Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mar 11 Aoû - 23:51

131 résultats trouvés pour humour

Gérard Oberlé

Itinéraire spiritueux


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Itinéraire spiritueux, peu cousu autour du fil conducteur de son épicurisme du vin (mais aussi des martini dry, rhum, tequila, etc.), de l’enfance à l’écriture de ces souvenirs, en passant par ses rencontres et amitiés, célèbres ou guère ‒ ce qui permet de belles découvertes ‒ (Jim Harrison, Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière, Jean-Pierre Coffe ; le poète Norge, James Crumley, Tom Robbins, Jean-Claude Pirotte, Sylvain Goudemare ; également des chiens ‒ qui picolent aussi pour certains…), anecdotes au gré de sa vie de libraire dans l’ancien et d’éditeur (avec une dilection particulière pour les méconnus), de gastrolâtre et d’ivrogne, de voyageur (Italie, Norvège, Turquie, Egypte, Syrie, Guyane, Nouvelle-Calédonie, Etats-Unis, etc.), où l’érudition littéraire (clins d’œil, citations) se tempère d’humour rabelaisien (mais curieusement l’auteur éponyme n’est pas directement évoqué) ou zutique, canaille, voire pataphysique (comme l’idée du « monument aux ivres morts ») et de nostalgie de l’époque d’avant l’actuelle « panboétie galopante ». Une constante cependant : la correspondance livre et vin, spiritueux et spirituel.
Sans grande prétention, mais délectable, pour une première lecture de cet auteur !

« Je ne fais que raconter le substrat capricieux de mes souvenirs. » (IV)

« Les grands ivrognes, ce qui boivent tout le temps et ne font pas grand-chose d’autre, ceux qui jamais ne dessoûlent complètement, sont peut-être les derniers hommes libres. » (V)

« Je ne connais rien de plus idiot, de plus éloigné de la curiosité que l’assuétude du touriste biftèque-beaujolais réclamant son pastis à Santiago de Cuba ou son whisky en Amazonie. A chaque climat sa pommade ! Le jour où je serai coincé dans une hamada où les natifs se rincent au jus de crotale, je trinquerai au jus de crotale » (XII)

« Avec le blues, mon âme se fait volontiers buveresse. » (XV)


mots-clés : #autobiographie #humour
par Tristram
le Sam 12 Aoû - 4:59
 
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Sujet: Gérard Oberlé
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Gamboa Santiago

J'aime beaucoup ce titre, Perdre est une question de méthode!

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Les captifs du Lys blanc
traduit de l'espagnol ( Colombie) par Claude Bleton
Editions Métaillié

UN HOMME CACHE DANS UN HANGAR (I)

Je suis un simple greffier. Que cela soit bien clair, car en réalité l'histoire que je vais raconter n'est pas la mienne; je veux dire que l'essentiel, ce qui justifie de l'avoir écrite, ne m'est pas arrivé, sans aller jusqu'à dire que ma participation a été insignifiante. A vous de juger de mon mérite. J'en profite au passage pour préciser que j'ai toujours été ainsi, voilà sans doute pourquoi je suis greffier. J'aime copier ce que les autres racontent, rêver de drames et d'aventures qui, s'ils ne m'étaient arrivés, m'auraient peut être rendu heureux, même s'ils étaient tristes. Qu'importe la tristesse. C'est mieux que rien.

Je suis à Pékin, caché pour des raisons que j'expliquerai plus tard, dans un vieux hangar du quartier Fengtai..................................




Vous, je ne sais pas. Mais moi, quand un livre commence comme cela, j'ai du mal à le reposer, et je ne garantis pas l'amabilité de ma réponse au malheureux qui me dérange dans ma lecture sans impératif vital...
A Pékin vont se retrouver quatre personnages , un journaliste colombien censé mener une enquête sur le christianisme en Chine ,un philologue allemand qui suit à la lettre les mémoires de Pierre Loti, un jésuite prêt à tous les sacrifices pour sa foi, et un Péruvien, professeur de littérature dans une université texane . J'avoue que c'est celui là que je préfère,avec ses rêves de gloire littéraire à l'échelon planétaire:

" La suite de son oeuvre littéraire avait été écrite en exil. Ses six romans, "Tourné vers le couchant", " Histoire du charbonnier Atahualpa ", "Encore un pisco sour, chérie?" ,"Jus de lime à Lima", "Le rossignol de l'Apurimac"et " Cuzco Blues", avaient obtenu quelques articles flatteurs dans des journaux hispaniques de Miami et Los Angeles- écrits par des inconnus et, dans certains cas, par lui-même...."

En fait, ces personnages ont des points communs, la littérature,le désir d' être ce qu'ils ne peuvent pas être, , et le même objectif, mais pour des raisons complètement différentes: retrouver un manuscrit fondateur de la société du Lys blanc, héritière des Boxers.

C'est souvent très drôle, et même si l'intrigue devient vite complètement farfelue, on sait qu'elle n'est qu'un prétexte pour tourner en dérision , jamais méchamment du reste, ces quatre individus contraints de quitter leur univers de mots pour se confronter au réel. Quand on sait que l'auteur est lui même journalist et écrivain, sa manière de se mettre en scène et de rire de lui-même est extrêmement sympathique!

( récup)


mots-clés : #humour
par Marie
le Mar 8 Aoû - 21:32
 
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Sujet: Gamboa Santiago
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Sergueï Dovlatov

L'auteur tant apprécié par moi, Andreï Makine, dit dans un entretien ( http://www.lefigaro.fr/publiredactionnel/2010/05/19/06006-20100519ARTWWW00369-andrei-makine-nous-navons-pas-cree-dimage-positive.php ) qu'un certain Sergei Dovlatov (mais c'est qui???) serait pour lui à estimer plus qu'un Tchekhov (même s'il sait le peu de sens de ce genre de comparaison...) et qu'on aurait du lui donner le Prix Nobel. Si en plus un ami moscovite, grand lecteur, me dit plus ou moins la même chose, je ne peux que retenir et puis noter le nom. Et c'est ainsi qu'on découvre un nouvel auteur. Et quel auteur !


Tag humour sur Des Choses à lire - Page 5 Cvt_la10

La valise


Originale: Чемодан (Russe, 1986)

CONTENU :
Sergueï n'est pas fait pour être communiste ordinaire. Quand il reçoit finalement la permission de sortir de l'Union soviètique, il n'emportera qu'une valise. Une valise de sa vie précédente... Arrivé en Occident il cache la valise et seulement après des années il la redécouvre. Il l'ouvre et il est confronté avec le passé dans la forme de ces objets emportés jadis... : des chaussettes acryliques finnois, les chaussures volées au maire de Leningrad...
C'est une sorte de « comédie autobiographique », une œuvre plein de bon mots et formules, plein d'humour et nostalgie.
(Source : elements de l'édition allemande de chez Dumont)

REMARQUES :
C'est par le biais des recommandations de Makine et d'un ami russe que j'ai tenté ma chance avec ce petit livre, ce petit bijoux. Dans l'introduction Dovlatov raconte comment il fût amené de quitter l'Union soviètique dans les années 70 avec seulement une valise (contrairement à trois qui étaient permises). Et même cette seule valise ne semble plus l'intéresser, une fois arrivé à l'Ouest : il la cache sous un lit et ne va la rouvrir qu'après bien des années. Et en sortant les objets, c'est des histoires qui remontent : comment il est entré en possession de ces choses. Donc, s'ensuivent huit chapitres sur huit objets. Ces histoires sont souvent franchement drôle à en rire à souhait, puis, à voir de plus près, elles expriment aussi le profond attachement au pays, des us et coutumes (si bizarres des fois pour nous) de la Russie et le chaos, voir l'état de délire dans l'ancien Union soviétique. C'est dans la tradition de l’auto-dérision, de la comédie, mais d'une façon peut-être plus libre, plus accessible au lecteur occidental ?!

Ce fût un plaisir de lecture et une découverte. L'auteur reste noté, et des livres à découvrir !


mots-clés : #humour #immigration
par tom léo
le Lun 24 Juil - 22:07
 
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Sujet: Sergueï Dovlatov
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Peter Staphan Jungk

La traversée de l'Hudson

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Ca commence comme une bonne grosse blague juive new-yorkaise. rien n'y manque: le père physicien mondialement connu, en perpétuelle partance, la mère adorée et insupportable, et Gustav, le fils étudiant historien (sa thèse porte sur les accords de paix pendant la guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453), fuyant ce trio symbiotique à Vienne, pour rien moins que devenir fourreur et s'enchaîner à une fadasse juive orthodoxe qui l'entraîne dans une religion rigoriste.
Mais bien sûr, derrière , il y a le tragique , car cette osmose familiale est liée au fait qu'ils sont seuls au monde, toute la famille ayant brûlé dans les camps...

On prend Gustav au sortir de l'aéroport à New-York, et sa mère est venue le chercher. Dans une superbe Cadillac blanche, les voilà engloutis, au passage du pont Tappan Zee, dans un méga-embouteillage, qui va les confronter pendant quelques heures, à leurs souvenirs, leurs démons, leurs rancœurs.

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Peter Stephan Jungk se fait alors le roi de l'allégorie. la relation des deux protagonistes est engluée dans ce sur-place, cette impasse absolue qui va,à la levée de l'obstacle, déboucher sur une libération. Jusqu'à Gustav qui va se faire voler ses papiers , dans cette épreuve de réappropriation de son identité. Mais il n'est pas seul : le père, mort il y a un an, qui a toujours été protecteur et bienveillant , se réincarne en une forme étrange et gigantesque, échouée dans l'Hudson juste sous le pont,  "dieu fluvial", havre salvateur, nu et endormi, paysage incarné, rêve d'enfant, fantasme , golem, va savoir.

C'est donc l'histoire d'une curieuse renaissance à 45 ans, d'une libération par le passage d'une épreuve, dérisoire s'il en est. Il y a un mélange d'humour qui ne fait  pas toujours dans la finesse -tous les bons vieux clichés y passent -,  et de poésie farfelue, pour dresser le portrait de cet homme aliéné, défini par son passé et que le passage du fleuve va délivrer.


mots-clés : #communautejuive #famille #humour
par topocl
le Dim 16 Juil - 10:10
 
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Sujet: Peter Staphan Jungk
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István Örkény

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Les boites


Originale :  Tóték (Hongrois, 1967)

CONTENU :
4ème de couverture a écrit:L'arrivée d'un commandant insomniaque dans la famille Töt sème la zizanie et transforme leur vie paisible en véritable enfer ! Leur fils au front, les parents espèrent améliorer son sort en accueillant dignement son supérieur hiérarchique Varro. Les Töt se plient dès lors à toutes les lubies de ce militaire excentrique. Quiproquos et situations totalement loufoques s'enchaînent dans une comédie acide à l'humour décalé. Sous ses dehors de farce villageoise, Les Boîtes est une petite merveille satirique dont les accents absurdes font écho aux horreurs insensées de la seconde guerre mondiale.


Perché sur les hauteurs des montagnes hongroises, le village de Mátraszentanna est un havre de paix – le lieu de repos idéal pour le commandant Varró. Celui-ci débarque chez les Töt, recommandé par le fils de la famille, resté au front, qui souhaite s’attirer par là les bonnes grâces de son supérieur hiérarchique. Très vite les mœurs excentriques de ce commandant insomniaque vont mettre sans dessus dessous le quotidien bien réglé des Töt, qui acceptent toutes ses lubies avec une abnégation de plus en plus intenable… Ne supportant pas de rester inactif, le militaire s’enthousiasme pour la fabrication de boîtes en carton. Cette production finit par envahir les nuits de toute la famille, dans un absurde semblant d’activité...

Cambourakis


REMARQUES :
Comment lire un tel délire d'actions insensées sans être poussé vers la frontière intérieure qui dit que cela devient tout simplement trop grotesque ? La famille Töt va si loin dans leur souci de donner bonne impression au commandant de leur fils (ou frère), qu'ils sont capable d'oublier toute dignité. Et comme chez certains satires, le lecteur pourrait trouver ces comportements trop invraisemblables, trop exagérées. Soit  (et c'est vrai) !

Mais néanmoinson on pourrait y voir aussi le décalage entre l'horreur du front, et les ravages faites dans le caractère du commandant, ou les priorités données dans l'accueil qui veut par exemple d'abord offrir une atmosphère  « sans odeurs puants » (des cabinets du jardin...) pour ne pas inopportuner le nez (« une question de vie ou de mort!) de celui qui pourra éventuellement décider du sort de Gyula. Et si jamais on trouve une lourdeur dans l'accumulation des renoncements (on devrait se faire un image du pauvre père de famille, normalement si digne comme pompier aimé et courageux du village, et qui est transformé selon les volontés du commandant dans un jouet malléable...), un petit message du front (déjà assez au début du livre), jeté par un agent de poste soucieux de ne pas apporter des mauvaises nouvelles, nous fait s 'arrêter et nous coupe le souffle : «Gyula est (déjà tombé au champ de l'honneur... »

Ce livre fut aussi adapté au théatre (en France même encore récemment) et connu un très grand succès.

Quelle écriture grinçante ! Les plus grandes impossibilités sont présentées avec un air de naturel, comme si toute autre chose serait anormal. Pour des amateurs du genre un délice !


mots-clés : #humour
par tom léo
le Sam 1 Juil - 17:25
 
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Sujet: István Örkény
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Israel Joshua Singer

Yoshe le fou

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 5 51trlx10

Le grand rabbin hassidique de Nyesheve, tout puissant, richissime, mais plutôt rustre, marie sa plus jeune fille et Nahum,  tous deux âgés de 14 ans.Le jeune homme est délicat, raffiné, cultivé. Si la jeune femme, qui n'a pas appris autre chose, se dévoue pleinement à son époux, celui-ci entre dans une neurasthénie délétère. Mais le vieux rabbin épouse à son tour en quatrième noce une toute jeune femme. Celle-ci et le jeune marié tombent amoureux au premier coup d’œil. Dans ce contexte de règles, de convenances et de paraître, le jeune homme s'enferme dans sa religiosité et sa culpabilité, et devient peu à peu Yoshe le fou. Et des années après, le destin fera de cette dérive, résultat de la folie des hommes et de leurs vertus hypocrites,  la perte de la cour hassidique.

Mi-conte philosophique, mi-récit picaresque, Yoshe le fou est une critique acerbe des milieux hassidiques de l'Europe de l'Est au XXème siècle. La verve de l'auteur n'exclue pas quelques longueurs , mais Israël Joshua Singer, à travers une galerie de portraits souvent truculents,  arrive à décrire avec précisions et humour les codes et dérives de ce milieu, infatué de lui-même,  bardé  de certitudes et fausses croyances.


mots-clés : #communautejuive #humour #religion
par topocl
le Mar 27 Juin - 16:41
 
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Jim Thompson

Pottsville, 1280 habitants

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Nouvelle traduction encensée par les adeptes car enfin complète, Pottsville, 1280 habitants est un roman noir, cynique et drôle, où certains verront une fable politique.
A Pottsville, les personnages qui retiennent l'attention de l'auteur sont les perdants, des êtres chacun à sa manière veules, lâches, machiavéliques. Malheureux sans doute aussi, mais leur paresse est telle qu'ils ne veulent même pas s'en apercevoir.

Mais n'imaginez pas pour autant un roman sombre et plombant: l'humour et  l'ironie règnent en maître dans la description de ce shérif benêt (?) et sans scrupules.

Drôle dans sa noirceur, tentant quelques échappées philosophiques, Pottsville 1280 habitants décrit un Sud calamiteux , grippé dans ses propres engrenages, incapable d'avancer, et fier de tout cela.


mots-clés : #humour
par topocl
le Sam 10 Juin - 9:33
 
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Enrique Vila-Matas

Le Mal de Montano

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Le mal de Montano est défini par l’auteur dans une première phrase magistrale :

« A la fin du XXe siècle, le jeune Montano, qui venait de publier son dangereux roman sur le cas énigmatique des écrivains qui renoncent à écrire, s’est retrouvé emprisonné dans les rets de sa propre fiction et transformé en un auteur qui, malgré son inclination compulsive pour l’écriture, s’est retrouvé complètement bloqué, paralysé, changé en agraphe tragique ».


Cette maladie se traduit par différents symptômes : inflation de citations, plus ou moins authentiques

« Je viens de citer Piglia et constate que je vis entouré de citations de livres et d’auteurs. Je suis un malade de la littérature »


Transvasement de l’esprit d’un écrivain dans le cerveau d’un autre et résurrection d’écrivains disparus, ce qui entraîne des rencontres quelque peu étonnantes, comme celle-ci effectuée dans un bar de Buenos-Aires :

« Je me suis appuyé sur le comptoir long et peuplé de la pièce et ait commandé un whisky. A côté de moi, un homme de quatre-vingts ans environ, élégamment habillé, m’a regardé des pieds à la tête et, voyant que moi aussi, je le regardais, m’a demandé d’où je venais. De Barcelone, lui ai-je répondu. Je lui ai demandé d’où il était, lui. Il y eut un bref silence. J’étais français et je suis Charles Baudelaire mort, m’a-t-il répondu. »


Aussi :

« J’ai refermé le livre et me suis couché en pensant à tout cela, admirant Pavese sans être sur la même longueur d’ondes que lui, et peu après, je me suis endormi et ait vu sur une route plongée dans la brume Robert Walser en train de parler avec Musil. « Ouste, tel est mon objectif ! » disait Walser. «Tu auras beau pleurer, tu ne réussiras pas à devenir aussi réel que moi », disait Musil. « Si je n’étais pas réel, je ne pourrais pas pleurer », disait Walser. « J’espère que tu ne vas pas t’imaginer que ces larmes sont réelles », disait Musil. »


Menaces sur la bonne littérature sous forme de taupes creusant une multitude de galeries sous le volcan de cette Littérature pour la saper.

« … je me suis demandé ce qu’il adviendra de nous quand, avec l’échec de l’humanisme dont nous ne sommes plus que les funambules déséquilibrés de la vieille corde coupée, disparaître la littérature. »


Parmi ces taupes, les éditeurs et écriveurs avides d’argent facile, un gentil coup de patte à certains auteurs américains :

« Vous devriez être déjà en train de dessiner les nombreuses salles de cours de certaines universités nord-américaines où l’on se consacre à la déconstruction de textes littéraires. »


Un autre, pour les amis qui écrivent :

« On dirait que nos amis nous envoient leurs livres pour que la littérature cesse à jamais de nous fasciner. »


Bref, la maladie inguérissable ( ?) de la Littérature :

« Parler comme un livre, c’est lire le monde comme s’il était la suite d’un interminable texte. »


« C’est pourquoi, je peux, à présent, tranquillement dire qu’entre la vie et les livres, j’opte pour ces derniers qui m’aident à la comprendre. La littérature m’a toujours permis de comprendre la vie. Mais c’est précisément la raison pour laquelle elle me laisse en dehors d’elle. Je le dis sérieusement : c’est très bien ainsi. »


« Extraordinaire dimanche de printemps où je ferme les fenêtres et relis « Le Château », roman infini et incapable d’avoir une fin, entre autres, parce que l’Arpenteur ne va pas d’un lieu à l’autre, mais d’une interprétation à l’autre, d’un commentaire à l’autre, l’Arpenteur s’arrête dans tous les tournants du chemin imaginaire et commente tout. On dirait qu’il écrit pour accéder aux sources de l’écriture mais, en attendant, il commente – un ensemble de commentaires qui finissent par devenir infinis – le monde. Il a toujours l’air de chercher le premier qui a nommé quelque chose, la source originelle. Il cherche à trouver le premier qui a écrit quelque chose, l’homme qui a écrit le premier mot ou la première phrase. »


« Le style, cette facilité pour s’installer et installer le monde, est-ce cela l’homme ? Cette acquisition suspecte au nom de laquelle on fait l’éloge de l’écrivain réjoui ? (…) Il essaie de sortir. Il voit suffisamment loin en toi pour que ton style ne puisse pas te suivre. »


Mais la vie reste bien présente :

« J’écoute ce dont on parle dans les réunions, toutes « ces métaphysiques perdues dans les coins des cafés du monde entier, les idées hasardeuses à force de hasard, les intuitions de tant de pauvres hères. »


Et pour finir cette interrogation que je fais mienne :

« Je me suis souvenu de la façon dont ma génération avait voulu changer le monde et ai dit qu’il avait peut-être mieux valu que ce dont nous avions rêvé, ne soit pas devenu réalité. »


En guise de conclusion :


« Edmond Jablès dit que chaque fois que quelqu’un écrit, il court le risque de ne jamais recommencer. »


Ce qui est formidable avec Vila-Matas c’est qu’il aborde des questions fondamentales touchant à la Littérature avec une ironie, une légèreté incroyable. Comme il le dit dans une nouvelle, le propre de l’homme n’est pas l’espoir mais l’humour.  Smile


mots-clés : #humour
par ArenSor
le Mar 6 Juin - 19:45
 
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Sujet: Enrique Vila-Matas
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Béatrix Beck

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Stella Corfou

Une drôle d'histoire d'amour hors normes. Ca déménage cette passion entre le chef de rayon Antoine Leroy et la brocanteuse ensorcelante Stella Corfou de son vrai nom Gilberte Sanpart. Dévoué corps et âmes l'un à l'autre pour la vie cet inséparable couple mal assorti vie des aventures somme toute "normales" sauf que c'est extraordinaire.

Aux frontières de la folie douce ou furieuse, charnelle, sauvage, terre à terre, sublime. Peut-être des impasses sur une réalité (encore) plus dure, peut-être une vie à contre courant riche en incompréhensions, peut-être. Le texte est aussi fulgurant, parfois féroce, que l'image magnétique de ce couple.

La Stella du titre est une incarnation de la libération à laquelle rien ne résiste et conserve une part de mystère. Néanmoins Béatrix Beck n'élude pas les difficultés et la vieillesse est aussi son terrain et ce n'est pas moins fort avec son sens du dysfonctionnel salvateur.

On peut relever aussi la place de la littérature car Stella écrit, puis lit, et on profite de belles variations sur la même page. On pourrait aussi parler des animaux, des enfants, des vacheries, des noms et prénoms bien choisis (autre spécialité).

C'est un peu effrayant aussi, avec ou sans maladie, mais vivifiant. Une sorte de rêve aux frontières brisées... Un condensé de l'auteur toujours égale à elle-même. C'est à dire que ça pourra n'avoir l'air de rien mais il est probable que ça ne vous lâchera pas.

A noter que les illustrations un peu zarbi de Florence Reymond accompagne pas mal le texte en mettant en avant un trouble et des associations composites intimes.

mots-clés : #humour #initiatique
par animal
le Dim 21 Mai - 17:48
 
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Sujet: Béatrix Beck
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Saki

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Le bœuf en visite , nouvelles choisies et présentées par Graham Greene , traduites de l'anglais par Jean Rosenthal

Quel agréable moment passé en compagnie des personnages facétieux et cruels de Saki ! Je rejoins complètement l'enthousiasme d'Armor après une lecture qui a été particulièrement rigolote, comme si Saki donnait à ses lecteurs de petits bonbons apparemment innocents qui explosent sous la langue en y laissant un goût insolite et inattendu.

Une lecture des plus réjouissante à recommander à ceux que la morosité guette et qui n'ont pas peur d'être un peu secoué dans leur retranchement, car si Saki est drôle, il est aussi cruel, cruel comme un enfant qui s'amuse à arracher les ailes d'une mouche…

Le lecteur croise beaucoup de ladies, d'animaux exotiques et de mômes dans ces nouvelles mais ils sont loin des 'faiblesses' que certains hommes leur prêtent, au contraire même, les dames y sont d'une rare intelligence et d'une grande ingéniosité, jamais à cours de ressources incroyables pour transformer une banale histoire en tragi-comédie.


Je me suis bien gondolée !


mots-clés : #humour #nouvelle
par shanidar
le Ven 14 Avr - 17:16
 
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Raymond Queneau

Zazie dans le métro

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 5 Tylych89

- Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, je t'y conduirai.
- Napoléon mon cul, réplique Zazie. Il m'intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.
- Qu'est-ce qui t'intéresse alors ?
Zazie ne répond pas.
- Oui, dit Charles avec une gentillesse inattendue, qu'est-ce qui t'intéresse ?
- Le métro.


Ce livre est la gaieté même et pourrait être une prescription à la bonne humeur.  Raymond Queneau , ce monument du mouvement OULIPO ,  il cause, il cause, pour ne rien dire…ou tout dire d’un rien  ou le rien qui dit tout… ou peut-être tout ça finalement. Visez l’artiste.
On peut rester circonspect en lisant ce roman, mais personnellement   j’ai bien "crouté", la recette  des  jeux de mots et du burlesque  des personnages  m’a mise en appétit. Je vais donc cajoler le saugrenu,  me faire tendre avec  la gramme-aire…  douce et papouillante envers ce roman.
Un puissant humour, une morale  ou pas, je n’ai pas cherché le  sens véritable  s’il y en a un… Je reste avec  l’aspect brut de légèreté, de dérision, loin de l’épigraphe d’Aristote au début du livre. Il me  semble bien plus intéressant parfois de rester à la surface d’une œuvre qui nous apporte bien plus que la décortication en vue d’y voir toujours un sens profond. Je ne serais donc pas la flicarde de la rhétorique mais bien l’arsouille cautionnant  l’anticonformisme et récidiviste pourquoi pas…l’éclatade lors des carambolages de mots  offre une voie plutôt jouissive à la trame.
Zazie dans le métro qui n’aura trouvé que la grève mais une bonne rame de loufoques.
«  La grève mon cul … J’ai vieilli »  

- Moi, déclara Zazie, je veux aller à l'école jusqu'à soixante-cinq ans. (...) Je veux être institutrice.
- Pourquoi que tu veux l'être, institutrice?
- Pour faire chier les mômes (...). Je serai vache comme tout avec eux. Je leur ferai lécher le parquet. Je leur ferai manger l'éponge du tableau noir. Je leur enfoncerai des compas dans le derrière. Je leur botterai les fesses.
- Tu sais, dit Gabriel avec calme, d'après ce que disent les journaux, c'est pas du tout dans ce sens là que s'oriente l'éducation moderne. C'est même tout le contraire. On va vers la douceur, la compréhension et la gentillesse. (...) D'ailleurs, dans vingt ans, y aura plus d'institutrices : elles seront remplacées par le cinéma, la tévé, l'électronique, des trucs comme ça.

- Alors, déclara-t-elle, je serai astronaute pour aller faire chier les Martiens.



mots-clés : #humour #initiatique
par Ouliposuccion
le Sam 8 Avr - 21:13
 
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Sujet: Raymond Queneau
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Donald Ray Pollock

Une mort qui en vaut la peine

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Le jour où ils  enterrent leur despote de père,  qui les a élevés dans la misère et la crainte dü péché, les trois frères Jewett, réincarnation des Dalton, n'ont d’autre solution que de braquer une banque, comme le héros du seul livre qui a bercé leur enfance. Ils ont si dégourdis qu'ils ramassent moins de dollars qu'ils  n'alignent de cadavres, et bientôt, la rumeur aidant, ils se retrouvent traqués par tous les bien pensants de l'Etat: leur tête est mise à prix.
C'est une assez jubilatoire farandole de gaffes et de déboires qui les attend, sur fond d'hémoglobine, de sexe minable et de merde débordante : Pollock  ne lésine pas.

Le drame cède toujours le pas  à l'humour, et leur destin croise d'autres destins qui tissent peu à peu un portrait pittoresque de Meade, cette petite ville d'Ohio où tous finissent par  se retrouver: les soldats du camp militaire préparant au grand départ (on est en 1917), les prostituées décaties, les artistes ambulants, l'inspecteur des installations sanitaires, et Ells paysan ruiné, chanceux époux d'Eula, qui se demande bien où peut être cette Allemagne...

C'est un peu long à démarrer, on a  le temps de se  dire que ces portraits assemblés feraient autant de nouvelles épatantes, et puis Pollock donne la pleine mesure de son talent : à mi-parcours, tout  se noue, l'intrigue  attrape son lecteur, et on se régale à ce roman d'aventure habile, comique, extravagant.



mots-clés : #aventure #humour
par topocl
le Sam 8 Avr - 18:11
 
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Jaroslav Hasek

La trilogie du Soldat Chvéïk

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Je vais commenter les trois livres qui composent la trilogie du soldat Chvéïk car les trois ouvrages ne font pour moi qu'une seule oeuvre. Quand on parle de cet auteur, on parle de la République tchèque dans son ensemble. On évoque toute la souffrance des occupations successives, des guerres des conflits, et on y accole un humour désopilant, pince-sans-rire, absurde ou qui dénonce l'absurdité de la réalité. C'est ce que fait Hasek à travers ce le personnage de Chvéïk, sorte "cas social" comme on dirait désormais vivant de petites combines innocentes comme le trafic de chats errants et qui se voit convoqué pour rejoindre l'armée. A travers cette satire Hasek dresse une critique très intelligente du pouvoir politique, militaire, du changement progressif d'époque avec la révolution industrielle qui bouleverse les moeurs parfois ridicules parfois fortement utiles et dévoyées dans un humour mordant et tendre à la fois. Car on sent chez l'auteur un vrai amour pour son héros mais un vrai amour pour sa culture, pour les gens. Tout est absurde, tout est laconique derrière les fous rires procurés mais il existe une croyance humaniste en un mieux futur à chaque ligne, chaque gag, chaque émotion. Ces trois récits sont pour moi importants, parmi les plus drôles de la littérature, et ont une place éminente au sein du patrimoine tchèque. Je ne conseillerai jamais assez de se jeter sur cette trilogie pour la dévorer en une seule fois. Et comme moi, d'y revenir petit à petit et de savourer chaque passage pour y trouver de nouveaux détails, de nouvelles idées, de nouvelles émotions. Magistral.


mots-clés : #humour
par Hanta
le Dim 19 Fév - 18:01
 
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Sujet: Jaroslav Hasek
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Andreï Kourkov

Le pingouin - les pingouins n'ont jamais froid

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Kiev, 1996. Victor, jeune auteur de nouvelles, vit seul avec un pingouin hérité du zoo en faillite. Il se voit confier la rédaction d'un fichier nécrologique pour un grand journal, avant que de mystérieux événements l'impliquent malgré lui dans une guerre entre clans mafieux. Pour connaître le déroulement et la fin de l'intrigue, il faut suivre le pingouin...

Que dire encore une fois de Kourkov...
je suis conquise !
Je n'avais pas ri autant depuis longtemps face à une telle caricature de l'humour slave , froid et cynique .
Reflet d'une société désabusée trop longtemps conditionnée (et toujours ) dans un quotidien de corruption et de petite mafia ; c'est avec talent que Kourkov démonte l'illusion d'un système grotesque qui se voudrait parfait. Généreux , Kourkov l'est , il alimente la noirceur d'un ordre établi d'un soupçon de légèreté qu'on contemple tout en se délectant des péripéties abracadabrantesques qui attisent une curiosité non fébrile quant au dénuement de cette histoire. Je confesse avoir été charmée par ce pingouin , Micha , et Victor , qui de part leur flottement lourdaud et pataud ne font qu'accentuer les traits rustres d'une société ,  mettant en avant le burlesque de ce roman.
Une lecture à la saveur particulière qu'il serait dommage d'ignorer en vue de sa singularité mais à ne pas s'y tromper , qui reste dénonciateur d'un pays égaré.

[...] Micha, le pingouin, se promenait dans le couloir sombre, cognant de temps à autre à la porte fermée de la cuisine. Victor finit pas se sentir coupable et lui ouvrit. Il s'arrêta près de la table. Haut de presque un mètre, il parvenait à embrasser des yeux tout ce qui s'y trouvait. Il fixa d'abord la tasse de thé, puis Victor, qu'il examina d'un regard pénétrant, comme un fonctionnaire du Parti bien aguerri. Victor eut envie de lui faire plaisir. Il alla lui préparer un bain froid. Le bruit de l'eau fit immédiatement accourir le pingouin, qui s'appuya au rebord de la baignoire, bascula et plongea sans attendre qu'elle soit pleine.

[...] Chaque pays est une sorte d'immense corps composé de milliers d'organes et de millions de petites cellules qui s'agitent en tout sens, les humains. Plus le corps est grand, moins il est sain. Il faut en permanence le traiter, l'opérer, anesthésier certaines parties en espérant ne jamais avoir besoin de recourir à une anesthésie générale. Cette crainte contribue à multiplier les anesthésies locales.  



mots-clés : #humour
par Ouliposuccion
le Sam 4 Fév - 23:11
 
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Sujet: Andreï Kourkov
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Andreï Kourkov

Surprises de Noel

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Y a-t-il plus chouette cadeau de Noël qu'une nuit dans une isba au milieu des bois enneigés, ou bien un tour en ville sur un tank immaculé ? Cela semble parfait, féérique, tout à fait charmant. Mais dans l'Ukraine un peu folle d'Andreï Kourkov, les choses peuvent vite dégénérer, votre promise se retrouver nue sur scène, votre tour opérateur s'avérer un adepte du tourisme extrême et la Révolution orange contrecarrer vos projets pour les fêtes... Avec ces nouvelles inédites, Kourkov se joue du genre avec brio pour offrir trois fables de Noël empreintes de bizarrerie et d'optimisme.


Burlesque ,totalement déjanté , Kourkov revient avec plusieurs nouvelles relatant des soirs de réveillon , un régal toujours aussi cynique avec un hors d'oeuvre au goût de Tchérnobyl...
Un petit livre à offrir qui ne manquera pas de réchauffer les âmes  refroidies à bord d'un tank d'une blancheur de neige...
Vous aimez les surprises insolites ?
C'est ici !


mots-clés : #humour #nouvelle
par Ouliposuccion
le Sam 4 Fév - 22:58
 
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Sujet: Andreï Kourkov
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Etienne Davodeau

Le chien qui louche

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Le thème principal, le côté sérieux du livre, c'est la vie des agents de surveillance et le procès des œuvres qui voudraient bien trouver leur chemin vers l’intérieur du Louvre.. Mais on y trouve tellement de choses , cela fournit tellement d'inventions géniales, d'observation fine et affectueuse, de clins d'oeils rigolos, mais aussi de réflexion tout à fait sérieuse camouflée sous l'humour léger, que c'est absolument régaleux (oui, je sais, ça n'existe pas) !

Alors oui, et c'est super bien fait,  on voit la vie des agents de surveillance, qui s'ennuient certes, mais aussi renseignent, accueillent, et surtout observent les gens, s'en amusent et, de même, observent les œuvres, aiment, s'enthousiasment, et s'amusent, une fois encore.

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Mais Fabien, notre gardien de musée a une vie en dehors du Louvre : Mathilde, une amoureuse peste et joyeuse

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...avec qui il se livre à des débats érotiques, jamais glauques, montrés dans des dessins qui ressemblent furieusement aux diverses statues du musée. Car, vous l'apprendrez dans ce livre, les œuvres aussi ont leur vie, observent les visiteurs, parlent et s’amusent.

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Et par malheur, Mathilde a… une famille !

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Pas le genre à mettre les pieds dans un musée, mais qui serait plutôt flattée d'y voir entrer le chef d'oeuvre de l'arrière arrière-grand-père « le chien qui louche ».

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Et là, vient se greffer  tout un groupe de joyeux illuminés qui ont chacun pour le musée du Louvre un amour bien personnel, un attachement où l'art ne  joue pas forcément la première place

C'est drôle et mordant sans être jamais méchant, c'est absolument délicieux, c'est merveilleusement dessiné, les expressions des  visages et les attitudes des corps sont absolument extraordinaires. Et en plus, les personnages ne sont pas beaux, ils sont simplement comme vous et moi.
Il y a aussi une réflexion sur l'art : qu'est ce que l'art, quels sont les critères, quel accès pour les gens « sans culture », l'art vaut-il mieux que la « vie concrète » et le bonheur simple…

Et pour finir:

 
Davodeau a écrit: Le doute  empêche de s'endormir. C'est sa grand vertu.


(commentaire récupéré)


mots-clés : #bd #humour
par topocl
le Mer 1 Fév - 14:20
 
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Sujet: Etienne Davodeau
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Edgar Hilsenrath

Orgasme à Moscou

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Guerre froide, 1970. La fille du patron de la mafia new yorkaise, Anna Maria Pepperoni, connaît son premier orgasme lors d’un voyage de presse à Moscou. Le fauteur de trouble(s) ? Sergueï Mandelbaum, fils de rabbin et dissident juif fauché doté d’une étonnante propension à susciter des orgasmes. La mafia met tout en œuvre pour le faire venir aux états-Unis afin d’épouser Anna Maria, mais le passeur qu’elle a recruté est un dangereux dépeceur sexuel. Les obstacles, et pas seulement diplomatiques, s’accumulent... écrit en 1979, entre Le Nazi et le barbier et Fuck America, ce livre hautement « politique » relève du divertissement loufoque et survolté.
Une parodie de roman d’espionnage, version déjantée de Fuck America. Un synopsis écrit à l'origine en 6 jours pour Otto Preminger. Un roman entièrement illustré, dans l’esthétique pop qui a fait le succès des couvertures de Henning Wagenbreth.


Première impression, le design du livre, les éditions Attila ont vraiment mes faveurs (au moins autant que Zulma) ; écriture bleue mêlée aux  dessins d’Henning Wagenbreth  qui se fondent dans le décor de la trame narrative.  De la pop attitude qui donne d’entrée l’ambiance complètement  démente d’un opus burlesque mais qui ne manque pas de sens.

L’ auteur s’attaque aux gouvernements , à la guerre froide, à la mafia et au terrorisme avec toujours ce recul nécessaire pour en faire  un livre qui s’inscrit dans les mémoires en vue de cette patte unique, de ce regard sur le monde qui parait traverser les horreurs avec une formidable légèreté tout en les pointant du doigt pour mieux nous éclairer , pour mieux les combattre.  
Hilsenrath ,  né en 1926 mais doté d’un esprit ultra moderne donne naissance à un roman de genre incomparable. Sous cet aspect saugrenu en continu où le sexe est traité d’une manière des plus extravagantes, sous ces personnages bien définis auxquels il refait le portrait tant ils sont plus absurdes les uns que les autres , se cache  un  génie qui trace  en 6 jours un synopsis  criant à la face du monde les dégâts des sociétés si opposées et si malades.
Ainsi Orgasme à Moscou a été conçu,  avec pour mission d’être ludique, désopilant, divertissant et tellement politique…
A se procurer d’urgence.


mots-clés : #humour #politique #sexualité
par Ouliposuccion
le Mer 1 Fév - 8:03
 
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Edgar Hilsenrath

Le nazi et le barbier

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Max Schultz a les cheveux noirs, des yeux de grenouille, le nez crochu, les lèvres épaisses et les dents gâtées. Tout le monde le prend pour un Juif. Enfant bâtard, mais « aryen pur souche », battu, violé et humilié durant son enfance, il grandit avec Itzig Finkelstein, le fils du coiffeur juif Chaim Finkelstein ; ils sont les meilleurs amis du monde.
En 1932, max assiste à un discours de Hitler, en compagnie de tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont pris un coup sur la tête, « que ce soit de Dieu ou des hommes ». Il s’enrôle alors dans les SA, puis dans les SS, où il connaît une promotion foudroyante. Durant la guerre, il est responsable d’un camp de concentration en Pologne... où disparaissent son ami et toute la famille Finkelstein.
Recherché, après la guerre, comme criminel de guerre, il tente de se faire passer pour juif... et y parvient. Endossant l’identité de son ami Itzig, il devient un sioniste prosélyte, traversant l’Europe à pied pour rejoindre la Palestine, où il commence à enseigner les textes sacrés.
Max Schulz n’est pas un cliché, ni un archétype du nazi : il s’inscrit chez les nazis par mimétisme et opportunisme ; c’est un homme qui devient à un moment de l’Histoire « un monstre ordinaire » et qui, après la guerre, est capable de reprendre une vie en apparence normale et « honorable »…


Lu et relu il y a maintenant quelques temps , mais impossible de passer à côté quand on évoque Edgar Hilsenrath.
Oeuvre culte à mon sens , Le nazi et le barbier fait partie des lectures inoubliables en vue d'une telle audace.
On vacille ligne après ligne en lisant toute la monstruosité d'un personnage d'un formidable charisme , d'une telle plume qui se veut parfois choquante , acerbe et humoristique.
Après "les bienveillantes" l'auteur a pris le parti de traiter la Shoah version allemande d'une manière des plus insolites , des plus singulières.
Hilsenrath est un maître , un  chef d'orchestre alliant émotions et rhétorique avec brio , donnant au lecteur les sensations multiples sur un sujet pourtant difficile et tellement évoqué.
Je le conseille plutôt deux fois qu'une , un ovni de ce genre est incontournable.


mots-clés : #communautejuive #deuxiemeguerre #humour
par Ouliposuccion
le Mer 1 Fév - 7:51
 
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Sujet: Edgar Hilsenrath
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Martin Veyron

Ce qu'il faut de terre à l'homme.
Mise en couleur : Charles Veyron

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je crois bien que c’est Eglantine qui en avait parlé, alors j’ai suivi.
C'est un conte philosophique, dans la Russie des moujiks, qui montre, en gros, que l'argent ne fait pas le bonheur. Mais ce n'est pas sa faute, à l'argent, c'est surtout que les hommes sont trop cons, en veulent trop et tant pis pour eux..
C'est inspiré d'une nouvelle de Tolstoï et c'est raconté avec une légèreté et un humour de bon aloi sur un thème si grave.

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il fait partie de la  Sélection officielle du Festival d'Angoulême 2017


mots-clés : #bd #humour #social
par topocl
le Sam 28 Jan - 15:46
 
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Sujet: Martin Veyron
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Mark Twain

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Contes et mécontes

Recueil de 14 textes, écrits entre 1863 et 1896

Mark Twain aimait certainement rire, ou tout au moins faire rire pour manier l'humour, sous toutes ses formes avec une telle facilité. Si l'on compare l'humour à l'art de la peinture, sa palette dispose de toutes les nuances et il maîtrise la plupart des techniques, même s'il excelle dans l'absurde et l'ironie. Chaque page m'a fait sourire et j'ai dû avoir des crises de rires plus d'une fois (ainsi, j'ai appris à réprimer des  crises de fous rires dans les transports en commun, mais c'était dur, quand même...)

Mais sous cet humour l'on discerne, plus ou moins facilement, selon les nouvelles et au gré de Mark Twain, les travers de la société. De la nunucherie du livre pour enfants de l'époque aux défauts inhérents à l'être humain, en passant par les "astuces-santé", la politique, tout y passe avec une aisance déconcertante.

(J'avais cherché les meilleurs moments pour vous en livrer un ou deux extraits, mais avec un bonne dizaine, je vais devoir trancher, sans vraiment choisir.)

Extrait d'"Histoire du méchant petit garçon"

"
Il déroba, une autre fois, le canif du maître d'école, et, pour éviter d'être fouetté, il le glissa dans la casquette de George Wilson, le fils de la pauvre veuve Wilson, le jeune garçon moral, le bon petit garçon du village, qui toujours obéissait à sa mère et qui ne mentait jamais, et qui était amoureux de ses leçons et infatué de l'école du dimanche. Quand le canif tomba de la casquette, et que le pauvre George baissa la tête et rougit comme surpris sur le fait, et que le maître en colère l'accusa et était juste au moment de laisser tomber le fouet sur ses épaules tremblantes, on ne vit pas apparaître soudain, l'attitude noble, au milieu des écoliers, un improbable juge de paix à perruque blanche pour dire :
"Epargnez ce généreux enfant. Voici le coupables et le lâche. Je passais par hasard sur la porte de l'école, et, sans être vu, j'ai tout vu."
Et Jim ne fut pas harponné, et le vénérable juge ne prononça pas un sermon devant toute l'école émue jusqu'aux larmes et ne prit pas George par la main pour déclarer qu'un enfant tel que lui méritait qu'on lui rendit hommage, et ne lui dit pas de venir habiter chez lui, balayer le bureau, préparer le feu, faire les courses, fendre le bois, étudier le droit, aider la femme du juge dans ses travaux d'intérieur, avec la liberté de jouer tout le reste du temps et la joie de gagner dix sous par mois.


"Le journal d'Adam" est vraiment à part, comme une respiration, un joli texte qui, sans se départir de la plume de l'auteur, tend peu à peu vers une espérance.
 
Mais au final, l'humour noir fait souvent partie des écrits, de façon diffuse. Je m'en suis rendu compte en lisant certains textes, généralement les plus tardifs, critiques, qui pourraient laisser un goût amer, quasi-nihiliste, mais dans lesquels l'humour noir et caricatural sont jubilatoires. Une manière de contourner la censure de l'époque, tout en laissant libre cours à ses idées ?

Extraits de "La place de l'Homme dans le monde animal"

Je me suis livré à une étude scientifique des caractères et spécificités des espèces animales prétendues "inférieures" pour les comparer aux caractères et spécificités de l'homme. Je constate que le résultat est extrêmement humiliant pour moi. Car il m'oblige à renoncer à la théorie de Darwin selon laquelle l'Homme est le résultat d'un Progrès à partir des Espèces Animales Inférieures. Il me paraît clair désormais que cette théorie devrait être abandonnée au profit d'une autre, nouvelle et plus proche de la vérité, qu'on devrait appeler la Régression de l'Homme par rapport aux Espèces Animales Supérieures.

En réalité, l'Homme est d'une sottise incurable. Contrairement aux autres animaux, il est incapable d'apprendre des choses simples. Voici l'une des expériences que j'ai menées. En une heure, j'ai appris à un chat et à un chien à vivre en bonne intelligence. Je les ai mis ensemble dans une cage. Une heure plus de plus, et je leur ai appris à vivre en bonne intelligence avec un lapin. En deux jours, j'ai pu ajouté un renard, un écureuil et quelques tourterelles. Et pour finir, un singe. Ils ont vécu ensemble en paix, leurs relations étaient même affectueuses. Puis dans une autre cage, j'ai enfermé un catholique irlandais de Tipperary et, dès qu'il m'a paru calmé, j'ai ajouté un presbytérien écossais d'Aberdeen. Puis un Turc de Constantinople, un chrétien grec de Crète, un Arménien, un méthodiste du fin fond de l'Arkansas, un bouddhiste de Chine, un brahmane de Bénarès. Et pour finir, un colonel de l'Armée du Salut de Wapping. Puis je me suis absenté deux jours entiers. Quand je suis revenu pour constater le résultat, dans la cage de Espèces Animales, Supérieures tout se passait bien, mais d'ans l'autre, tout n'était que chaos, amas sanglant de pièces et de morceaux de turbans, de fez, de plaids, d'os et de chairs - pas un seul des spécimens sélectionnés n'avait survécu. Les Animaux doués de Raison s'étaient trouvés en désaccord sur un point de théologie et avaient porté l'affaire devant une Juridiction supérieure.

Mais le meilleur et aussi le plus noir, dans cette dernière nouvelle, c'est la définition du sens moral selon Twain, et ses conséquences.

"Contes et mécontes" fut une lecture mémorable et me donne vraiment envie de mieux connaître cet auteur. D'ailleurs, j'ai enchaîné avec "Trois mille ans chez les microbes", son ultime roman, dans lequel on retrouve à nouveau ce "concept" du sens moral.

Message récupéré


mots-clés : #humour #nouvelle
par Exini
le Sam 28 Jan - 11:28
 
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Sujet: Mark Twain
Réponses: 14
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