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101 résultats trouvés pour Amour

Honoré de Balzac

Les chouans
ou: La Bretagne en 1799.

Tag amour sur Des Choses à lire Les_ch11
Roman, 1829, 310 pages environ


Peut être lu ici

Ah la la, le premier chapitre, intitulé L'embuscade  Tag amour sur Des Choses à lire 3123379589  !
Balzac revisite sans doute la bataille de La Pellerine en 1796, sans se croire tenu à la moindre fidélité à l'histoire factuelle, laquelle est un décor et non un but à atteindre.

C'est vraiment ça que j'étais venu chercher dans cette relecture !
(Idem, d'ailleurs, pour les autres tableaux, comme La Vivetière ou l'attaque de Fougères, elle aussi empruntant à un épisode historique)

Extrait:

L'embuscade a écrit: Du sommet de La Pèlerine apparaît aux yeux du voyageur la grande vallée du Couësnon, dont l’un des points culminants est occupé à l’horizon par la ville de Fougères. Son château domine, en haut du rocher où il est bâti, trois ou quatre routes importantes, position qui la rendait jadis une des clés de la Bretagne.
De là les officiers découvrirent, dans toute son étendue, ce bassin aussi remarquable par la prodigieuse fertilité de son sol que par la variété de ses aspects. De toutes parts, des montagnes de schiste s’élèvent en amphithéâtre, elles déguisent leurs flancs rougeâtres sous des forêts de chênes, et recèlent dans leurs versants des vallons pleins de fraîcheur.
Ces rochers décrivent une vaste enceinte, circulaire en apparence, au fond de laquelle s’étend avec mollesse une immense prairie dessinée comme un jardin anglais. La multitude de haies vives qui entourent d’irréguliers et de nombreux héritages, tous plantés d’arbres, donnent à ce tapis de verdure une physionomie rare parmi les paysages de la France, et il enferme de féconds secrets de beauté dans ses contrastes multipliés dont les effets sont assez larges pour saisir les âmes les plus froides.
En ce moment, la vue de ce pays était animée de cet éclat fugitif par lequel la nature se plaît à rehausser parfois ses impérissables créations. Pendant que le détachement traversait la vallée, le soleil levant avait lentement dissipé ces vapeurs blanches et légères qui dans les matinées de septembre, voltigent sur les prairies.
À l’instant où les soldats se retournèrent, une invisible main semblait enlever à ce paysage le dernier des voiles dont elle l’aurait enveloppé, nuées fines, semblables à ce linceul de gaze diaphane qui couvre les bijoux précieux et à travers lequel ils excitent la curiosité.
Dans le vaste horizon que les officiers embrassèrent, le ciel n’offrait pas le plus léger nuage qui pût faire croire, par sa clarté d’argent, que cette immense voûte bleue fût le firmament.



La technique balzacienne d'écriture, entrelaçant description-digression-action-dialogue, avec à chaque fois un ingrédient -juste un infime détail parfois-, porteur d'information sur les pages à venir, manière de mettre la puce à l'oreille, est déjà bien rodée.
De même, sa façon de s'adresser à un tiers fictif lorsqu'il introduit une digression, d'ordre descriptif ou linguistique par exemple.

On est, dans ce drame, de plain-pied dans ce qui fera la marque de fabrique de la Comédie humaine, et Balzac fait montre dès ces Chouans d'un tournemain d'orfèvre.
Ainsi il peut sembler que ce cher Honoré en fait des tonnes inextricables sur la façon dont s'amène et se noue la relation Marie de Verneuil-Le Gars, et le lecteur de se dire que l'équivalent d'une petite dizaine de pages eusse pu être lipposucée, alors qu'il s'agit en fait de tresser fil à fil une trame qui ne se dévoilera qu'au final.

Vous ne serez pas étonnés non plus que Balzac s'en donne à cœur-joie dans sa future grande spécialité, la peinture de mœurs, étant donné que, dans ce livre, les rapports sont tous teintés de méfiance, de paraître, de jeux de masques, de double-jeu, d'attitudes, de choix valant implications, de volte-face, rupture de confiance, bras-de-fer, trahisons et chausse-trappes...  

Le personnage principal n'est pas Le Gars (le marquis Alphonse de Montauran, le dernier Chouan en somme), il me semble, mais bel et bien Marie de Verneuil, caractère très fouillé, élaboré tout au long du roman, avec éclairage final.

Parmi les autres traits très Comédie humaine, la justesse du langage des dialogues, il serait sans doute nettement plus ardu de reconstituer ainsi celui-ci de nos jours, tandis qu'alors c'était assez frais pour limiter la déperdition.
Il en vaut de même pour les paysages, bourgades, moyens de transport, auberges, armement, etc...
Ce n'est pas un roman d'historien ni écrit pour les historiens, fussent-ils du langage, mais s'y dissimulent sans doute deux ou trois pépites valant témoignage.

Très Comédie Humaine aussi l'habile choix de la date de narration, servant la démonstration voulue par l'auteur; en 1799 c'étaient les ultimes soubresauts de ce qu'on a appelé les Guerres de l'Ouest (un titre éphémère de ce roman a d'ailleurs été Le dernier Chouan, avec référence évidente au Dernier des Mohicans, de Fenimore Cooper, paru trois ans plus tôt et traduit en français dès sa parution en langue originale):
La condamnation aux poubelles de l'Histoire du mouvement Chouan n'en est que facilitée, tacitement mise en démonstrative évidence.  
 
Toujours s'agissant d'un ouvrage d'histoire récente au moment de son écriture (Balzac est né -coïncidence- en 1799), on apprécie le petit régal de la description d'un muscadin, plus exactement d'un incroyable d'ailleurs, peinture savoureuse d'un caractère (Corentin) qui s'avère être l'œil et l'oreille du pouvoir policier [de Fouché donc], d'une grande habileté à la manigance en sous-main et à la sale besogne discrète d'État.

Comme Corentin, bien des seconds rôles sont campés entre justesse, force et stéréotype, avec, c'est à souligner, un fréquent recours à des comparatifs de l'ordre du bestiaire, ainsi, outre Francine, au fidèle service de Marie, prenons par exemple:

- Hulot, le colonel vétéran de toutes les guerres de la révolution, au langage troupier d'époque et aux attitudes militaires toutes en rectitude, déjà inconditionnel de Bonaparte (lequel, pas encore Napoléon, est alors en Égypte).

- d'Orgemont, qui traverse le roman sans jouer un rôle prépondérant, symbolise, comme Corentin, une des facettes de cette nouvelle race d'hommes "modernes" issue de la révolution, roué, prenant des risques, entre l'avare classique des temps anciens et l'homme d'affaire qui s'adapte à tout et tire profit de tous les chaos sans être habité par la moindre doctrine, éthique ou soupçon d'état d'âme, rapace malfaisant plaçant confiance et ardeur dans l'ère nouvelle.

En fait, le véritable ennemi à combattre d'urgence pour les paysans bretons qui chouannent, ce serait lui, mais il est nettement plus invisible, comme dissous dans l'époque, qu'un soldat bleu menant tambour, cocarde et tricorne...

Ceux-ci, ces paysans, voire la Bretagne elle-même en tant que contrée sauvage et pauvre sont aussi inadaptés aux temps nouveaux que ne le sont, tels qu'ils sont dépeints, les principaux caractères dirigeants masculins de la chouannerie, comme féminin du reste (la Jument de Charette).

Nettement plus subtile est l'inadaptation de Marie de Verneuil à son temps.

Extrait:

Mademoiselle de Verneuil était occupée à contourner les branches de houx qu’elle avait cueillies, et disait :
— Je ne sais pas si ce houx sera bien joli dans les cheveux. Un visage aussi éclatant que le mien peut seul supporter une si sombre coiffure, qu’en dis-tu, Francine ?

Plusieurs propos semblables annoncèrent la plus grande liberté d’esprit chez cette singulière fille pendant qu’elle fit sa toilette. Qui l’eût écoutée, aurait difficilement cru à la gravité de ce moment où elle jouait sa vie. Une robe de mousseline des Indes, assez courte et semblable à un linge mouillé, révéla les contours délicats de ses formes ; puis elle mit un pardessus rouge dont les plis nombreux et graduellement plus allongés à mesure qu’ils tombaient sur le côté, dessinèrent le cintre gracieux des tuniques grecques. Ce voluptueux vêtement des prêtresses païennes rendit moins indécent ce costume que la mode de cette époque permettait aux femmes de porter. Pour atténuer l’impudeur de la mode, Marie couvrit d’une gaze ses blanches épaules que la tunique laissait à nu beaucoup trop bas. Elle tourna les longues nattes de ses cheveux de manière à leur faire former derrière la tête ce cône imparfait et aplati qui donne tant de grâce à la figure de quelques statues antiques par une prolongation factice de la tête, et quelques boucles réservées au-dessus du front retombèrent de chaque côté de son visage en longs rouleaux brillants. Ainsi vêtue, ainsi coiffée, elle offrit une ressemblance parfaite avec les plus illustres chefs-d’œuvre du ciseau grec. Quand elle eut, par un sourire, donné son approbation à cette coiffure dont les moindres dispositions faisaient ressortir les beautés de son visage, elle y posa la couronne de houx qu’elle avait préparée et dont les nombreuses baies rouges répétèrent heureusement dans ses cheveux la couleur de la tunique. Tout en tortillant quelques feuilles pour produire des oppositions capricieuses entre leur sens et le revers, mademoiselle de Verneuil regarda dans une glace l’ensemble de sa toilette pour juger de son effet.

— Je suis horrible ce soir ! dit-elle comme si elle eût été entourée de flatteurs. J’ai l’air d’une statue de la Liberté.

Elle plaça soigneusement son poignard au milieu de son corset en laissant passer les rubis qui en ornaient le bout et dont les reflets rougeâtres devaient attirer les yeux sur les trésors que sa rivale avait si indignement prostitués.


Il faut se souvenir sans doute que Balzac, lui, naît d'un père très homme nouveau, du progressisme que donne le couple argent-appartenance à la capitale, ayant fait fortune en se faufilant dans une carrière administrative centrale, sous la République puis l'Empire, et d'une mère d'une lignée de commerçants parisiens aisés. Ses parents le rêvaient notaire, c'est-à-dire un de ses points de rencontre et de confusion entre avoir et être, aisance, position sociale et titre de maître...

En opposition avec tout ceci donc, les personnages chouans, en premier lieu les nobles, sont un peu stéréotypés, avides de titres et de reconnaissance tarifée, se leurrant sur ce monde Directoire, qu'ils croient une péripétie fugace avant le retour du Trône Bourbon, Directoire d'où pourtant lève confusément le futur Empire.  

Pis encore, les paysans chouans, toujours croqués en traits péjoratifs.
Comme Galope-Chopine, Pille-miche, Mène-à-bien ou Marche-à-terre, ils sont campés comme inhumains, pratiquant -comme dans toute guérilla- le pillage, les représailles envers la population neutre au conflit, la torture, les bassesses diverses.

Inhumains car abrutis, cupides, avides, crédules, violents, manipulés par leur clergé - ce dernier est, vous vous en doutiez, bien entendu illustré tout empli de fausseté, attisant les ardeurs à grands coups de mensonges idéologisés.

Mais inhumains aussi car campés, à trait forci, tels des humains-animaux mais aussi végétaux et minéraux, hommes-pays, au langage déprécié, à l'obscurantisme -par avance et sans recours blâmé- en étendard.
Le thème des manières, des façons, de l'éducation, de la bonne naissance -de la distinction- traverse, en opposition, l'ouvrage.

Au cas où nous serions durs de la comprenante sans doute, le soldat bleu "de base" est tout de suite peint en termes mélioratifs, "plus" - plus amène, plus drôle, plus franc, courtois et plus noble de façons.

Difficile, toutefois, Balzac l'admet, de voir en ces paysans-brigands les stipendiés de l'Angleterre de la propagande du Directoire.

Bref, ces Chouans de terrain sont les néandertaliens de l'histoire, condamnés à mourir ou se fondre, alternative qui est aussi celle du couple principal.

Mais se fondre dans quoi ?
Les menées politiques, sous-entendues impures et truquées (mais Balzac écrit aussi à la clarté des trente premières années du XIXème), ne proposent en guise de Lumières et de renversement de cet obscurantisme, que l'abandon de la langue, des mœurs, de la terre, d'une certaine façon rurale confinant au tribal - bref l'abandon des siens, de ses racines, d'un mode de vie prodigieusement simple et des mânes des ancêtres pour se précipiter dans le libéral règne de l'argent, d'une bourgeoisie naissante qui s'apprête à tirer tous les marrons du feu révolutionnaire - comme, plus tard, à traire les perfusions du sang populaire versé aux hégémoniques visées impériales.

Ce qui permet de faussement interroger, Balzac en illustrant la réponse dans ce livre:
À travers la peinture des personnages féminins principaux -et l'un est central- que sont Melle de Verneuil et Mme du Gua Saint-Cyr, la femme avait-elle plus sa place dans cette conception du monde nouveau, se targuant d'être révolutionnaire et abolissant le précédent, que ne l'avait le paysan de Bretagne ?  

Mots-clés : #amour #conditionfeminine #guerre #historique #insurrection #politique #revolution #trahison
par Aventin
le Sam 21 Mar - 16:14
 
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Sujet: Honoré de Balzac
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Robert Louis Stevenson

Olalla

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Le narrateur est un jeune officier écossais qui part en convalescence dans l’austère residencia, à l’écart dans la sierra espagnole, d’une famille de « Grands ». Les rejetons tarés de cette race (le topos de l’aristocratie génétique, et donc dégénérescente, donne à plein) sont au nombre de trois : le fils, innocent et hyperactif, la mère, stupide et satisfaite, puis la fille, Olalla.
« Le sang de la famille avait été appauvri, peut-être par longue non-génération, que je savais être une erreur commune parmi les orgueilleux et les exclusifs. »

Mais le narrateur s’éprend à la première vue de la belle Olalla, qui elle ne manque pas d’esprit et d’âme, décidant immédiatement d’en faire sa femme ‒ un vrai coup de foudre :
« Je tendis les bras et l’appelai par son nom ; et elle bondit vers moi et se cramponna à moi. Les collines tremblèrent autour de nous, la terre faiblit. Une secousse comme d’un coup reçu me traversa et me laissa aveugle et étourdi. Et le moment d’après, elle m’avait repoussé, s’était échappée brutalement de mes bras, et s’enfuyait avec la vitesse d’un daim parmi les chênes-lièges. »

Le pivot de cette novella reste l’hérédité dilemmatique d’une « race d’élite des Espagnols » « à son déclin » génique.
Alfred Jarry, le traducteur, s’est un peu lâché :
« Un rauque roucoulement de colombes rôdait aux gouttières. »

J’ai jeté un coup d’œil sur la notice dans Wikipédia ; le narrateur y relève d’une tuberculose, alors qu’il a été blessé au combat dans la version que j’ai lue… On savait déjà les quatrièmes de couverture souvent douteuses : généralement elles ne sont pas conformes à ce qu’on perçoit comme linéaments du livre (ou de son début) ; je note de plus en plus fréquemment des inexactitudes dans l’encyclopédie libre (et notamment en matière de littérature, où il se trouve des articles constituant de vraies promotions sans objectivité, la généralisation d’avis individuels, des commentaires disproportionnés, cet ouvrage ne respectant par ailleurs aucune pondération des sujets d’un même domaine), avec parfois un français fautif. Le pire est que Wikipédia est devenu une référence reprise partout sur la Toile et au-delà. Que ferions-nous sans Des Choses à lire ?!

Mots-clés : #amour #famille
par Tristram
le Jeu 19 Mar - 14:06
 
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Sujet: Robert Louis Stevenson
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James Joyce

Giacomo Joyce

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Éditions Multiple, 2013, traduction de Georgina Tacou - la première version traduite, par André du Bouchet en personne en 1973, est épuisée et ardue à trouver. Non daté, sans doute écrit entre 1905 et 1920, lorsque Joyce séjourna longuement à Trieste, première publication intégrale en langue originale: post-mortem en 1968. Une douzaine de pages environ.


Texte en langue originale ici.

Giacomo est bien sûr la traduction de James en italien, mais c'est aussi, à ce qu'il paraît et merci la postface de Yannick Haenel, une désignation, en italien, pour quelqu'un qui en fait trop dans sa cour amoureuse.


En un mot il s'agit d'un désir amoureux pour une de ses élèves, Amalia Popper. Les pages traduisent un crescendo palpable de l'auto-échauffement amoureux, son rendu littéraire et Joycien...

Le mécanisme du désir est bien sûr fouillé, ponctué de descriptions qui, si elles ne constituent pas de l'érotisme à proprement parler, ont valeur suggestive et poétique avancée, c'est un des nombreux charmes de ces quelques pages, voyez par exemple (euh...par pure prétention pédante j'ai substitué ma propre trad' à celle proposée par l'édition: ne pas taper  Tag amour sur Des Choses à lire 1038959943 ) :

Again. No more. Dark love, dark longing. No more. Darkness.

Twilight. Crossin the piazza. grey eve lowering on wide sagegreen pasturelands, sheddin silently dusk and dew. She follows her mother with ungainly grace, the mare leading her filly foal. Grey twilight moulds softly the slim and shapely haunches, the meek supple tendonous neck, the fine-boned skull. Eve, peace, the dusk of wonder.......


À nouveau. Plus jamais. Amour illicite, noir désir. Jamais plus. Noirceur.

Crépuscule. À travers la piazza. aube grise s'atténuant en vastes pâturages vert-sauge, se débarrassant en silence de la brunante et de la rosée. Elle suit sa mère avec une élégance disgracieuse, jument conduisant sa pouliche. Le crépuscule gris moule en douceur les hanches minces et galbées, le doux souple et tendineux cou, la délicate boîte crânienne. Soir, paix, le crépuscule du questionnement......
   






Mots-clés : #amour #humour #poésie #xxesiecle
par Aventin
le Mer 4 Mar - 15:21
 
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Sujet: James Joyce
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José Zorrilla

José Zorrilla
(1817-1893)

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José Zorrilla y Moral, né à Valladolid le 21 février 1817 et mort à Madrid, 23 janvier 1893 (à 75 ans) est un écrivain, et poète ainsi que l'un des principaux dramaturges espagnols du XIXe siècle.
Dans ses Souvenirs du temps passé (Recuerdos del tiempo viejo, 1880-1883), Zorrilla rapporte plusieurs anecdotes de son existence besogneuse et mouvementée. Un poème qu'il lit sur la tombe de Larra (1837) lui acquiert d'emblée la célébrité. À Madrid, il écrit dans les journaux, publie des recueils poétiques, fait représenter plusieurs drames. Il se rend en France (1850), puis au Mexique (1855) où il bénéficie de la protection de l'empereur Maximilien. Il revient en Espagne, séjourne à Rome et en France de nouveau ; il se consacre activement à la littérature, est élu à l'Académie. En 1889, il reçoit à Grenade une couronne d'or qui consacre sa gloire littéraire.

Wikipédia et Encyclopædia Universalis

Bibliographie (non exhaustive, et en espagnol)

Poèmes narratifs

Grenade (poème oriental, précédé de La légende d'Al-Hamar), 1852
La légende du Cid (1882)

Théâtre

Vivir loco y morir más, 1837.
Ganar perdiendo, 1839.
Cada cual con su razón, 1839
Lealtad de una mujer y aventuras de una noche, 1839
El zapatero y el rey, 1840
El eco del torrente, 1842.
Los dos virreyes, 1842.
Un año y un día, 1842.
Sancho García, 1842.
Caín pirata, 1842.
El puñal del godo, 1843.
Sofronia, 1843.
El molino de Guadalajara, 1843
La oliva y el laurel, 1843.
Don Juan Tenorio, 1844
La copa de marfil, 1844
El alcalde Ronquillo, 1845.
El rey loco, 1846.
La reina y los favoritos, 1846.
La calentura, 1847 (suite de El puñal del godo)
El excomulgado, 1848
La Creación y el Diluvio Universal, 1848
Traidor, inconfeso y mártir, 1849
El caballo del rey Don Sancho, 1850
El encapuchado, 1870



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Don Juan Tenorio

Don Juan Tenorio, parfaitement inconnu en France, est un symbole national en Espagne et un véritable mythe en Andalousie. Je ne vois guère que Cyrano chez nous à pouvoir lui être comparé, dont il possède le panache romanesque, les morceaux de bravoure et la verve cavalière. Fondé sur l’histoire édifiante de Miguel de Mañara, suivant d’assez près le drame de Dumas (également méconnu en France), ce Don Juan est construit en deux parties dont l’une présente les funestes exploits de son héros, et l’autre sa spectaculaire rédemption. La première partie est la plus longue et la plus spécifiquement dramatique ; duels, paris, coups de théâtre, trahisons, anathèmes se succèdent ; les personnages courent d’auberges en couvent, de cours secrètes en garçonnière, et du sinueux quartier juif de Séville jusqu’au Guadalquivir. Don Juan mène ses intrigues tambour battant, distribuant libéralement pièces d'or et coups d'épée, tandis que son rival malheureux, débauché moins parfaitement doué, se trouve pris et broyé par le formidable engrenage.
La seconde partie met en scène le rachat de Don Juan, cinq ans après les faits de la première partie. L’ambiance est nettement différente : la première partie empruntait au genre du roman d’aventures et aux pièces d'Hugo et de Musset ; celle-ci est l’héritière d’une tradition baroque et des peintures de vanités, ainsi que du conte fantastique (on songe volontiers au Cantique de Noël de Dickens), et se distingue par ses accents élégiaques. Le douloureux cheminement intérieur de Don Juan Tenorio, fait de reculs, de trébuchements et de ruades qui rappellent quelque peu le Sigismond de Calderón, est initié par la visite des fantômes de ses victimes, parmi lesquels la statue du Commandeur qui le prie à souper. Contre la terrible figure de pierre et devant l'enfer tout prêt à l'accueillir, Doña Inés, image de «l'éternel féminin», obtient en définitive la rédemption du pécheur.

N'ayant pas la moindre notion de métrique espagnole, j'ai découvert cette pièce comme un enfant découvre Cyrano ou Le Cid, en me laissant porter par la pompe des rimes, les étonnantes contorsions de la syntaxe et les fulgurances des monologues.
Pour donner une petite idée :

Partout où je fus,
Je piétinai la raison,
Raillai la vertu,
Outrageai la justice
Et subornai les femmes;
Aux cabanes de pêcheurs je descendis,
Les palais je gravis;
J'escaladai les cloîtres,
Et en tous lieux je laissai
De moi un souvenir amer.
Il n'y eut ni heure ni lieu
Que je reconnusse sacrés
Ni qui fussent respectés par mon audace;
Pas plus que je ne me souciai de distinguer
Le laïc du prêtre.
Je provoquai qui je voulus,
Avec qui le voulut, je me battis,
Et jamais je ne crus
Que pût me tuer, moi,
Aucun de ceux que je tuai.

Por dondequiera que fui
la razón atropellé,
la virtud escarnecí,
a la justicia burlé,
y a las mujeres vendí.
Yo a las cabañas bajé,
yo a los palacios subí,
yo los claustros escalé,
y en todas partes dejé
memoria amarga de mí.
Ni reconocí sagrado,
ni hubo ocasión ni lugar
por mi audacia respetado;
ni en distinguir me he parado
al clérigo del seglar.
A quien quise provoqué,
con quien quiso me batí,
y nunca consideré
que pudo matarme a mí
aquel a quien yo maté.


(Désolé, ça sent fort le labeur parce que c'est une adaptation maison)


Mots-clés : #amour #aventure #corruption #sexualité #théâtre
par Quasimodo
le Sam 29 Fév - 21:18
 
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Sujet: José Zorrilla
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Vanessa de Lasteyrie

Comme un courant d'air

Tag amour sur Des Choses à lire 97910310

Le synopsis m'intéressa car cette situation commune au demeurant est toujours le fruit de beaucoup de questionnements et d'incompréhensions.
L'amour adultère. Pour beaucoup le rejet est immédiat : comment peut on faire cela ? Comment être si irrespectueux et si cruel ?
Pour d'autres la critique sociale et religieuse de l'amour unique contient un argumentaire parfaitement intégré et répond de manière rationnelle à quelque chose qui ne l'est pas nécessairement.
Cet ouvrage réussit à s'extirper de cette tension. Il nous ne laisse la responsabilité au cours de la lecture et propose simplement une situation simple et sans caricature. le lecteur peut prendre partie, peut juger, c'est son problème.

L'ouvrage en lui-même possède de belles qualités. L'écriture est simple et c'est heureux car l'absence de dialogue et de distinction des propos des personnages est en soi une complication. Complication utile car cela démontre bien que ce n'est pas une question de sexe ou de genre, l'adultère, que cela peut concerner tout le monde mais parfois cette complication brouille trop le récit et l'on s'y perd.
Les personnages ne sont pas attachants, c'est un souhait de l'auteure je pense car cela permet de ne pas isoler cette situation, de ne pas en faire un cas particulier, mais du coup ces personnages sont trop "uniformes" (cadre supérieur, classe sociale élevée, Parisianisme) et cela ressemble à beaucoup trop de personnages de romans qui se ressemblent.
Au final c'est une lecture agréable, qui me laissera un souvenir intéressant.


*** et demi


Mots-clés : #amour
par Hanta
le Mer 19 Fév - 9:31
 
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Sujet: Vanessa de Lasteyrie
Réponses: 1
Vues: 54

Lluís Llach

Lluís Llach
Né en 1948

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Lluís Llach i Grande, né le 7 mai 1948 à Gérone (Catalogne), est un chanteur et romancier catalan. Il est une des figures de proue du combat pour la culture catalane contre le franquisme. En 1965, il rejoint le groupe Els Setze Jutges. Du fait de cet engagement qui l'a conduit à l'exil, il est considéré en Catalogne comme une référence non seulement musicale mais également morale. Sa chanson L'Estaca (le pieu) est devenu un véritable hymne libertaire catalan. Aux élections de 2015 au parlement de Catalogne, il conduit la coalition indépendantiste Junts pel Sí dans la circonscription de Gérone. Il devient député au parlement de Catalogne de 2015 à 2017. Il préside de 2018 à 2019 le Conseil consultatif pour la promotion d'un forum civique et social pour le débat constituant.


Bibliographie

Les Yeux Fardés, 2012
Les Femmes de la Principal, 2014
Le Théâtre des merveilles, 2017

Discographie
Spoiler:
Els èxits de Lluís Llach (1969)
Ara i aquí (1970)
Com un arbre nu (1972)
Lluís Llach a l'Olympia (1973)
L'Estaca (1973)
I si canto trist... (1974)
Viatge a Itaca (1975)
Barcelona, gener de 1976 (1976)
Campanades a morts (1977)
El meu amic, el mar (1978)
Somniem (1979)
Verges 50 (1980)
I amb el somriure, la revolta (1982)
T'estimo (1984)
Maremar (1985)
Camp del Barça, 6 de juliol de 1985 (1985)
Astres (1986)
Geografia (1988)
La forja de un rebelde (1990)
Torna aviat (1991)
Ara, 25 anys en directe (1992)
Un pont de mar blava (1993)
Rar (1994)
Porrera (1995)
Nu (1997)
9 (1998)
Temps de revoltes (2000)
Jocs (2002)
Junts (avec Josep Carreras, 2003)
Poetes (2004)
Que no s'apague la llum (avec Feliu Ventura 2005)
i. (2006)
Verges 2007 (2007)




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Les yeux fardés

Un jeune réalisateur en mal d'idées vient écouter l'histoire d'un vieil homme aux yeux outrageusement fardés. Ce roman est constitué d'un court prologue suivi des vingt-quatre enregistrements de Germinal Massagué, qui raconte pour l'essentiel sa jeunesse pendant la guerre civile. Pour son premier roman, l'auteur fait preuve d'un certain sens du rythme et de la composition : chacun de ces enregistrements se focalise sur une étape majeure de la formation du narrateur, sans fausse note ni baisse de régime. L'écriture est rapide, les phrases brutes, mal dégrossies, car Lluís Llach se refuse à toute joliesse. Et l'on se rend compte, bientôt, que sa manière ne manque nullement de vigueur, d'efficacité ni de délicatesse.

Si l'on en croit le narrateur, c'est une histoire d'amour qui va nous être racontée. Mais le contexte politique de la guerre civile, le combat des gauches contre le fascisme prennent rapidement le dessus : le singulier ne peut se défaire du collectif, l'histoire d'amour et l'histoire espagnole sont indissociables l'une de l'autre. Il s'agit d'une trajectoire individuelle au milieu de la tragédie collective, une plongée dans la guerre civile à hauteur d'homme, qui la rend pleinement sensible. Il est singulier qu'un si vieil homme, racontant ses années de formation, puisse ressusciter sa jeunesse avec tant de chair, de nerfs, d'appétits; qu'il recrée enfin ces années d'étourdissements euphoriques, de pulsions vitales et de traumatismes avec une pareille acuité. Le récit trouve son équilibre entre la plongée immersive par laquelle Germinal revit les événements de sa jeunesse, et la prise de distance qui intervient de loin en loin, rythmées par les adresses au réalisateur, qui lui permettent l'analyse rétrospective et la contextualisation de ce que la jeune génération ignore de l'ancienne. Par ailleurs, c'est un livre à double face : une incarnation des élans et des frissons de la chair, mais également une peinture de la destruction; un éloge de l'humanisme et de l'effervescence intellectuelle de cette époque presque mythologique, des aspirations politiques et sociales de tout un peuple, mais aussi un chant funéraire et le récit d'un naufrage; en somme, un conte d'amour qui devient un conte de folie et de mort. Parallèlement à cette trame se noue une discrète histoire d'amitié hors champ, entre Germinal et le réalisateur silencieux, que l'on comprend à demi-mot.

Comme je l'ai dit, ce roman est formé d'entretiens qui peut-être serviront de base à un scénario de film. Ainsi, bien qu'il ne puisse être réduit à un simple matériau de travail pour le cinéma, ce roman forme-t-il un appel aux arts visuels. Chaque adresse au réalisateur nous rappelle la raison de ce récit, et nous incite à le transposer au cinéma. Et de même pouvons-nous envisager le personnage du cinéaste comme un avatar du lecteur, et son film en germe comme une métaphore de l'activité imageante de la lecture littéraire.
En revanche, s'il fait son film, le personnage du cinéaste ne se contentera certainement pas d'animer l'histoire qu'il a entendue. Ce n'est pas un documentariste, c'est un réalisateur de fiction : sans nul doute, en se l'incorporant, fera-t-il de cette histoire quelque chose d'entièrement nouveau (avec des personnages, des lieux et une trame tout autres). Et ainsi devrait faire le cinéaste qui voudrait adapter Les yeux fardés : réaliser le film qu'est venu chercher le réalisateur fictif dans l'histoire de Germinal Massagué.


Mots-clés : #amour #erotisme #guerredespagne #identitesexuelle #jeunesse #xxesiecle
par Quasimodo
le Mer 12 Fév - 21:16
 
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Sujet: Lluís Llach
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Ian McEwan

Délire d'amour

Tag amour sur Des Choses à lire Dzolir10

Joe Rose est impliqué dans un accident de montgolfière qui s’avérera mortel. La narration de la scène, et comment s’en rendront compte Joe et sa compagne Clarissa, est déjà un grand moment du roman, essentiel si on considère le dilemme culpabilisateur que Joe, le narrateur, rumine par la suite. Mais c’est surtout l’occasion de la rencontre de Joe, journaliste scientifique et athée convaincu, avec Jed Parry, un jeune « fou de Dieu » tombé amoureux… fou de lui.
« Il vivait dans un univers déterminé de l’intérieur, commandé par une nécessité intime, et qui pouvait ainsi demeurer intact. Rien ne pouvait lui prouver qu’il se trompait, il n’avait besoin de rien pour se prouver qu’il avait raison. »

« Parry n’écoutait que la voix intérieure de son Dieu privé. »

Joe associe involontairement le choc du drame, le harcèlement de Jed Parry et sa mauvaise conscience de vulgarisateur (sciences expérimentales et formelles plus que sciences humaines…) qui aurait pu être chercheur.
J’apprécie énormément l’intégration intelligente des récents progrès scientifiques et de l’actualité sociétale dont McEwan fait preuve dans ses romans, et notamment celui-ci. Cette ingénieuse exploitation des connaissances actuelles (publié en 1997) est mise en abîme dans le personnage de Joe, ce rationnel qui analyse et justifie ses émotions en nous les livrant doctement.
« Mais j’avais aussi en tête la vieille mise en garde de mes années de labo : croire, c’est constater. »

Mais il dit plus loin :
« On voit ce qu’on croit. »

Certains avis professés ne semblent douteux ou excessifs :
« Les ethnologues n’ont découvert aucune société humaine, depuis les primitives jusqu’aux postindustrielles, qui n’ait ses dirigeants et ses dirigés ; et jamais on n’a répondu efficacement à une urgence par un processus démocratique. »

« Et quels étaient en fait les produits typiques de l’esprit scientifique, ou pseudo-scientifique, du XXe siècle ? L’anthropologie, la psychanalyse ‒ une orgie de fabulation. »

La façon dont le couple harmonieux se fissure est rendue avec maîtrise.
« Clarissa se fiait à ses affects pour la guider, elle croyait que son sentiment la mettait en contact avec la vérité, alors qu’en l’occurrence on ne pouvait se dispenser de s’informer, de prévoir et de calculer soigneusement. »

Mention spéciale aussi pour la scène ou Joe, persécuté par Parry, achète un revolver chez d'anciens hippies tournés dealers.
Ce livre est très bien documenté, tel que sur le syndrome de Clérambault (conviction délirante d'être aimé) dont Jed Parry souffre (ou plutôt fait souffrir). En appendice est donnée la description clinique du cas qui a inspiré McEwan.
Le livre est aussi fort habilement construit. D’ailleurs la marque du bon faiseur est peut-être un peu trop évidente (mais peut-on reprocher à un roman d’être bien fait ?)

Mots-clés : #amour #psychologique
par Tristram
le Lun 3 Fév - 21:30
 
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Sujet: Ian McEwan
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Guy de Maupassant

Tag amour sur Des Choses à lire Montor10

Les époux Christiane et William Andermatt décident de quitter Paris pour s’installer en Auvergne. La jeune femme doit suivre une cure, tandis que son mari, homme d’affaires sans scrupule, se lance dans la construction d’une station thermale. Pour la faire prospérer, il utilise tous les stratagèmes, n’hésite pas à faire appel à des médecins charlatans et à tirer profit des malades. Pendant ce temps, sa femme prend un amant…
Publié en 1887, le roman Mont-Oriol, une œuvre satirique à la fois comique et sentimentale, offre également une description du capitalisme et de la corruption médicale, des maux qui n’ont rien perdu de leur actualité.


Mont-Oriol

Surprenant. Déroutant même ce roman qui a pour décor le développement d'une petite ville d'eau. La bourgeoisie parisienne prend ses aises en Auvergne, l'ambiance provinciale charmante, pittoresque et détendue se révèle propice à la romance, à la passion comme à la spéculation. Maupassant moitié caricaturiste documentaire moitié lyrique décrit ce petit monde plus intéressé qu'innocent. Quoique, il s'en faudrait de peu... Dans la deuxième partie, plus de doute, le paysage a changé (défiguré ?) et l'amour a laissé place aux arrangements de raison... et d'intérêts, toujours.

La galerie de médecins et de personnages secondaires amène une touche d'humour burlesque et acide, à la fois masque et renforce la dualité de la quasi-totalité des situations. C'est aussi une touche plus légère dans ce qui peut s'envisager comme un discret jeu de massacre. Le temps passant, le peu de temps passant autour de deux saisons estivales ne laisse pas grand chose intact... D'autant plus que tout ça est nourri de l'expérience de l'auteur qui a séjourné et eu des relations en Auvergne. Son double Paul Brétigny, charismatique suscite un peu de compassion par sa douceur et surtout son manque de cupidité mais n'est pas épargné non plus de par son comportement avec les femmes.

C'est assez cruel tout ça. La lecture hétérogène reste aisée, l'écriture étrangement libre, directe et apte aux ruptures de rythme.

Drôle d'expérience par dessus de bien lointain souvenirs scolaires ou presque avec l'auteur...


Mots-clés : #amour #nature #satirique #xixesiecle
par animal
le Dim 26 Jan - 21:40
 
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Sujet: Guy de Maupassant
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Jean Giono


Tag amour sur Des Choses à lire Angelo10

Il n'y a pas de tâche plus noble que la poursuite du bonheur. Là aussi, il est difficile de rester pur sans être dupe, mais quelle victoire si on y parvient ! Iĺ y faut presque autant de bravoure. Je me suis laissé prendre à l'illusion de la quantité. La bonne opinion qu'on avait de moi, j'ai voulu la justifier en me sacrifiant au plus grand nombre. Quel bonheur, au contraire, si je pouvais mettre mon coeur au service de la qualité ! Cette qualité n'étant même contenue que dans une seule personne.

Angelo est un jeune italien, en fait Sarde, un colonel de hussards de moins de 30 ans.
Angelo Pardi, c'est le héros du Hussard sur le toit, sa première apparition sous la plume de Giono. Plus qu' une esquisse tout de même.
Angelo est beau, spontané, fougueux. A la poursuite de l'aventure et de l'amour.
Exilé après avoir tué en duel un espion autrichien, il se réfugie en France.

Les aventures ne manquent pas. L'amour davantage vu qu'il est idéaliste et romantique.
De fait, les femmes jouent un grand rôle dans sa vie, à commencer par sa mère, une duchesse sarde, tendre et affectueuse.
Mais il sera bientôt  troublé par une jeune femme aussi belle que mystérieuse, Pauline de Théus.
Malheureusement pour lui, elle est mariée à un homme plus âgé qu'elle de 50 ans. Le pire est qu'elle en est éprise. Et Angelo devra attendre.

Telles sont les aventures de ce héros stendhalien, inspiré par Dumas et revu par Giono.

Les hommes dans le récit sont des héros garantis bon teint, qui parlent comme des mousquetaires, avec des éclats gascons et des arrières plans métaphysiques.

Mais dans la fiction, on peut tout se permettre, sauf d'être médiocres !

Tag amour sur Des Choses à lire Angelo10

Mots-clés : #amour #aventure #exil
par bix_229
le Mer 22 Jan - 19:17
 
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Sujet: Jean Giono
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James Baldwin

Si Beale Street pouvait parler

Tag amour sur Des Choses à lire Extern12


Ha mais ces deux jeunes gens noirs si follement amoureux, il ne faudrait pas pour autant qu'ils croient que le monde est à eux... L'arrogante belle machine des blancs est en route pour les broyer. Et croiraient-ils qu'ils ont la moindre chance de s'en sortir, naïfs qu'ils sont? Que l'amour serait plus fort que tout? plus fort que la haine et que les barreaux des prisons?

Roman  plein de rage du sort déchirant des exclus et de l'amour contrarié, Si Beale street pouvait parler, est alternativement lumineux et désespéré.  A travers le regard à la fois naÏf et lucide, en tout cas fondamentalement sincère, de Tish, cette toute jeune femme qui a cru à sa chance, il décortique l'impasse d'un monde qui ne laisse aucune chance à certains.

Mots-clés : #amour #racisme
par topocl
le Lun 6 Jan - 16:53
 
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Ralf Rothmann

Tag amour sur Des Choses à lire 97808510

Feuer brennt nicht

(existe en anglais sous le titre « Fire doesn’t burn »)

Originale : Allemand, 2009

CONTENU :
Wolf est le personnage principale de ce roman : Il a grandi dans les années 50/60 dans une atmosphère ouvrière et avec un décalage entre message et vie concrète. Il ne va pas continuer à l'école, mais très tôt trouver divers emplois : comme maçon, cuisinier, aide-soignant... Depusi toujours il aime lire et commence timidement à écrire d'abord des vers. Il déménage à Berlin où Richard Sander, un écrivain déjà plus âgé, en fait son protégé. Donc, premières publications.
Pendant une séance de lecture il va faire connaissance d'Alina avec laquelle il se lie pour longtemps. Et même s'ils ne se marient pas, ils vivent leur relation comme évidente et vouée à la durée. Cela – en ce qui concerne Wolf – même s'il vit des petits aventures ou visite le bordel de temps en temps. Il n'y semble pas voir une contradiction. Puis il va rencontrer une ancienne amante, Charlotte, et la relation s'installe, perdure. Après un bon bout de temps il va l'avouer à Alina, comme si cela aiderait à vivre sans mensonges. Alina en est blessée, mais ne veut pas couper le pont : elle sait qu'elle ne va  pas tenir son amant avec des menaces. Ils vont rester ensemble et lui, il va vivre ces deux relations au même moment.
Combien de temps ? Comment les deux femmes vivront ce triangle ? Comment Rothmann va terminer son histoire ?

REMARQUES :
En de nombreux détails se révèle la proximité entre cet alger ego  Wolf et Ralf Rothmann : Il y a des parallèles dans la biographie du héros et de l'auteur, et finalement aussi les prénoms similaires. Si on voit la radicalité de la présentation de ce Wolf, en incluant ses faiblesses, ses égoïsmes, il s'agit donc d'un roman très ouvert, honnête et existentiel. Oui, c'était déjà le propre de certains autres romans de l'auteur, mais ici il va encore plus loin, me semble-t-il. Lui même il parle de la fiction autobiographique.

Le fil principal, raconté plus ou moins chronologiquement – si on veut y voir l'histoire d'amour – est élargi par des retours en arrière, des petites exposés « idées » que je trouve souvent très beaux.

Parmi ces sujets aussi importants se trouve tout ce qui a affaire avec les relations entre Est et Ouest. Même si Wolf vivait déjà un bon bout à Berlin-Ouest avant la réunification, c'est seulement en déménageant avec Alina dans un quartier à l'Est, que des rencontres et des réflexions naissent. Ce n'est pas toujours, à première vue, politiquement correct, mais cela vient droit du vécu et du ressentie.

Quoi dire de ces deux relations amoureuses ? L'une beaucoup plus « existentielle », avec Alina, est comme le coussin, qui donne à l'auteur en doute les circonstances nécessaires pour travailler. L'autre, centrée encore plus sur l'érotisme (décrit sans retenu et pudeur), semble lui donner juste un lieu où vivre des fantasmes.
Dans les deux cas on peut se demander quel image de la femme est derrière cela. Et à quel point Wolf est (aussi) un égocentrique.

Au même moment il a un fil très intéressant sur la création : la lente introduction dans les milieux, les premières œuvres (et on réconnait des livres de Rothmann), le lien avec le mècene ou ami âgé qui l'accompagne un bout, pour être lâché, pour s'en affranchir.

Rothmann parle des choses les plus simples et aussi essentielles souvent dans une langue étonnante : on s'arrête et on goûte.  Quelle poèsie dans certaines lignes !
Et puis le même poète se découvre quelques fois – comme il le dit – comme vrai prolétarien décrivant sans ménagement p.ex. les scènes érotiques (nombreuses).
J'espère que cet attitude ne fait pas dévier certains lecteurs du cœur de ce livre, car je tire mon chapeau : C'est un bonheur de lire Rothmann !


Mots-clés : #amour #creationartistique
par tom léo
le Sam 30 Nov - 7:53
 
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Sujet: Ralf Rothmann
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One-Shot DVD, VOD, ...

Tag amour sur Des Choses à lire Ltdli10

Le Temps de l'innocence, adaptation du roman d'Edith Wharton par Martin Scorsese (distribution : Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer, Winona Ryder, Geraldine Chaplin...)

Type de l'adaptation qui se pense fidèle et n'est que frileuse, dont les charmants décors et les élégants costumes "d'époque" sont un cache-misère qui ne trompe pas plus de cinq minutes. La voix over monopolise la narration en se contentant de reprendre des éléments du roman condensés et reformulés, tue dans l'œuf tout élan, tout désir, toute aspiration, toute spontanéité. Le film est à l'image de cette société finissante de la bourgeoisie new-yorkaise de la fin du XIXe : corseté, symboliquement mort, paralysé dans des rites vides de sens… Quel gâchis insipide. Nous avons interrompu le film au bout d'une heure.


Mots-clés : #amour #famille #identite #psychologique
par Quasimodo
le Mar 19 Nov - 19:18
 
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Pierre Jean Jouve

@Jack-Hubert Bukowski a écrit:
Pierre Jean Jouve semble être mu par une quête qui le secoue et la question religieuse ne semble pas loin...


Oui, tout à fait d'accord - je suis en train d'achever la lecture du recueil Kyrie (chiné en édition originale numérotée !), et c'est noir, et c'est tourmenté, et cette drôle de quête qu'on peine à nommer, entre une existence à mener, des obsessions de mort et de ravage et d'érotisme...
Sa foi est étrange, teintée de dolorisme et de morbidité, les deux autres vertus théologales sont...disons, tellement en retrait, ou enfouies...qu'on se pose la question de leur présence.

Mais de très beaux poèmes, de haute tenue, tout de même.

Recueil divisé en trois parties:
Sa série Les quatre cavaliers (qui sont les cavaliers de l'Apocalypse) qui suit les poèmes de Kyrie proprement dits et précèdent ceux de Nul n'en était témoin est époustouflante, fait passer un réel souffle.  

Le poème Psyché abandonnée devant le château d'Éros (sur le tableau de Claude Lorrain) est un bon exemple de la combinaison morbidité/sensualité (je vais faire mon copiste, ne l'ayant pas trouvé sur la Toile).
Peu ponctué, Jouve nous laisse le soin de définir nos respirations, à l'aide aussi des endroits où il arrête ses vers, mais dans tous les cas on s'étonne, si vous le tentez à voix haute, d'avoir été chercher là de tels accents avec sa propre voix.
La toile de Le Lorrain n'est pas seulement visitée, elle est revisitée.

Tag amour sur Des Choses à lire The_en10
Le tableau de Le Lorrain, à la National Gallery (Londres).


Psyché abandonnée devant le château d'Éros


Verte beauté ! serais-tu morte ? La lumière
De tristesse funèbre incendie sur la mer
Rôde avec les prairies vertes
Des géants méditent dans leur feuillage inoubliable
El les montagnes de rochers s'évanouissent
Il règne la saveur exquise de la mort.


Bête mystérieuse de la mer
La marée nue remue, un immortel relent
Du cœur, la bête verte intérieure
Que des voiles des signes blancs sillonnent à l'étendue.


Et Psyché flanc sombre empli de vœux
Aux mains écarquillées aux pieds glacés dans l'herbe
Est assise avec ses instables moutons
Qui mangent sans répit désespoir des contrées
Et regarde: un monstre cruauté bâtie
Château de la chaleur de l'odeur et de l'ombre
Amoncellement de l'amour et puni
Par la foudre
Aisselle noire où Il demeure
Lui qu'elle aima le traître à l'œil de perle fine
Aux membres toujours fumants et au dragon
Couvert de sang de larme et de benjoin
Qu'elle aima ! et qui creusa le flanc superbe.




Mots-clés : #amour #mort #peinture #poésie
par Aventin
le Mar 5 Nov - 17:36
 
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Paul Auster

Le livre des illusions

Tag amour sur Des Choses à lire Proxy_10

Paul Auster nous offre un incroyable imbroglio d’illusions, de faux semblants, d’apparitions et disparitions, de doubles, qui ne sont que le reflet de l’impasse de ses personnages emportés par les aléas d’une vie où se mêlent absurde et destinée. S’ils croient un temps que l’art les sauvera, qu’il est un moyen d’y échapper, mais  il n’en est rien, ils restent froidement manipulés par le rouleau compresseur de leur culpabilité et de leur mauvais fortune.

On retrouve la prose élégante et distanciée d’Auster, son intelligence aiguë, son élégance de joueur d’échec montant impitoyablement son jeu, pièce à pièce. Outre la longueur du récit d’un des films d’Hector Mann, c’est sans doute là que le bas blesse, il y manque un sursaut d’émotion, le jeu est trop parfait pour laisser place au déchaînement des émotions. Brillant exercice de style, donc, mais qui s’exerce au détriment d’un romanesque trop contrôlé.

Mots-clés : #amour #creationartistique #culpabilité
par topocl
le Mer 9 Oct - 17:17
 
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Vénus Khoury-Ghata

La maison aux orties

Tag amour sur Des Choses à lire La_mai10

Roman, 2006, éditions Actes Sud, 110 pages environ.

J'ai beaucoup aimé ce roman.
Vénus Khoury-Ghata explique le projet en prologue:
Prologue a écrit:Deux années de travail acharné, des dizaines de pages sacrifiées avec la fausse impression de coller à la réalité. Le mot "Fin" étalé sur la dernière page et m'étant relue, j'ai constaté que ces pages ne contenaient que des pépites de ce que j'ai vécu. L'écriture seul maître à bord a tiré les ficelles et m'a entraînée vers une réalité enrobée de fiction.
  Il m'est impossible de faire la part du vrai et de l'inventé, de démêler la masse compacte faite de mensonges et de vérité. À quelle date exacte avait commencé la déchéance de mon frère ? Où fut enterré mon père ? La guerre limitant les déplacements, on enterrait sur place à l'époque. Les personnages de ce livre n'étant plus de ce monde, je les ai convoqués par la pensée et leur ai demandé de donner leur version personnelle des faits.
  Penchée par-dessus mon épaule, mon analphabète de mère me dicte ses espoirs et ses désillusions. Mon jeune mari mort il y a deux décennies me donne rendez-vous dans un café, et me demande de lui décrire ma vie après lui. Seul mon frère reste sourd à mes appels.


La maison aux orties est la maison natale au Liban, la mère de Vénus se promettait chaque jour de les arracher, ces plantes envahissantes, inutiles et inesthétique afin de planter par exemple des hortensias, et, par procrastination, différait chaque jour cette tâche promise: elle ne l'a jamais accomplie.

Roman névrotique, passablement ravagé, avec plus d'humour qu'il n'y paraît.
Il est bon d'avoir lu l'autre bouquin avec une maison dans le titre (Une maison au bord des larmes) auparavant. Au reste, l'écriture en est assez différente.
Le style est nettement plus savoureux, réfléchi, avec la mise en valeur par jeu de reliefs de passages complets que dans le tempétueux Une maison au bord des larmes, montrant ainsi que Vénus Khoury-Ghata, poète, traductrice et romancière, a décidément bien des cordes à son arc, est-il si fréquent de voir de telles évolutions stylistiques, en peu d'années, chez un romancier ?

Vénus, son défunt jeune mari, feu ses parents, son voisin Boilevent, ses chattes, sa fille Yasmine alias Mie, son amant (désigné par l'initiale M., peintre chilien de grande notoriété - pour les moins perspicaces, j'avance le nom complet tel que je le présume: Matta), les coulisses du prix Max-Jacob avec des évocations marquantes (Alain Bosquet, Jean Kaplinski, etc...), bien des petits détails tout à fait croquignolets et quantité d'autres choses encore: roman de la solitude et de la vieillesse approchant, mais certainement pas roman de la décrépitude ! Madame, vos morts sont si emplis de vie !

Mots-clés : #amitié #amour #autobiographie #humour #mort
par Aventin
le Sam 21 Sep - 11:20
 
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Sujet: Vénus Khoury-Ghata
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Fabrice Caro

Le discours

Tag amour sur Des Choses à lire 61einw10

Une soirée dans la tête d’Adrien, quadragénaire névrosé et éternel loser, qui vient d’être largué par sa copine, et assiste à un repas en famille Sa soeur Sophie, qui ne cesse de lui offrir des encyclopédies, va bientôt se marier, sa mère enchaîne les stéréotypes, son père simule la connivence à coups de clins d’œil… Et comble du comble son beau frère lui demande de faire un discours pour le mariage…

C’est sympa, très bien vu, tellement proche de la réalité que cela fait alternativement sourire et rager, avec une tendance au leit-motiv qui s’incarne aussi bien dans l’esprit tourne-en-rond du narrateur que dans les petits rituels familiaux, aussi exaspérants qu’attendrissants. Un bon moment, même si riend n’est ici inoubliable.

Mots-clés : #amour #famille #solitude #viequotidienne
par topocl
le Sam 14 Sep - 10:11
 
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Sujet: Fabrice Caro
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Patrick Grainville

Tag amour sur Des Choses à lire Ff1_10

Falaise des fous

Patrick Grainville compose une fresque autour des mémoires d'un Normand, des années 1860 à l'après Première Guerre mondiale. Revenu blessé des guerres coloniales d'Algérie et dès lors enraciné à Etretat, sa terre d'attaches, il évoque à la fois les tourments et passions de sa vie affective et son témoignage d'une effervescence artistique. De Monet à Courbet, de Hugo à Flaubert, il partage ses souvenirs des artistes qui ont cherché l'inspiration auprès des majestueuses falaises d'Etretat...un décor mémorable et fascinant, qui révèle une soif d'absolu et la beauté limpide d'une composition picturale.

Le roman est très ambitieux par son ampleur chronologique et thématique, mais j'ai eu beaucoup de difficultés à trouver mon rythme de lecture. Le style, foisonnant jusqu'à l'excès, laisse trop souvent une sensation de trop-plein au fil des citations et des rencontres. Patrick Grainville cherche à exprimer une fascination, à retranscrire l'atmosphère créative et pourtant si fragile de la Belle Epoque...il étouffe cependant ses personnages à force d'enchaîner les évènements en arrière-plan.
J'ai été davantage touché dans la dernière partie du récit, lorsque le vieillissement et l'héritage douloureux de la guerre esquissent une tonalité entre tristesse et amertume. Mais l'impression finale reste en demie-teinte, car l'abondance narrative provoque une frustration au lieu d'emporter l'enthousiasme.


Mots-clés : #amour #creationartistique #lieu #peinture
par Avadoro
le Sam 3 Aoû - 22:58
 
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Sujet: Patrick Grainville
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Alain Damasio

Les furtifs

Tag amour sur Des Choses à lire Proxy196

Tu te sens prêt, Lorca?
– Absolument pas…
– C'est précisément ce que j'appelle être prêt. Cet état d'incertitude fragile, ouverte, qui rend disponible à l'inconnu. Crois-moi Lorca, quoi qu'il arrive, tu vas vivre l'un des moments les plus intenses de ton existence. Reste ouvert.



On est en 2041. Les villes sont privatisées. La Gouvernance, grâce aux technologies numériques, a mis en place une société basée sur le contrôle , Jouant sur la peur et le désir, elle a habilement su la faire accepter au commun des mortels. 
Une nouvelle espèce arrive peu à peu à la connaissance humaine : les furtifs, qui semble à l’origine de tout le vivant. Elle a pu survivre grâce à sa  capacité à se cacher , ne pas laisser de trace, échapper au contrôle, justement. Elle intéresse l’armée de par cette capacité, et le pouvoir de la rébellion qu’elle est susceptible de nourrir. Les furtifs sont des êtres étranges, en métamorphose permanente - empruntant en quelques minutes à différentes espèces animales ou végétales, mais pouvant aussi transmettre à un humain une part d’eux-même. Ils se déplacent avec une vélocité extrême, échappant au regard humain, car ce seul regard peut les tuer. Ils ont à voir avec la fuite, la liberté. Ils s’expriment par sons, mélodies, phrases mi-infantiles mi-sybillines. Et laissent d’obscures glyphe comme seul signe de leur passage.

Tishka, l’enfant mystérieusement disparue de Lorca et Sahar, n’a t ’elle pas rejoint le camp des furtifs ?. Ses parents la recherchent dans une logue enquête,  riche en péripéties, en rencontres parfois ésotériques, en épreuves.

Plus leur enquête avance, plus se lève dans le pays une prise de conscience, d’où émerge un mouvement pro-furtif, réunissant les libertaires, les marginaux, les exclus et ceux qui se sont exclus par choix, grapheurs, musiciens, scientifiques, rebelles en tout genre..., qui va nous mener dans une ZAD à Porquerolles et vers un combat politique et une insurrection finale grandiose.


C’est un formidable roman d’aventure, où le réel infiltre un imaginaire prolifique. Les six personnages-phares, identifiées par leur symboles, sont des figures mythologiques, héros portés par leur grandeur et leurs petitesses, leur singularité, leur folie, leur charisme. Les rebondissements s’enchaînent , mêlant scènes intimes, épisodes guerriers ou quasi magiques, poursuites, amples scènes de foule.

C’est un magnifique roman d’amour autour du trio Varèse, au centre duquel Trishka est l’enfant troublante, qui a pris son envol,  mais n’en aime pas moins ses parents. Ceux-ci l’ont fait naître pour elle-même, respectent son choix, mais voudraient quand même bien la voir grandir, la caresser, l’aimer. C’est d’un pathétique grandiose et sans pathos.

C’est un roman philosophique, sociétal, politique, une grande réflexion sur les outils numériques et les risques qu’ils nous font encourir, si réels, si proches. Une exhortation à s’intéresser à l’autre et le respecter, à s’ouvrir à l’étrange, à s’ancrer dans le vivant. Un hommage aux sens, à la musique et  aux sonorités, au beau, aux valeurs et émotions perdues.

C’est enfin un objet littéraire pharaonique, unique, où on retrouve tout le travail sur la langue, la ponctuation et la typographie qu’on a déjà connu dans La horde du Contrevent, mais magnifié, mûri, amplifié. Damasio est un inventeur de mots fantasque et érudit, un joueur de son assez incroyable, un surdoué du jeu de mots, de lettres, de l’Oulipo. Il multiplie les néologismes, les inversions de sens et de syllabes, les allitérations et les assonances, cela s’accélère dans les temps forts, monte en puissance tout au fil du livre pour créer dans les derniers chapitre, s’insinuant peu à peu,  comme une langue nouvelle, le damasien, issue du français, parfaitement compréhensible mais parfaitement différente, d’une poésie, d’un rythme, d’une tension, d’une mélodie incroyables.

C’est livre géant, titanesque, décapant, totalement enthousiasmant. Il ne faut pas hésiter à s’obstiner à y entrer, c’est une lecture exigeante, qui demande un temps d’habituation (il m’a fallu 200 pages) mais qui devient enchanteresse.

Mots-clés : #amour #aventure #fantastique #insurrection #relationenfantparent #romanchoral #sciencefiction #urbanité #xxesiecle
par topocl
le Mar 30 Juil - 13:54
 
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Sujet: Alain Damasio
Réponses: 46
Vues: 1625

Alison Lurie

La Vérité et ses conséquences :

Tag amour sur Des Choses à lire Veritz11


Jane est au jardin lorsqu'elle aperçoit un homme se diriger vers elle. Qui est cet inconnu ? Son propre mari qu'elle ne reconnaît plus. Alan, certes, a changé. Brillant, sportif, et séduisant jusqu'alors, il s'est transformé suite à un accident de volley-ball, en époux morose et plaintif. Après des années d'un mariage heureux, la relation tourne à l'animosité feutrée.

Un couple extrêmement différent entre alors en scène. Delia Delaney, écrivain, est invitée en résidence par l'université dans laquelle Jane et Alan travaillent. Elle est célèbre à plus d'un titre : pour son oeuvre, sa beauté, ses maux de tête et son égotisme avéré. Henry, son soi-disant mari, l'accompagne...

Une existence, aussi paisible soit-elle, n'est jamais à l'abri d'un dérèglement soudain et d'une nouvelle chorégraphie du destin. C'est le propos de cette comédie tendre et désopilante, variation subtile sur l'amour et ses disgrâces.

Quatrième de couverture

J'ai choisi ce roman, un peu par hasard - je dis "un peu" car je connaissais juste le nom de l'écrivain - et il m'a permis de continuer à cheminer au gré des allées des jardins, d'une certaine façon. Je découvrais donc Alison Lurie et pour tout dire, j'ai passé un bon moment.
C'est distrayant, on rit, on se poses des questions à mesure que la situation évolue, c'est parfois cynique, caustique, mais du coup, nous voilà tenus de continuer la lecture pour savoir où la narratrice nous entraîne.
Le rôle du jardin est celui d'un baume bienfaiteur sur les folies de l'existence et finalement, le potager et son évolution se révèlent à l'image de la vie du couple dont l'histoire nous est contée.

Si vous avez envie d'une lecture qui vous fasse vagabonder l'esprit sans que cela devienne philosophique et compliqué : voilà votre livre !


Mots-clés : {#}amour{/#} {#}psychologique{/#}
par Invité
le Dim 7 Juil - 17:06
 
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Sujet: Alison Lurie
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Almudena Grandes

Tag amour sur Des Choses à lire Castil10

Castillos de cartón

J'ai terminé Castillos de cartón avec de grosses réserves. L'histoire n'est pas sans qualités et se lit assez agréablement, mais le style est plein de tics d'écrivain milieu de gamme, nourri d'images convenues, abusant d'hyperboles et d'anaphores insipides (dieu sait pourtant si j'aime ces dorures, lorsqu'elles sont réussies), qui d'un même mouvement dévoilent les intentions de l'autrice et en amoindrissent la portée. Les dialogues, fabriqués, s'enchâssent grossièrement au récit; la narration (à la première personne) est vaine par ses outrances plaintives, désincarnée malgré la meilleure volonté du monde, ce qui donne à soupçonner que l'autrice ne croit pas tout à fait en ce qu'elle écrit. Ce n'est pas une catastrophe, mais ce n'est pas un roman très original ni très bon.

Malgré tout, j'y ai pris un plaisir réel, qui résidait presque entièrement dans le fait de lire en espagnol. Je le recommande donc bien franchement à qui voudrait se remettre à lire dans le texte, car la langue est très claire, le vocabulaire assez riche pour qu'un débutant y trouve de quoi s'alimenter, et assez restreint pour que l'on puisse assez tôt s'émanciper du dictionnaire.

[précision : il n'est pas traduit en français, mais j'ai le sentiment que mes reproches pourraient s'appliquer à ses autres livres]


Mots-clés : #amour #creationartistique #culpabilité #identite #initiatique #jalousie #peinture #sexualité
par Quasimodo
le Ven 5 Juil - 15:33
 
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Sujet: Almudena Grandes
Réponses: 9
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