonio Muñoz Molina, « Tu es », in « Séfarade »


Désinformation, "agit-prop" de l’Internationale communiste :
« Willi Münzenberg a inventé l’art politique de flatter les intellectuels établis, la manipulation convenable de leur égolâtrie, de leur peu d’intérêt pour le monde réel. Il parlait d’eux avec un certain mépris et les appelait le "Club des Innocents". Il était à la recherche de gens pondérés, avec des tendances humanistes, une certaine solidité bourgeoise, si possible l’éclat de l’argent et du cosmopolitisme : André Gide, H. G. Welles, Romain Rolland, Hemingway, Albert Einstein. Lénine aurait fusillé sans délai cette espèce d’intellectuels, ou bien il les aurait expédiés dans un sous-sol de la Loubianka ou en Sibérie. Münzenberg a découvert l’immense utilité qu’ils pouvaient avoir pour rendre attrayant un système que lui, dans le fond incorruptible de son intelligence, devait trouver atterrant d’incompétence et de cruauté, même pendant les années où il le considérait comme légitime. »

« Il y a aussi dans cette histoire un traître possible, une ombre à côté de Münzenberg, le subordonné rancunier et docile, cultivé et polyglotte ‒ Münzenberg ne parlait que l’allemand, et avec un fort accent de classe populaire ‒, physiquement son contraire, Otto Katz, appelé aussi André Simon, mince, fuyant, vieil ami de Franz Kafka, organisateur du Congrès des intellectuels antifascistes de Valencia, émissaire de Münzenberg et du Komintern parmi les intellectuels de New York et les acteurs et les scénaristes d’Hollywood, étoiles de la gauche caviar, et du radical chic, toujours espionnant, adulateur assidu d’Hemingway, Dashiell Hammett, Lillian Hellman, staliniens fervents et cyniques. »
Antonio Muñoz Molina, « Münzenberg », in « Séfarade »


Personnellement, j’ai ressenti ces ressassements comme pesants, peut-être entrés en résonnance avec trop de trop récentes lectures apparentées. Idem, le fil Littérature des camps semble déserté (saturation ?)

mots-clés : #campsconcentration #communautejuive #devoirdememoire #exil #genocide #regimeautoritaire
par Tristram
le Mer 1 Nov - 0:37
 
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Sujet: Antonio Muñoz Molina
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Graham Greene

Les comédiens

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 415utr10

La toile de fond, c'est Haïti sous la domination de Duvalier  : entre orages torrentiels et routes inachevées, les Tontons Macoutes sèment le terreur, les balles et la torture. Quelques blancs sans racines, échoués là, courent après l'argent, l'aventure, l'amour, les illusions ou tout cela à la fois. Bien sûr, tout échoue. Le mensonge et la vérité sont sans fin astucieusement entremêlés dans cette grande comédie tragique de la vie. Dans cette histoire désenchantée, à l'humour désabusé, l'homme, accroché à sa fiole de whisky, n'a plus d'espoir, et sa destinée  lui échappe.



mots-clés : #regimeautoritaire
par topocl
le Ven 27 Oct - 21:23
 
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Sujet: Graham Greene
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Ricardas Gavelis

Merci Eglantine !  I love you

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Vilnius Poker

Un autre roman qui se dresse comme une ville-livre, où les rues sombres forment ensemble un labyrinthe. Une question se maintient avec une force obsédante et donne au titre tout son sens ; Qui croire ou que croire ? Vilnius prend corps de la même façon que Petersbourg chez Gogol ou Bucarest dans la trilogie Orbitor de Mircea Cartarescu (Il y aurait beaucoup d’autres exemples à évoquer). Mais alors que Bucarest prenait une forme franchement délirante, franchement fantastique, c’est plus ambigu pour Vilnius.

L’ambiance est si sombre qu’elle paraît presque irréelle, invraisemblable, mais ne peut pas être complètement noire pour cette raison : La réalité survit autant que la perception de personnages patibulaires, déprimés ou alcoolique le permet. Pourtant on sent bien que cette Vilnius fantomatique est un portrait lucide pour ne pas dire désillusionné de l’homo lithuanicus et à plus forte raison de l’homo sovieticus, de toute l’humanité réduite à un silence stupide. Une musique grisante se dégage de ce roman habilement construit, va directement au cœur d’une certaine manière. Même s’il peut en prendre plein la gueule, parce que le récit est quand même dégoûtant. Mais étrangement pas rebutant, à deux ou trois épisodes près. La troisième partie est peut-être un peu décevante par rapport au reste.

Ricardas Gavelis a écrit:Je n'ai jamais aimé les mathématiques et pourtant j'étais topologue, principalement parce que c'était pratique et sécurisant. C'est aussi la raison pour laquelle je revenais sans cesse à cette macabre et bien-aimée Vilnius. J'avais peur qu'en m'installant ailleurs, je découvre soudain que j'aurais pu, que j'aurais dû, devenir quelqu'un d'autre, mais que c'était trop tard. J'avais peur de me retourner et d'apercevoir mes vies possibles, celles que j'ai dilapidées. Alors je revenais toujours ici où je ne pouvais être rien d'autre qu'un mathématicien. Seulement, une peur encore plus terrible s'emparait de moi à chaque retour : je me rendais compte que j'étais en train de gâcher, irrémédiablement, toutes mes autres vives. J'avais si peur de quitter ces murs, ces rues... n'importe où ailleurs, j'aurais immédiatement découvert une quantité de mes avenirs déjà morts et enterrés, une multitude de possibles avortés.


Mots-clés : #contemporain #fantastique #lieu #regimeautoritaire
par Dreep
le Mer 27 Sep - 19:31
 
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Sujet: Ricardas Gavelis
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Todd Strasser

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 Cvt_la11

La vague


Dans un collège aux États-unis un professeur d’histoire Ben Ross se heurte à l’incompréhension de ses élèves en ce qui concerne l’Allemagne Nazie. Les questions fusent: “Comment est-ce possible? Comment la population civile n’a-t-elle rien vu?” et des affirmations comme: “il faut oublier, cela ne peut plus arriver”. Pour leur faire comprendre, il décide de leur donner une leçon, Il décide de soumettre sa classe à une expérience un peu particulière. Par une sorte de jeu qui stimule son pouvoir sur l’élève et leur obéissance aveugle, il est promu leader tout puissant. Il leur donne de nouvelles règles qu’il suivent. Les cliques s’éffacent pour former une cohésion. Les élèves apprennent à se comporter en groupe.  Les populaires cotoient les impopulaires. L’expérience se poursuit en dehors de la classe et Ben se prend au jeu, curieux de ce l’expérience amènera. Certains élèves sont pour et ne voient pas le danger, d’autres contre, comme Laurie qui est rédactrice en chef du Grapevine, le journal du collège. Certains parents commencent à se méfier et invoque le fait qu’ils n’ont pas mis leur enfant au collège pour qu’il désapprennent à penser par lui-même.

Au début toutefois cette expérience semble plutôt positive, les élèves sont disciplinés, apprennent leurs leçons, mais souvent par coeur, sans se poser de questions ou faire d’analyse. Ben Ross est surpris par ce qu’il a engendré. Le principal le convoque et lui demande de mettre fin à l’expérience. Ben Ross lui assure que tant qu’il dirigera ses élèves, qu'il aura le controle sur eux et rien ne pourra arriver.

Le mouvement prend de plus en plus d’ampleur. Bientôt, intimidation, fanatisme, enrôlement forcé sous peine de représailles, pression, violence, abus, agressions, menaces, jouent en arrière plan. Le mouvement, “La vague” dégénère en dictature. Ben est dépassé et se demande ce que sont devenus ses objectifs de départ, faire comprendre à ses élèves ce qu’était l’Allemagne Nazie et ce que les gens vivaient au quotidien.

C’est un bouquin court, bien écrit, qui mène à bien ses objectifs de départ, lui. La fin toutefois pour se dépêtrer de cette situation intenable est un peu bâclée selon mon gout. Et j’aurais bien voulu qu’il y ait une suite qui raconte les retombées de l’expérience.

mots-clés : #contemporain #regimeautoritaire
par Pia
le Sam 16 Sep - 13:29
 
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Sujet: Todd Strasser
Réponses: 8
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Ota Pavel

Comment j'ai rencontré les poissons

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 416b5c10

Récit en partie autobiographique, puisque les personnages sont les membres de sa famille et les événements sont historiques. Il n'y a pourtant jamais la sensation que l'auteur veut parler de lui malgré la première personne du singulier utilisée pour narrer l'histoire, on ressent un détachement qui laisse penser à une fiction.
D'ailleurs l'histoire ne perd aucunement en valeur selon qu'on la considère comme une fiction ou une autobiographie.

Ota Pavel nous trace donc des événements marquants de sa jeunesse, des péripéties de sa famille avant pendant et après la seconde guerre mondiale. L'originalité réside dans la place de la pêche comme activité de découverte de la nature, de la vie et demeurant comme creuset de lien social puis de Résistance. Il est agréable de lire un Roman portant sur des drames utiliser un ton si détaché et si fluide, si "global". s'il existe un focus sur la famille toute la Bohème est décrite et la richesse des psychologies des personnages, des détails des paysages, des faits de chaque situation tend à nous faire connaître et nous immerger en République Tchèque. J'ai beaucoup pensé à Bozena Nemcova en lisant ce livre ainsi qu'à certains romans naturalistes américains.

Le style est beau, typiquement tchèque si je puis dire, avec une belle fluidité de phrases et un vocabulaire simple, une exigence d'une ponctuation harmonieuse. L'humour caustique est aussi omniprésent ce qui permet de gagner en légèreté au fur et à mesure que le ciel s'assombrit.
On a beaucoup parlé en France de la Résistance française, et pour cause, mais on parle peu de ce qu'ont vécu les Tchèques. Il est intéressant de le découvrir grâce à Bor, Lustig, Weil, Hrabal et Pavel entre autres.
Un livre à lire absolument.


mots-clés : #famille #regimeautoritaire
par Hanta
le Jeu 7 Sep - 9:03
 
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Mario Vargas Llosa

Aux Cinq Rues, Lima

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Nous sommes au Pérou, à a fin des années 90, sous la double dictature de  la mainmise généralisée du gouvernement, et des attaques terroristes et enlèvements du Sentier lumineux.
La revue à scandale Strip-tease révèle les photos compromettantes d'une orgie à laquelle a participé Quique, richissime entrepreneur protégé par la dictature. La réponse est immédiate et le directeur de la publication en fait sauvagement les frais. Le milliardaire et ses amis, une fois la "faute" effacée, ne se posent guère  de questions et jouissent sans scrupules de leurs fortunes et de leurs émoustillantes  épouses dans une luxure assez désuète. Mais Julietta,  de journaliste à scandale se transforme en journaliste d'investigation  et n'a pas dit son dernier mot.

C'est un Vargas Llosa facétieux qui n'a plus rien à prouver, et qui s'est fait plaisir dans ce roman ludique, badin et faussement frivole.  Les dialogues tiennent une bonne moitié du texte. La niaiserie des industriels fortunés n'a d'égale que la naïveté du dictateur. Les parties de jambes en l'air coquines, torrides dans l'esprit des partenaires, sont racontées (avec détails ) dans un enrobage fleur bleu et un ton de moquerie amusée (on s'appelle "ma blondinette" et "mon petit mari").

Si Vargas Llosa s'appuie sur un arrière-fond de discours politique, il est surtout dans un film de série B avec ses multiples rebondissements plus ou moins prévisibles et ses personnages volontairement stéréotypés. Cette impression est confortée par l' ambitieux  chapitre XX, où les personnages s'entremêlent habilement en petites séquences entre-coupées dans une espèce de bande-annonce effrenée , tour de force littéraire de haut-vol parfaitement maîtrisé.

Au final , on pourrait croire que la morale est  que le pot de fer triomphe parfois du pot de terre. Je me demande si elle n'est pas plutôt que les vieux prix Nobel ont bien le droit de s'amuser, eux aussi, quitte à produire une œuvre piquante, mais mineure.


mots-clés : #humour #regimeautoritaire
par topocl
le Sam 2 Sep - 14:29
 
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Sujet: Mario Vargas Llosa
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Giorgio Bassani

Le jardin des Finzi-Contini

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Il fascine, ce jardin des Finzi-Contini, ces propriétaires terriens tellement classe, tellement élégants, tellement généreux,  tellement cultivés : immense, luxuriant, mystérieux. Les jeunes gens désœuvrés s'y retrouvent autour du court de tennis, on badine, on parle littérature, c'est divin. Bien sûr le narrateur tombe amoureux de Micol (tout le monde tombe amoureux de Micol) et au terme de cet été merveilleux, il va lui falloir une chemin un peu rude pour comprendre à quel point ils ont tous joué avec lui, comme il était la souris dont le chat s'est amusé, et combien la vie n'est pas ce qu'on attend.

Ce pourrait être un  simple roman plein de charme. élégant, mélodieux, sur la fin de l'adolescence  et la blessure des amours de jeunesse. Mais la trace de l'histoire est là car on est, en 1939, dans la bourgeoisie juive de Ferrare, et les lois raciales tombent une à une. La perte des illusions de l’adolescence  va bien au-delà des chagrins amoureux. Et ce d'autant plus que l'auteur nous le dit du départ : ils vont tous finir dans les fours, les Finzi-Contini.

Curieux contraste de cette jeunesse poète, joueuse, mélancolique et de ce spectre implacable qui sert de toile de fond à leurs amours. Bassani écrit là un roman plein de contrastes et  de subtilité, pour décrire, dans une fausse légèreté mélancolique, avec une  ironie brillante mais néanmoins terrible, les soubresauts d'un monde en train de mourir sous la main du  bourreau.


mots-clé : #regimeautoritaire
par topocl
le Ven 11 Aoû - 18:51
 
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Sujet: Giorgio Bassani
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Aslı Erdoğan

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"Le silence même n'est plus à toi"

Asli Erdogan a connu les prisons de Turquie, elle a senti la chappe de plomb qui s'est abattue sur son pays qu'elle compare à l'Allemagne ou la Pologne de l'époque nazie.
Journaliste elle a couvert les évènements depuis 2010, les horreurs que le reste du monde se refuse à voir notamment l'ONU, par peur ? par connivence, par indifférence ? par bêtise ? . Journaliste, elle en a fait la relation dans un journal d'opposition, son livre "le silence même n'est plus à toi" reproduit certains de ses articles qui lui ont valu son incarcération dans la sinistre prison de Bakirköy à Istanbul, car exprimer son opinion est un crime en Turquie, comme au Vénézuela et à Cuba, des pays qui dessinent le visage de la dictature, un visage qui partout a les mêmes traits, un visage qui gène tout juste dans le reste du monde où il est plus "aisé" de fermer les yeux, de se boucher les oreilles par confort et commodité alors qu'il est encore temps de voir et d'écouter avant que la pensée unique s'installe et ferme les grilles, grilles de fer, qui enferment et détruisent à petit feu. Dépêchons nous de lire ce livre tant que nous avons un cerveau, un esprit critique d'autant que cette femme courageuse a une belle écriture, preuve qu'heureusement l'espoir n'a toujours pas été abattu.


mots-clés : #autobiographie  #regimeautoritaire
par Chamaco
le Lun 7 Aoû - 13:27
 
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Sujet: Aslı Erdoğan
Réponses: 36
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Hisham Matar

Au pays des hommes

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En un temps de sang et de larmes, dans une Libye pleine d'hommes couverts d'hématomes et maculés d'urine, taraudée par le manque et désireuse de se libérer, j'étais cet enfant ridicule en quête de sollicitude, et même si je n'y songeais pas en ces termes à l'époque, l'auto-apitoiement avait viré à la détestation de soi.



Souleyman raconte l'été de ses 9 ans, un été libyen brûlant où la dictature de Kadaffi torture, assassine, paralyse, s'infiltre tant et si bien que les enfants la pressentent alors même que tout leur est caché. Ils ne savent à quel saint se vouer, la mère  mariée à 14 ans pour cause de dévergondage, le père dissident, perpétuel absent privilégiant ses idées sur sa famille, la Guide Suprême enseigné à l'école : au milieu cet enfant est décontenancé, dévasté,  tiraillé, ballotté de secret en tromperie...
Histoire d'une enfance  des plus douloureuses, Au pays des hommes montre comment celle-ci, entre fidélité et trahison, est volée, pervertie, manipulée, chassée.



mots-clés : #famille #initiatique #regimeautoritaire
par topocl
le Lun 31 Juil - 20:32
 
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Sujet: Hisham Matar
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István Örkény

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 41unke10

Soeur Gloria


Originale : Gloria (Hongrois, 1972), traduit vers le Français par Jean-Michel Kalmbach

CONTENU :
La Hongrie jeune et communiste dissout vers 1950 radicalement les monastères er renvoient les sœurs religieuses dans la vie laïque tout en s'appropriant des bâtiments. C'est ainsi que Soeur Gloria, maintenant à nouveau Ilona, 25 ans, retourne après une dizaine d'années recluses dans sa famille. Mais elle n'y appartient plus totalement, n'appartient ni ici, ni là-bas. Dans son innocence certaine elle ne semble pas faite pour ce monde où on la laisse un peu à coté, comme demeurée ou éventuellement on l'ignore avec ses opinions. Elle quitte sa famille et trouve du travail en ville (Budapest). Mais on use sa générosité, l'accuse même de vol. C'est un peu par hasard que son chemin continue et qu'elle réaprend la vie en contact avec des réalités différentes... Où est-ce qu'elle va aboutir ?

REMARQUES :
Il s'agit d'un bien court roman d'à peine cent pages en quatorze chapitres. On y trouve pas une absurdité ironisant sur le sort de la petite religieuse perdue ; Donc ? Ce n'est pas une attitude d'une mauvais pitié avec Gloria, même si elle est décrite après ses années dans une monastère comme un vrai agneau, ne comprenant pas toujours bien les machinations des autres, ou les prenant comme à prendre. Elle voit toujours et avant tout le bien et interprète les actions des autres d'abord à leur avantage. Est-ce qu'elle doit peu à peu réapprendre en contact avec le monde une certaine prudence, attention voir même une distance, une attitude sceptique ? Nous l'accompagnerons dans ce processus de retour dans le monde, raconté dans une narration dans la première personne.

Est-ce que le contexte nous semble grotesque ? Quoi, dans le XXième siècle on a juste comme ça dissout des monastères et obligé des sœurs de retourner vivre dans une façon non-choisie ? Mais voilà, cela a existé. Et celui qui aimerait avoir un autre regard sur cette réalité, un regard encore plus authentiquement spirituel et historique soit averti du journal impressionnant de Monika Timar : clic  ou sa  correspondance : clic   . A l'époque j'ai lu ces livres avec très grand intérêt.

Bien sûr qu'Örkeny écrit comme connaisseur du regime de l'époque. Il sait à quel point on a essayé de mettre des opposants de différents bords dans des boîtes et sous contrôle. Dans un registre autre on l'a fait avec lui (voir Biographie). Même s'il n'a pas connu Monika Timar, ce récit se révèle plein de tact envers des question aussi bien matérielles que spirituelles, mais aussi de temps en temps d'humour grâce aux frottements entre l'innocence de Gloria avec le monde.

Son style et le ton de ce livre me donne pleinement envie de le découvrir dans ses œuvres plus essentielles...


mots-clés : #initiatique #regimeautoritaire
par tom léo
le Mar 25 Juil - 22:15
 
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Sujet: István Örkény
Réponses: 5
Vues: 886

Ivonne Lamazares

- Oublier Cuba -

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 97827110

4° de couverture :

"Dans une société cubaine en plein bouleversement, le récit juste et sensible d'une adolescente prise dans la tourmente révolutionnaire. Cuba, 1958. Tanya a cinq ans lorsque Mirella, sa mère, part rejoindre la guérilla dans les montagnes. Dix ans plus tard, dégoûtée par le régime castriste et usée après un séjour en camp de réhabilitation, Mirella n'a qu'une idée en tête : fuir, à n'importe quel prix. Ce désir impérieux, vital, de Mirella, se heurte au refus farouche de sa fille. Elevée par une vieille tante de La Havane, Tanya a grandi avec la révolution, et a appris à composer avec le système, la débrouille, le marché noir. Tous ses proches sont ici : son frère Emanuel, son amie Paula, mariée au fils d'un puissant du régime, et Andres, jeune communiste idéaliste avec qui elle a une histoire d'amour. Aussi, quand la répression menace de nouveau Mirella, Tanya est-elle confrontée au plus terrible des choix : rester, quitte à trahir cette mère immature et passionnée, qu'elle aime en dépit de tout, ou bien risquer sa vie, comme ces milliers de balseros, pour s'enfuir vers l'inconnu... "


Mon avis qui n'engage que moi: ---Voilà une histoire qui par son sujet pourrait attirer une levée de boucliers des sempiternels défenseurs bien assis des dégâts de la Révolution cubaine, aptes à s’élever contre toute remise en cause d’un système destructeur pour une partie du peuple embarqué contre son gré dans la création illusoire d’un « homme nouveau ». Elle pourrait mais par son absence d’attaques personnelles contre les dirigeants, la mise sur plaque de verre d’un microscope étudiant les souffrances d’une société livrée à une bureaucratie, une police, une forme de pensée unique et n’admettant aucune contradiction, elle se heurterait à une evidence : « oublier Cuba » est un constat poignant d’une famille de gens simples déchirée par la rudesse (et je ne qualifierai pas plus voulant être respectueux des lecteurs) la rudesse et disons l’autisme d’un régime. L’auteure nous fait appréhender les problèmes par le regard d’une gamine de 15 ans à l’aube d’une vie de femme, une gamine embarquée souvent contre son gré par sa mère ne supportant plus la vie dans l’île.

On vit de l’intérieur le climat moral, économique, des cubains des classes modestes, c’est très rare dans ce type de litterature et Ivonne Lamazares nous entraîne à sa suite dans une langue simple rendant accessible les ressentis de ces gens vivant encore dans les années soixante, pour certains de nos jours, l’histoire se passe entre 1958 et 1967, mais elle pourrait se passer maintenant pour beaucoup de cubains surtout ceux du sud de l’île, plus pauvres, plus démunis… Un bon livre, accessible et qui est captivant..


mots-clés : #regimeautoritaire #initiatique
par Chamaco
le Lun 10 Juil - 18:01
 
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Sujet: Ivonne Lamazares
Réponses: 2
Vues: 584

José Maria Arguedas

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El Sexto

C' était la plus grande prison de Lima,  sous la dictature de Benavides, dictature avec la complicité des gringos.   Y est interné pour avoir participé à une manifestation antifasciste le jeune étudiant Gabriel.

El Sexto c'est l'enfer, avec 3 niveaux de "pêcheurs" : au rez de chaussée les assassins, les clochards, ceux qu'on appelle la lie, au 2ème niveau les droits communs mais aussi des innocents objets de délation, au 3ème niveau "le paradis" les politiques.

Gabriel se retrouve dans la cellule d'un vieux Communiste, chef de file des mineurs, que tous respectent, même les Apristes. (Apristes et Communistes adversaires politiques)

Le sexe, la drogue, l'argent sale, la perversion, les exactions commises par et sur des prisonniers avec l'aval de l'administration corrompue qui règne au sein même de la prison avec la  collaboration de  deux assassins notoires.

Le récit est composé essentiellement par des dialogues  entre les prisonniers.

Tout est vu, entendu dans El Sexto car la construction ne permet aucune intimité, même pour les sanitaires ;  les prisonniers à tous les niveaux sont visibles par tous.

Quand un prisonnier quitte El Sexto c'est principalement quand la mort l' emporte pour l'amener à un  niveau, en quelque sorte libérateur.

Quelques gestes, quelques mots de compassion et d'aide prouvent tout de même qu'il y a encore de l'humanité dans certains.

Cette deuxième lecture d'Arguedas me confirme que c'est un auteur incontournable du Pérou.

extraits

"Haïr, haïr comme qui dirait un ouvrier, ce sera peut-être nécessaire, mais mon coeur n'y arrive pas. Je hais ces maudits gringos et je mourrais en luttant ontre eux ! Mais un responsable ouvrier dans l'erreur, je ne lui en veux qu' au moment de sa trahison ; après ça me passe. Je les vois souffrir exactememnt comme moi : les gringos et les contremaîtres leur crachent dessus tout pareil."

"Quel est l' idéal, frère Càmac, qui guide nos exploiteurs et nos tyrans, eux qui traitent les métis et les Indiens de la Côte et de la Sierra comme des bêtes, et qui voient et entendent, parfois, de loin et avec dégoût, ces musiques et ces danses où s'exprime notre patrie telle qu'elle est, dans sa grandeur et sa tendresse ?"

"Ils tournaient autour des marmites et du noir. Les plus faibles restaient fréquemment les mains vides et même lorsqu'ils parvenaient jusqu'au noir e obtenaient une louche de bouillie dans les mains ou dans un papier sale, ils n'arrivaient pas à courir assez vite pour échapper aux plus forts. Ils avalaient leur ration en courant. Ils enfournaient les haricots avec le carton, le papier, n'importe quoi, ou ils se mordaient les doigts.Ils n'avaient pratiquement pas le temps de mâcher. Les plus forts les suivaient ; ils leur ouvraient les mains pour prendre les restes ; il les léchaient ; et si, dans sa fuite le clochard poursuivi laissait échapper tout ou partie de sa ration, lui et son poursuivant se mettaient à lécher le sol."

"Monsieur dit l'enfant au Piurano. Je ne vais pas rentrer au village. Je vais attendre par Dieu !
Il s'est signé et il est passé dans la grande cour. Nous l'avons vu s'éloigner, boitant, petit, sans chapeau.

- l'anneau a réapparu dit le noir. Nous ici ont en a forcé un autre.
Le Piurano s'est rapproché jusqu'à ce que son ventre touche presque celui du noir.
- Répète moi ça charognard ! lui a-t-il crié. Répète moi ça charognard de merde !

Nous ne quittions pas des yeux les mains du noir. Celui-ci a marmonné quelque chose ; son visage était couleur de cendre."




mots-clés : #captivite #criminalite #regimeautoritaire
par Bédoulène
le Mar 23 Mai - 15:15
 
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Sujet: José Maria Arguedas
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Viivi Luik

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 2-267-10

La beauté de l’histoire


Original: Ajaloo ilu (estonien, 1991)
Traduction: Antoine Chalvin (2001)

Présentation de l'éditeur a écrit:Eté 1968, Riga, une jeune fille venue d'Estonie est l'hôte d'une bien étrange famille.
Invitée par le fils à poser pour une sculpture, elle rencontre aussi la mère - dont la tresse d'écolière est conservée dans la salle de bains. Puis le père - passé à l'Ouest, mais qui refait d'imprévisibles apparitions. Et surtout l'exubérante "tante Olga".
Tandis qu'une passion se noue entre le sculpteur et son modèle, elle découvre bien des choses qui la surprennent, à commencer par le langage codé que les membres de la famille utilisent pour parler d'une mystérieuse affaire.
Autour du récit principal, descriptions, images et souvenirs évoquent dans une sorte de flou tourbillonnaire l'Europe grise et tourmentée du communisme à l'ère brejnévienne.
De temps à autre, des anges passent, qui contemplent du haut du ciel les actions des hommes.
Avec ce second roman, Viivi Luik nous livre un éblouissant poème symphonique sur la destinée historique de l'Europe orientale.



REMARQUES :
Apparemment on cerne vite le cadre du roman: l’ère de Brejnev dans l’Estonie, puis la Lettonie, alors pays baltes sous la houlette de l’Union soviétique. Mais au fond l’histoire et l’atmosphère valent bien pour les Pays s’étendant derrière le rideau de fer. Et ainsi on se retrouve parallèlement à l’invasion de Prague en Août 1968 ce qui donne une indication précise pour le moment historique :
Une jeune femme de Tallinn (Estonie) vient à Riga (Lettonie) pour poser pour son ami sculpteur « Lion », un juif russophone. D’un coup elle est confronté avec un passé et une attitude de conspiration, de dissimulation. Lentement le lecteur comprendra que le sculpteur et les siens sont dans une certaine opposition au régime.
Lion a décidé de quitter le pays, de partir, mais d’abord il doit régler le fait d’avoir été convoqué au service militaire. Il va aller à Moscou vers une connaissance (Léo) de sa tante Olga (qui lui avait offert un atelier et le soutient dans sa démarche d’artiste), pour « arranger cela ».
Notre jeune modèle reste seule en attendant, et on se demande avec elle si elle va rester neutre, à distance, apolitique (comme elle semble être) ou si elle va prendre une décision. Elle le dit d’elle-même que jusqu’à maintenant elle s’est fait bien une représentation livresque bien éloigné de la vie réelle des épreuves et des souffrances.
Elle va prendre une distance, mais on se demande si elle pourra vraiment vivre comme si « tout était normal ». Est-ce qu’on peut indéfiniment repousser le moment de choisir ?

Dans cette atmosphère les mots signifient souvent autre chose, on suspecte les écoutes dans les appartements, on invente un langage codé. C’est le jeu du cache-cache, où on ne sait pas quelle est la vraie identité. On pourrait même bien se demander si ces descriptions si fines, allusives ne montrent pas avec extrême justesse un jeu double et schizophrénique des personnes, où il faut dissimuler ses pensées les plus intimes pour ne pas se mettre en danger?! Comment peut-on s’aimer dans l’insouciance dans cette atmosphère ?
Dans le langage on reconnaît bien des images, qui démontrent que l’auteur vient de la poésie. On trouve bien un ange « observateur et scribe ». S’il y a un récit chronologique, il y a aussi des retours en arrière dans le passé et des « déjà vues » dans l’avenir qui nous dit très tôt qu’au moins elle, elle va rester dans le pays !


mots-clés : #regimeautoritaire
par tom léo
le Mar 16 Mai - 15:39
 
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Sujet: Viivi Luik
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Robert Seethaler

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 Produc12


Dans la Vienne de la fin des années 30, sur fond de montée du nazisme et de l’antisémitisme, Franz, a quitté son village et le contexte de misère dans lequel il vivait sur injonction de sa mère, pour venir travailler à Vienne dans le tabac d’Otto Tresniek, une vieille connaissance de sa mère. Apprenti auprès de cet homme qui deviendra comme un mentor, il rencontre par l’entremise du tabac un vieux professeur, S.Freud, avec lequel il entretiendra une relation amicale, qui prend naissance et se poursuit en partie autour de l’entrée dans la vie amoureuse de Franz suite à sa rencontre avec Anezka.

J’ai été séduite en entrant dans ce roman sur l'art de l’auteur de faire ressentir les ambiances. Notamment celle du tabac, pour ne citer qu’elle, qui nous amène à « voir » les lieux dans notre imaginaire, s’en imprégner, même presque à en ressentir les odeurs. Et ceci perdure tout au long du livre. C’est une atmosphère qui est posée et qui nous ramène à cette époque, chaque lieu (ou presque), m’ayant un peu donné le sentiment d’y être, de le voir, de le ressentir.

Aux côtés de Franz, à travers son regard un peu naïf des débuts qui va évoluer vers une vision bien moins candide, au fil de ses interrogations et constats, nous découvrons la société de l’époque prise dans le « débousselement » de ses valeurs, et nous assistons à la montée en puissance d’Hitler et du nazisme, à l’installation progressive de l’antisémitisme. Des quelques éléments anodins distillés au début du livre comme éléments de paysage, l’auteur agrémente de plus en plus le décor de son histoire d’événements et éléments signes de la montée du nazisme, ce jusqu’aux événements dramatiques de la fin ou plus rien n’est réellement « discret ». Et  nous ouvrons avec Franz progressivement sur ce qu’il se passe, sur comment cela monte en puissance pour prendre, vers la fin du roman, beaucoup de place, voire toute la place. Ce seront d’abord quelques croix gammées aperçus au bras de passants, puis des cris lors de manifestations, etc… ce jusqu’aux arrestation musclées et à leurs conséquences mortelles. Cela montre aussi comment on se réveille souvent trop tard dans ces contextes qui font leur lit doucement.

Je ne dirai pas que ce livre a été très addictif pour moi, mais il s’est insinué tout en douceur, avec ce vague sentiment de bizarrerie d’abord, puis, avec Franz, ce sentiment que le monde devient fou, pour terminer avec de l’indignation, voire du dégoût, tout en même temps que de l’impuissance. Franz, lui, garde une certaine liberté de pensée qui le perdra, comme d’autres avant lui.

C’était une jolie découverte en tous les cas, et je remercie Tom Léo de cette idée de lecture qui m’allait sur les thèmes « comme un gant ». Une lecture qui ne sera certes pas parmi mes préférées, mais dont la traversée a été riche et très intéressante. Je me lancerai d’ailleurs peut être dans l’autre roman traduit en français de cet auteur.


mots-clés : #historique #regimeautoritaire
par chrysta
le Dim 9 Avr - 7:55
 
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Sujet: Robert Seethaler
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Nicolas Bokov

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 51857a10

Déjeuner au bord de la Baltique



CONTENU :
C’est les souvenirs d’un ancien dissident soviétique des derniers jours avant son arrestation dans l’Union Soviètique des années 70. Il raconte son voyage vers la Lettonie, son ultime rencontre avec la bien-aimée et leurs projets d’avenir et y mèle aussi des souvenirs d’enfance etc.

REMARQUES :
Ici on  découvre ce mélange bokovien entre expériences et réflexions. C’est une promenade dans son propre passé qui nous fait partager la vie d’un dissident dans l’Union Soviétiques des années 70 juste avant son arrestation, entre espoir pour un avenir personnel dans une relation d’amour et puis l’intervention brutale de l’Etat apparemment tout-puissant. On y trouve ce style très allusif de l’auteur, où il faut deviner soi-même les ponts entre deux événements, les liaisons entre deux réflexions. Derrière le niveau de l’affaire politique apparaît un poète, un homme sensible qui dans ce monologue intérieur partage avec le lecteur ces impressions.

J’ai tellement aimé cette manière extrêmement délicate et mélancolique de présenter les choses, toute en finesse. On y trouve une gravité et un regard très « russe » ( ???), me semble-t-il. Quand on arrive à la dernière page, où quand on retourne après lecture à la première, on est saisi par le drame d’une personne parmi des millions et des millions. Un visage à découvrir !

Des livres écrits jusqu’à présent en France, celui-ci me semble le plus „romanesque“ et accessible pour tous, même s’il est aussi à forte connotation autobiographique et contient pas mal de non-dits, des mystères…


mots-clés : #regimeautoritaire
par tom léo
le Lun 20 Mar - 22:23
 
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Sujet: Nicolas Bokov
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Eric Faye

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 41djgp11

Eclipses japonaises

Durant des décennies, la Corée du Nord a enlevé, dans le plus grand secret et de façon souvent aléatoire, des Coréens du sud, des Japonais, et même quelques européens de l'est. Elle a aussi détenu des Américains. Des gens qui, pour le reste du monde, étaient comme effacés : ignorés des gouvernements, ne vivant encore que dans la mémoire de leurs proches désemparés.
Certains ont vécu ainsi des décennies en Corée du Nord, avant que quelques cas célèbres ne mettent ce phénomène en lumière.

Ces "otages" d'un genre particulier devenaient parfois professeurs, chargés de former de parfaits espions dont les attitudes, les accents, les comportements en société seraient si ressemblants qu'ils tromperaient même les services secrets des pays visés. Les Américains servaient de caution, de possible monnaie d'échange, d'outil de propagande aussi, parfois. Pour les autres, on ne sait pas toujours.
Eric Faye s'attache au sort de plusieurs de ces hommes et femmes, et tente de nous faire partager leurs pensées les plus intimes, seul espace de résistance et de liberté à leur portée dans cette dictature paranoïaque. Soumis eux aussi à une surveillance continuelle et à des cours intensifs de doctrine, ils vivaient en vase clos une existence ubuesque mais paradoxalement privilégiée, qui n'excluait pas un certain confort, voire, pour quelques-uns qui avaient réussi à se créer une vie de famille, une drôle de forme de bonheur teintée d'amertume. (Et d'ailleurs, quel plus sûr moyen de les attacher à ce pays qu'un conjoint et des enfants ?)

Le sujet est passionnant. L'ennui, c'est que l'auteur s'est, selon moi, laissé submerger par l'aspect "documentaire" de son propos, au détriment du romanesque. Il peine vraiment à donner corps à ses personnages et le style n'aide pas le lecteur à s'immerger dans ces destins hors du commun. Tout est narré d'un ton égal, et au final assez plat. C'est comme si, étonnamment, l'effacement des personnalités et l'uniformisation voulus par le régime de Corée du Nord avaient si bien réussi qu'ils avaient aussi anesthésié l'écriture d'Eric Faye. J'aurais dû être submergée par toute cette souffrance, par les émotions multiples et complexes de ces vies volées, hors je suis restée extérieure au récit, ma lecture se teintant même parfois d'un certain ennui.
J'ai pourtant lu et entendu de nombreux avis enthousiastes sur ce livre, et je ne voudrais pas vous décourager. Mais pour moi, c'est un rendez-vous manqué.


mots-clés : #regimeautoritaire
par Armor
le Lun 20 Mar - 17:41
 
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Sujet: Eric Faye
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YI Munyol

@Armor a écrit:Encore un auteur que je me promets de lire depuis longtemps…


... et ce sera pour ton plus grand bonheur, probablement!

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Notre héros défiguré


CONTENU:
Om Sokdae, porte-parole d’une classe, tyrannise ses condisciples avec une main de fer. Il fait de ses camarades des êtres à son service : il les bat, prend de l’argent, vend des services de protection et se laisse traiter comme un roi. Han, nouvel élève arrivant de Séoul, veut commencer à combattre la dictature de Sokdae, mais il sera coincé dans une isolation complète et doit se déclarer vaincu. Mais après sa capitulation il découvre des nouvelles facettes de ce règne corrompu et il commence à goûter les privilèges du pouvoir et la participation à celui-ci. Après l’évincement de Sokdae commence une longue période de changements qui aboutit dans le rétablissement d’un environnement « démocratique ».

MES IMPRESSIONS :
Il est bon de garder en mémoire le contexte historique coréen, c’est à dire aussi la présence de forces dictatoriales en Corée jusqu’à la fin des années 80, période dans laquelle cette nouvelle était écrite et puis publiée en Corée (en 1987). Cela donne à réfléchir si on apprend que cette pièce trouva immédiatement un succès immense dans le pays ! C’est probablement pas seulement à cause d’une simple histoire d’élève, mais parce qu’on se retrouva dans le contenu, dans les tensions, dans les questions soulevées.  

Lu dans ce contexte historique on voit plus clairement, à partir de la première page, que le père de Han atterrit en province à cause d’un faux-pas politique et qu’alors ce qui s’ensuit est déjà par cela pour Han la conséquence ou une suite accompagnant la situations politique. Vite on se rendra compte que dans cette nouvelle le rapport de la force, la violence et l’autorité jouera une grande importance.

S’agissant d’un retour en arrière – au début du livre on date l’action trente années dans le passé – il peut bien s’agir du temps à la fin des années 50, c’est à dire la période de la fin du régime autocratique du dictateur Rhee.

Yi Munyol décrit avec une précision admirable les différents stades, étapes dans la vie de Han avec l’autorité de Om Sokdae, le condisciple dictatoriale : De l’étonnement vers la révolte, puis des actions légales, la résistance, jusqu’au désespoir ; et même la complicité pour finir !!! Tout cela est tellement bien observé – chapeau ! Sur la couverture d’une édition est bien écrit que « Yi peint dans Notre héros défiguré une analyse du pouvoir et parle ainsi d’un sujet de portée universelle ». Comme nous avons affirmé dans un partage autour de la lecture commune de ce livre, il n’est pas si difficile de trouver malgré les particularités culturelles différentes (coréennes) des parallèles avec des dictatures pas si lointaines en Europe, mais aussi des situations et expériences personnelles aux lieux de travail, l’école etc.

S’il y a un processus vers une complicité avec une autorité violente, la sortie de ce système peut être aussi vue et vécue comme un cheminement. Mais la solution proposée, décrite dans ce livre fait réfléchir et chacun verra  et décidera, si cela devrait bien avoir une validité universelle.

Un livre remarquable qui parle d’une façon intemporelle de l’expérience du pouvoir et de la violence !


mots-clés : #regimeautoritaire
par tom léo
le Sam 11 Mar - 21:34
 
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Sujet: YI Munyol
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Pep Coll

Quatre cercueils : deux noirs et deux blancs.

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 Images18


Quelques années après la fin de la guerre civile espagnole, dans un massif pyrénéen catalan, parsemé de hameaux et bourgades sévères, un crime horrible a été commis : l’assassinat sordide d'une famille de paysans, homme femme et enfants. Sans doute le père réussissait-il un peu trop bien, à la fois avide et travailleur. Sans doute aussi l'assassin était-il un homme frustre, non initié au bien et au mal, étreint par la jalousie. Toujours est-il que dans ce climat perverti par le fascisme, le crime, aisément élucidé,  est resté curieusement impuni et a hanté les habitants pendant des décennies.


Le livre, "inspiré d'une histoire vraie" joue astucieusement, tout en le revendiquant, entre réalité et romanesque. Pep Coll est venu visiter les lieux, a lu toute une bibliographie et écrémé les archives, rencontré des survivants de l'époque. Mais il a aussi inventé des dialogues, ajouté des personnages, et bouché les trous restés inexpliqués. Il nous raconte les faits , entretissés avec  sa version imaginée, à travers 19 chapitres, chacun consacré à un personnage ayant tourné autour de l'affaire : victime, assassin, passant, témoin, autorité civile, judiciaire ou militaire.

C'est l'occasion de dresser un portrait de ces régions farouches et de leure habitants, d'y scruter les traces laissées par la guerre et l'empreinte de la dictature. C'est aussi le moment d'établir un parallèle entre ce crime morbide resté impuni et l'étrange amnésie dans laquelle s’est reconstruite l'Espagne après le franquisme.


mots-clés : #regimeautoritaire
par topocl
le Ven 10 Mar - 17:28
 
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Sujet: Pep Coll
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Sebastian Haffner

Les discussions récentes sur les témoignages de rescapés des camps de la mort me fait penser que ce livre pourrait intéresser nombre d'entre vous.
Ma lecture est ancienne, mais de nombreuses images marquantes me restent encore en mémoire. Un témoignage précieux.

Tag regimeautoritaire sur Des Choses à lire - Page 4 51aref10

Histoire d'un Allemand - Souvenirs (1914-1933)

Sebastian Haffner était étudiant en droit. Il a assisté, aux premières loges, à la montée en puissance du nazisme. Ecoeuré, horrifié, il a quitté le pays en 1938. Ce livre lui fut commandé la même année par un éditeur anglais ; mais la guerre éclata, et le manuscrit ne fut jamais publié. Il ne fut redécouvert qu'après la mort de l'auteur, et publié en 2000 en Allemagne, non sans avoir été dûment authentifié. En effet, certaines personnes contestaient qu'il ait pu avoir une vision aussi claire des horreurs qu'allait engendrer la folie nazie. Ce qui est certain, c'est que cet ouvrage met terriblement à mal l'explication si souvent entendue : "On ne savait pas…"

Pour qui s'intéresse à cette période, ce livre offre un éclairage nouveau et passionnant. La forme du récit oscille entre le témoignage et l'essai ; l'auteur nous parle de cette époque à travers le prisme de sa propre expérience d'Allemand "ordinaire", mais il va aussi plus loin, tentant d'analyser l'incidence du contexte historique sur les réactions du peuple allemand. Tout d'abord, il essaie de comprendre les raisons de l'inertie d'une grand majorité d'Allemands face à la montée du nazisme. Selon lui, les soubresauts de la politique nationale, l'instabilité des différents gouvernements au pouvoir depuis la guerre de 14-18, ou encore l'inflation galopante, ont peu à peu réuni les conditions qui ont amené Hitler au pouvoir alors qu'il n'avait pas gagné les élections de 1933…
Totalement désabusé, comme anesthésié, le peuple n'a pas réagi à ce coup de force, pas plus qu'il n'a réagi ensuite aux lois et aux exactions commises par les nazis. (assassinats, tortures, intimidations… le tout à la vue de tous, contrairement à ce qui a pu être dit…)

Sebastian Haffner nous livre ensuite un récit très riche, qui nous plonge littéralement dans la vie d'un Berlinois dans les années 30… Il décrit avec justesse le contexte politique incertain, l'arrivée d'Hitler au pouvoir, la montée de la peur, l'embrigadement... Stupéfiant passage que celui où l'auteur, alors étudiant en droit, se trouve obligé de passer 3 semaines dans un camp militaire à claironner des chants nazis, étape obligée s'il veut espérer obtenir son diplôme de juge…
Le lecteur va de surprises en surprises. L'un des passages qui m'a le plus stupéfiée est celui où l'on apprend que les discours prônant l'extermination des juifs étaient diffusés dans les rues de Berlin par haut-parleur... Même si la méthode exacte d'extermination était inconnue, il ne faisait aucun doute que leur fin était programmée…
De même, l'on apprend horrifié qu'un jour, alors qu'il était tendrement enlacé avec sa petite amie, un groupe d'enfants accompagnés de leurs professeurs les a tout naturellement salué d'un claironnant "Mort aux juifs ! Le plus cruellement ironique étant que la petite amie était bel et bien juive, ce qui n'était pas encore visible, le port de l'étoile jaune n'ayant pas encore été instauré…

Ce récit m'a profondément marquée. C'est un livre nécessaire, profond, qui soulève des questions passionnantes et avance des explications des plus intéressantes. Bien des justifications entendues après guerre volent en éclat à la simple lecture de cet ouvrage. Et l'on ne peut que louer la lucidité et la clairvoyance de l'auteur, mais aussi son honnêteté. Jamais il ne se fait passer pour un homme héroïque. Simplement pour un citoyen responsable, qui a refusé les compromissions indispensables alors pour exercer le métier auquel il était promis…
J'ajouterai enfin que le style, superbe, est à la fois très littéraire et facile à lire. Je ne saurais trop le recommander à tout lecteur intéressé par cette période. Je pourrais vous en parler encore longtemps, mais je préfère laisser la parole à l'auteur avec quelques extraits.


Deux extraits du prologue, écrit je le rappelle en 1939 :

"En usant des pires menaces, cet état exige de l'individu qu'il renonce à ses amis, abandonne ses amies, abjure ses convictions, adopte des opinions imposées et une façon de saluer dont il n'a pas l'habitude, cesse de boire et de manger ce qu'il aime, emploie ses loisirs à des activités qu'il exècre, risque sa vie pour des aventures qui le rebutent, renie son passé et sa personnalité, et tout cela sans cesser de manifester un enthousiasme reconnaissant."

" Ces duels dans lesquels un individu cherche à défendre son individualité et son honneur individuel contre les agressions d'un Etat tout-puissant, voilà six ans qu'on en livre en Allemagne, par milliers, par centaine de milliers, chacun dans un isolement absolu, tous à huis clos. Certains duellistes, plus doués que moi pour l'héroïsme ou le martyre, sont allés plus loin : jusqu'au camp de concentration, jusqu'à la torture, jusqu'à avoir le droit de figurer un jour sur un monument commémoratif. D'autres ont succombé bien plus tôt : aujourd'hui, ils récriminent sous cape dans la réserve de la SA ou sont chef d'îlots dans la NSV."



Page 214 :

" Les nazis ne font désormais plus mystère de leur propos de dresser les Allemands à pourchasser les juifs dans le monde entier. L'intéressant, c'est ce propos lui-même, qui est une nouveauté dans l'histoire universelle : la tentative de neutraliser, à l'intérieur de l'espèce humaine, la solidarité fondamentale des espèces animales qui leur permet seule de survivre dans le combat pour l'existence ; la tentative de diriger les instincts prédateurs de l'homme, qui ne s'adressent normalement qu'aux animaux, vers des objets internes à sa propre espèce, et de dresser tout un peuple, telle une meute de chiens, à traquer l'homme comme un gibier."


(ancien commentaire largement remanié)


mots-clés : #autobiographie #deuxiemeguerre #regimeautoritaire
par Armor
le Ven 10 Mar - 14:53
 
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Sujet: Sebastian Haffner
Réponses: 11
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