Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mar 12 Nov - 17:07

89 résultats trouvés pour Amour

Pierre Jean Jouve

@Jack-Hubert Bukowski a écrit:
Pierre Jean Jouve semble être mu par une quête qui le secoue et la question religieuse ne semble pas loin...


Oui, tout à fait d'accord - je suis en train d'achever la lecture du recueil Kyrie (chiné en édition originale numérotée !), et c'est noir, et c'est tourmenté, et cette drôle de quête qu'on peine à nommer, entre une existence à mener, des obsessions de mort et de ravage et d'érotisme...
Sa foi est étrange, teintée de dolorisme et de morbidité, les deux autres vertus théologales sont...disons, tellement en retrait, ou enfouies...qu'on se pose la question de leur présence.

Mais de très beaux poèmes, de haute tenue, tout de même.

Recueil divisé en trois parties:
Sa série Les quatre cavaliers (qui sont les cavaliers de l'Apocalypse) qui suit les poèmes de Kyrie proprement dits et précèdent ceux de Nul n'en était témoin est époustouflante, fait passer un réel souffle.  

Le poème Psyché abandonnée devant le château d'Éros (sur le tableau de Claude Lorrain) est un bon exemple de la combinaison morbidité/sensualité (je vais faire mon copiste, ne l'ayant pas trouvé sur la Toile).
Peu ponctué, Jouve nous laisse le soin de définir nos respirations, à l'aide aussi des endroits où il arrête ses vers, mais dans tous les cas on s'étonne, si vous le tentez à voix haute, d'avoir été chercher là de tels accents avec sa propre voix.
La toile de Le Lorrain n'est pas seulement visitée, elle est revisitée.

Tag amour sur Des Choses à lire The_en10
Le tableau de Le Lorrain, à la National Gallery (Londres).


Psyché abandonnée devant le château d'Éros


Verte beauté ! serais-tu morte ? La lumière
De tristesse funèbre incendie sur la mer
Rôde avec les prairies vertes
Des géants méditent dans leur feuillage inoubliable
El les montagnes de rochers s'évanouissent
Il règne la saveur exquise de la mort.


Bête mystérieuse de la mer
La marée nue remue, un immortel relent
Du cœur, la bête verte intérieure
Que des voiles des signes blancs sillonnent à l'étendue.


Et Psyché flanc sombre empli de vœux
Aux mains écarquillées aux pieds glacés dans l'herbe
Est assise avec ses instables moutons
Qui mangent sans répit désespoir des contrées
Et regarde: un monstre cruauté bâtie
Château de la chaleur de l'odeur et de l'ombre
Amoncellement de l'amour et puni
Par la foudre
Aisselle noire où Il demeure
Lui qu'elle aima le traître à l'œil de perle fine
Aux membres toujours fumants et au dragon
Couvert de sang de larme et de benjoin
Qu'elle aima ! et qui creusa le flanc superbe.




Mots-clés : #amour #mort #peinture #poésie
par Aventin
le Mar 5 Nov - 17:36
 
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Sujet: Pierre Jean Jouve
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Paul Auster

Le livre des illusions

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Paul Auster nous offre un incroyable imbroglio d’illusions, de faux semblants, d’apparitions et disparitions, de doubles, qui ne sont que le reflet de l’impasse de ses personnages emportés par les aléas d’une vie où se mêlent absurde et destinée. S’ils croient un temps que l’art les sauvera, qu’il est un moyen d’y échapper, mais  il n’en est rien, ils restent froidement manipulés par le rouleau compresseur de leur culpabilité et de leur mauvais fortune.

On retrouve la prose élégante et distanciée d’Auster, son intelligence aiguë, son élégance de joueur d’échec montant impitoyablement son jeu, pièce à pièce. Outre la longueur du récit d’un des films d’Hector Mann, c’est sans doute là que le bas blesse, il y manque un sursaut d’émotion, le jeu est trop parfait pour laisser place au déchaînement des émotions. Brillant exercice de style, donc, mais qui s’exerce au détriment d’un romanesque trop contrôlé.

Mots-clés : #amour #creationartistique #culpabilité
par topocl
le Mer 9 Oct - 17:17
 
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Sujet: Paul Auster
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Vénus Khoury-Ghata

La maison aux orties

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Roman, 2006, éditions Actes Sud, 110 pages environ.

J'ai beaucoup aimé ce roman.
Vénus Khoury-Ghata explique le projet en prologue:
Prologue a écrit:Deux années de travail acharné, des dizaines de pages sacrifiées avec la fausse impression de coller à la réalité. Le mot "Fin" étalé sur la dernière page et m'étant relue, j'ai constaté que ces pages ne contenaient que des pépites de ce que j'ai vécu. L'écriture seul maître à bord a tiré les ficelles et m'a entraînée vers une réalité enrobée de fiction.
  Il m'est impossible de faire la part du vrai et de l'inventé, de démêler la masse compacte faite de mensonges et de vérité. À quelle date exacte avait commencé la déchéance de mon frère ? Où fut enterré mon père ? La guerre limitant les déplacements, on enterrait sur place à l'époque. Les personnages de ce livre n'étant plus de ce monde, je les ai convoqués par la pensée et leur ai demandé de donner leur version personnelle des faits.
  Penchée par-dessus mon épaule, mon analphabète de mère me dicte ses espoirs et ses désillusions. Mon jeune mari mort il y a deux décennies me donne rendez-vous dans un café, et me demande de lui décrire ma vie après lui. Seul mon frère reste sourd à mes appels.


La maison aux orties est la maison natale au Liban, la mère de Vénus se promettait chaque jour de les arracher, ces plantes envahissantes, inutiles et inesthétique afin de planter par exemple des hortensias, et, par procrastination, différait chaque jour cette tâche promise: elle ne l'a jamais accomplie.

Roman névrotique, passablement ravagé, avec plus d'humour qu'il n'y paraît.
Il est bon d'avoir lu l'autre bouquin avec une maison dans le titre (Une maison au bord des larmes) auparavant. Au reste, l'écriture en est assez différente.
Le style est nettement plus savoureux, réfléchi, avec la mise en valeur par jeu de reliefs de passages complets que dans le tempétueux Une maison au bord des larmes, montrant ainsi que Vénus Khoury-Ghata, poète, traductrice et romancière, a décidément bien des cordes à son arc, est-il si fréquent de voir de telles évolutions stylistiques, en peu d'années, chez un romancier ?

Vénus, son défunt jeune mari, feu ses parents, son voisin Boilevent, ses chattes, sa fille Yasmine alias Mie, son amant (désigné par l'initiale M., peintre chilien de grande notoriété - pour les moins perspicaces, j'avance le nom complet tel que je le présume: Matta), les coulisses du prix Max-Jacob avec des évocations marquantes (Alain Bosquet, Jean Kaplinski, etc...), bien des petits détails tout à fait croquignolets et quantité d'autres choses encore: roman de la solitude et de la vieillesse approchant, mais certainement pas roman de la décrépitude ! Madame, vos morts sont si emplis de vie !

Mots-clés : #amitié #amour #autobiographie #humour #mort
par Aventin
le Sam 21 Sep - 11:20
 
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Sujet: Vénus Khoury-Ghata
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Fabrice Caro

Le discours

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Une soirée dans la tête d’Adrien, quadragénaire névrosé et éternel loser, qui vient d’être largué par sa copine, et assiste à un repas en famille Sa soeur Sophie, qui ne cesse de lui offrir des encyclopédies, va bientôt se marier, sa mère enchaîne les stéréotypes, son père simule la connivence à coups de clins d’œil… Et comble du comble son beau frère lui demande de faire un discours pour le mariage…

C’est sympa, très bien vu, tellement proche de la réalité que cela fait alternativement sourire et rager, avec une tendance au leit-motiv qui s’incarne aussi bien dans l’esprit tourne-en-rond du narrateur que dans les petits rituels familiaux, aussi exaspérants qu’attendrissants. Un bon moment, même si riend n’est ici inoubliable.

Mots-clés : #amour #famille #solitude #viequotidienne
par topocl
le Sam 14 Sep - 10:11
 
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Patrick Grainville

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Falaise des fous

Patrick Grainville compose une fresque autour des mémoires d'un Normand, des années 1860 à l'après Première Guerre mondiale. Revenu blessé des guerres coloniales d'Algérie et dès lors enraciné à Etretat, sa terre d'attaches, il évoque à la fois les tourments et passions de sa vie affective et son témoignage d'une effervescence artistique. De Monet à Courbet, de Hugo à Flaubert, il partage ses souvenirs des artistes qui ont cherché l'inspiration auprès des majestueuses falaises d'Etretat...un décor mémorable et fascinant, qui révèle une soif d'absolu et la beauté limpide d'une composition picturale.

Le roman est très ambitieux par son ampleur chronologique et thématique, mais j'ai eu beaucoup de difficultés à trouver mon rythme de lecture. Le style, foisonnant jusqu'à l'excès, laisse trop souvent une sensation de trop-plein au fil des citations et des rencontres. Patrick Grainville cherche à exprimer une fascination, à retranscrire l'atmosphère créative et pourtant si fragile de la Belle Epoque...il étouffe cependant ses personnages à force d'enchaîner les évènements en arrière-plan.
J'ai été davantage touché dans la dernière partie du récit, lorsque le vieillissement et l'héritage douloureux de la guerre esquissent une tonalité entre tristesse et amertume. Mais l'impression finale reste en demie-teinte, car l'abondance narrative provoque une frustration au lieu d'emporter l'enthousiasme.


Mots-clés : #amour #creationartistique #lieu #peinture
par Avadoro
le Sam 3 Aoû - 22:58
 
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Sujet: Patrick Grainville
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Alain Damasio

Les furtifs

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Tu te sens prêt, Lorca?
– Absolument pas…
– C'est précisément ce que j'appelle être prêt. Cet état d'incertitude fragile, ouverte, qui rend disponible à l'inconnu. Crois-moi Lorca, quoi qu'il arrive, tu vas vivre l'un des moments les plus intenses de ton existence. Reste ouvert.



On est en 2041. Les villes sont privatisées. La Gouvernance, grâce aux technologies numériques, a mis en place une société basée sur le contrôle , Jouant sur la peur et le désir, elle a habilement su la faire accepter au commun des mortels. 
Une nouvelle espèce arrive peu à peu à la connaissance humaine : les furtifs, qui semble à l’origine de tout le vivant. Elle a pu survivre grâce à sa  capacité à se cacher , ne pas laisser de trace, échapper au contrôle, justement. Elle intéresse l’armée de par cette capacité, et le pouvoir de la rébellion qu’elle est susceptible de nourrir. Les furtifs sont des êtres étranges, en métamorphose permanente - empruntant en quelques minutes à différentes espèces animales ou végétales, mais pouvant aussi transmettre à un humain une part d’eux-même. Ils se déplacent avec une vélocité extrême, échappant au regard humain, car ce seul regard peut les tuer. Ils ont à voir avec la fuite, la liberté. Ils s’expriment par sons, mélodies, phrases mi-infantiles mi-sybillines. Et laissent d’obscures glyphe comme seul signe de leur passage.

Tishka, l’enfant mystérieusement disparue de Lorca et Sahar, n’a t ’elle pas rejoint le camp des furtifs ?. Ses parents la recherchent dans une logue enquête,  riche en péripéties, en rencontres parfois ésotériques, en épreuves.

Plus leur enquête avance, plus se lève dans le pays une prise de conscience, d’où émerge un mouvement pro-furtif, réunissant les libertaires, les marginaux, les exclus et ceux qui se sont exclus par choix, grapheurs, musiciens, scientifiques, rebelles en tout genre..., qui va nous mener dans une ZAD à Porquerolles et vers un combat politique et une insurrection finale grandiose.


C’est un formidable roman d’aventure, où le réel infiltre un imaginaire prolifique. Les six personnages-phares, identifiées par leur symboles, sont des figures mythologiques, héros portés par leur grandeur et leurs petitesses, leur singularité, leur folie, leur charisme. Les rebondissements s’enchaînent , mêlant scènes intimes, épisodes guerriers ou quasi magiques, poursuites, amples scènes de foule.

C’est un magnifique roman d’amour autour du trio Varèse, au centre duquel Trishka est l’enfant troublante, qui a pris son envol,  mais n’en aime pas moins ses parents. Ceux-ci l’ont fait naître pour elle-même, respectent son choix, mais voudraient quand même bien la voir grandir, la caresser, l’aimer. C’est d’un pathétique grandiose et sans pathos.

C’est un roman philosophique, sociétal, politique, une grande réflexion sur les outils numériques et les risques qu’ils nous font encourir, si réels, si proches. Une exhortation à s’intéresser à l’autre et le respecter, à s’ouvrir à l’étrange, à s’ancrer dans le vivant. Un hommage aux sens, à la musique et  aux sonorités, au beau, aux valeurs et émotions perdues.

C’est enfin un objet littéraire pharaonique, unique, où on retrouve tout le travail sur la langue, la ponctuation et la typographie qu’on a déjà connu dans La horde du Contrevent, mais magnifié, mûri, amplifié. Damasio est un inventeur de mots fantasque et érudit, un joueur de son assez incroyable, un surdoué du jeu de mots, de lettres, de l’Oulipo. Il multiplie les néologismes, les inversions de sens et de syllabes, les allitérations et les assonances, cela s’accélère dans les temps forts, monte en puissance tout au fil du livre pour créer dans les derniers chapitre, s’insinuant peu à peu,  comme une langue nouvelle, le damasien, issue du français, parfaitement compréhensible mais parfaitement différente, d’une poésie, d’un rythme, d’une tension, d’une mélodie incroyables.

C’est livre géant, titanesque, décapant, totalement enthousiasmant. Il ne faut pas hésiter à s’obstiner à y entrer, c’est une lecture exigeante, qui demande un temps d’habituation (il m’a fallu 200 pages) mais qui devient enchanteresse.

Mots-clés : #amour #aventure #fantastique #insurrection #relationenfantparent #romanchoral #sciencefiction #urbanité #xxesiecle
par topocl
le Mar 30 Juil - 13:54
 
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Sujet: Alain Damasio
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Alison Lurie

La Vérité et ses conséquences :

Tag amour sur Des Choses à lire Veritz11


Jane est au jardin lorsqu'elle aperçoit un homme se diriger vers elle. Qui est cet inconnu ? Son propre mari qu'elle ne reconnaît plus. Alan, certes, a changé. Brillant, sportif, et séduisant jusqu'alors, il s'est transformé suite à un accident de volley-ball, en époux morose et plaintif. Après des années d'un mariage heureux, la relation tourne à l'animosité feutrée.

Un couple extrêmement différent entre alors en scène. Delia Delaney, écrivain, est invitée en résidence par l'université dans laquelle Jane et Alan travaillent. Elle est célèbre à plus d'un titre : pour son oeuvre, sa beauté, ses maux de tête et son égotisme avéré. Henry, son soi-disant mari, l'accompagne...

Une existence, aussi paisible soit-elle, n'est jamais à l'abri d'un dérèglement soudain et d'une nouvelle chorégraphie du destin. C'est le propos de cette comédie tendre et désopilante, variation subtile sur l'amour et ses disgrâces.

Quatrième de couverture

J'ai choisi ce roman, un peu par hasard - je dis "un peu" car je connaissais juste le nom de l'écrivain - et il m'a permis de continuer à cheminer au gré des allées des jardins, d'une certaine façon. Je découvrais donc Alison Lurie et pour tout dire, j'ai passé un bon moment.
C'est distrayant, on rit, on se poses des questions à mesure que la situation évolue, c'est parfois cynique, caustique, mais du coup, nous voilà tenus de continuer la lecture pour savoir où la narratrice nous entraîne.
Le rôle du jardin est celui d'un baume bienfaiteur sur les folies de l'existence et finalement, le potager et son évolution se révèlent à l'image de la vie du couple dont l'histoire nous est contée.

Si vous avez envie d'une lecture qui vous fasse vagabonder l'esprit sans que cela devienne philosophique et compliqué : voilà votre livre !


Mots-clés : #amour #psychologique
par kashmir
le Dim 7 Juil - 17:06
 
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Sujet: Alison Lurie
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Almudena Grandes

Tag amour sur Des Choses à lire Castil10

Castillos de cartón

J'ai terminé Castillos de cartón avec de grosses réserves. L'histoire n'est pas sans qualités et se lit assez agréablement, mais le style est plein de tics d'écrivain milieu de gamme, nourri d'images convenues, abusant d'hyperboles et d'anaphores insipides (dieu sait pourtant si j'aime ces dorures, lorsqu'elles sont réussies), qui d'un même mouvement dévoilent les intentions de l'autrice et en amoindrissent la portée. Les dialogues, fabriqués, s'enchâssent grossièrement au récit; la narration (à la première personne) est vaine par ses outrances plaintives, désincarnée malgré la meilleure volonté du monde, ce qui donne à soupçonner que l'autrice ne croit pas tout à fait en ce qu'elle écrit. Ce n'est pas une catastrophe, mais ce n'est pas un roman très original ni très bon.

Malgré tout, j'y ai pris un plaisir réel, qui résidait presque entièrement dans le fait de lire en espagnol. Je le recommande donc bien franchement à qui voudrait se remettre à lire dans le texte, car la langue est très claire, le vocabulaire assez riche pour qu'un débutant y trouve de quoi s'alimenter, et assez restreint pour que l'on puisse assez tôt s'émanciper du dictionnaire.

[précision : il n'est pas traduit en français, mais j'ai le sentiment que mes reproches pourraient s'appliquer à ses autres livres]


Mots-clés : #amour #creationartistique #culpabilité #identite #initiatique #jalousie #peinture #sexualité
par Quasimodo
le Ven 5 Juil - 15:33
 
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Sujet: Almudena Grandes
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Georges Rodenbach

Bruges-la-Morte (1892)

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Hugues Viane ne se console pas de la disparition de sa femme. Il s'est réfugié à Bruges dont l'eau stagnante des canaux convient à son deuil. Il erre dans le labyrinthe des rues, croise une inconnue dont la silhouette, la démarche, le visage le frappent de stupeur : " Ah, comme elle ressemblait à la morte ! "

"Bruges-la-Morte" associe les thèmes du fantastique aux intuitions du symbolisme. Il donne aussi l'exemple, avant "Nadja" d'André Breton, du premier ouvrage d'auteur illustré de photographies.

Cette réédition d'un des chefs-d'oeuvre de la littérature "fin de siècle" est accompagnée des trente-cinq illustrations de l'édition oiginale [1892] et de nombreuses variantes.


D'habitude le GF est un repoussoir pour moi avec sa police minuscule et illisible, mais cette édition est vraiment agréable à lire, aérée et comprenant les illustrations d'origine, qui parsèment le texte.

Ami de Mallarmé, et membre du courant symboliste en son temps, Robenbach ne manque pas de talent. Et ce court roman est une belle découverte pour ma part.
Cela fait un peu penser à Nadja, comme le dit le synopsis, allez savoir si Breton s'en est inspiré ?

On suit avec plaisir ce veuf désespéré dans une Bruges aux allures fin-de-siècle. La bigoterie de l'époque est aussi bien présente avec la servante notamment.
Dans une prose poétique, l'on suit un homme qui cherche à faire revivre les souvenirs de sa femme, morte, dans la ville, puis à travers une autre femme.

Hugues songeait : quel pouvoir indéfinissable que celui de la ressemblance !

Elle correspond aux deux besoins contradictoires de la nature humaine : l’habitude et la nouveauté. L’habitude qui est la loi, le rythme même de l’être. Hugues l’avait expérimenté avec une acuité qui décida de sa destinée sans remède. Pour avoir vécu dix ans auprès d’une femme toujours chère, il ne pouvait plus se désaccoutumer d’elle, continuait à s’occuper de l’absente et à chercher sa figure sur d’autres visages.

D’autre part, le goût de la nouveauté est non moins instinctif. L’homme se lasse à posséder le même bien. On ne jouit du bonheur, comme de la santé, que par contraste. Et l’amour aussi est dans l’intermittence de lui-même.

Or la ressemblance est précisément ce qui les concilie en nous, leur fait part égale, les joint en un point imprécis. La ressemblance est la ligne d’horizon de l’habitude et de la nouveauté.

En amour principalement, cette sorte de raffinement opère : charme d’une femme nouvelle arrivant qui ressemblerait à l’ancienne !

Hugues en jouissait avec un grandissant délice, lui que la solitude et la douleur avaient dès longtemps sensibilisé jusqu’à ces nuances d’âme. N’est-ce pas d’ailleurs par un sentiment inné des analogies désirables qu’il était venu vivre à Bruges dès son veuvage ?

Il avait ce qu’on pourrait appeler « le sens de la ressemblance », un sens supplémentaire, frêle et souffreteux, qui rattachait par mille liens ténus les choses entre elles, apparentait les arbres par des fils de la Vierge, créait une télégraphie immatérielle entre son âme et les tours inconsolables.

C’est pour cela qu’il avait choisi Bruges, Bruges d’où la mer s’était retirée, comme un grand bonheur aussi.


les ruptures d'amour sont comme une petite mort, ayant aussi leurs départs sans adieux.



Mots-clés : #amour #lieu #mort #xixesiecle
par Arturo
le Lun 17 Juin - 21:18
 
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Sujet: Georges Rodenbach
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Anna Maria Ortese

Tag amour sur Des Choses à lire Dscn3410

Les beaux jours

(Italien: Poveri e simplici, Firenze, 1967)

La narratrice, Bettina, se souvient des « beaux jours » quand au début des années 50 elle vivait comme jeune femme dans une « commune », marquée par la gauche. Cette période est sous le signe de la pauvreté et la recherche constante de travail, mais aussi un moment de partage des mêmes idéaux. Elle essaie de travailler l’écriture et reçoit, un moment décisif pour elle et ses amis, un prix important. Puis une histoire d’amour prendra le dessus : d’abord dans la distance, avec un journaliste et qui au cours de deux ans deviendra une relation d’amour qui « date jusqu’à aujourd’hui ».

J’ai lu avec joie ce livre, un peu trop romantique à mon goût un moment donné. En cela il pourrait être de la plume d’une jeune fille. Mais le livre fut publié en 1967 et Ortese avait déjà ses 50 ans! J’ai fait une grande gaffe en regardant pendant la lecture dans une biographie de l’auteur. Là, elle disait que « Poveri e simplici » était son plus mauvais livre. Comment contredire un auteur ? Ou est-ce que cela parle alors pour la qualité des autres œuvres ? Surtout dans le premier aspect d’une vie communautaire, à la recherche permanente de travail, elle arrive à donner une image à cette époque, peut-être aussi à un part autobiographique. Et la critique de son pays fut pas d’accord avec son avis, car elle obtenait le Prix Strega.


Mots-clés : #amour #ecriture #social
par tom léo
le Sam 15 Juin - 18:44
 
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Jocelyne Saucier

Il pleuvait des oiseaux

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Originale : Français (Quebec/Canada, 2011)

CONTENU :
1996 : Dans les larges étendues du Canada, une photographe est à la recherche d'Edward (ou Ted, Ed) Boychuck, l'un des derniers témoins des « Grands Feux » des années 1911-16 (voir aussi par exemple : http://voyagesontario.com/points-interets/le-grand-incendie-de-1916 ), en vue d'un réportage et une exposition de portraits de ces survivants. Mais c'est trop tard : quand elle arrive devant des baraques isolées, loin de tout, Boychuck était mort depuis juste une semaine. Ses compagnons des dernières années, vivant plus ou moins proche, mi-éremite, mi se tenant compagnie, se montrent plutôt pas impressionnés par cette mort, mais en font plutôt des blagues. L'arrivée de la photographe (qui demeurera sans nom) est presque vécue comme une intrusion, même si elle est sous le charme de ces vieillards loufoques. Mais qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? Et pourquoi est-ce que ces trois avaient décidé de vivre dans un tel éloignement du monde ?

Plus tard apparaît encore une femme d'âge avancée, tante d'un des hommes qui sert comme intermédiaire entre les hommes et la ville. Cette femme va remuer les habitudes des uns et des autres et apporter une touche de féminité dans cet univers masculin. Et au bout, ce sera aussi une histoire d'amour...

REMARQUES :
Je suis tombé sur ce livre par la récommandation de notre bibliothècaire, et en plus il y avait une histoire de discerner/découvrir le Prix France-Québec (que ce livre a finalement gagné!). Je me suis laissé avoir et je n'ai pas regretté.

Les chapitres différents sont introduits – en français même différents par le choix de lettres en italique – par des espèces de vues panoramiques. Les trois premières parties seront racontées par trois différents acteurs (la photographe et deux des personnages intermédiaires entre le camp et le monde extérieur), avec leur vues sur le déroulement des choses, leur connaissance des « trois vieux ». Puis un narrateur omniscient (première personne) qui va, en partie chronologiquemment, mais aussi avec des regards en arrière, parler d'éléments divers.

En 1996 Tom a 86 et Charles déjà 89 ans. Avec Ed ils étaient plus ou moins longtemps ensemble dans cet écart du monde et il doit y avoir des raisons. Ed avait été le premier à s'installer : il avait survécu le grand feu de Matheson de 1916, sujet (Leitmotiv) qui revient plusieurs fois au cours du roman. Il s'est retiré plus tard dans sa vie ici et travaillait pendant des mois sans grand contact extérieur sur ses peintures. Aussi chez les autres il a du y avoir des raisons diverses qui les a menées dans cet isolement choisi. Pas seulement par haine envers l'espèce humaine, mais partiellement même « chassés » de la communauté. Et il y a des raisons différentes qui poussent alors des hommes (et ici plus tard aussi une femme) à chercher la solitude relative. Fuite ? Protection ? Calme ?

Vers les nouveaux arrivants il peut y avoir une méfiance : est-ce qu'il ou elle va déranger l'ordre de cette cohabitation ? Le mépris, est-il justifié ? Peu à peu l'histoire nous revèle ce cheminement, et pendant des moment on pourrait bien se sentir un peu sur une mauvaise piste et se faire désorienter par une espèce de jeu avec les genres : au début il y a même une allusion qui laisserait craindre le pire (un crime) ! L'installation de la vieille Gertrude – qui avait été internée injustement pendant 60 ans dans un asyle psychiatrique ! - va bousculer l'ordre et remuer ces vieux messieurs. Et des sentiments naissent. Oui, le grand âge n'empêche pas de tout une histoire d'amour à naître. Dont il sera question, comme aussi du sujet de la liberté (de quoi ? Pour quoi?), et du vieillissement, la dignité, la mort.

Un bon roman, une belle histoire d'amour tardif, mais aussi un témoignage sur ces grands feux si dévastateur au Canada, surtout dans les années 10 du XXème siècele. Et le titre n'a d'un coup rien de symbolique : derrière une formulation quasiment poètique se cache une dure réalité qui me rappelait un autre roman, allemand, sur les incendies de Dresde : dans la chaleur inimaginable il pleuvait littéralement des corps calcinés d'oiseaux...


Mots-clés : #amour #catastrophenaturelle #solidarite #vieillesse
par tom léo
le Sam 15 Juin - 18:08
 
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Sujet: Jocelyne Saucier
Réponses: 8
Vues: 169

Steve Tesich

Price

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Originale : Summer’s crossing (Anglais/E-U, 1982)

REMARQUES :
Voilà que je viens de terminer ce roman et je suis, malgré quelques longeurs (en général je préfère les livres moins longues?), assez impressionné de ce qu’arrive à faire Tesich avec un sujet somme toute assez banale. Car on pourrait (déjà vu) juste parler d’une histoire de premier amour et sa fin, et c’est tout. Mais l’auteur y file habilement d’autres sujets et met des accents intéressants, pê pas visibles au premier coup d’oeil ? Ou faut-il mon imagination débordante d’interprêter un peu trop ?

Le roman se déroule pendant l’été 1961 sur fond de l’ère Kennedy, dans une période donc assez courte pour le volume de plus de 530 pages. Beaucoup de choses vont bouger, changer dans nos protagonistes principaux : soit les « incorruptibles » amitiés de l’école, soit les rêves d’avenir, soit la façon de faire face avec le présent et les défis dans un environnement sans grand intérêt et avenir, soit les images et associations avec ses propres parents et les personnes environnantes, soit finalement la découverte d’un premier amour...

Le narrateur est Daniel « Boone » Price lui-même. Sa mère est du Montenégro (donc Ex-Yougoslavie comme l’origine de Tesich lui-même), belle et de confession orthodoxe (pratiquante) avec une prise de ritualisme. Son père, image du devoir et du « bon travailleur » sans histoire, est de descendance irlandaise et catholique. Au début du roman (et pas seulement) les parents semblent justement réagir toujours en opposition l’un contre l’autre. Ils sont différents, et surtout le père, ne peut pas accepter cette altérité de la mère qui ne correspond pas à ses attentes. Car au fond le roman joue beaucoup – dans toutes sortes de cas de figures – avec les attentes qu’on a les uns des autres, et le miroir qu’on exige que l’autre soit : qu’on se voie bien alors, aimé (et c’est quel amour?).

Danny apparaît d’abord comme le pur opposé à cet autre personnâge de roman de Tesich qui est Karoo : il est non-fumeur, vierge, pas voyou, non-buveur, athléte de haut niveau ! Dans ce contexte (vu les parallèles des deux héros avec un part d’identité avec Tesich lui-même) il serait intéressant d’élaborer dans quels points Tesich se révèle dans ses facettes différentes (comme toute personne pourrait se laisser voir de façons multiples?!). Mais oui : lui-même a justement vécu à East Chicago aussi !

Entre l’humor et la « tragédie » c’est bien souvent pas très loin. Particulièrement dans une première partie j’ai bien pu rigoler, p ex concernant les dialogues entre les amis, leur jargon. Plus tard par contre des éléments tragiques prévalent, on aimerait aussi donner des fois des coups de pieds quand le héros principal surtout, semble s’enliser dans une fixation quasi maladive.

Tandisque Danny tombe amoureux, son père tombe malade. Ces deux développements ne vont pas ensemble apparemment : comment ne pas voir de la part de Danny comme une volonté d’empêchement de son père ! Il le détourne de l’essentiel ! Et ce qui est de l’ordre d’un contre-temps évolue presque comme incitation à la haine (chez Danny).Même s’il confond les deux...

Mais ce qui me semble élementaire, central pour ce roman c’est que ce qui aurait pu indiquer une pure opposition se revèle d’être une parenté, une proximité, une similitude très proches. « Tel père, tel fils », est l’aphorisme que Danny préssent un moment donné. Tous les deux demandent tellement desespèrement l’amour de leurs bien-aimées, que l’espace de respirer de celles-ci se rétrècit. Tout attendre, tout exiger car – c’est dit d’une manière très fine ! - on ne connaît plus aucun autre contenu, référant, référence, remplissage. Là où un élément de référence dépassant l’autre fait défaut, on se trouve rapidemment dans un trop d’attente – et c’est un grand danger qui finalement peut, ou pourrait tuer, étouffer l’amour. C’est extrêmement bien vu, il y a alors déjà plus que trente ans, et très actuel !

Donc contrairement à une première vue il ne s’agit pas ici d’une pure mise en opposition des différentes relations, p ex père-fils, ou les deux couples père-mère, Danny-Rachel, ou aussi David-Danny et père-amant de la mère ou de père/amant-mère, soit David/Danny-Rachel. Mais justement de leurs similitudes, de leurs grandes parallèles...

Donc, évidemment il est question ici de ce qu’est l’amour. Par exemple il ne coniste pas simplement dans le fait de tout exiger de l’autre, de tout dire, de tout savoir (Danny attend et attend. Aussi se fait-il intrus p ex dans la maison de Rachel en vue de découvrir « la vérité »), de vouloir arracher l’autre de son mystère profond.

Il y a bien encore d’autres sujets intéressants : Le mot « destin », apparaissant à plusieurs reprises, comme aussi la recherche de « signes secrets décisifs »,  et des jeux d’hasard qui indiquerait ce même destin : tout cela est très actue ! On parle beaucoup de liberté, mais on se lierait volontiers à ces cordes !

Aussi : c’est quoi comme ville qui semble offrir aucun avenir ? Laisse-t-elle seulement le choix entre l’acceptation tranquille, presque impuissante (voir Freud ), la revolte violente (Misiora) ou le départ (Danny) ?

Il y aurait encore tant à dire..., certainement aussi un bon livre pour une lecture commune ! Je fus donc impressionné même si je suis loin d’avoir vu tout ou d’avoir tout dit ici...

Cela donne envie de découvrir les pièces de théatre de Tesich !


Mots-clés : #amour #initiatique #relationenfantparent
par tom léo
le Ven 14 Juin - 7:16
 
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Sujet: Steve Tesich
Réponses: 19
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Jean Mattern

Le Bleu du Lac

Tag amour sur Des Choses à lire 31jbj110


Originale: Français, 2018

CONTENU:
amaz.raccourci a écrit:Quand un soir elle a remplacé au pied levé Pogorelich à Wigmore Hall, la salle de concert londonienne, celle qui allait devenir la grande pianiste Viviane Craig ne savait pas encore que sa gloire soudaine ne serait pas son défi le plus difficile à relever. Si sa vie tranquille de professeur de piano, mariée au directeur du service culturel de la BBC, a certes changé après ce succès inaugural, sa rencontre avec James, l'évidence avec laquelle elle a cédé au désir de ce charismatique critique musical, boxeur à ses heures, a profondément bouleversé son équilibre intime.

Des années plus tard, alors que leur passion va grandissant, Viviane apprend, par un appel de son exécuteur testamentaire, le décès brutal de James. Sans mesurer le sens ni la portée de la requête posthume qu'il transmet, l'homme invite la pianiste, retirée depuis cinq ans déjà de la scène musicale, à jouer une dernière fois lors de la messe de funérailles. Pendant le long trajet en métro qui va la conduire de sa demeure de Wimbledon au quartier de Holborn, Viviane, elle-même stupéfaite d'avoir accepté sans réfléchir cette épreuve, laisse libre cours aux émotions qui l'assaillent. L'église choisie par James, minutieux ordonnateur de la cérémonie, est voisine de son appartement à lui, refuge de leurs amours ...


REMARQUES :
Comme dans « Les bains de Kiraly » il s’agit aussi ici d’un livre sur une perte et une forme d’incommunicabilité, d’impossibilité apparente de porter un chagrin publiquemment… Pour clarifier le cadre de narration : tout se passe lors de ce trajet de la maison vers le lieu des funerailles où elle doit jouer une pièce de Brahms. Et les souvenirs assaillent la pianiste célébre, mariée et mère de famille, la soixantaine, mais aussi amante de ce James Fletcher ; 55 ans, critique musical, compositeur et musicologue, mais aussi boxeur à ses heures perdues, mort d’apnées de sommeil. La forme extérieure avec Viviane comme narratrice – pratiquemment pas de paragraphes dans le texte, beaucoup de phrases halétantes – donne au livre quelque chose qui pousse en avant, quelque chose de très instable, inquiet presque. Ou de plaintive, d’incontrôlée ?! Personne semble être au courant de leur amour de plusieurs décennies ! Ils se terrent dans l’appartement de James.

Elle parle volontiers du fait à quel point elle se fiche des conventions, des « règles hypocrites de la societé ». Néanmoins je me demandais constamment pourquoi alors ils vivent leur amour dans une telle cachette et finalement sont esclaves alors de ces étiquettes, jouant une comédie? Pour finalement alors garder l’autre vie de couple marié ? Bizarre, et je me fâchais avec cette liberté affichée qui, selon moi, n’en était pas une. Et le temps présent est quand même l’an 2002 ! Donc, jamais avoué cette double vie vers l’extérieur, ni à son mari.

Puis certaines répétitions trop automatiques, l’auto-célébration, et celle de l’amant, parfait dans son corps, avec « un membre comme il faut », deviennent gênantes, voir pénible. Ce nombrilisme montre éventuellement comment l’auteur (efin un homme) voudrait être vu par une femme ? Pour moi cela manquait de maturité, voir de profondeur. Un amour ne se vit pas non plus lors d’environ deux décennies, voir trois, entre quatre murs ou seulement au lit, dans un pur égoïsme à deux.

Bien sûr on pourrait accueillir avec étonnement un « petit » revirement à la fin, mais on s’y attendait, presque. Donc, ici Mattern m’a plutôt décu.

Mots-clés : #amour #mort #musique
par tom léo
le Mar 11 Juin - 21:53
 
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Sujet: Jean Mattern
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Anonyme - Le Vendeur d'huile qui conquiert Reine de beauté

Tag amour sur Des Choses à lire Vendeu10

Le Vendeur d'huile qui conquiert Reine de beauté. - Picquier

Voici un court chef d'oeuvre qui connut un succès immédiat suivi d'une longue descendance et diverses imitations et falsifications.
L'auteur est inconnu même si des noms ont été avancés.
L'histoire est simple. Celle d'un petit commerçant qui séduit par sa seule bonté d'âme et sa grande naïveté la plus prisée des courtisanes. Un thème décliné sur tous les modes dans tous les genres populaires et jusqu'aux opéras de Pékin.
Mais ce qui confère un succès durable au livre, c'est le grand talent de l'écrivain, grand amateur de la langue parlée qu'il maitrise parfaitement avec clarté et et vivacité.
Sa sympathie, on le voit va au petit peuple plutôt qu'aux grandes famille dont il dénonce les turpitudes et la violence. Comme Nagai Kafu, il connaît bien le monde des prostituées, ses habitudes et ses clients, leur langage. Et les mères maquerelles qui profitent de l'infortune des gamines pour les souler et profiter de leur innocence pour les vendre.

On apprend ainsi que l'héroïne du récit est une victime de la guerre, elle a perdu ses parents, et sa beauté extrême constitue un matériau de choix pour la prostitution, livrée qu'elle est par un homme à qui elle faisait confiance.
Le préfacier nous fait savoir que le livre est remarquable documenté sur l'époque Ming. Et que, de plus, il renouvelle le genre amoureux en mettant en scène des protagonistes que tout sépare. A commencer par leur situation sociale.
Mieux, il donnera à la jeune prostituée l'occasion de refuser la condition misérable d'un mariage "convenable" mais dégradant avec un homme riche.
C'est elle qui choisit de racheter -littéralement- sa condition à la maquerelle et de choisir celui qui a su la conquérir. Et le talent du romancier est de nous montrer l'évolution des sentiments de la jeune femme, mais aussi de sa transformation dans un monde clos et régi par des lois immuables.


Mots-clés : #amour #prostitution #social
par bix_229
le Dim 9 Juin - 16:59
 
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Sujet: Anonyme - Le Vendeur d'huile qui conquiert Reine de beauté
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Kéthévane Davrichewy

Tag amour sur Des Choses à lire 414bkf10

La mer noire

Aujourd’hui, Tamouna a 90 ans. C’est une vieille dame épuisée qui vit sous assistance respiratoire. Pourtant, c’est avec le coeur battant d’une midinette qu’elle attend Tamaz, qui s’est annoncé à la fête organisée par la famille pour son anniversaire. Tamaz, son amour de jeunesse, l’homme des occasions manquées, qui a traversé sa vie d’émois en regrets, et n’a jamais quitté ses pensées...

Durant cette journée où elle attend Tamaz, Tamouna se remémore son existence ; l’enfance heureuse, en Géorgie, avec la ribambelle de cousins et de frères et sœurs. Puis, en 1918, la déclaration d’indépendance du pays, dont son père devint l’éphémère ministre de l’agriculture. Les premières amours, le temps d’un été, auprès de Tamaz. Un temps qui se rêvait éternel, mais ne fut qu’une parenthèse enchantée avant l’irrémédiable la déchirure : la fuite devant l’invasion soviétique et son cortège de représailles, et l’inquiétude dévorante quant au sort de ceux qu’on a à jamais laissés derrière soi...
Arrivés en France, il a bien fallu se construire une vie. A travers le destin de Tamouna se dessine en creux le sort des immigrés Géorgiens ; l’adaptation à la vie française, la nostalgie du pays perdu, le besoin de préserver les coutumes, de rester soudés pour ne pas affronter seuls l’adversité, et de garder une forme de légèreté, aussi, malgré les épreuves et les deuils. Dans la vie de tous ceux-là il y a eu la guerre, ceux qui ont choisi le camp de la résistance et ceux qui ont combattu auprès des Allemands. Et puis la vie comme elle va, les enfants, les amis, les  amours éphémères, et pour Tamouna, toujours Tamaz, aperçu de loin en loin, comme un rappel du paradis perdu et de ce qui aurait pu être…

Le récit alterne sans cesse entre présent et passé avec nostalgie, pudeur, et une vraie tendresse pour cette famille géorgienne, ses silences, ses non-dits, ses éclats de rire et son incroyable capacité de résilience.

Merci Kashmir, grâce à toi j’ai pu cocher la case Géorgie de mon périple mondial avec un bien joli livre !


Mots-clés : #amour #exil #famille #immigration #nostalgie
par Armor
le Ven 7 Juin - 19:04
 
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Sujet: Kéthévane Davrichewy
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Hanya Yanagihara

Une vie comme les autres

Tag amour sur Des Choses à lire Cvt_un13

C’est la vie de ce pauvre Jude, avocat brillant, si tendre en amitié et en amour, Jude qui garde pour lui son enfance traumatisante ô combien, qui fait qu’il ne sera jamais comme les autres. Si personne ne veut y croire, il le sait. Il vogue de souffrance en détestation de soi, se scarifie, affronte comme il peut - souvent mal - ce bonheur que la vie a cru lui offrir, auquel il a cru un temps, mais auquel il ne saura jamais se confier totalement.

C’est l’histoire de l’incroyable amitié qui lie 4 garçons devenus des hommes brillants, chaleureux, sensibles,  depuis leur première année de fac, de leur succès et enthousiasmes, de leurs brouilles et découragements. Et de l’amour unique de deux d’entre eux, si tendre, si indispensable.

Il y avait eu des périodes entre ses vingt et ses trente ans où il regardait ses amis et il éprouvait un contentement si pur et si profond qu’il aurait souhaité que le monde autour d’eux s’arrête tout simplement, qu’aucun d’eux ne quitte plus cet instant, où tout avait atteint un équilibre et son affection pour eux était parfaite. Mais bien sûr, cela ne devait jamais être : un battement de plus et tout ce modifiait, et l’instant se volatilisait en silence.


Bon ça a l’air tout à fait cucu, mon résumé. Et ça l’est, sans doute. En fait j’ai passé mon temps à osciller entre cela et l’incroyable force de ce livre, la description de ce garçon, de ce jeune homme, de cet homme mur puis vieillissant, perpétuel écorché, à qui la vie, avant de le cajoler, a appris à se détester, assailli par les doutes et le syndrome post-traumatique, de ses modes de défense, de ses fractures intimes. L’auteur montre  au-delà de l’apparence la solitude de celui qui sera perpétuellement un étranger aux autres, malgré la bienveillance.

Mais il est vrai que l’enfance de Jude aurait été 10 fois moins sordide que cela eut suffit, qu’il aurait gagné 10 fois moins d’argent aussi. Qu’importe, l’humanité de ce jeune homme, de tout son entourage déterminé à le sauver sans y parvenir, cela m’a scotchée, j’ai adoré. Ce livre m’a fortement évoqué cet excellent souvenir qu’est La puissance des vaincus, de Wally Lamb. Et qu’importent les faiblesses.

Je dois un remerciement tout particulier à Tom Léo drunken drunken

Mots-clés : #amitié #amour #psychologique #solitude
par topocl
le Jeu 6 Juin - 16:45
 
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Sujet: Hanya Yanagihara
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Ali al-Muqri

Le beau Juif

Tag amour sur Des Choses à lire 51cd8r10


Originale: Al-Yahūdī al-Ḥālī (Arabe/Yemen, 2009)

Présentation de l'éditeur a écrit:Dans le Yémen du XVIIe siècle, les communautés cohabitent et s'affrontent. Alors quand Fatima, la fille du mufti, s'éprend du bel adolescent juif qui répare les fenêtres ajourées du palais de son père, leur histoire est forcément destinée à connaître un parcours semé d'embûches. Quant à l'enfant de cette union interdite, ni les Musulmans ni les Juifs ne veulent le reconnaître. Que son père se convertisse à l'islam n'y change rien. Et quand, vers 1660, un certain Shabbataï Tsevi prétend être le Messie et redonne vie au rêve d'émancipation des Juifs, les rapports inter-religieux se compliquent encore... Ce roman dresse un tableau vivant d'un Yémen fécond et multiculturel.  


REMARQUES :
C’est avec un certain recul - au début de sept ans - que Salem le Juif, raconte en 1644 des rencontres avec Fatima, la fille du Mufti, de cinq ans son aînée ! S’installe pendant une période un vrai apprentissage mutuel des cultures de l’un et de l’autre à Rayda : Salem apprend l’écriture, la poèsie arabe, évidemment aussi grâce aux grands spirituels de l’Islam, et aussi le Coran lui-même. Et Fatima est assidue à apprendre le Hébreu, à étudier les textes de la Torah. Ô, là où l’amour naît on veut tout savoir et apprendre de l’autre. Mais bien sûr qu’on apprécie - et qu’on peut apprécier ! - ce qui fait plaisir et vivre à l’autre ! Et peu à peu les deux s’imprègnent de la culture, de la foi de l’autre ! Salem, plus tard, va se dire « appartenant au rite de Fatima », muselman à sa façon à elle : ouverte, tolérante. Et vice versa. Comme si là où la relation et le respect entre des individus sont accordés, on ne peut plus s’exclure !  

Mais quand on craind, des deux cotés, que cela va virer vers une relation amoureuse « impossible » dans le temps (on cite des exemples suicidaires de jeunes amants…), on baigne dans les affrontements intra-communautaires qui frisent la haine, voir l’exclusion et l’oppression. Dans le contexte du Yemen du XVIIème siècle ce sont plutôt des Juifs qui seront des victimes d’exactions, et qui sont poussés vers l’obéissance. Néanmoins, avec leur rêve d’un Messie vainqueur à l’horizon, on les voit aussi capables de pousser les Muselmans vers l’exclusion…, en théorie.  

Dans ce contexte : quelle sera le chemin des deux amoureux qui ont grandi entre-temps ? Je vous le laisse découvrir. La langue est belle. On pourrait être étonné d’un changement de ton quand le vieux Salem donne le récit de l’histoire des Juifs, de leur attente, comment ils sont traités. Et cela s’appelera à juste titre dans cette partie « Chronique ». Mais cela contribue à donner chair à un récit qui n’est pas seulement une histoire d’amour, mais un récit de l’histoire d’une minorité dans un pays arabe.

Assez osé pour un roman de ses contrées-là, touchant, poignant ! Cela m’a plu et je remercie T.

Mots-clés : #amour #historique #religion
par tom léo
le Mar 21 Mai - 22:30
 
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Sujet: Ali al-Muqri
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Toni Morrison

Tag amour sur Des Choses à lire 41eo-510

Beloved

Je continue ma découverte de l'auteure avec ce livre que j'ai eue le plaisir de trouver dans une boîte à livres.
Je me rends compte au passage que je ne me souvenais pas avoir lu le roman Délivrances sus commenté, ce qui est préoccupant tout de même. De ce dernier , finalement, me revient la fin, très colorée et sensuelle. Bon .
Passons à celui-ci que je croyais être la première fiction lue de Morrison. Il m'a beaucoup plu.
C'est pourtant une lecture exigeante  dans le sens où la construction narrative impose une grande patience. Par strates on dénoue le passé, des strates s'ajoutent aux strates et peu à peu les refoulés s'exposent au lecteur dans leur terreur nue.
Je lis sur Wikipedia qu'un film a été tiré de ce livre, (par J. Demme) mais surtout qu'il est un hommage, je l'entends en tous cas ainsi, à la tragique histoire de Margaret Garner. Alors ne divulgâchons pas à tous crins , me suivent ceux qui veulent :

Spoiler:
Cette femme "une esclave afro-américaine dans les États-Unis d'avant la guerre de Sécession qui est notoire pour avoir tué sa propre fille plutôt que de la laisser redevenir esclave.

Garner et sa famille s'étaient échappées en janvier 1856 à Cincinnati, en profitant de l'Ohio gelé, mais furent appréhendées par des Marshals américains agissant en vertu du Fugitive Slave Act de 1850. L'avocat de Margaret Garner demanda à ce qu'elle soit jugée pour meurtre en Ohio, afin de pouvoir avoir un procès dans un état libre et pour contester la loi sur les esclaves fugitifs. (Wikipedia)


De tragique, le roman en est en effet tissé, mais avec une pudeur que l'engagement théorique de Morrison sert très bien : elle nous emmène au coeur d'un pays de ségrégation, où chaque liberté a été payée au prix fort.
Je ne veux pas déflorer les sens que le récit distille, aussi je ne citerai que les prémices de l'histoire, pour donner une idée des enjeux : 1855 : Sethe, esclave dans la plantation du Bon-Abri, s'est enfuie pour rejoindre la mère de son mari, Baby Suggs, la seule dont la liberté a pu être rachetée par son fils. Avant sa propre fuite, Sethe a envoyé chez sa belle-mère ses trois enfants : deux garçons et une petite fille . Au cours de sa fuite, Sethe est enceinte. Le récit commence quelques années après la fuite, croise la parole de nombreux personnages, en une prosodie chaque fois spécifique.
L'évocation historique et sociologique sont aigues, poétiques et respectent je crois avec une grande puissance la véracité universelle.
C'est un roman dur, qui a une part de fantastique, pour moitié due à l'univers animiste des protagonistes, et pour une autre moitié due à la folie,folie qui est exposée dans toute sa force.
La poesie qui traduit la folie m'a moins touchée, m'a barbée, même, je pense que je n'aime pas le trip "je me mets dans la peau d'un cerveau qui vrille" puisque Kaschiche m'a déjà bien saoulée avec ce type de procédés, mais ici force est de constater que c'est un ressort pourtant essentiel pour le choral, et le sens même de l'histoire.
Qui a je crois pour ambition de déployer en toute sa complexité et la force et la douleur de toute résilience.
Je vous le conseille vivement. C'est aussi un roman d'Amour.

Depuis ma lecture, adolescente, des Passagers du vent de Bourgeon, une BD très documentée sur le commerce triangulaire et son époque funeste, je n'avais pas été immergée dans ce savoir sombre, je l'ai retrouvé intact et toujours aussi révoltant.

#Adoption; #Amour; #Conditionfeminine; #Culpabilité; #Devoirdemémoire; #Esclavage; #Justice
par Nadine
le Jeu 16 Mai - 18:17
 
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Sujet: Toni Morrison
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Colum McCann

Danseur :

Tag amour sur Des Choses à lire Danseu10

Des forêts de l'Oural aux clubs de l'underground new-yorkais en passant par Leningrad et les hauts lieux de la jet-set internationale, un roman flamboyant porté par une écriture âpre et riche où se dessine une somptueuse histoire d'amour, d'art et d'exil.

En 1944, dans un hôpital soviétique, Rudik, six ans, danse pour son premier public : aucun des soldats mutilés n'oubliera cet instant éblouissant... Dès lors, ce fils de paysan sait. Il sait qu'il ne reculera devant rien : mentir à sa mère, braver la colère du père, endurer brimades et humiliations. Pour danser comme il le doit, il ira jusqu'à s'exiler à jamais.
Travailleur acharné, obsédé de beauté et de perfection, Rudik fascinera tous ceux qui croiseront sa route, leur offrant le sentiment d'avoir côtoyé un ange ou un démon, un vrai génie, un monstre de sexe et d'excès.

Une icône du xxe siècle : Noureïev.

Présentation de l'éditeur.

Il y a longtemps que je voulais lire ce livre : un récit sur un personnage hors du commun et un écrivain qui sait nous emporter.
Je remettais et ces derniers temps, comme on me parlait beaucoup de l'URSS du xxième siècle, je me suis dis que c'était le moment !

Et j'ai fait une très belle lecture.

Fascinée par la vie de Noureiev , l'écriture de Colum McCann m'a littéralement captivée.
Ce petit garçon qui, par la danse, va connaître une vie exceptionnelle, vie qui le consumera et dans laquelle il se jette avec toute la fougue des premières découvertes...

Mais la richesse de ce roman tient également aux personnages secondaires que Colum McCann nous fait vivre avec force détails.
J'ai particulièrement aimé la famille D'Anna, la première professeur de Rudik - son mari, relégué, lui lit de la poésie chaque soir drunken avant qu'elle ne s'endorme - et cheminer auprès d'eux au fil des pages m'a donné envie de mieux connaître ce pays dont on me parlait depuis un moment et m'a mis un autre livre dans les mains...

C'est cela une belle lecture : celle qui a le pouvoir d'en susciter une autre !

Merci Monsieur McCann pour l'émotion.



Tag amour sur Des Choses à lire Nourei10



Mots-clés : #amour #biographie
par kashmir
le Dim 12 Mai - 18:59
 
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Sujet: Colum McCann
Réponses: 8
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Milan Fust

Tag amour sur Des Choses à lire Histoi10

Milan Fust : L'Histoire d'une solitude. - Cambourakis

Le narrateur de cette histoire n'a vraiment pas de chance.

Il a hérité d'une nature rêveuse et vulnérable. Et pire encore, d'une mère odieuse, un véritable dragon venimeux. Stupide, méchante, elle tyrannise son fils qui, quoique conscient de la nature véritable de sa mère ne lui oppose, au mieux, qu'une résistance passive.
Pour mieux asseoir son pouvoir, elle habite chez lui et tout en le critiquant, elle lui dicte sa ligne de conduite. Et la liste des interdits est longue. Par exemple, elle décide ainsi que son fils ne doit pas s'intéresser aux filles, surtout si elles sont jolies.

Par extraordinaire, elle se laisse amadouer par une jeune inconnue qu'elle trouve ravissante et va jusqu'à la présenter à son fils. Le jeune narrateur est tout à fait séduit par la jolie fille et il le lui fait savoir. Malicieuse et aguichante, elle lui fait savoir qu'elle est fiancée et va se marier.
Elle est en fait venue à la ville pour s'acheter des fringues en vue de la cérémonie.. Mais voilà elle n'a pas assez d'argent et le narrateur sollicité sent se refroidit son ardeur. Pas sa mère qui accepte de lui prêter. Exit la ravissante. On ne la reverra pas. Enfin pas immédiatement.

Déçu, désorienté, il s'engage chez les hussards. On est alors en pleine guerre, celle de 14-18. En attendant d'être envoyé au combat, il fait ses classes, et subit lors les mêmes tribulations comico-tragiques que le pauvre soldat Schveik.
On pourrait dire que les militaires de l'ex empire austro-hongrois ont des similitudes. Mais non,  la stupidité militaire est universelle et éternelle. Un jour, il a une altercation avec un adjudant soul. On en vient aux coups et le voilà le narrateur dans un très mauvais cas. Il y échappera grâce à des aides diverses, mais surtout celle de la jolie fille qui l'a filouté jadis. Non seulement elle l'aide activement et de toutes les façons, mais comme elle bénéficie du respect de tous, elle obtient qu'on le relâche. Raide amoureux, il lui demande aussitôt de l'épouser, mais elle refuse et il vivent ensemble quelques temps. Heureux.

Jusqu'au moment où la foutue mère ne supporte plus qu'il lui échappe. Elle trouve le moyen de jeter le ver du doute sur la jeune fille. La jeune fille est sensible, elle le sent et quitte le narrateur. après l'avoir remercié sincèrement.
                                         
**********

Cette histoire serait presque banale, s'il n'y avait l'"obscur objet du désir," cette jeune femme énigmatique, mystérieuse,  insaisissable, mais totalement séduisante. Une véritable héroïne russe, comme en trouve chez Tourgueniev ou Pouchkine.

Et puis la langue de Fust est naturelle, une langue avec laquelle il s'efforce de capter la banalité mesquine et l'ennui permanent.
Il y a enfin cette histoire tout entière sous le double signe de la solitude et du fantasme. Celle du narrateur qui peut indisposer le lecteur pour sa faiblesse. Mais c'est un rêveur impénitent qui ne peut aimer vraiment que si l'objet de son amour est à distance ou lui échappe. Il peut alors se désoler sincèrement, mais en même temps jouir de sa solitude. Et de ses fantasmes.

Et moi de tout mon coeur aujourd'hui encore je lui crie tu étais adorable, belle et inoubliable (…)"

Il se souvient de tout ce qu'il lui doit. Elle l'a sauvé. Elle l'a aimé. Elle lui a appris à rire, à s'alléger. Mais voilà, il a besoin d'aimer et il est en même temps voué à être seul.
Enfin c'est ce qu'il dit et c'est ce qu'il croit.


Mots-clés : #amour #relationenfantparent #solitude
par bix_229
le Ven 10 Mai - 19:06
 
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Sujet: Milan Fust
Réponses: 8
Vues: 183

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