Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Sam 14 Déc - 14:25

49 résultats trouvés pour xixesiecle

Joseph Conrad

Bix et Bédoulène, mais aussi "Le flibustier" m'ont donné envie d'une relecture:





Le nègre du Narcisse
[i]Histoire de gaillard d'avant[/i]
Titre original: The Nigger of the Narcissus, A Tale of the Sea.
Titre original américain: The children of the Sea, A Tale of the Forecastle
NB: Nigger posait problème aux éditeurs américains de l'époque. Il fallut attendre les années 1920 pour que The Nigger of the Narcissus s'impose aussi comme titre pour les éditions d'outre-atlantique.

On voit que la traduction française propose un mélange des deux titres.
Au reste, Conrad a proposé la bagatelle de treize titres à ses éditeurs (!), quelques exemplaires prisés des bibliophiles arborent des titres rares.


Roman, 150 pages environ, cinq chapitres, paru en 1897, l'écriture a débuté (en Bretagne pendant la lune de miel des Conrad) en juin 1896 pour s'achever en janvier ou février 1897.

Tag xixesiecle sur Des Choses à lire - Page 3 Otago_10
Le trois-mâts-barque Otago, sur lequel Conrad servit comme Capitaine en 1888 et pendant trois mois en 1889.


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Le procédé littéraire:

Conçu pour être à l'origine une nouvelle, celle-ci s'allonge au gré des retouches de l'auteur, pour devenir plus un court roman qu'une longue nouvelle.
On note que Conrad a effectué une traversée à bord d'un navire (trois-mâts-barque) nommé "Narcissus", entre Bombay et Dunkerque, ici le Narcisse navigue entre l'Inde et Londres.
Il a sans doute puisé là le matériau nécessaire à l'écriture de ce livre, et remarquons en outre que c'est le seul cas de bateau ayant réellement existé, traduit sous son propre nom, dans les ouvrages de Conrad.

L'intrigue ? Cela va être vite vu, il n'y en a pas, ou si peu: le bateau va-t-il réussir sa traversée, parvenir à bon port, accessoirement James Wait (le "Nègre du Narcisse") va-t-il guérir ?

La construction, ce sont cinq chapitres formant un Opus quasi-symphonique. En cela c'est un joyau, à classer vraiment parmi le tout meilleur de Conrad.

Le prélude est en douceur, presque enjoué, de petites notes exotiques de port de nuit d'une côte indienne. Le brouhaha des conversations dans le gaillard d'avant - j'ai toujours pensé que ce chapitre en particulier avait inspiré Malcolm Lowry pour quelques pages un peu similaires, de bribes de conversations décousues, d'équipage, dans (un autre chef-d'œuvre) Ultramarine.
L'appel du rôle, de l'engagement à bord. In extremis, noir sur ténèbres, paraît James Wait qui jette un "Wait !" ambigu, est-ce son nom, est-ce une apostrophe (qui serait, alors, provocante, irrespectueuse) envers la hiérarchie du bord ?

Le chapitre I et II (le plus bref) nous présentent l'équipage et brossent les trente-deux premiers jours de mer - quelques individualités sont déjà appuyées.
James Wait est un pivot de cette histoire, une individualité centrale, peut-être à son insu, du corps homogène que forme l'équipage, est-il un imposteur qui singe la maladie, ou bien souffre-t-il réellement ?
Un autre matelot, Donkin, rescapé d'on ne sait quelles prisons coloniales, inscrit au rôle en haillons, sans coffre ni vêtements, écorché-vif, brebis galeuse, insoumis et tire-au-flanc, est lui aussi en rupture vis-à-vis du corps on ne peut plus disparate, mais uni et discipliné, que forme les autres marins.

Le III glisse sur l'élément, la mer tempétueuse, une accumulation de touches négatives, de fragments hostiles crayonnés.

Conrad, magistral, recentre sur l'humain au milieu de tout ce négatif en nous livrant un morceau de bravoure positif (cinq hommes affrontent le péril pour aller désincarcérer Wait de sa cabine). La mise en exergue de la mâle vigueur coordonnée, de l'héroïsme ordinaire, du sens même de ce que forme un bord, de la responsabilité, autant de thèmes qui hantent les ouvrages de Conrad.

Dans "Le nègre...", dans ce chapitre en particulier, ces messages sont introduits de façon non démonstrative, ramassée, sans en faire des tonnes, de manière vraiment talentueuse je trouve.    

Avec la fin de la tempête et l'arrêt du "marche ou crève", Jimmy Wait reprend une position centrale, le haineux Donkin aussi, qui monte la tête des uns et des autres, versant sa rage de brebis galeuse. C'est alors que le Narcisse traverse une longue accalmie. D'idiosyncrasies en formules emporte-pièce et rhétorique de caniveau, Donkin parvient à ses fins, retourner l'équipage contre la hiérarchie du navire. Une scène d'une grande violence verbale met aux prises Donkin et Wait. Puis le prosélyte cuisinier Podmore objurgue Jimmy Wait de tous les feux de l'enfer, au point que le commandant doit recadrer Podmore.  

A l'occasion d'une matinée radieuse, le même commandant, fin psychologue sous son abord très sec, règlera aussi le cas Donkin.  

Reste l'épilogue, plutôt allegro ma non troppo, qu'on ne dévoile pas.

Mais tout ceci serait peu de choses, s'il n'y avait cette poétique par séquence sublime, vraiment, et l'étrange alliage, qui fonctionne, de celle-ci avec cette justesse, cette profusion de termes de marine et de souci d'exactitude dans le réalisme de navigation.

L'un des messages que fait passer l'auteur est cette chaleur fraternelle de l'équipage, qui, s'il est conduit par des supérieurs hiérarchiques à la hauteur, arrive presque à transcender en noblesse, en ce que l'homme peut effectuer de meilleur, ce travail dur, sous-considéré, sous-payé, de marin à la façon de la marine marchande à voile au XIXème.

Quelques pages de Loti, de Melville, ou encore de Stevenson vont sans doute dans un sens similaire, et, vous l'aurez compris, l'intérêt principal -l'attrait- du livre n'est pas non plus dans cette petite démonstration-là.  

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Les personnages:

On note qu'ils sont exclusivement masculins. Toutefois, à bien regarder, Wait cristallise un côté féminin je crois, et, d'une certaine façon, la mer elle-même, voire le Narcisse, constituent un nécessaire pendant féminin à ce monde viril.

Chapitre III a écrit:Il buvait ce qui restait gravement, d'une longue goulée; tandis que les lourds embruns crépitaient sur son ciré et que les cinglants paquets de mer déferlaient sur ses hautes bottes. Il gardait les yeux rivés sur le navire, comme un amant observe le généreux labeur d'une frêle femme à la vie de laquelle est suspendue, comme par un fil ténu, la plénitude de la joie et la signification de ce monde. Nous observions tous le navire. Il était magnifique et avait une faiblesse.


L'équipage est une masse-magma, un chœur de tragédie antique, servant le navire comme la narration. Parfois un membre s'avance, tel un bref soliste, jusqu'au premier rang.
Outre Donkin le faux, Podmore et Belfast déjà cités, évoquons Singleton le vétéran, marin instinctif et inébranlable, à la bravoure hors pair, patriarcal et visionnaire à force d'expérience, Wamibo le colosse étranger, les scandinaves doux et en un "ailleurs", Baker, l'officier en second, qui ne prend jamais de galon mais mène bateau et hommes à merveille, participant à cet encadrement efficace, composé de trois hommes semblant disparates.

Et Wait.
Wait, le malentendu, le quiproquo dès son arrivée à bord.
Wait le personnage-pivot, ce qui justifie sa présence en titre.

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Un chef-d'œuvre ?
Le "Nègre..." ?
On se situe dans le courant littéraire dit réaliste, à ce qu'il à proposer de meilleur.
Il vient pourtant d'un écrivain qui était, à sa parution, encore un débutant à peine confirmé, loin de son firmament.

Résumons: Un roman XIXème, réaliste donc daté, donnant dans la littérature de genre (littérature de mer), peu voire pas d'intrigue ni de suspense, mâtinant la narration de traits qualifiables sans excès de poésie en prose (brillante), mais, dites-moi, cela a tout pour être rébarbatif, enfin, à tout le moins vieillot, dépassé !

Et bien non.

Je ne m'explique pas tout:
Pourquoi est-ce que "ça prend", comment ça fonctionne encore aussi magistralement, pourquoi est-ce un ouvrage qu'on ressent aussi fort aujourd'hui, pourquoi je le recommande et le glisse entre des mains amies dès que possible, etc...

Le même sujet, avec les mêmes ingrédients, traité par une plume de moindre envergure aurait confiné à l'oubliable reportage pour terriens ou urbains de l'époque.

Expliquer pourquoi c'est un ouvrage aussi majeur ? J'en suis bien incapable, et ce n'est pas faute de l'avoir décortiqué patiemment (je n'ai pas compté mes relectures, je sais que je n'en suis pas à la dernière).

Mais, trêve de bavardages, partageons plutôt une petite dégustation de cette prose si chargée en poésie -paradoxalement- réaliste... (pour la qualité du réalisme chez Conrad, on note que Conrad écrit ce qu'il a lui-même éprouvé -ça aide-, mais cela ne saurait expliquer complètement pourquoi il nous semble si brillant...pour une évidence, soulignons que le vécu, en réalisme, est un matériau de choix, mais distinct du talent d'assemblage littéraire, qui reste la part de l'art en écriture).

chapitre III a écrit: À minuit, ordre fut donné de serrer le petit hunier et le perroquet de fougue. Au prix d'immenses efforts, les hommes, impitoyablement battus par le vent, se hissèrent dans la mâture, sauvèrent la toile et redescendirent quasiment épuisés pour endurer en un silence pantelant le cruel martèlement des énormes lames.

Pour la première fois peut-être dans l'histoire de la marine marchande, le quart, invité à laisser son poste, ne quitta pas le pont comme s'il était contraint d'y demeurer sous la fascination d'une violence venimeuse.

À chaque forte rafale les hommes, blottis les uns contre les autres, se murmuraient: "Ça peut pas souffler plus fort" - et, après, la bourrasque leur infligeait un démenti avec un hurlement perçant et leur coupait le souffle au fond de la gorge.

Un grain furieux parut fendre l'épaisse masse de vapeurs fuligineuses; et, par-delà la débâcle des nuages lacérés, on put entr'apercevoir la lune à son apogée qui revenait traversant le ciel à une vitesse effrayante droit dans l'œil de la tempête.

Beaucoup opinaient du chef, murmurant que "ça les retournait" de regarder ça. Bientôt les nuages se refermèrent et l'univers redevint ténèbres aveugles et folles qui en hurlant lapidaient le vaisseau solitaire de grésil et d'embruns salés.      



mots-clés : #aventure #xixesiecle
par Aventin
le Ven 7 Avr - 22:35
 
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Sujet: Joseph Conrad
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Ivan Alekseïevitch Bounine

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Soukhodol


CONTENU:
Présentation de l'éditeur a écrit:Chronique nostalgique de l'âme russe, ténébreuse et lumineuse à la fois, Soukhodol est la saga des Khrouchtchev, petite noblesse de province derrière laquelle se dissimule la famille de l'auteur. Le regard de Bounine se pose avec un calme impitoyable sur un monde en déclin. Dans une langue précise et mélodieuse, hommes et nature composent un poème qui dégage une sobre magie empreinte de spiritualité, où se croisent Natalia, servante et " mémoire " de cette famille, Piotr Petrovich, son amour secret, ou Tante Tonia, qu'un amour déçu a enfermé dans la folie. Car " à Soukhodol, l'amour était singulier, la haine aussi ". Et leur temps nous semble, à nous comme à Bounine, " soit infiniment lointain, soit tout proche ". La Cerisaie de Tchekhov, dont Ivan Bounine fut disciple et admirateur, résonne dans ce récit avec des accents et des prolongements tragiques.


REMARQUES :
Par d’autres classiques russes j’avais déjà reçu une idée des changements immenses dans la Russie, déjà bien avant  la Révolution, aussi alors au milieu du XIXème qu’aussi bien au tournant du siècle. C’est une époque de changements, de la lente disparition d’anciennes structures. Bounine raconte ici bien l’histoire d’un déclin : les petits-enfants entendent juste encore de la gloire d’un passé sur l’ancienne domaine de la famille. Y-a-t-il dans ce regard peut-être une certaine nostalgie, Bounine reste très clair sur tout ce qui n’allait pas dans ses « bons vieux temps » : dans le rapport entre serviteur et maîtres, l’apparence et l’être, les parents et leurs enfants. A l’époque de l’écriture une telle vue critique sur la vie dans les campagnes étaient assez innovatrice et aller à contre-courant de l’étiquette dominante.

Je suis très heureux de trouver dans cette description alors au même moment un amour profond pour ses racines et ses origines ET un regard limpide sur la misère existante. Dans un certains sens les deux peuvent coexister…

Justement en cela et en d’autres aspects, comme par exemple cet attachement si fort à la mère-terre, cette insertion dans un flux d’une histoire plus grande, un élément tragique et nostalgique, un certain fatalisme, l’auteur nous donne quelques idées sur cette fameuse « âme russe ». Certains passages et réflexions, surtout au début et à la conclusion du livre était d’une beauté saisissante et encadraient bien les épisodes plus imagées et moins classifiables de l’histoire familiale.


mots-clés : #famille #xixesiecle
par tom léo
le Ven 7 Avr - 22:22
 
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Sujet: Ivan Alekseïevitch Bounine
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Henry James

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Ce que savait Maisie

le sujet : une fillette dont les parents sont divorcés et chacun remarié ce qui fait dire à la fillette qu'elle a 2 maman et 2 papa. Elle sera un prétexte que chacun accaparera ou se renverra pour se mieux haïr et ce n'est qu'auprès d'une gouvernante vieille, laide qu'elle trouvera l'affection dont elle a toujours manqué. Son beau-père et sa belle-mère l'aimeront aussi, mais cette dernière plus égoïstement, le beau-père, de faible caractère prouvera cependant son amour en lui laissant décider avec qui elle veut vivre.

L' innocente fillette comprendra assez rapidement la situation dans laquelle elle se trouve, l' abandon de ses parents au profit des beaux-parents et se découvrira le "sens moral" dont la gouvernante l'accuse de manquer après bien des revirements, des emballements, des peurs et des situations inconfortables. Les enfants contraints de "partager" les vicissitudes de la vie des adultes mûrissent vite et Maisie est une fillette intelligente.

En fond une critique sur une certaine société de l'époque ; en effet on ne peut comprendre la situation de la fillette et des différents personnages qu'en se référant aux moeurs et les lois de la société Anglaise à cette époque (fin 19ème siècle). La distinction des classes est très sensible.

Une lecture intéressante à laquelle une écriture mesurée qui ne dévoile que peu et laisse la place à l'imagination, celle de la fillette et celle du lecteur, est efficace.


mots-clés : #famille #initiatique #xixesiecle
par Bédoulène
le Jeu 23 Fév - 20:51
 
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Sujet: Henry James
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Honoré de Balzac

Tag xixesiecle sur Des Choses à lire - Page 3 Produc15

Le Père Goriot

L’un des chef-d'œuvre de Balzac est avant tout une galerie de portraits et une atmosphère, celle de la pension Vauquer. Destinée aux bourses plates, la pension pue la misère, le sordide. La maîtresse de maison qui veut jouer à la bourgeoise n'est pas insensible aux plaisanteries et aux avances de Vautrin, colosse qui joue lui les boute-en-train mais dont on devine rapidement les aspects inquiétants. Il y a là un jeune noble désargenté monté de la province, Eugène de Rastignac, son camarade étudiant en médecine, Bianchon, une jeune fille, Victorine et sa gouvernante, une vieille fille, Me Michonneau et un retraité, Poiret ; enfin le père Goriot, qui avait fait fortune sous la révolution en spéculant sur les blés mais dont les biens sont amoindris. Goriot a tout sacrifié pour ses deux filles, Anasthasie qui a épousé le comte de Restaud et Delphine qui a épousé le baron de Nucingen.  

L'intrigue a pour point de départ la récupération des diamants mis en gage auprès de l’usurier Gobseck pour couvrir les dettes de l’amant d’Anasthasie. Pour cela, Goriot abandonne ses dernières ressources. Ne voulant pas faire de jaloux, il offre également un appartement meublé pour les amours de Delphine et d'Eugène de Rastignac. Celui ci est plein de compassion pour Goriot qui devient rapidement la risée des autres pensionnaires. Pendant ce temps, un mouchard de la police approche Mle Michonneau et son soupirant Poiret pour l'aider à démasquer Vautrin en qui il voit un dangereux forçat échappé du bagne. Ledit Vautrin a proposé un marché sulfureux au jeune Rastignac désargenté. Il lui offre la main de Victorine, en échange il fera tuer son frère en duel pour qu'elle puisse hériter de la fortune paternelle. Rastignac sait résister à la tentation. Vautrin démasqué est enfin arrêté, Goriot, épuisé par ses sacrifices et au désespoir de ne pouvoir faire plus, tombe gravement malade.
Son dernier espoir est de revoir ses filles avant de mourir. Espoir déçu. L'agonie de Goriot, abandonné par ses filles et ses beaux-fils, est terrible "A quoi cela lui sert de vivre encore ? - A souffrir". Rastignac qui avec Bianchon soigne le vieil homme doit mettre sa montre au clou pour payer un linceul et une place dans le cimetière. Endurci par ces événements, Rastignac décide de prendre la société à bras-le-corps "Paris, à nous deux".


mots-clés : #xixesiecle
par ArenSor
le Lun 2 Jan - 17:47
 
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Sujet: Honoré de Balzac
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Stephen Desberg

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Série Golden Dogs

Dessin : Griffo
Couleurs : Bautista Angel, Burgazzoli Roberto

Ils sont quatre. Ils sont voleur, putain, criminelle ou faussaire, ils vont devenir sous l'impulsion d'Orwood les plus grands malfaiteurs de Londres. L'un des quatre va trahir mais lequel ?

L'histoire se passe dans le Londres des années 1820, le dessin de Griffo, qui s'affirme au fil des quatre tomes est très plaisant à découvrir, avec un attachement certain à vouloir 'rendre' le Londres de cette époque. Néanmoins, j'ai trouvé que les moments d'action manquaient de réalisme et d'envergure, comme si le dessinateur avait du mal à donner du mouvement à ses personnages, les figeant un peu dans des attitudes plutôt que des gestes.

Pour le scénario, au départ très alléchant, il tourne rapidement en rond avec des personnages qui ne m'ont pas semblé assez étoffés, assez fouillés pour avoir l'ampleur nécessaire aux quatre tomes. Le méchant juge Aaron aurait mérité un peu plus d'attention et certains passages m'ont semblé frôler l'invraisemblable. Le dernier tome, très essoufflé, semble écrit à la va-vite comme s'il fallait se débarrasser du bébé. Ceux qui attendait une grosse résolution avec le nom éclatant du délateur resteront sur leur faim, comme moi.

C'est dommage parce que l'idée de réunir des personnages atypiques et mystérieux (Orwood amoureux d'une morte, Fanny la putain narratrice, Lucrèce la tueuse et Lario/Laria le castrat) offrait d'infinis déroulements. Le fait de ne pas avoir suffisamment donné corps aux vies des uns et des autres conduit finalement à une impasse dans laquelle le lecteur se sent déçu et un peu dupé.


Une déception scénaristique mais un dessin intéressant qui s'affine au cours des tomes.


mots-clés : #bd #xixesiecle
par shanidar
le Mer 28 Déc - 12:00
 
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William Henry Hudson

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VERTES  DEMEURES


Vertes demeures fut écrit au 19e siècle, traduit en français dans les années 3O, plus ou mois oublié par la suite malgré une réédition en poche
dans la collection Points.

Passionné par la nature et les oiseaux, Hudson bourlingua pandant des années sur le continent latino-américain. Retiré à Londres, il pourra recréer un univers qui l'obséda toujours, et qui est à l'origine de Vertes demeures...

Difficile de parler d'un livre qui est plus une féérie fragile et envoûtante qu'un roman.
Sa fragilité meme, la délicatesse du sujet donnent seulement envie de suggérer ce qu'il est...Suggérer seulement...
En tout cas pas un récit de voyage. Son Amazonie est encore plus délirante que la vraie... Hors du temps et sans points de repères topographiques. Un livre poétique et onirique, qui donne énormément à voir et à imaginer...

Un hommage à la nature et aux rêves qu'ils peuvent créer. Un livre transparent, mélodieux... Etrange. Un livre unique.
Une histoire d'amour fou aussi certainement...
La passion de Hudson pour les oiseaux lui inspira le personnage féminin.
Je n'en dirai pas davantage...
Laissez vous tenter, et passez de l'autre coté du miroir...

Message récupéré


mots-clés : #nature #xixesiecle
par bix_229
le Sam 17 Déc - 17:15
 
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Sujet: William Henry Hudson
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Emile Zola

La Curée.

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Incisive description du milieu des nouveaux (très) riches sous le second empire,   La curée ne nous épargne aucune vilenie, aucune mesquinerie, aucune déroutante insouciance… Les personnages sont tous d'égoïstes matérialistes menés par le pouvoir, l'argent et la débauche, happés par les outrances d'une spéculation immobilière débridée. Rien ne les arrête pourvu que ces succédanés de puissance leur donnent une illusion de vie bien remplie. Dans la réussite comme dans l'échec, dans la splendeur comme dans la décrépitude, ils se remettent  en permanence enquête de cet épanouissement consumériste.

Zola s'en donne à cœur joie en descriptions de toilettes, de logements fastueux, de sociétés futiles, et l'on vogue, incertain, entre la fascination et le dégoût pour ses splendeurs absurdes.




mots-clés : #xixesiecle
par topocl
le Sam 17 Déc - 11:12
 
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Ivan Gontcharov

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Oblomov

ll est temps que je vienne au secours d'Ivan Gontcharov avant qu'on l'oublie...

Oblomov, esprit vide, infantile, passif, régressif ? Voilà ce qu'on reproche à ce personnage de Gontcharov.
A ceux qui l'accusent de rever sa vie, Oblomov pourrait répondre qu'il préfererait vivre son rêve. Mais il ne répond rien. En fait, il défend fermement sa conception à lui de la vie. Contre ses prétendus amis qui cherchent à l'enrégimenter, à le culpabiliser, qui voudraient bien le marier et faire son bonheur malgré lui ; lui donner des ambitions sociales, bref en faire un conformiste bon teint comme euxv

A tous ceux-là, à tous les esprits positifs, Oblomov rappelle que le rêve est supérieur à l'homme, à la réalité, à la vie même. Et que s'il ne la remplace pas, il permet au moins d'échapper à ses aspects les plus sordides, à reculer les limites du possible.
Mais que serions nous donc sans le rêve, sans la possibilté de réinventer le monde, de le réanchanter. De le transcender ?...

Oblomov symbole du naufrage humain et de la régression ? Certainement pas, mais il dit non à la banalité. Aux compromis. C'est un rêveur sensible, et il a gardé de l'enfance le souvenir lumineux et créateur qui lui permet de vivre. Enfin de survivre.
Mais parce qu'il veut que la vie réalise son rêve, Oblomov parvient à opposer sa volonté d'etre comme son moi intime le lui demande. Il réussit à être lui-même en dépit des autres qui n'ont que faire de sa révolte intérieure. Et satisfait au fond d'etre différent d'eux.
Car ce rêveur sensible, finit par s'opposer timidement mais fermement à ses amis. Tout aussi fermement que le Bartleby de Melville à qui il me fait penser.

Que fait il ? Un simple pas de côté.
En tant que personnage romanesque, il s'oppose à tous ces héros positifs qui bombent le torse, et à ceux qui n'ont rien choisi.
A tous ceux que la société étouffe, à force de conseils irréalistes, de sagesse bleme, de moralisme béat ou d'esprit de compétitivité avant de les rejeter usés.
Oblomov est aussi attaché à ses chimères que Don Quichotte, sauf qu'il n'en meurt pas et ne s'en repent pas non plus.

Oblomov, c'est finalement la recherche obstinée, souterraine du bonheur. D'une certaine forme de bonheur en tout cas.
C'est l'histoire d'un rêve exaucé. Ce rêve poétique et nostalgique, Gontcharov le partage sans l'approuver nécessairement. Il laisse simplement son personnage s'exprimer librement. Comme le faisait Dostoievski avec les siens.
Et tout le style de Gontcharov est lié à son projet. Il n'est qu'à voir le célèbre passage intitulé "le rêve d'Oblomov".

Ce personnage, je l'ai inventé ?
Peut-être. Chaque livre publié appartient à celui qui le lit.

mots-clés : #philosophique #xixesiecle
par bix_229
le Mar 13 Déc - 16:18
 
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Sujet: Ivan Gontcharov
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Thomas De Quincey

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De l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts

L'œuvre, à mi-chemin entre essai et roman, est composée de quatre parties d'importance très inégale :
- Une introduction à la conférence qui va suivre
- Une conférence sur le mérite esthétique des meurtres célèbres
- Un mémoire supplémentaire à L'assassinat
- Un long post-scriptum, qui est la partie plus "romanesque" de l'ouvrage.

L'introduction est intitulée "Avertissement d'un homme morbidement vertueux". Le ton est donné. Ici, un narrateur nous apprend l'existence d'un cercle effroyable où des intellectuels se réunissent pour discuter de la valeur artistique des assassinats. Il se propose de publier une conférence prononcée lors d'une de ces réunions qui lui est, soi-disant, tombée entre les mains. Le but est d'alerter l'opinion publique sur les agissements de cette société.

Suit la conférence, qui doit porter sur les crimes de Williams (assassin célèbre du temps de De Quincey). Le conférencier commence par passer en revue les meurtres les plus célèbres de l'histoire. Mentionne pêle-mêle Caïn, le vieux de la montagne et son armée d'assassins ou encore le meurtre politique. Puis vient un plaisant exposé sur les tentatives d'assassinat sur philosophe, censées démontrer la valeur de leur pensée. Petit extrait :

Car, messieurs, c'est un fait qu'au cours des deux derniers siècles tout philosophe éminent a été assassiné, ou du moins s'est vu tout prêt de l'être; tant et si bien que, si un homme se prétend philosophe et qu'on n'ait jamais attenté à sa vie, vous pouvez être assuré qu'il n'a pas d'étoffe; et je tiens en particulier pour une objection sans réplique (à supposer qu'il nous en faille une) à la philosophie de Locke le fait qu'il ait promené sa gorge sur lui en ce monde pendant soixante-douze ans sans que personne ait jamais condescendu à la lui couper.


Viennent ensuite quelques croustillantes anecdotes sur des affaires criminelles, dont on ne comprend pas bien ce qu'elles viennent démontrer. La conférence d'achève sur quelques points visant à théoriser la beauté d'un meurtre.

Un point est intéressant. La conférence, censée porter sur les meurtres du sinistre Williams, ne fait que les mentionner - les qualifiant de chefs-d'oeuvre du genre. Le conférencier semble éviter le sujet, et, sous couvert de second degré, semble prendre un plaisir bien réel à disserter sur de telles horreurs. Une culpabilité peut-être inconsciente et un sentiment trouble de sa propre déviance lui font sans doute oublier le vrai sujet de sa conférence.

Le mémoire supplémentaire s'ouvre sur une phrase tout à fait révélatrice. On en apprend de fameuses sur l'homme morbidement vertueux de l'introduction, celui-là même qui avait publié la conférence dans le but de nuire à cette société d'amateurs d'assassinats.
Une nouvelle soirée de cette association est relatée. L'ambiance de cette soirée n'est plus la même que celle de la première conférence, durant laquelle l'assistance avait observé un silence respectueux. Cette soirée, organisée pour fêter les récents "exploits" des Thugs de l'Inde, est rythmée par les toasts, portés aux différents maîtres de l'art. L'assistance, de plus en plus intenable, chante, crie, dans une atmosphère infernale. Fini la légère ironie de la première soirée, on bascule progressivement dans l'horreur.

Horreur qui atteint son paroxysme dans le long post-scriptum, dans lequel sont décrits,  dans le style le plus sombre et le plus passionné, les meurtres de Williams. Cette partie dévoile largement la noirceur du narrateur. On peut l'envisager comme un moyen de vivre par procuration l'excitation du meurtre, d'assouvir presque son désir; enfin, de soulager sa culpabilité en l'analysant, en l'illustrant, en la saisissant dans une idée.




mots-clés : #criminalite #xixesiecle
par Quasimodo
le Lun 5 Déc - 11:18
 
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Sujet: Thomas De Quincey
Réponses: 7
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