Des Choses à lire
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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Ven 13 Déc - 11:43

52 résultats trouvés pour identite

Claudio Magris

Danube

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 Danube10

C’est la descente de ce fleuve, avec au fil de son cours la mosaïque de la Mitteleuropa, contrée des particularismes, et d’un certain art de vivre comme en perpétuel déclin, empreint d’une mélancolie propre…
Voici d’ailleurs qui éclaire certaines œuvres mitteleuropéennes :
« Le Danube est un fleuve autrichien, et autrichienne est la méfiance envers l’Histoire, qui résout les contradictions en les éliminant, dans une synthèse qui domine et annule les termes du débat, en un futur qui est bien proche de la mort. Si la vieille Autriche, aujourd’hui, nous apparaît souvent comme une patrie selon notre cœur, c’est peut-être parce qu’elle était celle d’hommes qui doutaient que leur monde pût avoir un avenir, et ne voulaient pas résoudre les contradictions de leur vieil empire, mais bien plutôt différer leur solution, dans la mesure où ils se rendaient bien compte que toute solution eût impliqué la destruction de quelques-uns des éléments essentiels à l’hétérogénéité de l’empire, et donc la fin de cet empire même. »

Commentaires fort bien nuancés sur Heidegger, Hamsun, Céline ; éclairages sur beaucoup d’autres auteurs (comme Celan, Canetti, Cioran, Ionesco, Istrati, parmi ceux que j’ai un peu lu) :
« Kafka et Pessoa font un voyage au bout, non pas d’une nuit ténébreuse, mais d’une médiocrité incolore encore plus inquiétante, dans laquelle on s’aperçoit qu’on n’est qu’un portemanteau de la vie et au fond de laquelle il peut y avoir, grâce à cette conscience, une ultime résistance de la vérité. »

…et sur l’Histoire, la géographie :
« …] peut-être ne serons-nous vraiment sauvés que lorsque nous aurons appris à sentir, concrètement et presque physiquement, que chaque nation est destinée à avoir son heure et qu’il n’y a pas, à l’absolu, de civilisations majeures ou mineures, mais bien plutôt une succession de saisons et de floraisons. »

… et sur la littérature en général :
« De la littérature comme déménagement ; et, comme dans tout déménagement, il y a des choses qui se perdent et d’autres qui resurgissent de recoins oubliés. »

« La littérature offre une compensation à l’absence, grâce à ce qu’elle transfère sur le papier en le volant à la vie, mais en laissant cette dernière encore plus vide et absente. Un écrivain, dit Jean-Paul, ne conserve toutes ses connaissances et toutes ses idées qu’à travers ce qu’il a écrit, et celui dont on jette au feu les manuscrits reste démuni et ne sait plus rien ; quand il erre dans les rues sans ses carnets il est complètement ignorant et stupide, "pâle silhouette et copie de son propre moi, son représentant en curator absentis". »

« Quand seront partis encore quatre ou cinq auteurs significatifs, me dit Csejka, moi j’écrirai mes critiques et mes essais pour personne. Mais d’un point de vue littéraire c’est peut-être aussi un avantage d’écrire pour personne, à une époque où partout l’organisation de la vie culturelle prétend, faussement, représenter tout le monde. »

Egalement des observations toujours d’actualité, voire avant-gardistes (essai publié en 1986) :
« …] l’automatisme mécanique de l’histoire et de l’économie mondiales, qui englobe la vie personnelle en en faisant une simple donnée statistique, broyant et recyclant l’individu dans des processus collectifs et substituant à l’universel la loi des grands nombres. »

« Aujourd’hui les media sont le message, ils modifient et effacent l’Histoire, tel Big Brother dans 1984, d’Orwell. »

« L’anticapitalisme romantique idéalise indûment le monde rural archaïque, la communauté avec son chaud souffle d’étable, et oublie ce qui s’y mêlait presque toujours de misère noire et de sombre violence. La société urbaine, si souvent et si tendancieusement accusée d’aliénation, a libéré l’individu, ou tout au moins mis en place les prémisses de sa libération. »

Magris recourt au concept de « persuasion » (au sens passif du fait d'être persuadé, de l’état de celui qui est persuadé, acception qui participe des notions d’assurance, de conviction, voire de confiance) :
« La persuasion, a écrit Michelstaedter, c’est la possession toujours présente de sa vie et de sa personne, la capacité de vivre à fond dans l’instant sans l’obsession délirante de le brûler au plus tôt, de le prendre et de l’utiliser en vue d’arriver le plus vite possible au futur et donc de le détruire dans l’attente que la vie, toute la vie, passe rapidement. Celui à qui la persuasion fait défaut consume son être dans l’attente d’un résultat qui doit toujours venir, et qui ne vient jamais. »

Il parle déjà de post-modernisme :
« Vienne est la ville du post-moderne, dans laquelle la réalité cède devant sa représentation et devant les apparences, où les catégories fondamentales se diluent, où l’universel s’actualise dans le transcendant quand il ne se dissout pas dans l’éphémère, et où la mécanique des besoins emporte les valeurs dans son tourbillon. »

C’est aussi l’interface entre Occident et Orient ‒ la route des invasions.
Une ballade érudite, donc, qui peut d’ailleurs se rattacher à la littérature de voyage.
Ses compagnons de voyage apparaissent au détour d’une vue, silhouettes à peine esquissées...
Le mot qui revient le plus est peut-être « aimable » ; effectivement…

« La civilisation et la morale se fondent sur une distinction nécessaire, et fort difficile à établir, entre l’homme et l’animal. Il est impossible de vivre sans détruire de vie animale, ne serait-ce que celle d’organismes microscopiques qui échappent à notre perception, et il est impossible de reconnaître aux animaux des droits universels et inviolables, de considérer d’une manière kantienne chaque animal comme une fin plutôt que comme un moyen ; la solidarité fraternelle peut aller jusqu’à embrasser l’humanité entière, mais pas au-delà. Impossibilité qui rend inévitable la séparation entre monde humain et monde naturel et qui contraint la culture, qui lutte contre les souffrances infligées aux hommes, à bâtir son édifice sur celles infligées aux animaux, en cherchant à les adoucir mais en se résignant à ne pas pouvoir les éliminer. L’irrémédiable douleur des animaux, ce peuple obscur qui accompagne comme une ombre notre existence, rejette sur cette dernière tout le poids du péché originel. »

« Mais les vagabonds qui gribouillaient sur ces tables [écrivains viennois dans les cafés] défendaient, avec ironie et sans illusions, les dernières marges d’un individualisme irréductible, les derniers reflets d’un charme – quelque chose d’impossible à reproduire, et qui ne se laisse pas complètement niveler par la fabrication en série. La vérité cachée ou inaccessible n’était pas pour eux un vain mot, et surtout ils n’annonçaient pas sa mort avec satisfaction – comme le font les théoriciens verbeux de l’insignifiance. »




mots-clés : #historique #identite
par Tristram
le Sam 28 Avr - 16:02
 
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Sujet: Claudio Magris
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Roman Sentchine

La zone d'inondation

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 Zone_i10

Parce qu'un oligarque moscovite s'est rendu compte que cela pourrait bien lui rapporter quelques sous, vingt ans après, les travaux de la centrale hydroélectrique de Bougoutchany, en Sibérie, reprennent. Et voila que la menace, qui planait depuis si longtemps qu'elle avait été quasi oubliée, devient réalité:  le lac de barrage va engloutir des villages entiers. les habitants vont être recasés à la va-comme-je-te-pousse, les morts aussi seront déplacés.

Alors de quoi se plaint-on? Eh bien d'abandonner une vie séculaire, ancrée dans une réalité terrienne, de rompre avec ce qu'on a   aimé ou détesté, mais connu, ses souvenirs, son travail et ses amours. D'être asservis par la cupidité des puissants, l’intransigeance des petits chefs, la corruption de tout un appareil.

Sans s'attacher à un héros précis, Roman Sentchine fait vivre toute cette  population bafouée, ses espoirs et ses désespoirs, ses combats et ses renoncements. C'est le dernier enterrement, ce sont les derniers mois puis les derniers jours, qu'emmener, qu'abandonner? C'est déchirant mais imparable. Et puis il faut se réhabituer ailleurs, et cet ailleurs,  outre qu'il est  un outrage, n'a pas d'âme.

J'ai curieusement été emportée par ce texte, qui laisse une large part aux dialogues, moi qui n'en suis guère adepte, car ces échanges  anodins traquent au plus profond des émotions non-dites, dans un grand respect des interlocuteurs. C'est prenant, c’est tragique, c’est l'homme mortifié par ce qu'on présente comme une fatalité mais qui n'est en vérité que la vénalité de ses pairs.




mots-clés : #identite #lieu #ruralité
par topocl
le Dim 15 Avr - 17:05
 
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Julie Wolkenstein

Les vacances
Prix des Deux magots

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 -212

Paul, jeune thésard travaillant sur Eric Rohmer, et Sophie, universitaire retraitée spécialisée dans la Comtesse de Ségur se retrouvent par hasard à l'Institut des Mémoires de l'Edition Contemporaine de Caen pour consulter les archives relatives  au premier long-métrage de Rohmer, Les petites filles modèles, film jamais fini, disparu, méconnu… Entre recherches Google, rencontres éclairantes et pauses-cigarettes, chacun va approfondir sa connaissance de lui-même, où les liens avec leur travail émergent les uns après les autres.

C'est un livre tendre, léger et ludique, qui ne se prend absolument pas au sérieux. A travers cette recherche désespérée de points de détails sans intérêts, les deux héros arrivent finalement à l’essentiel : eux-mêmes, dans une accumulation d’observations loufoques, de détails quotidiens magnifiés, et de coïncidences astucieusement multipliées. Ce sont de vrais personnes , avec leurs incohérences, pas des héros de roman tout d'un bloc et cela les rend réellement proches du lecteur.
Un bon moment plein d'humour et de subtilité.


mots-clés : #humour #identite
par topocl
le Lun 19 Mar - 9:59
 
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Sujet: Julie Wolkenstein
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Patrick Chamoiseau

Écrire en pays dominé

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 Ecrire10

Quatrième de couverture :
Écrire en pays dominé c'est l'histoire d'une vie, la trajectoire d'une conscience, l'intime saga d'une écriture qui doit trouver sa voix entre langues dominantes et langues dominées, entre les paysages soumis d'une terre natale et les horizons ouverts du monde, entre toutes les ombres et toutes les lumières. Écrivain, Marqueur de Paroles, et finalement Guerrier, Patrick Chamoiseau interroge les exigences contemporaines des littératures désormais confrontées aux nouvelles formes de domination et à la présence du Total-monde dans nos imaginaires.


Essai (1997) très structuré (égard de plus en plus rare, l’ouvrage bénéficie d’une utile table des matières).

Il se compose de trois « cadences », entrelardées de paroles du vieux guerrier sur la colonisation (« Inventaire d’une mélancolie ») et de brefs commentaires sur des lectures-phares (« Sentimenthèque »).

D’abord I, « Anagogie par les livres endormis » : les réflexions de Chamoiseau sur le comment écrire dominé par une autre culture, puis la révélation de la découverte des livres-objet (reprise des souvenirs de son autobiographie À bout d’enfance), puis lecture « agoulique », puis, à l’adolescence, découverte de Césaire, de la poésie lyrico-épique, du militantisme, du racisme ordinaire et de l’identité dans la négritude opposée à l’impérialo-capitalisme (qui tente d’imposer ses valeurs « universelles »), domination silencieuse du Centre avec passage pour ce dernier de la contrainte à la subjugation, l’ « autodécomposition » dans le « développement », le mimétisme, la consommation, l’assistanat et la folklorisation, enfin rôles de Glissant et Frankétienne dans son évolution du lire-écrire (Chamoiseau est alors éducateur dans les prisons métropolitaines).

II, « Anabase en digenèses selon Glissant » : après dix ans passés en métropole à rêver du pays, en anabase (expédition vers l’intérieur, voyage intérieur, cf. Saint-John Perse), en admiration libératrice du déprécié, il s’identifie successivement au premier colon (« carrelage » de l’ordre et de la mesure, de la rationalité sur leurs contraires), aux Caraïbes (Amérindiens), aux Africains puis à tous les autres apports ethniques. Marronnage et mer geôlière, danse, tambour, quimboiseurs, mentôs puis conteurs et autres « résistances et mutations ». « Ultimes résistances et défaites urbaines » : après le conteur des habitations-plantations dont l’oralité créatrice se réfugie dans les chansons et proverbes, le driveur errant en déveine et déroute folle se concentre dans l’En-ville, devenant djobeurs et majors, jusqu’au « Moi-créole », le Divers dans la mosaïque créole, sans origine ni unité : le « chaos identitaire » ; Lieu versus territoire.

III, « Anabiose sur la Pierre-Monde » : identité d’assimilation, départementalisation stérilisante, assistanat, modernisation aveugle, développement factice, consommation irresponsable, fatalité touristique (toujours au profit des békés). Domination furtive d’un Centre diffus, du rhizome-des-réseaux, « Empire technotronique où l’empereur serait le brouillard de valeurs dominantes, à coloration occidentale, tendant à une concentration appauvrissante qui les rend plus hostiles à l’autonomie créatrice de nos imaginaires [color=#2181b5]ains et artistes neutralisés « dans la dilution d'une ouverture au monde". Insularité vécue comme isolement versus la (notion de la) mer ouverte. Choix entre les deux langues, la reptilienne et résistante, et le français, par celui qui devient le Guerrier dans le Monde-Relié. Davantage épanouissement que développement de l’Unité se faisant en Divers : la Diversalité.

C’est donc l’historique du ressenti douloureux des (ex-)colonisés du « magma anthropologique », simultanément avec l’éveil par les livres (lus, relus, écrits) du Marqueur de paroles, pour relever le défi du Web.


mots-clés : #creationartistique #essai #identite #independance #insularite #mondialisation
par Tristram
le Sam 10 Mar - 0:23
 
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Sujet: Patrick Chamoiseau
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Paul Auster

4 3 2 1

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 432110


Par quel caprice d'un jour je me suis décidée à me lancer dans cette lecture , alors que je n'ai aucun goût pour les pavés , que je n'ai rien d'une fan inconditionnelle de l'écrivain et que je ne suis pas une lectrice de littérature américaine ?
Pourquoi ne me suis je pas décidée pour d'autres ouvrages probablement plus motivant d'après ce que je suis ou ce je crois être ?
Pourquoi a-t-il fallu que ma liseuse refuse de télécharger la dernière partie et me condamme au renoncement ou à la lecture sur mon ordinateur avec promesse d'un regard aussi sexy qu'un lapin blanc atteint de myxomatose ?
Bon oui j'ai opté pour cette dernière option parce que , décidément , ça aurait vraiment été "ballot"d'avoir lu les trois quarts du bouquin et abandonner parce que le hasard a décidé ainsi .

Bon c'est un fait que je suis en train de vous raconter ma vie et que je suis encore là devant mon écran , en mode lapin blanc à la myxomatose et que ma dernière ligne droite pour aujourd'hui sur ce fichu écran sera pour vous donner quelques indices susceptibles d'éveiller votre motivation pour vous lancer dans la dernière aventure Austerienne.
Eh bien , Paul ne fait rien d'autre tout au long de ces 1000 pages que de s'interroger sur les hasards de la vie , les enchaînements de la vie qui font que ça bascule d'un côté ou d'un autre , qu'un individu , si déterminé soit-il au départ par la génétique et l'histoire de ses ancêtres porte en puissance un infinie de possibles et que "si à ce moment là " et plus tard "c'est parce que ...que cela " et autres articulations orienteront le parcours d'une vie par là plutôt qu'ailleurs ,il n'en reste pas moins que toutes les autres potentialités de développement appartiennent à l'individu , de façon intrinsèque et que l'identité c'est bien plus que ce que nos actes et nos déterminismes en disent , que les contours et les limites ne sont que des petits arrangements de la vie .

Partant de cette idée , Paul Auster choisit de raconter l'histoire d'un certain Ferguson en déployant quatre destins différents . Mais parce que ça n'aurait pas été amusant et qu'il fallait donner du piment à tout ça , ce n'est pas quatre parties distinctes , mais un savant tricotage pour aboutir à une oeuvre complexe et ...destabilisante ou stimulante , usante ou reposante selon la position que vous aurez choisi d'adopter .
Certes c'est d'une formidable créativité fictionnelle mais toujours vissée à la personnalité et la vie de Paul Auster , à aucun moment je n'ai pu détacher Ferguson de son créateur dans toutes ces déclinaisons d'identités imaginaires et fantasques , la présence de l'écrivain peut-être ressentie comme oppressante .
Il faut du souffle car c'est un monument . Monument dans la densité avec des tas de références culturelles semées ici et là à travers l'histoire de son personnage multiple , monument dans le flux tonique d'une écriture qui ne faiblit à aucun moment , monument dans la fibre inventive géniale que l'on connait à Paul Auster et sur 1000 pages c'est un exploit .

Alors oui , c'est un fait que je ne suis pas une fan inconditionnelle de l'écrivain , que je n'ai qu'un goût modéré pour la littérature américaine , que je ne suis pas un lectrice de pavé non plus :que donc rien à priori rien qui me prédisposait à me lancer dans un tel ouvrage et qu'une simple lubie du moment m'a décidée et le résultat c'est que , même si j'ai survolé beaucoup de passages ( Auster et sa passion du base-ball par exemple entre autres) , j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les labyrinthes de 4 3 2 1 , en adoptant une position d'apesanteur parce que me coller scrupuleusement au texte pour chercher à recoller les morceaux de tout ce puzzle , ça m'aurait paru aussi vain que compliqué .

Et au final , pourquoi ai-je choisi cette lecture plutôt qu'une autre ?
Au final , 4 3 2 1 c'est juste le doigt là dessus .Et le prétexte pour se laisser emporter par les facéties d'un écrivain prestidigitateur .
L'occasion de réviser aussi l'histoire des états-unis , de rajouter des posts-its sur votre bureau vous promettant d'enrichir votre culture en allant faire des recherches sur tel artiste , tel écrivain et encore tant . ( même si , vous savez que dans deux jours vous serez passé à autre chose parce que la vie et ses rebondissements , c'est juste pas prévisible .) .


mots-clés : #identite
par églantine
le Lun 22 Jan - 16:29
 
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Sujet: Paul Auster
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Kōbō ABE

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 3feabb10

La femme des sables

Exercice difficile. Un homme a disparu, nous le suivons. Professeur et passionné d'entomologie il est parti en bord de mer en quête de découverte. Il se retrouve hébergé dans une étrange maison au fond d'un trou dans la dune... et s'y retrouve prisonnier. Avec la femme qui habite la maison il doit empêcher le sable de dévorer, écraser ou pourrir la maison.

Différemment tordu d'autres textes de l'auteur ou alors pareil mais juste un peu différent on est bel et bien en face d'un épineux problème de condition humaine.

Plusieurs choses troublantes dans cette captivité. Le rapport au temps dans et hors des répétitions. Au fil des monologues et des tentatives d'action il y a agacement, renoncements, fuites, sans issue prédécoupée.

Le couple aussi est envisagé comme dans un miroir écrasé. Gestes élémentaires, mensonges, comparaisons, surprises, apaisements, pulsions. Mais aussi enchaînement ou espoir. Oubliées les bluettes ou les apitoiements...

De même pour les différences sociales entre ce bonhomme éduqué (et professeur) de la ville face à ses très simples villageois aux aspirations réflexes, presque animales, ou un peu moins.

Il y a encore le travail, celui de balayer et pelleter le sable, ou d'échafauder un plan d'évasion. Un travail qui peut, presque, se refuser ou dans lequel on peut se jeter jusqu'à épuisement ou accident. Un travail qui peut aussi amener apaisement ou laisser entrevoir une amélioration des conditions. Il peut aussi être une nécessité, sans travail pas de nourriture et surtout pas d'eau.

Et la lecture dans tout ça ? Curieuse, très vivante, dans la tête de cet homme... apeuré et qui teste différentes solutions sans... sans solution ? Mieux vaut être en forme pour se jeter là-dedans. La traduction ou le texte de départ ? est un peu déroutant en plus. Mais ça se lit bien, on a forcément envie de savoir comment ça va évoluer, envie de savoir comment on se regarde ou n'a pas envie de se regarder à travers cette étrange histoire aux allures de farce.

Ce n'est qu'un aperçu.

mots-clés : #identite #psychologique
par animal
le Mar 19 Déc - 22:07
 
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Sujet: Kōbō ABE
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Kenzaburō ŌE

Pour tout dire, je n'ai lu pour l'instant qu'une nouvelle du Prix Nobel de Littérature, Kenzaburo Oé, mais elle m'avait fait forte impression. Il me faut absolument lire autre chose de ce monsieur.

Gibier d'élevage :

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 Captur23

En pleine guerre, un avion américain s'écrase dans les montagnes japonaises. Le rescapé est aussitôt fait prisonnier par les villageois. Or il est noir...

Aux yeux du jeune enfant naïf et émerveillé qui raconte cet épisode, sa nationalité, sa race, sa langue n'en font pas un étranger on un ennemi, mais une simple bête dont il faut s'occuper.

Un extraordinaire récit classique, une parabole qui dénonce la folie et la bêtise humaines.


Un court récit très bien écrit, avec une plume riche dans la description. Pas tendre avec la vision que se faisaient/font des Japonais sur les Noirs, les êtres très différents physiquement d'eux, sur l'altérité en général.
Sans faire de morale? Mais n'y a-t-il pas une morale sous-jacente derrière tout ceci? Reprochant l'isolationnisme japonais?
Une dénonciation de l'instinct de sauvagerie qui sommeille au plus profond de chacun de nous.

mots-clés : #deuxiemeguerre #identite #nouvelle
par Arturo
le Ven 18 Aoû - 13:38
 
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Sujet: Kenzaburō ŌE
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Joseph Roth

Notre assassin

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 51hkdv10
C' est un roman très russe, c' est Stefan Zweig qui l' écrit, et c' est vrai, et d' ailleurs, ça se
passe en partie en Russie.
C' est une histoire pleine de cris et de douleur, et dont les personnages, souvent peu glorieux,
essayent de noyer leur culpabilité dans l' alcool.

C' est aussi ce que faisait Joseph Roth, lui-meme, exilé à Paris.


mots-clés : #addiction #exil #identite
par bix_229
le Dim 23 Juil - 16:19
 
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Sujet: Joseph Roth
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Mira Jacob

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 97823312

L'homme qui parlait à la nuit

Un soir, Amina, jeune américaine d’origine indienne, reçoit un curieux appel de sa mère. Son père, éminent neurochirurgien, passe ses soirées à discourir avec les morts. Il « voit » littéralement ses proches décédés, et passe de longs moments en conversation avec eux. L’instant est grave, Amina décide de rentrer au bercail.

Le roman de Mira Jacob se partage entre le présent et le passé, faisant la part belle à de long flash-back qui reconstruisent patiemment l’histoire de la famille Eapen. A l’origine de tout, il y a ce moment poignant et irréversible, cette visite dans la famille paternelle. L’impossibilité du père d’Amina à endosser le rôle d’aîné traditionnellement dévolu par la société indienne. Tous les non-dits et rancœurs qui d’un coup explosent. La rupture familiale qui s’ensuit, définitive cette fois. Et le retour en Amérique, avec une déchirure au cœur qui s’étend au couple parental…

Amina et son frère aîné Akhil grandissent donc dans une famille où l’amour ne sait se dire ni se montrer, avec un père absent et une mère réfugiée dans sa cuisine.
Une vie non dénuée de joie toutefois, ne serait-ce parce que la famille perdue a été remplacée par une autre, réunion d'immigrants venus de l'Inde du sud qui reconstituent par l’amitié ces grandes familles indiennes aux liens inextricables, le malayalam se mêlant à l'anglais dans les discussions dominicales.
Tandis que les parents restent fidèles à leurs racines, les enfants s'émancipent, font leur crise d'adolescence, et s'ouvrent aux moeurs américaines.

Puis il y a le drame. La mort d’Akhil, à 18 ans. Cette mort hante tout le livre, laissant les vivants à vif, tout aussi désemparés 10 ans après. Ne croyez pas la quatrième de couverture, la conversation avec les fantômes n’est en rien le cœur du livre. Le véritable sujet de Mira Jacob est bel et bien le deuil, la difficile construction d’une adolescente privée de son frère, l’atroce souffrance des parents qui doivent néanmoins demeurer debout pour celle qui reste.

« Mais ce qu’Amina savait, ce dont elle était soudain tout à fait sûre, (…) c’était que ses parent auraient besoin désormais qu’elle existe plus qu’elle n’avait jamais existé et que, en même temps que grandirait ce besoin, grandirait aussi son incapacité à le satisfaire. »

Une fois de retour à la maison, Amina devra faire avec cette absence. Mener sa vie, et accepter que d'autres soient à jamais éteintes. Faire face à la pathologie de son père, et au choix crucial qui s'ensuit...
Mira Jacob a mis beaucoup d’elle-même et de son histoire dans ce roman, ainsi que j’ai pu le découvrir ici : clic. Est-ce pour cet accent de sincérité que j’ai lu les cent cinquante dernières pages la gorge nouée ? L’auteur évite avec brio l’écueil du pathos, elle sait à merveille retranscrire les liens qui unissent deux êtres au-delà de toutes les dissensions, l’amour qui se tait mais qui est pourtant bel et bien présent, la famille qui se resserre quand les mots sont devenus superflus…

Je ne saurais dire si j’ai aimé ce livre. Ce n’est pas le qualificatif que j'emploierais. Après un début prometteur, je n'ai pas spécialement accroché aux premières pages sur la vie de jeune femme d'Amina. Puis sont venus les flash-backs, et ces liens familiaux aussi complexes que mystérieux que l'auteur dessine sans jamais chercher à les expliciter tout à fait. Et je me suis prise à dévorer les pages… avant d'être cueillie par l’émotion, alors que je ne m’y attendais pas.
Aimé ? Mon rapport à ce roman est plus complexe que cela. Tout ce que je sais, c'est que cela fait des semaines qu’il me reste en tête et que je cherche à en parler sans vraiment trouver les mots... Tiens, j'ai d’ailleurs oublié de vous dire que l'auteur a parfois un vrai sens de l'humour et de l'absurde...

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #identite #immigration  #pathologie #famille #mort
par Armor
le Sam 28 Jan - 15:56
 
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Sujet: Mira Jacob
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Rosie Dastgir

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 97822610

Une petite fortune

Après ses études d'ingénieur, Harris n'est pas retourné au Pakistan épouser la femme qui lui était destinée ; tombé amoureux d'une anglaise, il a choisi de faire sa vie au Royaume-Uni. Désormais divorcé, il tient dans le nord du pays une petite épicerie de quartier qui vivote tant bien que mal.
Harris est un homme infiniment complexe, qui entretient des relations compliquées avec son entourage, et notamment avec sa fille Alia. Son amour maladroit et envahissant, tout comme son incapacité à comprendre les désirs d'émancipation de la jeune femme, creusent un fossé irrémédiable entre eux.

Harris ne semble réellement revivre que lors de ses escapades au Pakistan, ou lorsqu'il déguste un bon curry chez ses cousins, recréant dans son pays d'adoption l'illusion d'une vie de famille "traditionnelle". Mais le rôle de patriarche bienfaiteur qui lui a été dévolu lui pèse : que ce soit en Angleterre au Pakistan, son statut d'ingénieur fait fantasmer famille et amis, qui voient en lui une manne financière inextinguible. La coquette somme qui lui est octroyée après son divorce ne fait qu'attiser les convoitises, et met en lumière le caractère intéressé de certaines relations…
Incapable d'évoquer ses difficultés et de refuser son aide, souvent passif, Harris s'enfonce peu à peu dans un profond mal-être. L'espoir d'un renouveau pointe toutefois le bout de son nez lorsqu'il fait la connaissance de Farrah...

A travers Harris, l'auteur décrit à merveille le poids qui pèse sur les épaules de ces jeunes qui, partis étudier à l'étranger, portent à eux seuls les espoirs de toute une famille. La communauté, autrefois si rassurante, se révèle soudain étouffante pour ces hommes condamnés à la réussite.
Le jeune Rashid est à ce titre le pendant de Harris ; celui qui a échoué. Incapable de trouver un travail à la hauteur de ses pourtant brillantes études, il ne parvient ni à aider ses proches ni à s'intégrer dans cette nouvelle culture. Le sentiment d'échec, la culpabilité, le racisme ordinaire l'amènent peu à peu à se réfugier dans la religion, faisant de lui une proie idéale pour les prédicateurs à l'affût...

La richesse de ce livre réside en grande partie dans la sensibilité avec laquelle Rosie Dastgir a su décrire les personnages qui gravitent autour de Harris. Aussi complexes qu'attachants, ils incarnent chacun à leur façon les différents visages de l'immigration et de la double culture. Emancipation féminine, dangers de l'acculturation comme du repli communautaire sont autant de thèmes abordés avec intelligence et subtilité.
L'on sent le vécu lorsque Rosie Dastgir _ elle-même fille d'un Pakistanais et d'une Anglaise_ parle de la pression exercée par la communauté, lorsqu'elle évoque la rébellion d'une jeune femme écartelée entre deux cultures parfois antagonistes, lorsqu'elle décrit le désarroi et les espoirs de ces êtres qui cherchent désespérément à se réaliser sans pour autant renier leurs origines.

Une petite fortune est un premier roman, et pourtant l'auteur fait déjà montre d'une belle maîtrise, évitant l'écueil du manichéisme et brossant avec justesse des portraits tout en nuances, dans un style fluide qui vous emporte.
Une réussite !

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #identite #immigration #famille
par Armor
le Dim 8 Jan - 2:21
 
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Sujet: Rosie Dastgir
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Petina Gappah

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 97827011

Le livre de Memory

L'ouvrage prend la forme du témoignage d'une femme albinos, incarcérée pour un crime qu'elle nie avoir commis et dans l'attente de la révision de son jugement. Les souvenirs d'enfance se mêlent au quotidien vécu en prison, pour composer un récit complexe qui devient le miroir d'un pays bouleversé.

Pettina Gappah explore à travers un portrait individuel la tumultueuse histoire contemporaine du Zimbabwe, ancienne Rhodésie. Un conflit intérieur, une impossibilité à trouver sa place symbolisée par le regard porté sur sa peau font écho à un malaise plus large et plus insidieux. Si les rebondissements semblent parfois trop nombreux et précipités, la vivacité et la ferveur de l'écriture sont un moyen éloquent pour affronter la violence d'un passé et se réapproprier une mémoire enfouie.


mots-clés : #discrimination #identite #pathologie #segregation
par Avadoro
le Mar 27 Déc - 21:58
 
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Sujet: Petina Gappah
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Jean Anouilh

Tag identite sur Des Choses à lire - Page 3 51tiwe10

Le voyageur sans bagages

Après la guerre de 14, Gaston, amnésique de tous son passé, est  resté  à végéter 18 ans  dans un asile. Et puis, une duchesse qui sait ce qui est bien décide que les choses doivent se remettre dans l'ordre, qu'il faut retrouver sa famille, lui restituer son passé. Mais ce que Gaston découvre n'est pas forcément à son goût, ni cette famille qu'on lui propose, ce jeune homme qu’il a été, lui dit-on, et qui n'est pas sympathique… Alors, lui qui n'a été qu'un pauvre type malmené par la vie et  dont les autres ont disposé,  décide que l'amnésie n'était pas une fatalité, mais une chance unique : la possibilité d'un choix.

Ils devraient être terrifiants, cette duchesse, cette famille, qui pensent qu'il faut faire les choses comme elles le doivent et non pas comme on les espère ou qu'on les aime. Mais l’œil mutin d’Anouilh nous les présente avec son humour tendre, et nous les voyons dérisoires. C'est plutôt léger et souvent drôle pour une « pièce noire ». Gaston, qui a la naïveté d'un homme sans mémoire, un homme sans attaches, sidéré par leurs obstinations, par leur petit vision toute formatée se bat pour des lendemains meilleurs et leur donne une belle leçon de vie.



(commentaire rapatrié)


mots-clés : #identite #théâtre
par topocl
le Dim 4 Déc - 9:22
 
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Sujet: Jean Anouilh
Réponses: 18
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